Romance

Confronte-moi

Confronte-moi de Léna Forestier

  • Auteur : Léna Forestier
  • Titre : Confronte-moi
  • Genre : Romance
  • Editions : Harlequin
  • Nombre de pages : 65
  • Parution : 12 février 2020
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

Face au désir, peuvent-ils seulement lutter ?

Mallaury n’avait pas prévu de reprendre la salle de boxe de son père, à seulement vingt-deux ans. Mais, quand celui-ci se retrouve plongé dans le coma à la suite d’un accident, elle n’a pas le choix. Se battre sur un ring, elle sait faire. Gérer un club et son personnel, c’est une autre histoire, surtout quand elle rencontre Enzo, l’homme que son père a embauché pour l’épauler. Tatoué et tout en muscles, cet excellent boxeur devient très mystérieux dès lors qu’il s’agit de parler de son passé… Mallaury n’a aucune confiance en lui, et encore moins en ses propres réactions : la façon dont Enzo la regarde la trouble beaucoup trop…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Harlequin pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alors que Mallaury est étudiante à Lyon, elle va devoir se rendre au chevet de son père à Marseille. Ce dernier est dans le coma à la suite d’un accident de voiture. Mallaury va alors devoir reprendre la salle de boxe que son père tenait. Elle comptera pour cela sur l’aide de Freddy, son frère, et sur le soutien du mystérieux Enzo, un jeune homme que le père de Mallaury avait engagé peu avant son accident. Pourtant, Enzo semble cacher un passé douloureux et malgré le coup de foudre entre Mallaury et lui, cela l’empêche de s’octroyer le droit d’aimer pleinement la jeune femme,

Ce roman peut être qualifié de nouvelle en raison de sa petite taille. Ce genre littéraire n’est pas des plus aisés, puisque l’auteure doit réussir très peu de pages à poser un décor, à créer une intrigue et à étoffer ses personnages. Je dois bien avouer qu’ici, elle a réussit tout cela avec brio et j’ai passé un excellent moment de lecture.

Le personnage de Mallaury m’a plu d’emblée. J’y ai vu une femme forte mais très sensible. Immédiatement, j’ai ressenti une profonde empathie pour elle. Elle va se retrouver débordée à maintes reprises par les événements auxquels elle va devoir se confronter.

Si le personnage féminin de cette histoire est très réussi, le personnage masculin n’est pas en reste. En très peu de pages, Léna a su créer un personnage étoffé, avec beaucoup de relief, et très mystérieux. Si j’ai senti les blessures d’Enzo, j’étais loin d’imaginer de quoi il pouvait bien s’agir exactement.

L’auteure a créé une intrigue qui allie romance, suspense et mystère. C’est réalisé avec brio, d’autant plus que tout tient la route. Je n’ai pas décelé d’invraisemblances ni d’incohérences. Les réactions des personnages semblent très réalistes.

La plume de l’auteure est addictive. C’est vraiment un petit roman, et le style de Léna Forestier incite à lire le récit d’une traite. J’ai beaucoup apprécié cette immersion réussie dans le monde de la boxe. C’est original et je me suis laissée entraîner par les aventures des deux personnages.

Un roman qui tient de la nouvelle et qui offre un moment d’évasion dans le monde de la boxe, en compagnie de deux personnages principaux charismatiques et touchants. L’auteure a su allier romance et suspense, sous une plume fluide. Une excellente découverte.

Ma note : 18/20

Contemporain

L’officier de fortune

L’officier de fortune de Xavier Houssin

  • Auteur : Xavier Houssin
  • Titre : L’officier de fortune
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 144
  • Parution : 5 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

C’est un homme dont la vie embrasse le siècle. Engagé à 17 ans dans les années 20, il est envoyé en Allemagne, officier à 25 ans au Maroc et au Tonkin, chef de bataillon à Nouméa en 1939. Après l’appel du 18 juin, il est un des premiers à rejoindre la France libre. Sa carrière reprend à la tête de régiments en Indochine et en Algérie, jusqu’à un modeste crime de lèse-majesté qui lui coûte cher. Mais en ce début des années 1970, il n’est qu’un vieux militaire retraité, veuf d’un mariage calamiteux, père d’enfants qui le rejettent. Le monde pour lequel il s’est battu n’existe plus, pour lui tout est fini. Tout, sauf Jeanne peut-être. Elle fut le grand et secret amour de sa vie. Et ensemble ils ont eu un fils qui aujourd’hui doit avoir dix-huit ans…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1970. François, militaire à la retraite, fait le bilan. Tout juste veuf, il repensera au naufrage qu’a constitué son mariage avec Yvonne. Les deux fils qu’ils ont eus ne lui adressent presque plus la parole et ne veulent pas le voir. Il essaiera alors de donner une seconde chance à la liaison extra-conjugale qu’il a maintenue auprès de Jeanne, et avec qui il a eu un autre fils qu’il n’a encore jamais rencontré. Ce roman sonne comme un deuxième départ dans le quotidien de François.

C’est un roman très court, mais assez percutant que j’ai découvert. J’ai fortement apprécié cette lecture, qui, bien qu’elle aborde des thématiques très dures, laisse pourtant à son lecteur une impression de nouveau départ pour le personnage principal.

François s’est retrouvé totalement à l’étroit dans un mariage qui ne lui apportait que frustrations et peines. Il n’a jamais eu le courage de partir, et bien évidemment, on ne peut ressentir qu’empathie envers lui, et envers Jeanne, son amante, qui se sont constamment interdit le bonheur, François étant finalement trop lâche pour partir.

En filigrane, François nous narrera ses expériences de militaire, sa rencontre avec Jeanne, ses péripéties. C’est vraiment intéressant à suivre, et l’auteur sait garder un juste équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle de François.

La plume de l’auteur est douce. Xavier Houssin réussit à faire passer les émotions. Le texte est narré à la première personne, presque à la manière d’un journal intime. François se livre à son lecteur.

Un très beau roman, empli de douceur, sur un homme qui s’accorde la possibilité d’être à nouveau heureux maintenant qu’il est à la retraite. Les émotions sont parfaitement retranscrites. Une belle découverte,

Ma note : 16/20

Contemporain

L’horizon à mains nues

L’horizon à mains nues de Christophe Paviot

  • Auteur : Christophe Paviot
  • Titre : L’horizon à mains nues
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 300
  • Parution : 5 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Howard et Gary vivent à Sweetwater, au Texas. Les deux frères sont inséparables. Solitaires, ils n’aiment qu’une chose, les crotales, ces serpents venimeux qu’ils chassent à l’aide d’une pince, comme leur a appris leur père. Ils ont onze et douze ans quand leur père meurt. Ils ignorent que leur monde a pris fin, que leurs proches ne parleront plus ni de l’accident ni de leur père, que leur mère se taira, elle aussi. Dans ce bout de pays paumé, au milieu de rien, la blessure ne cessera d’enfler. Alors ils deviendront les frères Shelby.

L’horizon à mains nues est l’histoire de deux frères qui s’élèvent seuls, obéissent à leurs propres lois et deviennent libres, sans jamais oublier leur père. Un livre comme un coup de poing, une odyssée américaine.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Sweetwater, Texas. Howard et Gary viennent de perdre leur père. Ces deux frères, de onze et douze ans, vont devoir apprendre à vivre avec ce drame. Ils voueront un amour indéfectible à leur mère. Ils éprouveront également une admiration sans bornes aux crotales, serpents que leur père leur avait appris à chasser. Dès lors, les deux garçons vont devenir les frères Shelby.

Ce roman m’a beaucoup touchée, de par la dualité évoquée tout au long du récit. Je peux dire que c’est une histoire éprouvante. Si je me suis laissée entraîner dans ces pages, je dois tout de même avouer que par moments, je me suis sentie également très mal à l’aise.

L’auteur a su créer une dualité unique dans le caractère de ces deux frères. Certains passages m’ont ulcérée de par leur cruauté, et d’autres m’ont touchée de par l’amour et le respect que Gary et Howard vouent à leur mère.

L’auteur a su dépeindre des personnages principaux totalement torturés, et a su retranscrire les émotions à la perfection. Il s’est compliqué la tâche, puisqu’il n’y a aucun moment où il soit resté en surface. Il a instauré beaucoup de densité aux caractères et cela, sans aucun manichéisme.

J’ai également fortement apprécié le décor choisi par l’auteur. Les descriptions sont parfaitement réalistes. L’auteur nous parle également de cette passion des crotales que partagent les deux frères. Cette passion apparaît en filigrane pendant tout le récit, du début à la fin.

La plume de l’auteur est très dense. Christophe Paviot a le souci du détail, et fait preuve de beaucoup de réalisme lors de ses descriptions. C’est intéressant, mais j’avoue que parfois cela a freiné ma lecture. Malgré tout, je dois bien admettre que cela est remarquablement bien écrit.

Un roman dense, à l’écriture tout en détails, qui mettra en exergue le quotidien de deux frères face au drame auquel il vont se voir confrontés. La dualité des deux personnages principaux est bien décrite. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Romance

Bury my heart

Bury my heart de Sophie-Hélène Martin

  • Auteur : Sophie-Hélène Martin
  • Titre : Bury my heart
  • Genre : Romance
  • Éditions : Alter Real
  • Nombre de pages : 228
  • Parution : 7 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

May Phelan a abandonné une carrière prometteuse pour s’occuper du domaine équestre familial de Green Alley en Géorgie, dans le sud-est des États-Unis. À la mort de ses parents, elle a hérité de cette plantation qui appartient à ses ancêtres depuis plusieurs générations. Ce lieu riche de mystères, de drames irrésolus, d’injustices, est marqué par l’Histoire. Le fardeau de l’esclavage et les secrets de famille y ont laissé leur empreinte.
Peu après son retour, May ressent un malaise grandissant. Le domaine est au bord de la ruine ; de plus, un danger couve, la jeune femme en perçoit la menace.
Tout l’oppresse et l’arrivée d’Aden Templar, un séduisant millionnaire dont elle monte la jument, ne lui rend pas la vie plus facile. Cet homme énigmatique l’attire autant qu’il la décontenance. Que cherche-t-il, avec son regard de braise et ses questions ? Est-il digne de confiance ?
Pour ne rien arranger, des manifestations étranges semblent indiquer que le vaudou noir sévit encore à Green Alley. Qui en veut à May ?
Aden saura-t-il apprivoiser cette âme rebelle ? Ces deux êtres éperdus arriveront-ils à trouver la voie du bonheur ?
Une histoire de passion où se mêlent amour, quête d’identité et suspense.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Alter Real pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

May a décidé de changer de vie. Ayant hérité du domaine équestre familial, elle va alors décider de le reprendre en main et de partir vivre en Géorgie. Très tôt, des événements mystérieux vont y avoir lieu. L’arrivée d’Aden, un homme séduisant et millionnaire, ne va rien arranger. Est-ce que May réussira à percer les secrets du domaine Green Alley ? Est-ce qu’elle se verra capable d’éprouver des sentiments pour Aden, qu’elle soupçonne sans cesse ?

Je ressors vraiment captivée de ce roman. En le débutant, j’ai pensé que tout serait centré sur la possible histoire d’amour entre May et Aden, et j’ai très vite compris qu’il n’en serait rien. Cette romance ne sera pas le point d’orgue. Ce récit est très intéressant, puisqu’il réussit un mariage de genres littéraires complètement à l’opposé.

Certes, l’histoire d’amour a toute sa place, mais les mystères auxquels devra se confronter May ajoutent une pointe de suspense unique, que l’on ne retrouve pas forcément dans les romances. J’ai beaucoup aimé cette immersion totale que nous propose l’auteure dans ce domaine familial et j’ai été intéressée par la manière dont May va devoir faire face à des événements des plus étranges.

L’histoire d’amour passera au second plan. Les deux protagonistes devront apprendre à s’apprivoiser, à se faire confiance. Ils avancent donc très doucement. C’est parfois avec frustration que j’ai tourné les pages et une chose est certaine, ce roman ne peut laisser indifférent.

Les deux personnages principaux sont très bien dépeints. J’ai beaucoup aimé la part de sensibilité de May, mais également sa force de caractère. Quant à Aden, il y a eu des moments où je ne savais plus trop s’il était digne de confiance, et l’auteure a donc réussit à instaurer une grande part de mystère,

La plume de l’auteure est addictive. Le style est très fluide, et les pages ont défilé. Une fois commencé ce livre, il sera très difficile de ne pas le lire d’une traite.

Une romance qui alliera une grande part de mystère, et qui marie des genres littéraires très divers. L’auteure a su se renouveler tout au fil des pages, et propose une belle histoire, originale et pleine d’intrigues diverses. Une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Pour Luky – Rentrée littéraire

Pour Luky d’Aurélien Delsaux

  • Auteur : Aurélien Delsaux
  • Titre : Pour Luky
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Noir sur Blanc
  • Nombre de pages : 280
  • Parution : 3 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Pour Luky, c’est une année scolaire dans la vie de Luky, Abdoul et Diego, trois adolescents d’une petite ville de province. Comme un talisman face à une enfance qui s’éloigne, Abdoul, le philosophe de la bande, nous livre le récit d’une fraternité choisie.
Aurélien Delsaux est né en 1981. Il a enseigné pendant dix ans en colleges et en lycées.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Noir sur Blanc pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

C’est l’histoire de trois amis. Il y a Luky, Abdoul et Diego. Ces trois adolescents, résidant dans une petite ville de province, vont partager avec le lecteur une année scolaire. Au fil des pages, ils vont faire l’apprentissage parfois douloureux de grandir.

Ce roman a été un véritable coup de cœur pour ma part. C’est un vrai bonbon littéraire, sucré mais acidulé par moments. Ces trois jeunes m’ont profondément touchée, et dès les premières pages, l’auteur a su me happer dans le tourbillon de ses mots, qui formeront une histoire émouvante et touchante.

Quel roman magnifique. Pourtant, le postulat de départ est des plus simples. Suivre trois adolescents pendant toute une année scolaire, cela ne révolutionne pas le genre, me direz-vous. Et pourtant, Aurélie Delsaux a su, par la sensibilité de son récit, sortir du lot. Ce texte est lumineux, empli d’amitié, mais il a aussi sa part de noirceur. L’auteur ne va rien nous épargner, jusqu’aux petits détails.

J’ai trouvé le ton de ce roman juste, et cela de la première à la dernière page. Les trois amis sont parfaitement dépeints, avec un caractère qui leur est propre. J’ai été en immersion totale et j’en aurais bien lu beaucoup plus, tant je me suis attachée à Luky, Abdoul et Diego.

La plume de l’auteur est très particulière. J’aime autant vous prévenir, c’est à mon avis un style qui n’accepte pas la demi-mesure. Soit vous réussissez à adhérer dès la première page, soit cette lecture sera synonyme pour vous d’agacement. En effet, l’auteur fait le choix d’un narrateur qui conte toutes les aventures en adoptant le langage propre des adolescents. La concordance des temps n’est pas vraiment toujours respectée, le langage est très familier. Il faut savoir faire cela avec talent, sous peine de lasser le lecteur. Pour ma part, je peux affirmer qu’Aurélien Delsaux a réussi cela avec brio. Je me suis laissée entraîner et les pages ont défilé.

Une histoire d’amitié d’une grande tendresse, vue sous le regard de trois adolescents. Ce roman est un petit bonbon littéraire, sucré et acidulé à la fois. C’est une lecture qui m’a totalement conquise. À découvrir.

Ma note : 18/20

Non classé

T’as pensé à… ?

T’as pensé à… ? de Coline Charpentier

  • Auteur : Coline Charpentier
  • Titre : T’as pensé à… ?
  • Genre : Essai
  • Éditions : Le Livre de Poche
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

J’ai lancé le compte “T’as pensé à… ?” sur Instagram un mardi matin de novembre, entre le biberon de mon fils et mon café. Après la participation de copines épuisées, des milliers de femmes sont venues témoigner. Avec une seule et même question : pourquoi, alors que nous avions fait un enfant à deux, nous nous retrouvions à gérer seules la suite ? Et que faire une fois que nous avions dénoncé ? Ce livre apporte un début de réponse pour aller vers l’action. »

Coline Charpentier propose une ouverture au dialogue sur la charge mentale. Comment en mesurer l’importance dans son propre couple ? Comment répondre aux sceptiques qui pensent que les femmes « n’ont qu’à mieux s’organiser » ? Comment s’en sortir et retrouver un équilibre, dans son couple et dans la société ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Le Livre de Poche pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Tout a commencé une matinée de novembre, lorsque Coline Charpentier lance de manière anodine une simple question sur son compte Instagram. Elle était loin d’imaginer qu’avec un banal « T’as pensé à… ? », cela allait créer un tel engouement. En effet, ce sont d’abord ses amies qui y répondent, mais par la suite, ce sont milliers de femmes débordées qui racontent leur expérience.

Dans ce livre qui a un petit côté développement personnel, l’auteure va s’interroger sur la charge mentale. Il est vrai que si la charge physique est un concept visible, il n’en va pas de même pour celle mentale. Je ne m’étais finalement jamais posée la question.

Tout au fil de la journée, nous accomplissons une multitude d’actions dans notre quotidien, et c’est donc une charge physique. Mais avant de s’y adonner, il a probablement fallu tout planifier, tout organiser, et finalement, cela est tout aussi épuisant, parfois, d’où le concept de charge mentale que l’auteure tente de nous expliquer au mieux.

Coline va pour cela se placer davantage du côté des femmes, puisque, semble-t-il, ce sont justement elles qui subissent le plus ce problème. Elles va confronter son lecteur face à des situations de couple, et analyser les situations. Elle tentera d’apporter une amorce de réponse. Bien évidemment, cela reste léger et aucune idée évoquée ne sera révolutionnaire, mais malgré tout, cela prête à réfléchir.

La plume de l’auteure est très agréable. Chaque question en début de chapitre est illustrée par l’évoquation de mini-témoignages laissés par des femmes débordées sur son compte Instagram. Le style est très fluide, et cela reste accessible à tous.

Un récit dans lequel l’auteure nous expliquera en quoi consiste la charge mentale, et où elle nous proposera une amorce de solution. Le ton est léger, mais malgré tout, cela m’a fait réfléchir tout au long de ma lecture. Une jolie découverte.

Ma note : 16/20

Non classé

Shelton et Felter

Shelton et Felter, tome 1 de Jacques Lamontagne

  • Auteur : Jacques Lamontagne
  • Titre : Shelton et y Felter, tome 1
  • Genre : Roman graphique
  • Éditions : Kennes
  • Nombre de pages : 48
  • Parution : 23 août 2017
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Boston, 1924. S’il ne s’était un jour méchamment déboîté l’épaule pendant un combat de boxe, Isaac Shelton exercerait probablement aujourd’hui encore son métier de débardeur sur les quais. Mais contraint à se reconvertir, c’est en qualité de journaliste à la pige qu’il fait la connaissance de Felter, petit libraire passionné de littérature policière. Le premier est athlétique et plutôt beau garçon (si ce n’est un vilain nez cassé, autre souvenir de combat); le second est doté d’un puissant sens de l’observation et d’un esprit d’analyse hors du commun (qualités contrebalancées par un tempérament hypocondriaque et une multitude de tocs). Animés pour l’un par le besoin de décrocher un scoop rémunérateur et pour l’autre par l’envie de ressembler à ses héros littéraires, les deux compères vont s’associer afin de tenter de faire la lumière sur une série de meurtres insolites.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Kennes pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Shelton est un ancien boxeur, qui suite à une blessure pendant un combat, s’est reconverti dans le journalisme. Il va décider de s’associer à Felter, un libraire passionné de littérature policière. Ensemble, ils vont faire la lumière sur les meurtres possibles de plusieurs personnes. Que s’est-il passé ?

Je n’ai pas l’habitude de lire des romans graphiques et pourtant, je me dis que suite à la lecture de celui-ci, je devrais en découvrir davantage. J’ai beaucoup aimé, que ce soit au niveau des graphismes, tout comme au niveau de l’intrigue intelligente créée par Jacques Lamontagne.

J’ai fortement apprécié le contexte historique de l’histoire, puisque dans ce roman graphique, l’auteur situe son récit en plein Boston et dans les années 20. Il a réussi à instaurer une ambiance très crédible et j’ai été en immersion totale. L’intrigue est rondement menée, avec son lot de rebondissements et de mystère.

J’ai fortement apprécié les deux personnages principaux, qui sont très differents l’un de l’autre. Pourtant, ils vont réussir à s’entendre et à faire equipe ensemble, donnant droit à des situations rocambolesques. J’ai trouvé ces deux héros très bien décrits.

Les planches sont vraiment belles. Le dessin est précis et parfois, avec une pointe de sombre qui colle bien à l’histoire. Je découvrirai les prochains tomes avec plaisir.

Un roman graphique qui allie deux personnages hauts en couleurs, et des dessins réalisés avec précision. Un très bon moment de lecture.

Ma note : 17/20

Contemporain

La couleur du trois

La couleur du trois de Leni Zumas

  • Auteur : Leni Zumas
  • Titre : La couleur du trois
  • Genre : Contemporain
  • Editions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 352
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Il fut un temps, ils étaient cinq… Quinn, la trentaine passée, est célibataire, sans enfant, et sur le point de perdre son emploi. Comme si sa précarité financière n’était pas suffisamment angoissante, elle doit faire face au retour en ville de Cam, son premier petit ami, dont elle s’est brutalement séparée dans des circonstances qu’elle préférerait oublier. Cette réapparition fait remonter à la surface le traumatisme de ses années adolescentes ? la mort violente de sa soeur cadette ? , qu’elle croyait pourtant avoir enfoui au plus profond d’elle-même par des tactiques toutes personnelles…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Quinn est une jeune trentenaire totalement perdue. Elle est sur le point de perdre son emploi, travaillant dans une librairie dans laquelle les clients se font de plus en plus rares. Des rumeurs sur le fait que Cam, un ancien grand amour, est de retour en ville la perturbe également. Elle va alors de souvenir des concerts qu’elle donnait en sa compagnie ainsi que d’autres amis, il y a bien longtemps. Tout cela fait remonter à la surface un événement très douloureux. Quinn a perdu sa sœur cadette, alors que cette dernière n’était qu’une adolescente.

C’est un très beau roman que propose ici l’auteure, et qui a finalement réussi à me convaincre. Pourtant, je dois bien avouer qu’au début, cela n’a pas été une lecture aisée, bien au contraire. Il faut se préparer à faire une expérience littéraire des plus particulières pour être en mesure de se laisser porter par ce récit.

La faute revient indubitablement à un schéma narratif qui m’a paru brouillon pendant un bon quart du roman, il faut bien le dire. Ici, le lecteur se retrouve spectateur des errances de Quinn, mais j’ai dénoté juaqu’à trois époques bien distinctes. La place est donc donnée à Quinn adolescente, lorsque sa sœur était toujours en vie, à Quinn dans ses premiers pas d’adulte, lorsqu’elle donnait des concerts en compagnie de son grand amour de l’époque, et à Quinn adulte, totalement perdue et perturbée.

Ce qui m’a fait défaut, c’est le manque de dates pour situer une intrigue complexe. J’ai pris un petit moment avant de m’y habituer totalement, mais une fois chose faite et à partir du moment où j’ai vraiment saisi le mécanisme narratif, cela a été une très bonne lecture,

J’ai trouvé le personnage de Quinn très bien dessiné et d’une grande densité. Elle est totalement torturée, et plusieurs sentiments l’assaillent, tels que la tristesse et la culpabilité. L’auteure a su décrire les émotions qui la prennent d’assaut à tout moment, et elle le fait avec beaucoup d’acuité. Il faut dire que Quinn va porter cette histoire à bout de bras, les personnages secondaires ayant un rôle moins défini.

La plume de l’auteure est addictive et d’une énorme fluidité. Leni Zumas a décidé de découper en tout petits chapitres son histoire. Certes, le lecteur se retrouve en face d’un nombre considérable de chapitres, mais cela rythme indéniablement l’histoire.

Un très beau roman servi par une héroïne touchante et torturée au possible. L’auteure réussi à décrire les émotions de sa protagoniste avec beaucoup de justesse et de sensibilité. Une belle découverte à laquelle il faudra s’accrocher aux premiers chapitres, le temps de s’habituer au schéma narratif particulier.

Ma note : 16/20

Non classé

Mon cœur restera de glace

Mon cœur restera de glace d’Éric Cherrière

  • Auteur : Éric Cherrière
  • Titre : Mon cœur restera de glace
  • Genre : Drame
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 192
  • Parution : 16 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans ces bois du fin fond de la Corrèze, un jeune garçon trouve refuge en 1918, en compagnie de son frère, une « gueule cassée ». Une guerre plus tard, des soldats allemands s’y enfoncent, sur les traces d’une de leurs unités disparues. Ces mêmes arbres que l’on retrouve en 2020 peints sur les murs de la chambre d’hôpital d’un vieillard allemand.

Aujourd’hui le vieil homme va parler. Révéler le secret de cette forêt qui ébranlera bien des existences, bien des certitudes. Bien des familles.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Corrèze, 1918. Un jeune garçon s’engouffre dans les bois de ce département, en compagnie de son frère, revenu de la guerre et qui est maintenant « une gueule cassée ». En 1944, ce sont des soldats allemands qui parcourent ces mêmes bois à la recherche de leur unité. Ce seront exactement ces bois, avec les mêmes arbres et les mêmes feuilles que l’on retrouvera dessinés dans une chambre d’hôpital en 2020, par un vieil homme qui cache bien des secrets. Que s’est-il donc passé au sein de la Corrèze, à cette époque ?

Il est parfois de ces romans qui nous laissent sans mots, sans amorce pour débuter la rédaction d’un avis. Celui-ci en fait partie et vous aurez donc compris que c’est un coup de cœur. Je ressors totalement chamboulée, bouleversée et avec les émotions à fleur de peau suite à la lecture de ce court récit, intense, noir et terriblement dramatique.

L’auteur propose une intrigue qui se déroulera sur trois époques differentes, même s’il faut bien le dire, celle de 1918 est à peine abordée. Ici, c’est plutôt 1944 et 2020 qui sont en corrélation, le tout au travers des yeux d’un vieillard qui semble cacher des vérités indicibles sur les faits qui se sont produits lors de la seconde guerre mondiale.

Je reste pantoise sur le comment Éric Cherrière a réussi, en si peu de pages, à nous proposer une telle densité dans son récit. C’est très noir, c’est profondément bouleversant et c’est totalement dramatique. Je suis passée par un carrousel d’émotions et j’ai ressenti une tristesse indicible lors des événements tragiques relatés dans ce roman.

Éric Cherrière a su créer une intrigue noire dans un cadre historique. C’est réussi. L’alternance entre les époques est vraiment judicieuse, et peu à peu, le mystère que l’on croyait avoir résolu au début s’épaissit à nouveau pour finalement laisser place à une autre vérité surprenante.

Cependant, ce n’est pas forcément un récit que l’on lit pour ce retournement final, bien au contraire. Ici, ce sont sans aucun doute les personnages qui vont porter cette histoire à bout de bras. Que de densité, de relief et de réalisme chez eux. C’est d’une crédibilité totale et sans aucun manichéisme.

La plume de l’auteur est vraiment parfaite. Tout à la fois poétique, mais également très visuelle, elle offre un énorme contraste lors de la lecture et c’est presque original. C’est un style très cinématographique parfois, et quand je sais que l’auteur est scénariste, je comprends mieux.

Un roman bouleversant qui laissera son lecteur sonné, chamboulé et profondément ému. L’auteur va tisser une intrigue sous trois époques différentes et qui sont étroitement liées, créant ainsi un récit d’une noirceur et d’une densité incroyables en si peu de pages. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Thriller

Victime 55

Victime 55 de James Delargy

  • Auteur : James Delargy
  • Titre : Victime 55
  • Genre : Thriller
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une petite ville perdue en Australie. Un officier de police habitué à régler des petits problèmes de vie domestique et querelles de voisinage.
Un jour de canicule débarque un homme, couvert de sang. Gabriel déclare avoir été séquestré dans une cabane par un serial killer. Le dénommé Heath a déjà tué 54 personnes. Gabriel est sa prochaine victime.
Quand la chasse à l’homme commence, ce même jour de canicule, débarque un deuxième homme. Heath est couvert de sang. Heath déclare avoir été séquestré dans une cabane par un serial killer, un certain Gabriel. Gabriel a déjà tué 54 personnes. Heath est sa prochaine victime.
Qui est le numéro 55 ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Australie. Gabriel arrive au poste de police, couvert de sang. Il affirme avoir été séquestré par Heath, qui a déjà tué 54 personnes avant lui, voulant faire de Gabriel sa victime 55. Quelques heures plus tard, c’est au tour de Heath d’arriver lui aussi couvert de sang au poste de police, et voilà qu’il affirme que Gabriel l’a séquestré, qu’il a tué 54 personnes et qu’il voulait faire de Heath sa victime 55. Le policier, Chandler, se retrouve totalement dépassé. Il fera donc appel à Mitch pour découvrir la vérité. Mais entre ces deux hommes, l’harmonie ne règne pas vraiment.

C’est un excellent thriller que j’ai découvert. S’il est vrai que le résumé est percutant, et que cette histoire de victime 55 est bien entendu le fil rouge du roman, tout ne tournera pas autour de ce seul mystère. L’auteur a su se renouveler page après page, et cela a contribué à maintenir mon intérêt jusqu’au dénouement.

Il faudra se montrer patient au cours de la lecture. L’auteur va prendre le temps de poser les bases de son intrigue, et je ne vous cache pas que le rythme est parfois lent et tout en langueur. Malgré tout, j’ai été en immersion totale et cela, grâce au décor choisi pour l’intrigue. L’auteur a décidé de la placer en Australie, et c’est très réussi. J’ai fortement apprécié ce cadre et les descriptions m’ont fait entrevoir un paysage très réaliste.

Outre un suspense efficace, j’ai beaucoup aimé la relation entre les deux policiers, qui sont aux antipodes l’un de l’autre niveau caractère. James Delargy a su les dépeindre avec beaucoup de nuances, et si j’ai eu beaucoup d’empathie pour Chandler, j’avoue que cela n’a pas vraiment été le cas en ce qui concerne Mitch, qui est hautain au possible. Les prises de bec sont nombreuses, et le seul petit reproche que je peux faire à l’auteur, c’est d’en avoir trop fait à ce niveau par moments. Mais cela n’émaille en rien le plaisir de lecture.

La plume de l’auteur est efficace. D’un style très fluide et addictif, il nous propose une intrigue pleine de rebondissements et de mystères, tout en prenant le parti de le faire avec parcimonie, et avec une certaine lenteur qui n’est pas forcément propre à ce genre littéraire. Cela a pour ma part fonctionné et je me suis totalement laissée happer.

Une intrigue habilement ficelée, en immersion totale en Australie et servie par deux policiers aux caractères si diamétralement opposés, que cela créera des tensions supplémentaires. Ce thriller est une véritable réussite aux multiples rebondissements. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Conservez comme vous aimez

Conservez comme vous aimez de Martine Roffinella

  • Auteur : Martine Roffinella
  • Titre : Conservez comme vous aimez
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : François Bourin
  • Nombre de pages : 105
  • Parution : 6 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Sibylle guette le carillonnement des cloches pour rythmer les moments où elle doit prendre ses cachets blancs. Il n’y a pas si longtemps, elle était encore – ainsi sacrée par son boss Sa Sainteté P.Y. – la «Reine de la pub ». N’a-t-elle pas reçu un grand prix pour son slogan: «Conservez comme vous aimez», destiné à promouvoir des boîtes en plastique?…
Un temps portée aux nues par toute l’agence, elle est un jour supplantée par la jeune et Belle Capucine, alias «Princesse Commerciale», aux dents longues et affûtées. Placardisée puis licenciée, Sibylle vacille, devenant la proie des TOCS. But the show must go on. Éjectée du système, entre irrépressible besoin de vengeance et négation de soi, elle est aspirée par la violence exercée contre elle et commet l’irréparable.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions François Bourin pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Sibylle a été licenciée. Et pourtant, elle était considérée comme la reine du slogan, dans l’agence de publicité pour laquelle elle travaillait. Mais tout cela, c’était avant l’arrivée de Capucine, mieux connue comme la « Princesse Commerciale ». Dès lors, Sybille se retrouve totalement perdue et va tomber peu à peu dans la spirale sans fin des TOCS.

C’est avec déception que j’ai refermé ce court roman dont j’attendais peut-être trop. Le sujet m’intéressait fortement, et j’ai trouvé que l’auteure n’a pas su en parler avec justesse. Ici, c’est presque un roman qui pourrait être qualifié de nouvelle, de par le peu de pages dont il est composé. C’était peut-être bien trop peu pour pouvoir aborder tous les sujets qu’elle évoque, d’où un manque de profondeur certain.

L’auteure a choisi de parler des troubles obsessionnels compulsifs de Sybille et de la manière dont elle va partir à la dérive suite à son licenciement. Le postulat de départ était fort intéressant, mais de par la narration choisie par Martine Roffinella, j’ai eu la sensation de tomber à la limite de la caricature. J’ai vu peu de justesse dans la douleur de Sybille, mais plutôt vu ses TOCS étalés aux yeux du lecteur, sans aucune sensibilité et avec peu d’égard pour sa souffrance. En tant que lectrice, j’ai eu beaucoup de mal à appréhender les émotions de Sybille, ayant plutôt la sensation de lire une énumération sans fin des problèmes de Sybille.

Ce qui a fait défaut, c’est principalement le schéma narratif auquel je n’ai absolument pas adhéré, je dois bien l’avouer. L’auteure va intégrer dans son récit une multitude d’anglicismes et de phrases en anglais. Le problème, c’est que Martine Roffinella va user a outrance de ce procédé, et si au début, j’ai trouvé cela original, cela a fini par me lasser considérablement.

Malgré tout, j’ai fortement apprécié le côté satyrique évoqué à l’encontre de la société de consommation. Il y a donc tout de même un fond intéressant et un fil rouge intriguant et qui fera réfléchir le lecteur à coup sûr. À ce niveau, c’est réussi, et c’est pour cette raison que ma déception n’est pas entière.

La plume de l’auteure est fluide. C’est vrai que les pages défilent. Ce sont toutes les expressions autour de la narration qui ont perturbé considérablement mon avancée dans ces pages.

Un court roman pour lequel j’ai l’impression d’être passée totalement à côté. Il m’a manqué de l’émotion. J’ai été détachée tout au long de cette lecture, submergée par une narration à laquelle je n’ai pas franchement adhéré. C’est une déception pour ma part.

Ma note : 12/20

Fantastique

Toutes griffes dehors : Préambule

Toutes griffes dehors : Préambule de Maëlle Andals

  • Auteur : Maëlle Andals
  • Titre : Toutes griffes dehors : Préambule
  • Genre : Fantastique
  • Éditions : Livresque
  • Nombre de pages : 140
  • Parution : 15 septembre 2017
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Je m’appelle Luna, je suis une louve-garou et je fais partie de la garde rapprochée de la fille de notre alpha. Avant moi il n’y avait aucune femme qui occupait ce type de poste, pourtant nous sommes aussi fortes qu’eux et parfois même, plus efficaces.
Depuis des décennies, nous vivons en paix avec les vampires, seulement voilà, nous venons de subir une attaque par l’un d’entre eux. En temps normal, ils respectent les accords que nous avons instaurés.
Notre chef de meute vient donc de décider de renforcer la sécurité et je ne peux qu’être d’accord avec lui. Hors de question qu’une de ces sangsues s’en prenne à notre princesse.

J’ai oublié de vous dire, je suis teigneuse et j’ai une façon très personnelle d’obéir aux ordres… exactement ce qu’il faut pour les aventures qui nous attendent.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Livresque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Luna est une louve pur sang. On va faire sa connaissance au sein de sa meute. Elle va combattre les vampires qui en veulent à Emma, la fille de Louis, ce dernier étant l’Alpha de la meute. C’est la seule femme de l’équipe, et grâce à son caractère bien trempé, elle est parfaite dans le rôle de protectrice.

Ce court roman qui a toutes les allures de la nouvelle est, comme son titre l’indique, un préambule à une saga qui a l’air fort prometteuse. En peu de pages, Maëlle va réussir à planter son décor et à bien camper ses personnages pour ainsi attiser la curiosité du lecteur.

Le personnage de Luna m’a tout simplement captivée. Avec un caractère fort et bien trempé, elle ne va jamais se laisser faire. C’est une véritable battante, et au sein d’une meute où les hommes dominent, elle va réussir à s’imposer. Pourtant, sous ses airs de femme affirmée, Luna cache également une grande part de sensibilité non négligeable.

Outre les personnages bien dessinés, le fond de l’histoire est très prometteur. Cette sorte de prequel va permettre au lecteur de se plonger dans l’histoire et d’avoir envie d’en savoir plus. J’ai beaucoup aimé cette intrigue qui garde le lecteur en haleine tout au fil des pages, et je suis même restée sur ma faim en refermant ce livre.

La plume de l’auteure est addictive. Les pages défilent sans même s’en rendre compte et une fois commencé, ce roman peut aisément se lire d’une traite. Le style est fluide, simple, sans fioriture. C’est très plaisant à lire.

Un préambule à une saga des plus prometteuses. L’auteure a su en peu de pages planter un décor et un univers intéressants, le tout servi par des personnages hauts en couleur. Une très belle découverte qui donne envie de poursuivre cette saga.

Ma note : 16/20

Historique

Le destin d’Aurélie Lafrenière

L’officier anglais de Stéphanie Martin

  • Auteur : Stéphanie Martin
  • Titre : L’officier anglais
  • Genre : Historique
  • Éditions : Guy Saint-Jean
  • Nombre de pages : 504
  • Parution : 22 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

À Québec, en 1775, Aurélie Lafrenière, fille d’un commerçant aisé d’origine anglaise, jouit d’une vie confortable au sein d’une famille bourgeoise. Confrontée à l’arrivée de soldats anglais hébergés contre son gré à la résidence familiale, la jeune femme volontaire et déterminée refuse de se laisser amadouer. Car c’est bien en se joignant à cette armée maudite que son jeune frère a perdu la vie… Parmi les invités, le capitaine James Walker, dont le flegme et l’arrogance cachent tant bien que mal un passé tourmenté qui intrigue la jeune femme tout autant qu’il l’irrite.
Forcée d’épouser un homme qui la répugne, Aurélie choisit la fuite, sans se douter qu’à Boston, où elle croit trouver refuge, gronde une guerre qui n’est pas la sienne et qui la mènera dans des situations encore plus périlleuses que celles qu’elle a fuies avec tant de ferveur. Les retrouvailles fortuites et salvatrices avec le capitaine Walker lui feront-elles entrevoir un aspect du jeune militaire qu’elle refusait obstinément d’envisager ? Se révélera-t-il, malgré les mauvaises intentions qu’elle lui porte, l’instrument de sa survie ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Guy Saint-Jean pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Québec, 1775. Aurélie, jeune femme issue d’une famille aisée et à l’abri du besoin vit dans l’insouciance. Son quotidien va pourtant se retrouver totalement chamboulé lorsque sa famille va devoir héberger des officiers anglais. Or, Aurélie voit cela d’un très mauvais œil, n’oubliant pas que justement, c’est à cause de cette armée que son frère a perdu la vie. Pourtant, l’officier Walker, qui fait partie de ses hôtes, lui fera remettre en question tous ses préjugés. Obligée à fuir, et se retrouvant à Boston, elle y rencontrera à nouveau le jeune Walker.

Je ressors tout simplement subjuguée de ce roman qui m’a semblé être particulièrement maîtrisé, du début à la fin. J’aime beaucoup me plonger de temps à autre dans des récits au fort contexte historique et si en plus l’héroïne est charismatique et qu’une belle romance se profile à l’horizon, je suis forcément preneuse. Et bien, force m’est de constater qu’ici, j’ai retrouvé tous ces ingrédients et même bien plus encore que je n’en attendais.

Sous une intrigue maîtrisée à la perfection, Stéphanie Martin va dérouler une saga somptueuse et immersive au possible. Dès les premières pages, j’ai été conquise et c’est chose rare. Je savais en ne lisant que le début que ce roman allait me plaire et je ne me suis pas trompée.

Forcément, le point fort de ce récit est indubitablement l’héroïne, Aurélie. J’ai été subjuguée par cette femme charismatique, forte mais sensible à la fois, et surtout incroyablement inspirante. L’auteure n’en a pas fait un personnage fade, ou trop parfait, et c’est vraiment appréciable de retrouver cela dans ce genre littéraire. Je me suis vraiment attachée à Aurélie, et j’ai ressenti une empathie grandissante pour elle. J’ai eu parfois peur des choix qu’elle prenait et j’avais envie de l’aider à suivre la bonne voie. C’est un personnage marquant.

Autour d’Aurélie, il y a également l’officier Walker qui gravite. Ce personnage est empli de secrets et l’on devine une grande sensibilité sous ses airs parfois un peu rudes. Je l’ai trouvé également très bien dépeint et l’auteure a su réussir à retranscrire son caractère pas toujours facile à cerner.

Si les personnages m’ont séduite, il est vrai, il faut pourtant bien dire que ce n’est pas la seule vertu du roman. L’auteure a ancré son intrigue dans un fort contexte historique, telle que l’occupation anglaise à Québec. J’en ai énormément appris. Et il faut mettre en avant le grand travail de recherches qu’a sans doute effectué Stéphanie Martin pour pouvoir coller au plus près de la réalité. Beaucoup de détails sont donnés. L’auteure a su allier la petite histoire à la grande Histoire avec brio. J’ai été captivée.

La plume de l’auteure est tout en douceur et vraiment addictive. C’est tout de même un petit pavé que nous propose ici Stéphanie et pourtant, je n’ai pas vu défiler les pages. J’ai été prise dans le récit et je ne voulais plus quitter ces personnages. Quand je pense que c’est un premier tome, j’en suis forcément heureuse, puisque cela laisse présager une suite tout aussi intéressante.

Un roman servi par une héroïne incroyablement charismatique et inspirante, le tout sous un fort contexte historique. L’auteure a déroulé une intrigue sans fausses notes, et elle a su me captiver du début à la fin. C’est de toute beauté et c’est à découvrir sans hésitation.

Ma note : 18/20

Contemporain

L’île d’elles – Rentrée littéraire

L’île d’elles de Romuald Giulivo

  • Auteur : Romuald Giulivo
  • Titre : L’île d’elles
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Anne Carrière
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 10 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Sous la lumière brûlante d’une île volcanique en Méditerranée, trois jeunes gens font le difficile apprentissage de la vie. Nanni, garçon indolent, qui vit dans le souvenir de son père et de ses fantasmes pour une célèbre pianiste dont il attend fébrilement la visite. Ugo, écorché vif, qui rêve de fuir loin des petits trafics, mais qu’une ardeur irraisonnée pour la mère de son meilleur ami retient. Et il y a Sofia, qui se tait, qui observe.
Sofia sait bien que les deux garçons resteront la plus grande émotion de sa vie.
Grandir, aimer ou devenir adulte, c’est comme se jeter à l’eau. Au départ, on se sent renaître. On remonte à la surface et l’on respire à pleins poumons, on s’écarte du rivage jusqu’à ne plus avoir pied et l’on se sent enfin libre. Puis viennent les premières vagues, les premiers courants. Alors on découvre que la mer est plus agitée qu’il n’y paraissait depuis la plage. Et aussi que l’on ne sait pas vraiment nager…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Anne Carrière pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.


Une île de la Méditerranée. Le lecteur va suivre le quotidien de trois jeunes gens qui grandissent, chacun à leur manière. Il y a Nanni, qui vit comme il peut l’absence de son père et qui revit au travers de la fascination pour une grande pianiste adulée par ce père qui lui manque et admirée à son tour par le jeune homme. Il y a Ugo, qui lui tente de survivre tant bien que mal à force de magouilles et dont la mère de Nanni exerce un magnétisme certain sur lui. Et finalement, il y a Sofia qui est plutôt effacée.

Quel roman étrange, je dois bien l’avouer. J’ai été en immersion totale pendant toute cette lecture et ce récit allie luminosité et noirceur comme nul autre. L’auteur a parfaitement maîtrisé son récit et l’on en ressort sonné, en se sentant presque prisonnier de cette île volcanique de la Méditerranée.

C’est un très beau postulat de départ que va ici proposer Romuald Giulivo. Au travers de trois jeunes très différents les uns des autres, il va narrer les apprentissages que tout un chacun fait au sortir de l’adolescence et qui préparent à la vie adulte. C’est fait de manière très sensible. Et si le décor se prêtait à un récit lumineux et sans embûches, là où Romuald fait fort, c’est qu’il n’hésite pas à mettre en exergue la part de noirceur. Tout ne sera pas facile pour ces trois personnages.

Il est vrai que ce roman est plutôt centré sur Nanni, mais pour ma part, c’est Ugo qui m’a particulièrement touchée. Je me suis demandée comment il allait réussir à s’en sortir, puisqu’il survit à force d’entourloupes. J’ai trouvé le personnage de Sofia très mystérieux, et c’est mon seul bémol, finalement. J’aurais tant apprécié que Romuald lui consacre davantage de pages, que l’on puisse explorer ce personnage plus en profondeur.

La plume de l’auteur est de toute beauté. Avec un style très visuel et immersif au possible, j’avais l’impression d’être moi aussi dans ce décor somptueux et je me suis laissée porter par l’indolence qui émanait de cette île. Romuald réussit à immerger le lecteur, et ce, grâce à la justesse et à l’emploi judicieux de ses mots.

Une très belle lecture, où l’auteur nous propose un décor idyllique, mais où la part sombre aura toute son ampleur également. Les personnages sont forts, et je me suis beaucoup attachée à eux. Un roman que l’on peut aisément qualifier d’initiatique. À découvrir.

Ma note : 17/20

Policier

L’année du gel – Rentrée littéraire

L’année du gel d’Agathe Portail

  • Auteur : Agathe Portail
  • Titre : L’année du gel
  • Genre : Policier
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 416
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le crime s’invite dans un château du Bordelais.

Été 2017. Après un épisode de gel qui a dévasté ses vignes, Bernard Mazet se range à l’idée de sa femme d’ouvrir des chambres d’hôtes pour sauver la propriété familiale de Haut Méac. Le château affiche complet avec la venue d’un groupe de trentenaires pour une semaine. La fantasque Olivia, Vincent, le célibataire volage, Clara, si discrète, et leurs deux couples d’amis semblent heureux de se retrouver. Mais dans la chaleur écrasante, les esprits s’échauffent et les drames personnels refont surface.
À l’aube du quatrième jour, un cadavre est découvert dans la chambre froide du château. Le major Dambérailh, chef de la brigade locale, est chargé de l’affaire. Tandis que les conflits d’intérêt émergent au sein de son équipe, sa tante Daphné, vieille fille loufoque, s’invite dans l’enquête. Il faudra exhumer bien des secrets honteux ou douloureux pour que la lumière se fasse.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Haut Méac, 2017. Bernard Mazet, vigneron, subit une année néfaste au niveau de sa récolte, pour cause de gel. C’est alors qu’il va se décider aux côtés de sa femme Alexane d’ouvrir des chambres d’hôtes sur leur propriété. Ils accueilleront une bande de jeunes amis aux caractères très particulier chacun. Quelques jours plus tard, un cadavre sera retrouvé dans la chambre froide de la propriété. Que s’est-il donc passé ?

Quelle belle découverte que ce roman du terroir à la mécanique très classique mais pourtant très bien huilée. Pas de fausses notes dans ce récit qui m’a captivée du début à la fin. J’ai trouvé que l’auteure maîtrisait parfaitement son affaire.

S’il est vrai que le tout reste très classique et que l’on est face à un roman policier empreint de simplicité, celui-ci apporte tout de même un petit plus, notamment grâce à ses personnages et à l’alliage totalement réussi entre enquête et vignobles.

L’auteure a su ménager son suspense. Il est vrai que le temps d’installer son décor peut paraître long, mais il est malgré tout nécessaire pour nous présenter au mieux les divers personnages et les divers caractères. Le lecteur se rendra vite compte que chacun a son petit secret et les révélations fusent peu à peu. Personnellement, je n’ai rien vu venir.

Je me suis fortement attachée à cette bande de jeunes et j’ai soupçonné tout le monde, à vrai dire, tant l’auteure m’a baladée dans les mystères que chacun cache. Malgré tout, j’ai parfois retrouvé une espèce de côté caricatural des caractères. Ils m’a semblé que par moments, les caractères étaient quelque peu exacerbés.

La plume de l’auteure est addictive, incontestablement. C’est très fluide. J’aurais peut-être apprécié des chapitres un peu plus courts ou égaux entre eux, caractéristique qui se prête davantage à ce genre littéraire. Néanmoins, c’est une franche réussite et je me suis laissée entraîner.

Un roman qui allie terroir et enquête, avec sa part de mystères, de secrets et de révélations inattendues. L’auteure maîtrise son récit, et même si le tout suit un schéma assez classique, cela n’en reste pas moins prenant. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

La belle Hélène – Rentrée littéraire

La belle Hélène de Pascale Roze

  • Auteur : Pascale Roze
  • Titre : La belle Hélène
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La lecture enrichit la vie comme la vie enrichit la lecture, c’est à cet art de lire qu’Hélène Bourguignon exerce ses étudiants de Sciences-po. Lire pour découvrir les expériences fondamentales à travers Buzzati, Tchékov, Reza.

Chaque cours est un défi recommencé, d’une semaine à l’autre il se passe toujours quelque chose. Un souvenir, une émotion, une réaction et tout déraille dans la vie si organisée d’Hélène Bourguignon. Elle a perdu son mari, mais elle n’a perdu ni sa sensibilité ni sa fantaisie. Lorsqu’elle répond aux questions de ses étudiants, lorsqu’elle accepte une invitation à dîner, le présent est là, dans son intensité.

Et cette joie de vivre chaque instant pleinement devient communicative. Bientôt le lecteur aimerait croiser cette femme, marchant boulevard Pereire, ou bouquinant dans le transat du jardin de son immeuble, car elle est libre. Elle est libre d’entendre ce qu’un personnage de Tchekhov éprouve, comme elle est libre d’écouter les propositions d’un homme. Et de croire à un nouveau départ.

Un roman tour à tour émouvant, cocasse, et intime. Pascale Roze suit le regard de cette femme solitaire et lumineuse pour évoquer des lieux, Paris, la Bourgogne, la Corse ; jusqu’au final, qui esquisse la possibilité d’une seconde jeunesse.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Hélène, une femme d’âge mûr, est professeure de lettres pour des élèves de Sciences-po. Elle va tâcher d’enseigner le pouvoir des mots et à quel point ces derniers peuvent enrichir le quotidien de tout un chacun dans la vie de tous les jours. Au travers des récits de Buzzati, de Tchekhov et de Reza, elle inculquera à ses élèves son amour pour la lecture.

Je ressors totalement conquise de ce court roman mais empli d’une profondeur et d’une sensibilité rare. J’ai suivi avec intérêt les cours de cette femme et constaté l’évolution interne qu’elle subira, sa transformation personnelle et ses accomplissements.

Je suis séduite par le postulat de départ de l’auteure, par cet axiome qu’elle mettra en exergue. La lecture enrichit indubitablement les personnes, et le fait de transposer au quotidien les situations littéraires auxquelles seront confrontés ses élèves est à mon avis une totale réussite. Pascale Roze m’a tout simplement donné envie de redécouvrir ces grands auteurs classiques et de lire leurs nouvelles, mentionnées pendant toute l’année scolaire par Hélène.

Outre le fait que je me suis presque sentie privilégiée de pouvoir assister en tant que spectatrice aux cours qu’elle donne, j’ai également fortement apprécié de voir une évolution dans sa vie personnelle. Au travers des mots, Hélène se raconte, s’affirme, apprend à lâcher prise. Il y a une réelle évolution psychologique de ce personnage remarquablement dépeint. C’est fait avec une sensibilité inouïe et une justesse rare.

Pascale Roze réussit à mélanger littérature et situations du quotidien avec brio. Au travers de son personnage principal, Hélène, l’auteure réussit le tour de force de faire ressortir une morale à chaque texte étudié. C’est vraiment intéressant.

La plume de l’auteure est tout en douceur. On sent que Pascale Roze a cet amour des mots, et cela transparaît tout au fil des pages. Elle les choisit avec justesse, finesse. Le tout est d’une grande fluidité, et malgré le ton intimiste du roman, c’est un récit qui touche son lecteur et qui le fait devenir le confident d’Hélène et de ses doutes, ses peurs.

Un roman où le pouvoir de la littérature qui enrichit a toute sa place. C’est abordé avec une infinie sensibilité et beaucoup de justesse, au travers d’un personnage féminin qui se livre littéralement à son lecteur et qui réussira à se libérer grâce aux mots. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain

Tout ce qu’elle croit – Rentrée littéraire

Tout ce qu’elle croit d’Anne Lauricella

  • Auteur : Anne Lauricella
  • Titre : Tout ce qu’elle croit
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 6 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une famille heureuse, et même parfaite. Une petite fille et son père idéal, fusionnel, dont elle recherche sans cesse l’amour.À la fin de l’adolescence, la jeune fille prend soudain conscience que l’emprise du père menace jusqu’à sa vie même. Une fois l’enfance dévastée, que reste-t-il ? La joie de devenir soi-même, mais les obstacles seront nombreux. Avant cela, il lui faudra réapprendre à vivre, puis vider des tiroirs, trier quelques jouets, pour enfin parvenir à exhumer des souvenirs : de ceux que l’on peut toujours garder avec soi.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

C’est l’histoire d’une petite fille qui croit que la tyrannie sans bornes de son père est normale. C’est l’histoire d’une adolescente qui ne croit pas que sa famille est atypique. C’est l’histoire d’une femme qui croît, grandit, et finit par se libérer du carcan de sa sphère familiale. Tout un long processus sera nécessaire pour arriver à ce résultat, et ce chemin se fera non sans peine.

Quel roman particulier. Je dois absolument vous prévenir d’avance. En ouvrant ce livre, vous allez vous apprêter à faire une expérience de lecture comme nulle autre. Le schéma narratif est tout simplement atypique. Je n’ai pas encore croisé la route d’un roman écrit de cette manière.

Anne Lauricella va réellement nous livrer littéralement un inventaire d’actions, de pensées et de questionnements qui vont peu à peu s’assembler et former le tout de l’intrigue. Je vais être honnête, je n’ai pas toujours adhéré à cette manière de procéder. C’était presque lassant par moments et c’est dommage. L’auteure a usé de cette originalité, mais elle a fini par émousser l’effet de surprise initial. J’ai fini par être blasée par le style particulier.

Et pourtant, l’histoire de cette femme, dont on ignore le prénom, est forte et abordée avec beaucoup de dimension psychologique par l’auteure. Ce personnage féminin est marquant, ne laisse pas indifférent. Je n’ai pu ressentir qu’empathie et tristesse envers sa situation et cette emprise qu’a sur elle sa famille.

Anne Lauricella explore les diverses phases qui vont peu à peu mener à la reconstruction de cette femme, que ce soit au travers d’amours sincères, ou grâce à un énorme travail sur elle-même. L’auteure ne tombe jamais dans le pathos, mais de par la narration, j’ai eu parfois du mal à ne pas rester en retrait, et c’est dommage.

La plume de l’auteure est fluide. Au risque de me répéter, attendez-vous à un texte très particulier au niveau de la narration. J’ai la sensation qu’Anne Lauricella s’est compliquée la tâche et a prit de gros risques. Je pense qu’ici il n’y a pas de demi-mesure, soit on accroche dès le départ, soit on s’en lasse, et cela a été malheureusement mon cas.

Un roman très profond, servi par une héroïne forte, mais un schéma narratif des plus particuliers et avec lequel j’ai eu beaucoup de mal, finissant par m’en lasser. C’est très particulier à lire, et ce qui est certain, c’est que cela est d’une grande originalité.

Ma note : 14/20

Contemporain

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins – Rentrée littéraire

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins d’Alejandro Palomas

  • Auteur : Alejandro Palomas
  • Titre : Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins
  • Genre : Contemporain
  • Editions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

C’est l’histoire d’un petit garçon débordant d’imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins. L’histoire d’un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère. D’une institutrice qui s’inquiète confusément pour l’un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves. D’une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l’air d’aller beaucoup trop bien. Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Guille est un petit garçon de neuf ans pas comme les autres. Lorsqu’un jour, sa maîtresse d’école Sonia demande à toute la classe ce qu’ils aimeraient faire quand ils seront plus grands, Guille n’hésite pas une seconde. Il veut être Mary Poppins. De fil en aiguille, Sonia se rend compte que Guille cache des blessures. Ce petit garçon habite seulement avec son papa, et la maîtresse décidera alors de le convoquer, pour lui proposer de diriger Guille vers l’orientatrice de l’établissement scolaire.

Je n’ai pas de mots pour vous décrire l’énorme coup de cœur que j’ai eu à la lecture de ce conte moderne. L’auteur a su m’immerger totalement dans une bulle de douceur et de sensibilité, et je n’avais aucune envie de quitter les personnages. Et pourtant, Alejandro Palomas part d’un postulat de départ des plus simples, et le mystère est très léger, puisque d’emblée, je me suis doutée de quoi il s’agissait.

Ce roman ne se lit pas pour le suspense. Ce roman se lit plutôt comme une fable emplie de sensibilité, de bienveillance et une véritable parenthèse de douceur. L’auteur va aborder plusieurs thématiques et il le fera au travers de personnages attachants, forts, et remarquablement construits.

J’ai tout simplement été bouleversée par Guille. Ce petit garçon sensible et rêveur va porter l’histoire à bout de bras. Certes, les personnages secondaires ne sont pas en reste, mais tout restera axé sur Guille. Si j’avais deviné une bonne partie de l’intrigue, je n’ai pu m’empêcher d’être profondément émue et bouleversée à la lecture du dénouement.

La plume de l’auteur est tout en douceur, et les pages défilent sans même s’en rendre compte. Que de douceur et de sensibilité qui émanent des mots choisis avec justesse par Alejandro Palomas. J’ai totalement adhéré au schéma narratif, donnant la parole à tour de rôle aux différents protagonistes de l’intrigue.

Un conte moderne qui offrira à son lecteur une parenthèse de douceur, l’immergeant dans une bulle emplie de sensibilité et de tendresse. Je n’ai pas de mots pour décrire le carrousel d’émotions ressenti lors de cette lecture. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 19/20

Contemporain

Chloé des loups

Chloé des loups d’Alexandra Ughetto

  • Auteur : Alexandra Ughetto
  • Titre : Chloé des loups
  • Genre : Contemporaine
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 425
  • Parution : 17 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Brise d’abord tes chaînes si tu veux choisir ta vie !

Chloé, tu es l’ultime descendante de l’ultraviolente lignée des loups, et tu es destinée à devenir une guerrière.
Mais tu refuses cet héritage d’angoisses et de colère.
Heureusement, pour t’aider, il y a Annabelle, ton amie, qui dissipe tes craintes d’un éclat de rire. C’est elle qui te pousse à explorer ton coeur et le monde autour de toi. Cela t’encourage à écrire dans ton carnet tes pensées lumineuses…
Dès lors, tout change pour toi. Tu apprends à maîtriser tes émotions et à conquérir ta puissance intérieure.
C’est à cette condition que tu seras libre.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Chloé, ultime descendante d’une lignée de loups, n’est pas prête à accepter cet héritage. Elle va se rebeller contre ce destin tout tracé et pour cela, elle pourra compter sur l’aide de son amie Annabelle. Chloé va donc devoir se trouver elle-même, apprendre à s’affirmer et à contrôler ses émotions pour ainsi retrouver enfin sa liberté.

Quel roman étrange. C’est une expérience de lecture qui ne ressemble à nulle autre. Il faut avouer que j’ai eu beaucoup de mal au début, et finalement, lorsque j’ai accepté de voir dans ce roman une grande part de développement personnel, cela s’est beaucoup mieux passé.

Je n’avais jamais croisé la route d’un roman qui mêlait le côté romancé au côté développement personnel. Sans être une mauvaise idée, j’avoue que parfois je n’ai pas forcément trouvé ce choix judicieux. D’autant plus que je me suis perdue à maintes reprises dans ce que proposait l’auteure. Je ne sais pas si cela vient du fait que j’étais hermétique à la manière de faire d’Alexandra, mais cette lecture s’est révélée par moments fastidieuse.

Et pourtant, j’ai tout de même apprécié le message que fait passer Alexandra au travers de son personnage principal. Elle va nous décrire tous les processus qui vont amener Chloé à se rebeller et à s’affirmer. J’ai beaucoup aimé l’idée du carnet de pensées lumineuses de Chloé. Ce n’est donc pas une totale déconvenue pour ma part. C’est juste trop particulier à lire.

La plume de l’auteure est assez fluide, mais ce sont peut-être parfois les propos qui ne le sont pas, et qui rendent par conséquent la lecture peu évidente. C’est souvent laborieux et parfois, j’ai eu un sentiment d’incompréhension. Malgré tout, les pages défilent.

Une lecture qui mêlera côté romancé et développement personnel. Si c’est très original, je ressors malgré tout assez mitigée de cette lecture particulière.

Ma note 14/20

Science-fiction

Allégeance

Allégeance de Megan Devos

  • Auteur : Megan Devos
  • Titre : Allégeance
  • Genre : Science-fiction
  • Editions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 340
  • Parution : 15 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans un monde où règne l’anarchie, la loyauté envers son camp est devenue primordiale à la survie, laissant peu de place aux sentiments. Difficile dans ces conditions pour Hayden et Grace de gérer leur relation naissante. Car en préférant rester à Blackwing auprès de Hayden plutôt que retourner chez elle, Grace a tiré un trait sur les siens. Si le choix a été difficile, elle sait qu’elle doit désormais l’assumer.
Quant à Hayden, il se trouve tiraillé entre ses responsabilités et ses attaches personnelles. En tant que jeune chef du clan Blackwing, il lui incombe de répondre aux demandes de la communauté. Saura-t-il protéger les siens de leurs violents rivaux ? Peuvent-ils encore s’en remettre à lui pour prendre les bonnes décisions ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Voici le deuxième tome de la saga dystopique de Megan Devos. Si cela faisait un bon moment que j’en avais découvert le premier tome, je ne me suis pas du tout retrouvée dépaysée, puisque l’auteure reprend là où elle s’était arrêtée. Je ne ferai pas de résumé sous peine de vous spoiler des éléments importants que je ne trouverai dommage de vous révéler, pour le cas où vous n’auriez pas découvert le premier tome.

Si j’avais trouvé que le premier tome servait principalement à poser les bases, il m’a semblé que celui-ci se concentrait davantage sur la psychologie des personnages et sur la part forte de romance entre Hayden et Grace, qui ont malgré tout bien du mal à laisser leurs émotions et leurs sentiments parler.

Ce deuxième tome m’a paru parfois quelque peu laborieux, mais j’avoue avoir passé un excellent moment de lecture. C’est plus monotone puisque l’auteure va se concentrer sur le quotidien à Blackwing. Le monde est parfois un peu complexe, et je n’aurais pas été contre plus d’explications de la part de l’auteure.

Les personnages sont le point fort de cette dystopie particulière. J’ai fortement apprécié suivre l’évolution de Hayden et de Grace. Je les ai trouvés très bien conçus et forts. Mais il ne faut pas oublier les personnages secondaires qui ne sont pas en reste.

La plume de l’auteure est identique au premier tome. Dans un style totalement addictif, elle déroule une intrigue prenante. J’ai fortement accroché à la manière d’écrire de Megan Devos. Les chapitres sont très rythmés.

Un deuxième tome davantage axé sur Hayden et Grace. C’est toujours aussi plaisant à lire et très addictif. Le monde est complexe et je n’aurais pas été contre quelques explications plus poussées de la part de l’auteure. Malgré tout, une très bonne lecture.

Ma note : 16/20

Historique

La femme révélée – Rentrée littéraire

La femme révélée de Gaëlle Nohant

  • Auteur : Gaëlle Nohant
  • Titre : La femme révélée
  • Genre : Historique
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 384
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. Elle a abandonné brusquement une vie dorée à Chicago, un mari fortuné et un enfant chéri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit garçon. Pourquoi la jeune femme s’est-elle enfuie au risque de tout perdre ?
Vite dépouillée de toutes ressources, désorientée, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se réinventer. Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d’enfants et part à la découverte d’un Paris où la grisaille de l’après-guerre s’éclaire d’un désir de vie retrouvé, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l’humanité des humbles et des invisibles.
Dans cette vie précaire et encombrée de secrets, elle se découvre des forces et une liberté nouvelle, tisse des amitiés profondes et se laisse traverser par le souffle d’une passion amoureuse.
Mais comment vivre traquée, déchirée par le manque de son fils et la douleur de l’exil ? Comment apaiser les terreurs qui l’ont poussée à fuir son pays et les siens ? Et comment, surtout, se pardonner d’être partie ?
Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir à Chicago. Elle retrouve une ville chauffée à blanc par le mouvement des droits civiques, l’opposition à la guerre du Vietnam et l’assassinat de Martin Luther King. Partie à la recherche de son fils, elle est entraînée au plus près des émeutes qui font rage au cœur de la cité. Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec détermination son destin, quels que soient les sacrifices.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris, années 50. Eliza, une jeune femme qui a changé d’identité, se cache après avoir quitté mari et enfant qu’elle a laissés aux États-Unis. Désormais, elle s’appellera Violet, et son appareil photo Rolleiflex ne la quittera plus lors de son exil. Qu’a donc fui Violet ? Ce n’est qu’en 1968 qu’elle pourra enfin retourner à Chicago rechercher son fils. Elle y retrouvera une ville en pleine émeute suite aux divers événements historiques.

Si j’ai beaucoup aimé ce roman, c’est principalement dû à son héroïne. Par contre, je dois avouer qu’en ce qui concerne la narration, je n’ai pas réussi à rentrer totalement dans l’histoire que nous propose ici Gaëlle Nohant. En effet, il m’a semblé que cette intrigue était trop lente à bien des égards.

Violet va devoir se reconstruire dans une ville qu’elle ne connaît pas, et surtout apprendre à surpasser le manque de son fils. L’auteure a su créer un personnage aux très belles valeurs et incroyablement touchante et inspirante. J’ai ressenti beaucp d’admiration pour elle, pour sa manière de se battre pour s’en sortir.

Gaëlle Nohant a su réussir un beau mariage entre côté romance et grande Histoire. Divers faits marquants de l’Histoire seront ainsi abordés et parfaitement intégrés au récit. J’ai beaucoup aimé me promener dans ce Paris des années 50, et me retrouver ensuite dans les États-Unis de la fin des années 60.

Ce qui m’a posé problème, c’est la lenteur avec laquelle se déroule cette première partie du roman, juste avant que Violet ne retourne à Chicago. J’ai parfois l’impression que Gaëlle Nohant n’a pas su avancer dans son intrigue et qu’elle s’est parfois embourbée. C’est vraiment la seule chose que je reproche à ce beau roman. J’en suis d’ailleurs très déçue, parce que cela a parfois freiné mes émotions pendant la lecture.

La plume de l’auteure est très belle. C’est une découverte pour ma part, et nul doute que je lirai d’autres romans de Gaëlle Nohant. Elle a un réel talent de conteuse et son style est poétique. Les chapitres sont de taille moyenne.

Une belle lecture, servie par une héroïne touchante et inspirante. J’ai malgré tout ressenti des longueurs en première partie du roman, ce qui m’a freinée pour être en mesure d’apprécier pleinement cette lecture.

Ma note : 14/20

Contemporain

Les corps conjugaux – Rentrée littéraire

Les corps conjugaux de Sophie de Baere

  • Auteur : Sophie de Baere
  • Titre : Les corps conjugaux
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 336
  • Parution : 22 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Fille d’immigrés italiens, Alice Callandri consacre son enfance et son adolescence à prendre la pose pour des catalogues publicitaires et à défiler lors de concours de beauté. Mais, à dix-huit ans, elle part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans ?

Portrait de femme bouleversant, histoire d’un amour fou, secrets d’une famille de province : ce texte fort et poétique questionne l’un des plus grands tabous et notre part d’humanité.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alice, fille d’immigrés italiens, vit avec sa mère, son frère et sa sœur, depuis que son père les a abandonnés. La mère d’Alice va alors transposer tous ses espoirs sur elle, en voulant en faire une effigie de la mode. Alice décidera de reprendre sa vie en main, et s’échapper loin de sa famille. Elle fera la rencontre de Jean, et entre eux naîtra un amour fort et incandescent, jusqu’au cataclysme.

Il est difficile de vous donner un aperçu de ce récit sans vous spoiler les événements qui vont en découler, mais je peux vous dire que ce roman a été un véritable coup de cœur pour ma part. Sophie de Baere a réussi à tisser une intrigue qui fera passer son lecteur par une palette d’émotions fortes et diverses.

Pourtant, avec un début plutôt déroutant et classique, je dois bien avouer avoir été loin d’imaginer à quel point ce roman allait me bouleverser. Sophie de Baere égrène une relation mère-fille particulière et douloureuse, et j’ai pensé que tout le roman tournerait autour de ce point. Il n’en est rien. C’est vraiment l’histoire d’amour entre Jean et Alice qui sera le point d’orgue, et ce, jusqu’à la révélation terrible vers le quart du livre. Une révélation qui fait mal, qui bouleverse et qui remet tout en question.

Dès lors, Sophie de Baere va nous brosser un personnage féminin fort et prête à tout pour protéger les siens, même si ses décisions ne sont pas forcément judicieuses. J’ai eu tant de peine pour Alice qui verra son monde bouleversé à cause de cette révélation.

J’ai suivi cette histoire avec un sentiment de mal-être constant, tant j’avais envie que ces personnages trouvent une solution pour se reconstruire. L’auteure a abordé une thématique très délicate ici, et elle a réussi à trouver les mots justes.

La plume de l’auteure est poétique. C’est une écriture fluide mais recherchée que nous propose ici Sophie de Baere. J’y ai retrouvé caractère et élégance dans le style. Les mots sont choisis avec soin et l’auteure fait beaucoup appel aux métaphores. Les chapitres sont courts, cela donne un rythme soutenu à l’intrigue, et il est très difficile d’arrêter la lecture.

L’auteure va nous narrer un amour soumis à des épreuves terribles, sous une écriture poétique et juste. Les personnages sont forts, et je suis passée par une palette d’émotions. Un roman qui m’aura bouleversée. À découvrir.

Ma note : 18/20

Romance

Qui m’aime me le dise !

Qui m’aime me le dise ! de Sophia Peignot

  • Auteur : Sophia Peignot
  • Titre : Qui m’aime me le dise !
  • Genre : Romance
  • Éditions : Harlequin
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

Pas besoin d’aller au bout du monde pour trouver l’amour. Enfin… pas toujours.

Partir en voyage du jour au lendemain à l’autre bout du monde ? Ça ne ressemble pas du tout à Céleste, casanière et raisonnable au possible. Pourtant, elle vient de le faire ! Et tout ça pour se lancer dans un prétendu jeu de piste censé la mener jusqu’à son grand-père biologique. Avec comme compagnons de voyage Herbert, un ami de sa grand-mère appartenant à la catégorie des papys râleurs insupportables, et Gaspard, un infirmier du Jardin des Magnolias, beaucoup, beaucoup plus charmant, le voyage promet d’être explosif. Céleste ne sait pas si elle trouvera ce qu’elle est venue chercher, mais une chose est sûre : sa vie va changer !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Harlequin pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Céleste est une jeune femme craintive et qui aime avoir tout sous contrôle. Elle tient une pâtisserie, ouverte grâce à ses compétences. Cela ne lui donne pas beaucoup de temps pour sortir, ni faire de rencontres. Pourtant, cela va changer le jour où sa mère lui annonce le décès de sa grand-tante Oscarine. À l’enterrement, elle va y faire la rencontre de Herbert, un vieux monsieur qui est un ami d’Oscarine, et qui va l’informer qu’en fait, cette dernière était en réalité la grand-mère de Céleste. Il va alors s’ensuivre un périple au travers des États-Unis pour retrouver le grand-père biologique de la jeune fille.

Ce roman a été un coup de cœur à tous les niveaux. J’aime beaucoup lire des romans feel-good de temps à autre, et celui-ci sort incontestablement du lot. J’y ai retrouvé tous les codes du genre littéraire et l’auteure a su maîtriser son intrigue.

J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui se savoure comme une sucrerie et qui met de bonne humeur instantanément. Beaucoup de rebondissements sont venus parsemer une intrigue riche en émotions. J’ai énormément ri, mais j’ai aussi été profondément émue. L’auteure a su manier son suspense jusqu’au dénouement.

Le point fort de ce livre, ce sont ses personnages. Je les ai trouvés remarquablement conçus et très attachants. Herbert m’a fait tellement rire, avec son caractère bougon. J’ai beaucoup accroché au personnage de Céleste aussi, que j’ai trouvée touchante et imparfaite, ce qui lui donne beaucoup de crédibilité.

Je dois avouer être passée par un carrousel d’émotions. L’auteure a su les retransmettre à la perfection, sans trop en faire et en rendant cette histoire crédible et belle. J’ai été profondément touchée par l’évolution des liens entre Céleste et Herbert.

La plume de l’auteure est vraiment addictive. Une fois commencée, la lecture devient très difficile à stopper. J’ai été conquise par son idée d’intituler chaque chapitre avec une citation que l’on allait retrouver au cours de la lecture de ces derniers.

Ce roman est un véritable concentré de bonne humeur et se dévore comme un bonbon au goût d’évasion et de dépaysement, le tout aux côtés de deux personnages émouvants et touchants. À lire sans hésitation.

Ma note : 19/20

Contemporain

Écorces – Rentrée littéraire

Écorces de Hajar Bali

  • Auteur : Hajar Bali
  • Titre : Écorces
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 9 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Nour, 23 ans, étudiant en mathématiques, vit avec son arrière-grand-mère, Baya, sa grand-mère, Fatima, et sa mère, Meriem, dans un minuscule appartement d’Alger. Baya, 95 ans, née pendant la colonisation, est une femme courage qui a bravé les interdits et les mœurs de son temps. Jour après jour, elle transmet la mémoire de la famille à Nour. Élevé dans ce gynécée étouffant, celui-ci s’ouvre au monde et à l’amour, qu’il trouve en Mouna, jeune femme à l’« inquiétante étrangeté ». Pourquoi le trouble-t-elle autant ? Est-elle celle qu’elle prétend être ? À son insu, Nour va se retrouver au cœur d’une incroyable vengeance familiale reposant sur des secrets que Baya avait bien gardés.

Dans ce premier roman qui déjoue les codes de la saga familiale avec ampleur et modernité, Hajar Bali entrecroise les destins de ses personnages et les moments clés de l’histoire de l’Algérie du xxe siècle, explorant avec force et délicatesse la question de l’indicible. Ou comment rendre compte de l’humain, de sa complexité, de ses paradoxes, au-delà du langage et de ses axiomes, dans ce qui ne peut être nommé.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Algérie. Baya, Fatima et Meriem vivent ensemble sous un schéma matriarcal particulier. Ensemble, elles sont aux petits soins pour Nour. Ce dernier est l’arrière-petit-fils de Baya, le petit-fils de Fatima et le fils de Meriem. C’est une longue saga familiale aux multiples rebondissements qui ont permis ce cas de figure. C’est ce que l’on va découvrir tout au fil des pages.

J’avoue avoir fortement apprécié cette lecture mais être finalement ressortie un peu déçue, pressentant un coup de cœur arriver mais qui ne s’est jamais produit. Pourtant, dès les premières pages, l’auteure a su m’embarquer dans cette famille des plus intéressantes sous plusieurs points.

J’ai beaucoup apprécié d’y trouver un schéma matriarcal. Pour nous expliquer comment les protagonistes en sont arrivées là, l’auteure va égrener leurs passés respectifs et c’est vraiment intéressant. J’aime énormément ces romans qui nous ramènent en arrière dans le temps et qui mélangent habilement plusieurs époques.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est le contexte historique dans lequel l’auteure décide de poser son intrigue. En effet, l’indépendance de l’Algérie sera ici abordée. Elle a su mêler habilement la petite histoire à la grande et ce n’est jamais lourd, puisqu’elle a su doser le tout.

Les personnages sont remarquablement construits. Ces femmes fortes m’ont subjuguée et voir Nour au milieu m’a énormément touchée. L’auteure a su rendre les personnages attachants et elle les a brossés de manière parfaite.

Mais malheureusement, j’ai trouvé un énorme bémol à mes yeux dans ce roman. Il n’y a aucun fil rouge, en fait. Au début, j’ai pensé que ce serait sur l’histoire de Baya que l’auteure allait se focaliser. Il n’en est rien. Cela part un peu dans tous les sens et il n’y a pas de réelle unité. Beaucoup de changements d’époque et de personnages sur lesquels se concentrait le fond de l’intrigue ont créé une impression de dispersion constante.

La plume de l’auteure est douce et très fluide. Même si parfois, trop de réflexions philosophiques viennent parsemer ce texte, je n’ai pas trouvé de lourdeurs. Les changements d’époque sont bien indiqués au début de chaque chapitre, et c’est appréciable.

Un très beau roman, avec pour toile de fond un contexte historique très intéressant. Cependant, j’aurais aimé plus d’unité et surtout, un fil rouge. Il me semblait que cela partait un peu dans tous les sens, parfois. Malgré tout, il s’agit indubitablement d’un roman à découvrir.

Ma note : 16/20

Contemporain

Les fluides – Rentrée littéraire

Les fluides d’Alice Moine

  • Auteur : Alice Moine
  • Titre : Les fluides
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 112
  • Parution : 9 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Cet après-midi-là, Julie passe quelques heures à la piscine municipale avec Charlotte, sa fille de sept ans dont elle n’a plus la garde. Ce moment privilégié est une chance pour elle de regagner le cœur de Charlotte et elle voudrait tout bien faire. Mais, dans le bassin, ses angoisses remontent à la surface. Rien ne lui paraît plus difficile qu’être mère.
Car, depuis trois ans, Julie surnage. Un épisode du passé qu’elle a gardé secret l’a plongée dans un profond désarroi. Comment prendre soin d’un enfant quand l’horreur obsède l’âme ?
Pourtant, ce jour-là, tandis que Charlotte multiplie les prouesses dans le grand bassin, quelque chose se produit, qui va tout changer.

Dans ce troisième roman, Alice Moine décrit avec subtilité les répercussions dans la vie d’une jeune mère d’une agression passée sous silence. Plongée cathartique, Les Fluides raconte la blessure des corps, la puissance de l’amour et l’espoir d’une renaissance.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Julie est une femme mal dans sa peau. Son mari l’a quittée et elle n’a plus la garde de sa petite fille Charlotte de sept ans. Il faut dire que Julie a commencé à sombrer lors d’un séjour en vacances avec Paul, l’homme avec qui elle était alors mariée, et leur petite fille. Quel événement a bien pu perturber à ce point le quotidien de Julie ? C’est lors d’une sortie à la piscine municipale avec Charlotte que tous ces événements vont refaire surface.

Ce court roman, à la frontière de la nouvelle, a été pour moi un véritable coup de cœur. Comment Alice réussit-elle, au travers d’une scène quotidienne comme une sortie en piscine entre une mère et sa fille, à distiller autant de profondeur ? Je ressors vraiment sonnée de ces pages et avec des questionnements plein la tête.

Julie aura vécu un drame terrible, mais pour ne pas fissurer sa famille, elle décidera de se taire. Elle est loin d’imaginer que c’est justement ce silence qui va provoquer la rupture irréparable dans ce couple. Il est impossible, pour nous, lecteurs, de ne pas ressentir de regrets par rapport au choix de Julie. J’ai eu tant d’empathie pour elle.

Le roman est remarquablement construit. Chaque chapitre décrira une partie de la sortie en piscine et il est impossible de ne pas y voir un parallélisme avec le tourment intérieur de Julie, qui la ronge profondément depuis si longtemps. Cela commence par la peur, pour terminer par l’affirmation de soi, que ce soit cette journée de piscine, tout comme l’histoire personnelle de Julie. C’est un roman construit de manière très intelligente.

La plume de l’auteure m’a totalement séduite. Elle est élégante et sensible et l’auteure réussit à nous faire ressentir les émotions, le tout en très peu de pages, ce qui rend la tâche très compliquée. Les chapitres ne sont pas très longs, et chacun raconte donc l’étape de cette sortie en piscine.

Un roman puissant et qui ne peut laisser son lecteur indifférent. Au travers d’une construction narrative, l’auteure va nous narrer la reconstruction d’une jeune femme suite à un drame qui a bouleversé son quotidien. Un roman à ne pas manquer.

Ma note : 19/20

Thriller auto-édité

Shutdown

Shutdown d’Aurélien Grall

  • Auteur : Aurélien Grall
  • Titre : Shutdown
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 153
  • Parution : 27 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Imaginez un monde sans électricité, sans smartphones, sans ordinateurs, sans télévision, sans réseaux sociaux. Imaginez un monde où les gens sont condamnés à se regarder, se parler et s’entraider. Ce monde, c’est celui du grand shutdown. La pire catastrophe n’ayant jamais frappé l’Humanité ! 

Alors que la civilisation humaine est en train de s’effondrer, le gouvernement fait appel aux services de Michael Donovan, astrophysicien et héros de guerre devenu alcoolique après la disparition tragique de sa femme. Au départ réticent, il finit par accepter. Contraint de faire équipe avec la froide Charlotte Von Braun, grand nombre de ses convictions vont se voir bouleversées… 

Mais pour sauver le monde, il lui faudra d’abord se sauver lui-même. Où puisera-t-il le courage ? Et d’ailleurs, n’est-il pas déjà trop tard ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur Aurélien Grall pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Imaginez ! Plus d’électricité, plus de technologie à portée de main, plus de médias. Incroyable, me direz-vous. C’est pourtant ce qu’il va se passer. L’Humanité entière va se voir touchée par cette catastrophe sans précédent. C’est alors que le gouvernement va faire appel à Michael, qui aux côtés de Charlotte, devra œuvrer pour rétablir l’ordre mondial.

Je n’ai pas l’habitude de lire des thrillers d’anticipation, et donc mon avis ne pourra pas forcément être très objectif. J’avoue être rentrée dans cette histoire dès le départ et avoir eu du mal à en ressortir. Certes, il y a des défauts, mais cela reste une très belle découverte.

Aurélien va nous proposer une intrigue qui nous concerne tous. En effet, il va aborder plusieurs thématiques qui montrent que nous ne prenons pas autant soin de l’environnement comme nous le devrions. Il va, au travers d’une intrigue bien ficelée, sensibiliser son lectorat. Je pense que ce thriller peut intéresser tout le monde.

Le bémol, c’est incontestablement la longueur du roman. En effet, c’est très court. Il n’y a presque pas le temps de s’attacher aux personnages, puisque ces derniers ne sont pas approfondis. Ils ont tendance à manquer d’un certain relief. Malgré tout, j’avoue avoir accroché à Michael dès les premières lignes. Son histoire personnelle m’a beaucoup touchée et j’ai ressenti une grande empathie pour lui.

La plume de l’auteur m’a convaincue. Certes, elle reste simple mais c’est ce que je recherche dans un thriller. Il faut que ce soit un style allant droit à l’essentiel et sans digressions afin de ne pas casser le rythme. L’orthographe est parfaite, donc aucune crainte à ce niveau.

Un thriller d’anticipation engagé, où l’auteur va aborder des thématiques qui nous concernent tous. Je regrette que le roman n’ait pas fait quelques pages de plus, pour lui donner encore plus de consistance. C’est une belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Consister à vivre – Rentrée littéraire

Consister à vivre de Christophe Mouton

  • Auteur : Christophe Mouton
  • Titre : Consister à vivre
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La vocation d’écrire naît-elle toujours de la perversion ? De la perversion subie ou de la perversion active ? Qu’y a-t-il avant la littérature ? L’enfance, bien sûr. Une enfance à laquelle il faut survivre.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Christophe Mouton va nous proposer une diatribe sur les effets de la perversion dans le développement des personnes. Pour cela, il va se baser sur un type de perversion bien particulier. En effet, ce sera ici au travers de son père que celle-ci fera son œuvre.

Christophe va se replonger dans son enfance, et nous narrer comment peu à peu, il s’est rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond au sein de sa famille. Le père s’en prenait d’abord verbalement à la mère, et le jour où Christophe l’a défendue, c’est sur lui que s’est déversée cette aversion.

Ce père agissait de manière très perverse, en instillant dans la tête de Christophe des phrases qui peuvent infiniment bousculer un enfant. Christophe s’en est bien évidemment ressenti, puisqu’il le dira lui-même, il a un seuil très élevé aux insultes, et pour citer un autre exemple parmi d’autres, il partira du principe qu’il a toujours tort si c’est ce que les autres affirment. Peu à peu, il perd donc confiance en lui-même et bien évidemment, les stigmates de cette perversion vont avoir un effet des plus néfastes à son développement.

La plume de l’auteur est très particulière et je dois avouer ne pas avoir toujours accroché. Au début, je me suis sentie totalement déroutée et j’ai trouvé que pour un si petit livre, Christophe se perdait parfois en digressions compliquées et trop psychologiques. Malgré tout, cela se lit de manière très fluide.

Un roman qui abordera la thématique de la perversion, avec pour point d’orgue l’enfance de l’auteur et son père. Christophe nous livre ici une analyse approfondie et très intimiste. Un roman qui ne peut laisser indifférent.

Ma note : 16/20

Contemporain

Hors d’ici – Rentrée littéraire

Hors d’ici de Florence Delaporte

  • Auteur : Florence Delaporte
  • Titre : Hors d’ici
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Elle se souvient de ce moment, et d’avoir pensé nettement : « Il nous détruit. » Elle avait onze ans, sa sœur n’était pas loin, elle a compris qu’elle avait déjà été écrabouillée par le vieux, et que c’était son tour. Il hurlait, déchaîné, pour une bricole, et prononçait des mots affreux qui avaient rompu quelque chose. C’était comme casser du cristal, une membrane fragile, quelque chose qui aurait pu grandir.

Rien ne peut enfermer Jeanne. Ni la violence du père qui lamine sa famille ni l’amour de Matt, qui lui offre les Grands Lacs et la clef d’une maison. Maintenant, alors qu’elle n’a pas vingt ans, elle va devoir choisir ce qu’elle abandonne. Mais peut-on se défaire de tout ? Qui est-il vraiment, cet homme malheureux à en frapper ses enfants ? Sur fond de bourgeoisie déchue et toxique, de rêves anéantis par l’Histoire, Hors d’ici interroge, avec finesse, les meurtrissures de l’enfance et de l’adolescence, et leurs stigmates.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Jeanne est éprise de liberté et ce n’est pas un père violent ou un fiancé, appelé Matt, qui lui promet les grands espaces, qui la feront changer d’avis. Ce roman s’ouvre sur une scène intrigante. Matt accuse Jeanne de lui avoir menti. Comment un homme aussi affable que son père peut être le monstre qu’elle lui a décrit ? Matt est sur le point de quitter Jeanne, lorsque cette dernière lui propose de rester encore deux jours. Deux jours pendant lesquels elle est intimement convaincue que son père montrera son vrai visage.

C’est un roman très âpre, tant dans le fond que sur la forme, que va nous livrer ici Florence Delaporte. C’est très particulier et je peux affirmer que ce roman possède à n’en pas douter ce petit quelque chose qui le démarque des autres récits abordant cette thématique du père tyran et violent.

Jeanne n’y est pas étrangère. En effet, ce personnage, remarquablement construit et nuancé à souhait est indubitablement le point fort de ce roman. L’auteure a su créer un personnage vrai et authentique. Tout sonne juste chez elle. J’ai eu une empathie immense pour elle, ayant envie de lui tendre la main tout au fil des pages.

Florence va explorer avec brio les stigmates d’un passé trop lourd et qui façonne les personnes au fil des ans. Si Jeanne est marquée par ce père, il en va de même pour ce dernier. La dimension psychologique est très bien abordée, et le récit ne souffre pas d’incohérence.

La plume de l’auteure est très particulière. Je ne saurais vous la décrire mais en vous disant qu’à mon goût, Florence possède un style qui se reconnaîtrait facilement, je pense que vous vous en faites une bonne idée. Certaines phrases sont longues mais coulent de manière limpide. C’est un style très personnel, avec beaucoup de caractère.

Un roman qui explorera des thématiques difficiles, vues maintes fois dans d’autres récits, mais qui sortira du lot de par une protagoniste incroyablement charismatique et forte. La plume est particulière mais elle en vaut le détour. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Ce qu’il aurait fallu dire – Rentrée littéraire

Ce qu’il aurait fallu dire d’Alexis Anne-Braun

  • Auteur : Alexis Anne-Braun
  • Titre : Ce qu’il aurait fallu dire
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 256
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Victor n’est pas le premier à avoir fait tout ce qu’il pouvait pour échapper à la province. Mais tandis qu’il achevait ses études à Paris, qu’il y avait désormais des amis et même rencontré l’amour, le voilà nommé enseignant au Lycée Polyvalent de Friville-Escarbotin. Ennui, mépris, mélancolie des zones commerciales et déprime des ronds-points, tout lui revient avec violence. Victor parviendra-t-il à faire de ce parcours à rebours de tant de romans une aventure ? Une aventure dans laquelle il ne serait pas un salaud ?

Dans ce premier roman, Alexis Anne-Braun revisite avec un regard décalé et contemporain le grand thème à la fois littéraire et – de plus en plus – politique de l’antagonisme entre Paris et le reste de la France. Anti Bel-Ami, anti Rastignac, il interroge autant la condition professorale que la condition pavillonnaire, l’injustice sociale et les désirs d’une jeunesse déjà éloignée de la sienne.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Victor, enseignant, est muté dans la Somme, au lycée Friville-Escarbotin. Il va alors s’ensuivre une longue introspection de la part de Victor, qui semble totalement blasé. Il va se livrer, d’un œil des plus critiques, à une analyse acerbe des différences entre Paris et le reste de la France.

Je dois avouer avoir eu beaucoup de mal avec ce roman, n’ayant pas su en apprécier à sa juste valeur les réflexions qui parsèment le texte. Il faut dire que j’ai eu un réel problème avec le protagoniste, que j’ai trouvé totalement déprimant et blasé. Je n’ai pas pu accrocher à son histoire, tant il y avait des moments de flottement dans ses réactions.

Ce qui relève sans aucun doute la qualité de ce roman, ce sont les réflexions pertinentes auxquelles va se livrer l’auteur au travers du regard de Victor. Mais je les ai trouvées bien trop nombreuses, venant ainsi desservir le côté romancé de l’histoire. C’est bien trop contemplatif et il y avait sans doute matière à mieux exploiter le quotidien de ce personnage principal au sein de ce lycée.

La plume de l’auteur est parfaite. D’une grande fluidité, les pages ont défilé. Le style est élégant et le phrasé empli de sonorités. C’est un tout premier roman et il y a un talent sous-jacent évident.

Un roman que j’ai peut-être trouvé trop contemplatif et un protagoniste pour lequel j’ai eu peu de sympathie m’ont empêchée sans aucune doute de m’immerger en totalité dans ce récit. Malgré tout, l’écriture très belle et les réflexions interessantes viennent relever le tout.

Ma note : 15/20

Contemporain

L’Enfant de la colère – Rentrée littéraire

L’Enfant de la colère de Michel Serfati

  • Auteur : Michel Serfati
  • Titre : L’Enfant de la colère
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Phebus
  • Nombre de pages : 229
  • Parution : 3 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Nadia n’a jamais connu son père, mort avant sa naissance. À dix-sept ans, elle apprend que Nâzim, né en Turquie, immigré en France, avait été abattu lors d’une attaque de banque. Comme une frange de la jeunesse révoltée des années 1980, il s’était fourvoyé dans un groupuscule violent, au nom d’une lutte radicale contre l’injustice. Bouleversée, Nadia va chercher à renouer les fils de son histoire, entre Strasbourg où elle a grandi, et Istanbul où s’est réfugiée une ancienne complice de son père. Perdue, elle trouve un peu d’apaisement dans le hang, un instrument de musique dont elle joue bientôt dans les rues, en Alsace et dans la métropole turque. Y trouvera-t-elle de quoi combler l’absence ? Avec ce roman sur l’engagement, l’exil, la violence et la rédemption, Michel Serfati nous offre aussi le récit sensible d’une quête des origines.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Phebus pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nadia est une jeune fille brillante dans ses études. Elle n’a jamais connu son père, décédé avant sa naissance, abattu par la police lors d’un braquage auquel il participait avec quatre autres complices. Nadia veut en savoir plus sur ce père, et pour cela, elle va se rendre en Turquie, pays de ses origines, et y rencontrer Anne, l’amante de son père et l’une des complices du braquage, en cavale depuis des années dans ce pays.

J’ai lu beaucoup de romans abordant la thématique de la recherche d’identité, certes. Mais je peux affirmer que celui-ci sort indubitablement du lot, et le talent de l’auteur n’y est pas étranger. J’ai tout simplement été séduite par le propos de cette très belle histoire.

La quête effrénée de Nadia m’a captivée et m’a beaucoup touchée. Elle fera tout ce qu’il faut pour marcher sur les traces d’un père qu’elle n’aura jamais connu. Elle cherchera à comprendre bien des éléments du passé de ses parents, et ne se découragera pas.

J’ai beaucoup apprécié d’avoir en filigrane la musique dont se passionne Nadia. Elle va ainsi s’intéresser de près au hang, un instrument de musique de la famille des idiophones. Je dois bien avouer ma méconnaissance totale en ce qui concerne cet objet et cela donne un véritable plus à l’histoire.

La plume de l’auteur est d’une incroyable fluidité. C’est un texte de caractère et non dénué d’une grande élégance que va nous proposer Michel Serfati. Les pages défilent sans même s’en rendre compte.

Une histoire sensible, où la protagoniste marchera sur les pas d’un père qu’elle n’a pas connu, avec pour toile de fond la Turquie et la musique. Je ressors conquise de ce roman abordant des thématiques maintes fois rencontrées lors de mes lectures, mais avec un talent qui le fait indéniablement sortir du lot.

Ma note : 17/20

Non classé

Le consentement – Rentrée littéraire

Le consentement de Vanessa Springora

  • Auteur : Vanessa Springora
  • Titre : Le consentement
  • Genre : Témoignage
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 216
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Vanessa Springora, éditrice de renommée, a été, n’ayons pas peur des mots, une femme brisée. Lorsqu’elle avait 14 ans, elle est tombée sous l’emprise du célèbre écrivain Gabriel Matzneff, âgé alors de 50 ans. De fil en aiguille, une relation qu’elle pensait d’amour va se tisser entre eux. Certes, elle ne le cachera pas, et ce du titre jusqu’au dernier mot de son témoignage, elle était consentante. Mais quel libre arbitre pouvait bien avoir une jeune adolescente abandonnée par son père et vivant auprès d’une mère totalement dépassée ?

C’est avec un grand bouleversement que j’ai refermé ce livre. Vanessa a été admirable de courage. D’aucuns diront qu’elle a agi bien trop tard et s’interrogeront sur le pourquoi elle ne réagit que maintenant. Sincèrement, peu m’importe cela. Ce qui compte et ce qui ressort, c’est la revanche qu’a prise Vanessa. Elle l’a fait lorsqu’elle s’est sentie prête et elle fait montre d’un courage indicible.

Vanessa va nous narrer du mieux qu’elle pourra les événements qui l’on conduite sous l’emprise de celui qu’elle surnommera l’ogre. Elle le fait avec beaucoup de pudeur et ce témoignage, en plus d’être une revanche, est un exutoire. Elle a tant souffert que son récit en devient terrible à découvrir.

Je suis passée par beaucoup d’émotions, mais s’il y en a une qui a pris le dessus tout au long de ma lecture, c’est l’incompréhension. En effet, Vanessa va nous montrer à quel point la société de laquelle elle a été contemporaine durant son adolescence, se montrait complaisante face à l’abomination. Elle soulèvera une question importante. La littérature excuse-t-elle tout ?

J’ai tour à tour vu une mère dépassée par les événements et qui n’a pas su prendre les directives pour sortir Vanessa de cette aura dévastatrice, vu des présentateurs de débats littéraires complaisants et vu des personnes qui ne réagissaient pas. Cela semble très choquant de nos jours.

La plume de Vanessa est sans fioriture. Elle va tenter de tout nous raconter mais sans jamais rentrer dans des détails, afin d’éviter de tomber ainsi dans le pathos et la complaisance. Bien évidemment, ce témoignage est relaté à la première personne.

Un roman choc qui servira d’exutoire à l’auteure et dans lequel elle va nous raconter avec beaucoup de pudeur comment les contes de fées desquels elle était si friande étant petite peuvent se transformer en véritable cauchemar, le prince charmant laissant ainsi le champ libre à l’ogre. Bouleversant mais chapeau au courage de Vanessa.

Ma note : 19/20

Contemporain auto-édité

L’accomplissement

L’accomplissement de Nassima Terfaya

  • Auteur : Nassima Terfaya
  • Titre : L’accomplissement
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 298
  • Parution : 14 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Faïza est une jeune fille qui a soif de savoir. Elle refuse de se ranger à ce que la tradition lui impose : apprendre à cuisiner, coudre, à être une bonne épouse. Faïza rêve de plus grand, avec l’aide de sa mère analphabète et encouragée par son cousin Zoubir, elle poursuit ses études, au risque de se brouiller avec son père, patriarche autoritaire. Envers et contre tout, la jeune fille va partir pour la ville, un monde totalement étranger et pourtant plein d’opportunités.
Dans ce roman à la fois fable poétique et fresque sociale, découvrez le combat d’une femme contre les convenances, son voyage de part et d’autre de la Méditerranée pour se chercher, se trouver, s’accomplir et connaître le bonheur d’être soi-même

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Algérie. Faïza, une jeune femme solaire, rêve de liberté, et surtout, de se libérer du carcan de son éducation. Elle rêve de découvrir le monde, et de s’instruire. Pour cela, elle va devoir se libérer du destin tout tracé qu’appréhende le père de la jeune fille. Elle comptera avec l’aide de son cousin et de sa mère pour se lancer dans des études, et ce ne sera que le début d’un accomplissement.

C’est un très beau roman engagé que nous propose ici l’auteure. Au travers d’une héroïne totalement charismatique et battante, elle va se livrer à une critique acerbe des carcans desquels les jeunes femmes ont pu être prisonnières.

Faïza est une héroïne incroyablement fascinante et inspirante. J’ai admiré sa volonté et elle m’a d’emblée plu. Elle est forte de ses convictions et ne lâchera pas de vue ses buts. Au travers de ce personnage, c’est le symbole de toutes les femmes opprimées qui s’y reflète.

La nature joue également un rôle très important dans l’accomplissement de Faïza et j’ai beaucoup apprécié de la voir si présente au fil des pages. Les descriptions sont somptueuses et l’auteure a su créer une bulle où j’ai réussi à m’immerger totalement.

La plume de l’auteure est parfaite et dans le ton du roman. Tantôt délicate, tantôt affirmée, elle sert à merveille le fond de cette histoire. L’orthographe et la syntaxe sont très soignées.

Un très beau roman, servi par une héroïne qui ne ne laissera pas le lecteur indifférent, tant elle est charismatique, solaire et inspirante. Un roman engagé à découvrir sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain auto-édité

C’est dans le roman

C’est dans le roman de Marc Flandin

  • Auteur : Marc Flandin
  • Titre : C’est dans le roman
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 277
  • Parution : 19 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

Alors qu’elle attend son compagnon David dans un café parisien, Laurence est interpellée par un mystérieux inconnu, Paul, qui lui fait croire que tout ce qui lui arrive est écrit dans le roman qu’il est en train de lire. Sans le savoir, cette rencontre va bouleverser à jamais la vie de la jeune femme. Laurence se trouve plongée au coeur d’un vaste quiproquo, révélant ainsi la vraie nature des gens qui l’entourent. David, autrefois compagnon rêvé, se fait méprisant, pensant que Laurence lui est infidèle. Le flegmatique Paul serait-il en train de lui ravir le coeur de sa femme ? Mais qui est-il vraiment ? Jusqu’où les mènera la valse des jalousies, manipulations et rancoeurs ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre.

Laurence est attablée dans un café. Elle attend David, son compagnon, qui est en retard. Alors que la jeune femme commence à s’inquiéter de son absence, un homme va lui glisser à l’oreille que David ne viendra pas, et qu’il ne pourra pas, comme prévu, aller avec Laurence acheter des rideaux pour leur nouvel appartement. Cet homme, c’est Paul, et s’il sait tout cela, ce n’est pas parce qu’il connaît David. Non, il sait tout cela parce que c’est écrit dans le roman.

Avouez que ce synopsis donne fortement envie de se plonger entre les pages de ce livre. C’est en tout cas pour ma part ce qui a arrêté ma décision. Si je ne regrette pas cette lecture, je pense néanmoins qu’il y certains éléments qui m’ont fait défaut pour faire ressortir ce roman du lot.

Le postulat de départ est très intriguant, et j’avoue que l’auteur a su maintenir mon intérêt tout au long de son intrigue. Je me suis interrogée sur cette histoire de roman dont parle Paul, sur le comment il arrive à deviner ce qu’il va se produire dans le quotidien de Laurence. Je pense que le fond de l’histoire est très réussi.

Ce qui m’a en quelque sorte coupée dans mon élan, c’est le peu de relief qu’à accordé l’auteur aux personnages. Je les aurais aimé plus complexes, d’autant plus qu’avec l’histoire qu’il nous présente, cela se prêtait bien. J’ai eu l’impression d’être restée en surface, sans vraiment pouvoir m’immerger totalement, parce que je ne ressentais pas à sa juste valeur ce récit et les émotions des protagonistes.

La plume de l’auteur est vraiment belle et recherchée. Cependant, je dois me voir dans l’obligation d’émettre un bémol quant à la ponctuation de ce texte. Elle est pour moi quasiment oubliée, et cela m’a causé pas mal de problèmes à la lecture. Certaines coquilles subsistent également. Heureusement, je le redis, le style n’est pas commun et cela rehausse le tout.

Une histoire qui m’a beaucoup plu de par son originalité. L’auteur a su maintenir mon intérêt et je me suis beaucoup questionnée. Une belle plume vient accompagner le tout, cependant je n’aurais pas été contre un peu plus de densité chez les personnages. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain auto-édité

Branle-bas sous le sapin

Branle-bas sous le sapin de Valérie Bel et Antony Altman

  • Auteur : Valérie Bel et Antony Altman
  • Titre : Branle-bas sous le sapin
  • Genre : Contemporain
  • Éditons : Auto-édité
  • Nombre de pages : 122
  • Parution : 2 janvier 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Pierre-Alain n’aurait jamais dû dire à son épouse que sa secrétaire, Alicia, était une vieille fille de 50 ans. Ni raconter au bureau qu’il vivait seul avec sa maman mourante.

Quand Alicia, du haut de ses 25 ans et de ses talons aiguilles, débarque à l’improviste chez lui, le réveillon de Pierre-Alain commence à virer au cauchemar…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les auteurs Valérie Bel et Antony Altman pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

En plein réveillon, lorsque sonne Alice chez Pierre-Alain et Anne-Sophie, c’est le début des problèmes pour ce couple. En effet, Alice est la secrétaire de Pierre-Alain, mais ce dernier a légèrement menti sur l’âge d’Alice auprès de sa femme. Donc lorsque Anne-Sophie voit qu’en fait ladite secrétaire est bien plus jeune que ne lui a fait croire son mari, elle commence à voir rouge.

Ce court roman est écrit à la manière d’une pièce de théâtre de boulevard. Ici, pas de descriptions et seuls les dialogues sont présents. Je ressors captivée par cet excellent moment de lecture qu’on su m’offrir les auteurs, ayant beaucoup ri tout au fil des pages.

Valérie et Antony ont su créer des situations piquantes et des quiproquos à foison, qui ont donné matière à créer une pièce de théâtre très réussie et très dynamique. Cela commence dès le départ, avec l’arrivée du premier malentendu et cela monte crescendo au fur et à mesure que les personnages secondaires font leur apparition.

En effet, autour des trois personnages principaux vont également évoluer Paul, le fils de Pierre-Alain et Anne-Sophie, et un couple d’amis, Laurent et Claire. Toute cette galerie de caractères vont favoriser la montée en puissance des effets comiques et cela donne droit à des scènes cocasses.

La plume des auteurs est parfaitement en adéquation avec le ton du roman. S’agissant d’une pièce de théâtre, il faut que cela reste tout de même visuel pour savoir les réactions et les actions des personnages. C’est totalement respecté et très bien réalisé.

Un court roman écrit à la manière d’une pièce de théâtre de boulevard n’ayant pas d’autre prétention que de faire passer un moment de rires à son lecteur. Les quiproquos sont légion et les effets comiques très réussis. Un très bon moment de lecture.

Ma note : 17/20

Contemporain

Préférer l’hiver – Rentrée littéraire

Préférer l’hiver d’Aurélie Jeannin

  • Auteur : Aurélie Jeannin
  • Titre : Préférer l’hiver
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Maman et moi vivions ici depuis un peu plus de trois ans quand nous avons reçu le coup de fil. Au milieu des pins, des chênes et des bouleaux, au bout de ce chemin sans issue que deux autres propriétés jalonnent. C’est elle qui m’avait proposé de nous installer ici. Et je n’étais pas contre. J’avais grandi dans cette forêt. Le lieu m’était familier, et je savais que nous nous y sentirions en sécurité. Qu’il serait le bon endroit pour vivre à notre mesure. »

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au cœur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.

Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Une mère et sa fille vont s’isoler en pleine nature, dans une forêt. Elles vont devoir panser leurs plaies face à l’indicible. La fille a perdu son frère et son fils, la mère a perdu son fils et son petit-fils. L’hiver va leur être propice à la reconstruction.

C’est un roman intimiste et qui aborde une thématique extrêmement délicate. Au gré de la nature, la mère et la fille vont tenter de se reconstruire face à la terrible épreuve à laquelle elles vont devoir faire face. Le tout est décrit avec beaucoup de pudeur, et Aurélie décrit les sentiments avec une grande acuité et beaucoup de justesse.

Il faut tout de même avouer que ce roman est très contemplatif. Il faut partir dans cette optique pour ne pas se retrouver déçu. Tout est dans la psychologie et dans l’analyse. C’est très immersif.

La plume de l’auteure est d’une grande précision. Chaque mot est à sa place et c’est remarquablement écrit. Il n’y a pas de dialogue et l’usage de la première personne en se plaçant sous le point de vue de la fille m’a semblé judicieux.

Un roman poignant qui aborde une thématique délicate. L’auteure le fait avec beaucoup de sensibilité et de pudeur. L’écriture est très belle mais il faut garder en tête que c’est un roman très contemplatif. À découvrir.

Ma note : 17/20

Thriller

La deuxième femme

La deuxième femme de Louise Mey

  • Auteur : Louise Mey
  • Titre : La deuxième femme
  • Genre : Thriller
  • Éditions : J.C.Lattès/Le Masque
  • Nombre de pages : 300
  • Parution : 15 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Sandrine ne s’aime pas. Elle trouve son corps trop gros, son visage trop fade. Timide, mal à l’aise, elle bafouille quand on hausse la voix, reste muette durant les déjeuners entre collègues.
Mais plus rien de cela ne compte le jour où elle rencontre son homme, et qu’il lui fait une place. Une place dans sa maison, auprès de son fils, sa maison où il manque une femme. La première. Elle a disparu, elle est présumée morte, et Sandrine, discrète, aimante, reconnaissante, se glisse dans cette absence, fait de son mieux pour redonner le sourire au mari endeuillé et au petit Mathias.
Mais ce n’est pas son fils, ce n’est pas son homme, la première femme était là avant, la première femme était là d’abord. Et le jour où elle réapparaît, vivante, le monde de Sandrine s’écroule.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J.C. Lattès/Le Masque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Sandrine est une jeune femme des plus complexées. Elle évite les miroirs autant que possible, tant son reflet ne lui plaît pas. Elle se trouve trop grosse et pas très débrouillarde. Personne ne la regarde. Et pourtant, un jour, un homme va poser son regard sur elle et tout va changer. Mais il s’avère que cet homme avait déjà une femme, Caroline, qui a disparu. Sandrine et cet homme decident de vivre ensemble, jusqu’au jour où la première femme réapparaît. Que s’est-il passé ? Caroline ne se souvient de rien.

Ce roman prend aux tripes de par la thématique délicate qu’il va aborder. J’ai eu la sensation que l’auteure a fait un réel travail de sensibilisation aux violence subies par certaines femmes au travers de Sandrine. J’ai lu les pages avec un sentiment de grande tristesse et de peur pour cette jeune femme. Je ne voudrais pas en dire plus sur le fond de l’histoire, au risque de vous spoiler de quoi il en retourne vraiment.

L’auteure va faire montrer la pression crescendo, et si au debut, le tout m’a semblé long a se mettre en place, je me suis rendue que c’était en quelque sorte l’effet recherché par Louise Mey. Une fois le lecteur attrapé dans la spirale dans laquelle se retrouve la protagoniste, les émotions sont à fleur de peau. Impossible de ne pas se sentir révoltée face à cette lecture. J’ai eu une empathie immense pour Sandrine.

Louise Mey focalise sa narration sur Sandrine, et même si l roman n’est pas à la première personne, nous, en tant que lecteur, arrivons à suivre ses pensées comme si c’était elle qui parlait. Ce personnage complexe et très profond porte l’histoire et je peux vous dire qu’elle est très attachante.

La plume de l’auteure sera indéniablement mon petit bémol. J’ai eu énormément de mal avec le style de Louise Mey, qui décide d’insérer directement les dialogues dans sa narration, sans tirets, sans délimitation. Je me suis retrouvée avec un texte très peu aéré visuellement, et j’ai parfois été lassée par ce procédé. Certes, la fluidité est indéniable mais j’aurais aimé une plume plus classique.

C’est un thriller glaçant ou la tension monte peu à peu, et dans lequel l’auteure abordera une thématique difficile. Malgré un style auquel je n’ai pas forcément adhéré, il est indéniable que le fond de l’histoire m’a paru très réussi. C’est donc une belle découverte.

Ma note : 16/20

Thriller

Blessures invisibles

Blessures invisibles d’Isabelle Villain

  • Auteur : Isabelle Villain
  • Titre : Blessures invisibles
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Taurnada
  • Nombre de pages : 241
  • Parution : 9 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le major Maraval est retrouvé mort à son domicile, une balle dans la tête, son arme à la main.
La thèse du suicide est pourtant très vite abandonnée par le groupe du commandant Rebecca de Lost, et les pistes militaires et familiales se multiplient.
Dans le même temps, le « tueur au marteau », demeuré silencieux depuis l’enterrement du capitaine Atlan, décide de reprendre du service.
Deux enquêtes sous haute tension. Un final explosif !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Taurnada pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Maraval, un major, est retrouvé mort à son domicile, dans de très étranges circonstances. Si au début la thèse du suicide prend forme, elle est vite abandonnée. En effet, le commandant Rebecca de Lost et son équipe commencent à entrevoir des éléments qui font plutôt penser à un meurtre. En parallèle, Rebecca s’occupe également de l’affaire du tueur au marteau. Elle va donc agir sur deux fronts dans une enquête menée tambour battant.

Dès les premières pages, l’auteure tisse sa toile et elle m’a attrapée sans possibilité aucune de m’en extraire. Je ressors totalement captivée de ce thriller que j’ai trouvé maîtrisé et intelligent. L’auteure nous propose deux arcs narratifs, avec deux enquêtes différentes, et cela va à toute vitesse.

Là où j’ai trouvé ce thriller particulièrement réussi, c’est dans la dimension psychologique qu’il aborde. En effet, Isabelle va mettre en exergue ces blessures invisibles de guerre. Elle abordera le syndrome post-traumatique de beaucoup de personnes revenues de pays en conflit, ces problèmes qui ne se voient pas, mais qui n’en demeurent pas moins présents. J’ai fortement apprécié que l’auteure y fasse référence, puisque ce n’est pas très habituel.

L’enquête est parfaitement maîtrisée et je ne me suis ennuyée à aucun moment. J’ai totalement accroché à Rebecca. J’ai trouvé que c’était une véritable battante malgré les épreuves qu’elle s’est vue subir. Elle est dynamique et téméraire. Je l’ai trouvée très profonde et très bien brossée par l’auteure.

La plume de l’auteure est addictive au possible. J’y ai retrouvé tout ce que j’aime dans ce genre littéraire, à savoir du dynamisme, du rythme et de la fluidité. J’ai été séduite par ce style précis, incisif et qui va droit au but.

Un thriller trépidant, intelligent de par les thématiques qu’il aborde et que je n’ai pas l’habitude de croiser dans mes lectures, le tout servi par une héroïne inspirante et charismatique et un style entraînant et additif. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le courage des autres – Rentrée littéraire

Le courage des autres d’Hugo Boris

  • Auteur : Hugo Boris
  • Titre : Le courage des autres
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 180
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Hugo Boris vient de passer sa ceinture noire de karaté lorsqu’il fait face à une altercation dans le RER. Sidéré, incapable d’intervenir, il se contente de tirer la sonnette d’alarme. L’épisode révèle une peur profonde, mélange d’impuissance et de timidité au quotidien. Trait de caractère personnel ou difficulté universelle à affronter l’autre en société ? Ce manque de courage l’obsède. Sa femme lui suggère de « se faire casser la gueule une bonne fois pour toutes » pour l’exorciser.

Mais Hugo Boris est écrivain, alors, pendant quinze ans, il consigne sur le vif ces situations d’effroi dans les transports en commun. Il peint aussi le ravissement d’une rencontre, l’humanité d’un dialogue, l’humour d’un échange imprévu. À travers ces miscellanées heureuses ou tragiques, il décrypte une mythologie contemporaine, celle du métro et du RER, et cherche à appréhender ses craintes, à la maîtriser par la distance, la littérature ou… la lecture de Dragon Magazine !

Il tente aussi de conjurer sa peur en guettant le courage des autres sous toutes ses formes, profondément admiratif de tous ceux qui parviennent à intervenir lorsqu’une situation les interpelle, les sollicite, exige une prise de parole, un geste. Il dessine un hommage à tous ceux qu’il a vu avoir, sous ses yeux, le cran qui lui manquait. Et se demande si le courage est contagieux.

Totalement original, sincère, d’une actualité, d’une précision d’écriture et d’observation remarquables, ce recueil de textes brefs touche au plus juste. En se mettant à nu, Hugo Boris parle de chacun de nous, de nos lâchetés et de nos malaises quotidiens, de nos éblouissements et, parfois, de nos héroïsmes.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Hugo Boris va s’interroger sur une notion qui aura finalement fait couler beaucoup d’encre. En effet, il va décortiquer le courage sous toutes ses formes. Il va vite prendre conscience que malgré l’obtention d’une ceinture noire de karaté, il est peu affirmé, il n’ose pas se défendre ou même défendre les autres. Il reste admiratif de ceux qui osent. Au travers des pages de ce livre, Hugo va nous proposer un herbier mettant en exergue le courage des autres. Il choisira pour toile de fond les rames du RER et du métro, ainsi que les voyages dans les wagons, propices aux observations, aux situations rocambolesques et aux rencontres enrichissantes.

Ce court roman a été un coup de cœur absolu pour ma part. J’ai tout aimé et j’ai trouvé que l’idée d’Hugo était des plus originales. En partant de faits banals, il rend hommage en quelque sorte à toute personne ayant osé, ayant fait montre de courage. Il s’est interrogé sur lui-même, a eu un œil des plus critiques sur son comportement passif et a su finalement s’approprier ce courage qui lui a tant manqué.

Ce roman se lit d’une traite. L’auteur nous parle des situations auxquelles il a été confronté. Certaines d’entre elles m’ont particulièrement touchée, d’autres m’ont ulcérée, et c’est là où c’est particulièrement réussi. Aucune ne m’a laissée indifférente.

La plume de l’auteur est sans fioritures. Il nous raconte les scènes telles qu’il les a vécues. Elles ne sont pas longues et s’apparentent à des petites tranches de vie de l’auteur. C’est très addictif et une fois commencé, très difficile à lâcher.

Un roman qui aborde toutes les facettes du courage. L’auteur va décortiquer cette notion en faisant preuve d’un œil critique envers soi-même, et avec pour toile de fond le RER et le métro. C’est magistral.

Ma note : 19/20

Contemporain

Histoire d’un clin d’œil

Histoire d’un clin d’œil d’Alexandra Lhuissier

  • Auteur : Alexandra Lhuissier
  • Titre : Histoire d’un clin d’œil
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 137
  • Parution : 30 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Clémence ne connaît pas Julien. Julien ne connaît pas Clémence. Un avatar. Un mail. Le clin d’œil lancé par Julien donne le ton. Il crée une bulle de quiétude et de douceur dans laquelle Clémence pénètre avec plaisir. Ce partage écrit de leurs instants devient le fil conducteur de leur quotidien. Un jour, le réel se confronte au fantasmé. Une relation de chair et d’os prend vie. Clémence et Julien sont en équilibre, en vol dans cette bulle. Mais quand l’un est à la recherche de poésie, l’autre est en quête de vérité. Soudain, Clémence moins aérienne que Julien, décide de percer leur bulle et retoucher terre.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Julien habite à Tours. Clémence, quant à elle, réside à Paris. Ils ne se connaissent pas, ne se sont jamais rencontrés et c’est suite à un premier mail de Julien que débute une correspondance des temps modernes où chacun va se raconter.

Si le postulat de départ de ce roman avait absolument tout pour me plaire, je dois malheureusement me rendre à l’évidence, cela a été une réelle déconvenue pour ma part. L’auteure n’a pas su m’embarquer dans sa bulle et je suis restée hermétique.

Ceci n’est que mon avis, mais je pense être passée totalement à côté de la beauté indéniable de ce texte. J’ai eu beaucoup de mal à m’immerger dans l’histoire de Julien et Clémence, trouvant leurs échanges peu réalistes et trop ampoulés. J’aurais aimé y retrouver plus de réalisme, mais surtout plus de spontanéité. Il me semblait presque lire un recueil de poésie à la place d’échanges entre deux jeunes gens.

Je n’ai pas su être touchée par cette histoire originale, et ce qui m’a réellement fait défaut a été le choix narratif de l’auteure. En effet, les mails échangés resssemblaient plutôt à un exercice de style de la part des deux protagonistes, enlevant ainsi toute sincérité et fraîcheur.

La plume est très soignée. Aucun bémol de ce côté, bien au contraire. Pas de fautes de ponctuation, d’orthographe ou de syntaxe. Chaque mail est accompagné de la date, du nom de l’envoyant, et de la ville dans laquelle il se trouve. Ce sont vraiment de courts échanges, et cela se lit rapidement.

Malgré un postulat de départ des plus intéressants, je suis passée totalement à côté de ce que proposait l’auteure, ayant trouvé peu de réalisme dans les échanges des deux protagonistes, et surtout un style trop ampoulé de leur part. Une déconvenue pour ma part.

Ma note : 10/20

Contemporain

Monsieur le maire – Rentrée littéraire

Monsieur le maire de Pascal Grégoire

  • Auteur : Pascal Grégoire
  • Titre : Monsieur le maire
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 176
  • Parution : 9 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Lorsqu’il est élu maire du village qui l’a vu naître, dans les Ardennes, Paul jubile : il va agir concrètement et auprès des siens. Quinze ans plus tard, le « terrain » et un drame personnel l’ont usé. Sa vie bascule. Il est reconnu coupable d’un meurtre et condamné à vingt ans de prison ferme. Comment a-t-il pu en arriver là ? Sur le chemin qui le mène vers sa cellule, Paul se souvient, de son idéalisme avant la désillusion, d’une existence d’homme de plus en plus fragile. Critique du monde politique à la française, Monsieur le maire retrace avec force et réalisme l’histoire si ordinaire et pourtant essentielle de ces citoyennes et citoyens qui vouent leur vie à leur commune.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lomieu, petit village des Ardennes. Paul Morand, le maire en cours d’activité et exerçant son troisième mandat, se retrouve sur le banc des accusés. Il est effectivement présumé coupable du meurtre d’un journaliste, Jacques Gentil. Il va finalement être condamné à vingt ans de prison. Comment Paul, à qui tout semblait réussir, en est-il arrivé là ?

Voilà un très court roman qui peut parfaitement se lire d’une traite, mais qui n’en est pas moins dépourvu d’une grande densité et d’une grosse dimension psychologique. J’ai totalement accroché à l’histoire de ce maire et j’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre.

Si le roman s’ouvre sur une scène au tribunal et sur la condamnation de Paul, le propos du récit ne va pas s’arrêter là. Pendant que Paul sera conduit dans un fourgon à la prison, il va égrener les souvenirs de ses trois mandats.

Le lecteur va tour à tour découvrir un Paul ambitieux, plein d’illusions, mais aussi sous pression intense et borderline. En plus des soucis qu’il a à gérer en tant que maire, il a des problèmes personnels avec sa femme. J’ai senti qu’à tout moment Paul pouvait perdre le contrôle.

L’auteur nous fait rentrer dans les coulisses de la gestion d’une mairie, et j’ai vite constaté que tout n’est pas si simple, comme il y paraît de prime abord. J’ai suivi avec intérêt toutes les décisions de la mairie, et j’ai trouvé très intéressant le procédé de flash-back qu’use Paul, pour ainsi, au fil de ses souvenirs, immerger le lecteur dans cette politique de mairie.

C’est Paul qui va porter le récit et il faut bien avouer que l’auteur a su le brosser à la perfection, le rendant profond, avec ses parts d’ombre, ses faiblesses et ses convictions. Ce n’est pas un personnage statique et l’on sent une réelle évolution au fur er à mesure des mandats qu’il exercera.

La plume est réellement addictive. Le roman est très court, et j’avoue que les pages ont défilé pour ma part. Les petits chapitres apportent beaucoup de rythme, et j’ai apprécié l’usage de la première personne lorsque c’est Paul qui prend la parole.

Un roman qui explore les coulisses de la mairie d’un village de France, le tout servi par un personnage principal borderline et grâce auquel le lecteur suivra en filigrane les tenants et aboutissants du travail de maire. Une excellente découverte à lire d’une traite.

Ma note : 17/20

Romance

La femme au carnet

La femme au carnet de Tiffany Le Personnic

  • Auteur : Tiffany Le Personnic
  • Titre : La femme au carnet
  • Genre : Romance
  • Éditions : Alter Real
  • Nombre de pages : 183
  • Parution : 3 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une rupture douloureuse et un énième rendez-vous raté : il est temps pour Alba de faire le point sur sa vie. Le bilan n’est pas réjouissant. Elle a toujours cherché l’approbation des autres et s’est perdue en cours de route. Son ex petit-ami lui dictait même la couleur de ses cheveux ! Tout ça, c’est terminé. Derrière elle. 
Elle va se reprendre en main. Et quoi de mieux pour ce nouveau départ que l’achat d’un carnet rouge pour écrire la liste de ses envies ? À l’intérieur, quatorze objectifs pour être heureuse. 
Or, dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu. Dans sa quête du bonheur, elle pourrait bien faire une rencontre inattendue… Celle qui va tout changer.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Alter Real pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alba est une jeune femme à qui tout réussit apparemment. Mais c’est jusqu’au jour où Patrick, son compagnon, la quitte sans aucune raison et pas plus d’explications que cela. Alba va alors se réfugier auprès de sa meilleure amie Sophie. Peu à peu, elle va devoir faire un travail sur elle-même. Elle se rend finalement compte que Patrick lui a retiré toute confiance en elle et elle va devoir se reconstruire peu a peu. À cet effet, elle va se procurer un petit carnet où elle va noter tout ce qu’elle n’a jamais osé faire pendant qu’elle était en couple, et ce, dans l’objectif de réaliser enfin ses rêves.

Je ressors totalement conquise de ce roman aux allures de petit bonbon sucré, idéal à lire entre deux lectures plus lourdes. Tiffany a su me captiver du début à la fin avec l’histoire d’Alba et j’ai eu énormément d’empathie pour la situation dans laquelle elle se retrouve.

Ce roman est un véritable dépassement de soi pour le personnage principal, qui doit absolument se reconstruire et ne pas se laisser abattre. Alba est un personnage empli de sensibilité et de bienveillance. Je l’ai trouvée pétillante et surtout, une véritable battante.

Tiffany a su travailler ses personnages. J’y ai retrouvé une certaine profondeur tant dans leur personnalité que dans le propos de l’intrigue, et j’avoue que je n’ai pas l’habitude de retrouver cela dans les romans du genre. En effet, sous couvert de bonne humeur et de positivité, il n’en demeure pas moins de belles valeurs qu’à voulu transmettre l’auteure, telles que la reconstruction de soi, l’amitié, et surtout l’oubli du regard des autres sur nous-mêmes. Elle a bien mis en exergue ce qui arrive trop souvent. Effectivement, combien de fois le regard d’autrui nous empêche de faire beaucoup de choses ?

La plume est d’une grande fluidité. Le roman se dévore tout seul, et les petits chapitres n’y sont pas pour rien, puisque grâce à eux, le rythme est dynamique. Tiffany a un style addictif et une fois commencé, le roman devient très difficile à lâcher. Je tiens également à accorder une mention spéciale à la couverture qui m’a totalement séduite,

Ce roman est un véritable petit bonbon sucré, servi par une héroïne touchante et combative, une plume fluide et une histoire bien plus profonde qu’il n’y paraît de prime abord. À découvrir.

Ma note : 17/20

Thriller

Je suis le fleuve

Je suis le fleuve de T. E. Grau

  • Auteur : T. E. Grau
  • Titre : Je suis le fleuve
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 9 janvier 2019
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

Subir. Survivre.

Depuis la fin de la guerre du Vietnam, Israel Broussard survit tant bien que mal à Bangkok. Cinq ans plus tôt, il a participé à la mystérieuse opération Algernon, au cœur de la jungle laotienne. Ce qui s’est passé là-bas ? Il ne s’en souvient plus, il ne veut plus s’en souvenir.
Et pourtant, l’heure est venue de s’expliquer…

L’intensité et la crudité dérangeante de sa prose font de Je suis le fleuve une expérience de lecture à nulle autre pareille. Ce voyage halluciné et sans retour à travers les méandres d’une psyché dévastée évoque irrésistiblement Apocalypse Now.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Broussard est un homme déchiré. Depuis la fin de la guerre du Vietnam, il essaie de se reconstruire à Bangkok. Pourtant, il doit faire appel à ses souvenirs. En effet, il a participé à une mission particulière dans le territoire laotien. Là, il a assisté à quelque chose qui l’a profondément bouleversé mais dont il se souvient à peine. Que s’est-il passé ?

Il faut que je vous prévienne d’emblée. Ce roman a été pour ma part une lecture très laborieuse, mais pourtant, je peux affirmer, après en avoir découvert tous les tenants et aboutissants, qu’il en valait la peine. Je ne vais pas vous mentir, l’idée de l’abandon m’a guettée pendant le début de ce récit auquel je ne comprenais pas grand chose et que j’ai trouvé très décousu.

L’auteur a voulu rendre au plus près le sentiment de perdition qui assaille Broussard, et c’est ce qui rend le tout si particulier à lire. Il y a des moments où j’ai trouvé que ce récit était totalement halluciné. Broussard est totalement perdu, déboussolé, et en essayant de se reconstruire, il entraîne avec lui le lecteur dans les méandres de ses pensées.

Il n’y a pas de réelle unité dans ce texte, et c’est ce qui m’a dérangée pendant à peu près le premier quart de ma lecture. D’un coup, on suit Broussard en plein dans sa thérapie actuelle, mais celle-ci vient se mélanger avec celle qu’il a suivie pendant la guerre. Cela se superpose et il faut s’accrocher. Le temps d’après, on retrouve finalement Broussard en plein dans le territoire laotien. Bref, sans aucune indication spatio-temporelle, j’avoue que je me suis perdue au début.

Et d’un coup, passé ce premier quart, et une fois que je me suis familiarisée avec tous les personnages et événements, j’ai suivi avec grande curiosité la suite des aventures de Broussard. J’étais réellement curieuse de savoir ce qu’il s’était passé et quel terrible événement a fait que notre protagoniste ait finalement été perturbé à un point inimaginable.

La force de ce roman réside sans aucun doute dans les personnages qui sont très bien construits et profonds. Le protagoniste est attachant, mais les personnages secondaires ne sont pas en reste et ont leur importance.

La plume est très plaisante. Ce thriller se lit assez facilement et l’auteur a prit le parti de découper son récit en plusieurs petits chapitres, ce qui rythme l’histoire.

Après un début compliqué, principalement dû au fait que j’ai trouvé ce roman très décousu, je me suis prise au jeu et j’avais envie de connaître le dénouement. C’est une expérience de lecture très particulière et qui ne complaît pas le lecteur dans la facilité. À lire pour découvrir quelque chose de novateur et d’original.

Ma note : 16/20

Contemporain

La science de l’esquive – Rentrée littéraire

La science de l’esquive de Nicolas Maleski

  • Auteur : Nicolas Maleski
  • Titre : La science de l’esquive
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Rien n’indiquait que c’était son jour. Il n’y avait rien de particulier dans l’air. En refermant la porte derrière lui, il savait que c’était la dernière fois. Il n’y avait plus à réfléchir. Sa décision était prise. Il restait à exécuter le plan. Les trottoirs étaient noirs de monde, les magasins happaient et recrachaient les badauds à jets continus. À cet instant il était encore un homme honnête. C’était facile en vérité de basculer dans l’horreur.»

Kamel Wozniak est en fuite. Locataire d’un meublé où pour rester invisible il faut se montrer habile, l’ancien boxeur sur ses gardes tente de se faire oublier le temps d’un été au vert. Mais de qui ? Et où s’arrête son plan B ? Difficile de disparaître dans une petite ville où un garçon comme lui, aux airs de desperado, n’est pas sans piquer les curiosités.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Kamel Wozniak semble avoir commis un geste terrible. Un geste qui le pousse à débuter une cavale qui devrait, si tout se passe bien, l’amener en Tasmanie. Mais tout d’abord, une halte s’impose dans une petite ville en France, où il fera la connaissance de personnages qui finiront par bouleverser ses plans.

C’est avec un sentiment particulier que j’ai refermé mon livre. Indéniablement, j’ai fait une excellente découverte littéraire, mais en y réfléchissant plus posément, je ne suis pas certaine d’avoir adhéré au déroulé de l’histoire que j’ai trouvé parfois trop long.

J’avoue que tout au fil de ma lecture, je me suis demandée sans cesse où voulait m’emmener l’auteur. Je n’arrêtais pas de me questionner et de chercher à comprendre ce qu’il était arrivé à Kamel pour fuir ainsi son quotidien. Si la réponse m’a totalement convaincue et m’a fait me questionner et réfléchir, c’est la lenteur de l’action et le flou dans lequel je me suis retrouvée avant d’en arriver à l’explication qui m’ont gênée.

Malgré tout, je pense que cela a été totalement voulu de la part de Nicolas Maleski, afin de nous surprendre totalement. Lorsque j’ai enfin saisi le fond du problème, j’ai trouvé très intéressant les questionnements que nous propose Nicolas, et la critique acerbe qu’il effectue avec brio. Je ne vous dirai bien évidemment pas de quelle thématique il s’agit, sous peine de vous spoiler totalement l’intrigue.

Je me suis totalement attachée à Kamel et j’ai trouvé ce personnage tout en nuances, torturé et très profond. L’auteur a su également faire évoluer aux côtés de Kamel toute une galerie de personnages secondaires qui sont eux aussi très bien réussis.

La plume de l’auteur n’est pas une plume que je pourrais qualifier de simple. J’ai trouvé son style âpre à la lecture par moments, parfois à la limite du caustique. Il est indéniable que ce roman est remarquablement écrit et Nicolas use de beaucoup d’effets de style. Malgré tout, cela se lit de manière très fluide.

Une très belle découverte, mais où le lecteur devra se montrer patient pour entrevoir une explication à la fugue du personnage principal. Un roman qui ne m’aura pas laissée indifférente et remarquablement écrit. Une excellente lecture pour ma part.

Ma note : 17/20

Romance

Du pacte au scandale

Du pacte au scandale de Maya Rodale

  • Auteur : Maya Rodale
  • Titre : Du pacte au scandale
  • Genre : Romance
  • Éditions : Harlequin
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 1 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Les ambitieuses de l’Âge d’Or

Elles sont brillantes et déterminées.

New York les fera triompher New York, 1895 J’y consens. Adeline regrette déjà son imprudence. Elle vient d’accepter de revoir le séduisant duc de Kingston pour l’aider à trouver la sublime héritière qu’il recherche. En retour, leur accord lui permettra d’accompagner le duc à des réceptions mondaines pour promouvoir ses créations de mode. Un tremplin inespéré pour lancer sa propre affaire à New York et devenir une femme d’affaires accomplie. Une femme moderne à l’extrême opposé du monde traditionnel auquel appartient le duc…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Harlequin pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Londres, 1895. Lord Brandon Alexander Fiennes, duc de Kingston, est appelé à s’occuper à son tour de son domaine impressionnant suite au décès de son père. Malheureusement, beaucoup de dettes viennent s’ajouter et Lord Kingston est pour ainsi dire ruiné. Comment pourrait-il contenter tout le monde, de sa famille à ses employés, sans argent ? C’est alors que son cousin, Lord Hewitt, lui fournit la solution. Partir à New York pour trouver une femme fortunée à qui il offrira le titre de duchesse contre sa dot. A peine débarqué, c’est le coup de foudre immédiat dans les couloirs de l’hôtel, suite à la rencontre d’Adeline, qu’il va croire être une jeune femme fortunée. Il n’en est rien, Adeline n’étant qu’une simple couturière. Est-ce réellement un amour impossible entre eux ?

Bienvenue dans un monde de paillettes, où la somptueuse couverture du roman n’est qu’un avant-goût de toute la féerie qui se cache derrière les pages. J’ai tout simplement été conquise par cette romance historique qui réunit tous les ingrédients du genre.

En effet, j’y ai trouvé passion, sensualité et amours contrariées. J’ai aimé suivre les aventures d’Adeline et son combat pour se faire une place en tant que styliste. Le personnage de Lord Kingston m’a fascinée par les belles valeurs qu’il dégage. J’ai craint pour ce couple impossible et pour les dilemmes qui assaillent chacun des personnages.

Lord Kingston doit absolument sauver son domaine et préserver famille et employés du besoin. Il sait que pour cela, il ne peut pas épouser n’importe qui. Adeline, quant à elle, doit préserver sa vertu et sa bonne réputation si elle veut voir se presser la clientèle à la porte de sa maison de couture. Les deux personnages sont donc assaillis par leurs doutes et c’est une très belle romance que nous propose l’auteure.

Outre le côté passionnel de l’histoire, j’ai fortement apprécié le contexte sociétal dans lequel l’auteure situe son intrigue. Effectivement, on est en pleine vague des suffragettes et des femmes qui luttent pour des droits qui, s’ils nous sont acquis de nos jours, ne l’étaient pourtant pas du tout à l’époque. Adeline est en quelque sorte la porte-parole de toutes ces femmes combatives et voulant faire valoir leurs droits.

La plume de l’auteure est addictive au possible. Une fois commencée, l’histoire est très difficile à lâcher. Les petits chapitres donnent énormément de rythme au récit et c’est avec une grande douceur que Maya Rodale nous parle de cette très belle romance.

Une romance historique qui m’a totalement séduite, de par ses personnages torturés à cause de leurs dilemmes intérieurs, de par le contexte sociétal que l’auteure soulève dans son intrigue et finalement, de par le monde de paillettes, de féerie et d’évasion totale qu’offre cette très belle histoire. Je recommande sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain auto-édité

La maison du bord de mer

La maison du bord de mer de Larème Debbah

  • Auteur : Larème Debbah
  • Titre : La maison du bord de mer
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 262
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Deux femmes dont le destin va être bouleversé, par des secrets, des mensonges, des trahisons.
Une disparition incompréhensible.
Une réalité inconcevable.

La vie peut nous paraître belle et sournoise, délicate et destructrice,
exceptionnelle et tragique.
Comment rester rationnel face à ces irruptions inattendues qui nous arrachent à nos êtres chers ?
Comment réagir et donner un sens à ce que nous ne pouvons concevoir ?
Comment apprendre à revivre, à sourire lorsque le pire s’abat sur nous ?
Parce que dans le fond, la vie est belle, quoi qu’elle puisse nous réserver.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Larème Debbah pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Rachel est une jeune maman de jumeaux, totalement surmenée. En effet, elle occupe un poste à haute responsabilité. Heureusement, d’un commun accord, elle a laissé à Alexandre, son mari, la logistique de la maison. Celui-ci s’est arrêté de travailler, pour pouvoir s’occuper des enfants. Tout semble aller pour le mieux, jusqu’à l’arrivée de Chloé, rencontrée par Alexandre lors d’une réunion de parents de l’école où étudient leurs enfants.

Quel roman émouvant. J’avoue que lorsque j’ai lu la quatrième de couverture, j’étais partie pour un thriller. D’ailleurs un événement qui survient après quelques chapitres et que je ne divulguerai pas pour ne rien spoiler m’a incitée à garder cette première impression. Et en fait, une fois l’explication de cet événement étrange arrivée, je me suis rendue compte que ce roman est plutôt à mettre dans la catégorie du drame.

Larème m’a bouleversée avec cette histoire empreinte de sensibilité. Il faut le lire dans un bon moment, puisqu’il remuera indéniablement le lecteur. J’ai refermé ce roman il y a quelques jours et j’y repense encore avec émotion. Larème confronte ses personnages à des situations extrêmes, où l’amour et l’altruisme seront les mots clés.

L’auteure va aborder des sujets délicats, et elle le fait avec beaucoup de sensibilité. Malgré le drame pesant de cette histoire, il reste tout de même une once d’espoir. Les situations sont extrêmes et poussent les protagonistes dans leurs derniers retranchements.

Les personnages sont bien travaillés et assez profonds. Le personnage de Rachel est tout simplement bouleversant et tout au long du roman, j’ai eu envie de lui tendre la main pour la soutenir dans ses épreuves. Les autres personnages ne sont pas en reste.

La plume de l’auteure est impeccable. Je tiens à le relever, puisqu’il s’agit d’un roman auto-édité et vous n’avez donc rien à craindre de ce côté. La syntaxe et l’orthographe sont soignées. L’écriture est fluide et les pages ont défilé.

Un roman qui ne laisse pas son lecteur indemne tant le sujet que l’auteure aborde est difficile. Elle le fera avec beaucoup de sensibilité et au travers de personnages attachants. Une excellente découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Nos rendez-vous – Rentrée littéraire

Nos rendez-vous d’Éliette Abécassis

  • Auteur : Éliette Abécassis
  • Titre : Nos rendez-vous
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 162
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ce roman d’une passion d’amour contrariée est aussi le roman d’une époque.
Amélie et Vincent se rencontrent, jeunes, à la Sorbonne à la fin des années 80. Chacun ressent un coup de foudre sans oser l’avouer à l’autre : aucun des deux ne se sent « à la hauteur », aucun ne fait le premier pas, aucun n’a la maturité de saisir son bonheur…
Ils se donnent rendez-vous, la jeune femme est en retard : A quelques minutes près, ce jour-là, ce n’est pas un simple rendez-vous qu’elle rate, c’est sa vie.
Puis la vie prend le dessus, les emporte malgré eux vers des destins qu’ils ne maîtrisent plus, leur fait prendre des bifurcations comme on emprunte des portes, puis des couloirs, de dix ans, de vingt ans, de trente ans…
On suit en parallèle la trajectoire intime et professionnelle d’Amélie et de Vincent, et chaque fois que les hasards de l’existence les remettent en présence, ce n’est pas « le bon moment ».
« Trente ans que nous nous connaissons… Des mariages, des divorces, des deuils, des enfants, des centaines de voyages, parfois au bout du monde, des succès, des échecs, des espérances déçues, des rêves d’enfance perdus, des enfances déchues…Trente ans de rêves et de désir ».

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris, fin des années 80. Alors que Vincent et Amélie sont étudiants à la Sorbonne, ils vont se croiser par hasard au détour d’un couloir. D’emblée, l’alchimie entre ces deux jeunes est immédiate. Ils passent la nuit à discuter et se donnent rendez-vous le lendemain dans un café. Vincent sera là, mais Amélie ne parviendra pas à passer outre le carcan de son éducation et ne se décidera pas à venir. Lorsqu’elle se rend compte qu’elle va passer à côté de quelque chose d’essentiel, elle accourt pour rejoindre Vincent. Ce sera trop tard, le jeune homme est parti. Il s’ensuivra alors des rendez-vous fortuits pendant près de trente ans entre ces deux êtres qui auraient dû être ensemble.

Je ressors conquise de ce magnifique roman et je peux même affirmer qu’il s’agit d’un coup de cœur. Éliette Abécassis m’a proposé une véritable parenthèse littéraire, emplie de douceur, d’amours, qu’elles soient réciproques ou contrariées. Je me suis laissée entraîner par ces personnages et leur histoire respective, avec en filigrane leur amour contrarié.

Éliette va nous offrir une analyse du couple d’une acuité rare. Elle va nous faire réfléchir, et immanquablement, je me suis questionnée. Elle va aborder le thème du véritable amour, mais aussi de la passivité dont on fait preuve bien trop souvent en ce qui concerne ce sentiment. Combien de personnes passent à côté de l’être aimé pour finalement épouser une autre personne par convenance, par le qu’en dira-t-on ?

Éliette Abécassis fait preuve d’une grande acuité et de beaucoup de clairvoyance. Elle évoque avec beaucoup de justesse les sentiments, et je n’ai pu que croire en cette histoire et me laisser emporter. Les deux personnages sont bouleversants, touchants, forts mais également faibles à bien des égards. Ils ne réussissent pas à se libérer pour vivre leur amour pleinement.

La plume est tout en douceur. J’ai été conquise par le style de l’auteure auquel j’ai totalement accroché. Le roman est court et pourtant, il est d’une densité émotionnelle rare. J’ai été en totale immersion et bouleversée par cette histoire de rendez-vous qui n’aboutissaient pas vraiment, finalement.

Un magnifique roman où l’auteure va décortiquer les relations amoureuses avec beaucoup de justesse et une grande acuité. Elle nous offre une analyse pertinente au travers de deux personnages qui devront se libérer pour pouvoir s’aimer, tout simplement. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Jeunesse

Ce que diraient nos pères

Ce que diraient nos pères de Pascal Ruter

  • Auteur : Pascal Ruter
  • Titre : Ce que diraient nos pères
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Didier Jeunesse
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La vie d’Antoine a basculé le jour où son père, chirurgien, s’est laissé accusé à tort d’une erreur médicale. Depuis, sa mère est partie et le quotidien est devenu plutôt morose. Peu à peu, le garçon se laisse entraîner malgré lui par une bande d’ados accros à l’adrénaline : il est complice de vandalisme, de cambriolage… jusqu’à un braquage, où tout bascule. Dans ce crescendo de violence, il ne se reconnait plus. Pourtant, il peut encore se battre pour sortir de cette situation infernale et retrouver le goût d’avoir la tête haute.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Didier Jeunesse pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Antoine, jeune adolescent, a grandi trop vite. En effet, son quotidien a été totalement bousculé lorsque son père, chirurgien renommé, est accusé à tort d’une erreur médicale. Les parents d’Antoine vont se déchirer et la mère va décider de s’en aller et de s’éloigner d’eux. Depuis, Antoine est seul avec son père et prend soin de lui du mieux qu’il peut, même si c’est loin d’être facile. C’est alors qu’il va commencer à faire de mauvaises rencontres qui vont l’entraîner dans le monde de la délinquance, jusqu’au braquage qui dérape totalement. Heureusement, Antoine a le soutien de Lucia, une jeune fille qu’il connaît depuis très longtemps.

Je ressors tout simplement conquise de ce roman. L’histoire d’Antoine et de son drame familial m’a énormément touchée. Voir comment son père sombre peu à peu dans une dépression pour une fausse accusation m’a vraiment chamboulée. L’auteur a maîtrisé son roman du début à la fin.

Pascal Ruter va aborder plusieurs thématiques sensibles et actuelles. Il va nous montrer comment un adolescent peut tout à coup perdre le nord, se retrouver totalement déboussolé face à un événement familial.

J’ai trouvé le personnage d’Antoine particulièrement bien réussi. Mais je dois dire que celui de Lucia est également bien construit. Ils sont touchants et j’ai eu envie d’aider Antoine à s’en sortir tout au fil des pages.

La plume de l’auteur est fluide. Certes, il s’adresse à un public jeune, mais l’écriture est mature et très soignée. J’ai trouvé ce roman très bien écrit. Il n’est pas trop long et donc idéal pour ceux qui n’ont pas l’habitude de lire beaucoup.

Un roman jeunesse très mature, où le personnage principal est totalement déboussolé suite à un événement familial. L’auteur aborde beaucoup de thématiques, et le fait en utilisant un ton qui sonne juste tout au fil des pages. Je recommande.

Ma note : 17/20

Policier

Congés mortels

Congés mortels de Didier Fossey

  • Auteur : Didier Fossey
  • Titre : Congés mortels
  • Genre : Policier
  • Éditions : Flamant Noir
  • Nombre de pages : 296
  • Parution : 12 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Juillet 1936. Corbigny, dans la Nièvre.

Paul Perrin, alias «?Le Bredin?», un paysan, sillonne la campagne en quête de femmes qu’il agresse et tue. Peu cultivé, mais rusé, il échappe aux enquêtes de gendarmerie. La mobilisation de 1939 va lui éviter beaucoup d’ennuis…

Juillet 2006.

Un couple de randonneurs est retrouvé décapité sur un chemin, près de Clamecy, dans la Nièvre. L’une des victimes est le fils d’un magnat de la presse parisienne. Une autre femme disparait peu de temps après. L’affaire est confiée au commandant, Boris le Guenn, de la BAC parisienne, qui se rend sur place. Mais après quelques jours l’enquête ralentit. Les éléments trouvés ne correspondent à rien. C’est alors que Boris rencontre Fernand, l’ancien du village, celui qui perd la tête. Le vieil homme lui assure que «?Le Bredin?» est revenu et qu’il est le meurtrier. Le commandant va tenter d’établir un lien entre le passé sombre de la France de 1940 et l’affaire actuelle, sans imaginer jusqu’où cette enquête hors de Paris le mènera.

Et si les propos du vieillard avaient un sens??

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Flamant Noir pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nièvre, 2006. Un couple est retrouvé assassiné dans des conditions atroces. Quelques temps plus tard, c’est un deuxième couple qui apparaît, assassiné dans d’étranges conditions. Encore quelques jours plus tard, c’est une jeune femme qui disparaît alors qu’elle faisait du vélo. Tous ces événements font curieusement penser à une série de meurtres surgis en juillet 1936, perpétrés par Paul, dit « Le Bredin ». Boris Le Guenn, commandant de la BAC parisienne, va se rendre sur les lieux des disparitions et commence alors une enquête des plus compliquées.

Voilà un roman policier remarquablement construit et qui m’a tenue en haleine tout au fil des pages. Il faut savoir que l’auteur a en quelque sorte sauvé cette enquête de son commandant phare, puisqu’il a bien failli la laisser aux oubliettes et ne jamais la publier. Il aurait eu tort, tant le roman est maîtrisé et le suspense présent tout au long de la lecture.

J’ai beaucoup aimé cette idée des deux arcs narratifs, l’un qui débute en 1936, et l’autre en 2006. Cela donne une bonne consistance au récit, et les parallélismes sont intrigants. L’auteur a maîtrisé ses deux parties du récit, et a su maintenir le rythme tant pour l’une que pour l’autre. J’ai presque eu l’impression de lire deux récits en un.

J’avoue que pour ma part, c’est la première enquête du commandant Le Guenn que je découvre. J’ai beaucoup accroché à ce personnage, et je vais donc m’informer sur les autres romans de l’auteur, que je lirai avec plaisir. Les personnages sont bien construits et ont leur part de mystère. J’ai beaucoup aimé l’équipe qui accompagne Le Guenn.

La plume est très fluide. Pas d’ennui dans ce polar qui est finalement assez court. L’auteur a su alterner avec maîtrise les chapitres entre les deux époques. Les petits chapitres donnent beaucoup de rythme à ce récit et les pages défilent.

Un très bon polar. Je ne connaissais pas du tout l’auteur, mais nul doute que sa maîtrise dans l’intrigue et ses personnages bien construits, m’ont donnée l’envie de découvrir d’autres titres. Je recommande.

Ma note : 17/20

Essai

Noël à Chambord

Noël à Chambord d’Émilie Lanez

  • Auteur : Émilie Lanez
  • Titre : Un Noël à Chambord
  • Genre : Essai
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 144
  • Parution : 30 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une voiture s’approche dans l’obscurité, elle roule prudemment sur les pistes sableuses de ce domaine grand comme Paris. Devant les cavaliers de la Garde républicaine, un homme, sans manteau malgré le froid cinglant, surgit. Autour de lui, cent hommes, des chiens, des sangliers morts et des dizaines de fusils chargés. L’homme écarte ses officiers de sécurité, il s’avance. Nous sommes le 15 décembre 2017, Emmanuel Macron est le premier président de la République à assister à un tableau de chasse.
Ainsi commence ce week-end à Chambord commence. La suite demeure un épais mystère. Aucune photographie officielle, un communiqué tardif et malhabile. Qu’est venu chercher, dans la Sologne marécageuse, le chef de l’Etat, accompagné de sa famille ? Ignore-t-il que tous ses prédécesseurs se sont méfié de ce château, où la monarchie faillit être restaurée ? Cinq cents auparavant, l’intrépide François 1er, que rien ne destinait au trône, a bâti ici ce miracle de pierres blanches. Il inaugurait son règne.
Dans ses pas, le jeune président ose tout. La promenade en calèche à pompons, le théâtre en costumes, le dîner dans le palais, les joggings en short et le déjeuner au bord de l’étang… Pendant deux jours, le président, qui n’a pas encore quarante ans, affronte-t-il l’Ancien régime ? Emmanuel Macron se croit invincible. Prudence, Chambord est un château vengeur…
Mêlant portraits, anecdotes, plongées historiques et confidences, Emilie Lanez nous offre un Noël gracieux, secret, où se retrouvent toutes les forces de l’ancien et du nouveau monde.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Chambord, décembre 2017. Une voiture arrive et débarque alors le président de la République, fraîchement élu, Emmanuel Macron. C’est un tableau de chasse auquel il s’apprête à assister. Mais qu’est-donc venu faire Macron à Chambord ? C’est le flou total. Émilie Lanez nous invite à découvrir les secrets de ce séjour et à pousser auprès de Macron les portes de ce château mythique, où François 1er inaugura son règne.

C’est un essai passionnant à bien des égards. Et pourtant, je ne pensais pas tant accrocher que cela au départ. Le récit débute par l’arrivée de Macron et par le tableau de chasse auquel il est le premier président à participer. Tout est décrit avec force détails. Difficile de savoir la part de recherches personnelles de la part de l’auteure ou la part de liberté qu’elle s’est accordée dans ces descriptions. Quoi qu’il en soit, cela ne pose pas de réel problème, puisqu’elle le fait de manière très habile.

L’auteure ne s’est pas juste arrêtée à nous raconter ce fameux week-end qui reste tout de même assez brumeux. Elle va également revenir sur François 1er et créer un parallélisme des plus intéressants entre le roi de France et l’actuel président de la République. C’est vraiment passionnant à suivre, puisque le tout est empli d’anecdotes curieuses. Incontestablement, Émilie Lanez a dû faire un grand travail de recherches en amont.

Le passé et le présent vont opérer une danse tout au long de ces quelques 150 pages, avec la chasse pour toile de fond. François 1er était un amateur de chasse à chambord et Emmanuel Macron l’a remise à l’ordre du jour à son tour quelques siècles plus tard. Émilie va revenir sur la volonté de Macron d’être du côté des chasseurs.

La plume de l’auteure est claire et précise. Malgré le peu de pages, elle a indubitablement su aller à l’essentiel. Cet essai est accessible à tous, il ne faut pas être un féru de politique pour s’y plonger. Au contraire, Émilie a tout fait pour que son récit soit adapté à tous.

Un essai passionnant, où l’auteure effectuera un parallélisme intéressant entre François 1er et Emmanuel Macron, avec pour toile de fond Chambord et la chasse. C’est plein d’anecdotes curieuses et très bien documenté. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Un hiver pour s’écrire

Un hiver pour s’écrire d’Angeles Doñate

  • Auteur : Angeles Doñate
  • Titre : Un hiver pour s’écrire
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 334
  • Parution : 13 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

S’écrire pour mieux s’aimer…

L’hiver arrive dans le petit village de Porvenir et, avec lui, une mauvaise nouvelle : le bureau de poste va fermer. Comme partout, la technologie a pris le pas sur les lettres et les gens ne s’écrivent plus.

Sara, mère célibataire de trois enfants, est la seule factrice du hameau. Elle s’apprête donc à quitter sa terre adorée pour la capitale. C’est compter sans la détermination de sa voisine et amie de quatre-vingts ans, Rosa, dont le coeur se brise à l’idée de son départ. La vieille dame concocte alors un plan pour sauver la poste de Sara en encourageant tous les habitants à se remettre à écrire des lettres! Déclarations d’amour, règlements de comptes et secrets enfouis sont soudain couchés sur le papier, bouleversant d’émotion tous les villageois.
Un roman charmant, qui nous parle du pouvoir des mots et des petits gestes qui apportent le bonheur dans nos vies.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Porvenir, un village de mille habitants en Espagne. Le service de poste où travaille Sara en tant que factrice est voué à disparaître. Et pour cause, malheureusement, plus personne ne s’écrit de lettres. Sara va donc être mutée à Madrid, loin de son village et de ses amis. Rosa, une vieille dame attachée à Sara, ne peut se résoudre à la voir partir. Elle va donc imaginer un procédé. En effet, elle va avoir l’idée d’une chaîne épistolaire sans précédent, pour que Sara soit toujours en mesure de travailler pour livrer les lettres.

C’est une lecture vraiment belle. J’ai été conquise, surtout par ce postulat de départ original et assez novateur. La chaîne épistolaire sera particulière. Rosa va d’abord écrire à Louisa, sa meilleure amie qu’elle a perdu de vue depuis soixante ans. La lettre va arriver entre les mains d’Alma, qui est la petite-fille de Luisa. Rosa va demander à sa destinataire de ne surtout pas briser cette chaîne. L’essentiel est de s’écrire, de ne pas répondre à l’envoyant mais plutôt d’envoyer un courrier à un nouveau destinataire. J’ai trouvé cela vraiment original.

Ce postulat de départ fournit donc un schéma narratif des plus intéressants. Les personnages recevant une lettre font leur appartition peu à peu dans le roman, et l’on apprend à les connaître et à s’attacher immanquablement à eux. Ils vont nous délivrer par petites touches leur passé. C’est une véritable tranche de vie des villageois présents à Porvenir que l’auteure nous propose. C’est empli de douceur et d’une grande sensibilité.

La plume est fluide et les lettres qui parsèment le récit sont un véritable point fort qui donne son caractère au roman. Les chapitres ne sont pas très longs, et le lecteur alterne avec le quotidien des divers personnages.

Un roman épistolaire qui apporte une petite touche d’originalité. C’est un roman empli de douceur et une fois dedans, on n’a plus envie de quitter les personnages de Porvenir. Une très belle lecture qui m’a émue à plusieurs reprises. Je recommande.

Ma note : 18/20