Jeunesse

7 rue des écolos

7 rue des écolos de Sophie Dieuaide

  • Auteur : Sophie Dieuaide
  • Titre : 7 rue des écolos
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Didier Jeunesse
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 3 juin 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ras-le-bol de l’arrosage, du binage, du désherbage. Armand, Lili, Violette, Oscar et Charlie ont craqué.
Avoir un jardin sur les toits, tout le monde en rêve. Mais ça tourne au cauchemar quand vous recevez des ordres du matin au soir.
« On n’est pas nés pour obéir ! » a déclaré Lili.
« Les parents, y nous font touzours tavailler au potager », a ajouté le petit Charlie.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Didier Jeunesse pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Au 7 rue des écolos, les familles qui y résident sont bien entendu écolos. Au point d’installer un jardin potager sur le toit de leur immeuble. Les enfants vont malgré tout se rebeller. Ils sont fatigués de débiner, de jardiner. Ils vont trouver une astuce pour ne pas être les seuls à travailler. Lorsque Violette, l’une des filles du groupe, doit changer d’école puisque ses parents se séparent, les autres enfants ont l’idée de créer un journal ecolo qu’ils pourront ainsi envoyer à Violette afin qu’elle se sente moins seule.

C’est une très bonne lecture avec pour toile de fond l’écologie et j’ai trouvé ce roman très bien réalisé. C’est une excellente manière de sensibiliser les plus jeunes lecteurs et avec beaucoup d’humour, l’auteure réussit à faire passer ses messages.

Le groupe est très attachant et l’idée du journal est très bonne. Tout au fil des pages, des illustrations parsèment le texte, et l’auteure a su effectuer le juste dosage afin de maintenir l’attention de ses plus jeunes lecteurs. J’ai trouvé ce roman très original et c’est appréciable de retrouver une thématique si importante dans un roman jeunesse.

La plume de l’auteure est simple et fluide. Avec un style clair et beaucoup de dialogues, l’histoire est adaptée au jeune public. J’ai retrouvé beaucoup de dynamisme dans l’intrigue et les multiples rebondissements rendent difficile d’arrêter sa lecture.

Un récit idéal afin de sensibiliser les plus jeunes à l’écologie. Les illustrations sont bien réalisées et l’histoire est très intéressante. Un roman qui plaira à tout le monde.

Ma note : 17/20

Thriller

Ce lien entre nous

Ce lien entre nous de David Joy

  • Auteur : David Joy
  • Titre : Ce lien entre nous
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 20 mai 2020
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

Caroline du Nord. Darl Moody vit dans un mobile home sur l’ancienne propriété de sa famille. Un soir, alors qu’il braconne, il tue un homme par accident. Le frère du défunt, connu pour sa violence et sa cruauté, a vite fait de remonter la piste jusqu’à lui. Un face à face impitoyable s’engage alors.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Caroline du Nord. Alors qu’il est en train de braconner dans une propriété où il ne devait pas se trouver, Darl tire et tue par erreur un homme. Lorsqu’il se rend compte que cet homme n’est autre que Carol, il est prit de panique. En effet, Darl connaît très bien son frère, Dwayne, ainsi que la violence dont il fait preuve. Il décidera de demander de l’aide à son meilleur ami Calvin pour cacher le corps. Il va alors s’ensuivre une chasse à l’homme sans précédent où la vengeance sera le mot d’ordre.

Quel roman pesant. L’auteur a un talent immense pour rendre toute noirceur possible à une intrigue qui est pourtant assez simple au départ. C’est la manière dont David va dérouler son scénario qui est impressionnante.

Le cadre choisi par l’auteur est vraiment judicieux. Cela ajoute indéniablement un supplément de noirceur. Ici, pas de grandes villes, pas de richesse. C’est presque un thriller d’ambiance. La pauvreté des personnages, ainsi que leur désœuvrement va donner lieu à des situations noires.

Il ne faudra pas s’attendre à un thriller qui va à toute vitesse, bien au contraire. David Joy va se focaliser sur la psychologie de ses personnages et prendra le temps de bien camper son décor. Les descriptions immersives sont très présentes. L’auteur le fait à merveille, mais malgré tout, à certains moments, j’ai trouvé qu’il en usait peut-être un peu trop. C’est vraiment le seul bémol que je peux trouver à ce roman.

La plume de l’auteur est très belle. Comme je l’ai dit, elle est immersive et très visuelle. Les chapitres ne sont pas très longs, et cela se lit vraiment très bien.

Un thriller à lire pour son ambiance emplie de noirceur, sans s’attendre à de l’action, mais plutôt à une grande dimension psychologique. C’est une lecture peu ordinaire et qui ne peut laisser son lecteur indifférent. À découvrir.

Ma note : 17/20

Jeunesse

L.O.L.A

L.O.L.A de Claire Garralon

  • Auteur : Claire Garralon
  • Titre : L.O.L.A
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Actes Sud Junior
  • Nombre de pages : 80
  • Parution : 9 septembre 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Quand Lola est entrée dans la classe, ce fut comme un éblouissement pour Charlie. Puis il y eut cette façon de se présenter, en épelant les quatre lettres de son prénom – L.O.L.A. –, comme une mélodie. D’inconnue, Lola devient pour Charlie une amie, puis une meilleure amie. Quelque chose d’indéfinissable chez Lola l’attire irrésistiblement. Du trouble, du désir sans doute. Les filles plaisent à Charlie mais certains garçons aussi, c’est confus. Mais on tombe amoureux d’une personne, pas d’un sexe. Pourquoi faudrait-il se définir selon une orientation sexuelle ? Pourquoi se conformer à une étiquette – hétéro, homo… ? Plutôt simplement mettre des mots sur ses pensées pour que ça existe vraiment.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Actes Sud Junior pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lola est nouvelle dans sa classe. D’emblée, elle décide de s’asseoir aux côtés de Charlie. Lorsque la jeune fille lui épelle son prénom, Charlie pense que la sonorité et la musicalité des lettres est tout simplement enivrante. Tout comme Charlie, les autres élèves seront captivés par cette nouvelle élève.

Quelle ode à la tolérance et au respect que ce petit roman. Ce récit, aux allures de nouvelle, se lit en un souffle. C’est court mais pourtant, l’auteure a réussi à faire passer le message recherché.

Si au début je me suis longuement demandé où voulait m’emmener l’auteure, je dois dire qu’à la fin, je n’ai pas pu faire autrement qu’admirer l’ingéniosité de Claire. Elle a su me surprendre et je n’avais pas vu le dénouement arriver. J’ai trouvé qu’elle avait amené cela de manière très intelligente.

Je ne peux pas vous dire exactement quelles thématiques sont abordées ici, sous peine de vous spoiler un gros pan du récit. Claire aborde des sujets très actuels et le fait avec beaucoup de douceur et sensibilité.

La plume de l’auteure est tout en délicatesse. Le texte est narré à la première personne, sous le point de vue de Charlie. J’ai trouvé ce choix narratif particulièrement intéressant et judicieux, permettant ainsi une introspection parfaite des pensées de Charlie.

Un court récit qui est une véritable ode à la tolérance et à l’amour. L’auteure aborde les thématiques de son roman d’une manière très intelligente et délicate. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Thriller

La confidente

La confidente de Renée Knight

  • Auteur : Renée Knight
  • Titre : La confidente
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Fleuve
  • Nombre de pages : 400
  • Parution : 27 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Regardez autour de vous. Qui détient le plus de pouvoir dans la pièce ? Est-ce celui qui parle le plus fort ou celui qui a le plus d’argent ?
Ou peut-être est-ce quelqu’un comme Christine Butcher : une figure douce et invisible, un témoin silencieux lorsque les informations sont partagées et les secrets murmurés.
Quelqu’un qui, tranquillement, parfois même sans le vouloir, accumule des connaissances sur ceux qu’elle est venue servir — ceux qui ne vont pas faire attention à elle.
Mais lorsque quelqu’un comme Christine Butcher est poussé à bout, elle pourrait bien devenir la personne la plus dangereuse et la plus puissante de la pièce…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Fleuve pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Christine est une excellente secrétaire. Elle va décrocher le poste d’assistante dans la société de magasins Appleton. Sa supérieure, Mina, est ravie d’avoir à ses côtés une personne si efficace. Pourtant, peu à peu, Mina va exercer une influence dévastatrice sur Christine, lui faisant ainsi ressentir de la culpabilité lorsque cette dernière ne peut se libérer pour des heures supplémentaires. Et lorsque Mina se retrouve mêlée à des affaires d’escroquerie, l’emprise sur sa secrétaire est totale. Christine ira jusqu’à mentir pour sa supérieure.

Voilà un thriller psychologique totalement maîtrisé et avec lequel j’ai passé un excellent moment de lecture. Si le début parfois lent m’a quelque peu déroutée au début, je dois finalement reconnaître qu’il est nécessaire afin de créer cette ambiance pesante qu’a su rendre à la perfection l’auteure,

Le roman débute par une mise en place qui peut paraître longue, mais pourtant, c’est ce qui va permettre au lecteur une immersion totale dans cette intrigue qui ne repose que sur des bases psychologiques. Il ne faudra donc pas s’attendre à un rythme effréné sous peine d’être déçu. Peu à peu, l’auteure tisse les pans de son récit afin d’attraper son lecteur.

Je suis passée par une multitude de sentiments pendant cette lecture, et j’ai tour à tour été ulcérée par l’emprise qu’exerce Mina sur Christine, mais aussi agacée par la passivité de cette dernière, puisqu’elle accepte tout de la part de sa supérieure, sans oser émettre la moindre objection.

Le portrait des deux protagonistes féminines est très bien dépeint, et l’auteure a su créer une tension psychologique qui monte crescendo, jusqu’à un dénouement que je n’ai absolument pas vu venir, et qui est réellement effrayant.

La plume de l’auteure est tres visuelle et bien que le rythme soit lent, les pages ont défilé. La plongée dans le tribunal et le procès qui forment partie du roman est très réaliste. Je dois dire que je ne me suis pas ennuyée un seul instant lors de ma lecture. Le choix de la première personne du singulier est judicieux. Sous une forme qui s’apparente à un journal intime, Christine se livre sans fards.

Un thriller psychologique rondement mené, au dénouement inattendu, et avec deux personnages féminins remarquablement dépeints. Malgré un rythme lent, je ne me suis pas ennuyée et cela a été une excellente lecture que je recommande.

Ma note : 17/20

Historique

Glory – Rentrée littéraire

Glory de Elizabeth Wetmore

  • Auteur : Elizabeth Wetmore
  • Titre : Glory
  • Genre : Historique
  • Éditions : Les Escales
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 27 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Roman choral puissant et envoûtant, Glory met en scène les retombées d’une terrible agression dans une petite ville du Texas et donne la parole à celles que l’on n’a pas l’habitude d’entendre.

14 février 1976, jour de la Saint-Valentin. Dans la ville pétrolière d’Odessa, à l’ouest du Texas, Gloria Ramirez, quatorze ans, apparaît sur le pas de la porte de Mary Rose Whitehead.

L’adolescente vient d’échapper de justesse à un crime brutal. Dans la petite ville, c’est dans les bars et dans les églises que l’on juge d’un crime avant qu’il ne soit porté devant un tribunal. Et quand la justice se dérobe, une des habitantes va prendre les choses en main, peu importe les conséquences.

Elizabeth Wetmore n’hésite pas à sonder les tréfonds de l’âme humaine et livre un roman dur et âpre à la beauté mordante.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Les Escales pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1976, Odessa. Alors que le boom pétrolier bat son plein dans cette ville du Texas, les préjugés ont la dent dure. Gloria, une jeune mexicaine de quatorze ans, frappe à la porte de Mary Rose le lendemain de la Saint-Valentin. La jeune fille a été agressée et violée. Mary Rose fera tout pour venir en aide à l’adolescente, malgré les menaces qu’elle subit de la part des habitants de la ville.

C’est une expérience de lecture immersive et servie par un schéma narratif fort et original. Je préfère vous prévenir d’emblée. Il ne faut surtout par appréhender ce roman comme un thriller avec un mystère ou une enquête à résoudre sous peine d’etre très déçus. C’est un peu ce qui m’est arrivé au départ, m’attendant réellement à cela durant ma lecture. Malgré tout, une fois la petite déconvenue passée, je dois reconnaître que ce roman ne laissera pas son lecteur indifférent.

L’agression de Gloria n’est qu’un prétexte pour l’auteure afin de dérouler son intrigue. Elizabeth abordera ainsi des thématiques très dures, telles que le racisme et la place de la femme dans une société foncièrement misogyne à l’époque. Je suis passée par beaucoup de sentiments et j’ai souvent été révoltée.

Elizabeth propose une intrigue purement psychologique et le fait sous un schéma narratif très judicieux. Elle donnera à tour de rôle la parole aux diverses femmes qui composent cette histoire. C’est une histoire féminine du début à la fin, et cela rend l’intrigue forte et puisssante. Chacune des femmes a su me toucher de par son histoire personnelle, mais il est vrai que Mary Rose m’a conquise au travers du courage dont elle fait preuve pour défendre Gloria et témoigner en sa faveur lors du procès.

La plume de l’auteure est enivrante. Sous un style fort et poétique à la fois, Elizabeth va sonder les pensées de chacune de ses protagonistes. Il ne faut pas s’attendre à retrouver un roman où le rythme est effréné, bien au contraire. Quelques longueurs sont parfois à dénoter et surtout, beaucoup de digressions viennent parsemer le texte. Ce sera mon seul bémol.

Avec ce roman, l’auteure nous livre une véritable peinture sociétale livrée sans fards et sous le regard de femmes charismatiques et fortes. Malgré quelques longueurs, ce roman ne peut laisser indifférent. À lire.

Ma note : 16/20

Thriller

Goliat

Goliat de Mehdi Brunet

  • Auteur : Mehdi Brunet
  • Titre : Goliat
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Taurnada
  • Nombre de pages : 246
  • Parution : 3 septembre 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé


La mer de Barents, au large des côtes norvégiennes : Goliat, une plateforme pétrolière en proie aux éléments déchaînés, est le sinistre théâtre d’une série de meurtres odieux.
David Corvin, ex-agent du FBI, va devoir utiliser toutes ses compétences pour stopper l’hécatombe.
Mais au bout du chemin, il risque de perdre son âme…
Et bien plus encore…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Taurnada pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

2014. David et Abigael, un couple à la dérive, embarquent pour une plateforme pétrolière, Goliat. En effet, Abigael doit s’y rendre pour des raisons laborales. En pleine tempête, des meurtres odieux vont avoir lieu. 2019. Le lecteur retrouve David, totalement dévasté. Que s’est-il donc passé ?

Je ressors essoufflée de cette excellente enquête policière que propose l’auteur. Je ne connaissais pas la plume de Mehdi, mais suite à cette lecture, nul doute que je découvrirai son précédent roman avec grande curiosité.

Mehdi propose un schéma narratif déroutant et pourtant nécessaire afin d’attraper son lecteur et lui donner envie de découvrir ce qu’il s’est passé. Il semblerait que l’auteur émaille son suspense, en nous faisant découvrir quelques années plus tard David, totalement dévasté. On sait d’avance que l’histoire a mal tourné. Au départ, j’ai ressenti une petite pointe de déception, ayant envie que Mehdi dévoile plutôt par petites touches son intrigue.

Malgré tout, rassurez-vous, l’intrigue est menée brillamment et dès le départ, j’ai été immergée. Il faut rester bien concentré. L’auteur propose divers axes temporels qui peuvent dérouter le lecteur. Je me suis souvent demandé comment ces divers pans de l’intrigue pourraient s’imbriquent et lorsque j’ai commencé à comprendre, j’ai trouvé que l’auteur avait créé un récit prenant et plein de suspense.

L’atmosphère, sous forme de huis-clos, est très bien rendue. L’auteur sait manier son suspense et instaurer une ambiance anxiogène sur cette plateforme pétrolière. Tous les ingrédients sont présents pour immerger le lecteur. L’auteur accorde une part importante à la psychologie de ses personnages et celui de David m’a beaucoup intriguée.

La plume de l’auteur est immersive et très fluide. Mehdi sait rendre une ambiance angoissante tout au fil des pages. Les chapitres courts donnent beaucoup de rythme au roman. Les changements temporels sont très fréquents, mais l’auteur veille à bien indiquer en début de chapitre l’époque où se situe l’intrigue.

Un roman qui m’a captivée dès la première page et qui tient son lecteur en haleine jusqu’au dénouement. Ce huis-clos est particulièrement réussi et j’ai passé un excellent moment de lecture. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Rien n’est perdu – Rentrée littéraire

Rien n’est perdu de Pierre-Louis Basse

  • Auteur : Pierre-Louis Basse
  • Titre : Rien n’est perdu
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 20 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le petit garçon ne voulait pas de l’école. L’école ne voulait pas de lui. C’était le temps déraisonnable des terrains vagues, du rêve et de la violence. Nanterre, 1971.
Un jour de décembre, c’est le choc. L’envie d’apprendre revient avec la lumière d’un tableau de Van Gogh, découvert, main dans la main de sa grande sœur, au musée de l’Orangerie. Il reste sidéré devant Les Roulottes. L’échappée belle, la liberté, la fuite, dans une simple toile. Qui lui sauve la mise.
Et le petit garçon a laissé les terrains vagues. La renaissance après l’obscurité.
Ce roman est l’histoire bouleversante de cette renaissance. Parce que rien n’est perdu. Jamais.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1971, Nanterre. Pierre-Louis a treize ans et n’est pas à sa place. Issu d’une fratrie composée de deux sœurs, médiocre à l’école, il a bien du mal à se sentir bien dans sa peau. Ses parents, traumatisés par la disparition prématurée de l’un de leur fils, fondent sur lui des grands espoirs. Pourtant, l’une des institutrices du jeune garçon est formelle, il ne fera rien de bon. Et un jour, c’est la révélation. Sa grande sœur Jeanne l’emmène voir une exposition à l’Orangerie, dédiée au peintre Van Gogh, et Pierre-Louis va tomber sous le charme du tableau Les Roulottes. C’est un nouveau départ qui prouve que rien n’est perdu.

En débutant ce court roman, je n’avais pas compris qu’il s’agissait en fait d’un récit retraçant réellement l’adolescence de l’auteur. Si j’ai eu un peu de mal au départ, étant quelque peu déroutée, j’avoue ressortir finalement conquise de cette histoire pleine d’espoir et lumineuse.

Ce récit, c’est avant tout une peinture sociale de la France des années 70. Pierre-Louis retracera cette période de manière juste et sincère. Au travers de ses souvenirs, le lecteur aura le privilège de se promener dans les rues de l’adolescence de l’auteur et de suivre au plus près ce visage changeant de la France de l’époque. C’est passionnant à suivre et surtout, Pierre-Louis a eu le talent de réussir à romancer le tout, afin de ne pas juste en faire une énumération monotone.

Avec beaucoup de pudeur, l’auteur va se livrer à l’exercice difficile de se montrer tel qu’il était. Ce récit est empli d’émotions et l’histoire familiale de Pierre-Louis m’a beaucoup touchée. J’ai également admiré son courage pour s’en sortir, et ne pas juste se cantonner aux opinions négatives de la part de ses professeurs. Il a su passer outre, et que cela se soit fait au travers de l’art est une très belle expérience.

La plume de l’auteur est lumineuse et élégante. Sous un style exigeant qui m’a déroutée au départ, je dois avouer avoir finalement été séduite. J’aurais bien lu quelques pages de plus, tant l’écriture est belle. Le mariage des arts est parfaitement réussi. Ainsi, l’écriture servira à décrire les beautés de la peinture.

Un récit de reconstruction, au travers d’un tableau lumineux, servi par la plume élégante de l’auteur. Déroutée au départ, j’ai finalement été conquise par ce roman empli de beauté et de sincérité. Avec beaucoup de pudeur, l’auteur va se livrer d’une manière authentique. À découvrir.

Ma note : 17/20

Historique

La Race des orphelins – Rentrée littéraire

La Race des orphelins d’Oscar Lalo

  • Auteur : Oscar Lalo
  • Titre : La Race des orphelins
  • Genre : Historique
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 20 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Je m’appelle Hildegard Müller. Ceci est mon journal.

Le Troisième Reich m’a enfantée. Je suis une oubliée de l’histoire.

La seule race que les SS aient créée, c’est la race des orphelins.  

Qui est Hildegard Müller ? Le jour où il la rencontre, l’homme engagé pour écrire son histoire apprend qu’elle a 76 ans, qu’elle sait à peine lire, à peine écrire. Qu’elle ne connaît rien de ses parents, ne se souvient plus guère de son enfance. Il comprend que sa vie est irracontable mais vraie. Pourtant, Hildegard Müller est loin d’être amnésique. Elle est simplement coupable d’être née en 1943, de géniteurs inconnus mais bons aryens, dans un Lebensborn, ces pouponnières imaginées par le Troisième Reich pour multiplier la «race supérieure».

Hildegard Müller devait être la gloire de l’humanité elle en est devenue la lie, et toutes les preuves de sa conception sont parties en fumée avant la Libération, sur ordre d’Himmler.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Hildegard Müller est une enfant du IIIe Reich. Issue d’un Lebensborn, elle ne connaîtra ni l’identité de son père, selon toute vraisemblance un SS, ni celle de sa mère. À 76 ans, elle le vit très mal et n’a toujours pas refermé ses blessures. Elle fera appel à un scribe afin qu’il l’aide à retranscrire ses mémoires dans une sorte de journal intime.

J’ai lu très peu de romans traitant des Lebensborn, et j’avoue que, jusqu’il y a peu de temps, j’ignorais tout de ce pan de l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Ce récit est percutant, empli de tragédie, et surtout, incroyablement humain. Hildegard se servira de ce journal intime comme d’un exutoire et elle se livrera à son lecteur avec toute la sincérité possible.

Le lecteur suivra, au travers des courtes entrées qui composent ce journal, une femme brisée et en peine afin de se reconstruire. Elle se sent oubliée, ignorée. C’est un témoignage poignant et très dur à découvrir. Hildegard ne prendra pas de pincettes et livrera ses émotions sans fards.

La plume de l’auteur est incisif. Les mots résonnent fortement et c’est extrêmement poignant. Les chapitres sont très courts, composés de quelques pensées jetées en vrac de la part d’Hildegard. J’ai été déroutée de me retrouver avec un tel schéma narratif au début, mais par la suite, je l’ai trouvé totalement judicieux, octroyant ainsi du caractère à ce récit.

Un roman percutant sur une thématique peu abordée en littérature. J’ai lu le journal de la protagoniste avec beaucoup de tristesse et ce récit ne vous laissera pas indifférent. À lire.

Ma note : 16/20

Contemporain

Le monde du vivant – Rentrée littéraire

Le monde du vivant de Florent Marchet

  • Auteur : Florent Marchet
  • Titre : Le monde du vivant
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 26 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Cet été-là, Solène a treize ans et elle déteste son père. Jérôme a obligé sa famille à s’installer à la campagne pour réaliser son rêve : devenir propriétaire d’une ferme. Cet ancien ingénieur, lui, est fier de sa nouvelle vie : au plus proche de l’écosystème, les mains dans la terre à planter des haricots et des tomates de saison, l’œil à veiller sur la traite de ses vaches. Mais les temps se durcissent, et la désillusion grignote son esprit.
Alors que les moissons approchent, sa femme Marion, voulant l’aider, se blesse avec une machine agricole et immobilisée. Théo, un « wooffeur » (aide agricole biologique) de vingt-quatre ans, vient seconder Jérôme ; il n’est pas sans charme, il n’est pas sans radicalité non plus. Avec sa présence c’est tout l’équilibre familial qui est chamboulé.
Avec la fin du collège, Solène découvre la sexualité, son langage amoureux, sa légèreté, ses bouderies, ses audaces. En ce mois de juillet, la vie va s’embraser.

Un premier roman virtuose, mené par une écriture visuelle qui joue sur les émotions amoureuses, la solitude de l’existence, sa beauté aussi. Une forme de suspens saisit cette campagne où il fait trop chaud, où les corps sont trop moites, où les gestes sont maladroits et où les malentendus vont croissant, jusqu’au final.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Levroux. Jérôme, ingénieur en agronomie, sa femme Marion et ses deux enfants Solène et Gabin ont quitté Orléans pour rejoindre cette petite commune et ainsi prendre en charge une ferme. C’est le rêve de Jérôme, mais sa femme s’en accommode plutôt bien. Cela ne semble pas être le cas pour Solène, quatorze ans, pour qui ce changement de décor est un véritable chamboulement. Alors qu’elle découvre les premières amours adolescentes, elle s’éloigne de plus en plus de son père. Lorsque Marion subit un accident, la petite famille est obligée de faire appel à un WWOOFeur. Théo fait alors son apparition et va chambouler le quotidien et les certitudes de Jérôme et du reste de la famille.

Florent Marchet m’a conquise grâce à ce roman simple de prime abord, mais qui dissèque les sentiments avec beaucoup de justesse. C’est une véritable immersion dans le monde rural que propose l’auteur, et j’ai fortement apprécié d’avoir ce côté exode urbain mis en avant.

J’en ai énormément appris sur les fermes, notamment quant au rôle des WWOOFeurs, dont à vrai dire je méconnaissais totalement le terme. Il s’agit tout simplement de volontaires qui s’initient aux savoir-faire et aux modes de vie biologiques, en prêtant main-forte à des agriculteurs qui leur offrent le gîte et le couvert.

Je n’ai pu m’empêcher de trouver à ce roman un petit côté engagé pour une agriculture moins polluante et davantage portée sur le bio. Au travers de Théo, beaucoup de belles idées sont véhiculées et je me suis énormément questionnée. Les personnages m’ont poussée à la réflexion et pas beaucoup de lectures abordent aussi profondément le monde de la campagne.

Mais ce roman, c’est avant tout un récit d’émotions, et Florent réussit son pari avec brio. Avec beaucoup de sensibilité, il va analyser la période compliquée de l’adolescence et de ses multiples chamboulements. Ainsi, au travers de Solène, Florent fait la part belle aux premières amours, aux questionnements intérieurs, aux doutes d’un côté, mais également à ce sentiment de puissance qui habite les jeunes gens. Cette dualité est ici analysée avec une grande justesse.

La plume de l’auteur est empli de simplicité et d’authenticité. Sous un style délicat, Florent arrive à faire passer diverses émotions. Les chapitres sont de taille moyenne et une fois ce roman commencé, il devient très difficile de le lâcher.

Un récit délicat abordant l’adolescence, les premières amours, servi par des personnages profonds et le tout dans un milieu rural très bien dépeint. C’est un premier roman d’une grande réussite. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain auto-édité

Danse, danse, montagne agile

Danse, danse, montagne agile de J. F. Léger

  • Auteur : J. F. Léger
  • Titre : Danse, danse, montagne agile
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 339
  • Parution : 14 janvier 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Pourquoi Hippolyte nous déshérite-il ?

En quelques jours, les événements s’étaient enchaînés à une vitesse incroyable. Leur grand-père avait été hospitalisé brutalement, il était décédé, le notaire avait jeté un trouble dans la famille, les quatre petits-enfants s’étaient mis à ranger la maison, à découvrir une pièce tenue secrète, à trouver deux vieux manuscrits, à passer des heures à trier les documents, à partir en Provence puis à Grenade… Et ils étaient maintenant à Istanbul !…

Qu’est-ce qui relie la création du monde, des chevaliers du Moyen-âge, un ouvrier typographe et ses petits-enfants ? Danse, danse, montagne agile est un roman d’apprentissage et de transmission qui fait se côtoyer l’astronomie et la musique, un voyage initiatique pour parvenir à un monde ignoré.

Un long chemin vers le bonheur

Avant de commencer

Ce roman a été lu dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus 2019. Il fait partie des cinq finalistes de la catégorie littérature blanche, pour laquelle je fais partie du jury. Je dois bien avouer que ce roman ne faisait pas partie de ma sélection, n’ayant pas forcément eu envie d’en découvrir plus suite à la lecture des dix premières pages. Maintenant que je l’ai découvert, je suis contente, même si je lui ai trouvé quelques bémols. Je vous dit tout dans ma chronique.

Pour retrouver le Prix des Auteurs Inconnus 2019, c’est par ici : 

– Sur leur site web : ici

– Sur Instagram : ici

– Sur Facebook : ici

– Sur Twitter : ici

Mon avis

Suite au décès d’Hippolyte, ses enfants et ses petits-fils vont se réunir. Après leur passage chez le notaire, ils apprennent que le vieil homme a légué sa maison à une association. La famille doit donc effectuer le partage des biens et c’est alors qu’ils vont découvrir, en rangeant les affaires d’Hippolyte, de vieux manuscrits mystérieux. C’est le début d’un long périple.

C’est un roman exigeant et dense, peut-être trop parfois. J’ai su apprécier ma lecture mais je lui ai trouvé par moments certaines longueurs sur des passages qui n’en avaient pas forcément besoin. C’est un véritable périple littéraire que nous propose ici l’auteur, faisant voyager son lecteur.

Pour cela, l’auteur va se reposer sur plusieurs temporalités et plusieurs changements de décor. Il faut rester bien concentré, les retours en arrière sont fréquents. J’ai eu l’impression de lire plusieurs intrigues différentes et il m’a parfois manqué ce sentiment d’unité dans l’intrigue.

J’ai été séduite par les passages sur Hippolyte, où l’on suit son évolution au fil des années, son incursion dans le monde de l’imprimerie. C’est une véritable immersion dans le monde du livre que propose l’auteur. J’ai également fortement apprécié de suivre sa rencontre avec sa future femme Luisa. J’ai trouvé ces passages particulièrement bien réussis.

La quête de la famille d’Hippolyte pour percer les mystères des manuscrits m’a beaucoup plu également, mais là, j’ai eu parfois du mal avec les personnages. Je ne les ai pas trouvés assez aboutis et j’ai eu l’impression que l’auteur était resté en surface.

Les thématiques abordées ici sont très variées, mais là, je dois bien avouer que je les ai trouvées trop nombreuses. J’ai eu parfois la sensation que cela partait dans tous les sens. Pourtant, je dois admettre que ma curiosité a été titillée et que je trouve que l’auteur a maîtrisé son sujet.

La plume de l’auteur est très belle. Sous un style précis et clair, il arrive à immerger son lecteur tout au fil des pages. Il faut un petit temps d’adaptation pour s’habituer aux divers changements d’époque, mais l’auteur prend bien évidemment la peine de les indiquer en début de chapitre.

Ce roman est une véritable immersion dans une profusion de thématiques diverses, variées et intéressantes. Si j’ai parfois trouvé que l’auteur s’éparpillait, cela n’en reste pas moins une bonne lecture.

Ma note : 15/20