Historique

Du côté des Laurentides

L’école de rang de Louise Tremblay d’Essiambre

  • Auteur : Louise Tremblay d’Essiambre
  • Titre : L’école de rang
  • Genre : Historique
  • Éditions : Guy Saint-Jean
  • Nombre de pages : 400
  • Parution : 1 décembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

À l’automne 1931, la jeune Agnès Lafrance réalise son rêve: elle sera institutrice. Cependant, à son arrivée dans le village des Laurentides où on l’a assignée, elle déchante. Rien ne se passe comme elle l’avait imaginé… S’installant tant bien que mal dans son nouvel environnement, elle se console en songeant à l’immense bonheur de contribuer à l’éducation – et à la vie – de tous ces enfants qu’elle aime déjà. 
Les liens créés avec Honorine Théberge, son époux Romuald et leurs enfants agiront comme un baume au milieu de la tourmente. Auprès d’eux, la jeune institutrice retrouvera un peu de la chaleur humaine et familiale qui lui manque cruellement. Mais à l’ombre des magnifiques Laurentides, Agnès vivra, au cours de cette première année d’enseignement, déceptions, suspense et tragédie… La joie, la solidarité et l’amour seront-ils suffisants pour lui donner la force de poursuivre son rêve?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Guy Saint-Jean pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Saint-Clément des Laurentides, 1931. Agnès réalise enfin son rêve de devenir institutrice et est donc mutée dans cet hameau bucolique et charmant. Pourtant, si tout en apparence est plaisant, elle va vite déchanter. En effet, elle va résider dans une petite chambre au-dessus de la salle de classe, et à sa grande surprise, celle-ci se trouve dépourvue d’électricité et d’eau courante. Agnès tient bon, puisqu’elle ne sera là que l’espace de quelques mois. Mais voilà, sa famille, son amie Marion, son fiancé Fulbert lui manquent terriblement. Heureusement, tout ne sera pas qu’adversité. Elle fera la rencontre de belles personnes, notamment celle de la famille Théberge.

Ce roman est une véritable pépite de douceur et une parenthèse enchantée le temps de 400 pages. Je ressors vraiment conquise de ce très beau récit qui m’aura fait passer par beaucoup d’émotions. L’auteure aura su maintenir mon intérêt de la première à la dernière ligne.

J’ai été en immersion totale dans ce petit village si particulier. Louise a su créer une espèce de huis-clos, mais est restée toujours dans la bienveillance. J’ai été captivée et j’ai adoré me promener dans les rues de Saint-Clément des Laurentides, accompagnée de personnages touchants et particulièrement gentils.

J’ai été très touchée par les personnages, en particulier par le benjamin de la famille Théberge, Jean-Baptiste. Je l’ai trouvé si attachant et drôle. L’auteure m’a beaucoup touchée dans sa description de cette famille pour qui ce n’est pas toujours facile, mais qui pourtant garde bien en tête la volonté d’aider autrui.

Agnès est attachante à souhait. J’ai été captivée par ses avancées et même si ce n’est pas toujours évident pour elle, que ce soit au niveau de son quotidien comme au niveau de sa famille, elle reste forte et affirmée. Elle ne perd jamais espoir et son optimisme est beau à voir.

Outre le bon moment de lecture que m’a offert Louise, j’ai beaucoup aimé les belles valeurs qu’elle a réussi à véhiculer au travers de son texte. En effet, ici, bienveillance, écoute, générosité et solidarité seront de mise et c’est très touchant de lire une histoire de cet acabit.

La plume est douce et entraînante. C’est vraiment très facile à lire, les pages défilent sans même s’en rendre compte et le tout est d’une grande fluidité. Les chapitres sont peut-être un peu longs et il n’est donc pas forcément évident d’arrêter sa lecture en cours de route. Mais cela n’altère en rien le plaisir de lecture.

Une véritable parenthèse de douceur dans un décor somptueux et dépaysant, le tout accompagné de personnages touchants au possible. Ce roman est une petite gourmandise. Je ne connaissais pas cette auteure et c’est une grande découverte pour ma part. Elle m’a conquise avec son récit et nul doute que je m’essaierai à d’autres de ses romans.

Ma note : 17/20

Jeunesse

PS : Je ne t’ai jamais dit

PS : Je ne t’ai jamais dit de Brigid Kemmerer

  • Auteur : Brigid Kemmerer
  • Titre : PS : Je ne t’ai jamais dit
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Hachette Romans
  • Nombre de pages : 440
  • Parution : 23 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Deux lycéens qui auraient pu ne jamais se croiser. Qui ne savaient pas ce qu’est être aimé. Et qui pourtant se sont trouvés. Rev gardera toujours dans sa chair les cicatrices des sept années qu’il a subies sous les coups de son père. Quant à Emma, c’est dans son coeur qu’elle porte les siennes : elle n’existe pas aux yeux de son père, et sa mère veut tout contrôler. Rev et Emma ne se sont jamais vus que de loin.
Pourtant, le hasard les réunit, un soir. Petit à petit, les deux ados blessés s’apprivoisent, et, chaque jour, partagent leurs doutes et leurs peines. Malheureusement, ce moment de grâce ne pouvait pas durer. Rev est parti rendre visite à son père, qui a refait surface. Sauf qu’Emma a besoin d’aide. Harcelée par un gamer appelé Nightmare, elle s’adresse à la mauvaise personne – un garçon qui fréquente le jeu vidéo en ligne qu’elle a créé pour s’évader.
Rev rejoindra-t-il Emma à temps pour la sauver ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Hachette Romans pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Emma est une jeune lycéenne passionnée par l’informatique. Elle a d’ailleurs créé son propre jeu. Malheureusement, elle va se faire harceler par un joueur. Elle se retrouve déboussolée, ne sachant pas à qui s’adresser. Son père fait peu de cas d’elle et sa mère ne sait que lui faire des reproches. Rev, jeune lycéen dans le même établissement que celui d’Emma, a un lourd passé. Maltraité par son père pendant les sept premières années de sa vie, il se voit finalement placé dans une famille d’accueil aimante. Il doit apprendre à se reconstruire et ce ne sera pas facile. Lorsque les deux jeunes font connaissance un soir et par hasard, des liens indéfectibles vont naître entre eux.

Je ressors totalement conquise de ce roman jeunesse qui aura su m’enchanter tout au long des pages. J’ignorais totalement qu’il s’agissait d’un deuxième volet. Le premier est consacré au meilleur ami de Rev et à sa copine Juliet. C’est en lisant les avis d’autres personnes que j’ai appris cela. Malgré tout, je tiens à vous rassurer. Si vous n’avez pas découvert le premier tome, vous pouvez vous lancer sans problème sur celui-ci, les histoires étant indépendantes.

L’auteure a su créer une histoire d’une rare sensibilité qui ravira les plus jeunes et qui leur transmettra de belles valeurs et des messages importants. Au travers de personnages cabossés, notamment celui de Rev, elle va mettre en exergue l’importance de l’amitié, l’amour, la solidarité, la générosité.

L’histoire m’a tout simplement captivée. Je suis immédiatement rentrée dedans et je n’avais plus envie d’en sortir. Les personnages sont si touchants et si écorchés par leur passé et leur présent qu’ils est impossible de ne pas ressentir d’emblée de l’affection et de l’empathie pour eux. Ils sont tous très bien brossés, avec une grande part de complexité, mais je dois avouer que Rev m’a particulièrement touchée tant j’ai trouvé que son histoire personnelle était lourde à porter.

J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteure amène les choses, sans tout brusquer. Elle prend le temps de faire évoluer les relations entre les divers protagonistes et cela reste pour le coup crédible et réaliste. Les sentiments naissent petit à petit et c’est très touchant.

La plume de l’auteure est d’une grande fluidité. Ce roman de plus de 400 pages se dévore littéralement. Chaque chapitre alterne entre les points de vue d’Emma et de Rev, et sont à chaque fois narrés à la première personne, ce qui permet au lecteur une immersion totale.

Un roman d’une grande sensibilité qui aborde des thématiques difficiles, le tout vu au travers des yeux de deux adolescents très bien dépeints et touchants au possible. J’ai dévoré ce roman qui fait passer de très beaux messages d’espoir. Une excellente découverte.

Ma note : 18/20

Contemporain

Les Magnolias – Rentrée littéraire

Les Magnolias de Florent Oiseau

  • Auteur : Florent Oiseau
  • Titre : Les Magnolias
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Allary
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

-– Caramel

– Pompon

– Cachou…

Il y a des gens, dans la vie, dont l’unique préoccupation semble d’imaginer des noms de poneys. Alain est de ceux-là. Sa carrière d’acteur au point mort – depuis qu’il en a joué un, dans un polar de l’été, sur TF1 –, le quarantenaire disperse ses jours. Chez Rosie en matinée – voluptés de camionnette – et le dimanche aux Magnolias – où sa grand-mère s’éteint doucement. On partage une part de quatre-quarts, sans oublier les canards, et puis mamie chuchote?: «?J’aimerais que tu m’aides à mourir.?» Autant dire à vivre… La seconde d’après, elle a déjà oublié. Pas Alain. Tant pis pour les poneys?: il vient de trouver là, peut-être, un rôle à sa portée…

Dans la lignée de Je vais m’y mettre et de Paris-Venise, Florent Oiseau brosse un nouveau portrait de loser magnifique – une parenthèse en Renault Fuego où valsent sandwichs aux flageolets, secrets de famille et cuites à la vieille prune, pour l’amour d’une grand-mère.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Allary pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alain est ce que l’on peut appeler affectueusement un véritable perdant. Sa carrière cinématographique a bien du mal à prendre de l’élan. Son passe-temps favori, c’est de trouver quels sont les noms les plus fréquemment donnés aux poneys. Il ne fait rien de ses journées, si ce n’est visiter régulièrement Rosie, une prostituée qui travaille dans sa camionnette, et une visite dominicale à sa grand-mère qui réside désormais dans la résidence des Magnolias. Ainsi se passent ses journées, sans grandes surprises, jusqu’au jour où sa grand-mère lui fait une requête particulière qui remettra tout en question, de sa conception du bonheur à son envie de s’en sortir.

Je ne vais pas tergiverser plus longtemps. Ce roman a été un énorme coup de cœur. Ce récit d’une tendresse infinie a su me transporter. Sous des airs de légèreté, il y a pourtant une profondeur intense dans ces quelques pages. L’auteur a su transposer des émotions et une réelle évolution dans le comportement d’Alain. J’aime particulièrement me retrouver devant des personnages en mouvance pour ainsi suivre leur évolution et non pas les voir cantonnés à une sorte de statisme permanent. Ici, l’auteur le réussit à merveille.

C’est presque un pari risqué que prend l’auteur avec ce roman. Il va prendre le parti d’aborder une multitude de thématiques sérieuses et délicates mais, malgré tout, rester dans la légèreté. Le lecteur peut donc passer à côté du côté profond du récit. Florent va ainsi explorer le sentiment d’échec, l’amour, les relations familiales qui sont parfois si difficiles à gérer, mais surtout l’amour indéfectible d’une grand-mère et de son petit-fils. Je ne saurais vous décrire à quel point j’ai pu être émue et attendrie. C’est avec grande sensibilité que cette thématique est traitée et surtout, c’est fait avec brio.

Il est impossible de ne pas s’attacher aux personnages que l’on sent parfois quelque peu borderlines, mais qui sont si touchants. J’ai été seduite tout au long des pages, j’ai aimé voir comment Alain reprenait confiance, comment sa perspective change radicalement. J’aurais tant aimé pouvoir lire quelques pages en plus de ce récit qui a su me faire passer par un carrousel d’émotions.

La plume de l’auteur est tout en douceur, sensible, et d’une grande fluidité. Je me suis laissée bercer par les mots. J’ai trouvé que Florent dépeignait avec beaucoup de justesse les sentiments. Il a le talent pour trouver le mot juste et réussir à faire passer à son lecteur ce qu’il désire nous montrer.

Un roman d’une tendresse infinie qui abordera une multitude de thématiques, avec toute la sensibilité possible et beaucoup de justesse. Je ressors conquise de ce court récit qui a su me toucher et me faire passer par des émotions très diverses. À découvrir sans hésitation.

Ma note : 19/20

Romance

My personal cookbook

My personal cookbook de May Haverhill

  • Auteur : May Haverhill
  • Titre : My personal cookbook
  • Genre : Romance
  • Éditions : Alter Real
  • Nombre de pages : 532
  • Parution : 6 décembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

-Du haut de ses vingt-trois ans, Aoede pense qu’on a loupé la recette lors de sa conception. Un peu trop de sarcasme, un prénom tordu et un ange gardien carrément flemmard : c’est assez pour se demander si le sort ne s’acharne pas contre elle. Surtout quand son quotidien, déjà dans un équilibre précaire, se voit chamboulé par l’arrivée d’un nouveau colocataire au regard perçant et au sourire craquant. 
Elle qui n’aime pas les gens, la voilà servie ! Et le sort en remet une couche quand sa route croise celle d’un motard aussi agaçant qu’attachant, bien décidé à devenir son ami.
La solitude était sa compagne d’errance, mais peut-être qu’elle faisait fausse route ? Peut-être que pour guérir et affronter ses démons, il suffit d’accepter de vivre et de se laisser porter.  
Attention : ce roman parle d’une fille un peu paumée et à la langue acérée, d’un colocataire charmant et d’une patience à toute épreuve, d’un motard au grand cœur prêt à tout pour ceux qu’il aime.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Alter Real pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Aoede, jeune fille de vingt-trois ans, se retrouve au mariage de sa meilleure amie, Meg. Cette dernière va épouser Carlotta, une jeune fille que Aoede déteste cordialement. Mais s’il n’y avait que cela. Celio, le frère de Carlotta, est également présent. C’est sans compter sur la tante de Meg, Noemi, que Aoede ne peut pas voir non plus. Le pompom, c’est lorsqu’elle surprend Noemi avec un jeune dans les buissons. Ce dernier s’appelle Ajax… et oui, un nom de lessive. Pour couronner le tout, Aoede ayant des difficultés à joindre les deux bouts et à payer son loyer, se voit contrainte d’accepter une colocation avec Ajax. Finalement, sur les lieux de son travail, elle va également faire la rencontre de Zef, motard au grand cœur.

C’est sur ce début totalement déluré que vont débuter les aventures et les problèmes de la pauvre Aoede. Décidément, elle en avait déjà bien assez avec un prénom comme le sien. Le ton est donné dès les premières pages et j’ai su que j’allais passer un très bon moment de lecture pour peu que j’accepte de me laisser porter par cette histoire. C’est ce que j’ai fait et la recette personnelle d’Aoede a fontionne à merveille pour ma part.

Tout est présent ici pour faire passer le lecteur par un carrousel d’émotions, du rire à la tristesse, de la tendresse à l’énervement. J’ai eu énormément d’empathie pour cette jeune protagoniste qui est totalement décalée et qui semble en plus avoir un réel souci avec l’alcool. Tout au long des pages, j’ai eu envie de lui tendre la main pour l’aider. Elle est attachante au possible, et je me suis totalement prise d’empathie pour elle. L’auteure a su nous brosser un personnage féminin hors normes. Je n’ai pas l’habitude de croiser des caractères aussi délurés dans mes lectures.

Il faut dire que les personnages masculins qui gravitent autour de la jeune femme ne sont pas en reste. Les situations sont souvent cocasses, et j’ai beaucoup ri par moments. J’ai beaucoup aimé suivre leurs rapports, et je n’arrêtais pas de me demander où tout cela allait mener.

La plume est idéale pour ce genre littéraire, à savoir simple et fluide. J’ai beaucoup aimé l’idée d’intituler chaque chapitre avec le nom d’une recette. Même si le roman ne va pas révolutionner le genre, il apporte une petite touche d’originalité.

Ce roman est une petite gourmandise et est à lui-seul la recette parfaite d’un excellent moment de lecture. Une héroïne totalement délurée servira ce récit feel-good qui m’a paru très réussi. À découvrir sans hésitation.

Ma note : 17/20

Thriller

Notre part de cruauté

Notre part de cruauté d’Araminta Hall

  • Auteur : Araminta Hall
  • Titre : Notre part de cruauté
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Préludes
  • Nombre de pages : 448
  • Parution : 4 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Traumatisé par une enfance difficile, Mike Hayes menait une existence paisible, bien que solitaire, jusqu’au jour où il a fait la connaissance de Verity Metcalf. Verity lui a tout appris de l’amour et, en échange, Mike a consacré sa vie à la rendre heureuse. Il lui a trouvé sa maison, son travail, et il s’est sculpté le physique que Verity considère comme idéal. Il sait qu’ensemble ils connaîtront le bonheur.

Peu importe si elle ne répond pas à ses e-mails ou à ses appels.

Peu importe qu’elle soit mariée à Angus.

Cela fait partie du jeu secret auquel ils avaient l’habitude de jouer.

Le suspense psychologique pervers sur le désir, l’obsession, les histoires qu’on se raconte et celles qui nous font basculer.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Préludes pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Mike, jeune homme en apparence tranquille, va faire la rencontre de celle qu’il va surnommer V. Cette femme s’appelle en réalité Verity et ils se livrent tous deux à des jeux dangereux. Ils vont ensemble dans des bars, se tiennent à distance, et attendent qu’un homme vienne aborder Verity, pour que Mike aille finalement évincer le pauvre malheureux qui a osé s’approcher de trop près. Vu que Verity a poussé mike à se sculpter grâce au sport, en général un simple regard suffit pour dissuader ces hommes. Ce couple semble partager les lubies de l’autre et tout se passe bien. Pourtant, en ce moment, Verity ne répond plus aux mails de Mike, et elle va se marier à Angus. Et bien, peu importe, Mike est persuadé que cela fait partie de leur petit jeu.

Si ce roman m’a fait passer un très bon moment de lecture, je lui ai trouvé tout de même certains défauts sur lesquels je vais revenir par la suite. Ce thriller s’ouvre sur Mike en prison et en train d’écrire en quelque sorte son journal intime sous les conseils de son avocat. Que s’est-il passé ? À qui Mike s’en est-il pris ?

Il faut reconnaître beaucoup d’ingéniosité dans cet postulat de départ et la quatrième de couverture m’a d’emblée donné l’envie de découvrir ce récit. J’ai beaucoup aimé suivre Mike, qui va tout nous expliquer en détail. Mais c’est là où le bémol ne tarde pas à se faire sentir. Il y a une grande impression de stagnation dans le déroulé de l’intrigue. J’ai eu l’impression de ne pas avancer, et d’avoir beaucoup de redites. Il m’aurait fallu davantage de rythme.

Malgré tout, j’avoue que je me suis laissée prendre et que j’ai eu envie d’avoir le fin de cette histoire. La fin, si elle n’a pas su me convaincre totalement, n’en reste pas moins bien ficelée.

La plume se lit très facilement, et les pages défilent. C’est d’autant plus dommage, parce que le style de l’auteure permettait justement de donner plus d’allant à une intrigue qui avait tendance à faire du surplace. Malgré tout, j’avoue avoir dévoré ce thriller.

Malgré un manque de rythme et beaucoup de redites, j’ai passé un bon moment de lecture avec ce thriller très psychologique et au postulat de départ assez innovateur.

Ma note : 15/20

Essai

Nostalgie friends

Nostalgie friends de Kelsey Miller

  • Auteur : Kelsey Miller
  • Titre : Nostalgie friends
  • Genre : Essai
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 368
  • Parution : 6 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Un phénomène depuis 25 ans.
Enfin une rétrospective complète et très riche qui explore toutes les facettes de cette série devenue culte, de ses origines improbables aux raisons mystérieuses pour lesquelles nous la regardons toujours. Kelsey Miller, journaliste et spécialiste de la culture populaire, nous fait revivre les moments mythiques de la série, analyse ses thématiques et expose les tendances qu’elle a lancées, de l’essor de la culture des coffee-shop au « Friendsgivings », en passant par la coiffure culte des années 90, le Rachel.
Regroupant commentaires, entretiens inédits et anecdotes des acteurs stars de la série, ce livre est un incontournable pour tous les amateurs de la série et un ouvrage marquant pour toutes les générations Friends.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Qui ne connaît pas la série mythique Friends ? Que vous soyez un véritable fan et un véritable connaisseur, ou que vous soyez un téléspectateur occasionnel de cette sitcom, je pense que vous êtes tous au fait de ce phénomène qui a révolutionné son temps et qui est toujours d’actualité. C’est à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la série que l’auteure décide de revenir sur la recette sans faille d’une série qui a fait rêver un public large et éclectique.

Lorsque j’ai découvert Friends, j’étais une jeune adolescente et même si j’avoue que j’avais accroché et adhéré totalement à la série, j’étais bien loin d’imaginer et d’appréhender le succès phénoménal et le mythe dans lequel allait se transformer cette sitcom. Il faut bien évidemment lui reconnaître des défauts scénaristiques que l’auteure va aborder dans cet essai. Par exemple, comment est-il possible que six jeunes adultes passent leurs journées à boire des cafés au lieu d’être au travail ? Qui paie leurs loyers, de quoi vivent-ils ?

Bien évidemment et heureusement, le téléspectateur ne s’est pas arrêté à cela. Le cas échéant, la série ne serait pas devenue ce véritable phénomène. Et il faut dire que pourtant, elle a presque été vouée à ne jamais exister. L’auteure va revenir sur les prémices de Friends. Elle va nous narrer les différentes étapes de ce tout premier épisode qui aurait pu en rester là. C’est vraiment intéressant à suivre, puisque si l’on connaît tous le succès de la sitcom, on est moins nombreux à savoir qu’elle a bien failli ne jamais dépasser le stade de l’épisode-pilote.

Friends, c’est également l’histoire de six acteurs qui sont entrés en osmose dès le départ, et cela transparaît dès que l’on visionne un épisode. Kelsey Miller va revenir en détail sur le casting de ces six personnes, sur toutes les difficultés à trouver les bon acteurs. Saviez-vous par exemple que Courteney Cox avait été pressentie pour jouer le rôle de Rachel et non pas celui de Monica ?

Finalement, l’auteure reviendra sur une multitude de petites anecdotes, et sur des polémiques qui ont tourné autour de la série également. On sent qu’elle connaît son sujet et que le phénomène la passionne réellement. Elle s’est documentée de manière exhaustive, a fait beaucoup de recherches et interrogé beaucoup de personnes.

Il faut absolument que je vous avertisse que pour suivre au mieux cet essai, il vous faudra un minimum de connaissances au sujet des épisodes. L’auteure y fait souvent référence, et c’est toujours plus facile de savoir de quoi elle parle, si l’épisode mentionné nous est en tête. Rassurez-vous, pas besoin de connaître la série par cœur, simplement de l’avoir regardée un minimum pour se situer.

La plume est très agréable à suivre. La seule chose que j’ai parfois regrettée, c’est l’accumulation de notes qui renvoient en bas de pages. Certes, elles sont nécessaires et très utiles, mais il y en avait vraiment beaucoup trop par moments. Un deuxième petit bémol peut résider dans la pléthore de digressions qui parsèment les réflexions de l’auteure. Malgré tout, cela n’a pas émaillé mon plaisir de lecture.

Un livre idéal qui ravira les fans et les fins connaisseurs de la série Friends. L’auteure revient sur ce phénomène télévisuel, sur ses débuts, ses acteurs, ses anecdotes, ses succès. Un essai à dévorer et à découvrir sans hésitation.

Ma note : 17/20

Contemporain

Ce petit vélo dans ma tête

Ce petit vélo dans ma tête de Jean-Marc Chavigny

  • Auteur : Jean-Marc Chavigny
  • Titre : Ce petit vélo dans ma tête
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 186
  • Parution : 30 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Céline et Charlotte, deux sœurs que tout oppose, sont déçues par l’atmosphère politique et la dégradation du climat social. Quitter la France, ce pays qui les a vues grandir, devient finalement la seule solution. Guidées par leur désir de renouveau et par leur volonté de vivre sous un autre modèle sociétal et humain, les deux jeunes femmes choisissent Toronto qui leur apparaît très vite comme la meilleure destination.

Refusant d’abandonner leur grand-mère bien-aimée, elles ne reculent devant rien pour la convaincre de les suivre dans leur périple. Cette dernière acceptera-t-elle de faire le grand saut et de laisser derrière elle tout ce qu’elle connaît pour recommencer une nouvelle vie à 86 ans ?

Laissez-vous embarquer dans une aventure pleine de tendresse et d’humanité, qui nous invite à envisager une nouvelle manière de vivre en société !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Céline et Charlotte sont deux sœurs que tout oppose en apparence, si ce n’est la désillusion et l’anticonformisme qu’elles ressentent toutes deux face à la sphère politique de leur pays. Elles sont très unies à leur grand-mère Mathilde, avec qui elles peuvent discuter de tout cela. Pourtant, un événement va tout bouleverser et les deux sœurs vont quitter leur cocon pour aller s’installer à Toronto.

Voilà un petit roman sans prétentions, et pourtant profond et fort bien réussi. J’ai beaucoup aimé ce postulat de départ, et voir les deux sœurs chercher à évoluer dans cette société qui les déçoit beaucoup. Elles ne croient plus vraiment aux politiques menées, et vont alors débuter un voyage initiatique à Toronto, avec un changement radical de vie, ce qui va leur permettre de reprendre espoir.

J’ai fortement apprécié les deux sœurs que j’ai trouvées touchantes, mais surtout charismatiques et fortes. Elles sont pleines d’idéaux, et les voir lutter pour les défendre m’a beaucoup touchée. L’auteur nous parle beaucoup de politique et mêle le tout habilement à son récit.

La plume est impeccable. L’orthographe et la syntaxe sont de qualité, et c’est vraiment agréable. Les chapitres ne sont pas très longs, le style est très fluide et entraînant. Ce roman est court et peut parfaitement se lire d’une traite pour une immersion totale.

Un roman sur les désillusions et les désenchantements que peut créer parfois le sytème politique, avec pour résultat, un voyage initiatique pour tout changer. Le tout est vu au travers des yeux de deux sœurs fortes et charismatiques. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Essai

Cléopâtre

Cléopâtre de Alberto Angela

  • Auteur : Alberto Angela
  • Titre : Cléopâtre
  • Genre : Essai
  • Éditions : HaperCollins France
  • Nombre de pages : 432
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Peu de femmes peuvent se vanter d’avoir autant marqué les esprits que Cléopâtre. La dernière reine d’Égypte antique a séduit les puissants mais a surtout fait de son nom un symbole de puissance. Alberto Angela, vulgarisateur de génie, nous entraîne sur les pas de cette femme d’exception. Dans un monde antique dominé par les hommes, elle a permis au royaume d’Égypte de connaître une expansion fulgurante. Femme de pouvoir, douée dans l’art de la négociation comme dans celui de la guerre, elle est une grande stratège et une figure incroyablement visionnaire. Si, après deux mille ans, elle continue de nous fasciner et de nous inspirer, c’est peut-être parce qu’au-delà des images et du fantasme, elle est le visage de la modernité. »

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Édtions HaperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre.

Cléopâtre est à n’en pas douter l’une des figures les plus emblématiques et les plus fascinantes de l’histoire de l’humanité. Qui ne peut pas citer une anecdote sur cette femme d’exception ? Qui n’a pas regardé un film ou lu un livre où elle est mentionnée de loin ou de près ? Cette biographie romancée exhaustive va retracer la destinée de l’un des personnages les plus influents de son temps.

Je ne connnaissais pas du tout cet auteur, et j’avoue que j’ai toujours un peu peur de lire des romans historiques ou des biographies. Je pense à chaque fois que je vais finir par m’ennuyer. Lorsque j’ai constaté les bonnes critiques au sujet d’Alberto Angelo, je me suis lancée et j’ai eu raison. J’ai pu découvrir que l’auteur retrace l’Histoire avec beaucoup de simplicité et de concision. Ce n’est pas pour rien que la devanture du roman indique qu’il a été rédigé par « celui qui a fait aimer l’Histoire à 1 million de lecteurs ».

L’auteur nous livre une véritable épopée historique aux côtés d’une femme aux diverses facettes. Je l’ai ainsi découverte fine stratège, forte, sensible. J’ai été fascinée de la voir s’imposer dans un monde régi par les hommes. Elle a vécu une période charnière entre deux grandes civilisations, l’Égypte ancienne et Rome. L’auteur nous détaille par le menu la situation politique de l’époque. Il revient sur les conflits, sur les batailles.

Au-delà de la facette politique, j’ai été fascinée par son parcours de femme et par ses amours, toujours fascinantes et parfois contrariées. Ainsi seront abordées ses relations auprès de Jules César et Marc Antoine. Je les ai suivies avec grande curiosité. Bien évidemment, l’auteur nous a prévenu qu’il est quasiment impossible de restituer avec justesse les états d’âme de tous ces personnages, mais il a essayé de supposer, en quelque sorte.

La plume est parfaite. Je trouve que l’auteur tente d’aller au fond des choses mais que le tout reste toujours accessible au lecteur. Il ne s’agit pas d’une série de faits abordés à la suite, mais bien d’une biographie romancée qui permet d’appréhender au mieux cette période historique.

C’est une véritable épopée littéraire et historique que nous propose ici l’auteur, en invitant son lecteur à suivre les traces de l’un des personnages les plus emblématiques de l’Histoire qu’est Cléopâtre. Le style reste accessible et c’est une véritable lecture intelligente. Je recommande sans hésitation.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le mystère Mozart

Le mystère Mozart de Frédérique Jourdaa

  • Auteur : Frédérique Jourdaa
  • Titre : Le mystère Mozart
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 350 pages
  • Parution : 6 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Jonas, pianiste et scénographe prodige, est sur le point de percer un mystère sur la vie et l’œuvre de Mozart qui pourrait bouleverser le monde de la musique. Lorsqu’on lui confie la mise en scène des Noces de Figaro à l’opéra Bastille, il y voit l’occasion de révéler sa découverte, même s’il doit pour cela retourner à Paris, où son meilleur ami Tamino a disparu dans des conditions tragiques.
Obligé d’affronter les fantômes de son passé, Jonas apprivoise les rouages de l’opéra Bastille avec l’aide de Louisa, lumineuse cantatrice. Mais ambitions, intrigues et complots gangrènent la Maison plusieurs fois centenaire, où art et pouvoir se lient inexorablement. Bientôt, la course contre la montre avant la première devient, pour Jonas et Louisa, course-poursuite dans les profondeurs de la Bastille et du palais Garnier. Car, comme sur scène, certains individus masqués sont bien décidés à étouffer le secret d’Amadeus… Une plongée vertigineuse dans l’univers de Mozart et de l’opéra.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Jonas et Tamino sont deux amis d’enfance qui vouent une admiration sans pareille au compositeur Mozart. Malheureusement, Tamino va disparaître dans de terribles circonstances. Pendant ce temps, Jonas va percer un secret sur Mozart qui pourrait bien changer des choses. Il se rendra à Paris pour la représentation des Noces de Figaro, et là, de mystères en révélations, il vivra de folles aventures aux côtés de Louisa, célèbre cantatrice.

Je dois avouer que la première chose qui a attiré mon attention, c’est la couverture, que j’ai tout simplement trouvée magnifique. Mais quand j’ai constaté que le roman allait aborder la figure d’un grand compositeur, j’ai su que ce livre serait pour moi. Je dois dire que je ne me suis pas trompée.

L’auteure nous offre une véritable balade musicale dans Paris, avec pour toile de fond l’opéra Bastille, et en filigrane la figure emblématique de Mozart. J’en ai appris énormément sans même m’en rendre compte. J’ignorais tout de cette étroite relation que le compositeur a entretenu avec la ville lumière. L’auteure a su nous retranscrire le tout avec le plus de justesse possible.

J’ai été totalement en immersion, grâce à un personnage principal totalement attachant. En effet, le personnage de Jonas m’a marquée et je l’ai trouvé particulièrement bien réussi. Je dois dire que celui de Louisa n’est pas en reste. Je me suis totalement évadée et transposée dans une bulle de musicalité pendant toute ma lecture.

La plume est particulière. J’ai eu tendance à la trouver parfois véloce, avec des phrases presque saccadées. Au vu du thème, j’aurais pu apprécier plus de poésie dans le style, et pourtant, si au début j’ai ressenti une espèce de dualité, je me suis finalement laissée guider par Frédérique Jourdaa dans l’univers qu’elle nous propose.

Une très belle balade littéraire et musicale en compagnie d’un personnage principal des plus attachants, et avec en filigrane la figure emblématique de l’un des plus grands compositeurs. Les mystères sont intrigants et j’ai passé un très bon moment de lecture.

Ma note : 17/20

Thriller

L’Affaire Lord Spenser

L’affaire Lord Spenser de Flynn Berry

  • Auteur : Flynn Berry
  • Titre : L’Affaire Lord Spenser
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 276
  • Parution : 10 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Claire est médecin et mène à Londres une vie apparemment sans histoires. Enfant, elle a pourtant eu à subir un événement traumatisant : tandis qu’elle dormait à l’étage de la propriété familiale, sa nounou a été assassinée et sa mère a échappé de justesse à l’agresseur. Le meurtrier présumé serait le père de Claire, un membre de l’aristocratie britannique, disparu sans laisser de traces. La mère a prétendu avoir reconnu son mari, les riches et puissants amis de celui-ci ont toujours clamé son innocence.

Presque trente ans plus tard, Claire n’a pas surmonté le passé. Apprenant par la police que le fantôme qui la hante est peut-être encore en vie, elle part en quête d’une vérité qui lui est devenue indispensable.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Claire, une jeune fille apparemment sans histoires, a pourtant un lourd secret à porter. En effet, elle a dû refaire sa vie et changer d’identité lorsque petite, son père a tenté d’assassiner sa mère et à tué la nounou qui s’occupait de son frère et d’elle. Que s’est-il réellement passé cette nuit ? Pour quelle raison ce Lord si honorable qu’est le papa de Claire a-t-il commis cet acte ? Depuis, Lord Spenser demeure introuvable. Claire n’a qu’une idée, celle de tenter de le retrouver pour s’expliquer avec lui.

Voilà un thriller de facture classique, qui ne révolutionnera pas le genre, et qui pourtant m’aura fait passer un très bon moment de lecture. Il faut reconnaître que l’auteure ne va pas faire preuve d’une grande inventivité au niveau de l’intrigue, mais elle aura su retenir mon attention du début à la fin.

Je ne vais pas vous mentir, il faut savoir que le rythme de ce récit est très lent. C’est probablement mon bémol principal en ce qui concerne ce thriller. J’ai eu la sensation que parfois l’auteure avait tendance à se perdre dans quelques digressions qui n’apportaient rien de supplémentaire au mystère.

Toute l’histoire est portée par Claire, et heureusement, je dois dire que j’ai réellement accroché à son personnage. Je l’ai trouvée très touchante dans sa quête de vérité. Elle n’a pas froid aux yeux et elle va se battre pour découvrir où se cache son père. Les personnages sont bien dessinés, mais un peu plus de relief aurait malgré tout été appréciable. J’aurais aimé en savoir davantage sur les amis de Lord Spenser, qui, à la vérité, m’ont paru considérablement antipathiques.

La plume est fluide, et si ce n’était pas ce rythme lent qui englobe toute l’histoire, cela aurait permis d’en faire un excellent thriller. Malgré tout, les chapitres courts aident indéniablement à retrouver de la fluidité et du rythme. J’ai été intriguée, et le dénouement a réussi à me surprendre. Finalement, tous les ingrédients d’un bon thriller sont là.

Malgré quelques petites imperfections, ce thriller aura su m’intriguer et l’auteure aura maintenu mon attention tout au long d’un récit riche en mystères et où je voulais avoir le fin mot de l’histoire. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

N’habite plus à l’adresse indiquée

N’habite plus à l’adresse indiquée de Nicolas Delesalle

  • Auteur : Nicolas Delesalle
  • Titre : N’habite plus à l’adresse indiquée
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Préludes
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La première fois qu’elle reçoit une lettre d’amour anonyme, Sissi est furieuse. C’est quand même le comble, pour une factrice ! La cinquantaine bien sonnée, un physique loin de celui de Romy Schneider, divorcée et marquée par l’accident de son fils, elle voudrait bien savoir qui ose jouer avec ses sentiments. Heureusement, Sissi peut compter sur ses collègues pour l’aider, surtout Simon. C’est encore lui qui parle le mieux de Sissi, de leur quotidien au bureau de poste, de leur monde à eux avec Dine, qu’on distingue à peine derrière ses tatouages, Luc, à l’humour aussi noir que naze, Paulo, le boulanger écolo philosophe, Martin, le père de famille au bord de la crise de nerfs. Alors quand les lettres enflammées se multiplient, les amis s’organisent et décident de mener l’enquête. Jusqu’au bout, jusqu’à la révélation finale. Même s’ils auraient peut-être préféré ne rien savoir.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Préludes pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Simon, SDF, ancien facteur et se promenant avec sa boîte aux lettres, se retrouve en compagnie d’une jeune femme qui l’invite à boire une limonade et à manger un sandwich. Il va alors lui raconter l’époque où il travaillait dans le service du tri à La Poste, en compagnie de ses amis, et en particulier de Sissi. Il va également raconter comment Sissi se mettra à recevoir des lettres d’amour anonymes et comment ils mettront tout en œuvre pour découvrir qui se cache derrière ces missives.

J’ai beaucoup aimé ce roman et ce n’était pourtant pas forcément bien parti. J’ai trouvé que l’intrigue tardait bien trop à se mettre en place et que beaucoup de digressions parsèment le texte. Et pourtant, peu à peu, je me suis prise au jeu des confidences de Simon.

Nicolas Delesalle nous dépeint une galerie de personnages avec beaucoup de sensibilité et de justesse. C’est sans doute là que réside la force de ce récit, bien plus que dans l’intrigue finalement. Il aborde des thématiques douloureuses, telles que la solitude, les échecs, les remises en question. Finalement, ce roman égrène des questions importantes et ce, au travers de personnages très bien brossés.

Je me suis énormément attachée à ce petit groupe d’amis, chacun ayant une part de mal-être. Simon et Sissi m’ont particulièrement touchée. J’ai presque fini par ne plus chercher qui envoyait ces missives, ce n’est finalement pas le fond réel de ce roman, qui est bien plus profond qu’il n’y paraît. Sous couvert de légèreté, Nicolas Delesalle réussit à aborder une palette de thématiques très sérieuses.

La plume m’a totalement séduite. La fluidité de ce texte est incroyable et les pages défilent sans même s’en rendre compte. Tout le roman est à la première personne, puisque c’est Simon qui aura la parole et racontera toute son histoire à cette inconnue. Cela permet un attachement total au narrateur.

Un roman tout en douceur, servi par une galerie de personnages très bien dépeinte et attachants. Malgré le ton léger, l’auteur abordera des sujets très sérieux. Si j’ai pris quelques pages à rentrer dans l’histoire, j’en ressors finalement séduite.

Ma note : 16/20

Contemporain

La vie en confettis

La vie en confettis d’Hélène Vergé

  • Auteur : Hélène Vergé
  • Titre : La vie en confettis
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 342
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Valentine aime d’un amour exclusif les Buldozorus ( » les meilleures céréales du monde « ), les roses-cheveux de sa mère, Matthieu (qui ne lui jette jamais un regard), et ses parents, avec lesquels elle forme un trio fusionnel.
Si fusionnel que lorsque ces derniers lui annoncent l’arrivée d’un petit frère, le ciel lui tombe sur la tête. D’autant que ce bébé n’a rien à voir avec le supplément de bonheur promis, bien au contraire. Jamais son père n’a été si préoccupé, sa mère si triste. Une tristesse contre laquelle, elle, Valentine, est impuissante. Et ça, ce n’est juste pas possible…
Alors, armée de sa gouaille et de son imagination débordante, elle va tout mettre en œuvre pour chasser le malheur poisseux qui s’est abattu sur son petit monde.
Portée par une jeune héroïne formidable, une ode à la fin de l’enfance, ses déchirements et ses flamboiements.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Valentine, 13 ans, est en pleine adolescence. Tout se passait au mieux avec ses parents, jusqu’au jour où elle apprend qu’elle va avoir un petit frère. De chamboulements en désillusions, l’adolescente va grandir trop vite.

Il s’agit ici d’un premier roman, et je peux affirmer sans crainte que l’auteure frappe fort. Mais quelle originalité ! Que de fraîcheur, de coloris, de poésie. Un roman qui a une patte bien à lui et qui sort indubitablement du lot.

Alors attention, je ne vais pas vous mentir, c’est très particulier. Ici, c’est Valentine qui a la parole tout au long du récit. Elle s’adresse directement à nous, lecteurs, et c’est fait d’une façon assez inédite. Le style est très particulier. Les métaphores sont légion, les phrases colorées aussi, et j’avoue que parfois, cela ne mène nulle part. Il ne faut pas chercher un sens à tout ce que dit Valentine, ce serait dérisoire. Il faut se laisser porter au gré de ses considérations. C’est d’une originalité inouïe. Je ne me souviens pas avoir lu un roman qui lui ressemblerait, même de loin.

C’est tendre, parfois drôle, mais aussi cynique et parfois très dur. L’héroïne est un véritable volcan en ébullition, totalement perdue, et cela transparaît dans chacune de ses phrases. Elle est totalement en décalage.

La plume est donc vraiment particulière. J’en suis à me demander comment va faire l’auteure pour nous proposer un deuxième roman aussi original. Elle a tellement assuré que cela parait très compliqué, pour le coup. Le roman se dévore. Je n’ai pas vu défiler les pages, c’est très addictif.

Un premier roman à découvrir sans hésitation, tant l’univers proposé par l’auteure est original. C’est frais, coloré, poétique, décalé. J’ai trouvé que c’était un premier essai des plus réussis. Je suis maintenant curieuse de savoir si l’auteure réussira à réitérer ce succès dans un deuxième roman.

Ma note : 18/20

Contemporain

Les gardiennes du silence

Les gardiennes du silence de Sophie Endelys

  • Auteure : Sophie Endelys
  • Titre : Les gardiennes du silence
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 400
  • Parution : 17 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Chloé doit fuir Fécamp. Elle se réfugie sur Heldenskøn, petite île isolée entre la Manche et la mer du Nord. Ce n’est pas un hasard si la jeune femme a choisi cette destination sauvage et mystérieuse. Dans les archives familiales, elle a découvert un étrange manuscrit recouvert de plusieurs encres invisibles… Quel est le lien entre ce document et le monastère qu’elle aperçoit, perdu dans la lande ? Traquée et menacée, Chloé est-elle prête à aller au bout de la vérité ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Chloé va se voir dans l’obligation de fuir Fécamp. Sous l’emprise d’un mari violent, elle commet l’irréparable et se voit contrainte à s’exiler sur l’île d’Heldenskøn. Si elle choisit cette destination, ce n’est pas un hasard. Tout d’abord, il s’agit de la terre de son père, mais aussi parce qu’il y a quelques temps, elle a découvert un manuscrit à l’encre invisible dans les archives familiales, et qui vont la mener sur cette île pour y découvrir un secret jalousement gardé depuis très longtemps.

J’avoue que je ressors en demi-teinte de cette lecture que j’ai trouvée parfois très laborieuse. Le postulat de départ avait pourtant tout pour me plaire. J’ai adoré ce concept de société secrète et de ses gardiennes du savoir. En effet, ce roman a pour toile de fond une bibliothèque secrète, gardée par des femmes silencieuses, et où seraient conservés tous les écrits de l’humanité, depuis le début de l’impression. J’ai trouvé ce concept des plus originaux, mais malheureusement je n’ai pas réussi à me laisser totalement subjuguer.

L’auteure ne va pas ménager la complexité de son intrigue, et c’est là où il m’a semblé que réside en quelque sorte le problème. Cela part vraiment dans tous les sens, je me suis parfois perdue et j’ai trouvé que cela tournait en rond. Je me suis accrochée avec les descriptions à outrance du métier d’imprimeur au temps de Gutenberg. J’ai trouvé ces passages longs et parfois rébarbatifs. Cela cassait mon rythme de lecture qui s’en ressentait immanquablement.

J’ai eu également un peu de mal à m’attacher aux personnages, que j’ai trouvé parfois sans relief, et j’aurais aimé les voir plus approfondis. Le dénouement final m’a totalement laissée sur ma faim. J’ai trouvé que tout allait bien trop vite. J’aurais aimé quelques pages de plus pour avoir plus d’explications et ne pas avoir cette impression de facilité au moment de la résolution.

La plume est assez entraînante. Je dois reconnaître que le roman se lit bien, et assez rapidement. Les chapitres sont de taille moyenne. Je me dit que je suis sûrement passée un peu à côté de ce roman, et j’en suis un peu déçue.

J’attendais bien plus de ce roman autour des livres et d’une bibliothèque secrète. Le postulat de départ est très intéressant, mais malheureusement, je n’ai pas trouvé que l’idée soit très bien exploitée. Je n’ai pas réussi à m’impliquer ni à m’attacher aux personnages. Une lecture en demi-teinte pour ma part.

Ma note : 14/20

Historique

Une sorcière à la cour

Une sorcière à la cour de Philippe Madral

  • Auteur : Philippe Madral
  • Titre : Une sorcière à la cour
  • Genre : Historique
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 400
  • Parution : 9 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

1678. Tandis que Louis XIV mène grand train à Saint-Germain et Versailles, Paris est frappé par les meurtres les plus abominables et la rumeur enfle : des empoisonneuses œuvrant pour le diable auraient infesté la ville.
Lorsque le scandale gagne la cour, le roi ordonne à La Reynie, lieutenant général de police, de démanteler les officines et de punir les sorcières. À mesure qu’il enquête, ce dernier comprend que le roi est victime d’un complot. Mais surtout, il découvre que derrière ces actes diaboliques se cache une plus grande violence encore, subie par les femmes. Maintenues toute leur vie sous l’autorité d’un père, d’un frère ou d’un mari, ont-elles d’autre choix que le crime pour conquérir leur liberté ?

Dans cette enquête sulfureuse, Philippe Madral nous plonge au cœur d’une société en pleine mutation et revisite sous un jour complètement nouveau la célèbre affaire des Poisons, avec un souffle romanesque exceptionnel.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1676, Paris. La marquise de Brinvilliers est jugée coupable d’empoisonnements et exécutée sur la place publique. C’est alors que Louis XIV choisit La Reynie comme premier lieutenant de police pour lancer les investigations sur l’affaire dite des poisons, et ainsi démanteler les officines et celles qui étaient alors appelées les sorcières. Très tôt, La Reynie va se rendre compte que l’entourage le plus proche du roi est impliqué, et va alors débuter une enquête des plus périlleuses.

Je ressors totalement conquise de ce roman historique qui aborde un fait réel, de manière romancée et très documentée, mais surtout de manière très originale. Ici, c’est l’inspecteur La Reynie qui a la parole tout au long de cette enquête, et c’est une totale réussite pour ma part. J’ai trouvé très original et intéressant de se placer sous la perspective de ce personnage aux valeurs intègres et à la loyauté indiscutable.

Je me suis totalement prise à ce jeu de pistes. J’avoue que je ne connaissais pas très bien les détails de cette affaire, et que grâce à Philippe Madral, j’en ai appris énormément, le tout sans même m’en rendre compte. L’auteur a une capacité incroyable à romancer son récit. Il est impossible de s’ennuyer. Les rebondissements sont nombreux et cela se lit réellement comme un roman policier.

Il faut tout de même mettre en valeur le travail en amont effectué par l’auteur. Derrière ce roman, il y a une multitude de recherches de la part de Philippe Madral, pour coller au plus près aux faits historiques. Le récit est très documenté, foisonnant et enrichissant.

La plume est tout simplement parfaite. Elle est d’une énorme fluidité et on lit un passage important de l’Histoire sans effort, sans ennui. Croiser des personnages emblématiques au fil des pages est très intéressant.

Ce récit historique passionnant retrace l’une des grandes affaires de la royauté française. C’est documenté et dense, mais si bien romancé que la lecture devient fluide. Une véritable immersion aux côtés d’un personnage emblématique. Une vraie réussite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Les miracles de l’Ourcq

Les miracles de l’Ourcq de Véronique Pierron

  • Auteur : Véronique Pierron
  • Titre : Les miracles de l’Ourcq
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 3 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Sur les bords du canal de l’Ourcq à Paris, toute une population en marge a construit des villages avec des maisons de fortune en carton recouvertes de bâches en plastique. On y rencontre le Vieux, qui, après un naufrage personnel, s’adonne dans sa petite caravane à sa passion du tricot ; Sandra, atteinte du syndrome de Gilles de La Tourette ; Bella, qui est voyante, ou encore Noury le musicien. Il y a aussi Juno, le Brésilien poète illettré, fou amoureux d’une écrivaine infirme au succès grandissant. Cette population de cabossés aurait bien besoin d’un
coup de pouce du destin. Jusqu’au jour où surgissent les miracles de l’Ourcq…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Bienvenue sur les rives de l’Ourcq. Ici, il y a un petit camp de personnes oubliées et en marge, qui rêvent d’une vie meilleure et de laisser derrière eux la pauvreté. Il y a Juno, Sandra, Noury, Cosmin, et bien d’autres personnes qui n’aspirent qu’a remettre du soleil dans leur quotidien, depuis qu’ils se sont malheureusement retrouvés sans domicile fixe, et ce pour diverses circonstances. C’est alors que va débuter une série de miracles au camp et les habitants vont ainsi pouvoir s’enrichir et s’en sortir.

Que d’originalité dans ce roman ! J’ai rarement lu un livre qui sorte autant du lot, de par son postulat de départ des plus originaux, mais surtout de par cette écriture et cette histoire colorée et remplie d’humanisme. L’auteure a touché ma corde sensible et j’avoue que j’ai quitté avec regret cet univers.

Véronique Pierron a créé une sorte de huis-clos littéraire, en faisant de ce camp une espèce de bulle protectrice et bienveillante. Les personnages sont tout simplement attachants, et leurs histoires respectives touchantes. C’est avec beaucoup d’émotions que je me replongeais à chaque fois dans ce microcosme qu’a su créer l’auteure. Je me suis sentie une spectatrice privilégiée de cet univers et de ces personnages évoluant bon gré mal gré au rythme de leurs réussites et de leurs déconvenues.

Ce roman fait la part belle à de magnifiques valeurs. En effet, ici, l’entraide sera de mise entre ces habitants, mais également la générosité, le partage, la loyauté. J’ai été en immersion totale avec ce camp. J’ai appris à connaître les personnages, je me suis émue avec leurs histoires, et j’ai été captivée par leurs aventures.

La plume est très particulière. Alors attention, il se peut que vous ayez un peu du mal au début, comme ce fut le cas pour moi, mais ne vous arrêtez pas à ce détail. Une fois que vous serez rentrés dans cette histoire, vous vous apercevrez que l’écriture est en totale adéquation. C’est en effet une plume poétique, colorée, avec des phrases ayant une résonance particulière que nous offre ici l’auteure. Il faut juste se laisser bercer.

Un très beau récit, où les valeurs se côtoient, telles que l’amitié, la loyauté, la générosité et l’entraide. Au travers d’un microcosme littéraire, l’auteure a su m’immerger totalement dans ce camp particulier et je me suis sentie privilégiée de pouvoir, l’espace de quelques pages, être spectatrice de ces personnages touchants. À découvrir.

Ma note : 17/20

Essai

Mon dictionnaire engagé du football

Mon dictionnaire engagé du football de Pierre Ménès

  • iciAuteur : Pierre Ménès
  • Titre : Mon dictionnaire engagé du football
  • Genre : Essai
  • Éditions : Plon
  • Nombre de pages : 418
  • Parution : 14 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

C’est plus fort que lui : Pierre Ménès ne peut s’empêcher de dire ce qu’il pense, et parfois d’en rajouter un peu pour attiser le débat. Alors, forcément, il ne laisse personne indifférent !
Le regard aiguisé, le verbe haut et le tacle chirurgical, l’émotion et la passion à fleur de mots, le plus célèbre chroniqueur du football français nous invite, avec son Dictionnaire engagé du football, à un voyage aussi subjectif qu’instructif dans l’histoire, petite et grande, des quatre dernières décennies du sport le plus populaire de la planète.
De A comme Adidas à Z comme Zinédine Zidane, en passant par Affaires, Beckenbauer, Beau jeu (son meilleur ami), Cruyff, Deschamps, Domenech, Dopage, Griezmann, Hooligan, Jacquet, Mbappé, Maradona (son idole absolue), Neymar, Platini, Tapie ou les vignettes Panini, Pierre Ménès s’en donne à cœur joie. Du président de la FIFA au jardinier du stade, beaucoup en prennent pour leur grade quand d’autres récoltent les honneurs, tels les joueurs et les matchs mythiques qui ont égayé sa vie : Rocheteau, Maradona ou le tandem Messi-Ronaldo, Saint-Étienne-Bayern 1976, Séville 1982, France-Brésil 1986 ainsi que les irrespirables France-Italie de l’Euro 2000 et du Mondial 2006. Bref, il s’emballe, se passionne, sort quelques cartons, n’évite aucun des thèmes brûlants actuels que sont les errances de l’arbitrage vidéo, la course folle des droits TV ou le racisme dans les stades.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Plon pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre.

Étant une amatrice de football et connaissant le franc-parler et le ton sans filtre et parfois caustique de Pierre Ménès, c’est avec grande curiosité que je me suis plongée dans cet ouvrage. Et bien, je n’ai pas boudé mon plaisir. Cela a été une réussite totale pour ma part. Ce dictionnaire très personnel de Pierre est en fait le dictionnaire de tous les amoureux du ballon rond et j’y ai trouvé tout ce que je recherchais. 

Pierre Ménès nous dit tout. Alors, certes, ce tout est relatif puisqu’il est impossible de faire référence à tous les événements et toutes les figures de ce sport de légende. Mais l’essentiel y est. Le consultant sportif nous parle de notions essentielles, de grands footballeurs et j’ai pu parfaire ma connaissance de ce sport. Ici, la part belle sera faite aux valeurs essentielles de ce sport, telles que le beau jeu et le respect.

Chaque entrée de ce dictionnaire particulier est concise mais pourtant très bien expliquée. J’ai eu l’occasion de retrouver des grandes figures du football actuel, telles que Benzema, Ronaldo, Messi, Pogba… mais également des footballeurs qui, s’ils sont pour ma part incontournables lorsque j’entends leurs noms, le sont pourtant beaucoup moins au niveau du jeu, n’étant pas de ma génération et n’ayant pas eu l’occasion de les voir évoluer tous les week-ends dans leurs championnats respectifs ou durant les grands événements, comme les Euro et les Coupes du Monde. C’est ainsi que j’ai redécouvert Pelé, Maradona, Beckenbauer, Cruyff, Bianchi, Rocheteau, Tigana, Platini et bien d’autres joueurs. 

Pierre Ménès n’oubliera pas non plus les entraîneurs, des plus charismatiques à ceux qui ont plutôt fait un flop avec leurs sélections respectives. Ainsi, le parcours de Deschamps, Blanc, Domenech, pour ne citer qu’eux, seront passés sous l’œil critique de Pierre, mais toujours avec grand respect.

Finalement, Pierre fera la part belle aux clubs historiques, nous narrant de manière concise leur histoire, leurs succès. Des clubs mythiques tels que le Real Madrid, le Barça, le PSG ou Machester City passeront sous le crible et l’œil affûté de l’auteur. Il n’oubliera pas non plus les actions relatives au ballon rond, comme les prolongations ou les corners.

La plume est fluide, simple et sans fioriture. Pierre nous expose de manière plutôt conquise chaque terme de ce dictionnaire, mais relate l’essentiel pour chaque notion. Cependant, je n’aurais pas été contre le fait de voir Pierre un peu plus gouailleur, tout comme on a l’habitude de le voir. Malgré tout, cela n’a en rien émaillé mon plaisir de lecture.

Un dictionnaire essentiel et à mettre entre toutes les mains des amoureux du ballon rond, que vous soyez néophytes ou passionnés. Ce livre est très complet et c’est un plaisir de redécouvrir certains joueurs, des clubs mythiques ou encore une multitude d’anecdotes. Pierre Ménès est concis, mais efficace et c’est passionnant à découvrir. Une réussite totale.

Ma note : 18/20

Contemporain

Max Lurie passe à table

Max Lurie passe à table de Steven Boykey Sidley

  • Auteur : Steven Boykey Sidley
  • Titre : Max Lurie passe à table
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 7 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Vous êtes sur le Réseau national de podcasts. Bienvenue dans « Free Association », animé comme toujours par Max Lurie.

Avec cinquante mille téléchargements par semaine, Max Lurie est devenu un phénomène du Net. La raison de ce succès ? Max raconte tout ! Son passé d’écrivain raté, sa carrière avortée de psy, l’Alzheimer de son père, son frère jumeau détesté, génie de la finance, et, bien sûr, Anne, sa dernière conquête, avec laquelle il se voit déjà convoler… Et qu’importe si Anne et le frère jumeau n’existent pas. Il faut bien mettre un peu de piment pour tenir l’auditeur en haleine. Tout cela est virtuel, après tout.

Les mensonges grossissent, le nombre d’abonnés aussi. Jusqu’où Max est-il prêt à aller pour plaire à ses fans ? Combien de temps avant que son double digital ne le vampirise totalement ? Est-il seulement possible de faire machine arrière ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Max Lurie est un personnage peu ordinaire et haut en couleur. De sa carrière ratée de psychologue ne subsiste que la volonté de fer de réussir. Il se décide alors à animer un podcast. Le succès sera au rendez-vous, puisque pas moins de cinquante mille abonnés qui téléchargent toutes les semaines son émission vont suivre ainsi ses péripéties. Comment Max réussit ce tour de force ? Et bien en racontant tout, absolument tout.

Que d’originalité dans ce roman, tant sur le fond que sur la forme. J’ai rarement vu abordé la thématique des podcasts dans la littérature et ici, c’est particulièrement bien réussi et abordé avec beaucoup de justesse. Il faut dire que le personnage de Max n’y est pas pour rien. Afin de satisfaire ses abonnés, il va raconter tous les détails de son quotidien. Il va même jusqu’à inventer le nom de sa nouvelle copine, et s’inventer un frère jumeau, qui deviendra son alter-égo.

Le problème dans cette situation, c’est qu’il faut être prêt à tout donner pour garder ses abonnés, et c’est un cercle vicieux. Jusqu’où peut aller Max ? Ce roman explore les dangers de la montée d’un succès fulgurant et de cette peur de la déchéance qui s’ensuit immanquablement. Sous couvert d’humour, puisqu’ici le ton est léger, l’auteur va malgré tout aborder une thématique délicate.

J’ai vraiment apprécié cette lecture, et j’ai énormément aimé le schéma narratif. Chaque chapitre commence par nous décrire un peu mieux Max, pour ensuite se terminer sur le podcast enregistré par ce dernier pour son audience. Si le lecteur reste spectateur du quotidien de Max dans la première partie du chapitre, il sera ensuite un participant indéniable du succès de son émission dans la deuxième partie.

La plume est très dynamique. Les chapitres sont assez longs, et j’avoue ne pas être très friande de ce procédé. Malgré tout, ici, cela ne pouvait que convenir. Beaucoup d’humour parsème le texte. Le personnage de Max est truculent, attachant au possible, mais parfois aussi un peu cynique, il faut le dire.

J’ai trouvé une grande originalité dans le postulat de départ de ce roman, et l’auteur a su me convaincre. J’ai suivi avec grande curiosité les podcasts de Max et l’auteur a su explorer le succès mais également le revers de la médaille. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Les livres d’Emmett Farmer

Les livres d’Emmett Farmer de Bridget Collins

  • Auteur : Bridget Collins
  • Titre : Les livres d’Emmett Farmer
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 528
  • Parution : 16 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Et s’il était possible d’effacer le chagrin, de soulager la peine, de dissimuler les secrets pour toujours?
Bridget Collins est auteure de livres pour la jeunesse et de pièces de théâtre. Les Livres d’Emmett Farmer est son premier roman pour adultes.
Le jeune Emmett Farmer travaille sur les terres familiales quand une lettre le convoque pour commencer son apprentissage. Il va devenir enlivreur, un art qui inspire la peur, la méfiance, et suscite bien des superstitions.
Sous l’œil attentif de Seredith, son maître, Emmett apprend peu à peu à confectionner de magnifiques ouvrages destinés à préserver un trésor unique : les souvenirs. Le passé, désormais
enlivré, sera conservé à l’abri des regards dans un caveau, afin que tout soit oublié. Même les secrets les plus terribles.
Un jour, Emmett fait une découverte troublante : l’un de ces livres porte son nom.
Un roman initiatique sur la mémoire et l’oubli et une histoire d’amour, portée par une écriture poétique.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Emmett Farmer, jeune fermier, est destiné à prendre le relai dans l’exploitation familiale. Malheureusement, pendant toute la durée d’un été, celui-ci va se voir confronté à une maladie étrange dont il ne garde que peu de souvenirs. Un jour, une lettre arrive, et c’est avec dépit qu’il apprend qu’il est appelé à devenir enlivreur auprès de Seredith, une dame âgée qui le réclame comme apprenti. Le jeune homme n’aura d’autre choix que d’accepter ce travail.

C’est vraiment une très belle lecture, mais je vous conseille, si possible, de ne pas lire la quatrième de couverture qui est bien trop bavarde pour le coup. Certaines révélations essentielles font leur chemin tout en douceur dans le récit et j’aurais apprécié de les découvrir au fur et à mesure. Malgré tout, ce n’est qu’un petit bémol qui n’émaille en rien le plaisir de lecture que j’ai ressenti à la découverte de ce livre.

Ce récit est très dense et je ne vais pas vous mentir, il faut s’accrocher pendant le premier quart. On peut reprocher à l’auteure de développer un peu trop l’univers qu’elle propose, notamment en nous fournissant de longues descriptions du travail d’enlivreur auquel est confronté Emmett. Malgré tout, je trouve que toutes ces digressions qui paraissent anodines ont tout de même une grande importance.

L’auteure a su créer un personnage fascinant, mais même si Emmett porte cette histoire, les personnages secondaires ne sont pas en reste. Ils sont profonds, tourmentés et très bien dépeints. J’ai été conquise par les aventures du jeune Emmett, et l’histoire d’amour qui survient m’a totalement émerveillée.

Outre la belle histoire que nous propose l’auteure, il y a une réelle réflexion sur plusieurs sujets dont je préfère ne pas faire mention, afin de vous laisser les découvrir au fur et à mesure. Si au début j’ai pensé me retrouver devant un récit jeunesse, je me rends compte que je me suis lourdement trompée et que la dimension psychologique du texte est bien définie.

La plume est sans aucun doute le plus de ce récit qui m’a enchantée. Certes, il y a beaucoup de langueur, mais c’est remarquablement écrit, très poétique et profond. Le récit est divisé en trois grandes parties contenant des chapitres de taille moyenne, et j’ai trouvé cela en totale adéquation avec le texte proposé.

Une très belle histoire qui aura su m’attraper dans ses filets. C’est poétique, profond, et il y a de réelles réflexions sur beaucoup de sujets. Le personnage principal m’a paru sensible et tourmenté et les personnages secondaires sont très bien dessinés. Une excellente découverte.

Ma note : 18/20

Essai

La nuit de Kim Kardashian

La nuit de Kim Kardashian de Pauline Delassus

  • Auteur : Pauline Delassus
  • Titre : La nuit de Kim Kardashian
  • Genre : Essai
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 144
  • Parution : 6 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La nuit du 3 novembre 2016 le chef de la Police Judiciaire de Paris est réveillé: un braquage dans le 8ème arrondissement, un butin à neuf millions, une victime célèbre. « Kim Kardashian, qui est-ce ? » interroge le patron du 36. Il trouve la réponse sur Internet : américaine, milliardaire, brune et plantureuse, des millions de fans sur les réseaux sociaux… Il est 4h du matin, les suspects se sont enfuis les poches remplies d’or et de diamants. Kim Kardashian est restée ligotée dans sa baignoire. Le coup est réussi, l’enquête commence.
Mon récit raconte la rencontre de deux mondes. Celui des Kardashian, nouveaux monstres du divertissement américain et celui d’ « Omar le Vieux », gamin des années 1950 devenu une star du grand banditisme. C’est la France de Michel Audiard, hors-la-loi, souterraine et parigote, contre l’Amérique d’Hollywood, puissante, outrancière, Démocrate. Les seigneurs du braco et la reine de l’exhibition : un film d’Henri Verneuil sur une bande-son de Rihanna.
Un chapitre dans les bas-fonds de Paris, un autre sur les collines de Los Angeles, jusqu’à la nuit du braquage, décortiquée heure par heure, du somptueux dîner donné par Azzedine Alaïa où Kim apparaît couverte de bijoux, à la fuite de ses agresseurs à bicyclette.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Pauline Delassus est journaliste et décide de relater cette terrible nuit où la grande star Kim Kardashian, de séjour à Paris, se fait cambrioler par ceux que l’on surnommera les papys braqueurs, avec à leur tête Omar, qui se trouve être en cavale au moment des faits.

Je ressors totalement conquise par cet essai et Pauline Delassus a su maintenir mon attention du début à la fin. Il faut tout de même dire que je suis loin d’être au fait de l’univers de Kim, et que cette histoire de braquage m’était pour ainsi dire inconnue. J’ai voulu découvrir ce roman avant tout parce que j’étais fort intriguée de ce que j’allais y trouver, et je n’ai pas été déçue.

Évidemment, Pauline va nous narrer dans les moindres détails l’opération menée par Omar et ses hommes pour réaliser l’un des plus gros braquages réalisés dernièrement, mais elle ne va pas s’arrêter à ce fait. Pauline va nous égrener les parcours respectifs et relatifs à chacune des deux parties de cette affaire, à savoir Kim et Omar. Et c’est là où j’ai trouvé tout cela très réussi.

Pauline va nous narrer les débuts de cette jeune fille qui rêvait de gloire déjà petite, à l’accomplissement de cette femme de renommée qu’elle est aujourd’hui. J’en ai appris énormément sur elle, et sur sa famille, basée principalement sous le schéma du matriarcat. De ses frasques à la télé-réalité, des paillettes à ses prises de position politiques, l’auteure nous dit tout et c’est vraiment intéressant de suivre le parcours de cette femme.

De l’autre côté, elle nous narre le quotidien de Omar, ses débuts dans la délinquance, ses amours, ses cavales. Et le contraste est bien évidemment saisissant entre ces deux personnes qui n’avaient rien pour se rencontrer. Pauline s’est vraiment documentée en vue de coller au plus près de la vérité et cela s’est ressenti.

La plume est vraiment fluide et entraînante. J’ai lu cet essai comme un roman à suspense tant l’auteure a su romancer son récit. Je ne me suis pas ennuyée un seul moment, et je n’aurais pas été contre quelques pages en plus.

L’auteure va nous narrer dans cet essai le fameux braquage qu’a souffert Kim, mais ne va pas s’arrêter là. Elle va faire une véritable réflexion sur deux mondes totalement différents, à savoir celui des paillettes et celui de la délinquance et en faire un récit très intéressant à lire.

Ma note : 18/20

Contemporain

L’envol du sari

L’envol du sari de Nicole Giroud

  • Auteur : Nicole Giroud
  • Titre : L’envol du sari
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Les Escales
  • Nombre de pages : 416
  • Parution : 3 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En janvier 1966, un avion d’Air India explose en plein vol sur le massif du mont Blanc, à l’endroit même où le Malabar Princess s’était écrasé en 1950. On retrouve le corps intact d’une jeune femme, une Indienne nue, vêtue de ses seuls bijoux : c’est Rashna, la belle Parsie. Presque cinquante ans plus tard, sa fille Anusha reconnaît le sari de sa mère dans une exposition. Quentin, un écrivain en mal d’inspiration ayant perçu son trouble, est aussitôt subjugué par la jeune femme.
Une certitude germe en lui : ce sari lui donnera la trame de son prochain ouvrage. De rencontre en rencontre, Anusha tente de restituer les bribes de ses souvenirs, ses songes de petite fille hantés par le deuil, tandis que Quentin comble les vides, invente… Et le roman dans le roman apparaît. Quels étaient les secrets de Rashna, cette présence-absence obsédante ? Pourquoi a-t-on retrouvé tous ses bijoux, sauf un, un diamant inestimable ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Les Escales pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

La-Roche-Sur-Foron. Quentin, écrivain en mal d’inspiration, et tout juste divorcé, cherche des idées pour un nouveau roman. C’est alors qu’il tombe sur un article sur le crash aérien de Kangchenjunga. Il décide alors de se rendre à une conférence suivie d’une exposition. Ici, il va rencontrer Anusha, qui va reconnaître le sari exposé de sa mère. Quentin va se lier à elle et Anusha va ainsi peu à peu raconter l’histoire de sa mère à ce dernier.

Un roman très beau et très réussi. C’est un véritable dépaysement que nous propose l’auteure ici avec l’histoire de Rashna, la mère d’Anusha. Nicole Giroud a fait un véritable travail de documentation, pour nous restituer à merveille la culture indienne. Elle parsème son récit de faits historiques, va en profondeur et permet au lecteur une immersion totale.

C’est une lecture intelligente, outre le suspense et les rebondissements qui sont bien présents. J’ai appris beaucoup de choses dont je n’avais pour ainsi dire jamais entendu parler, comme par exemple les traditions parsies. L’auteure ne se contente pas de rester en surface.

Le personnage d’Anusha est particulièrement réussi. Mais il faut dire que celui de sa mère, Rashna, n’est pas en reste. J’ai été conquise par son histoire dévoilée par petites touches. Je l’ai trouvée forte et affirmée, tout ce que j’apprécie chez les personnages féminins.

La plume est vraiment très belle et très représentative de l’atmosphère chatoyante qu’à voulu créer l’auteure. Ici, il y a profusion de couleurs, de broderies, de soies. C’est réellement immersif.

Un roman magnifique, qui nous narre une très belle histoire et où le lecteur est en immersion totale tout au fil des pages. L’auteure a fait un grand travail de documentation. À découvrir.

Ma note : 17/20

Thriller

Que les ombres passent aux aveux

Que les ombres passent aux aveux de Cedric Lalaury

  • Auteur : Cedric Lalaury
  • Titre : Que les ombres passent aux aveux
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Préludes
  • Nombre de pages : 448
  • Parution : 6 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Après un drame personnel, Jessie décide de retourner vivre chez son grand-père. Alors que le vieil homme vient de mourir, elle trouve dans sa boîte aux lettres une enveloppe contenant des documents. Ceux-ci évoquent Keowe, terre de leurs racines, dont il ne parlait jamais. Pourquoi lui adresser aujourd’hui ces coupures de journaux consacrées à un massacre familial perpétré des décennies plus tôt ?
Un riche industriel de la région, M. Webson, avait tué sa fille et sa femme avant de se suicider. Son fils cadet, Toby, n’a jamais été retrouvé. Or Mme Lamar, l’ancienne gouvernante de la famille, affirme l’avoir récemment reconnu.  
L’Enfant perdu d’Eden Woods serait-il de retour ? Troublée, Jessie part enquêter sur place.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Préludes pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Suite à une séparation douloureuse, Jessie décide de retourner vivre auprès de son grand-père, à qui elle est voue un amour indéfectible. Lorsque ce dernier décède, Jessie est plongée dans un profond chagrin. Un jour, elle reçoit un courrier destiné à son grand-père. Là, elle découvre qu’à Keowe, localité de leurs racines, s’est déroulé un drame il y a plusieurs années de cela. Toute une famille est retrouvée carbonisée dans leur demeure, hormis le fils, Tobi, qui est introuvable. Où est-il passé ? La gouvernante, Esther, qui vient tout juste de se faire agresser, affirme que Tobi est réapparu. Jessie part donc enquêter sur place.

C’est un très bon roman que je découvre là, avec sa part de mystère, de secrets et de rebondissements. Tous les ingrédients sont présents pour faire passer un bon moment de lecture. Avec moi, cela a bien marché.

L’auteur a su tirer plusieurs épingles d’une intrigue à priori vue et revue dans les thrillers actuels. Pourtant, il a su se rénover pour nous proposer plusieurs pistes et ne pas rester cantonné dans une seule direction, ce qui aurait pu devenir lassant.

Le personnage de Jessie est particulièrement réussi et l’attachement est immédiat. J’ai été touchée par sa situation, et les secrets que distille au fur et à mesure l’auteur me l’ont rendue de plus en plus profonde et très bien brossée. Elle n’a pas froid aux yeux, et c’est elle qui va porter toute l’intrigue. Elle ne recule devant rien et c’est appréciable de ne pas se retrouver avec une héroïne fade et sans relief.

J’ai beaucoup apprécié cette petite ambiance, qui, sans être à proprement parler un huis-clos, n’en reste pas moins pesante et étouffante. Dans cette petite localité, tout le monde semble savoir quelque chose ou même carrément cacher des éléments. J’ai soupçonné beaucoup de personnages. C’est très réussi.

La plume est très dynamique et les pages ont défilé, certes. Malgré tout, j’ai un énorme bémol à émettre quant à l’absence de chapitres. Ici, à peine quelques petites coupures sont présentes et cela m’a embêtée, surtout que j’ai tendance à associer le genre littéraire du thriller aux petits chapitres, justement. Ceci est un grief bien personnel, bien évidemment. Ne vous arrêtez pas à cela.

Un thriller maîtrisé dans lequel l’auteur a su se renouveler tout au long de son intrigue, afin de ne pas causer d’ennui à son lecteur. L’ambiance est parfaitement rendue et l’héroïne très attachante. C’est une excellente lecture.

Ma note : 17/20

Thriller

Cauchemar

Cauchemar de Paul Cleave

  • Auteur : Paul Cleave
  • Titre : Cauchemar
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 448
  • Parution : 7 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Acacia Pines, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect. Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie. 

Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel. Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Acacia Pine, États-Unis. Lorsqu’une petite fille nommée Alyssa disparaît, Noah, un policier du village, emploie la manière forte pour savoir ce qui lui est arrivé. Il se rend donc chez Gordon, le principal suspect, le torture, et ce dernier finit par lui avouer où se trouve Alyssa. Seulement voilà, il s’avère que Gordon n’est autre que le fils du shérif. Noah se voit alors contraint de quitter le village. Pourtant, douze ans plus tard, il reviendra sur les lieux, après avoir appris qu’Alyssa a de nouveau disparu.

J’ai beaucoup entendu parler de Paul Cleave et voilà un bon moment que je souhaitais découvrir sa plume. Je peux vous le dire tout de suite, je n’ai pas été déçue. J’ai été happée par une intrigue qui a apparemment tout du déjà-vu, et pourtant, je me suis laissée surprendre à plus d’un titre.

Ce thriller est très original dans sa mise en forme, puisque l’on commence avec la résolution d’un mystère. À partir de là, je me demandais ce que l’auteur pourrait bien nous inventer pour retenir toute notre attention, et il n’y a pas à dire, Paul Cleave est bourré de talent pour nous attraper dans les mailles du filet littéraire qu’il nous tend.

J’ai été conquise par l’atmosphère feutrée typique des petites bourgades, où tout le monde se connaît, et où il semblerait que tout le monde peut être le suspect idéal, tant il y a de secrets latents entre les villageois. Paul Cleave a su tirer son épingle du jeu et exploiter à la perfection les éléments et les codes du genre pour nous fournir un thriller maîtrisé et qui ne vacille pas.

Les personnages sont complexes et loin du schéma du manichéisme que j’ai tendance à trop retrouver dernièrement dans mes lectures. Ils sont bien construits, particulièrement celui de Noah, qui est bien brossé et qui porte l’histoire avec brio.

La plume est véloce et il est impossible de s’ennuyer. J’ai trouvé que le style de Paul Cleave était très addictif et les chapitres courts insufflent un rythme trépident à l’intrigue.

Voilà un thriller parfaitement maîtrisé. L’auteur a su me captiver dès le départ et m’a tenue en haleine pendant tout le long d’une intrigue riche en rebondissements et au final inattendu. À lire.

Ma note : 18/20

Contemporain

Paris-Saint-Denis

Paris-Saint-Denis de Paul Besson

  • Auteur : Paul Besson
  • Titre : Paris-Saint-Denis
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 30 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Paul a trente ans. Il termine ses études, enchaîne les petits boulots, cherche un appartement avec sa copine. Il entre dans l’âge adulte à reculons ou en boitant : il boit trop, fume trop, travaille peu ou mal ou pour rien, sort la nuit, marche pendant des heures, se perd. Il cherche la poésie partout, se demande s’il est vraiment amoureux, se demande l’homme qu’il va devenir, là où il va vivre. Il aimerait habiter Paris, mais c’est à Saint-Denis qu’il trouve un appartement. On a dit que c’était la ville la plus dangereuse de France. Et la cité des rois. Mais c’est une autre ville encore que Paul découvre et parcourt. Il raconte un monde qu’on ne voit pas, des hommes qui se cachent ou vivent la nuit. Un dealer de crack lui sauve la vie, un coiffeur virtuose lui apprend à se taire, une caissière au supermarché lui apprend la patience. Peut-être que cette recherche d’appartements si difficile l’a amené au bon endroit.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paul, bientôt la trentaine. Il habite avec sa compagne Carine dans un petit studio, à l’étroit. Il faut dire que Paul se sent à l’étroit aussi dans son quotidien. Il n’arrive pas à finir ses études de philosophie, il vivote à l’aide de plusieurs travails temporaires, et il est profondément désenchanté. Heureusement, Carine semble plus stable. Le couple va finalement décider de déménager. Alors que Paul aimerait trouver un studio à Paris, c’est sans trop y croire ou même s’y attendre, que c’est finalement à Saint-Denis qu’il va trouver son bonheur.

L’auteur nous offre une véritable peinture sociale d’un quartier passé sous le crible. Certes, il peut sembler que les clichés font légion, et pourtant, le tout semble dépeint avec beaucoup de justesse. La diversité ethnique sera mise en exergue. Si Paul commence par nous dire qu’il paraît que Saint-Denis est l’un des quartiers les plus dangereux, il n’en est finalement rien.

Paul fera des rencontres intéressantes et enrichissantes, et portera ainsi un œil bienveillant sur ce microcosme dans lequel il évoluera. J’ai beaucoup aimé ce personnage toujours un peu borderline et pourtant, avec une volonté de fer pour s’en sortir et aspirer au meilleur.

La plume est très dynamique. Le tout est relaté à la première personne, puisque c’est Paul qui va nous faire part de son parcours pour trouver un appartement, ce qui n’a pas été chose aisée. Le lecteur devient complice tacite de Paul, son confident littéraire en quelque sorte. Les chapitres sont très courts mais denses.

L’auteur dissèque la vie d’un quartier, toujours avec un œil bienveillant et beaucoup de respect, et ceci au travers du regard d’un personnage principal borderline, mais attachant au possible. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Thriller

Rien que pour moi

Rien que pour moi de J. L. Butler

  • Auteur : J. L. Butler
  • Titre : Rien que pour moi
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 496
  • Parution : 7 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Tout commence comme dans un conte de fées. Ambitieuse avocate à Londres, Francine Day tombe folle amoureuse de son nouveau client, Martin, un banquier d’affaires qui l’a engagée pour s’occuper de son divorce. L’attraction est réciproque, c’est le début d’une aventure clandestine. Mais lorsque Francine engage un détective privé pour suivre Donna, la femme de Martin, afin de préparer son dossier, elle s’aperçoit que son amant ne lui dit pas toute la vérité. Désespérée, elle décide un soir d’aller espionner le couple au domicile conjugal. Le lendemain, elle apprend que Donna a disparu pendant la nuit et que Martin fait figure de suspect aux yeux de la police. Bientôt, l’étau se referme sur Francine, qui est la dernière à avoir vu Donna vivante.

Plus qu’un thriller à la mécanique parfaite, où le lecteur se demande jusqu’à la dernière ligne à qui il peut faire confiance, Rien que pour moi est l’exploration torride d’un amour fou qui peu à peu tourne à l’obsession.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Londres. Francine Day, dite Fran, souffrant de bipolarité et avocate renommée, va se voir confier une affaire de divorce par un homme séduisant, Martin. De fil en aiguille, une relation étroite s’instaure entre Fran et son client et une aventure clandestine voit le jour. Tout se gâte le jour où la femme de Martin disparaît mystérieusement. Martin est suspecté, mais Fran est également mise en cause. Que s’est-il passé ?

J’avoue avoir indéniablement passé un très bon moment de lecture et pourtant, j’ai trouvé que la mécanique de ce thriller a grincé à plusieurs reprises. Si je me suis prise au jeu de chercher ce qu’il s’était réellement passé, il me semble malgré tout que ce thriller n’a pas les éléments nécessaires pour sortir totalement du lot.

J’ai eu un réel problème avec Fran, la protagoniste. Il y avait matière à mieux faire. Lorsque j’ai commencé le roman, j’ai cru que j’allais me retrouver devant une héroïne forte et charismatique et finalement, il n’en est rien, bien au contraire. Au bout du compte, force m’est de reconnaître qu’elle a plutôt réussi à m’exaspérer de par son comportement trop passif, et son côté bien trop candide et naïf. Certaines de ses réactions m’ont paru manquer cruellement de crédibilité.

La force de thriller réside vraiment dans l’intrigue et dans ce milieu professionnel que l’auteure décrit à la perfection, étant elle-même avocate. Elle sait donc de quoi elle parle et connaît les rouages du métier. C’est pourquoi il me semble qu’elle aurait pu faire un personnage féminin principal plus fort et mieux campé .

La plume est en adéquation totale avec le rythme de l’enquête. Très fluide, véloce et addictive. L’histoire est narrée à la première personne, sous le regard de Fran, et cela permet un attachement indéniable avec la protagoniste. J’ai tourné les pages avec beaucoup de curiosité tant j’avais envie de connaître le dénouement.

Si l’intrigue est parfaitement huilée et ne m’a pas déçue, le personnage principal féminin, Fran, m’a donné une sensation de fadeur et je l’ai trouvée peu crédible. Dommage, puisque c’est elle qui porte le récit. Malgré tout, un très bon moment de lecture avec ce thriller qui respecte les codes du genre.

Ma note : 16/20

Thriller

Une famille presque normale

Une famille presque normale de M. T. Edvardsson

  • Auteur : M. T. Edvardsson
  • Titre : Une famille presque normale
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 528
  • Parution : 24 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Faites connaissance avec la famille Sandell. Le père, Adam, est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund, en Suède. Sa femme, Ulrika est une brillante avocate. Leur fille, Stella, dix-neuf ans, s’apprête à quitter le foyer pour un road trip en Asie du Sud-Est. C’est une famille normale, une famille comme les autres. Et comme toutes les autres familles de la ville, les Sendell sont horrifiés quand un important homme d’affaires, Christopher Olsen est retrouvé assassiné. Ils le sont plus encore quand, quelques jours plus tard la police vient arrêter Stella. Comment pouvait-elle connaître Olsen, et quelles raisons auraient pu la pousser à le tuer ? Il ne peut s’agir que d’une erreur judiciaire. 

Dans ce récit en trois parties, chacun des membres de la famille tente à son tour de recomposer un puzzle dont il n’a pas toutes les pièces. C’est d’abord Adam qui s’exprime, puis Stella, et enfin Ulrika. Chaque fois, de nouvelles perspectives se font jour, la version précédente est remise en question, la vérité s’échappe. La seule évidence qui s’impose très vite, c’est qu’il n’existe aucune famille « normale ». 

Plus qu’un thriller, une découverte exceptionnelle. 

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Suède, dans la petite ville de Lund. Nous faisons la connaissance de la famille Sandell, une famille en apparence bien sous tout rapport, des plus normales, et qui a tout pour réussir et être heureuse. Adam, le père, est un pasteur respecté. Ulrika, la mère, est une avocate brillante. Stella, la fille, et qui fête tout juste ses dix-neuf ans, vient compléter le tableau parfait. Et pourtant, une brèche va venir rompre ce décor idyllique, lorsque la police va arrêter Stella et l’accuser du meurtre d’un homme bien plus âgé qu’elle. Que s’est-il donc passé ?

Ce thriller est un véritable page turner. L’auteur a tout simplement réussi à m’attraper dès la première ligne, et ce jusqu’à la toute fin, où j’avoue m’être totalement laissée surprendre. Je n’avais pas du tout appréhendé ce dénouement, et j’ai donc été très surpise. C’est une véritable réussite.

L’auteur est suédois et son roman s’inscrit dans la tradition de la nouvelle vague des thrillers et des polars nordiques. En effet, j’y ai retrouvé à peu près les mêmes procédés narratifs et la langueur qui a tendance à leur être inhérente. Et pourtant, j’ai vu un souffle nouveau, puisque le rythme est davantage soigné, et même s’il subsiste quelques petites longueurs, je ne me suis pas ennuyée.

Ce thriller se divise en trois parties. Chacune d’entre elles est abordée sous le point de vue de l’un des membres de la famille. Ainsi, durant la première partie, ce sera le père qui prendra la parole, pour ensuite laisser la place à la fille, et finalement à la mère. À chaque fois, l’usage de la première personne permet au lecteur une grande immersion. Ces trois perspectives des personnages et la narration des faits qui va en découler sera très importante pour démêler les fils d’une intrigue menée tambour battant.

Au-delà du côté thriller,j’ai beaucoup aimé la facette sociologique qu’aborde l’auteur. Il décortique une famille dans les moindres détails, mettant ainsi en exergue les qualités de ses membres, mais également les failles qui se cachent sous ce vernis de normalité. L’auteur nous livre une critique acerbe de cette recherche de perfection.

La plume est très dynamique et la taille des chapitres n’y est pas pour rien. Effectivement, plus de cent chapitres composent ce thriller et donc ils sont forcements courts et donnent un rythme effréné à l’intrigue, faisant de ce récit un véritable page turner.

Voilà un thriller remarquablement construit, avec un suspense intact, un dénouement inattendu, des personnages forts et bien construits. L’auteur explore les relations d’une famille presque normale et fait éclater le vernis de perfection qui l’entoure. Une réussite.

Ma note : 18/20

Thriller

Du poison dans la tête

Du poison dans la tête de Jacques Saussey

  • Auteur : Jacques Saussey
  • Titre : Du poison dans la tête
  • Genre : Thriller
  • Éditions : French Pulp
  • Nombre de pages : 592
  • Parution : 24 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Elle a incliné le cou, le visage déformé par les flocons épais qui se déposaient déjà sur le carreau. Elle a cherché son regard à travers le verre qui s’opacifiait de seconde en seconde, mais les lunettes noires l’ont empêchée de le trouver. Alors, elle s’est détournée vers le pont et elle a commencé à marcher en direction de la gare, son manteau ouvert claquant sur ses jambes face au vent glacial. Dans la voiture, le son des feux de détresse rythmait sa progression comme le tic-tac d’une minuterie. Une femme qui arrivait en sens inverse s’est retournée sur elle. Elle a eu un temps d’arrêt, comme si elle doutait de ce qu’elle venait d’apercevoir. Il a vu un panache de vapeur sortir de la bouche de l’inconnue. Elle s’est figée d’horreur au moment où Myriam a laissé tomber son manteau dans la neige et a enjambé le parapet. Elle s’est précipitée vers elle en hurlant, mais il était trop tard. Après un dernier regard en direction de la voiture immobile, Myriam, entièrement nue, avait déjà sauté dans le fleuve.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions French Pulp pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce thriller.

Paris. Myriam, une jeune femme en apparence bien sous tout rapport, décide pourtant de sauter dans la Seine. Très tôt, une enquête va démarrer. Elle aurait été manipulée par un pervers narcissique qui l’aura poussée à bout, jusqu’à l’irréparable. En parallèle, nous suivrons le commandant Magne, qui se voit recevoir un colis étrange de la part d’un ami d’enfance qui vient de décéder. Ce colis va faire resurgir des souvenirs très douloureux, notamment celui de Fanny. Finalement, Lisa, la femme de Magne, va rencontrer de grosses difficultés avec Oscar, leur fils adoptif.

Il s’agit ici de la huitième enquête du commandant Magne et de son équipe, et si j’avoue ne pas avoir lu tous les précédents tomes, la compréhension n’en reste pas moins aisée. Malgré tout, je vous conseille fortement de découvrir ne serait-ce que l’une des enquêtes précédentes de Magne avant de vous lancer à la découverte de celle-ci, afin surtout d’appréhender au mieux la relation entre ce dernier et Lisa.

Jacques Saussey est décidément empli de talent. Dès les toutes premières pages, j’ai su que j’allais être happée par cette intrigue et je ne me suis pas trompée. Le tout est mené tambour battant, et même s’il s’agit d’un gros pavé, je peux dire que les pages ont tout simplement défilé.

J’ai été très intriguée par ce paquet envoyé par Thierry, l’ami d’enfance de Magne, et j’ai trouvé l’enquête sur le pervers narcissique très haletante. Je l’ai suivie avec effroi. J’ai tout de même un petit bémol à émettre quant à la construction narrative. L’auteur a eu tendance à trop vouloir multiplier les intrigues et j’aurais aimé qu’il se consacre surtout à celle du pervers narcissique. À chaque chapitre, on change de registre et d’intrigue et cela peut parfois frustrer le lecteur.

La plume est toujours aussi plaisante. Jacques Saussey a prit le parti de découper son thriller en une multitude de petits chapitres, ce qui donne un rythme effréné à son histoire et rend ce livre très difficile à lâcher.

L’auteur abordera ici une thématique très délicate, et mêlera le tout à deux intrigues supplémentaires, rendant ce thriller addictif et très difficile à lâcher. Même si par moments, j’aurais aimé que l’auteur se focalise davantage sur l’une des intrigues qu’il nous propose, cela n’en reste pas moins très réussi. À découvrir.

Ma note : 17/20

Historique

L’Automne avec Brahms

L’automne avec Brahms d’Olivier Bellamy

  • Auteur : Olivier Bellamy
  • Titre : L’Automne avec Brahms
  • Genre : Historique
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 3 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

À vingt ans, beau comme un demi-dieu, Brahms fait une rencontre qui va changer sa vie et le cours de l’histoire de la musique. Schumann célèbre son génie, tandis que le jeune homme tombe amoureux de Clara Schumann – la femme du compositeur et la plus grand pianiste de ces années.

Une tragédie succède à cette épiphanie : Schumann est enfermé, il meurt, et le destin de la musique allemande échoit entre les mains de Brahms.

Alors que le monde de l’art ne jure plus que par l’innovation et le progrès, Brahms va se lever, seul contre tous, et démontrer qu’on peut aller encore plus loin en regardant derrière soi. Chantant les beautés de la nature et puisant au plus profond de lui-même, il écrira la musique la plus parfaite et la plus originale qui soit.

Après Un hiver avec Schubert, Olivier Bellamy guide le lecteur dans l’oeuvre et l’histoire de Brahms en 44 textes ciselés, documentés et sensibles. Le compositeur le plus secret de son époque nous devient aussi proche qu’un membre aimé de notre propre famille…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Johannes Brahms est sans aucun doute l’un des plus grands compositeurs de l’époque romantique. Il a entretenu une relation étroite avec Schumann et son épouse Clara, qu’il admire profondément. C’est lorsque Schumann se fera interner dans un asile psychiatrique, que les liens entre Clara et Brahms vont s’intensifier au profit de créations musicales. L’admiration de Brahms va au-delà de la simple admiration, et c’est cette relation ambiguë qui sera mise en exergue dans ce beau roman.

L’auteur nous offre 44 tranches de vie de ce grand compositeur, pour nous permettre à nous, lecteurs, de mieux le connaître et de mieux l’appréhender. Le tout est décrit avec une grande délicatesse et nous permet, que l’on soit néophyte ou pas, d’en apprendre énormément sur ce grand compositeur.

L’auteur ne part pas dans le compliqué et n’a pas la vocation d’avoir fait de son écrit un essai. Il s’agit plutôt de mettre en exergue les moments importants de la vie de Brahms, le tout de manière romancée et douce. Je me suis laissée porter par ce beau texte.

La plume est fluide, simple et va droit à l’essentiel. Elle est d’une grande délicatesse et emplie de sensibilité. Les chapitres sont assez courts, donnant du rythme à ce récit.

La vie et l’œuvre de l’un des plus grands compositeurs de l’époque romantique sera mise en avant, le tout servi par une plume délicate et fluide. Très facile à suivre, j’ai été fascinée par ce beau récit.

Ma note : 17/20

Romance

Un deal pas très catholique

Un deal pas très catholique de Sophie Lim

  • Auteur : Sophie Lim
  • Titre : Un deal pas très catholique
  • Genre : Romance
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 274
  • Parution : 28 août 2019
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Résumé

Julie, élève de terminale de 18 ans, travaille secrètement comme serveuse dans un club de striptease. Théodore, un garçon de son lycée beau mais sadique, s’y rend un soir avec un ami. Pour s’amuser, il se montre entreprenant et tactile avec elle, sans se rappeler qu’il l’insulte régulièrement lorsqu’il la percute avec son skate ou ses rollers dans les couloirs de l’école. Pour l’éconduire, Julie lui donne un faux nom et un faux numéro de téléphone, ce qu’il ne tarde pas à découvrir. Pour se venger et éviter un mariage arrangé avec Alix, une fille de sa classe qu’il utilise comme sex friend à côté de ses conquêtes, Théodore va proposer à Julie un deal difficile à refuser : il taira son secret si elle accepte de se faire passer pour sa fiancée…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. Julie entame son année de terminale. Pour arrondir ses fins de mois, elle va secrètement travailler dans un club de strip-tease, le week-end. De son côté, Théodore, étudiant dans le même établissement scolaire que Julie, se retrouve forcé par son père à se marier avec Alix, ce dernier jugeant qu’il s’agit d’un excellent parti pour son fils. En se rendant un soir au club de striptease, Théodore reconnaît julie, et décide alors de mettre en œuvre un plan qui lui permettra d’échapper à cette alliance forcée dont il ne veut pas. Grâce à un chantage indécent, il fera croire à son père qu’en fait il est déjà fiancé avec Julie. Cette dernière, ayant peur que Théo révèle à tout le monde son travail, devra jouer le jeu bien qu’elle ne le supporte pas.

Voilà un roman qui constitue à lui seul un véritable mélange de genres des plus réussis. Entre romance, roman feel good et roman largement inspiré des shojos matures, Sophie Lim dévoile une large palette de son talent.

Il est impossible de s’ennuyer à la lecture de ce récit qui fera la part belle aux coups bas, aux petites vengeances et aux sentiments emmêlés. J’avoue que, si d’emblée j’ai réussi à m’attacher à Julie, je n’ai tout simplement pas pu encadrer le personnage de Théodore. Imbu, fier, irrespectueux, maître-chanteur et j’en passe. Bref, il avait tout pour me déplaire, et pourtant, c’est là où réside la maturité littéraire de Sophie. Elle a su faire évoluer son personnage, au fur et à mesure de l’intrigue. Cela lui octroie beaucoup de relief, et il est loin d’être statique.

Le tout se lit avec facilité et les rebondissements sont légion dans cette romance. J’ai tour à tour été ulcérée, fâchée, attendrie, touchée. La palette des émotions est vaste. Mais surtout, Sophie a réussi à me faire sourire plus d’une fois. Ce roman est blindé de clins d’œil et de références aux personnes de notre génération. Il faut dire que Sophie et moi sommes dans la même tranche d’âge à quelques jours près, et cela m’a rendue peut-être plus sensible.

L’histoire va à toute vitesse et Sophie maîtrise son suspense et les rebondissements. Les coups bas se multiplient et vraiment, j’ai été conquise par la fin, de laquelle je n’en dirai pas plus, bien évidemment. Elle aura su me ravir.

La plume est impeccable, et là, je tiens tout particulièrement à le mettre en avant. Trouver un texte de cette qualité dans l’auto-édition, tant dans la sphère de l’orthographe que celle de la syntaxe et de la ponctuation est malheureusement denrée rare. Ici, il n’y a rien à redire à part remercier Sophie d’avoir offert un texte de cette qualité à son lectorat.

Une romance inspirée des shojos matures, avec une petite touche d’érotisme, des personnages hauts en couleur et des rebondissements à foison. Voilà les ingrédients de ce roman qui m’aura captivée et fait passer un excellent moment de lecture. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Monologues de l’attente

Monologues de l’attente d’Hélène Bonnaud

  • Auteur : Hélène Bonnaud
  • Titre : Monologues de l’attente
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 250 pages
  • Parution : 6 novembre 2019
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Résumé

Par une semaine glaciale de février, sept personnages se rendent chez leur psychanalyste et s’installent dans la salle d’attente. Il y a Daniel, délaissé par une mère qui lui préfère son jeune frère, Sandra, toujours en retard pour sa séance, ou encore Laurent, bouleversé par cet étrange cauchemar qu’il a fait la veille… Dans ce moment d’entre-deux, sorte de sas entre la vie quotidienne et la vie intérieure, leurs pensées vagabondent et leurs sentiments sont décuplés par cette attente dont ils ne savent pas exactement quand elle prendra fin. Tandis que la parole se déroule, se projette, entre réalité et fantasme, entre angoisse et espoir, ce sont les mystères de l’inconscient que l’on découvre, mais aussi sa logique implacable et sa drôlerie. En quelques mots, nous entrons dans l’intimité de chacun et, au-delà, dans la complexité et la richesse de la pensée humaine.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Sept personnes qui attendent leur tour dans la salle d’attente de leur psychanalyste. Tel est le postulat de départ de ce court recueil de nouvelles qui va explorer en profondeur la psychologie de ces sept personnages.

Toutes ces nouvelles ont le même point d’orgue, à savoir la psychanalyse. Ces personnages se retrouvent donc en train d’attendre leur tour, et nous allons découvrir leurs pensées les plus profondes, puisqu’ils vont se livrer à un monologue intérieur.

En tant que lecteur, on assiste donc aux raisons qui ont pu pousser nos protagonistes à faire appel à un spécialiste. Les monologues sont très profonds, très riches et denses. Beaucoup de références sont faites à Freud et à Lacan. Inutile de vous dire que pour apprécier cet ouvrage à sa juste valeur, il faudra impérativement s’intéresser un minimum à ce qui touche à la psychanalyse.

Pas d’inquiétude à avoir au niveau du jargon, tout reste parfaitement abordable. Ces personnages se livrent avec pudeur et avec sincérité, en usant de l’émotion la plus profonde. Le tout est donc facile à suivre.

La plume est délicate et élégante. Les nouvelles ne sont pas longues et vont droit à l’essentiel.

Une très belle découverte littéraire, axée sur la psychanalyse, au travers de sept personnages qui vont se livrer à un monologue intérieur. C’est profond et très réussi.

Ma note : 16/20

Thriller

Benzos

Benzos de Noël Boudou

  • Auteur : Noël Boudou
  • Titre : Benzos
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Taurnada
  • Nombre de pages : 222
  • Parution : 14 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller avec cette sensation de déjà-vu ?
Sauriez-vous faire la différence entre le vrai et le faux ?
Avez-vous une confiance absolue en vos proches ?
Nick semble mener une vie tranquille, entouré de sa femme et de ses voisins. Pourtant, le jour où des amis de longue date arrivent, son existence tout entière va basculer dans l’étrange et l’impensable.
Réalité ? Psychose ? Quelle preuve avez-vous finalement de votre réalité ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Taurnada pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nick a en apparence tout pour être heureux. Il est épanoui dans son mariage avec Chloé et a des amis fabuleux, Pierre et Cath, qui s’apprêtent à passer quelques jours avec lui. Et pourtant, Nick a un énorme souci : il est totalement dépendant des somnifères qui rythment son quotidien et ses nuits. Et là, lors du séjour de ses amis chez lui, c’est à ce moment même où tout va déraper. Nick va avoir une sensation de déjà-vu constante, avec l’impression de revivre sans fin les mêmes événements. Est-il tombé dans une psychose irrémédiable ou est-ce la réalité ?

Autant le dire d’emblée, ce thriller a été un véritable coup de cœur. Il m’a torturé les méninges comme il y a longtemps que cela ne s’était pas produit avec une de mes lectures. Surtout, si vous débutez la lecture de cette pépite, arrêtez tout, ne prévoyez rien, il est très difficile de le lâcher tant on peut le qualifier de page turner.

J’ai adoré me perdre dans les méandres d’une intrigue emmêlée à souhait. Je n’ai eu de cesse de me poser des questions tout du long. Je ne savais plus qui ou quoi croire. Je voulais juste tourner les pages et avoir le fin mot de l’histoire.

Noël Boudou a prit un énorme risque en nous proposant cette intrigue qui s’enlise à chaque fois plus. C’est un pari risqué, puisque je dois bien avouer que j’avais vraiment peur d’être déçue à la toute fin. Effectivement, et si l’explication finale n’arrivait pas à me convaincre ? Et si je n’avais pas les réponses à toutes mes questions ? Et bien Noël Boudou s’en est sorti avec brio. Tout se tient, j’ai eu toutes mes explications, et l’auteur a réussi à m’avoir.

J’ai été conquise par le personnage de Nick qui porte toute l’intrigue. J’ai ressenti son mal-être, j’avais envie de lui tendre la main, de l’aider. L’utilisation de la première personne dans la narration permet une immersion totale.

La plume est dynamique. Les chapitres sont courts et cela octroie indéniablement un rythme effréné à cette intrigue qui ne s’essouffle jamais. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant.

Noël Boudou signe ici un thriller rondement mené, avec une intrigue des plus complexes, mais où il maîtrise les tenants et aboutissants de ce genre littéraire et peut ainsi nous proposer un récit parfait et sans failles. Un thriller maîtrisé, haletant, prenant, un véritable page turner. Tous les ingrédients sont présents pour un excellent moment de lecture. À découvrir.

Ma note : 19/20

Thriller

Lost man

Lost man de Jane Harper

  • Auteur : Jane Harper
  • Titre : Lost man
  • Genre : Thriller
  • Editions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 416
  • Parution : 28 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Après des mois de silence, Nathan et Bub Bright se retrouvent sur la frontière séparant leurs ranchs, au coeur aride de l’Outback australien. Leur frère Cameron gît à leurs pieds, mort de soif. Sur ces terres isolées et suffocantes, à trois heures de voiture les uns des autres, aucune autre âme ne vit dans les environs. Alors pourquoi Cameron aurait erré sous le soleil implacable jusqu’à en mourir ?

L’enfant du milieu et le favori avait récemment repris la propriété familiale. Nathan et Bub vont y retrouver ceux qu’il a laissés derrière lui : sa femme, ses filles, leur mère, et quelques employés. Mais alors que commence le deuil, Nathan se met à avoir des soupçons, qui le forcent à remuer de terribles secrets de famille. Car si quelqu’un est responsable de la mort de Cameron… les suspects se comptent sur les doigts d’une main.

Une intrigue puissante et brutale, qui prend place dans un paysage à couper le souffle. Après Canicule et Sauvage, Lost Man confirme que Jane Harper est une nouvelle voix exceptionnelle du thriller.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Australie, au cœur aride de l’Outback. Les deux frères Nathan et Bub vont se retrouver après plusieurs mois en raison de la mort tragique de leur frère Cam. En effet, ce dernier est retrouvé gisant sur cette terre isolée, et apparemment mort de soif. Que lui est-il donc arrivé pour perdre ainsi le sens de l’orientation et déambuler en pleine canicule dans ce paysage désertique ?

Quel roman magistral ! Je ne connaissais pas du tout cette auteure et c’est donc une totale découverte de son talent pour ma part. Inutile de vous dire que je vais me précipiter sur ses précédents écrits. L’auteure a su me happer de la première à la dernière ligne. C’est un véritable page-turner, à l’ambiance pesante et suffocante.

L’auteure a planté son décor en plein de l’Outback australien et j’ai été fascinée. Elle a su retranscrire une ambiance pesante. C’est un véritable huis-clos, malgré les grandes étendues qui parsèment les pages, et cela fait un effet des plus bizarres. C’est grisant, et je me suis totalement immergée dans ce roman d’atmosphère.

Ici, point de rapidité dans le déroulé de l’intrigue. L’auteure va vraiment nous dévoiler les pans de son histoire par toutes petites touches. Elle va analyser les relations familiales et mettre à nu les personnages. Peu à peu, les secrets vont être dévoilés, les rancunes vont refaire surface. Je suis très friande de ces romans qui mettent en avant les relations familiales, qui les explorent. Ici, c’est très réussi.

Les personnages sont forts et complexes. Pas de manichéisme ici, ce qui est fort appréciable. Ils sont tous torturés à leur manière et portent l’histoire à bout de bras. Je reste admirative devant la peinture familiale réussie qu’a su nous livrer Jane Harper. Elle passe toutes les émotions au crible. C’est d’une densité incroyable.

La plume est parfaite. Il faut dire que l’intrigue se dévoile peu à peu, et que pourtant, la manière d’écrire de l’auteure est très addictive. Les chapitres sont de taille moyenne, et cela favorise un bon rythme, sans créer de cassures.

Une véritable plongée en Australie, dans ses contrées désertiques. Un huis-clos unique malgré tous les paysages à perte de vue. Deux hommes unis en quête de vérité pour ainsi découvrir ce qui est arrivé à leur frère. Magistral. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

La fragilité des rêves

La fragilité des rêves de Dimitri Demont

  • Auteur : Dimitri Demont
  • Titre : La fragilité des rêves
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 222
  • Parution : 21 décembre 2018
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Mila a grandi anonymement dans la banlieue parisienne sans jamais trouver l’affection qu’elle recherche. Clarisse s’ennuie dans son village des Alpes et couche avec des touristes pour pimenter son quotidien. Olympe vient d’arriver à Bombay, bien décidée à faire carrière après avoir trop longtemps stagné. Ces trois femmes poursuivent chacune un rêve, plus ou moins secrètement.

Mais les rêves sont fragiles, malicieux, agiles : ils se rapprochent et s’éloignent, apparaissent et disparaissent. Les trois héroïnes vont toucher le leur du bout des doigts, mais elles seront rattrapées par une dure réalité. Une histoire d’amour inattendue, une aventure indélébile, un coup de pouce professionnel… qu’en restera-t-il à la fin ?

Dans ce triptyque de nouvelles, Dimitri Demont dresse le portrait de trois femmes aux aspirations différentes. Entre l’imaginaire et la réalité, le conte et la nouvelle, l’auteur pose un regard tendre mais implacable sur trois destins qui basculent.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un triptyque de nouvelles mettant en scène des femmes et ayant pour point d’orgue leurs aspirations et leurs frustrations. Nous retrouverons donc Mila, Clarisse et Olympe.

J’ai tout simplement été conquise par ce postulat de départ, mais surtout la qualité dont fait preuve l’auteur pour nous livrer trois tranches de vie, le tout sans fard, et avec beaucoup de tact malgré tout.

J’ai ressenti beaucoup d’émotions et Dimitri a su m’interpeller à plusieurs reprises, me poussant à la réflexion et au questionnement. J’ai été particulière touchée par l’histoire d’Olympe, même si les deux autres ne sont pas en reste. En partant du destin à l’étroit de ces trois femmes, l’auteur a su tisser une intrigue intelligente pour chacune d’entre elles. Je n’ai pas pu rester indifférente.

La plume m’a séduite et surtout, j’ai apprécié d’avoir sous les yeux un texte de cette qualité, sans fautes, que ce soit au niveau de l’orthographe ou de la syntaxe. Le tout est en prime très bien écrit. C’est donc une totale réussite.

Un triptyque de nouvelles mettant en avant des femmes fortes à qui le quotidien ne fait pas de cadeau. Trois beaux portraits avec pour toile de fond les rêves, leurs réalisations et la frustration engendrée parfois. À découvrir.

Ma note : 17/20

Historique

La petite voleuse de la soie

La petite voleuse de la soie de José Frèches

  • iciAuteur : José Frèches
  • Titre : La petite voleuse de la soie
  • Genre : Historique
  • Éditions : XO
  • Nombre de pages : 339
  • Parution : 31 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Quelques œufs de ver à soie et graines de mûrier… et voilà qu’un secret jalousement gardé en Chine pendant des millénaires finira par être divulgué au dehors de la Grande Muraille, ce qui entraînera la chute de la puissante dynastie des Han.

Nous sommes au IIIe siècle de notre ère, et la « petite voleuse de la soie » s’appelle étoile du Nord. Menacée de mort, cette brodeuse aux doigts d’or fera le bonheur d’un roitelet du Khotan et la richesse de cette oasis, l’un des plus anciens pays bouddhistes.

Sa fuite est le début d’une étourdissante cavalcade sur la légendaire route de la soie, épopée pleine de rebondissements, de fureur et de sensualité, où le lecteur croisera, tour à tour, un vieil ermite taoïste, un général sans peur ni scrupules, un empereur autiste et une redoutable Persane.

Avec ce roman, José Frèches nous fait partager sa passion pour la Chine. Il nous montre combien la soie était, pour tous les Chinois, une étoffe sacrée, symbole de beauté, de douceur, mais aussi de rayonnement et de domination.

Jusqu’à ce qu’un coup de foudre ne vienne tout renverser…

Un grand roman au cœur des mystères de la Chine

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions XO pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Chine, IIIe siècle de notre ère. L’Empire garde jalousement un secret, en l’occurrence celui de la soie et de ses origines. C’est dans ce contexte que nous allons retrouver Étoile du Nord, qui après avoir perdu sa maman, va être séquestrée pour travailler dans un atelier et ainsi dévider les cocons de soie, pour ensuite tisser les fils de cette étoffe prisée qui en découleront. Durant le périple littéraire que nous offre José Frèches, nous croiserons la route de plusieurs personnages qui de leur côté, contribueront à tisser les fils d’une intrigue peuplée de traditions, de trahisons, d’amour, et de secrets.

José Frèches est un véritable passionné de la Chine antique, et cela transparaît à chaque page de cet ouvrage. En effet, l’immersion est totale, et j’en ai appris beaucoup quant aux traditions et aux croyances séculaires de l’époque. Ce roman est parsemé de références toutes plus instructives les unes que les autres, et le grand plus réside dans le fait que l’auteur a créé des notes pour tout nous expliquer en détail. Dès qu’un terme inconnu nous apparaît lors de notre lecture, il trouve son explication grâce aux éclaircissements de l’auteur. Je ne me suis donc jamais sentie perdue et j’ai eu l’impression d’une lecture intelligente.

L’intrigue est bien menée, même si j’avoue que j’aurais souhaité la voir un peu plus romancée et étoffée. J’ai eu parfois l’impression de tenir entre mes mains un essai sur l’importance de la soie dans la Chine antique, et non pas un roman histoirique. Il y a certes beaucoup de rebondissements, mais j’aurais aimé davantage d’implication et de profondeur dans cette intrigue.

J’ai été fascinée par tout ce qui touchait à la soie, et j’ai lu avec grand plaisir les passages concernant cette étoffe. Je me suis totalement attachée à Étoile, qui est, à n’en pas douter, un personnage féminin fort et affirmé. Beaucoup de personnages secondaires viennent compléter le tableau, et l’intrigue part vraiment dans beaucoup de directions différentes, mais parfois de manière un peu trop survolée.

La plume est dynamique, et les petits chapitres favorisent une bonne dynamique. Je me suis laissée entraîner par ce que nous proposait l’auteur, et sans même m’en rendre, j’en ai appris énormément.

Entre traditions, trahisons, alliances, secrets, amours contrariées, avec pour toile de fond la Chine antique, l’auteur aborde une thématique passionnante, à savoir tout ce qui concerne la soie, cette étoffe prisée et soyeuse. Un roman historique à la frontière de l’essai parfois, mais qui n’en reste pas moins passionnant.

Ma note : 16/20

Thriller

Un verre couleur de temps

Un verre couleur de temps de Sophie Nicholls

  • Auteur : Sophie Nicholls
  • Titre : Un verre couleur de temps
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Préludes
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 6 novembre 2019
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Résumé

Ella Moreno séjourne à Venise, dans l’appartement de sa tante artiste, Valentina, qui habite un antique palazzo de la cité des Doges. Tandis qu’elle se promène à travers le dédale des ruelles et explore les multiples cafés et églises de la ville, elle trouve dans une boutique un mystérieux portrait représentant Augusta Franzi, fille d’un marchand de café du XVIIe siècle, et Luca Verzilini, un souffleur de verre. Frappée par la ressemblance entre Augusta et Valentina, Ella va découvrir des liens troublants entre le tableau et le passé de sa tante. Et le destin de la jeune femme pourrait bien en être bouleversé.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Préludes pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Venise. Ella est en voyage afin de faire des recherches pour son prochain roman. Elle sera logée chez sa tante Valentina. Dans le train, elle fera la connaissance d’un italien des plus extravagants, Cato, qui possède un petit magasin de babioles. Il va lui proposer de se rendre dans son commerce, et là, la jeune fille va découvrir un tableau d’une femme ayant vécu au XVII ème siècle, et qui ressemble trait pour trait à sa tante. Elle va donc décider de mener l’enquête.

Ce roman a été une énorme déception pour ma part. Je n’ai jamais su rentrer pleinement dans cette histoire, et j’avoue m’être même parfois ennuyée. J’en attendais peut-être beaucoup trop. Rien qu’à la couverture magnifique, j’ai craqué. Mais je me rends compte que ce roman fait partie d’une saga reprenant les mêmes personnages. Avoir lu ce volet sans avoir découvert les précédents a peut-être été une erreur de ma part. Je pense avoir beaucoup perdu de l’essence même de cette histoire.

Il y a certains moments où je me suis retrouvée perdue et je ne comprenais pas vraiment certains passages, que j’ai trouvé appartenir au domaine fantastique à plusieurs reprises. Je suis restée détachée à ce que nous proposait l’auteure, même si l’atmosphère à Venise est assez bien rendue.

Mais surtout, ce qui a fait défaut dans ce livre, pour ma part, c’est la lenteur avec laquelle l’auteure nous déroule les fils de son intrigue. Cela traîne beaucoup trop en longueur, et arrivée à presque la moitié de l’intrigue, je me suis demandée si réellement cela allait démarrer à un moment. Il y a une espèce de langueur tout au fil des pages, et cela a forcément cassé mon rythme de lecture.

La plume est soignée, mais manque de dynamisme. Elle n’en reste pas moins belle. Le livre n’est pas très long et pourtant, cela traîne beaucoup trop.

Une grosse déconvenue pour ma part. Je pense que j’aurais dû découvrir les tomes précédents afin de mieux appréhender l’univers proposé par l’auteure. J’ai trouvé trop de longueurs et une histoire qui peine à démarrer. Déçue.

Ma note : 12/20

Historique

Terrible vertu

Terrible vertu d’Ellen Feldman

  • Auteur : Ellen Feldman
  • Titre : Terrible vertu
  • Genre : Historique
  • Éditions : cherche midi
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 3 octobre
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Résumé

« Le devoir d’une femme : regarder le monde bien en face, avec une lueur infernale dans les yeux ; avoir un idéal ; parler et agir en dépit de toutes les conventions. » Telle était la philosophie de Margaret Sanger et telle a été sa vie.

Portrait d’une des figures les plus influentes et les plus controversées du xxe siècle, ce roman met en scène cette femme indomptable. Élevée dans un milieu pauvre, par une mère épuisée par treize grossesses, Margaret se fait très jeune le serment de ne jamais subir la vie d’une femme au foyer. Devenue infirmière à une époque où la contraception est illégale, elle décide de se consacrer aux femmes et met sur pied en 1916 la première clinique clandestine de contrôle des naissances. C’est le début d’une vie de luttes enfiévrées qui la conduiront à créer en 1952 le planning familial, avant de militer, par tous les moyens, pour la légalisation de la pilule. Son acharnement la conduira plusieurs fois en prison, elle sera contrainte de fuir les États-Unis pour l’Angleterre et la France, où, là encore, toujours aussi indomptable et provocante, elle poursuivra son inlassable combat pour l’égalité des sexes. Ellen Feldman nous restitue ici la vie d’une femme hors du commun, mais aussi de ses proches, mari, amants, enfants, famille, dont l’existence a souvent été malmenée par cette héroïne en quête d’absolu, qui a changé la vie de toutes les femmes, peut-être aux dépens de la sienne.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions cherche midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Margaret Sanger est l’une des plus grandes militantes et figures du féminisme du vingtième siècle. Venant d’une famille pauvre, où elle a vu sa mère épuisée grossesse après grossesse, elle n’aura de cesse de se battre pour la cause féminine. Elle sera à l’origine de la création du planning familial et militera pour la légalisation de la pilule. C’est cet incroyable destin qu’Ellen Feldman a décidé de retracer pour ses lecteurs. Il s’agit ici d’une biographie romancée de l’une des figures les plus emblématiques de son temps.

Je dois avouer qu’avant de débuter ce roman, je ne connaissais pas du tout Margaret et j’ignorais tout de ses accomplissements. La quatrième de couverture m’a d’emblée attirée, et ayant eu envie d’en apprendre plus sur le parcours de cette femme, je me suis lancée dans cette lecture. Et je ressors finalement conquise.

J’ai été totalement subjuguée par Margaret, que j’ai trouvée forte de ses idées. Elle n’arrêtera pas de se battre pour ses idéaux même si cela a pu lui valoir une multitude d’ennuis. Ellen Feldman a réussi à romancer son récit de telle manière que la lecture devient très difficile à arrêter. Je n’ai pu m’empêcher d’avoir peur pour Margaret, mais également de ressentir beaucoup d’admiration.

Il est vrai que parfois, j’aurais apprécié que l’auteure aille plus en avant dans les actes de Margaret. Le tout reste très en surface, et ce récit se concentre souvent davantage à la vie personnelle de Margaret. Il sera ainsi fait mention de ses amours, de ses enfants. Pour ma part, ce n’est pas vraiment un bémol, ce récit n’ayant pas pour vocation d’être une biographie complète ni même un essai.

La plume est très fluide. L’utilisation de la première personne dans la narration peut perturber au début, lorsque l’on sait que l’on lit une biographie romancée, mais semble finalement assez judicieux, puisqu’il permet une immersion totale au lecteur.

Un portrait d’une femme qui à révolutionné son époque, militante et féministe qui s’est battue envers et contre tous pour accorder aux femmes des droits nécessaires. Je ressors totalement conquise de ce récit. À lire.

Ma note : 17/20

Contemporain

J’avais une île

J’avais une île de Lorenza Pieri

  • Auteur : Lorenza Pieri
  • Titre : J’avais une île
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Préludes
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 4 septembre 2019
  • Pour vous procurer le livre, c’est ici

Résumé

Une île minuscule, au large de la Toscane. C’est là que naissent Caterina et Teresa, deux sœurs, dans les années soixante-dix.
Dans cette famille insulaire, les caractères sont bien trempés, à commencer par Elena, leur mère, que l’on surnomme « La Rouge » pour sa chevelure flamboyante, mais surtout pour ses idées politiques. Vittorio, leur père, éternel Hédoniste, mène son existence comme bon lui semble, tandis que Nonnalina, leur grand-mère, traverse la vie avec une force résignée, héritage de la guerre qui a bouleversé son passé.
Différentes mais complémentaires, Caterina, l’aînée, subjugue et domine Teresa, qui, pour trouver sa place, devra apprendre à se détacher de sa terre comme de sa famille. Lorsque arrive l’âge adulte, et le temps des décisions, saura-t-elle apprivoiser la nostalgie de son enfance pour se construire un avenir ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Préludes pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Giglio, une île de l’archipel toscan, 1976. C’est ici que débute l’histoire de la petite Teresa et de sa sœur aînée Caterina. Leurs parents, Elena, aux idées politiques marquées et Vittorio, qui semble être habité par une langueur constante, forment un couple très particulier. Pour compléter le tableau, va s’ajouter Nonnalina, leur grand-mère, marquée par les tragédies.

C’est un récit aux allures de roman initiatique que nous propose ici l’auteure. Au travers des années, nous suivons l’évolution de Teresa, de petite fille, à la jeune femme qu’elle est devenue. L’histoire est narrée du point de vue de Teresa, et nous suivrons ses évolutions relatées de première main.

Plusieurs choses m’ont beaucoup plu dans ce roman. Tout d’abord, cette relation amour-haine que développent les deux sœurs. Teresa voue une véritable admiration à Caterina, et cette dernière ne va pas toujours le lui rendre. La relation est explorée avec profondeur et beaucoup de justesse.

J’ai beaucoup aimé également les contextes politiques ou sociaux qui vont parsemer l’histoire. Effectivement, l’île de Giglio a été au cœur de certains événements marquants, et l’auteure saura les intégrer à son récit pour faire évoluer ses personnages.

Je me suis beaucoup attachée à Teresa. Nous allons tout de même la suivre pendant longtemps, de 1976 à 2012, en l’occurrence. L’auteure a su créer un personnage très fort et très bien dessiné.

Cependant, je dois émettre un bémol quant au rythme de l’histoire que j’ai trouvé par certains moments trop lent, avec l’impression de stagner un peu dans l’histoire. La première partie est très longue et elle aurait gagné à être plus équilibrée par rapport aux trois autres.

La plume est douce et délicate, mais manque cruellement d’entrain par moments. Il faut vraiment s’accrocher parce que le récit en lui-même en vaut la peine et ne pas se laisser abattre par cette espèce de langueur constante que l’auteure a instaurée au fil des pages.

Un beau roman. J’ai beaucoup aimé le contexte géographique de ce récit, à savoir une île, ainsi que les contextes politiques et sociaux qui sont mis en avant, le tout porté par une famille particulière.

Ma note : 15/20

Policier

Un havre de paix

Un havre de paix de Stanislas Petrosky

  • Auteur : Stanislas Petrosky
  • Titre : Un havre de paix
  • Genre : Policier
  • Éditions : French Pulp
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 16 mai 2018

Résumé

Quand l’Embaumeur va pour récupérer un corps dans le centre pénitentiaire du Havre, et que le suicidé lui paraît suspect, il ne peut s’empêcher de remuer la fange à ses risques et périls. Surtout si le taulard décédé est un policier incarcéré pour faire tomber un monstre…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions French Pulp pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Le Havre. Luc, embaumeur de sa profession, se retrouve dépêché à la prison pour récupérer le corps d’un détenu qui se serait suicidé. Il va s’ensuivre un coup de fil du commissariat où l’on va l’informer que ce détenu était en réalité un policier en planque et ayant pour but de soutirer des informations à son compagnon de cellule. Ce dernier est sur le point de se faire relâcher, et Luc va donc mener l’enquête pour savoir ce qu’il s’est réellement passé.

Beaucoup de fraîcheur, de franc-parler et d’humour dans ce polar totalement déjanté et qui m’a plutôt bien plu. Stanislas Petrosky va rester dans le classique mais apportera sa petite touche personnelle. J’ai trouvé le ton très léger, et l’humour est très présent.

L’intrigue va à plein régime et vraiment, il est impossible de ne pas s’attacher à Luc et à ses amis. Tout au fil des pages, je n’arrêtais pas de me demander ce qu’ils pourraient inventer. Beaucoup d’ingéniosité dans ce polar qui a pour vocation de ne pas se prendre au sérieux.

L’humour marche bien, les répliques sont cinglantes, avec beaucoup de franc-parler et sans fards. L’intrigue est très bien menée, mais passe parfois en second plan, le tout étant principalement focalisé sur les frasques de nos protagonistes.

La plume est directe et sans fioritures. Les chapitres courts rythment l’histoire. Par contre, et là, ce n’est que mon avis personnel, je dois avouer avoir eu un énorme souci au niveau de la ponctuation et cela m’a gênée à plus d’une reprise. Elle n’a pas été utilisée à bon escient et cela a fini par devenir un vrai bémol.

Un polar rondement mené, qui, s’il ne révolutionne pas le genre, apporte tout de même un petit vent de fraîcheur grâce à un personnage principal truculent. L’auteur a su faire preuve de beaucoup d’humour et les dialogues sont très réussis. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

L’italienne qui ne voulait pas fêter Noël

L’italienne qui ne voulait pas fêter Noël de Jérémie Lefebvre

  • Auteur : Jérémie Lefebvre
  • Titre : L’italienne qui ne voulait pas fêter Noël
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 258
  • Parution : 24 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Francesca a quitté Palerme pour étudier la littérature à la Sorbonne. Suite à un défi amoureux, elle relève le pari d’annoncer à sa famille qu’elle ne réveillonnera pas avec eux : en quoi cela poserait-il problème dans sa famille athée, de gauche, respectueuse de la liberté de chacun ? Mais c’était oublier l’importance de Noël dans la Péninsule…

Comme au début d’un film d’horreur, Francesca débarque à Palerme sans se douter un instant des catastrophes qui s’apprêtent à déferler sur elle. Sa mère, son père, son frère et sa sœur vont, tout en prétendant accepter ses choix, s’employer à la faire changer d’avis, et recourir aux moyens les plus loufoques et les moins loyaux… Cette plongée cocasse dans une famille sicilienne d’aujourd’hui ne serait-elle pas aussi une exploration de nos propres névroses, de notre rapport à la tradition, à l’appartenance – et à la gastronomie ?

Une subtile comédie à l’italienne qui joue avec les clichés des névroses familiales, de la France et de l’Italie.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. Francesca, une jeune italienne, se retrouve intégrée dans la capitale française pour ses études dans le cadre du programme d’échange Erasmus. Alors qu’elle reçoit deux de ses amis, Serguei et Mathieu, à dîner un soir, il va s’ensuivre un debat passionné sur le sentiment d’appartenance. Francesca soutient qu’elle est peu attachée à sa famille. Ne la croyant pas, Serguei va la mettre au défi de passer Noël sans sa famille. Nous allons donc suivre Francesca à Palerme et voir si elle va tenir ce pari.

Voilà un roman très original dans sa qualification. En effet, tout en étant inspiré de la plus pure tradition feel good, il a sa part de roman philosophique et est à la frontière de l’essai. C’est un mélange qui peut faire peur de prime abord, et pourtant, l’auteur a réussi à marier les trois genres à la perfection.

Je ressors totalement conquise de ce court roman à l’écriture fine et intelligente. Tout en passant un excellent moment de lecture, j’ai été amenée à réfléchir et à me poser une multitude de questions. Sous couvert d’humour, Jérémie Lefebvre va nous livrer une véritable satire sur la société, sur la politique italienne et divers autres sujets passionnants.

Le postulat de départ n’est qu’un prétexte à l’auteur pour dérouler un concentré de réflexions très pertinentes, pour nous amener à nous questionner et à réfléchir. C’est un véritable roman sociétal et l’auteur nous livre le tout sans fard.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Francesca, mais surtout, j’ai aimé cette plongée totale dans Palerme. L’auteur a réussi à m’y immerger totalement.

La plume est très intéressante. Malgré certaines réflexions poussées en avant, le tout reste toujours très abordable. Les phrases sont longues mais elles sont tournées très harmonieusement. Les chapitres courts vont permettre au rythme de ne pas se déliter.

Un roman fin, intelligent, entre feel good et roman philosophique, et empli de réflexions très intéressantes, le tout servi par une héroïne très attachante. À découvrir.

Ma note : 17/20

Thriller

Régression

Régression de Fabrice Papillon

  • Auteur : Fabrice Papillon
  • Titre : Régression
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 480
  • Parution : 10 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ils sont prêts.

Ils reviennent d’un lointain passé, d’une époque glorieuse.

Ils forment ce que Socrate et Homère nommaient déjà la race d’or. Ils viennent sauver la terre, et les hommes qui peuvent encore l’être. Pour les autres, ils n’auront aucune pitié.

L’heure du Grand Retour a sonné… et, pour le commandant Marc Brunier, celle de son ultime enquête.

36 000 ans avant Jésus-Christ. Une famille résiste au froid au fond d’une grotte de la péninsule Ibérique quand des hommes font irruption et massacrent les parents. Fascinés par la peau claire et les yeux bleutés du fils, les assaillants l’épargnent et l’enlèvent.

14 février 2020, Corse. Vannina Aquaviva, capitaine de gendarmerie à la section de recherche d’Ajaccio, découvre un charnier dans une grotte de Bonifacio. De son côté, la police retrouve un cœur en décomposition au pied d’un olivier millénaire du site préhistorique de Filitosa. Des scènes de crime similaires apparaissent sur d’autres sites de la préhistoire en Espagne puis en Angleterre.

Les premières analyses de la police scientifique sont stupéfiantes. Quelle est cette créature meurtrière dotée de capacités sidérantes ? Aux confins de l’Europe et jusqu’à la Russie des goulags et de Tchernobyl, une chasse à l’homme exceptionnelle commence à travers le monde et les âges, où l’on croise Homère, Socrate et son disciple Platon, Jésus et l’apôtre Jean, mais aussi Rabelais, Nietzsche ou encore le terrifiant Heinrich Himmler. Quel secret remontant à nos origines partagent tous ces hommes ? Après des millénaires de silence, une révélation est en passe de bouleverser l’équilibre même de l’espèce humaine…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Corse, 2020. Alors que Vannina Aquaviva est capitaine de gendarmerie à la section de recherche d’Ajaccio, elle est dépêchée à Bonifacio pour une affaire des plus mystérieuses. La découverte d’un charnier dans une grotte va la bouleverser et elle se donnera tous les moyens pour savoir qui a commis cet indicible crime. Pendant ce temps, à Filitosa, la police va découvrir un cœur en décomposition auprès d’un olivier. Il va s’ensuivre d’autres découvertes macabres. Qui donc est coupable ?

J’avoue avoir débuté ce thriller que l’on peut qualifier de scientifique à bien égards avec grande curiosité, mais également avec grande crainte. En effet, j’ai eu peur que cela devienne technique et peut-être de me perdre dans les méandres de cette intrigue. Il n’en fut rien et la découverte du talent de cet auteur est indéniable.

Que d’originalité dans ce thriller rondement mené ! Si d’un côté, nous allons suivre l’enquête contemporaine qui se déroule en Corse, Fabrice a pris le parti d’insérer dans son roman des retours en arrière, qui, si de prime abord, n’ont rien à voir entre eux ou même avec l’enquête, finiront par révéler leurs mystères.

J’ai été particulièrement curieuse de ces retours dans le temps qui constituaient presque une espèce d’intermède et qui sont très divers, mettant en avant des personnages illustres, comme Homère, et des époques fascinantes. Au début, j’avoue que je me demandais où en voulait en venir l’auteur. Mais c’est très réussi finalement.

Ce thriller peut faire peur, et pourtant. L’auteur va toujours aborder le tout avec un jargon des plus compréhensibles, je ne me suis pas perdue une seule seconde. J’ai cependant parfois trouvé quelques petites longueurs, mais cela n’a pas émaillé mon plaisir de lecture. De plus, l’enquête se déroulant en Corse est un plus, Fabrice s’étant arrêté à nous décrire les magnifiques paysages.

Les personnages sont vraiment bien réussis. Je me suis particulièrement attachée à Vannina, que j’ai trouvée forte et affirmée. J’ai trouvé Carlier, alias Pierre Richard, particulièrement drôle et attendrissant.

La plume est parfaite, dynamique, et surtout, Fabrice Papillon a un talent de conteur incontestable, voué à ne pas perdre son lectorat avec le côté scientifique. Les chapitres alternent présent et passé à diverses époques. Ce mélange est réussi avec brio.

Un thriller scientifique prenant, mais surtout des plus abordables, à lire sans crainte de se perdre au milieu d’un jargon compliqué. L’intrigue est rondement menée, et le schéma narratif est original. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Je ne suis pas seul à être seul

Je ne suis pas seul à être seul de Jean-Louis Fournier

  • Auteur : Jean-Louis Founier
  • Titre : Je ne suis pas seul à être seul
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le premier souvenir de solitude ? Un petit garçon coiffé en brosse qui réclame sa mère à l’accueil d’un grand magasin.
Plus tard, c’est un enfant de 10 ans qui nage seul dans la mer du nord et qui lorsqu’il se retourne découvre la plage vide : personne ne l’a attendu. Puis c’est la première danse refusée, la première rupture, le premier deuil, mais c’est aussi tous ces moments choisis, voulus, espérés, goutés : seul avec un livre, avec une musique, seul à regarder les autres, seul en écrivant. Jean-Louis Fournier est toujours ce petit garçon, fils unique qui rêvait d’amitiés et d’une grande famille mais qui espérait aussi s’échapper, grandir, rester seul.
Aujourd’hui dans un grand appartement, après la mort de sa femme, de ses amis, de son éditeur, ce désir des autres et ce besoin de solitude sont restés les mêmes et il passe de l’un à l’autre. Avec un mélange de douceur, de tristesse et d’espièglerie, il regarde les fenêtres toujours fermées de ses voisins (des gens seuls comme lui ?), il observe ce monde où les hommes sont ultra connectés et semblent n’avoir jamais été aussi seuls, il attend la visite d’une jeune femme qui l’emmène au musée, qui le distrait, lui apporte sa jeunesse : mais des deux qui est le plus seul ?
Un livre tendre, délicat, mélancolique parfois qui ressemble à une aquarelle de Turner et à un dessin de Sempé.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Le premier souvenir de solitude de l’auteur ? Un jour, à dix ans, lorsqu’il s’est retrouvé seul à l’accueil d’un magasin en attendant que sa maman vienne le récupérer. Il va alors s’ensuivre une succession de situations où Jean-Louis va se voir confronté à la solitude. Nous le retrouvons maintenant, alors que sa jeunesse s’est envolée pour faire place à la vieillesse, qu’il a perdu sa femme, et qui, malgré tous les moyens de communication actuels, se sent plus seul que jamais.

Ce court roman est une critique acerbe à ce sentiment de solitude, mais Jean-Louis a su aborder cette thématique délicate avec beaucoup de tact, beaucoup de tendresse et même parfois avec beaucoup d’humour. La solitude est un thème prolifique en littérature, et c’est la première fois que je la vois abordée sous cette perspective.

Je ressors totalement conquise de ce récit que j’ai lu d’une traite. L’auteur a su me convaincre tout du long. J’ai trouvé ses remarques sur la solitude très pertinentes et il nous livre une critique acerbe de notre société qui a l’air de faire peu de cas des personnes qui se sentent seules. La solitude fait peur, elle isole, elle met en retrait, mais parfois elle est recherchée également. C’est cet équilibre que va tenter de trouver Jean-Louis.

Ce roman est abordé d’une manière touchante, sans fard, mais surtout avec énormément d’humour et d’autodérision. Le ton est badin, certes, mais sous couvert de cette légèreté, il y a une réelle réflexion sur notre société. J’ai été totalement prise dans les filets de conteur de Jean-Louis Fournier. J’ai réellement été captivée.

La plume est d’une fluidité incroyable, les chapitres sont très courts, et une fois débuté, il est très difficile de lâcher ce livre. J’ai été en immersion totale avec ce que nous proposait l’auteur.

L’auteur nous livre ici une critique acerbe de la solitude, des peurs de la société actuelle face à ce mal en vogue, malgré tous les moyens de communication qui composent notre quotidien. Il le fera avec beaucoup d’humour, d’autodérision, mais toujours en livrant un message important.

Ma note : 18/20

Non classé

J’ai longtemps cru qu’il suffisait d’être deux

J’ai longtemps cru qu’il suffisait d’être deux d’Élise Karlin et de Sylvie Epelboin

  • Auteur : Élise Karlin et Sylvie Epelboin
  • Titre : J’ai longtemps cru qu’il suffisait d’être deux
  • Genre : Essai
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 9 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« J’ai longtemps cru qu’il suffisait d’être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d’éternité. La vie s’est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j’ai dû demander l’aide de la médecine pour tenter d’être mère. A l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j’ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente. » « Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps…. »
Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l’intime à la médecine. D’un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n’était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d’épisodes très douloureux de son histoire. De l’autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l’origine d’un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu’aux questions éthiques qui les traversent.
« Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d’intimité médicalement assistée. Peuvent s’y reconnaître les femmes à qui l’enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d’une manière ou d’une

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Deux femmes. Un combat qui va les unir. C’est l’histoire d’Élise, en quête d’une maternité qui se refuse obstinément à elle. C’est aussi l’histoire de Sylvie, médecin spécialisée dans l’obstétrique et les techniques de PMA, la procréation médicalement assistée. Ce témoignage relate le combat de ces deux femmes, l’une pour devenir mère, l’autre pour l’aider dans sa quête.

Je ressors bouleversée par ce beau récit à deux voix et je l’ai trouvé enrichissant. J’en ai appris énormément. Il m’est impossible de ne pas ressortir émue de ce témoignage livré sans fard par Élise, et sa quête de maternité désespérée.

Là où réside indubitablement la force de ce témoignage, c’est qu’il est écrit à quatre mains. En plus d’avoir les ressentis d’Élise, le médecin Sylvie Epelboin prendra la parole un chapitre sur deux pour nous fournir les éclaircissements pertinents pour ainsi saisir les diverses techniques mises en place pour aider Élise.

J’en ai ainsi appris beaucoup sur le médicament Distilbène, prescrit pour le risque de fausse couche et de ses effets néfastes constatés avec le temps. Sylvie nous parle aussi en détail de l’insémination, des FIV et des diverses évolutions des techniques médicales pour l’aide à la procréation.

Sylvie aborde ces questions dans un jargon certes médical, mais toujours accessible. Elle nous fournit des explications claires et détaillées et le parcours d’Élise n’en est que plus clair pour nous, simples observateurs.

Les plumes sont simples et fluides, sans fard, et avec pour but majeur de livrer les faits tels qu’ils sont, sans rien cacher. Les deux femmes se livrent littéralement, nous parlant même d’événements très personnels.

Au-delà de cette relation médecin-patient, les deux femmes mettront en exergue leurs liens amicaux indéfectibles qu’elles vont tisser au fil du temps. J’ai trouvé cela si beau et si bien rendu.

Un témoignage poignant, dur, mais nécessaire pour aider toutes les femmes dans ce cas de figure. Un récit écrit à quatre mains mais avec une même voix, un même combat, la recherche de maternité, pour l’une en tant que femme, et pour l’autre en tant que médecin. Bouleversant.

Ma note : 18/20

Thriller

Argent sale

Argent sale de Karin Slaughter et Lee Child

  • Auteur : Karin Slaughter et Lee Child
  • Titre : Argent sale
  • Genre : Thriller
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 11 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Will Trent, du Georgia Bureau of Investigation, se fait engager sous une fausse identité comme main d’œuvre à Fort Knox après avoir découvert que l’individu qu’il soupçonne dans le meurtre d’un policier vingt-deux ans plus tôt, a été embauché pour l’inspection et le nettoyage des lingots d’or qui ont lieu tous les dix ans. Entré dans la célèbre chambre forte, il rencontre enfin le suspect : Jack Reacher.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Will Trent va se faire engager sous une fausse identité afin de rejoindre Fort Knox et ainsi pouvoir prendre contact avec un suspect qu’il soupçonne du meurtre d’un policier. Ce suspect n’est autre que Jack Reacher, embauché pour le nettoyage et l’inspection des lingots d’or.

Deux grandes figures du thriller contemporain, Karin Slaughter et Lee Child, ont eu la riche idée de s’associer le temps d’un court thriller, à la frontière de la nouvelle, et cela donne un récit étonnant et détonnant.

J’ai passé un excellent moment de lecture et j’ai été séduite de voir réunis les deux personnages emblématiques des auteurs, à savoir Will Trent en ce qui concerne Karin Slaughter, et Jack Reacher pour Lee Child.

Dès les premières lignes, le ton est donné. J’ai retrouvé toute la verve et la qualité des deux auteurs. Le thriller garde un rythme soutenu, et ce jusqu’à la toute fin. L’intrigue est prenante. Le seul petit bémol, c’est que c’est trop court, et que les auteurs ont intégré beaucoup d’éléments en même temps. Cela peut parfois paraître un peu emmêlé, mais il n’en est rien, finalement.

Les plumes s’harmonisent à la perfection. Ce ne doit pas être facile d’écrire un roman à quatre mains, et pourtant, ici, il est aisé de reconnaître la patte des auteurs. C’est très réussi à ce niveau. Le style est sans fard, direct, et les pages ont défilé.

Une très belle association de deux grandes plumes du thriller contemporain, où j’ai retrouvé avec grand plaisir leurs deux héros emblématiques, le temps d’une intrigue détonnante. À découvrir.

Ma note : 16/20

Thriller

L’expérience

L’expérience d’Alan Glynn

  • Auteur : Alan Glynn
  • Titre : L’expérience
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 10 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une mémoire inépuisable, des capacités démultipliées, que feriez vous à la place de Ned Sweeney?

New York, années 2000. Tout ce que Ray Sweeney, lobbyiste, sait de son grand-père Ned, c’est que ce dernier a mis fin à ses jours en sautant par la fenêtre d’un hôtel de Manhattan. Jusqu’à ce qu’il rencontre Clay Porter, ex-conseiller de Richard Nixon, qui semble avoir bien connu Ned. Et le vieil homme a une autre histoire à raconter : celle d’une drogue mystérieuse développée par la CIA, décuplant l’intelligence de ses utilisateurs.

New York, années 50. Simple employé dans une agence de publicité de Madison Avenue, Ned vit une expérience des plus particulières. Au contact d’une substance étrange, il est comme transporté au-dessus de ses capacités, il pénètre les arcanes de la haute société, rencontre Marlon Brando, Dylan Thomas et Marilyn Monroe, voit son horizon s’élargir de façon littéralement hallucinante. Mais combien de temps peut-il tenir un tel rythme, et à quel prix ?

En suivant le parcours du grand-père et du petit-fils, le lecteur sidéré plonge dans le monde caché des années 50, celui des riches et des puissants, peuplé de stars sous influence et de conspirations majeures qui façonneront de façon durable notre monde.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Imaginez ! Vos facultés sont soudain démultipliées, votre mémoire est inépuisable et vous développez des capacités incroyables, tout cela grâce à une substance, le MDT-48. Comment réagiriez-vous ? C’est à cela que va devoir faire face Ned Sweeney dans les années 50. Son petit-fils Ray marchera sur ses pas dans les années 2000.

Voilà une expérience de lecture unique et des plus intéressantes, même si j’avoue avoir eu davantage d’attentes autour de ce thriller. L’auteur nous propose un postulat de départ des plus intéressants, et tout cela sera prétexte à aborder multitude de thématiques. Ce thriller est donc très riche en idées.

Les deux destins du grand-père et du petit-fils seront étroitement liés, et ce, jusque dans le schéma narratif, puisque l’auteur va nous proposer une alternance dans les chapitres, entre les deux personnages, et cela est totalement maîtrisé.

Le lecteur n’a donc pas le temps de s’ennuyer. J’ai beaucoup aimé la partie présente avec Ray. Le côté enquête m’a bien plu. Par contre, j’en attendais plus dans la mesure où j’aurais apprécié un rythme plus trépidant. Il m’a semblé que par moments l’auteur avait tendance à s’enliser dans une intrigue qui peinait à passer un coup d’accélérateur.

La plume est fluide, et le schéma narratif permet au lecteur de maintenir son intérêt tout au long du roman. Il m’a simplement manqué un style plus dynamique et plus entraînant.

Un thriller au postulat de départ des plus originaux, deux personnages masculins forts et une intrigue qui aborde beaucoup de thématiques très diverses sont sans aucun doute le point fort de ce roman. Cependant, je n’aurais pas été contre plus de dynamisme.

Ma note : 16/20

Historique

La passagère du Saint-Louis

La passagère du Saint-Louis d’Armando Lucas Correa

  • Auteur : Armando Lucas Correa
  • Titre : La passagère du Saint-Louis
  • Genre : Historique
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 400
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Berlin, 1939. Avant que l’Europe plonge dans le chaos, Hannah Rosenthal, douze ans, avait une vie de rêve. A présent, après avoir vu de menaçants drapeaux envahir les rues et assisté à la longue descente aux enfers des siens, elle erre en ville en compagnie de son ami Leo. Survivant tant bien que mal, les deux adolescents et leurs familles cherchent à quitter le Reich par tous les moyens. L’espoir renaît bientôt sous la forme du Saint-Louis, un paquebot transatlantique faisant route vers Cuba, sur lequel ils embarquent, avec de nombreux autres juifs.
Mais, au fil de la traversée, les portes se ferment les unes après les autres au nez des exilés, et Hannah comprend que le navire auquel ils doivent leur salut pourrait bien les conduire à leur perte… New York, 2014. Le jour de son douzième anniversaire, Anna Rosen reçoit un paquet en provenance de Cuba, dont le contenu la pousse à se rendre à La Havane… Inspirée de faits réels et entrelaçant deux époques, La Passagère du Saint-Louis met en lumière une terrible odyssée, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale.
Et puisque l’Histoire ne cesse de se répéter, l’auteur nous offre une ode poignante et nécessaire à la liberté et à la solidarité.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Le paquebot Saint-Laurent a réellement existé. En 1939, les Juifs allemands sont persécutés, des lois sur l’immigration et l’émigration ont accentué leurs difficultés pour quitter l’Allemagne, et ils se voyaient dans l’obligation de se dépouiller de tous leurs biens au profit des nazis. Pour quitter le Reich, certains d’entre eux décident donc d’embarquer à bord du Saint-Louis à destination de Cuba comme dernier recours. C’est donc dans ce contexte que nous découvrons l’histoire d’Hannah et de Léo, jeunes adolescents, et de leurs familles, à bord du Saint-Louis et dans un espoir d’exil pour un meilleur quotidien.

C’est un très beau roman que nous livre ici l’auteur. J’avouais ignorer totalement ce passage de l’Histoire. Malheureusement, cette traversée ne va pas se passer comme espéré. C’est un sujet dur qu’aborde Armando Lucas Correa et il le fait remarquablement bien.

L’auteure a su mêler la petite histoire dans la grande, et à partir d’un fait historique réel, il a su créer une intrigue prenante, bouleversante et incroyablement émouvante. Je me suis totalement attachée à la petite Hannah. En parallèle, nous suivons l’histoire d’Anna, qui elle, se déroule en 2014. Bien évidemment, le destin de ces deux femmes est étroitement lié.

La plume est sobre, fluide et pleine de délicatesse. L’auteur a un réel talent de conteur et a su m’embarquer dans un tourbillon d’émotions. Le schéma narratif est classique, alternant les passages du passé et ceux du présent. S’il est vrai que comme souvent dans ce genre de romans, j’ai préféré la partie du passé, celle du présent n’en reste pas moins interessante.

Un roman émouvant sur une réalité méconnue de la Seconde Guerre Mondiale et peu abordée dans la littérature. J’ai été bouleversée et j’ai suivi ce récit avec beaucoup d’émotions. Une réussite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Il était une voix…

Il était une voix… de Marina Al Rubaee

  • Auteur : Marina Al Rubaee
  • Titre : Il était une voix…
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard/Mazarine
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

C’est l’histoire d’une petite fille devenue femme, née dans une famille considérée comme différente et en difficulté par la société, du fait de la surdité de ses parents. Et pourtant, elle a senti, observé, vécu des situations qui sortent du commun et lui ont donné la force d’appréhender la vie autrement. Là d’où elle vient, on allume et on éteint la lumière pour faire remarquer sa présence. On ne dit pas, mais on «_parle_» et montre les choses avec les mains. Et on ne laisse jamais tomber.
Marina Al Rubaee nous invite à entrer dans une autre réalité, un univers où elle a dû très tôt prendre le rôle d’une adulte en devenant une aidante – quelqu’un qui s’occupe de proches en situation de dépendance.
Vue de l’extérieur, cette situation paraît extraordinaire alors que, pour elle, c’est une vie des plus ordinaires.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard/Mazarine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Marina Al Rubaee, l’auteure de ce roman, est fille de parents sourds tous les deux. Dès son plus jeune âge, elle sera le pont qui relie ses parents avec le monde des entendants. Elle sera leur traductrice, leur lien avec le monde sonore extérieur. Au travers de ce récit, Marina va nous sensibiliser à cette différence, à cette vie particulière qu’elle a eue, mais dont elle est sortie plus enrichie.

J’ai été très émue en découvrant ce témoignage que j’ai trouvé passionnant à bien des égards. Il est très intéressant d’avoir le point de vue de Marina, et toutes les explications qu’elle nous fournit au fur et à mesure sont nécessaires. Elle mettra par exemple un point d’honneur à éviter que la société stigmatise les non-entendants. À tort, l’on a tendance à croire que ces personnes sont muettes, et il n’en est rien. Marina va sensibiliser le lecteur. Elle mettra en exergue toutes les difficultés liées au quotidien et rencontrées par ces personnes.

Elle va nous livrer ses tranches de vie auprès de ses parents « différents ». Elle nous montrera à quel point elle a pris son rôle de traductrice très au sérieux et ce, depuis son plus jeune âge, afin que ses parents puissent communiquer sereinement.

Marina a finalement grandi très vite, trop peut-être. À la tête de sa fratrie, c’est elle qui prendra la responsabilité d’aider les parents, que ce soit avec les communications extérieures, comme les rendez-vous chez le médecin, ou les papiers administratifs à remplir. Elle m’a énormément touchée, et je l’ai vue forte mais aussi fragile. Ses rêves de devenir journaliste sont beaux. Je l’ai trouvée admirable à bien des égards.

La plume est d’une grande fluidité, et Marina a su romancer son témoignage afin de ne pas ennuyer son lectorat. J’ai tout simplement été passionnée, ce récit m’a énormément touchée et je sais que j’y repenserai souvent.

Sous forme de récit-témoignage, Marina nous livre son quotidien auprès de ses parents non-entendants, sans fards, mais avec beaucoup de pudeur aussi. Elle a su parsemer son texte de petites touches d’humour, mais surtout de beaucoup d’amour. Un récit à mettre dans toutes les mains.

Ma note : 17/20

Non classé

Giono, furioso

Giono, furioso d’Emmanuelle Lambert

  • Auteur : Emmanuelle Lambert
  • Titre : Giono, furioso
  • Genre : Essai
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 280
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Icône littéraire, auteur d’une oeuvre abondante, (Le Hussard sur le toit ; Un roi sans divertissement ; Colline…), Giono semble être l’écrivain patrimonial par excellence, voué à être étudié, admiré, célébré. Derrière l’image d’Épinal de l’écrivain provençal se cache pourtant un poète nerveux et tourmenté, un homme défait par la guerre et travaillé par la noirceur, l’amour et le désir tout autant que par la quête de paix et de lumière. À la frontière de l’essai et de la biographie, Emmanuelle Lambert construit le portrait intime d’un auteur aussi rayonnant qu’obscur, une méditation incarnée sur la puissance du geste créateur.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Emmanuelle Lambert, commissaire de l’exposition en honneur à Jean Giono et son œuvre, et qui ouvrira ses portes le 30 octobre prochain au MUCEM de Marseille, se décide à écrire un essai sur cet auteur emblématique. Je peux d’emblée vous dire que j’en ressors conquise.

Jean Giono est incontestablement l’une des grandes figures de la littérature du vingtième siècle. Qui ne connaît pas ce grand auteur, duquel on a lu tant de livres, parfois avec un ennui poli lorsque nous étions jeunes, tout comme l’auteure, mais en apprivoisant peu à peu ce style si particulier ? C’est d’ailleurs grâce à l’enthousiasme immodéré de l’un de ses professeurs, monsieur S., que l’auteure admet ne pas avoir renoncé à découvrir Giono plus tard.

C’est un bel hommage que va ici livrer Emmanuelle Lambert à cet auteur. Elle ne va pas se contenter de consacrer son essai à l’œuvre de l’écrivain, mais elle mettra également en avant la source de ses écrits. Lorsque l’on évoque Giono, on pense immanquablement à la lumière, à la Provence, mais Emmanuelle va mettre en exergue cette part d’ombre qui ressort des romans, cette obscurité qui, sans elle, ne permettrait pas à toute la luminosité de l’œuvre de Giono de ressortir. Il y a une véritable dualité que l’auteure nous explique avec finesse et clarté.

Rédiger un essai sur un écrivain nécessite une parfaite connaissance de ses œuvres. Et il faut dire que l’auteure a excellé dans ce domaine, maîtrisant les écrits de Giono à la perfection. Elle connaît son sujet et c’est essentiel pour une parfaite immersion du lecteur.

En marchant dans les pas de Giono, Emmanuelle Lambert va nous rapprocher de lui, et laisser de côté la part uniquement écrivaine de l’auteur. Elle va nous présenter diverses facettes, qu’elles soient humaines ou sociales, de cet auteur au quotidien si riche. J’ai tour à tour découvert une personnalité sensible, complexe, lumineuse, mais également avec ses parts d’ombre. Pour Emmanuelle, Jean Giono est le « furieux » et cette fureur de vivre se reflètera tout au fil des pages.

La plume est sublime. Tantôt délicate, tantôt furieuse, elle s’harmonise à la perfection avec le sujet du livre. L’auteure parsèmera son essai de quelques réflexions personnelles que j’ai trouvées fort intéressantes, et nous livre une analyse des œuvres de Giono, avec beaucoup de respect, d’admiration et de justesse.

Cet essai constitue un magnifique hommage à la mémoire de Jean Giono, l’une des grandes figures littéraires du vingtième siècle. Sous une plume sensible et furieuse à la fois, et grâce à une connaissance exhaustive de l’œuvre de cet écrivain, Emmanuelle Lambert nous livre ici un document de poids, qui mettra en exergue bien d’autres facettes de Giono que celle du simple écrivain. Une réussite.

Ma note : 19/20

Contemporain

L’apparition de l’oubli

L’apparition de l’oubli d’Alexis Sukrieh

  • Auteur : Alexis Sukrieh
  • Titre : L’apparition de l’oubli
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Astre Bleu
  • Nombre de pages : 180
  • Paurtion : 18 septembre 2019

Résumé

Arthur a perdu son père il y a deux ans.

Il replonge dans le film de ses dernières heures, les frontières temporelles s’effacent et les souvenirs s’enchaînent depuis sa plus tendre enfance.

Son père dans le potager, son père coupant du bois pour la cheminée, son père à ses côtés dans les moments importants de sa propre vie. Les lectures partagées, sa philosophie qu’il inculquait à ses fils.

Et les vacances en Syrie où il découvre un « autre » père, attaché à ses origines. 

Arthur a-t-il accordé suffisamment de place dans sa vie à cette part de son histoire personnelle ?

C’est maintenant, par son silence absolu, que Raïf lui dit tout. 

« L’apparition de l’oubli » nous interroge et explore ce que la traversée du deuil change en chacun de nous.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur Alexis Sukrieh pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Arthur vient de perdre son père. C’est alors que la peur de l’apparition de l’oubli va prendre forme, insidieusement. Et s’il finissait par ne plus se souvenir des traits de son papa, et s’il finissait par oublier ? Et pourtant, tous les souvenirs refont surface.

C’est un roman qui m’a énormément touchée pour bien des raisons. Alexis va explorer les diverses facettes du deuil qui sont propres à chacun mais qui pourtant ne sont pas si différentes d’une personne à l’autre. C’est de cette peur de l’oubli que va naître une autre perspective.

Arthur va commencer à se souvenir de ce père aimant, de ces détails auxquels on n’attache pas forcément une importance capitale sur le moment, mais que l’on sait finalement qu’ils nous ont forgés. J’ai été profondément émue par le personnage d’Arthur, par la relation avec son père.

L’auteur va alterner les passages traitant du deuil en lui-même, et celui des souvenirs d’avant. Il va ainsi se rappeler et évoquer à nouveau ces petites actions avec ce père aimant, ces vacances en Syrie, où il découvre un père différent. C’est vraiment émouvant et j’ai été très touchée.

La plume d’Alexis est sublime. Les mots s’alignent avec une harmonie parfaite et sans fausse note. Beaucoup de poésie dans les descriptions. L’émotion est là. Ce récit est intimiste, empli de pudeur.

Un récit sur le deuil, sur la peur de l’oubli, sur les souvenirs. J’ai été très émue pour beaucoup de raisons. Ce n’est pas un sujet facile, et pourtant, Alexis Sukrieh a su en faire un récit empli de pudeur et de sensibilité. C’est un très beau roman intimiste.

Ma note : 17/20

Contemporain

L’Arrangement

L’Arrangement de Sarah Dunn

  • Auteur : Sarah Dunn
  • Titre : L’Arrangement
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : cherche midi
  • Nombre de pages : 400
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le mariage de Lucy et Owen est en danger. Après quelques années de vie commune, les doutes et les tensions s’accumulent. Chacun a besoin de respirer. Aussi, même si cela n’est guère dans leurs mœurs, ils décident de prendre modèle sur un couple de leurs amis sexuellement libérés et de vivre pendant six mois des expériences chacun de son côté. Les règles sont simples : on ne couche pas avec des connaissances communes, on ne tombe pas amoureux, on n’en parle pas, on n’espionne pas et on ne change rien à la vie quotidienne. En théorie, tout cela a l’air formidable. En théorie, seulement…

Comment revitaliser le mariage traditionnel ? aller au-delà des frustrations inévitables du couple ? Jusqu’où reste-t-on fidèle à soi-même si on se refuse à être infidèle à l’autre ? Scénariste de séries télé cultes, de Murphy Brown à American Housewife, en passant par Spin City, Sarah Dunn répond à ces questions avec un solide sens de la provocation et un humour décoiffant.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions cherche midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Beekman, petite ville de l’État de New York. Alors que Lucy et Owen sont un couple marié depuis longtemps, et parents de Wyatt, enfant autiste, ils cherchent à renouveler leur mariage. C’est alors qu’ils ont l’idée de l’Arrangement. Pendant six mois, ils auront carte libre pour aller voir ailleurs, mais cela sous plusieurs conditions, notamment ne surtout pas tomber amoureux et revenir à la normale au bout de ces six mois.

J’ai beaucoup aimé ce roman, et pourtant je dois avouer être partie sceptique, me demandant à plusieurs reprises dans quelle aventure totalement dénuée de sens s’étaient engagés nos deux protagonistes. Bien évidemment, je n’ai pas m’empêcher de désapprouver leur choix et de craindre le pire pour eux.

Sous une écriture emplie de verve, et parfois très drôle, l’auteure a su m’embarquer dans cette histoire et j’ai suivi avec intérêt ce couple, et cette dérive inévitable qui allait advenir. Sarah Dunn a su décortiquer un couple essoufflé à la perfection.

Sous couvert d’humour, ce roman est une véritable réflexion sur le mariage. Ainsi, autour d’Owen et Lucy, vont graviter d’autres personnages ayant tous des questionnements sur leur relation respective. J’ai beaucoup apprécié l’histoire de Gordon, millionnaire, marié à Kelly, jeune femme vénale et à l’apparence superficielle.

La plume est entraînante et le tout est très plaisant à lire. Si le point d’orgue du roman reste indubitablement le couple formé par Lucy et Owen, les personnages secondaires gravitant autour sont très bien brossés. L’auteure prend donc le parti d’entrecouper ses chapitres pour nous parler de chacun d’eux, et ainsi former un roman choral avec le même fil rouge.

L’auteure propose une analyse acerbe du mariage et sous une intrigue qui, de prime abord peut paraître légère, elle nous livre un roman profond et qui fera à coup sûr réfléchir son lecteur.

Ma note : 17/20

Contemporain

Le maître d’hôtel de Matignon

Le maître d’hôtel de Matignon de Gilles Boyer

  • iciAuteur : Gilles Boyer
  • Titre : Le maître d’hôtel de Matignon
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Le maître d’hôtel de Matignon a connu 13 Premiers ministres : il les a servis, côtoyés, il a été pour eux l’homme de l’ombre, le confident, le témoin silencieux des colères, des détresses, des grandes heures. La dernière année de son service, avant de partir à la retraite, il assiste à l’arrivée d’un jeune conseiller, qui a connu Matignon enfant quand son père était Premier ministre. Il est son contraire. Il doit agir, s’engager, il est le novice, il ne connait pas les lieux, pas les hommes, presque rien du pouvoir. Le maître d’hôtel est arrivé là un peu par hasard après avoir servi dans la Marine. Le conseiller a rêvé de travailler ici. L’un est un autodidacte, l’autre un héritier. Pourtant ils se comprennent, se rapprochent, se confient.
De Matignon, on connait l’histoire officielle, le tapis rouge et le perron où sont photographiés les invités de marque, les puissants et l’hôte des lieux. Gilles Boyer dans un roman qui s’inspire de ce qu’il a pu connaitre à Matignon comme conseiller, des hommes et des femmes qu’il a rencontrés, de ce qu’il a ressenti, nous raconte l’histoire cachée de ce lieu et de ces hommes : les assistants, les huissiers à chaine qui portent des piles de parapheurs, les chauffeurs, les maîtres d’hôtel, les serveurs qui tiennent des plateaux repas ou des corbeilles de fruits, les conseillers qui courent, dossier à la main vers la réunion suivante. On découvre un monde bien différent de ce qu’on imaginait, des secrets, des intrigues, des actes qui bouleversent complètement ceux qui travaillent un jour-là.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Ce roman s’ouvre sur un avertissement de Gilles Boyer. Certains éléments de ce récit ont été respectés à la lettre, d’autres s’apparentent plus à l’imaginaire. À nous de démêler les fils. L’auteur nous mentionne tout de même de ne pas s’arrêter à cela, ce n’est pas le propos de ce roman finalement. Voilà le genre d’incipit qui aurait tendance à me frustrer, puisque j’ai eu envie de lire ce livre avec l’intention justement de découvrir les coulisses de la politique française. Et pourtant, Gilles Boyer a entièrement raison, il ne faut pas s’arrêter à cela.

J’ai tout simplement adoré ce court roman, du début à la fin. J’y ai trouvé une grande originalité, puisque d’habitude, ce sont plutôt le Président et l’Élysée qui sont mis en avant. Ici, on change de perspective, et c’est le Premier ministre et Matignon qui seront en vedette. Le tout, vu sous le regard bienveillant de Claude, maître d’hôtel.

Claude est un personnage réel, et donc, finalement, j’ai eu tendance à prendre pour argent comptant ce qu’il va nous raconter. J’ai passé un excellent moment de lecture, et oui, Claude va nous révéler les petits secrets, les petites manies et les petites habitudes des Premiers ministres, de Rocard, en passant par Cresson, jusqu’à Philippe. En exergue, Gilles Boyer va intercaler certains passages ayant pour protagoniste l’un des prédécesseurs de Claude, chacun à une époque de l’histoire, comme par exemple en 1944 ou en 1959.

J’ai été subjuguée d’en apprendre plus sur ces figures de la France. L’auteur a su nous les rendre profondément humains au travers du regard de Claude. J’ai également fortement apprécié de savoir en quoi consistait le métier de Claude, et j’en ai appris beaucoup sur l’histoire de Matignon. C’est une vraie réussite.

La plume est fluide et j’ai dévoré les pages. L’auteur a su romancer le sujet à la perfection, sans jamais être rébarbatif ni ennuyer son lectorat. Le personnage de Claude est attachant au possible et je me suis laissée porter par son histoire.

Un document de poids et romancé sur les coulisses de Matignon, qui ne tombe jamais dans le rébarbatif et qui octroie au lecteur un sentiment de proximité avec ces grandes figures de la France. Une réussite.

Ma note : 17/20

Policier

Chambre 413

Chambre 413 de Joseph Knox

  • Auteur : Joseph Knox
  • Titre : Chambre 413
  • Genre : Policier
  • Éditions : J. C. Lattès/Le Masque
  • Nombre de pages : 384
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Tournant le dos à sa vie d’avant, indifférent à son avenir, l’inspecteur Aidan Waits s’est résigné à intégrer la patrouille de nuit – cycle sans fin d’appels insignifiants et de solitudes insolubles. Jusqu’à ce que lui et son coéquipier, l’inspecteur principal Peter Sutcliffe, soient dépêchés au Palace, un immense hôtel désaffecté au cœur d’une ville en ébullition. Sur les lieux, dans la chambre 413, ils découvrent un homme. Il est mort. Et il sourit. On a retiré toutes les étiquettes de ses vêtements. On a limé et remplacé ses dents. Même ses empreintes digitales ne sont pas les siennes. Seule une pièce cousue à l’intérieur de son pantalon donne un indice sur son ultime acte désespéré…

Tandis qu’Aidan s’immerge dans le passé de l’inconnu, il se rend compte qu’un fantôme surgi du sien hante le moindre de ses faits et gestes. Mystérieux incendies, appels anonymes et menaces pures et simples : Aidan va devoir affronter ses démons avant de découvrir la véritable identité de l’homme de la chambre 413.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès/Le Masque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Manchester. Alors que l’inspecteur Aidan Waits est en patrouille de nuit avec son supérieur, l’inspecteur Peter Sutcliffe, ils vont recevoir un appel d’urgence de l’hôtel désaffecté le Palace. Là-bas, ils vont découvrir un homme dans la chambre 413, qui a été assassiné. Aucune piste de va permettre de l’identifier. Tandis qu’Aidan va enquêter sur ce meurtre, il va lui aussi être confronté à son passé.

J’ai beaucoup aimé ce roman policier, qui, s’il reste classique et ne révolutionnera pas le genre, apporte tout de même un petit vent de fraîcheur dans l’horizon polar. J’ai retrouvé beaucoup de noirceur et un personnage principal torturé et sous l’emprise d’un passé duquel il devra se relever pour avancer.

Il s’agit apparemment du second volet des aventures d’Aidan, et n’ayant pas lu le premier, même si cela ne m’a pas posé de problèmes de compréhension, je pense tout de même avoir perdu une part importante de l’essence de ce personnage. C’est lui qui va porter cette histoire, et il faut dire qu’il est extrêmement bien brossé et d’une grande complexité. L’auteur a su en créer un personnage d’une grande noirceur et en totale adéquation avec le monde dans lequel il évolue.

L’intrigue est classique, mais n’en reste pas moins efficace. J’ai eu envie de savoir tout du long le fin mot de cette enquête. Il est vrai que parfois l’auteur a eu tendance à se disperser et que pendant quelques pages, j’ai eu l’impression de piétiner sans vraiment avancer. Pourtant, je n’ai jamais perdu mon intérêt pour cette enquête.

J’ai beaucoup aimé la complexité des rapports entre Aidan et Peter, ce rapport de force qui s’installe entre eux. Les réactions des personnages sont bien rendues et je n’ai pu m’empêcher de m’attacher à Aidan.

La plume est idéale pour ce genre de roman. J’y ai retrouvé beaucoup de dynamisme et de fluidité dans l’écriture. Les chapitres courts insufflent un très bon rythme à cette enquête.

Une enquête classique mais servie par un personnage très complexe, qui portera cette intrigue. L’auteur a su maintenir mon intérêt tout au fil des pages. Une bonne lecture.

Ma note : 16/20