Contemporain

La Soif des bêtes

La Soif des bêtes de Johann Guillaud-Bachet

  • Auteur : Johann Guillaud-Bachet
  • Titre : La Soif des bêtes
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ludo et David enchaînent les nuits à damer les pistes de ski pour un salaire de misère. Au cœur des montagnes qui les ont vus naître, le petit fûté et le géant naïf ont toujours veillé l’un sur l’autre.
Lorsque David trouve un corps dans les bois, à moitié dévoré, Ludo décide de le cacher pour leur éviter des ennuis.
Bientôt le géant prend l’habitude de se confier au cadavre, enfoui au fond de son étable sous une épaisse couche de glace.
Avec la sécheresse exceptionnelle qui sévit cet hiver-là, un mal étrange rode dans la forêt. Dans la commune, la colère gronde : quelle est cette rage qui transforme les animaux les plus paisibles en fauves ? Comment la station produit-elle encore de la neige artificielle alors que l’eau manque au robinet ?
Le géant le sent : un fil se tend qui enserre les bêtes et les hommes et leur fait perdre la tête.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Ludo et David sont dameurs dans une station de ski. Ils travaillent de manière acharnée pour un petit salaire. David est un géant un peu simplet et Ludo prend grand soin de ce dernier. Aussi, lorsque David découvre un cadavre dans la neige, Ludo n’hésite pas et va aider son ami à cacher le corps, même s’ils n’y sont pour rien. Ludo craint pour David, et préfère le préserver. Pendant ce temps, il survient des événements étranges dans cette localité montagnarde. Les températures augmentent, l’eau vient à manquer, les animaux se comportent de manière bizarre. Que se passe-t-il ?

Je ressors conquise de ce roman noir et puissant de par les thématiques abordées. L’auteur a su instaurer un huis-clos montagnard et c’est très réussi. J’ai senti une ambiance pesante à chaque page et peu à peu, Johann réussit à distiller un suspense bien présent tout au fil du récit.

L’auteur va au travers de son intrigue dénoncer certains abus saccageant la nature. C’est un roman noir, mais sous couvert d’une intrigue prenante, Johann en a également fait un roman engagé et il mettra bien en exergue le comportement scrupuleux de certains hommes afin d’arriver au pouvoir. C’est un véritable récit d’ambiance.

Le point fort de cette intrigue réside indubitablement dans cette belle amitié qui unit les deux protagonistes. Il y a une vraie dualité entre David et Ludo, et pourtant, ils sont très attachés l’un à l’autre et c’est vraiment beau. J’ai trouvé David particulièrement touchant, et je me suis énormément attachée à eux.

Au travers de ces lignes, Johann livre un véritable hommage à de belles valeurs, telles que la loyauté et l’amitié, le respect de la nature. Certes, le roman est très noir, malgré tout, il y a beaucoup de beauté dans les messages véhiculés par l’auteur.

La plume est très fluide et c’est très agréable à lire. Les chapitres sont assez longs, mais le récit étant très immersif, je n’ai pas vu défiler les pages. Je me suis laissée entraîner par cette histoire engagée et très bien narrée.

Un roman noir, en pleine montagne. L’auteur nous livre un récit profond, empli de belles valeurs, servi par deux personnages principaux touchants et sensibles. C’est une excellente découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Dans la rue de l’école

Dans la rue de l’école d’Anouk F.

  • Auteur : Anouk F.
  • Titre : Dans la rue de l’école
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 13 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La rue de l’école, elle monte. Ou elle descend, c’est selon. En haut, les façades des immeubles sont un peu noires. Plus bas, les villas s’ouvrent sur des allées de graviers blancs. Ici, les habitants trimballent leur passé et bricolent leur présent. Au n° 7, Karine et son fils, Naël, essaient de repartir de zéro, ou plutôt de ne plus y rester. Juste au-dessous, Kamel apprend à être seul avec ses filles, Siryne et Nour. Au n° 24, Julie, la maman parfaite et quadra bien sous tous rapports, se cherche dans cette maison trop grande, dans ce confort qui l’encombre. Au milieu, au n° 12 : l’école publique. Nour disparaît un jour. Qu’ils viennent du haut ou du bas de la rue, les voisins se mobilisent pour la retrouver. Peut-être aussi pour se trouver. L’histoire d’une rue, d’un quartier, d’une société fissurée que l’on peine à rafistoler.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Une rue, une école. C’est dans ce décor que va planter l’auteure l’intrigue de son roman. Au fil des pages, le lecteur va rentrer dans cette vie de quartier, partager avec ses habitants leurs joies mais également leurs drames respectifs, et toujours avec pour point d’orgue la petite école du quartier.

Je ressors totalement conquise de ce roman qui est plus profond qu’il n’y parait. Au travers de ses personnages, Anouk va réussir à aborder une multitude de thématiques difficiles et sensibles tout au fil du récit égrenant le quotidien de personnages en difficulté.

Il y a Julie, mariée et deux enfants, qui ne se sent plus désirée et comprise par son mari. Il y a Karine, jeune femme totalement perdue et dépassée par son fils qu’elle n’arrive plus à gérer. Il y a Kamel, dont la femme est en hôpital psychiatrique, et qui a la charge de ses deux petites filles. Il y a aussi Pitù, l’épicier du quartier. Pour finir, il y a les professeurs et la directrice de l’école. L’auteure réussit à installer un véritable microcosme où chaque personnage a son importance.

Le système narratif est très plaisant. On passe d’un personnage à l’autre, pas de lassitude possible. S’il est vrai qu’à un moment, la narration va se centrer sur Kamel, dû à un événement qui survient, chaque personnage a malgré tout sa place. Ils sont remarquablement construits et j’ai ressenti beaucoup d’empathie à leur égard. Il est vrai que je me suis davantage attachée à certains d’entre eux, comme par exemple Kamel, mais malgré tout, chacun apporte quelque chose.

La plume est simple, fluide et assez descriptive. Peu de dialogues viennent ponctuer cette histoire, mais c’est écrit d’une manière très visuelle et j’ai réussi à totalement m’immerger dans ce quartier. L’auteure débute chaque chapitre non pas par le nom du personnage abordé, mais par l’indication du numéro de la rue et de l’étage où il réside. C’est déroutant au départ, mais finalement, après un petit temps d’adaptation, j’ai trouvé ce procédé original.

Un roman qui mettra en exergue le quotidien d’un quartier, avec une école pour point d’orgue. Je me suis totalement attachée aux personnages et ce roman est une petite pépite d’originalité et de sensibilité.

Ma note : 18/20

Contemporain

3 femmes

3 femmes de Carène Ponte

  • Auteur : Carene Ponte
  • Titre : 3 femmes
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 30
  • Parution : 1 juillet 2014
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Valérie, Nanette, Anna.
3 histoires de vie. Hasard d’une rencontre.
Valérie a tout quitté. Parce qu’elle ne parvient pas à aimer ses filles comme elle le devrait. Nanette est émue par cette femme qu’elle voit pleurer sur la plage. Anna vient de vivre un drame.
Ces 3 femmes vont se rencontrer.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Si je tenais à lire ce court recueil de nouvelles, c’est avant tout pour me faire une idée de la plume de Carène Ponte, puisque c’est une auteure dont j’entends énormément parler. J’ai pensé que des textes courts étaient le prétexte parfait.

Je ressors malheureusement quelque peu déçue par la qualité des nouvelles que j’ai trouvées trop simplistes, mais totalement conquise par le style de l’auteure, ce qui m’incite donc à découvrir ses romans.

La nouvelle phare de ce recueil est intitulée « 3 femmes ». Ici, il y sera question de reconstruction et de remises en questions. Trois femmes vont se croiser et partager chacune leur expérience douloureuse pour ainsi tenter d’avancer. Cette nouvelle m’a plu de par la douceur qu’elle dégage, mais je ne l’ai pas trouvée totalement aboutie, principalement en ce qui concerne la description des personnages. J’aurais aimé y retrouver plus de relief et de profondeur dans les caractères.

Dans la deuxième nouvelle, nous allons suivre une femme qui doit assister au mariage de son ex avec une autre femme, suite à leur rupture. Ce récit m’a intéressée et la fin m’a bouleversée. Malgré tout, je trouve que le dénouement arrive trop abruptement. Il faut garder en tête que ce sont des nouvelles, bien évidemment, et qu’il est difficile de donner toute l’intensité nécessaire aux récits.

Dans la troisième nouvelle, c’est un petit garçon, Douglas, que nous allons suivre. Celle-ci est celle qui m’a le moins plu, la trouvant à nouveau trop abrupte et pas assez aboutie. Les récits manquent parfois de consistance et peuvent paraître trop simplistes.

La plume de l’auteure est le point fort indéniable de cette lecture. Carène m’a conquise avec la douceur de ses mots et la sobriété qui émane de chaque page. Il subsiste tout de même quelques petites coquilles, notamment quelques fautes d’accord. Malgré tout, cela n’a pas émaillé la beauté du texte.

C’est un recueil de nouvelles qui sont assez peu abouties, mais j’ai pu me faire une idée de la belle plume et je serai très curieuse de découvrir les talents de conteuse de l’auteure dans un roman.

Ma note : 14/20

Contemporain

La couleur de l’air a changé

La couleur de l’air a changé de Cécile Cayrel

  • Auteur : Cécile Cayrel
  • Titre : La couleur de l’air a changé
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 4 mars 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Camille s’ennuie. Elle s’ennuie dans sa ville de l’Ouest de la France, dans son couple avec David, dans cette vie de routine où elle ne trouve pas sa place. Un soir, elle trompe David sans vraiment y penser. En l’apprenant, il tente de l’étrangler. Bouleversée, Camille part sur la route. Elle est recueillie par Jen et Michel qui, eux aussi en rupture avec leur ancienne vie, sont partis aux hasards des routes dans une camionnette.
Une échappée à trois commence vers la joie de la vie commune, l’érotisme, la quête des sens retrouvée mais surtout l’acceptation de soi. Sur leur chemin, ils rencontrent Mamie, retraitée en mal d’affection, qui deviendra la protectrice bienveillante du trio inattendu.

Aussi émouvant que drôle, le premier roman de Cécile Cayrel aborde des sujets graves sans pathos ni morale : la violence conjugale, le militantisme écologique, la marginalité qu’engendrent les modes contemporains de sociabilité et l’impératif de la réussite individuelle. Ce roman tour à tour utopique et réaliste, embarque le lecteur à la suite de trois amis finalement seuls face à la liberté que leur ouvre la découverte de la jouissance. L’élan libertaire rencontre le sens et le goût de l’autre. On voudrait que ce roman soit visionnaire.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Camille est une jeune fleuriste en couple avec David. Tout va pourtant basculer lorsqu’un jour, elle avoue à son compagnon une infidélité d’un soir. David s’en prend alors violemment à elle et la jeune femme décide de prendre du recul. C’est en se promenant qu’elle rencontre Michel et Jen, qui mènent une vie de bohème. Ces derniers vont embarquer Camille dans un voyage initiatique qui remettra toutes ses certitudes en question.

J’ai beaucoup aimé ce voyage littéraire empli de douceur et de remises en question. Le postulat de départ est simple, le déroulé de l’histoire semble l’être aussi, et pourtant, l’auteure abordera de manière sous-jacente une multitude de thématiques.

Tout au fil des pages, j’ai pu apprécier la véritable évolution du personnage principal qui va se reconstruire, se retrouver, se découvrir et remettre en question toutes ses certitudes. Au fil de son road trip, elle va se surprendre elle-même avec de nouvelles expériences.

Les personnages sont très bien esquissés, notamment celui de Camille, qui sent les fêlures de son quotidien lui peser. La rencontre avec Michel et Jen va se révéler être une véritable échappatoire et lui permettre de prendre un nouveau départ. Je me suis énormément attachée à elle. Je l’ai trouvée forte et affirmée, malgré les doutes et les faiblesses qui l’assaillent.

La plume de l’auteure est d’une grande douceur. Tout en restant très fluide, il y a une belle mélodie des mots qui parsème les pages. Les chapitres sont assez courts et cela rythme l’histoire. Le roman n’est pas très long et pourtant l’auteure a su en tirer le meilleur parti et y mettre beaucoup d’intensité.

Un récit qui a toutes les allures d’un roman initiatique, où la protagoniste se verra entraînée dans un nouveau quotidien qui remettra ses certitudes en cause. Le tout est servi par une très belle plume. Une belle découverte littéraire.

Ma note : 17/20

Contemporain

Morceaux cassés d’une chose

Morceaux cassés d’une chose d’Oscar Coop-Phane

  • Auteur : Oscar Coop-Phane
  • Titre : Morceaux cassés d’une chose
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 15 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l’existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n’aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu’est la vie d’un écrivain aujourd’hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n’est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s’y livre par fragments (définition: morceaux cassés d’une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P.I : L’encre, La feuille, L’auteur, La fuite, Le titre… P.II : Parler, S’asseoir, Parader, Boire..). Il mêle ainsi des souvenirs d’âges différents – de son enfance, son adolescence, sa vie d’homme.
Le propos peut d’abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d’écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu’elle prétend être un cadeau de son père, alors qu’il vient de quitter leur foyer ; le geste d’un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu’Oscar s’y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d’une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d’un éditeur ou le regard surpris d’un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d’un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l’amour, puis une enfant, sa fille. Et l’écriture toujours.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Oscar Coop-Phane est un jeune écrivain de renommée. Pourtant, il ne s’est jamais considéré en tant quel tel, du moins pas avant d’avoir au moins publié son premier roman. Même à ce moment, il ne s’accorde pas le droit de s’octroyer pleinement la légitimité du terme écrivain. Oscar doute, et il va poser toutes ses hésitations sur le papier, dans un petit roman qui constitue une autobiographie fragmentée des passages clés de sa vie.

Oscar va aborder une multitude de questionnements, avec toujours en filigrane le monde de l’écriture. Il va se livrer de manière sincère à son lecteur, avec beaucoup de pudeur mais aussi beaucoup de sensibilité. Il abordera des passages particulièrement douloureux et prendra le parti de ne rien nous cacher.

En toile de fond, Oscar va aborder sa période de doutes, de perte de soi. Il va ainsi nous narrer les maints excès auxquels il a soumis son corps, entre alcool et drogue. J’ai eu souvent peur pour lui en lisant ces passages. Mais Oscar arrive à s’en sortir et à nous faire part des éléments qui ont illuminé son quotidien, comme par exemple la rencontre avec sa femme et la naissance de sa fille. Certains passages sont riches en émotions.

On peut avoir la sensation de souvenirs emmêlés, Oscar ne suivant pas vraiment une chronologie. Il nous propose plutôt des fragments qui ne suivent aucune logique dans le temps. Mais rassurez-vous, il y a un fil rouge qui est le monde de l’écriture. J’ai aimé suivre les premiers succès d’Oscar, la narration de sa réussite. Il lui a fallu beaucoup de patience et de courage pour en arriver là. Ce qui est particulièrement admirable, c’est qu’Oscar ne tient rien pour acquis, bien au contraire. Il continue de se battre pour réussir.

La plume de l’auteur est sans détour et toujours très fluide. Même s’il s’agit de tranches personnelles, c’est romancé et donc très agréable à la lecture. Oscar se livre à son lectorat, et le fait confident de ses révélations.

Un roman intimiste, créé de diverses tranches de vie de l’auteur, où il va littéralement se livrer à son lecteur, avec en filigrane les multiples interrogations qu’il soulève quant à la légitimité de l’appellation d’écrivain. Une belle découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Et je veux le monde

Et je veux le monde de Marc Cheb Sun

  • Auteur : Marc Cheb Sun
  • Titre : Et je veux le monde
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 336
  • Parution : 4 mars 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Samba veut le monde, et rien d’autre. Il a bientôt 18 ans et passe ses journées à déambuler dans la ville avec son pote Éros. Un jour, la mairie leur propose un stage. Pour Samba, autiste léger, c’est l’occasion de se confronter au monde du travail. Mais les jeunes sont sceptiques, le nouveau maire est un populiste, tendance droite dure. Louis Walter ambitionne de faire de l’arrondissement son bastion politique. Il vise l’Élysée. Face à lui, Jacques Lascrime et Sandrine Rigal, figures de la gauche culturelle, organisent la résistance. Jusqu’ici tout va bien, mais dans ce quartier où des commerces branchés côtoient une grande pauvreté, les ego et les rêves s’affrontent, chacun veut le monde à sa manière, quel qu’en soit le prix.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J.C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. Samba, jeune adolescent autiste, passe ses journées à déambuler en compagnie de son voisin et meilleur ami Eros. Walter, le maire de leur arrondissement, fait partie d’un nouveau parti politique surnommé la nouvelle droite. Il aspire à bien plus. En effet, il vise les élections européennes. Pour faire bonne figure, il décide d’offrir un stage à Samba et Eros. Juste en face de la mairie, Lascrime et Sandrine tiennent un théâtre et sont les figures de la gauche culturelle. Un combat va alors débuter entre les deux secteurs, chacun voulant évincer l’autre.

C’est une expérience de lecture des plus particulières que j’ai faite ici. Si au début j’ai pris peur, pensant que je ne saurais pas accrocher à cet univers si atypique, force m’est de constater que peu à peu, l’auteur a réussit à me convaincre et surtout, à me charmer. Entre un style totalement décalé, une histoire très engagée et des personnages mémorables, je peux parler d’un coup de cœur.

Les cinquante premières pages m’ont totalement déroutée. La narration est hachée, entrecoupée, on passe d’un personnage à l’autre, de la première personne du singulier à la troisième. L’histoire met un peu de temps à se mettre en place mais j’en ressors finalement conquise. Si, comme moi, au début de la lecture, vous avez des sentiments contradictoires, ne lâchez rien. Ce roman est une petite pépite.

L’auteur a su créer une dualité impressionnante dans son récit. Ce qu’il nous narre est très sombre, tragique, et pourtant il a gardé une grande part de luminosité dans la description des errances de Samba à Paris. L’auteur a abordé une multitude de thématiques, qu’elles soient politiques ou sociétales. En filigrane, Marc va intégrer des bouts de chansons à son récit. Encore une originalité qui démarque ce texte des autres.

Les personnages sont forts, intenses. J’ai particulièrement accroché à celui de Samba, que j’ai trouvé tellement touchant. Mais je dois dire que celui d’Aïssatou, la sœur de Samba, n’est pas en reste. Directrice d’un centre pour jeunes, je l’ai trouvée incroyablement forte et inspirante.

La plume de l’auteur est très particulière. Sous un style lumineux, vif et totalement décalé, il nous offre une balade unique. Les chapitres sont découpés sous plusieurs points de vue et il faut un petit temps d’adaptation. En effet, Marc passe de l’un à l’autre d’un coup et au début, je me suis un peu perdue. Passé ce premier effet de surprise, je me suis totalement laissée charmer.

Un livre différent, où l’auteur manie luminosité et noirceur avec brio. C’est décalé, particulier et c’est un roman qui me restera longtemps en tête. J’en ressors conquise. N’hésitez pas, surtout si vous êtes à la recherche d’originalité, de personnages forts et d’intrigues diverses.

Ma note : 18/20

Contemporain

Oh happy day

Oh happy day d’Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

  • Auteur : Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat
  • Titre : Oh happy day
  • Genre : Contemporain
  • Éditions , Fleuve
  • Nombre de pages : 336
  • Paurtion : 12 mars 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Après quatre ans de silence et ce qu’il appelle son  » grand malheur « , Pierre-Marie Sotto décide d’écrire à Adeline Parmelan au sujet d’un certain carnet qu’il aurait laissé chez elle. Est-ce un prétexte pour reprendre contact avec celle qu’il n’a jamais oubliée depuis leur rupture ? En ce cas, le moment paraît très mal choisi. Occupée par son prochain déménagement vers le Canada avec l’homme qui partage désormais sa vie, Adeline a bien d’autres projets en tête que de renouer avec lui.
Seulement, c’est sans compter sur le lien indéfectible qui les attache l’un à l’autre. De surprises en confidences, leur correspondance va les entraîner dans un tourbillon inattendu d’émotions.

Mon avis

Adeline et Pierre-Marie se sont séparés il y de cela quatre ans, suite à un grand malheur arrivé à ce dernier. Un jour pourtant, il va décider qu’il est temps de reprendre contact avec Adeline. Il prétexte être à la recherche de son petit carnet noir où il y avait inscrit une idée pour un futur roman. Mais voilà, il s’avère qu’Adeline à retrouvé l’amour auprès de Ben, et qu’elle s’apprête à tout quitter pour lui et ainsi l’accompagner à Toronto.

Je ressors tout simplement conquise de ce roman épistolaire des temps modernes. Il faut savoir qu’il s’agit ici du deuxième tome des aventures amoureuses des deux protagonistes. Je dois avouer que je l’ignorais totalement et je me suis donc lancée sans plus y réfléchir dans cette lecture. Sachez par conséquent que ce tome peut parfaitement se lire indépendamment, mais pour être tout à fait honnête, j’y ai perdu certains éléments.

Ce roman s’inscrit dans la lignée des feel-good, mais il sort indéniablement du lot, notamment de par sa grande part d’originalité. En effet, ici, Adeline et Pierre-Marie vont entretenir une correspondance au travers de mails et j’ai été captivée de suivre leurs échanges.

Les deux personnages principaux sont très touchants et attachants. J’ai particulièrement apprécié Adeline, que j’ai trouvée d’une grande sensibilité. Pierre-Marie n’est pas en reste. L’histoire est simple. Le postulat de départ a été vu maintes fois, mais là où réside le talent des auteurs, c’est dans leur habilité à en faire quelque chose de spécial.

J’ai lu ce roman comme on dévore un petit bonbon sucré. Je suis passée par beaucoup d’émotions et les touches d’humour souvent présentes, notamment en ce qui concerne la teneur des mails de Pierre-Marie, m’ont tout simplement charmée. Je me suis laissée porter par cette histoire parfois rocambolesque, pleine de rebondissements et surtout incroyablement pétillante.

La plume des auteurs est très fluide. J’ai vraiment adhéré au schéma narratif choisi, à savoir les mails échangés par nos deux protagonistes entrecoupés d’une narration classique. Cela devient vite addictif et permet d’avoir une meilleure vision sur les caractères et les sentiments des deux personnages.

Un roman feel-good qui aura su me captiver dès le début. Malgré un postulat de départ qui peut s’avérer des plus simples, les auteurs réussissent à rendre leur récit original et différent. Cela a été un excellent moment de lecture que je ne peux que vous conseiller.

Ma note : 17/20