Contemporain

UnPur – Rentrée littéraire

UnPur d’Isabelle Desesquelles

  • Auteur : Isabelle Desesquelles
  • Titre : UnPur
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Benjaminquejetaime et Julienquejetaime. Les noms que leur a donnés leur mère, Clarice. Dans les ruelles de Paris, ils forment une famille tournesol aux visages orientés vers le bonheur. Seulement, le destin va en décider autrement. Quand un inconnu pose les yeux sur deux enfants en se demandant lequel il va choisir. Et tout leur enlever. Quarante ans plus tard s’ouvre le procès d’un monstre qui n’est pas sur le banc des accusés mais dans la tête de chacun. C’est sa victime que l’on juge. Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ? De l’Italie – Bari et Venise – au Yucatán – sa mer turquoise et les rites ancestraux maya – se déploie l’histoire d’un être dont on ne saura jusqu’à la fin s’il est un pur. Isabelle Desesquelles explore l’absolu de l’enfance, avec ses premières et surtout ses dernières fois, qu’à toute force on voudrait retrouver. À sa manière frontale, l’auteur éclaire l’indicible. Roman de l’inavouable et dissection d’un tabou, UnPur bouscule, interroge, il envoûte et tire le fil de ce que l’on redoute le plus.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Benjamin n’est qu’un jeune garçon, lorsque, lors d’un séjour à Venise auprès de sa mère et de son frère jumeau Julien, il se fait séquestrer par celui qu’il nommera Le Gargouilleur. Il y subira les pires sévices, allant jusqu’aux abus. Quarante ans plus tard, le lecteur retrouve Benjamin assis au tribunal sur le banc des accusés. Que s’est-il passé ?

Voilà l’un des romans les plus éprouvants que j’aie eu à lire récemment. L’histoire de Benjamin m’a tout simplement révoltée et bouleversée. J’ai éprouvé une sensation contante de malaise lors cette lecture. J’ai été mal tant c’est rude à lire.

Et pourtant, j’ai cependant plusieurs bémols à émettre. J’ai eu une réelle difficulté à adhérer à la plume d’Isabelle Desesquelles, que j’ai trouvée trop chirurgicale, laissant peu de place à l’émotion. Certains passages m’ont semblé obscurs, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises pour comprendre ce que je lisais, et à quelle époque on se trouvait, tant il manque d’indications temporelles. Il a fallu à chaque fois un temps de réflexion pour que j’intègre bien le moment auquel se déroule l’action.

Si la plume de l’auteure est indiscutablement belle, j’ai eu beaucoup de mal pour ma part. J’y ai retrouvé beaucoup de digressions et le style m’a paru parfois trop onirique. Malgré tout, et c’est incontestable, Isabelle Desesquelles a remarquablement bien construit ses personnages, notamment celui de Benjamin.

J’attendais probablement beaucoup plus de ce roman, mais cela n’en reste pas moins une très bonne lecture. Ce roman coup de poing ne peut pas laisser le lecteur indemne et on ressort éprouvé de ce livre.

Ma note : 16/20

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Contemporain

London Calling

London calling de Collectif

  • Auteur : Collectif
  • Titre : London Calling
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 222
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En 1979, le groupe The Clash sortait l’album London Calling. Trente ans plus tard, dix-neuf auteurs de polar français lui rendent hommage à travers autant de nouvelles inédites, chacune inspirée par l’un des titres de ce disque mythique. Des histoires tour à tour sarcastiques, haletantes, burlesques, tragiques, engagées, toujours noires – et toujours rock.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil de vingt nouvelles, au postulat de départ des plus originaux. Plusieurs auteurs se sont ainsi réunis pour rendre hommage au mythique groupe The Clash. Chaque nouvelle portera le titre de l’une de leurs chansons. J’ai trouvé que cela sortait des sentiers battus et que cela octroyait un charme spécial à ce recueil.

Et pourtant, j’avoue ressortir quelque peu mitigée. L’inégalité dans les récits proposés m’a posée un réel problème. En effet, si j’ai trouvé certaines nouvelles très réussies, ce ne fut pas le cas pour chacune d’entre elles. Parfois, je m’y suis perdue, j’avoue, ne sachant ni le but du récit ni dans quelle direction l’auteur a voulu m’emmener, et ayant ainsi une impression de désordre et d’incompréhension pour certaines. J’ai parfois l’impression d’être passée à côté.

Malgré tout, certaines nouvelles m’ont tout simplement charmée et conquise. J’ai trouvé que celle de Caryl Férey était très originale, prise sous une autre perspective. J’ai également été séduite par la nouvelle de Jean-Philippe Blondel, dont j’ai découvert sa plume et son talent de conteur tout récemment, avec son roman « La grande escapade », l’un de mes coups de cœur de cette rentrée littéraire.

C’est donc une belle découverte même si la déception a pointé le bout de son nez pour certains récits que j’ai trouvé décousus et parfois même dépourvus de sens. Malgré tout, avec ce large panel de récits, vous trouverez à coup sûr votre bonheur.

Ma note : 15/20

Contemporain

Maintenant, comme avant – Rentrée littéraire

Maintenant, comme avant de Juliette Arnaud

  • Auteur : Juliette Arnaud
  • Titre : Maintenant, comme avant
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 5 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans son village du Sud de la France, Rose a de grands projets pour célébrer son entrée officielle dans l’âge adulte. Puisque s’ouvre l’été de ses 18 ans.

Lorsque débarque sans prévenir Manette.
Qui se trouve être sa mère.

Celle qui s’est éclipsée, quand Rose était bébé, pour suivre sur les routes son groupe de rock préféré.
Abandonnant et l’enfant et le père.

Si cela ne tenait qu’à elle, Rose accueillerait son chat fugueur de mère à coups de balai.
Sauf qu’Emiliano, le père de Rose, n’a pas la même opinion des chats fugueurs en général, et de celui-là en particulier.

A-t-il jamais cessé d’aimer Manette ?

Débute alors un long, incertain et périlleux été.

Roman initiatique et tendre, Maintenant, comme avant évoque la famille décomposée, la question taboue des mères qui n’élèvent pas leur enfant et les maux d’amour avec un humour féroce.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Rose, jeune fille de dix-huit ans, vit élevée par son père Emiliano et sa grand-mère, depuis qu’un jour, lorsqu’elle était bébé, Manette, sa mère, décide de les abandonner. Rose vivra dans l’insouciance jusqu’au jour où Manette refait surface et sonne à la porte. Commence alors pour Rose un long chemin vers le pardon et la reconstruction, pour cicatriser les blessures d’avoir grandi sans sa mère.

Ce roman est tout simplement un coup de cœur, et pourtant, au début de ma lecture, rien ne laissait présager cet enthousiasme. En effet, je vous avoue avoir été totalement déroutée durant plus ou moins les deux premiers chapitres. Le style de l’auteure m’a étonnée, je ne m’attendais pas à cela.

Ce récit nous est narré par Rose, et cette dernière nous dit tout, sans filtre, tant ses pensées les plus profondes que son avis sur tout et rien. Elle s’adresse directement à nous, lecteurs, nous prend à parti souvent, se joue même parfois de nous. Si au début j’ai été très perturbée par la causticité des propos de Rose, par son franc-parler et son langage familier, je me suis finalement laissée séduire par cette originalité.

Sous couvert de mots rudes et où transparaît peu la sensibilité, l’histoire est pourtant d’une tendresse infinie. On ne peut que compatir avec Rose, qui a dû se construire sans mère pendant dix-huit ans et sa réaction de rejet lorsqu’elle voit réapparaître Manette comme une fleur est compréhensible. Sous forme de récit initiatique, Rose va apprendre à laisser de côté ses griefs, à évoluer, à transformer ses sentiments.

J’ai trouvé le personnage de Rose très bien dépeint et réussi. Sous sa carapace se cache une jeune fille qui a dû se battre, emplie de tendresse et de sensibilité. Elle est très nuancée et c’est sans nul doute un personnage qui va me rester en tête pendant longtemps.

La plume de l’auteure est parfaite. Même si, comme je l’ai deja dit, j’ai été troublée au début, force m’est de reconnaître que j’ai terminé totalement conquise. Les mots s’alignent d’une manière naturelle et les phrases coulent toutes seules de façon limpide. C’est très réussi.

Un véritable coup de cœur pour ce roman tendre au possible et servi par une héroïne forte mais avec beaucoup de faiblesses aussi, le tout sous forme de récit initiatique. À découvrir absolument.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le vin de Pâques – Rentrée littéraire

Le vin de Pâques d’Élise Fischer

  • Auteur : Élise Fischer
  • Titre : Le vin de Pâques
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Annelise est envoyée en reportage par sa rédaction à Villey-Saint-Etienne, petit village des bords de la Moselle, pour couvrir la distribution de vin aux villageois le jour de Pâques, une tradition locale séculaire. L’occasion pour cette quinquagénaire de s’éloigner quelques temps de sa vie bousculée entre un mari infidèle, deux grands enfants sur le départ et un père âgé en perte d’autonomie, enfermé dans son silence.
Sur la route des vignobles de Toul, les souvenirs ramènent Annelise une trentaine d’années auparavant, en 1969. Toute jeune cheftaine, elle a animé un camp scout non loin de là. Parenthèse enchantée où elle a connu son premier amour…
Pourquoi a-t-elle renoncé à ce garçon qu’elle aimait ?
Alors que son existence vole en éclats, Annelise prend conscience de la chape de secrets et d’interdits qui pèse depuis toujours sur ses épaules.
Est-il encore temps de se délivrer du passé ? Et au prix de quelles révélations ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque Annelise est envoyée par son travail à Villey-Saint-Etienne, commune du département Meurthe-et-Moselle, elle est à mille lieues d’imaginer tous les souvenirs qui vont refaire surface. Elle se rappellera de son tout premier amour, et des secrets perceront le jour.

J’ai beaucoup aimé ce roman, et ce, pour diverses raisons. Incontestablement, ce qui m’a le plus plu à été cette immersion totale dans cette région française que je ne connais pas du tout. L’auteure nous décrit amoureusement ces lieux et j’ai adoré me balader le temps d’un roman au travers des paysages et des traditions. J’ai trouvé cela particulièrement réussi.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Annelise, tout en douceur et qui est à un moment charnière de sa vie. Effectivement, entre son mari infidèle, ses enfants qui grandissent et se détachent d’elle, et son père âge et en perte d’autonomie, cela n’est pas facile pour elle au quotidien. Pourtant, je l’ai trouvée forte et c’est un personnage nuancé et empli de sensibilité.

L’intrigue est prenante, mais il ne faudra malgré tout ne pas s’attendre à des révélations fracassantes. J’ai suivi les aventures et les souvenirs d’Annelise avec beaucoup de plaisir et je me suis laissée porter par son histoire.

La plume de l’auteure est délicate, en totale adéquation avec ce qu’elle nous propose, tant au niveau du décor planté comme au niveau de son personnage féminin principal. La lecture se fait facilement, il suffit de se laisser bercer.

Un très joli roman, qui explore avec amour une très belle région française, aux côtés d’une héroïne délicate, sensible et forte. Une histoire de souvenirs qui refont surface peu à peu. Une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Célibataire, heureuse et prête à tout

Célibataire, heureuse et prête à tout de Katherine Heiny

  • Auteur : Katherine Heiny
  • Titre : Célibataire, heureuse et prête à tout
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Les jeunes héroïnes de Katherine Heiny ne sont pas des modèles de moralité : Maya est amoureuse de son petit-ami et de son patron. L’amant de Sadie l’appelle tout en partant rejoindre sa femme à une thérapie de couple. Gwen en pince pour son co-locataire, un homme qui est capable de lui tenir la main avant de lui dire qu’il la trouve moite. Et Sasha accepte de prendre un verre avec l’épouse de son amant, ce qu’elle regrette aussitôt.
Et au cours de ces onze instantanés de vie à la fois follement drôles et émouvants, elles vont se débattre avec des invités inopportuns, des fêtes d’anniversaire désastreuses, des amis loyaux mais paumés, et toutes sortes de situations compliquées.
Maya, qui apparaît dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, est le personnage qui relie toutes ces histoires entre elles. Elle nous entraine dans sa découverte du plaisir, du deuil et du mensonge et finalement de l’inconstance du cœur humain.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil de nouvelles, porté par des femmes fortes et ayant toutes le même point d’orgue, à savoir l’infidélité et l’adultère sous toutes ses formes. Ainsi, le lecteur découvrira à tour de rôle Sasha, qui ira boire un verre avec l’épouse de son amant, Gwen qui trouve son colocataire des plus séduisants et bien d’autres histoires.

J’ai trouvé ce recueil de nouvelle très original, et ce qui m’a le plus plu, c’est le fait que ce soient des femmes simples qui sont mises en avant. Malgré le côté immoral de la situation de chacune d’entre elles, l’auteure a su nous les rendre attachantes et j’ai suivi leurs aventures avec plaisir.

J’aurais cependant un bémol à émettre quant au dénouement de ces nouvelles que j’ai souvent trouvé abrupt et sans réel aboutissement, ce qui m’a laissée sur ma faim à plusieurs reprises. C’est pourquoi j’ai fortement apprécié de retrouver Maya, l’une des protagonistes, pendant trois nouvelles différentes à diverses étapes de sa vie. J’ai eu une impression de continuité en quelque sorte.

La plume de l’auteure est très entraînante et les pages ont défilé. J’ai fortement apprécié d’avoir retrouvé une certaine unité dans la qualité des nouvelles proposées, et un certain fil rouge.

Un recueil de nouvelles très réussi, même si j’aurais apprécié un dénouement plus abouti. J’ai aimé suivre les tranches de vie de ces femmes attachantes et toutes les nouvelles ont été intéressantes à suivre. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Opération âme errante – Rentrée littéraire

Opération âme errante de Richard Powers

  • Auteur : Richard Powers
  • Titre : Opération âme errante
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : cherche midi
  • Total de pages : 506
  • Parution : 5 septembre 2019
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Résumé

Richard Kraft est interne en chirurgie pédiatrique au Carver Hospital, à Los Angeles. Au cœur de cette mégalopole, qui a renoncé à l’idée même de service public, la pression est permanente. Maladie du corps social, maladie du corps physique : tout est sur le point de se défaire, de voler en éclats. Dans cette atmosphère explosive, Richard et sa collègue thérapeute Linda essaient de soigner un groupe d’enfants malades, des enfants qui semblent en savoir plus long qu’eux sur l’âme humaine et recèlent tous des secrets étonnants. À leur contact, la thérapie peut basculer dans l’enquête, et l’Amérique révéler ses failles les plus noires. Avec un humour grinçant et une empathie bouleversante, Richard Powers explore dans ce roman sous pression les racines de la survie et la mémoire de l’Amérique, grâce à une tribu d’enfants blessés mais, surtout, providentiels.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions cherche midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Los Angeles. Richard Kraft est chirurgien pédiatre au Carver Hospital. Il va décider de s’occuper d’un groupe d’enfants malades auprès de sa collègue thérapeute, Linda. Le contact avec ces enfants sera l’occasion pour nos deux protagonistes de sonder l’âme humaine et aboutir à bien des questionnements.

J’aime autant vous prévenir d’emblée. Ce roman est d’une densité incroyable et il vous faudra être actif pendant votre lecture pour ne pas vous perdre et rester concentrés. En effet, dès les premières pages, j’ai eu un aperçu de ce qui m’attendait tout au fil du roman. C’est sûrement ce schéma narratif qui m’aura empêchée d’apprécier incontestablement ce roman.

Et pourtant, ce récit m’a plu à bien des égards. La densité accompagnera la dimension émotionnelle du texte, parce que je dois le reconnaître, ma sensibilité a été mise à rude épreuve et a été à fleur de peau pendant tout le roman. La grande noirceur qui se dégage de ce récit est bien rendue, de manière très réaliste et j’ai été bouleversée.

J’ai eu parfois du mal avec le personnage de Kraft, que j’ai souvent trouvé froid, même s’il se protège sous sa carapace pour supporter tous les malheurs auxquels il voit ces enfants confrontés. J’ai nettement préféré celui de Linda, bien nuancée et sensible. J’ai totalement accroché à elle, et j’ai eu tendance à trouver qu’elle portait presque mieux l’histoire que Kraft.

La plume est vraiment très belle. Cependant, je n’ai pas accroché au schéma narratif. Effectivement, Richard Powers nous livre son texte avec des chapitres longs, voire beaucoup trop longs. D’autre part, beaucoup de digressions ont à maintes reprises coupé mon rythme de lecture. C’est dommage au vu de la qualité de la plume de l’auteur.

Au final, cela a été une belle découverte qui a réussi à me donner un aperçu de la plume de Richard Powers, que je découvre avec ce roman. Malgré tout, quelques éléments ont fait que je n’ai pas été en mesure de totalement apprécier cette lecture, notamment à cause de toute la noirceur qui émane du récit et les diverses digressions qui parsèment les pages. À découvrir ne serait-ce que pour la belle plume de Richard Powers et la dimension émotionnelle qui ressort de ce roman.

Ma note : 15/20

Historique

La folle ardeur

La folle ardeur de Michelle Tourneur

  • Auteur : Michelle Tourneur
  • Titre : La folle ardeur
  • Genre : Historique
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 25 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Pendant dix ans, trois des plus grands génies du romantisme ont vécu dans une étroite intimité.
Delacroix fait flamber la couleur dans ses toiles et dans ses somptueux décors muraux.
Chopin enchante le piano avec des irisations et des mirages.
Entre les deux, George Sand veille. Inspiratrice, admiratrice, amie, amante, parfois soignante.
Et la nuit, elle écrit.
Méandres amoureux, ardeur au travail, défi à tous les canons artistiques du temps.
Leurs lieux de résidence à Paris sont si proches qu’ils partagent repas, sorties au théâtre ou à l’opéra, fêtes officielles, soirées musicales.
Quand le besoin de paix se fait sentir, ils retrouvent la douceur du Berry : Nohant, le petit bois, la table abondamment servie, le grand Pleyel au salon.
Jusqu’à ce que la soudaine violence des événements mette en pièces leur étincelant trio.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Pendant plusieurs années, trois grandes figures du romantisme ont vécu dans une étroite relation. George Sand, Chopin et Delacroix se sont côtoyés, unis, désunis. Le lecteur suivra cette intimité décrite avec pudeur et réalisme.

Voilà un très beau roman, dont le postulat de départ a tout de suite attiré mon attention. Effectivement, suivre ces trois grands génies de leur époque avait tout pour me plaire et c’est une réelle réussite. Le tout reste très romancé et se lit très bien. C’est indiscutablement ce qui m’a le plus conquise dans ce récit. Je ne me suis pas ennuyée.

J’en ai énormément appris sur ces trois grands de leur époque. Cette incursion dans le monde de l’art a été réussie. Musique, écriture et peinture s’entremêlent dans un chassé-croisé incessant au fil des pages. J’ai aimé pouvoir découvrir le côté le plus humains de ces personnages et oublier presque leur côté inaccessible. L’auteure a su nous les créer attachants, profondément bouleversants, humains.

La plume est splendide, tout en lumière et en totale adéquation avec ce récit. En effet, une plume lumineuse est essentielle pour décrire cette incursion dans le monde l’art. Les chapitres sont courts, cela dynamise énormément le récit.

Ce roman constitue un véritable hommage à trois grands génies du romantisme, le tout servi par une écriture sublime et qui ravira le lecteur tout au fil des pages.

Ma note : 17/20

Contemporain

Même pas grave…

Même pas grave de Bleuenn Dumontier

  • Auteur : Bleuenn Dumontier
  • Titre : Même pas grave…
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 283
  • Parution : 5 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Mosaïque de personnages que l’on va découvrir, observer pendant un an, dans et autour du Centre Dumonde. Des gens que l’on voit rire, pleurer, aimer, se battre, vivre quoi ! Et qui nous questionnent.

Lise, mère célibataire, oscille entre culpabilité, amour infini et épuisement. Son tout petit, son grand dadais est trisomique. Rien ne la prépare aux changements de cette année-là. Charlie aime sa mère, l’amour, les frites, le cinéma et les copains. Mais il n’aime pas travailler ni qu’on le contrarie. Sophie, future éducatrice spécialisée, effectue son dernier stage au Centre Dumonde. Neuf mois dans ce centre d’accueil de jour pour personnes atteintes de handicaps et de maladies mentales. Une véritable aventure ! Gilles et Daphné veulent se marier, avoir des enfants, pleins de projets normaux. Mais voilà, c’est quoi être normal ? Florent et Maud, un veuf et sa fille poupée Barbie trisomique. Apprendre à vivre à deux et faire le deuil de celle qui les unissait, oser s’ouvrir aux autres. Roger, éducateur vieille école, sans diplôme, formé sur le tas, pas fan du changement le coco ! Mais le secteur social est en mouvement, pas le choix.

Mais, surtout, ce roman a pour but de déployer la montagne d’humour, de tendresse et de douce légèreté qui existe en chacun de nous.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lise est la maman de Charlie, jeune garçon trisomique qui se rend tous les jours au centre Dumonde. Sophie effectue son dernier stage au sein de ce centre et devra s’occuper de Charlie. À côté, nous suivrons le quotidien d’autres patients.

C’est vraiment un roman bouleversant, touchant et dont le sujet est traité avec beaucoup de tact et de sensibilité. Au travers des yeux de Lise, j’ai aperçu une palette des préjugés terribles qui règnent au sein de notre société. L’auteure a su aborder la thématique de la différence avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, sans jamais tomber dans la mièvrerie.

J’ai apprécié cette alternance de points de vue tout au long du récit. J’ai trouvé très intéressant d’avoir l’avis de Lise, son combat de mère, l’épreuve du regard des autres, mais également la perspective de Sophie, en stage, et pour qui ce n’est pas toujours facile. La voix est également donnée à Charlie. J’ai trouvé des trésors de tendresse tout au fil des pages et c’est vraiment émouvant.

La plume est très fluide, c’est bien écrit, et le lecteur se laisse totalement subjuguer par ces tranches de vie émouvantes et bouleversantes. L’auteure ne tombe jamais dans le pathos, au contraire.

Un très beau roman avec une thématique traitée avec délicatesse, sensibilité et émotion. Je ne peux que vous recommander cette lecture.

Ma note : 17/20

Contemporain

On ne peut pas tenir la mer entre ses mains – Rentrée littéraire

On ne peut pas tenir la mer entre ses mains de Laure Limongi

  • Auteur : Laure Limongi
  • Titre : On ne peut pas tenir la mer entre ses mains
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 28 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Comme le FLNC, Huma Benedetti est née en Corse en 1976, entourée des secrets de son histoire familiale, dans un climat de colère et de ressentiment muet. Mais tôt ou tard, les enfants devinent ce qu’on leur tait, et Huma aperçoit dans l’œil de ses ascendants le reflet du mystère soigneusement occulté.
Elle grandit dans une villa perchée sur un rocher, entourée d’une grand-mère acariâtre, d’une mère énigmatique et d’un père masquant sa sensibilité sous des kilos de muscles et de violence. Pour s’absoudre ou s’isoler, les parents confient leur fille en offrande à l’aïeule. Huma prend des leçons de piano, fait ses devoirs et partage même le lit d’une grand-mère qui la maltraite avec une âpreté curieusement vengeresse.
Au fil du roman, les histoires s’entrelacent, levant au fur et à mesure le voile sur le silence qui empoisonne trois générations. Que se passerait-il s’il était rompu  ? La honte sur la famille  ? Son implosion  ? Pire encore  ? De peur de révéler leur secret, ses gardiens assistent impuissants à la déliquescence de la famille et maintiennent entre eux une distance glaciale.
Cette distance, c’est aussi celle qui existe, géographique, irréductible, entre l’île et le continent reliés par le mystère d’une eau tour à tour brillante comme un miroir ou démontée comme une déesse vengeresse, une matière labile qui ne se laisse pas aisément appréhender. C’est aussi celle qu’entretiennent des tabous qui résistent au récit.
Pour raconter cette histoire, Laure Limongi retourne dans l’île de son enfance, vingt ans et dix livres après l’avoir quittée. Toute la palette de son écriture s’y déploie avec une maturité et une sensibilité rares.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Huma va retourner sur son île natale, la Corse, d’où elle est partie sans y remettre les pieds depuis plusieurs années. Pour quelles raisons est-elle partie ? Quels secrets cache sa famille ? C’est ce que le lecteur va suivre au travers du récit d’Huma, au fil des ans.

Je tenais à lire ce roman en premier lieu pour le cadre environnemental. Effectivement, dès que j’ai lu que l’intrigue se déroulait en Corse, j’ai eu envie de découvrir ce récit. Je n’ai pas été déçue. Laure Limongi nous offre une immersion totale dans l’île de beauté, où je me suis laissée transporter par les paysages. C’est un véritable roman d’ambiance que l’auteure réussit à merveille. À chaque page, on sent son amour pour la Corse.

Le deuxième point qui a attiré mon attention, c’est la présence d’un secret de famille, thématique que j’aime particulièrement retrouver dans mes lectures. Une fois de plus, c’est rondement mené. Les non-dits, les silences se font de plus en plus pesants au fil des pages. Même si parfois l’auteure m’a quelque peu perdue dans les méandres d’une intrigue très riche, je me suis laissée transporter par le récit d’Huma.

Le point fort de ce roman réside sans aucun doute dans la force de l’écriture. La plume est très belle, parfois véloce mais toujours avec une pointe de poésie qui se marie à la perfection avec le décor idyllique que nous propose Laure Limongi.

C’est donc une réussite. Avec une plume à la limite de la poésie, l’auteure aura su m’immerger dans un décor somptueux, le tout mêlé à une histoire de famille où les secrets ne demandent qu’à se dévoiler.

Ma note : 16/20

Thriller

Les yeux fumés – Rentrée littéraire

Les yeux fumés de Nathalie Sauvagnac

  • Auteur : Nathalie Sauvagnac
  • Titre : Les yeux fumés
  • Genre : Thriller
  • Éditions : J. C. Lattès / Le Masque
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 4 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Au centre, il y a Philippe. Philippe qui vit dans une cité et passe ses journées à traîner, fumer et piquer des bières au centre commercial. Philippe, entouré d’une mère qui le déteste ouvertement, d’un père effacé qui a renoncé depuis longtemps et d’un frère aussi beau que bête.
À côté, il y a Bruno, son pote baroudeur et destroy. Bruno qui raconte qu’il a fait le tour du monde, a connu les plus belles femmes, qu’il n’est là que de passage, avant son prochain voyage.
Autour, il y a Gros Riton, P’tit Louis, Mme Piccini, La Vieille, Flora avec ses seins d’enfant et Anne, la plus moche des moches. Et puis il y a les canards du parc qui s’étouffent avec des bouts de plastique, les grues et les murs qui tiennent avec les dealers, les gamins qui crient trop fort aux pieds des barres d’immeubles.
Les petites violences du quotidien n’atteignent pas Philippe, tant qu’il y a de la bière et les histoires de Bruno pour inventer un autre horizon que celui des tours de béton.
Jusqu’à ce qu’un drame vienne pulvériser son équilibre de papier et déclenche la bombe à retardement…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès / Le Masque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Philippe, jeune homme de dix-huit ans, passe son quotidien dans la cité qui l’a vu naître. Entre une mère qui le délaisse complètement au profit de son frère aîné, un père totalement effacé, et toute une panoplie d’amis particuliers, Philippe devra tout faire pour s’en sortir. Sans travail, sans but, il déambulera jusqu’au drame qui bouleversera tout.

Ce roman est tout simplement un petit bijou, livré brut et sans fioriture par l’auteure. Une véritable petite pépite de noirceur que j’ai dévorée quasiment d’une traite. Ici, c’est la psychologie qui est mise en avant et pas tant l’action. Cela ne va pas à toute vitesse mais happe plutôt le lecteur dans un univers rude, sans quartier et noir.

Nathalie Sauvagnac a réussi à m’immerger totalement dans la cité où évolue Philippe. C’est d’une grande densité psychologique et émotionnelle. Au travers des yeux de Philippe, on ressent tout son mal-être d’être tant à l’étroit, ses envies de liberté, d’évoluer. J’ai avancé dans ce roman en apnée, tant je sentait que la tension montait crescendo.

Le personnage de Philippe va longtemps me rester en tête. L’auteure a su créer un personnage qui va porter à lui tout seul l’intrigue. Le choix de narration de la première personne est plus que judicieux, puisqu’il permet une immersion totale dans le microcosme proposé par Nathalie Sauvagnac.

La plume de l’auteure est d’une fluidité incroyable. Les pages ont défilé. Le style est très épuré, mais riche, et surtout l’émotion transparaît au travers des mots, ce qui n’est pas chose aisée.

Un roman d’une rare densité psychologique, servi par un personnage principal fort et très bien dépeint. Ne cherchez pas l’action dans ces pages, mais plutôt l’émotion. Un roman auquel je vais beaucoup repenser. Une pépite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Chaque fidélité – Rentrée littéraire

Chaque fidélité de Marco Missiroli

  • Auteur : Marco Missiroli
  • Titre : Chaque fidélité
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 270
  • Parution : 14 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Carlo et Margherita s’aiment mais commencent à douter de leur capacité à rester fidèles. Quand Carlo est pris sur le vif avec son étudiante Sofia, le couple vacille, et Margherita, troublée, cède une fois à la tentation. Puis c’est au tour de sa mère, Anna, de se mettre à douter de la loyauté de son défunt mari. Pour contrer ce chaos intime, Margherita mise tout sur un appartement hors de prix qui pourrait assurément sauver son couple.

Neuf ans plus tard, ils y vivent, avec un enfant. Margherita a gardé sereinement en elle son secret, mais Carlo reste marqué par son infidélité ratée. Lorsque Anna, leur grande alliée, s’affaiblit, les doutes refont surface et l’ombre de Sofia revient planer. Et si finalement s’aimer, c’était toujours douter ?

Au coeur d’un Milan saisissant de réalisme, on arpente les rues comme les sentiments dans un roman subtil, tendre et piquant, et d’une désarmante authenticité sur l’amour et le désir.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Milan. Carlo et Margherita vont commencer à douter à tour de rôle l’un de l’autre. Margherita va se mettre à douter sur la fidélité de son mari et mettra tout en œuvre pour le garder auprès d’elle. Mais l’ombre de l’infidélité plane beaucoup trop pour permettre un bonheur complet.

Voilà un roman où tout est réellement dans la psychologie. Ici, pas vraiment de place pour l’action, mais plutôt pour les questionnements des personnages. L’auteur va habilement sonder les émotions humaines. Effectivement, ici, c’est la fidélité, la confiance en l’autre et la capacité à se reconstruire après une éventuelle infidélité qui seront analysées tout en finesse.

Les deux personnages sont très travaillés psychologiquement. Les caractères sont bien brossés et cela donne beaucoup de réalisme à l’histoire. Le tout reste très subtil et je me suis particulièrement attachée au personnage de Margherita, que j’ai trouvée touchante à bien des égards.

Le schéma narratif est très particulier. On passe d’un personnage à l’autre et le tout sans réelle délimitation. Cela peut perturber le lecteur, et pourtant, je dois reconnaître ne m’être jamais perdue au fil du récit.

La plume est subtile et délicate. Le tout se lit de manière très fluide et les pages défilent sans même s’en rendre compte.

Un roman très psychologique et qui soulèvera des questionnements intéressants sur la fidélité et la confiance au sein d’un couple. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Jeunesse

All Blacks Academy – Tome 1

Un rêve de champion de Samuel Loussouarn

  • Auteur : Samuel Loussouarn
  • Titre : Un rêve de champion
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Hachette Romans
  • Total de pages : 176
  • Parution : 28 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Moi, c’est Lucas. Le rugby, j’ai ça dans le sang : ma grand-mère vient de Nouvelle-Zélande, le pays des All Blacks, la meilleure équipe du monde ! Alors forcément, j’ai un rêve : celui de décrocher un ticket pour la All Blacks Academy, l’école qui forme les champions de demain. Il y a juste un tout petit problème : je suis plutôt du genre gringalet, et très timide… Et le club de rugby local n’a pas voulu de moi. Sauf que, sans club, je n’ai aucune chance d’intégrer l’Academy… Une seule solution : monter ma propre équipe. Avec ma cousine Jade, mon copain Elliott et une super bande d’amis, tout devient possible. Même si Mathis, mon plus grand rival, est prêt à tout pour que j’échoue…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Hachette Romans pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lucas, douze ans, va se voir dans l’obligation de déménager en Auvergne avec ses parents. De nature très timide, il craint énormément la rentrée scolaire. Son rêve, c’est intégrer l’équipe de rugby locale. C’est ce qui lui permettra d’accéder ensuite à la All Blacks Academy et où il pourra ainsi jouer en Nouvelle-Zélande. Malheureusement, il échoue à cette première sélection. Une seule solution s’impose : créer lui-même son équipe.

J’ai été conquise par ce roman jeunesse. Étant une néophyte totale en matière de rugby, j’avoue en avoir appris énormément sur le sujet. Tout est remarquablement expliqué, avec des notes en fin de chapitre, qui permettent de comprendre le jargon relatif à ce sport. C’est idéal pour les plus jeunes qui ne se sentiront jamais perdus lors de leur lecture.

J’ai trouvé les personnages attachants au possible. J’ai beaucoup ri avec eux. Chacun d’entre eux a son caractère bien dessiné. Il y a certains passages très drôles. J’ai suivi avec plaisir toutes leurs aventures.

Ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman, ce sont les valeurs que l’auteur essaie de véhiculer et qui transparaissent à chaque page. Effectivement, Samuel Loussouarn mettra en avant l’esprit de cohésion, l’amitié, l’effort, la persévérance pour réussir ses rêves. Le texte s’adressant en premier lieu à un jeune public, j’ai trouvé cela fort judicieux et réussi.

La plume de l’auteur est dynamique et pleine d’entrain. Les chapitres sont courts et le tout reste facile à lire, mais n’en reste pas moins très bien écrit et avec de belles sources d’informations tout au fil des pages.

Un premier tome très réussi qui saura ravir tous les publics. Nul doute que cela m’a donné envie de découvrir la suite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Nobelle – Rentrée littéraire

Nobelle de Sophie Fontanel

  • Auteur : Sophie Fontanel
  • Titre : Nobelle
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

 » En octobre dernier, quand, par un coup de téléphone, votre Académie a agité ses clochettes, c’est le nom de Magnus qui m’est venu en premier à l’esprit. Les choses naissent bien quelque part, et comment ne pas nous revoir, lui, le jeune garçon penché sur mes poèmes, et moi, au toupet illimité, qui le regardait lire… « 
À l’occasion de son discours de réception du prix Nobel de littérature, Annette Comte se souvient de ses dix ans et de celui qui lui a donné l’envie d’écrire. Elle raconte, émerveillée, ce que le flamboyant Magnus fut pour elle – et il fut tout – l’été 1972, dans le sud de la France. Mais ce n’est qu’en osant, à Stockholm, revenir ainsi sur cette première et immense peine de coeur qu’Annette prendra la mesure de ce qu’un écrivain demande à l’amour.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Annette, grande écrivaine, s’apprête à recevoir le prix Nobel de littérature. C’est lors du discours qu’elle fera lors de cette réception qu’elle se souviendra comment elle est devenue écrivaine et qu’elle fera appel aux souvenirs de son tout premier amour, Magnus, avec qui elle a passé un été inoubliable l’année de ses dix ans.

Ce roman n’est pas loin du coup de cœur, tant par la délicatesse de l’histoire que par la sensibilité qui émane de chaque phrase. Dès les premières lignes, je me suis totalement laissée porter par l’histoire d’Annette. Certes, elle est simple et pourtant elle est très touchante.

Le choix narratif de la première personne est très réussi. Il ne faudra pas oublier que le récit est raconté au travers des yeux d’une fille de dix ans, et que, par conséquent, les mots sont simples. Le tout reste très délicat, sans jamais tomber dans la mièvrerie. Les sentiments sont purs et j’ai totalement été conquise par le récit d’Annette.

Au travers de cette histoire d’amour, la protagoniste va se livrer et nous en dire plus sur ce qui lui a permit de réaliser son grand rêve de devenir écrivaine. J’ai trouvé le personnage d’Annette très attachant et très bien travaillé. Les émotions sont bien rendues.

La plume est tout en douceur et en totale adéquation avec l’histoire. Chaque mot est choisi avec soin et le tout sonne juste et réaliste. Le récit est découpé en plusieurs petits chapitres et cela donne un très bon rythme à l’ensemble.

C’est donc un roman tout en finesse, empli de délicatesse et de sensibilité, sans jamais tomber dans la mièvrerie, bien au contraire. J’ai été conquise par cette très belle histoire.

Ma note : 17/20

Contemporain

La campagne n’est pas un jardin – Rentrée littéraire

La campagne n’est pas un jardin de Stéphane Fière

  • Auteur : Stéphane Fière
  • Titre : La campagne n’est pas un jardin
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Phébus
  • Nombre de pages : 368
  • Parution : 15 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Rien n’est immuable. Même pas Dorlange, un village enclavé au centre de la France. Depuis quelques années, des néo-ruraux s’y sont installés à la recherche d’un rencontre charnelle avec la terre, d’une existence digne et sans artifice ! Mais pour les agriculteurs d’origine, ces citadins sans attaches et sans souvenirs sont surtout des intrus, flanflans, pioupious et autres cassosses. La coexistence n’est pas toujours facile. Un évènement met le feu aux poudres : l’obligation d’accueillir des demandeurs d’asile syriens dans le village.

Antoine, reporter pour L’Écho du Temps, se fait le chroniqueur des luttes entre les deux partis. D’un côté, le maire et ses guerriers en charentaises et pulls tricotés maison, qui crient à la colonisation de leurs territoires. De l’autre, les anciens urbains, bobobéats, qui brandissent leur idéal de solidarité.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Phébus pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Dorlange, village enclavé au centre de la France. Néo-ruraux et agriculteurs de toujours se livrent une lutte acharnée qui va se voir bouleversée par un événement. Effectivement, ils vont se voir dans l’obligation d’accueillir des réfugiés syriens dans leur village. Antoine, reporter à L’Écho du Temps, se fait chroniqueur de ces événements.

C’est malheureusement assez perplexe que je ressors de ma lecture. C’est tout d’abord le côté roman rural qui a attisé ma curiosité. Je trouve qu’il y avait matière à faire mieux, et surtout à faire avec moins de clichés, de poncifs. J’ai eu l’impression constante d’une caricature. Je pensais trouver un ton léger mais il n’en fut rien, bien au contraire.

Tout le roman est beaucoup trop caustique à mon goût. Le ton est acerbe, et le personnage d’Antoine a réussi à m’agacer à plusieurs reprises. Le sujet de départ me plaisait beaucoup. J’aurais aimé le voir traité avec plus de sensibilité et plus de finesse.

Au niveau de la plume, je n’ai aucun grief, bien au contraire. C’est très bien écrit, le roman est bien construit, mais il m’a manqué plus de finesse, de sensations. De plus, il m’a semblé qu’il manquait un fil rouge à ce roman. En effet, j’ai eu la sensation que l’auteur se perdait en digressions et s’éparpillait parfois un peu trop.

Sans être une déception totale, j’avoue malgré tout être un peu passée à côté de ce que l’auteur nous proposait. L’idée de départ était excellente, mais le tout à manqué de sensibilité et je n’ai pas toujours accroché avec le ton acerbe et caustique.

Ma note : 12/20

Contemporain auto-édité

Cinq nouvelles riches en émotions

Cinq nouvelles riches en émotions d’Anne-Marie Puyhardy

  • Auteur : Anne-Marie Puyhardy
  • Titre : Cinq nouvelles riches en émotions
  • Genre : Contemporain
  • Éditeur : Auto-édité
  • Nombre de pages : 35
  • Parution : 29 janvier 2016

Résumé

Vous aimez les nouvelles courtes? Le monde des jeux vidéo, une balade exotique, l’apparition d’une échéance terrible, les affres d’un candidat qui attend les résultats de l’envoi d’un CV, un objet injustement accusé d’homicide…inspirent ces cinq nouvelles qui vous proposent bien des surprises.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Anne-Marie Puyhardy pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un tout petit recueil de cinq nouvelles, toutes très différentes les unes des autres, mais avec exactement le même point d’orgue, à savoir une chute totalement inattendue.

L’exercice de la nouvelle est toujours très compliqué, puisqu’il faut savoir happer le lecteur dès le début. Ici, c’est plutôt le contraire qui s’est produit pour moi. Sans forcément être conquise par le début de chacune d’entre elles, j’attendais plutôt d’en arriver à la fin pour en connaître la chute. Effectivement, au bout des deux premières nouvelles, j’ai saisi la manière de procéder de l’auteure. Elle a tout misé sur l’effet de surprise et le dénouement inattendu de ces courts récits. Sans forcément être subjuguée dès l’amorce de chaque nouvelle, je les ai malgré tout suivies avec plaisir puisque je savais qu’il y aurait une surprise à la clé.

L’auteure a réussi à bien m’avoir, notamment en ce qui concerne la deuxième nouvelle intitulée « Danger mortel ». J’étais convaincue d’avoir saisi où voulait m’emmener Anne-Marie et il n’en fut rien, finalement. La chute de la nouvelle intitulée « Un C.V. presque parfait » m’a bien plu également.

Il est vrai que, de prime abord, ces nouvelles peuvent manquer de relief et paraître quelque peu simplistes, mais il y a de bonnes idées. Cependant, il faudrait donner plus de maturité à ces récits qui paraissent parfois un peu trop scolaires. Malgré tout, le charme a opéré et je me suis laissée surprendre.

La plume est parfaite, que ce soit au niveau du style, comme au niveau de la syntaxe et de l’orthographe. Le texte n’en est que plus agréable à lire. Je serais curieuse de voir ce que le talent de l’auteure donnerait dans un roman abouti.

J’ai donc passé un bon moment de lecture avec ces nouvelles qui réservent bien des surprises. Si parfois cela m’a paru un peu trop simpliste et pas assez abouti, nul doute que j’ai découvert ce recueil avec plaisir.

Ma note : 15/20

Contemporain

Le plus fou des deux – Rentrée littéraire

Le plus fou des deux de Sophie Bassignac

  • Auteur : Sophie Bassignac
  • Titre : Le plus fou des deux
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Que répondre à un inconnu qui vous met au défi de l’empêcher de se suicider le soir du réveillon ? Qu’on va l’aider, bien sûr, à changer d’avis. Surtout si, hasard ou prédestination, vous avez déjà été confronté à la même sommation trente ans plus tôt par votre propre père…
Marionnettiste célèbre, Lucie Paugham va ainsi commettre l’imprudence de faire entrer un inconnu dans sa vie. Au risque de faire voler en éclats tout ce qu’elle a construit.
Illusion, trahison, humiliation et désir de vengeance sont au cœur de ce roman d’une noirceur jubilatoire, dressant l’autoportrait sans concession d’une artiste totale livrée à des passions qui la dépassent.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lucie Paugham, marionnettiste de son métier, va voir son quotidien totalement chamboulé lorsqu’elle décide de se rendre au cinéma un soir de réveillon. En effet, un inconnu prénommé Alexandre va s’assoir à côté d’elle, et lui fera une requête qui la bouleversera : « Donnez moi une bonne raison, une seule, de ne pas me suicider cette nuit !». Ces mots vont faire écho aux mots prononcés trente ans plus tôt par son propre père qui est passé à l’acte. Elle décidera donc de tout faire pour aider ce jeune homme.

Voilà un postulat de départ original et je dois dire que ce roman m’a beaucoup plu, même si j’ai cette impression bizarre d’être ressortie avec une sensation d’inachevé. Cette histoire m’a quelque peu laissée sur ma faim, et j’ai le sentiment que le tout aurait pu être davantage étoffé. Il m’a semblé que par moments, l’auteure se perdait parfois en digressions qui n’apportaient pas un réel relief au propos du récit.

Et pourtant, je dois avouer que j’ai dévoré ce roman sans même m’en rendre compte. L’auteure part ici dans une grande originalité et sort des sentiers battus en nous proposant une héroïne marionnettiste. Cela m’a donné l’occasion de mesurer l’ampleur des clichés qui entourent cette profession, les idées reçues que l’on peut avoir à ce sujet. De plus, cette profession sert à la perfection l’intrigue, puisque dans ce récit il sera maintes fois fait référence à la manipulation, au comportement gestuel de tout un chacun.

L’héroïne est très complexe, peut-être même trop par moments. Malgré tout, elle reste totalement crédible, avec ses blessures, son quotidien soumis au regard des autres de par sa profession, sa vie de famille peu commune. Je l’ai trouvée très attachante, très bien dépeinte et tout en nuances. J’aurais aimé que l’auteure tente également d’approfondir ses personnages secondaires. Hormis la sœur de Lucie, les autres sont esquissés.

La plume est très belle. Chaque mot est choisi avec soin et trouve sa place naturellement dans un assemblage parfait. Malgré tout, il m’a manqué le facteur émotion. Le tout reste un peu froid, un peu technique et laisse peu de place à l’émoi.

C’est donc un avis qui peut sembler mitigé. Malgré tout, je ne peux que vous conseiller de découvrir ce roman et de vous faire votre propre idée. Entre originalité et complexité, le tout servi par une belle plume, Sophie Bassignac nous livre ici un roman qui saura faire mouche.

Ma note : 16/20

Contemporain

La grande escapade – Rentrée littéraire

La grande escapade de Jean-Philippe Blondel

  • Auteur : Jean-Philippe Blondel
  • Titre : La grande escapade
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 265
  • Parution : 15 août 2019
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

On rit. C’est étonnant parce que, pris séparément, aucun d’entre eux ne pensait que la situation les pousserait à l’hilarité – or, de façon tout à fait inattendue, ils font contre mauvaise fortune bon cœur et les voilà qui s’esclaffent et qui se mettent à papoter, retrouvant les réflexes de cour de récréation, mais avec cet air de liberté unique qu’apporte avec lui l’Arbalète filant vers Paris.

1975. Tandis que le pays subit les effets du premier choc pétrolier, que les femmes revendiquent leurs droits et que la mixité s’impose dans les cours de récréation, rien ne semble devoir troubler le quotidien des familles d’instituteurs du groupe scolaire Denis-Diderot. À moins que le train du changement ne s’engouffre tout à coup dans les classes et les corps et ne redessine les frontières d’un monde très différent.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Année 1975. Alors que c’est une époque charnière pour la France, avec bien des chamboulements à venir, cela n’empêche pas les familles d’instituteurs du groupe scolaire Denis-Diderot d’évoluer à leur rythme et presque en autarcie, tant ils s’y sentent bien. Professeurs et élèves vont se côtoyer dans un quotidien simple mais riche en émotions.

Ce roman a été un véritable coup de cœur pour ma part. Tout m’a plu, j’ai été conquise et je n’avais pas envie de quitter cet univers que l’auteur a su créer. Jean-Philippe Blondel a su plonger son lecteur dans un microcosme scolaire, où les personnages sont attachants et émouvants. Il a réussi à m’immerger totalement dans cette petite société, dans laquelle je me suis laissée emporter sans jamais me lasser.

J’ai beaucoup aimé suivre cette France en pleine métamorphose. L’auteur a su intégrer ces changements à la perfections dans son récit. Ainsi, c’est l’arrivée de la mixité dans les salles de classe, les femmes se battent pour leurs droits. Au travers de personnages simples, l’auteur a su nous parler de ces évolutions.

Les personnages sont touchants, tant les instituteurs que les élèves. Tous sont très bien dépeints et émouvants. J’ai été séduite et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre leurs péripéties. L’histoire est simple, banale, mais pourtant d’une grande profondeur.

La plume de l’auteur est tout simplement parfaite. Jean-Philippe Blondel a un réel talent de conteur. Chaque mot est placé de manière à créer une harmonie parfaite. J’ai dévoré ce roman sans même m’en rendre compte, tant le style est plaisant.

Un véritable coup de cœur pour ce roman simple et pourtant très profond. J’ai adoré me plonger dans ce microcosme scolaire, pendant une période où la France se métamorphose. Un roman à ne pas manquer.

Ma note : 18/20

Thriller

Lésions intimes

Lésions intimes de Christophe Royer

  • Auteur : Christophe Royer
  • Titre : Lésions intimes
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Taurnada
  • Nombre de pages : 414
  • Parution : 12 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Nathalie lesage, capitaine au caractère bien trempé, travaille au sein d’une brigade spéciale de la BRP. Elle aura fort à faire pour démanteler la branche proxénétisme « Gorgona », spécialisée dans l’organisation de soirées parisiennes.. Elle devra côtoyer un milieu où règnent la perversion et les pratiques extrêmes. Victime d’un banal accident, l’enquête va alors prendre une tournure inédite et le décès de son frère l’obligera à renouer avec son passé et sa Bourgogne natale, à Montceau les Mines…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Taurnada pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. Nathalie Lesage, capitaine de police, va se voir confier une affaire des plus délicates. Elle devra démanteler une branche de proxénétisme surnommée « Gorgona » et qui sévit depuis plusieurs mois dans la capitale. D’horreurs en horreurs, elle ne fléchira pas pour résoudre l’affaire.

Voilà un thriller qui m’a totalement chamboulée, de par le côté cru de l’intrigue. L’auteur n’épargne pas son lecteur et le fait plonger dans tout ce qu’il y a de plus noir et de plus dur à supporter.

J’ai été totalement happée dès la première ligne. L’auteur a su créer un personnage féminin qui portera l’intrigue, presque à elle seule. Avec son caractère bien trempé, elle ne va reculer devant rien pour découvrir la vérité et atteindre son but. J’ai totalement accroché à ce personnage haut en couleurs, mais qui est pourtant à fleur de peau. On sent ses fêlures, ses failles, mais sa force est bien présente.

L’intrigue est complètement prenante. Une fois que j’ai débuté ce roman, il m’a été très difficile à lâcher tant je voulais savoir la suite. Le roman est très bien construit, et chaque chapitre a pour titre une date, l’endroit où l’on se trouve et l’heure, ce qui favorise totalement la compréhension de la temporalité. Beaucoup de rebondissements sont présents dans cette histoire qui va à toute vitesse.

La plume de l’auteur est très plaisante et addictive. Elle est très acérée, incisive et percutante. C’est en totale adéquation avec l’intrigue. Ce thriller est très bien écrit. J’ai eu beaucoup de mal à le lâcher, même si j’ai fait quelques pauses pour souffler un peu et sortir de cette chape de plomb que l’auteur a su créer.

Un thriller sans fard, incisif, percutant, puissant et qui ne laisse aucun répit à son lecteur tant l’auteur aura réussi à l’immerger dans son intrigue. Une excellente lecture que je vous recommande sans hésiter.

Ma note : 17/20

Jeunesse

Le carnet de Maden

Le carnet de Maden de Cloé Duc et Tatiana Duc

  • Auteur : Cloé Duc et Tatiana Duc
  • Titre : Le carnet de Maden
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : HLAB
  • Nombre de pages : 137
  • Parution : 1 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Retrouvez les aventures de Maden avant sa rencontre avec Naola, la petite serveuse du Mordret’s Pub !
Maden mène une vie tranquille, entre son frère, les entraînements à la voile et la pêche, loin des conflits de la Fédération.
Mais la paix ne peut pas durer éternellement, et tout bascule quand les sorciers attaquent son petit village breton et enlèvent tous les jeunes enfants.
Parti à la recherche de son frère kidnappé, une périlleuse quête débute pour Maden. Elle le mènera au cœur des Halles Basses de Stuttgart, un monde dont il lui faudra rapidement comprendre les règles, s’il ne veut pas y perdre un morceau de lui-même…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HLAB pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Bretagne. Maden vit dans l’insouciance aux côtés de son frère, jusqu’au jour où ce dernier va se faire enlever par les sorciers ayant attaqué son village. Une quête effrénée va alors débuter pour Maden. Il fera tout son possible pour retrouver son frère.

Ce court roman est en quelque sorte un véritable intermède entre deux tomes des aventures du Mordret’s Pub. Ici, la voix est donnée à Maden, personnage emblématique de la saga. J’ai beaucoup aimé en apprendre davantage sur lui, et j’ai trouvé ce petit roman très réussi.

J’ai fortement apprécié le schéma narratif, puisque le tout est raconté par Maden sous forme de carnet de bord. Les chapitres sont donc très courts, puisqu’ils correspondent chacun aux notes relatives à une journée. Le rythme est donc soutenu et l’on n’a pas le temps de s’ennuyer.

J’ai suivi les aventures de Maden avec curiosité. Les auteures ont su instaurer un bon suspense et plusieurs rebondissements qui ont rendu cette lecture addictive. Ce court roman peut se découvrir d’une traite, tant il est facile à lire. Une fois commencé, il devient très dur à lâcher.

La plume est prenante. Il ne faut pas oublier qu’ici, c’est Maden qui s’exprime et donc le style est en parfaite adéquation avec ce personnage. Le choix du carnet de bord et donc de la première personne permet au lecteur une immersion totale.

Un bon roman qui constitue une parenthèse parfaite entre deux tomes des aventures du Mordret’s Pub. Le héros est attachant et le lecteur appréciera d’en savoir un peu plus sur lui.

Ma note : 16/20

Fantastique auto-édité

Enquête Paranormale 2.0

Enquête paranormale 2.0 de Sylvain Silvestro

  • Auteur : Sylvain Silvestro
  • Titre : Enquête paranormale 2.0
  • Genre : Fantastique
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 125
  • Parution : 2 novembre 2018

Résumé

Une histoire fantastique et angoissante qui cache une tragédie familiale. Trois amis qui ont les mêmes centres d’intérêt, se sont lancés dans la nouvelle tendance du web : mettre en ligne des vidéos d’enquêtes sur les phénomènes paranormaux. Depuis deux ans, ils écument toutes les bâtisses abandonnées de Provence avec leur matériel dernier cri. Ainsi, ils espèrent capturer des preuves de l’existence d’entités paranormales. Chacun des trois amis participe à ces enquêtes pour atteindre un objectif qui lui est propre. Un jour, ils reçoivent une proposition d’enquête différente des autres. Une proposition qui va peut-être leur amener les réponses qu’ils cherchent tant…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur Sylvain Silvestro pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Provence. Sylvain, Stéphane et Victor, amis de longue date, partagent la même passion. En effet, ils partagent en ligne leurs vidéos d’enquêtes sur les phénomènes paranormaux. Un jour, ils reçoivent la requête d’une certaine Diane. Cette dernière souhaite vendre sa maison mais leur demande au préalable d’enquêter pour savoir si cette habitation est hantée ou non.

Voilà un roman qui se lit d’une traite tant c’est plaisant et l’histoire est prenante. À la frontière de la nouvelle, puisque ce récit comprend à peine plus de cent pages, ce court roman garantit des frissons assurés à son lecteur.

Ce que j’aime particulièrement avec les romans de l’auteur, c’est que le lecteur ne reste jamais sans explication. La fin est toujours bien expliquée, la raison du phénomène paranormal également. Ici, on ne déroge pas à la règle. La fin permet au lecteur de comprendre ce qui se passe. Pour ma part, elle m’a en plus surprise puisque je ne m’attendais pas à ce dénouement.

En très peu de pages, Sylvain a su créer une ambiance stressante et angoissante digne des films d’horreur. Je peux cependant regretter qu’il n’y ait pas eu davantage de pages, pour pouvoir faire monter encore plus la tension et avoir une meilleure approche psychologique des personnages. Ici, tout va parfois trop vite. Malgré tout, l’auteur sait happer son lecteur dès le début.

La plume de Sylvain est toujours aussi plaisante, tant elle est addictive. Le style est très visuel et c’est l’idéal pour écrire des romans d’horreur, puisqu’il faut que le lecteur soit immergé dans le texte. J’avais déjà lu « Ethan » du même auteur. Si je l’avais légèrement préféré à celui-ci de par le fait que je l’avais trouvé plus abouti, Enquête Paranormale 2.0 reste une excellente découverte.

En peu de pages, ce court roman saura vous faire frissonner et vous surprendre. Si vous ne connaissez pas les récits de cet auteur, je vous invite à le découvrir sans hésitation.

Mamnote : 16/20

Historique

Histoire d’Adrián Silencio – Rentrée litteraire

Histoire d’Adrián Silencio d’Éléonore Pourriat

  • Auteur : Éléonore Pourriat
  • Titre : Histoire d’Adrián Pourriat
  • Genre : Historique
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 350
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Qui était Adrián Silencio, le grand-père de Cléo ? Un musicien. Un réfugié du régime franquiste. Oui mais encore ? Cléo ne sait rien de ses ancêtres, tout le monde autour d’elle s’étant employé à se taire.
Alors qu’elle s’apprête à quitter Paris pour l’Amérique, elle se plonge dans le cartable où son grand-père a regroupé les papiers d’une vie et remonte le temps, jusqu’au cœur de la tourmente européenne des années trente. Quelle vie Adrián a-t-il quittée ? Qui a-t-il laissé derrière lui ? Puisque personne ne peut lui raconter cette histoire qui est la sienne, il faudra que Cléo l’écrive.
À la fois enquête, fresque familiale et hommage à tous les exilés, Éléonore Pourriat signe avec Histoire d’Adrián Silencio un premier roman vibrant sur le pouvoir consolant des mots et de la littérature.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Cléo est une jeune femme en quête de ses racines et de son passé. Elle décide d’en apprendre plus sur ce grand-père espagnol exilé, Adrián. Étant très petite lors de sa disparition et se souvenant très mal de lui, elle va décider de reconstituer le puzzle. Personne ne lui révèle quoi que ce soit dans sa famille et pour tout point de départ, elle n’aura qu’un cartable avec des documents importants. Une longue quête va alors débuter.

C’est tout d’abord le contexte historique qui m’a donné envie de lire ce roman, et c’est une réussite, même si j’en attendais davantage malgré tout. Le passé de ce grand-père se situe pendant le régime de Franco et son exil. J’ai trouvé cela très intéressant. J’aime beaucoup les romans qui mêlent habilement la petite histoire à la grande Histoire.

J’ai beaucoup aimé la quête de Cléo, ce besoin viscéral qu’elle a de savoir. L’auteure abordera la problématique des non-dits dans les familles, et ses conséquences désastreuses sur ses membres. Cleo est tout simplement touchante, mais j’ai également apprécié la force dont elle fait preuve pour se lancer dans cette recherche.

L’intrigue est bien menée, mais j’avoue avoir ressenti quelques longueurs parfois. D’autre part, je n’ai pas réussi à toujours ressentir l’émotion que j’attends, en particulier dans ce genre d’histoire. Je suis restée parfois en retrait et je n’ai pas toujours pu m’impliquer totalement dans ce que je lisais.

La plume de l’auteure est parfaite. J’ai vraiment accroché à son style délicat et empli de subtilité. C’est une très belle réussite pour un premier roman.

C’est donc une très belle histoire de quête de soi, de ses racines, où l’auteure explore les non-dits et ses conséquences, le tout sous fond historique. Même si j’aurais aimé ressentir encore plus d’émotions, c’est une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

La menteuse et la ville – Rentrée littéraire

La menteuse et la ville d’Ayelet Gundar-Goshen

  • Auteur : Ayelet Gundar-Goshen
  • Titre : La menteuse et la ville
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 300
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Nymphea porte un nom de fleur mais son quotidien est loin d’être rose. À dix-sept ans, elle traîne ses complexes et souffre d’une vie insignifiante, où rien ne lui arrive jamais. En vendant des glaces pendant l’été, elle espère enfin sentir souffler le vent de l’aventure. Mais rien ne se passe… Jusqu’au jour où Avishaï Milner, chanteur populaire sur le retour, franchit le seuil de son échoppe. Pressé et méprisant, le play-boy déchu agresse verbalement Nymphea, puis la poursuit dans l’arrière-cour où elle s’est enfuie. Lorsqu’il la saisit par le bras, elle hurle et, l’instant d’après, toute la ville est là. En quelques secondes, la jeune fille récrit l’histoire, et Avishaï se retrouve en garde à vue pour tentative de viol sur mineure. Quant à la pseudo-victime, elle est propulsée au rang d’icône, Cendrillon en croisade contre les violences masculines.
Pendant ce temps, une autre femme est elle aussi entraînée dans un mensonge dont elle ne mesure pas encore les retombées : Raymonde, vieille juive issue de l’immigration marocaine en Israël, prend l’identité de Rivka, sa meilleure amie, rescapée des camps…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nymphea, jeune fille de dix-sept ans, mène une vie banale. Elle qui rêve de changement se voit bloquée dans un quotidien routinier. L’été, elle vend des glaces. Malgré tout, rien ne vient embellir ses journées. Un jour, alors qu’elle s’absente un laps de temps, Avishaï, ancien chanteur dans son déclin, va entrer dans la boutique. Lorsque revient Nymphea, elle va se faire insulter par Avishaï, qui trouve inadmissible de devoir attendre. La jeune fille fond en larmes et court se réfugier dans l’arrière-cour. Le chanteur lui court derrière, lui prend le bras. En criant, Nymphea va attirer les gens et l’on va enfin s’occuper d’elle, accusant Avishaï de tentative de viol. Elle ne fera rien pour démentir et mettra en route un engrenage duquel il lui sera très difficile de s’extirper.

Voilà un roman qui va aborder la thématique du mensonge et ses conséquences pendant toute l’intrigue. L’auteure a su explorer à la perfection les affres du mensonge, les causes qui peuvent pousser à mentir et les conséquences désastreuses que cela peut engendrer. Elle traitera ce sujet sans fard, en usant un ton caustique, mais également sans juger et en impliquant son lecteur pour essayer de comprendre les raisons.

Le personnage de Nymphea est très bien campé. Elle est tout en nuances et très travaillée, et l’on s’attache d’emblée à elle. Elle se sent totalement à l’étroit, vivant parfois même dans l’ombre de sa petite sœur. Il y a une réelle évolution de ce personnage tout au fil des pages. Elle n’est jamais statique.

L’intrigue est très prenante, et l’on a réellement envie d’aider Nymphea à sortir au plus vite de l’engrenage où elle s’empêtre de plus en plus. On voudrait tellement qu’elle aille révéler la vérité et l’aider à le faire.

La plume est très plaisante. Ce roman se lit vraiment très vite. L’auteure alterne un ton caustique et beaucoup de délicatesse dans l’écriture. C’est une totale réussite.

Un roman sur les mensonges, sur ses conséquences, avec un personnage principal très bien campé. Une très belle découverte pour ma part et que je vous recommande.

Ma note : 17/20

Contemporain

La douceur de nos champs de bataille – Rentrée littéraire

La douceur de nos champs de bataille de Yiyun Li

  • Auteur : Yiyun Li
  • Titre : La douceur de nos champs de bataille
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le suicide d’un adolescent, le deuil d’un parent. Le dialogue qu’imagine une mère avec son enfant pour continuer à lui parler, à l’entendre, à le faire exister. Le cache-cache intellectuel de deux esprits marqués par le sceau de la création.

Après le très brillant Cher ami, de ma vie je vous écris dans votre vie, qui fut en lice pour le prix Médicis et le prix du Meilleur livre étranger, Yiyun Li rend un hommage plein de tendresse, de poésie et de pudeur à son fils, et mêle magnifiquement l’intime à l’universel : la douleur après la perte d’un être cher, le refuge que constituent les mots et, plus largement, la puissance cathartique de la littérature.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Suite au suicide de son fils, une mère va imaginer un dialogue avec lui pour pouvoir faire face à cette terrible épreuve. On assiste à la rencontre intellectuelle de deux esprits créatifs.

Il est très difficile de faire une chronique de ce roman tant le sujet est délicat et de se permettre de juger des mots d’une mère qui souffre l’innommable. Au travers des mots, cette mère va tenter de faire face à ce deuil, et tenter ainsi d’aller de l’avant.

C’est un très beau roman, très intimiste, où le lecteur assiste aux échanges entre cette mère et ce fils, tout en étant presque gêné de s’immiscer ainsi. On est simples spectateurs et l’on se laisse bercer par les mots. Malgré le sujet très difficile, le tout est abordé avec énormément de pudeur et de sérénité.

La plume de l’auteure est vraiment très belle. Par contre, je dois avouer que j’ai été perturbée par la schématique narrative de ce dialogue interne avec son fils, puisqu’il n’y a pas de tirets pour nous indiquer qui parle et cela peut perturber au début. Cela reste un détail.

Un très beau roman abordant le deuil et la reconstruction, de manière très délicate.

Ma note : 16/20

Contemporain

Les guerres intérieures – Rentrée littéraire

Les guerres intérieures de Valérie Tong Cuong

  • Auteur : Valérie Tong Cuong
  • Titre : Les guerres intérieures
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Comédien de seconde zone, Pax Monnier a renoncé à ses rêves de gloire, quand son agent l’appelle : un grand réalisateur américain souhaite le rencontrer sans délai. Passé chez lui pour enfiler une veste, des bruits de lutte venus de l’étage supérieur attirent son attention – mais il se persuade que ce n’est rien d’important. À son retour, il apprend qu’un étudiant, Alexis Winckler, a été sauvagement agressé.
Un an plus tard, le comédien fait la connaissance de l’énigmatique Emi Shimizu, et en tombe aussitôt amoureux – ignorant qu’elle est la mère d’Alexis. Bientôt le piège se referme sur Pax, pris dans les tourments de sa culpabilité. Qui n’a jamais fait preuve de lâcheté ? Quel est le prix à payer ? Quand tout paraît perdu, que peut-on encore sauver ? La domination du désir et de la peur, les vies fantasmées et le dépassement de soi sont au cœur de ce livre fiévreux qui met en scène des personnages d’une humanité bouleversante et vous accompagne longtemps après l’avoir refermé.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Pax, acteur de seconde zone et qui a du mal à percer, voit un jour son rêve se réaliser. Son agent l’appelle pour lui dire qu’il a été repéré par un grand réalisateur, pour tenir un rôle secondaire auprès de grands acteurs. Il décide donc de rentrer chez lui pour se changer avant son rendez-vous. C’est là qu’il va entendre des bruits suspects à l’étage du dessus. Persuadé qu’il ne s’agit de rien et ne pensant qu’à son rendez-vous, il n’agira donc pas. Lorsqu’il rentre et qu’il apprend que la victime est un jeune étudiant qui a été passé à tabac, la culpabilité va le ronger sans fin.

Voilà un roman pour lequel j’ai réellement eu deux avis distincts pendant ma lecture. Et c’est finalement conquise que j’en ressors. J’avoue que j’étais sceptique au début. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, et surtout, je trouvais Pax assez arrogant et imbu de lui-même. Je me suis totalement trompée, puisqu’il va se dégager de ce personnage une grande humanité.

L’auteure va explorer les affres de la culpabilité et elle le fait remarquablement bien. Outre les mots qui sont choisis avec soin, elle a su brosser une galerie de personnages très attachants, humains et ayant énormément d’empathie. Elle nous fait nous questionner en tant que lecteur, mais sans jamais avoir l’envie de juger la situation inextricable dans laquelle se retrouve plongé Pax. Grâce à la sensibilité qui se dégage des personnages, le lecteur se sent proche d’eux, tâche de comprendre les guerres intérieures qui les assaillent.

Si, comme je le disais au début, j’ai eu du mal avec le personnage de Pax durant les premiers chapitres, je me suis rendue compte que je m’étais totalement trompée. Ce personnage a su me convaincre, me toucher, m’émouvoir. La culpabilité qui l’assaille est un véritable fardeau qui pèse sur ses épaules. Les autres personnages sont également réussis, notamment Alexis, le jeune homme agressé et sa mère. L’auteure a su rendre à la perfection le combat mené par Alexis pour se remettre de cette agression.

La plume de l’auteure est belle, sans fioriture. Les mots sont choisis avec soin et sonnent justes. Je ne connaissais pas Valérie Tong Cuong et cela m’a donné envie de découvrir un autre de ses écrits.

Voilà un roman sur les affres de la culpabilité, ses conséquences, traité avec beaucoup de délicatesse et au travers de personnages sensibles et profondément humains. Je recommande sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain

Ici seulement nous sommes uniques – Rentrée littéraire

Ici seulement nous sommes uniques de Christine Avel

  • Auteur : Christine Avel
  • Titre : Ici seulement nous sommes uniques
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 256
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ici commence et finit le monde. Ses limites sont précises et immuables, elles vont du troisième caroubier de la grand-route à l’extrême pointe des rochers de la crique, une poignée de kilomètres plus loin. Ainsi en a décidé Niso, debout sur le bassin blanc des grandes décisions, celui-là même où, chaque été, nous allons massacrer de minuscules serpents, dans une orgie de hululements sauvages. Ce jour solennel où Niso l’affirme, bras croisés sur la poitrine, relevant le menton comme son père : « Ici commence le monde », nous l’acclamons en chœur.

Une île grecque. La lumière et la mer éblouissante. Des enfants se retrouvent là chaque été pendant quelques années. Leurs parents, archéologues, travaillent sur les fouilles d’un chantier. Des semaines au goût d’éternité qui les marqueront.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Tous les étés depuis plusieurs années, un groupe d’enfants se retrouve sur une île grecque. Effectivement, leurs parents, archéologues, travaillent sur les fouilles d’un chantier. Dès lors, et pendant toute la durée de ces vacances, l’insouciance et l’amitié seront de mise.

Voilà un roman de toute beauté et que j’ai dévoré, tant il m’a plu. Et pourtant, il ne se passe pas vraiment grand chose et le tout reste très contemplatif. Mais que c’est nostalgique. Ce court roman a toutes les allures du conte initiatique, avec pour toile de fond le temps qui passe et cette nostalgie d’une enfance insouciante.

Le narrateur, dont on ne saura rien, même pas à la fin, nous raconte donc le quotidien de ces enfants sur cette île idyllique. On va les voir évoluer d’années en années, passer d’un espoir à chaque fois renouvelé de revenir dans cet île l’été suivant, à un état de lassitude au fur et à mesure qu’ils vont grandir.

L’auteure nous conte cette enfance qui s’envole trop vite, ces moments d’éternité avant de devenir adolescent et adulte. Elle le fait remarquablement bien, au travers du portrait des quelques enfants qui vont tout partager pendant ces mois d’été. Elle a su faire évoluer ces personnages dans le temps, ne les a pas gardés statiques, bien au contraire, les a bien nuancés et très bien dépeints.

La plume de l’auteure est très particulière, et ce sera mon petit bémol en ce qui concerne ce roman. Effectivement, je n’ai pas toujours adhéré à son style, trouvant parfois les phrases tournées d’une manière trop spéciale et qui ne facilitent pas forcément la compréhension. Malgré tout, ceci reste en l’occurrence un détail qui n’aura pas émaillé mon plaisir de lecture.

Voilà donc un roman qui mettra en exergue l’enfance et son insouciance, et le temps qui passe et nous change. Un très beau roman aux allures de conte initiatique, que j’ai fortement apprécié et que je vous recommande.

Ma note : 17/20

Contemporain

Sarabande

Sarabande de Max Billancourt

  • Auteur : Max Billancourt
  • Titre : Sarabande
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 197
  • Parution : 11 juin 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Quatre retraités lyonnais ayant fait de belles carrières, financièrement à l’aise, quatre potes, quatre amis aiment les bons repas, les sorties en vélo et la pêche à la ligne. Ils vont rencontrer LES GILETS JAUNES, LA VIOLENCE, LA VENGEANCE, LA POLICE, LA JUSTICE, LES INÉGALITÉS… Félix, l’un d’entre eux, va même rencontrer L’AMOUR ! SARABANDE raconte les aventures de ces quatre briscards, un peu décalés, dans la France d’aujourd’hui. ET ÇA FAIT DES ÉTINCELLES !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lyon, un groupe de quatre amis retraités. Suite à une discussion animée sur le problème des gilets jaunes, Félix propose à ses amis de se rendre directement sur le terrain pour se forger une véritable opinion sur ce sujet d’actualité. De nombreux événements les attendent.

J’ai beaucoup aimé ce court roman d’amitié et dans l’air du temps, puisque Max Billancourt va aborder un sujet d’actualité important, à savoir les gilets jaunes. Il va le faire toujours avec délicatesse, sans jamais prendre parti, et au travers de quatre personnages tous plus délurés les uns que les autres.

L’auteur va mettre en exergue de belles valeurs, telles que l’amitié, l’écoute d’autrui, la tolérance. Les personnages sont bien dépeints et leurs aventures sont touchantes à bien des égards. Ce roman est une vraie parenthèse de douceur. J’ai également apprécié cet amour pour Lyon qui transparaît au travers de ces personnages. L’auteur n’hésite pas à faire maintes références à la gastronomie et aux lieux emblématiques de la région Rhône-Alpes.

La plume de l’auteur est simple et entraînante. Malgré tout, et j’ai tout de même un bémol à émettre, je n’ai pas toujours apprécié le style, que j’ai trouvé parfois quelque peu décousu. En effet, souvent, je me suis retrouvée devant de très longues phrases, pas toujours très bien tournées, et avec des énumérations qui n’en finissaient pas. Malgré tout, cela ne m’a pas empêchée d’apprécier l’intrigue et c’est bien là l’essentiel.

Un très beau roman d’amitié, dans l’air du temps, explorant un sujet d’actualité, le tout servi par une bande de quatre retraités débonnaires. À découvrir.

Ma note : 16/20

Thriller

Mon territoire

Mon territoire de Tess Sharpe

  • Auteur : Tess Sharpe
  • Titre : Mon territoire
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 566
  • Parution : 29 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Adolescente, Harley s’occupe du Ruby, un foyer pour femmes en détresse installé dans un motel, fondé des années plus tôt par sa mère. Victimes de violence conjugale, d’addictions diverses, filles-mères, toutes s’y sentent en sécurité, protégées par le nom et la réputation des McKenna.

Mais le jour où une des pensionnaires du Ruby disparaît, Harley, en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, décide de faire les choses à sa manière, même si elle doit, pour cela, quitter le chemin qu’on a tracé pour elle.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Californie, North County. Une lutte de territoire fait rage. Harley, jeune femme de vingt-deux ans va se battre pour la terre qui lui revient de droit. À huit ans, elle assiste à la mort violente de sa mère et voit son père, grand baron de la drogue, tuer un homme pour se venger. Dès lors, c’est avec la peur au ventre qu’il élèvera sa fille Harley. Il lui enseignera à se défendre, à se battre, tout ce qui lui permettra un jour de reprendre ce qui lui revient de droit : ses terres, le foyer pour femmes en détresse créé par sa mère et les affaires de son père.

Voilà un résumé qui n’est en réalité qu’une esquisse d’une intrigue complexe, rondement menée, et aux multiples rebondissements. C’est pourquoi j’ai choisi de ne pas en dire plus, pour vous laisser découvrir au fur et à mesure ce thriller dense et parfaitement maîtrisé. Vous l’aurez compris, pour ma part, cette lecture s’est avéré être une totale réussite.

S’il est vrai que le nombre de pages peut de prime abord faire peur, celle-ci s’est vite estompée et je n’ai pas vu défiler les presque 600 pages de ce thriller. L’auteure a créé un postulat de départ qui m’a conquise. Le fait de créer un personnage féminin complexe et très bien dépeint, évoluant dans un monde d’hommes, fait de brutalité, a été une excellente idée.

Toute l’histoire sera narrée par Harley, et l’auteure va alterner les chapitres entre le présent et cette lutte acharnée de territoire, avec les épisodes du passé, pour ainsi comprendre les éléments qui ont construit Harley. Ce schéma narratif est tout simplement maîtrisé à la perfection. Je ne m’y suis jamais perdue, les indications temporelles sont très bien respectées. S’il est vrai que j’ai eu tendance à préférer les chapitres narrant le passé d’Harley, je ne me suis pas moins laissée entraîner dans ses aventures présentes.

Je suis passée par beaucoup d’émotions dans ce thriller. Malgré un rythme qui ne laisse pas de répit au lecteur, il y a des scènes bouleversantes à plusieurs reprises. La relation entre Harley et son père est très bien décrite, avec toute sa complexité. L’auteure a su creuser ses personnages. Pas de superficialité ici, bien au contraire. L’un des éléments de la fin m’a laissé un goût amer, et je ne m’y attendais pas du tout, j’ai été totalement surprise et bouleversée.

La plume est entraînante et ce thriller file à toute vitesse. C’est bien écrit, je n’ai jamais ressenti de longueurs. J’ai été totalement happée dès le départ, et l’auteure a su me faire rentrer dans son histoire pour ne plus avoir envie d’en sortir jusqu’au dénouement.

Un personnage principal complexe, une intrigue qui ne laisse aucun répit à son lecteur, beaucoup d’émotions : ce sont les ingrédients principaux de cette petite pépite littéraire. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le joueur et son ombre – Rentrée littéraire

Le joueur et son ombre de Brice Matthieussent

  • Auteur : Brice Matthieussent
  • Titre : Le joueur et son ombre
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Phébus
  • Nombre de pages : 221
  • Parution : 15 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« J’ai perdu à la loyale, sans avoir recours au moindre stratagème douteux ni à la moindre tricherie. Après le dernier point du second set, une ivresse sans précédent m’a submergé, plus grisante que celle de mes nuits ; […] j’ai lâché ma raquette, je me suis laissé tomber à genoux, pris la tête entre les mains sans arriver à y croire, puis j’ai embrassé les fissures de ce court bosselé où, en perdant mon dernier match, je venais de gagner un avenir radieux. J’avais les larmes aux yeux quand je me suis relevé pour rejoindre le Nippon décontenancé près du filet. Il a dû attribuer mes pleurs à la déception, à l’humiliation […]. Mais en même temps que les larmes ruisselaient sur mes joues, j’arborais un sourire éclatant […]. J’étais aux anges. »

En suivant un joueur de tennis prodige, Brice Matthieussent nous offre un roman sur nos pulsions et notre désir de chute.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Phébus pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Chris, grand joueur de tennis à l’ascension fulgurante mais à la chute tout aussi remarquable. En effet, Chris atteint très tôt des sommets d’excellence dans son sport et grimpe au classement de manière notable en peu de temps. Pourtant, la machine bien huilée va s’enrayer et la déchéance de Chris au tennis sera immense. Comment en est-il arrivé là ?

Justement, c’est ce qui me dérange dans ce court roman. Je n’ai pas vraiment eu d’explication au changement radical de Chris. Le postulat de départ est excellent. Brice Matthieussent va nous narrer les aventures tennistiques de son protagoniste, tout en gardant à portée de vue l’envers de la médaille. Tout n’est pas rose pour Chris et la chute n’en est que plus douloureuse. Le changement de comportement de Chris arrive trop subitement et je ne l’ai pas toujours compris. J’aurais aimé plus de profondeur, plus de relief.

Je n’ai pas vraiment accroché avec Chris. Je l’ai trouvé souvent arrogant et quelque peu prétentieux. Le choix de narration à la première page devrait en principe permette au lecteur de s’identifier au maximum au personnage et je dois dire que pour ma part, cela n’a pas fonctionné. J’ai lu ce récit assez détachée, je n’ai pas vraiment ressenti d’émotions, et cela m’a dérangée.

La plume de l’auteur est fluide et entraînante, même si par moments, j’ai trouvé certaines phrases un peu trop longues. Malgré tout, le récit reste agréable à lire

Un roman en demi-teinte pour ma part. Je l’ai trouvé très original, mais trop statique parfois, et surtout il m’a manqué un personnage principal plus sympathique.

Ma note : 14/20

Contemporain

Les grands cerfs – Rentrée littéraire

Les grands cerfs de Claudie Hunzinger

  • Auteur : Claudie Hunzinger
  • Titre : Les grands cerfs
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 192
  • Parution : 28 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Pamina, habite en montagne avec son compagnon Nils. Elle se sait entourée par un clan de cerfs qui lui sont restés invisibles et mystérieux jusqu’à ce que Léo, un photographe animalier, construise dans les parages une cabane d’affût et qu’il lui propose de guetter avec lui. Tandis qu’elle observe et s’initie à la vie du clan, affrontant la neige, le givre, la grêle, avec pour équipement un filet de camouflage, une paire de jumelles et des carnets, elle raconte sa peur de la nuit, les futaies sous la lune, la magie de l’inconnu, le plaisir infini à guetter, incognito, l’apparition des cerfs, à les observer, à les distinguer et à les nommer : Apollon, Géronimo, Merlin… Mais au cours de ces séances de guet, elle va découvrir un monde plus cruel que celui du règne animal, celui des hommes, car un massacre se fomente…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Pamina, qui habite en montagne avec son compagnon Nils. Très vite, elle va se prendre d’une passion pour les cerfs qui côtoient son environnement, et n’aura de cesser de tenter de les apercevoir avec l’aide de Léo, un photographe animalier.

Ce roman sera malheureusement pour ma part une énorme déception. Je ne m’attendais pas du tout à cela. J’avais en vue une grande évasion dans la nature et ce ne fut pas vraiment le cas. Au contraire, c’est un véritable huis-clos que nous propose l’auteure et j’ai eu l’impression de tourner en rond pendant trop de pages dans ce roman.

Pamina se prend d’une véritable obsession quant au fait d’apercevoir les cerfs, et tout du long, le lecteur a droit à maintes descriptions des moyens utilisés pour y arriver. J’avoue que je me suis ennuyée. C’est très contemplatif mais j’ai eu une impression de répétition dans le scénario au début de plusieurs chapitres, une réelle impression de statisme. J’ai peiné à m’intéresser au quotidien de cette héroïne qui n’aura pas su me donner l’envie de m’intéresser de plus près à sa passion.

L’écriture est très belle et c’est vraiment le point fort du roman. Le tout est très poétique, les mots sont choisis avec soin et délicatesse. C’est réellement le fond qui m’a posé souci, ne réussissant pas à m’impliquer dans ce que je lisais.

Un roman qui se révèle être donc une déception, tant j’en attendais autre chose. Je suis restée hermétique à cette histoire, ayant ressenti trop souvent de l’ennui. La magnifique plume de l’auteure vient relever ce roman pour lequel j’ai l’impression d’être totalement passée à côté.

Ma note : 12/20

Contemporain

Mangoustan – Rentrée littéraire

Mangoustan de Rocco Giudice

  • Auteur : Rocco Giudice
  • Titre : Mangoustan
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Allary
  • Nombre de pages : 192
  • Parution : 22 août 2019

Résumé

Après trente ans de vie commune, Laure est larguée par son mari, parti avec une employée de maison.

Ukrainienne ambitieuse, Irina est l’épouse d’un Genevois de bonne famille, qui ne manque pas une occasion de lui faire sentir sa basse extraction.

Ex mannequin slovène, Melania a épousé un Priape à la crinière de feu et se retrouve First Lady contre son gré.

Quels liens unissent ces trois femmes qui ne se connaissent pas ?

Des maris dominateurs et la volonté de s’émanciper ? Sans doute. Mais aussi un typhon répondant au doux nom de Mangoustan.

Il s’apprête à balayer Hong Kong le week-end où chacune d’elle est venue s’y ressourcer.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Allary pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous allons suivre ici le chemin de trois femmes qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. Il y a donc Laure, qui après trente ans de mariage, se retrouve seule, puisque son mari la quitte pour leur employée de maison. Elle va donc devoir apprendre à se reconstruire. Ensuite, il y a Irina, jeune femme ukrainienne et en couple avec un Genevois, qui n’a de cesse de la rabaisser continuellement. Pour finir, il y a Melania, la femme du président des États-Unis, Trump. Rien ne les réunit et pourtant… le typhon Mangoustan va s’avérer être leur élément pour une rencontre.

J’avoue être ressortie un peu déçue à la suite de cette lecture. Lorsque j’ai vu le résumé et la belle couverture, j’ai totalement craqué. J’ai d’emblée voulu lire ce court roman, et donc ma déception peut venir de là, puisque j’en attendais probablement trop.

Pourtant, le postulat de départ m’a bien plu. Ces trois femmes fortes qui tentent de s’éloigner du joug de leur compagnon m’a paru un bon élément de départ. J’ai l’impression que l’auteur a mal exploité une excellente idée. Il m’a manqué de l’émotion. Tout au long de ma lecture, j’avais une certaine distance par rapport à ce que je lisais. Je n’ai jamais réussi à m’attacher à ces femmes.

Il manque beaucoup de profondeur aux personnages féminins. Je ne les ai pas toujours trouvés très nuancés. Il y avait matière à mieux faire, à mieux brosser ces personnages, et leur donner davantage de relief. Je suis beaucoup trop restée en retrait pendant ce roman. Peut-être aurait-il fallu quelques pages en plus pour mieux faire rentrer son lecteur dans l’histoire.

La plume est plaisante et je garde en tête qu’il s’agit d’un premier roman. Il y a un réel potentiel, mais il manque un peu d’affinage pour réussir à faire passer des émotions. Malgré tout, le roman se lit facilement et avec curiosité.

Malgré une lecture en demi-teinte, il faut reconnaître que l’histoire est originale à bien des égards. J’en attendais simplement davantage.

Ma note : 14/20

Contemporain

Pourquoi tu danses quand tu marches ? – Rentrée littéraire

  • Auteur : Abdourahman A. Waberi
  • Titre : Pourquoi tu danses quand tu marches ?
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 250
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Un matin, sur le chemin de l’école maternelle, à Paris, une petite fille interroge son père : « Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ». La question est innocente et grave. Pourquoi son père boite-t-il, pourquoi ne fait-il pas de vélo, de trottinette… ? Le père ne peut pas se dérober. Il faut raconter ce qui est arrivé à sa jambe, réveiller les souvenirs, retourner à Djibouti, au quartier du Château d’eau, au pays de l’enfance. Dans ce pays de lumière et de poussière, où la maladie, les fièvres d’abord puis cette jambe qui ne voulait plus tenir, l’ont rendu différent, unique. Il était le « gringalet » et « l’avorton » mais aussi le meilleur élève de l’école, le préféré de Madame Annick, son institutrice venue de France, un lecteur insatiable, le roi des dissertations.
Abdourahman Waberi se souvient du désert mouvant de Djibouti, de la mer Rouge, de la plage de la Siesta, des maisons en tôles d’aluminium de son quartier, de sa solitude immense et des figures qui l’ont marqué à jamais : Papa-la-Tige qui vendait des bibelots aux touristes, sa mère Zahra, tremblante, dure, silencieuse, sa grand-mère surnommée Cochise en hommage au chef indien parce qu’elle régnait sur la famille, la bonne Ladane, dont il était amoureux en secret. Il raconte le drame, ce moment qui a tout bouleversé, le combat qu’il a engagé ensuite et qui a fait de lui un homme qui sait le prix de la poésie, du silence, de la liberté, un homme qui danse toujours.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Béa, petite fille espiègle, qui un jour, sur le chemin de l’école, demande innocemment à son père : « Dis, papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ». Cette simple question va éveiller chez Aden, le père, une multitude de souvenirs sur son enfance à Djibouti et il va les raconter à sa fille pour tout lui expliquer.

Autant le dire tout de suite, ce roman est un véritable coup de cœur. J’ai été conquise de la première à la dernière ligne. Que d’émotions dans ce magnifique récit. Toute l’histoire est racontée par Aden, le narrateur et le père de Béa, qui va faire appel à ses souvenirs d’enfance, dont certains sont très douloureux. J’ai été séduite par ce récit intimiste.

J’ai adoré me promener à Djibouti auprès du narrateur de ce récit. Aden est un personnage touchant, nuancé, et même par moments bouleversant. Il va narrer à sa fille les problèmes de santé et la maladie qui l’on mené à marcher de manière chaloupée. Il va narrer toute son enfance au sein de sa famille, toutes les difficultés qu’il a pu rencontrer tout au long de sa scolarité, puisqu’il a été maintes fois raillé par ses camarades à cause de ses problèmes, et finalement la renaissance qui arrive, grâce à la littérature et aux études. C’est raconté avec énormément de pudeur, sans jamais tomber dans le pathos. C’est émouvant. Ce sont les mots d’un père pour expliquer à sa petite fille ce qu’il a vécu, et c’est fort et bouleversant à bien des égards.

La plume est délicate, en adéquation parfaite avec le contexte, puisque le texte s’adresse avant tout à la fille d’Aden. L’écriture est emplie de douceur et de sensibilité. Il est vrai que parfois, j’aurais aimé avoir plus de détails sur Djibouti, une plus grande immersion, mais cela n’a en rien gâché les émotions que j’ai ressenti tout au long de ma lecture.

Ce récit délicat, empli de douceur et bouleversant m’a enchantée du début à la fin. Une histoire racontée par un père à sa fille, avec toute la pudeur possible et des mots choisis avec soin. Vous l’aurez compris, je vous conseille de découvrir cette petite pépite à laquelle je vais souvent repenser.

Ma note : 19/20

Contemporain

J’ai des idées pour détruire ton ego

J’ai des idées pour détruire ton ego d’Albane Linÿer

  • Auteur : Albane Linÿer
  • Titre : J’ai des idées pour détruire ton ego
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : NiL
  • Nombre de pages : 324
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est : ici

Résumé

Léonie, 27 ans, a le flegme pragmatique. Elle travaille chez McDo pendant la journée, garde la petite Eulalie le soir et se laisse porter par la vie. C’est souvent l’image d’Angela qui lui vient quand elle ferme les yeux et se laisse aller à une douce rêverie ou à des fantasmes plus crus – car Léonie a souvent la dalle. Le jour où elle se retrouve avec Eulalie sur les bras, elle met les voiles, direction le sud de la France où, croit-elle, Angela, se languit depuis dix ans…
Avec J’ai des idées pour détruire ton ego, Albane Linÿer nous offre un premier roman troublant sur le désir et ses limites. Quand la colère et la vengeance se substituent à l’amour, ne restent plus que les idées pour détruire l’ego de l’autre et la fuite en avant pour oublier.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Léonie, jeune femme blasée, qui se laisse porter sans se poser trop de questions. Elle travaille au McDo la journée, et pendant la soirée, elle fait du baby-sitting auprès d’Eulalie. Angela, son amour de jeunesse, ne quitte pas ses pensées. Cela va faire dix ans qu’elles ne se sont pas revues et elles s’étaient faites une promesse qu’il est maintenant temps d’honorer.

L’auteure nous livre ici un récit fort, sur le désir sous toutes ses formes et ses ravages. Au travers du portrait de plusieurs femmes, elle dissèque les émotions et les livre au lecteur dans sa version la plus brute. J’ai beaucoup aimé ce roman, que j’ai trouvé très original, prenant et fort.

Pourtant, au début, j’étais très dubitative. Je ne comprenais pas où l’auteure voulait en venir, et où elle voulait m’emmener. Le tout reste très flou durant les premières pages. Mais une fois le décor planté, les personnages intégrés, il m’a été très compliqué de lâcher ce roman. J’ai été totalement prise dans ce récit.

Le schéma narratif est très intéressant, puisque l’auteure alterne le point de vue de chaque personnage au fil de courts chapitres très rythmés. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant.

L’intrigue est forte et parfois bouleversante à bien des égards. Les personnages sont très travaillés, bien nuancés. La plume est addictive. Pour ma part, c’est un excellent moment de lecture.

Au travers du portrait de femmes fortes, l’auteure a su tisser une intrigue très forte, et emplie d’originalité. Il s’agit du premier roman d’Albane Linÿer et c’est une véritable réussite.

Ma note : 17/20

Non classé

Civilizations

Civilizations de Laurent Binet

  • Auteur : Laurent Binet
  • Titre : Civilizations
  • Genre : Historique
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 384
  • Parution : 14 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est : ici

Résumé

Vers l’an mille : la fille d’Erik le Rouge met cap au sud.
1492 : Colomb ne découvre pas l’Amérique.
1531 : les Incas envahissent l’Europe.

À quelles conditions ce qui a été aurait-il pu ne pas être ?
Il a manqué trois choses aux Indiens pour résister aux conquistadors. Donnez-leur le cheval, le fer, les anticorps, et toute l’histoire du monde est à refaire.

Civilizations est le roman de cette hypothèse : Atahualpa débarque dans l’Europe de Charles Quint. Pour y trouver quoi ?
L’Inquisition espagnole, la Réforme de Luther, le capitalisme naissant. Le prodige de l’imprimerie, et ses feuilles qui parlent. Des monarchies exténuées par leurs guerres sans fin, sous la menace constante des Turcs. Une mer infestée de pirates. Un continent déchiré par les querelles religieuses et dynastiques.
Mais surtout, des populations brimées, affamées, au bord du soulèvement, juifs de Tolède, maures de Grenade, paysans allemands : des alliés.
De Cuzco à Aix-la-Chapelle, et jusqu’à la bataille de Lépante, voici le récit de la mondialisation renversée, telle qu’au fond, il s’en fallut d’un rien pour qu’elle l’emporte, et devienne réalité.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’une uchronie. En effet, en partant de faits historiques réels, l’auteur va réécrire un pan de l’Histoire. En l’occurrence, il va revisiter l’histoire de Christophe Colomb et de sa conquête des Amériques. Que se serait-il passé si en fait, c’était les Incas qui avaient envahi l’Europe ?

Sous un postulat de départ des plus intéressants, Laurent Binet va dérouler son intrigue et mettre à mal les fait historiques. Tout débute donc à partir de suppositions et le talent de Binet va nous plonger dans une version revisitée de l’Histoire.

Le récit se déroule en quatre parties. La première va nous narrer les aventures de la fille d’Erik le Rouge. Cette partie est assez courte et constitue le prélude. La deuxième va nous narrer les aventures de Christophe Colomb, sous forme de journal de bord et totalement aux antipodes de ce que l’on sait réellement. Cette partie est très réussie à mon sens, je n’y ai ressenti aucun ennui. La troisième sera dédiée à Atahualpa. C’est la plus longue et la majeure partie du récit. Si elle reste passionnante, j’y ai parfois décelé quelques longueurs. La dernière sera consacrée à Cervantes, qui sera fait prisonnier. Cette partie n’était pas forcément nécessaire au récit, n’apportant rien de plus, mais elle reste intéressante à suivre.

J’ai trouvé cette uchronie particulièrement réussie. Pour réécrire l’Histoire, il faut connaître son sujet avant tout. J’ai senti le travail de recherche de Laurent Binet tout au long des pages. Il a du faire un grand travail de recherche en amont, et cela se ressent et est remarquable.

J’ai parfois reproché le manque du côté romancé. J’avais la sensation parfois de lire une série de faits historiques revisités à la suite, comme si cela ressemblait davantage à un essai qu’à un roman historique. Malgré tout, la lecture est restée fluide, l’auteur ayant eu la bonne idée de couper les grosses parties en petits chapitres. Le style est très plaisant.

Il faut bien évidemment, de préférence, s’intéresser à cette période historique, pour être en mesure d’aimer ce roman. Une uchronie très réussie et à découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Un petit coup de jeune

Un petit coup de jeune de Thierry Bizot


  • Auteur : Thierry Bizot
  • Titre : Un petit coup de jeune
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Le Seuil
  • Nombre de pages : 416
  • Parution : 2 mai 2019

Résumé

Éric Sadge se réveille un jour dans un lit d’hôpital, après un léger accident de voiture dont il ne se souvient pas.

Un médecin lui annonce qu’il n’a pas trente-cinq ans comme il semble le penser, mais cinquante et un ans, et que nous sommes en 2017, pas du tout en 2001… Éric Sadge apprend alors qu’il souffre d’une amnésie qui lui a fait oublier les seize dernières années de sa vie.

Il va découvrir avec stupeur que son fils est devenu un jeune homme de vingt-trois ans, que pendant ces seize années qui se sont effacées de sa mémoire il a quitté sa femme pour une autre, que son père est mort en lui laissant un drôle de secret, et que sa carrière a pris un tour spectaculaire…

Outre tous les changements les plus récents de notre époque qui l’étonnent et le laissent désemparé, Éric Sadge va s’apercevoir qu’il n’est pas l’homme qu’il croyait être : derrière le personnage bien sous tous rapports se cache peut-être un meurtrier…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Le seuil pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Éric, qui subit un accident de voiture dont les conséquences sont désastreuses pour sa mémoire. En effet, il est atteint d’une amnésie très particulière, puisqu’il a oublié seize ans de sa vie. Alors qu’il est resté bloqué en 2001 dans sa tête et à l’âge de trente-cinq ans, il va comprendre qu’en fait, il est en 2017, et donc âgé de cinquante et un ans.

Voilà un postulat de départ des plus originaux. Certes, la thématique de la mémoire et de ses troubles a été abordée très souvent et revisitée sous beaucoup de formes dans les romans. Pourtant, cette version m’a semblé être un peu plus innovante et j’ai été séduite par cette quatrième de couverture des plus intrigantes. J’ai eu raison, puisque j’ai totalement accroché à ce roman.

Ce récit se convertit rapidement en une espèce de recherche de soi-même de la part du protagoniste, Éric. Effectivement, il va devoir peu à peu se réadapter et réapprendre tout ce qu’il avait oublié. Tout cela lui réserve des surprises dans son quotidien, puisque pendant ces seize années, beaucoup de chamboulements se sont produits dans sa vie privée et professionnelle. Cela donne parfois des situations très cocasses et des quiproquos. En effet, Éric va se retrouver totalement perdu dans les nouvelles technologies qui ont fait leur apparition, par exemple.

J’ai trouvé le personnage d’Éric vraiment touchant dans la quête de son passé et dans tous les efforts qu’il effectue pour se réintégrer au sein d’une société qui ne l’a pas attendu pour évoluer. Il pourra compter sur l’aide de son fils, qui est maintenant un jeune homme, pour lui expliquer les technologies. J’ai beaucoup aimé ces deux personnages, que j’ai trouvé très touchants, tant le père que le fils, Nicolas.

Il faut tout de même mentionner que Thierry Bizot, en plus de nous faire passer un excellent moment de lecture, nous livre une véritable réflexion sur l’importance des souvenirs dont tout le monde a besoin pour pouvoir mieux avancer.

La plume est très fluide, les pages défilent sans même s’en rendre compte. Chaque chapitre débute par une indication temporelle pour ne pas perdre le lecteur. Le seul petit bémol, ce sont d’éventuelles longueurs et le côté parfois un peu répétitif de l’intrigue, mais cela n’émaille en rien le plaisir de ma lecture.

Un roman sur l’importance des souvenirs, un personnage principal attachant et une plume fluide sont les éléments qui constituent ce roman, idéal pour passer un très bon moment de lecture.

Ma note : 17/20

Contemporain

L’absence de ciel – Rentrée littéraire

L’absence de ciel d’Adrien Blouët

  • Auteur : Adrien Blouët
  • Titre : L’absence de ciel
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Noir sur Blanc
  • Nombre de pages : 174
  • Parution : 15 août 2019

Résumé

Adrien Blouët nous embarque dans un récit où son héros, Hennes Van Veldes, est un jeune étudiant en cinéma à Berlin, vaguement artiste-vidéaste. Pour trouver de l’argent autant que pour donner un sens à une vie post-étudiante désœuvrée, il se présente comme « documentariste free-lance ». C’est à ce titre qu’un vieil écrivain, Cornelius Düler, le contacte et lui demande de réaliser un film sur Wolfgang Laib, un artiste du sud de l’Allemagne.

Cet étrange commanditaire veut ce film pour lui seul. Il finance le jeune Hennes, qui part en auberge de jeunesse avec sa caméra pour trouver des traces de Laib, lequel demeure invisible. Après des jours à errer, traîner et filmer autour de la maison désertée, à scruter les plus infimes inflexions de signe de vie, Hennes est moins troublé par le jeu des révélations que par l’isolement menaçant du lieu.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Noir sur Blanc pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Hennes, fraîchement diplômé, qui doit trouver un travail. Il décide alors de passer une annonce, en tant que documentariste free-lance. Il va alors se faire contacter par un vieil écrivain, Cornelius Düler, qui lui demandera, et cela sous des conditions particulières, d’effectuer un film au sujet d’un artiste tombé dans l’oubli, Wolfgang Laib.

J’avoue être ressortie très mitigée de ma lecture et je ne m’attendais pas vraiment à cela. Le postulat de départ me plaisait énormément, je voulais vraiment en savoir plus, notamment pour quelle raison Düler ne veut le reportage réalisé par Hennes que pour lui seul. C’est donc très intriguée que j’ai commencé ce court roman, et finalement, je n’ai pas trouvé ce que j’en attendais.

Effectivement, l’auteur est parti dans une toute autre direction. Je dirai que cette histoire de film à réaliser n’est qu’un prétexte pour partir sur une réflexion liée à la solitude. En effet, ce roman propose une approche intéressante à ce niveau, puisque peu à peu, Hennes va vivre en retrait de la société, lors de son expédition. Même si c’est très bien décrit et bien mené, j’avoue m’être ennuyée quelque peu. Le tout reste très contemplatif et il ne se passe pas grand chose.

Là où j’ai été surprise, c’est lorsque l’auteur a fini par aborder son intrigue sous un côté thriller. Je ne m’y attendais pas, et j’ai vraiment apprécié, ayant l’impression que cela devenait plus dynamique. Malheureusement, j’ai rapidement été déçue, n’ayant eu aucune réponse à mes interrogations et à la part du mystère instaurée par l’auteur. Je suis donc très perplexe.

L’écriture est très belle. Pourtant, j’ai eu un peu d’appréhension au départ. En effet, ici, aucun dialogue, de longues phrases et pas de chapitres sont les éléments qui composent l’intrigue. Pourtant, je dois m’avouer conquise par la plume de l’auteur.

Un roman qui me laisse donc perplexe, ne sachant pas trop où a voulu m’emmener l’auteur, mais qui reste une découverte intéressante, de par la belle plume et les réflexions interessante qui y parsèment le récit.

Ma note : 14/20


Policier

Ornicus

Ornicus de Gabrielle Boyer

  • Auteur : Gabrielle Boyer
  • Titre : Ornicus
  • Genre : Policier
  • Éditions : Librinova
  • Total de pages : 147
  • Parution : 19 juin 2019

Résumé

Stefan Brama et Sacha Apolline s’emparent de l’enquête de la disparition de Louis, garçonnet de 8 ans, disparu un soir de vacances. Enchaînant rapidement les auditions des voisins, aucune véritable piste n’en ressort et les deux policiers sont particulièrement perplexes face à l’attitude de la mère. Alors que Stefan voudrait bien se débarrasser de l’enquête, Sacha s’investit comme il peut, touché par la détresse de Jeanne, jeune sœur de Louis.
Ce mois d’août 2017 va faire basculer certains destins, là où un autre reste inéluctablement hanté par la mort.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Gabrielle Boyer pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec les deux inspecteurs de police, Stefan et Sacha, qui vont devoir résoudre une affaire de disparition. En effet, Louis, 8 ans, disparaît mystérieusement alors qu’il jouait au football avec sa sœur et deux amis. Que s’est-il passé ?

C’est très embêtée que je débute cette chronique. Avant tout, je tiens à préciser qu’il ne s’agit ici que de mon avis personnel et que je ne doute pas que ce roman puisse avoir les qualités nécessaires pour plaire aux lecteurs. Malheureusement, pour ma part, je n’ai pas du tout accroché et je dois me montrer honnête.

Ce court roman policier avait pourtant tout pour me plaire, puisque la part de mystère qui englobe l’intrigue m’a rendue très curieuse, et j’avais vraiment envie de savoir ce qui était arrivé à Louis. J’avoue avoir vite décroché. J’ai trouvé le déroulé de l’intrigue très emmêlé, voire très fouillis. L’auteure m’a totalement perdue entre les suppositions des policiers, les horaires évoqués lors de la reconstruction des faits, les actions des divers personnages lorsque l’enfant disparaît. Il n’y pas de réelle unité, et je m’y suis totalement perdue.

Je n’ai pas du tout réussi à accrocher aux personnages des policiers, en particulier à Stefan, que j’ai trouvé cynique, à la limite du goujat. Les personnages manquent de consistante et de relief, et il devient très difficile d’apprécier une histoire lorsque, parmi tous les personnages, il n’y en a aucun auquel je me suis attachée.

Autre bémol que je me vois dans l’obligation d’aborder, c’est l’orthographe et la ponctuation. Effectivement, ces deux éléments ont beaucoup perturbé ma lecture tout au fil des pages. J’ai trouvé des fautes trop fréquentes et une ponctuation utilisée à mauvais escient. Cela reste pour moi un gros bémol, mais peut-être que d’autres lecteurs n’en seront pas dérangés, et je ne voudrais donc pas que cet élément vous empêche de découvrir l’histoire.

C’est donc malheureusement une grosse déconvenue pour ma part, mais comme je l’ai déjà mentionné, ce n’est que mon avis personnel et je ne doute pas que d’autres lecteurs seraient susceptibles d’apprécier ce roman.

Ma note : 10/20

Science-fiction

Un peu de nuit en plein jour – Rentrée littéraire

Un peu de nuit en plein jour d’Erik L’Homme

  • Auteur : Erik L’Homme
  • Titre : Un peu de nuit en plein jour
  • Genre : Science-fiction
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 170
  • Parution : 14 août 2019

Résumé

« Il ne reste plus que ça aujourd’hui, la communion des caves, cette sauvagerie qui seule subsiste une fois quittée la grisaille de la surface où les clans survivent dans des boulots plus pourris qu’une charogne oubliée sur un piège. »

Ce pourrait être le monde de demain. Paris est envahi par une obscurité perpétuelle et livré aux instincts redevenus primaires d’une population désormais
organisée en clans. Dans ce monde urbain terriblement violent, Féral est un des derniers à avoir des souvenirs des temps anciens. Il est aussi un as de la « cogne»,
ces combats à mains nues qui opposent les plus forts des clans dans des sortes de grand-messes expiatoires. C’est lors d’une de ces cognes qu’il rencontre
Livie, qui respire la liberté, l’intelligence, la force. Leur amour est immédiat, charnel, entier. Mais le destin de Féral va se fracasser sur cette jeune femme qui n’est pas libre d’aimer.
Bijou littéraire, Un peu de nuit en plein jour parle de notre monde qui s’abîme, de la part de sauvagerie en l’homme, de l’inéluctabilité des destins . »

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Féral dans un Paris où la lumière ne perce plus, où l’obscurité est constante, où le soleil n’a plus sa place. Le monde est divisé en clans et Féral devient un as des combats organisés dans les tréfonds des caves. C’est là qu’il fera connaissance de Livie, dont il va éperdument tomber amoureux.

C’est avec une pointe de déception que je débute cet avis. Pourtant, il faut dire que ce roman est sublime mais j’ai eu du mal parfois à adhérer totalement à l’univers proposé par l’auteur. Le tout est d’une grande originalité et surtout, remarquablement bien écrit, mais j’avoue avoir parfois décroché et ne pas être rentrée suffisamment dans ce récit.

Ce roman, aux frontières de la nouvelle puisqu’il est court, propose une véritable bouffée d’originalité. Le postulat de départ m’a séduite. Mais il m’a semblé qu’il me manquait un début à cette histoire. Comment en est-on arrivé là, pourquoi le soleil ne se lève plus ? Aucune explication et cela m’a gênée. J’aurais aimé plus de pages, pour étoffer cet univers proposé.

L’intrigue est bien menée et je me suis beaucoup attachée au personnage de Féral, que j’ai trouvé bien brossé et dépeint de manière très nuancée. Féral est très bestial mais pourtant d’une grande tendresse. Les autres personnages sont plutôt survolés et j’aurais une fois de plus aimé avoir plus de détails.

L’élément fort de ce roman réside sans aucun doute dans l’écriture sublime de l’auteur. La plume est belle, sauvage et poétique. Les mots bercent le lecteur et coulent naturellement. Le tout se lit facilement. Je ne connaissais pas du tout la manière d’écrire de l’auteur mais elle a su me séduire à bien des égards.

C’est donc une petite déception pour ma part au niveau de l’intrigue. Je l’aurais voulue davantage étoffée, j’ai l’impression qu’il m’a manqué beaucoup d’éléments pour m’impliquer totalement dans ce que je lisais. Malgré tout, c’est un roman à découvrir, ne serait-ce que pour la plume poétique et sublime de l’auteur.

Ma note : 14/20

Contemporain

De l’autre côté, la vie volée – Rentrée littéraire

De l’autre côté, la vie volée d’Aroa Moreno Duran

  • Auteur : Aroa Moreno Duran
  • Titre : De l’autre côté, la vie volée
  • Genre : Historique
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 220
  • Parution : 21 août 2019

Résumé

Katia est la fille d’émigrés espagnols ayant fui à Berlin le régime franquiste. Avec sa sœur Martina, elle partage les élans d’une famille aimante, mais où le silence sur le passé est d’or. En grandissant, Katia voit s’ériger le Mur.
Dans une librairie, son regard croise un jour celui de Johannes, jeune homme venu de l’Ouest… Avec sa complicité, à l’insu de tous, munie de faux papiers, Katia passe de l’autre côté.
Avec un exceptionnel souffle romanesque, Aroa Moreno Durán déroule une histoire intime, étroitement liée à l’Histoire européenne. Une fresque magistrale qui rappelle l’atmosphère des films La Vie des autres et Cold War. Le portrait saisissant d’une vie déracinée, d’une vie volée.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Katia, fille d’émigrés espagnols et résidant à Berlin pour fuir le régime franquiste, auprès de ses parents et de sa sœur, Martina. Les parents de Katia sont très taiseux sur leur passé mais elle grandit au sein d’une famille aimante. L’histoire va débuter en 1956 et donc, au fil du temps, la famille va voir le Mur de Berlin s’ériger, se retrouvant ainsi bloquée du côté Est. C’est alors que Katia fera la connaissance de Johannes, jeune homme venu de l’Ouest, et pour qui elle décidera de passer de l’autre côté.

C’est tout d’abord le contexte historique qui m’a poussée à vouloir découvrir ce roman. En effet, j’aime beaucoup les récits où la petite histoire se retrouve mêlée à la grande Histoire. C’est un mélange réussi dans ce roman par l’auteure. Au travers de l’histoire de Katia, on va pouvoir assister à la métamorphose d’un pays qui va se morceler peu à peu. Le pan historique est ici maîtrisé à la perfection par l’auteure, bien documenté, et de ce fait, n’en est que mieux rendu au lecteur.

L’histoire de Katia est quant à elle assez simple et banale, finalement. Pourtant, l’auteure a réussi à transmettre à son lecteur beaucoup d’émotions et d’empathie, tant pour Katia que pour le reste de sa famille. Les choix de Katia sont parfois déchirants. Aroa Moreno Duran a su en faire une femme forte, mais fragile à la fois, et qui malgré tout, n’hésitera pas à se battre.

Au travers de ce roman, Aroa Moreno Duran abordera des thématiques importantes, comme par exemple l’importance de savoir d’où nous venons pour mieux savoir où nous allons. Le récit est très court, et c’est peut-être mon seul regret, puisque je n’aurais pas été contre quelques pages de plus de la part de l’auteure pour ainsi ancrer encore plus la profondeur de son récit.

La plume est très particulière et je dois avouer qu’au début, j’ai été quelque peu déroutée. Effectivement, sachez qu’ici, les dialogues sont directement intégrés à la narration. Il n’y a donc aucune indication pour comprendre que quelqu’un parle et j’ai trouvé cela particulier. Et pourtant, grâce à sa qualité de plume, l’auteure a su me convaincre et j’ai finalement réussi à me laisser emporter par les mots qui s’imbriquent à la perfection. Sachez tout de même que le tout est parfois très contemplatif, donc si vous êtes amateurs de l’action, vous risqueriez d’être déçus. C’est le premier roman de cette auteure espagnole, et c’est un essai transformé. Je suivrai de près ses prochaines publications.

Un roman émouvant, où le contexte historique tient une place importante, le tout servi par une plume particulière et des personnages attachants. C’est pour moi une réussite que je vous conseille.

Ma note : 17/20

Contemporain

Une joie féroce – Rentrée littéraire

Une joie féroce de Sorj Chalandon

  • Auteur : Sorj Chalandon
  • Titre : Une joie féroce
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 14 août 2019

Résumé

Jeanne est une femme formidable. Tout le monde l’aime, Jeanne.
Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d’eux. A l’image de Matt, son mari, dont elle connaît chaque regard sans qu’il ne se soit jamais préoccupé du sien.
Jeanne bien élevée, polie par l’épreuve, qui demande pardon à tous et salue jusqu’aux réverbères. Jeanne, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. « Il y a quelque chose », lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant. En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. Jeanne ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas.
Avec Brigitte la flamboyante, Assia l’écorchée et l’étrange Mélody, trois amies d’affliction, Jeanne la rebelle va détruire le pavillon des cancéreux et élever une joyeuse citadelle.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Jeanne, jeune femme de quarante ans, libraire, mariée, et qui est très effacée. Polie, discrète, serviable, timide. Tout cela va changer lorsqu’elle va apprendre qu’elle est malade et qu’elle va devoir se battre contre un cancer du sein. Son mari ne va pas la soutenir et elle va trouver refuge auprès de trois femmes, trois battantes, chacune à sa façon.

J’avoue qu’en débutant ce roman, j’ai eu peur d’être bouleversée, de par la thématique qu’aborde ici l’auteur. J’en suis ressortie avec une bouffée d’optimisme à la fin. L’auteur a su mettre en exergue toutes les difficultés de la maladie, mais son but premier a été d’offrir une renaissance à Jeanne. Le lecteur suivra donc son évolution, du coup de massue initial à son combat mené contre la maladie et pour sa reconstruction.

Au travers du portrait de quatre femmes, puisqu’ici, certes, Jeanne tient le rôle principal, mais il ne faut pas oublier ses amies, Brigitte, Assia et Mélody, l’auteur livre un véritable hymne à des valeurs telles que l’amitié, l’amour et tout ce qui permet de s’en sortir en cas de coup dur. J’ai apprécié la tournure des événements que va prendre l’histoire, avec son petit côté presque thriller et qui m’a prise dans ses filets. J’ai tourné les pages avec frénésie en craignant à chaque fois. J’ai eu peur pour ce groupe d’amies.

Il y a vraiment deux perspectives dans ce roman. Un véritable contraste entre cette tristesse ressentie au début de l’histoire et cette joie féroce qui transparaît ensuite. L’auteur a su créer des personnages attachants, tout en nuances et très bien dépeints. Beaucoup d’émotions sont présentes au travers du récit et j’ai réellement été conquise.

La plume de l’auteur est tout en douceur et très entraînante. Je l’ai trouvée en parfaite adéquation avec le ton de l’histoire. Je n’avais encore jamais lu de romans de Sorj Chalandon, et je peux dire que c’est une réussite qui me donne fortement envie de découvrir ses autres livres.

Un très bon roman, où la place est totalement donnée aux femmes, à leurs combats respectifs, à l’amitié, à l’amour, à la loyauté. Une véritable réussite.

Ma note : 17/20

Contemporain

Borgo Vecchio

Borgo Vecchio de Giosuè Calaciura

  • Auteur : Giosuè Calaciura
  • Titre : Borgo Vecchio
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Noir sur Blanc
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 22 août 2019

Résumé

Mimmo et Cristofaro sont amis à la vie à la mort, camarades de classe et complices d’école buissonnière. Cristofaro qui, chaque soir, pleure la bière de son père. Mimmo qui aime Celeste, captive du balcon quand Carmela, sa mère, s’agenouille sur le lit pour prier la Vierge tandis que les hommes du quartier se plient au-dessus d’elle. Tous rêvent d’avoir pour père Totò le pickpocket, coureur insaisissable et héros du Borgo Vecchio, qui, s’il détrousse sans vergogne les dames du centre-ville, garde son pistolet dans sa chaussette pour résister plus aisément à la tentation de s’en servir. Un pistolet que Mimmo voudrait bien utiliser contre le père de Cristofaro, pour sauver son ami d’une mort certaine.

Il y a la mer, d’un côté du Borgo Vecchio, dont le vent apporte les parfums de viande chez ceux qui, de la viande, n’en mangent jamais. De l’autre, la plaine brûlante de la métropole, ses magasins, ses bourgeois, la loi et ses gardiens. Son marché aux balances truquées, ses venelles tortueuses et antiques, dans lesquelles n’ose pas s’aventurer la police.

L’intrigue est semblable à celle d’un livret d’opéra : violence et beauté, bien et mal se mêlent pour nous tenir en haleine jusqu’au grand final.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Noir sur Blanc pour leur confiance et grâce à qui j’ai découvert ce roman.

Nous sommes ici à Borgo Vecchio, quartier pauvre et désœuvré de Palerme, dans lequel évolue une galerie de personnages hauts en couleur. Il y a Mimmo et son meilleur ami Cristofaro, il y a Celeste, leur amie, il y a Totò, pickpocket des rues, et bien d’autres personnages qui font le quotidien de ce quartier.

C’est une véritable fresque sociale que va nous livrer ici Giosuè Calaciura. Il saura confronter le clair à l’obscur et le bien au mal, au travers de personnages forts. Si d’un côté, les trois adolescents de ce roman apportent un côté lumineux à l’histoire, leur famille, quant à elle, met en exergue la part sombre de ce récit. Effectivement, le père de Mimmo truque sa balance dans son épicerie pour voler ses clients, le père de Cristofaro le bat tous les soirs sous le regard impassible de la mère, et Celeste est obligée de passer ses après-midi sur le balcon, pendant que sa mère se prostitue dans l’appartement. Sans oublier Titò, personnage phare, et pickpocket.

Ce roman est très court et se lit d’une traite. Pourtant, en très peu de pages, l’auteur a réussi à m’immerger entièrement dans ce quotidien cruel, sombre mais parfois drôle aussi. J’ai ressenti beaucoup d’émotions pendant cette lecture. Je me suis laissée porter par les mots et la poésie qui en ressort de chaque page.

La plume de l’auteur est magnifique. J’avoue avoir été déroutée au début par un style trop véloce, trop vif par moments et pourtant très poétique. J’ai eu l’impression que cela ne s’accordait pas ensemble et pourtant, après la surprise initiale, la plume de l’auteur m’a conquise. Je peux cependant regretter par moments un manque d’approfondissement du quotidien des personnages et du quartier au profit d’une sorte d’exercice de style auquel se livre ici l’auteur. Ce n’est pas vraiment un bémol, puisque la plume de Giosuè Calaciura s’y prête à la perfection et qu’il accomplit cela avec brio.

Ce roman de la rentrée littéraire est donc une excellente découverte. Je ne vous cache pas que c’est très triste parfois, mais il y a aussi une part de luminosité. Un véritable roman clair-obscur à découvrir.

Ma note : 17/20

Thriller auto-édité

Deux degrés et demi

Deux degrés et demi de Pierre-Etienne Bram

  • Auteur : Pierre-Etienne Bram
  • Titre : Deux degrés et demi
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 323
  • Parution : 29 mai 2019

Résumé

2028. 10 ans après le rapport alarmant du GIEC, la température moyenne a augmenté de deux degrés et demi, démultipliant les conséquences du dérèglement climatique. Un multi-entrepreneur propose à l’ONU un programme écologique radical basé sur un système de notation. Léo embarque sur un bateau nettoyeur en direction du vortex de déchets de l’Atlantique Nord.Son objectif ? Engranger suffisamment de points pour lui permettre, avec sa famille d’accéder à la seconde partie du projet…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur Pierre-Etienne Bram pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici en 2028. La température a augmenté de deux degrés et demi et cela a des conséquences désastreuses pour la planète qui devient peu à peu inhabitable. Luke Mons, un grand entrepreneur, a la solution : aller habiter dans une autre planète. Seulement, il n’y aura pas de place pour tous et ceci sera donc réservé à l’élite. Luke va alors instaurer un système de points. Pour chaque action écologique, l’individu engrangera des points et pour chaque action à l’encontre de l’écologie, il en perdra. Et donc, nous suivrons Léo et sa famille, dont l’objectif sera d’engranger le plus de points pour se sauver.

En commençant ce thriller d’anticipation, j’étais plus que sceptique, ayant très peu l’habitude de lire ce genre littéraire. Et bien je peux affirmer que l’auteur m’a bluffée et qu’il a su capter mon attention dès les premières pages. Je me suis laissée entraîner par cette histoire et les pages ont défilé.

L’auteur soulève tout au long de la lecture de véritables cas de conscience par rapport à l’environnement, à l’écologie, à ce que tout un chacun pourrait faire de plus pour préserver la planète. Ce roman prête à la réflexion et fait ouvrir les yeux sur bien des problématiques

De révélations en rebondissements, j’ai été totalement captivée par ce roman qui va à toute vitesse. Les chapitres sont courts et la plume de l’auteur est addictive. Le tout est très bien écrit. Ce roman est très difficile à lâcher avant la fin.

Une intrigue rondement menée, avec pour toile de fond une thématique importante, en font un thriller d’anticipation très réussi.

Ma note : 17/20

Contemporain

Pour un nouveau départ

Pour un nouveau départ de Wilfrid De Fonvielle

  • Auteur : Wilfrid De Fonvielle
  • Titre : Pour un nouveau départ
  • Genre : Nouvelle
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 188
  • Parution : 1 juillet 2019

Résumé

Ce soir-là, alors qu’il se rend au théâtre à l’invitation de son grand-père, Clovis ne se doute pas que sa vie tranquille est sur le point de basculer. Sans prévenir, le metteur en scène lui propose de remplacer l’acteur principal, qui est souffrant. Contre toute attente, l’acteur débutant fait des merveilles. Après la représentation, son grand-père s’approche de lui, et lui explique que tous les seize jours, il vivra un moment d’épiphanie comme celui-ci. Son apparence changera, et ses capacités physiques et cognitives seront multipliées par cent. C’est pour Clovis le début d’une nouvelle vie.

Comme Clovis, les personnages du recueil de nouvelles fantastiques Pour un nouveau départ sont confrontés à des situations qui vont changer leur vie. Wilfrid de Fonvielle manie l’art des coïncidences et du merveilleux dans des histoires aux chutes surprenantes. Plongez sans attendre dans cet univers unique !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil composé de six nouvelles, ayant toutes le même point d’orgue, à savoir un tournant dans la vie de nos protagonistes. Effectivement, un événement va surgir dans leur quotidien et va leur permettre de prendre un nouveau départ.

Malheureusement, je dois avouer que je n’ai pas du tout adhéré à ce que propose l’auteur. À aucun moment je n’ai ressenti d’attachement quelconque pour les personnages de ces récits et je n’ai pas été en mesure de rentrer dans l’univers que nous propose l’auteur.

Une grande part de fantastique s’est invitée dans ces courts récits, et je pense que cela peut être une des raisons de ma déception. Je n’ai pas accroché et n’ai pas su me laisser porter pour pouvoir apprécier à sa juste valeur ce recueil. Bien évidemment, ceci n’est que mon opinion personnelle et j’ai vu un grand potentiel dans ce recueil qui saura, à coup sûr, ravir d’autres personnes. Ce ne fut pas mon cas, et j’en suis là première désolée.

En revanche, j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur. Je l’ai trouvée très soignée et de qualité. Je me laisserai sûrement tenter par l’un de ses prochains romans.

Ce sera donc une petite déconvenue pour ma part, mais si vous êtes intrigués et que vous aimez les nouvelles avec une grande part de fantastique, tentez cette lecture.

Ma note : 12/20

Contemporain

Modern Love

Modern Love de Alice Masson

  • Auteur : Alice Masson
  • Titre : Modern Love
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Spinelle éditions
  • Nombre de pages : 94
  • Parution : 28 juin 2019

Résumé

Quatre histoires courtes plus différentes les unes que les autres : une romance moderne, un conte écolo-initiatique, un conte pour enfants intelligents et un polar historique, qui se dégustent comme une assiette d’antipasti.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Alice Masson pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil de quatre nouvelles, toutes plus différentes les unes que les autres. Au début, j’avoue, lorsque j’ai commencé le tout début de la première nouvelle, j’ai été très sceptique, mais au fur et à mesure, j’ai fini par être conquise. Les nouvelles ne sont pas forcément égales, mais cela ne pose pas de réels problèmes, puisque c’est assez inhérent aux recueils de nouvelles. Il y en a forcément certaines que j’ai préféré et d’autres un peu moins, mais chacune d’entre elle vaut le détour.

La première nouvelle nous narrera une histoire d’amour presque impossible, tant ce qui oppose les deux protagonistes est énorme. Elle est partagée sous trois points de vue que je vous laisserai découvrir, puisqu’il y a quelques surprises. Au tout début, j’ai été quelque peu sceptique, j’avais une impression de simplicité dans les idées. Il n’en est rien. J’ai été finalement conquise. L’auteure a su retenir mon attention jusqu’au dénouement que j’ai trouvé très réussi et très beau.

La deuxième nouvelle est la plus courte et probablement celle qui m’a le moins plu. Il s’agit là d’un tout petit récit aux allures écologiques et cela prend par moments la forme d’un conte initiatique. Je l’ai trouvée peut-être trop courte et cela ne m’a pas forcément donné la possibilité de vraiment rentrer dans l’histoire. Malgré tout, elle est intéressante à bien des égards.

La troisième nouvelle est magnifique. Elle nous est contée au travers des yeux d’un petit garçon. Au début, le lecteur est un peu dans le flou, ne comprenant pas forcément à quoi fait référence le petit garçon lorsqu’il nous explique son quotidien. Mais lorsque j’ai commencé à entrevoir de quoi il était question, j’ai été tout simplement bouleversée.

La quatrième nouvelle est un polar à la cour royale. Le tout est relaté sous forme de missive. De nouveau, l’auteure a su capter mon attention, et il est très difficile de créer une enquête sous le format d’une nouvelle. Effectivement, cela ne doit pas être trop long mais suffisamment étoffé pour en faire un mystère à résoudre. C’est encore une fois réussi.

Un recueil de quatre nouvelles, toutes variées, et très bien écrites, à lire d’une traite et à découvrir sans hésitation.

Ma note : 17/20

Policier

Silence on disparaît

Silence on disparaît de Laurent Bouché

  • Auteur : Laurent Bouché
  • Titre : Silence on disparaît
  • Genre : Policier
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 161
  • Parution : 10 juillet 2019

Résumé

Tout juste sorti de l’adolescence, Pierre-Emmanuel fait ses débuts dans la police. Au vu de son profil atypique, on lui demande de seconder un enquêteur expérimenté pour revenir sur une étrange affaire de disparition, vieille de plusieurs années. De Paris jusqu’à Venise l’intrigue se poursuit, insaisissable, et ne semble jamais devoir se résoudre. Mais au-delà de l’enquête policière, l’aventure se muera en parcours initiatique pour le jeune homme, et finira par le révéler à lui-même.Dans ce premier roman, l’auteur emporte son héros dans une aventure insolite au dénouement inattendu, dans laquelle la légèreté vient se mêler au tragique.

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier l’auteur Laurent Bouché pour sa confiance et grâce à qui j’ai eu la possibilité de découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec l’inspecteur Cellier et son assistant Proudhon, qui vont se voir dans l’obligation d’ouvrir à nouveau une enquête sur une affaire de vol, sept ans après les faits. Effectivement, à l’époque, le couple Garnez subit un cambriolage à domicile, alors que madame Garnez se retrouve seule dans sa villa au moment des faits, et que son mari est en déplacement. 

C’est un véritable puzzle que nous propose ici l’auteur. De fausses pistes en révélations inattendues, la recette fonctionne à la perfection et tous les ingrédients sont réunis pour passer un excellent moment de lecture avec ce polar. 

Laurent a su créer deux personnages hauts en couleur. J’ai tout simplement été conquise par Proudhon, qui est tellement drôle à certains moments. J’ai beaucoup ri pendant ma lecture. L’auteur a su savamment doser l’humour, sans trop en faire, mais pour accorder quelques moments de répit dans l’enquête. C’est parfois totalement déjanté et c’est très réussi de la part de l’auteur.

Quant à l’intrigue, je n’ai pas su où elle allait me mener jusqu’au dénouement, et l’auteur m’a totalement baladée, puisque j’ai eu droit à des révélations inattendues. Sous couvert d’humour, Laurent aborde ici malgré tout des sujets délicats. 

L’écriture est soignée et dynamique, ce qui insuffle un bon rythme à cette histoire. Les chapitres sont courts et rythment l’ensemble. Il est impossible de s’ennuyer et c’est un roman que l’on peut lire d’une traite. 

J’ai donc été totalement séduite par ce polar déjanté, au ton très humoristique, mais avec un fond d’enquête très sérieux. Je vous conseille de découvrir cet auteur. 

Ma note : 18/20

Jeunesse

Le jardin secret de Marie

Le jardin secret de Marie de Coralie Raphael

  • Auteur : Coralie Raphael
  • Titre : Le jardin secret de Marie
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 223
  • Parution : 3 juin 2019

Résumé

Fille unique, Marie vit seule dans un immense manoir avec sa gouvernante Kate, et son père, qui ne rentre que rarement. Un soir, alors qu’elle entend un bruit étrange dans sa chambre, la fillette découvre dans les couloirs du manoir un passage souterrain qui mène à un jardin secret. Là, elle fait la rencontre de Sauge, une créature qui ne semble formée que d’une tête dans un bocal. D’abord effrayée, Marie se lie très vite d’amitié avec son nouveau compagnon. Sauge lui raconte une si belle histoire que la fillette sacrifie son sommeil pour se rendre chaque nuit dans le jardin, en cachette de sa gouvernante. Mais Marie s’interroge : qui a créé ce fabuleux jardin ? qu’est-il arrivé au corps de Sauge ? Alors que son attachement pour lui grandit, la jeune fille découvre un coffre enterré dans le jardin qui va bousculer sa vie…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance r grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Marie, dame âgée et qui après avoir recueilli Borg, un jeune garçon qui vivait dans une grande pauvreté, décide de retourner au manoir dans lequel elle habitait, lorsqu’elle était petite. Là, tous les souvenirs refluent et Marie va se rappeler son enfance solitaire, privée de sa mère à la suite d’une maladie et d’un père trop souvent absent. Elle aura pour seule compagnie Kate, la gouvernante, et Sauge, une mystérieuse créature recluse dans le jardin secret du manoir.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture même si j’avoue que suite aux avis dithyrambiques, j’en attendais un peu plus. Cela reste malgré tout une très belle découverte et l’auteure a su me subjuguer avec l’univers créé tout au fil des pages.

J’ai apprécié les deux personnages principaux, Marie et Sauge. Ils sont nuancés et très touchants, et le lien indéfectible qui va finir par les unir m’a beaucoup émue. Coralie a su mettre en exergue des valeurs telles que l’amitié, l’amour, la loyauté. Au travers de ses personnages, c’est presque un petit conte philosophique qu’elle nous livre ici.

L’univers est très bien conçu, bien pensé. Le jardin secret où se rend Marie tous les soirs est vraiment bien décrit. Les descriptions y sont très belles et réussies. Tout au fil des pages, le lecteur se laissera bercer par cet univers féerique. J’ai pour ma part nettement préféré la deuxième partie de roman à la première. J’ai parfois ressenti quelques petites longueurs en début de roman, mais le tout est très fluide et je ne me suis pas ennuyée.

La plume est très soignée, que ce soit au niveau de l’orthographe, de la syntaxe ou de la ponctuation. J’ai beaucoup aimé le style de Coralie, qui est parfois presque poétique et qui est en adéquation totale avec l’histoire.

Ce sera donc une très belle découverte que je conseille, tant pour l’univers créé que pour les personnages touchants. Il m’a juste manqué le petit plus pour en faire un coup de cœur.

Ma note : 16/20

Thriller

À la tombée du jour

À la tombée du jour de Mary Kubica

  • Auteur : Mary Kubica
  • Titre : À la tombée du jour
  • Genre : Thriller
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 360
  • Parution : 5 juin 2019

Résumé

Après le décès de sa mère, Eden, Jessica Sloane essaye de reconstruire sa vie. Elle loue un nouvel appartement, s’inscrit à la fac. Mais lorsque l’université l’informe que son numéro de sécurité sociale n’est apparemment pas valide et correspond à une autre Jessie Sloane, toutes ses certitudes volent en éclats. Pire : lorsqu’elle fouille dans les papiers d’Eden, elle se rend compte que celle-ci ne l’a jamais déclarée à charge dans ses revenus… 
Les jours passent et le mystère ne fait que s’épaissir, aggravé par l’insomnie chronique dont souffre Jessie. Entre l’épuisement et le deuil, sans carte d’identité ni compte en banque, elle commence à perdre pied. Pourquoi sa mère lui a-t-elle caché qui elle était ? Pourquoi a-t-elle toujours refusé de lui parler de son père ? Toute sa vie n’est-elle qu’un terrible mensonge ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Jessie, jeune fille qui vient de perdre sa mère. Elle se retrouve alors seule, puisqu’elle n’a jamais connu son père. Lorsqu’elle décide de s’inscrire à l’université, les problèmes commencent. En effet, on l’informe que son numéro de sécurité sociale n’est pas valide et qu’il correspondrait à une autre Jessie. Dès lors, elle va se mettre à douter de tous et à se demander qui elle est réellement. En parallèle, nous allons suivre Eden et Aaron, jeune couple qui cherche désespérément à devenir parents sans y arriver.

Pour avoir déjà lu certains romans de Mary Kubica, je sais qu’elle préfère miser le tout sur la psychologie et laisser finalement peu de place à l’action. Dans ce roman, elle ne va pas déroger à la règle et je dirais même qu’elle a réussi à créer un roman très abouti.

J’ai vraiment été séduite par ce thriller. Le schéma narratif m’a beaucoup plu, puisque l’on alterne avec les chapitres nous racontant le quotidien de Jessie, et ceux nous racontant les difficultés de la part d’Aaron et d’Eden pour réussir à former une famille.

Les personnages sont très bien campés, et j’ai particulièrement trouvé que celui d’Eden était très fouillé. En effet, l’auteure nous montre à quel point le désir d’enfant, qui est à chaque fois frustré et se solde par des échecs, va entamer sérieusement le caractère d’Eden, la faisant rentrer dans un engrenage dangereux. Le personnage de Jessie est également bien nuancé. On suit sa recherche d’identité, sa volonté de savoir si finalement, on ne lui a pas menti depuis toujours.

Quant à l’intrigue, j’avoue, l’auteur m’a tout simplement bernée du début jusqu’au dénouement. Tout au long de ma lecture, j’ai échafaudé des hypothèses, presque déçue d’avoir découvert les mystères. Il n’en fut rien, je n’ai absolument pas appréhendé une telle conclusion. S’il est vrai que le suspense peut paraître très long à se mettre en place et à se développer, pourtant je n’ai ressenti aucun ennui. Ici, la tension monte crescendo et il ne faut surtout pas rechercher de l’action, sous peine d’être déçu.

C’est donc pour ma part un très bon moment de lecture. L’auteure nous livre ici un roman très abouti, bien construit, avec une tension qui gagne en intensité au fil des pages et un dénouement inattendu.

Ma note : 17/20

Policier

Son espionne royale mène l’enquête

Son espionne royale mène l’enquête de Rhys Bowen

  • Auteur : Rhys Bowen
  • Titre : Son espionne royale mène l’enquête
  • Genre : Policier
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 360
  • Parution : 6 juin 2019

Résumé

Londres, 1932. Lady Victoria Georgiana Charlotte Eugenie, fille du duc de Glen Garry et Rannoch, trente-quatrième héritière du trône britannique, est complètement fauchée depuis que son demi-frère lui a coupé les vivres. Et voilà qu’en plus ce dernier veut la marier à un prince roumain ! Georgie, qui refuse qu’on lui dicte sa vie, s’enfuit à Londres pour échapper à cette funeste promesse de mariage : elle va devoir apprendre à se débrouiller par elle-même. Mais le lendemain de son arrivée dans la capitale, la reine la convoque à Buckingham pour la charger d’une mission pour le moins insolite : espionner son fils, le prince de Galles, qui fricote avec une certaine Américaine… Entre Downton Abbey et The Crown, une série d’enquêtes royales so British ! 

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce titre.

Nous sommes ici avec Georgie, trente-quatrième héritière du trône britannique et qui va pourtant se retrouver sans un sou. Effectivement, son demi-frère décide de lui couper les vivres et veut en plus contrôler sa vie, en lui suggérant fortement de se trouver un bon parti. Georgie décide alors de se débrouiller toute seule et se rendra à Londres. La reine la convoquera pour une mission : espionner son fils, qui a apparemment de mauvaises fréquentations féminines.

Avant toute chose, il faut savoir que cette quatrième de couverture peut se révéler trompeuse. J’ai pensé, lorsque je l’ai débuté, que tout tournerait autour de la mission que la reine confie à Georgie. Il n’en est rien. Ce n’est absolument pas là où réside le fort de l’intrigue. Bien évidemment, je n’en dirai pas plus, pour ne rien spoiler, mais ce fut une belle découverte.

J’ai été séduite par ce premier volet des aventures de Georgie, et je pense que le caractère de l’héroïne y est pour beaucoup. D’emblée, j’ai accroché à ce personnage principal qui n’a pas froid aux yeux, qui est très courageuse et très débrouillarde. Je l’ai trouvée très bien dépeinte, et c’est indéniablement le point fort de ce roman.

Quant à l’intrigue, j’ai finalement été prise dans l’engrenage. Lorsque j’ai compris que l’auteure partait dans une toute autre direction que celle que j’attendais, j’avoue avoir été quelque peu déçue. Et pourtant, cette déception s’est rapidement estompée, puisque je me suis laissée prendre au jeu du mystère présent dans ce roman. Certes, l’intrigue peut paraître classique de prime abord, mais pour ma part, j’ai tourné les pages avec avidité et la fin m’a surprise.

Une grande place est faite aussi aux personnages secondaires. Une véritable galerie de caractères, truculents à souhait et originaux, viendront servir l’intrigue. La plume de l’auteure est simple mais entraînante.

Un véritable roman policier d’ambiance, avec pour toile de fond la royauté britannique, qui aura su me convaincre. Je serais vraiment curieuse de découvrir la suite. Je vous recommande de découvrir ce livre.

Ma note : 17/20

Jeunesse

Lilo

Lilo de Sylvie Baud-Stef

  • Auteur : Sylvie Baud-Stef
  • Titre : Lilo
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Au Loup
  • Parution : 23 avril 2019

Résumé

Ce séjour en colonie de vacances était plein de promesses…

Mais Lilo se retrouve en butte à l’hostilité d’un groupe de jeunes. Harcelée, de plus en plus isolée, elle a du mal à leur résister.

Malgré ces débuts difficiles, Lilo réussira-t-elle à surmonter les obstacles qui l’empêchent de rester ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Au Loup pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Lilo, jeune adolescente, envoyée en colonie de vacances par ses parents. Le séjour avait tout pour faire rêver, et pourtant Lilo va se retrouver victime de harcèlement de la part des autres jeunes filles du camp.

Cette courte nouvelle est très bien réalisée. L’auteure va ici aborder un sujet très délicat, mais de manière toujours optimiste. C’est un roman à mettre entre toutes les mains.

L’histoire en elle-même est très simple, certes. Mais ce qui compte ici, c’est davantage le message qu’elle délivre. Au travers de Lilo, un personnage attachant, l’auteure va essayer d’aborder le sujet du harcèlement scolaire, mais toujours avec beaucoup de délicatesse.

La plume est soignée. L’histoire est légère, malgré le lourd sujet et garde toujours cette pointe de bonne humeur et d’optimisme.

Ma note : 18/20

Romance

Il suffit parfois d’un rien… et d’une fraise Tagada !

Il suffit parfois d’un rien… et d’une fraise Tagada ! de Tiphaine Hadet

  • Auteur : Tiphaine Hadet
  • Titre : Ul suffit parfois d’un rien… et d’une fraise Tagada !
  • Genre : Romance
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 58
  • Parution : 20 février 2019

Résumé

Du haut de ses 24 ans, Caroline a grandi avec sa mère, gouvernante des Freunberger, richissime famille parisienne qui vit dans un immeuble cossu en plein cœur de Paris. Lorsqu’elles sont invitées au mariage de Victoire, petite-fille du clan, dans un immense château en banlieue, Caroline y va à reculons pour faire plaisir à sa mère. Sur les conseils d’Hervé, son meilleur ami, la jeune femme va tenter d’enfouir ses rancœurs afin de ne pas mettre de désordre au milieu des festivités. Mais c’est sans compter sur une rafale de quiproquos qui va mettre à mal la sérénité de Caroline… et sa solitude d’éternelle célibataire, a priori bien dans ses baskets…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Caroline, jeune femme modeste, qui a grandi auprès de sa mère, Luisa. Cette dernière est la gouvernante des Freunberger, une famille très riche et prétentieuse. Lorsque Victoire, jeune fille du clan des Freunberger les invite à assister à son mariage, c’est à reculons que Caroline accepte.

Ce court roman, que l’on pourrait qualifier de nouvelle, est une véritable réussite. C’est frais, léger et pétillant. Tous les ressorts propres à ce genre littéraire sont présents, mais pourtant, je n’y ai pas forcément retrouvé tous les clichés qui m’agacent généralement. Bien au contraire, j’ai passé un excellent moment de lecture.

J’ai adoré le personnage de Caroline. J’ai souvent ri de ses aventures rocambolesques, et je me suis laissée entraîner par ses déboires. L’auteure a su créer un personnage très attachant et haut en couleurs. Aucun ennui n’est possible pendant cette lecture.

Je dois accorder une mention spéciale pour la couverture et le titre. J’ai totalement craqué, j’avoue. Il faut dire qu’ils sont en adéquation totale avec ce que l’on va découvrir au travers des pages, à savoir une histoire aussi sucrée qu’une fraise Tagada et un moment de lecture tout en douceur.

La plume de l’auteure est très soignée et précise. Je n’ai finalement qu’un seul bémol à ce récit : il est trop court et j’en aurais bien lu quelques pages de plus. Ce n’est bien évidemment pas un véritable bémol, mais plutôt une preuve d’à quel point cette lecture m’a plu.

Ma note : 18/20

Contemporain, Non classé

La couleur du lait

La couleur du lait de Nell Leyshon

  • Auteur : Nell Leyshon
  • La couleur du lait
  • Genre : Historique
  • Éditions : 10/18
  • Nombre de pages : 192
  • Parution : 3 septembre 2015

Résumé

En cette année 1831, Mary, une fille de 15 ans entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible et sévère, en bref, une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.
Simple et franche, lucide et impitoyable, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu’on l’a envoyée travailler chez le pasteur Graham, afin de servir et tenir compagnie à son épouse, femme fragile et pleine de douceur.
Elle apprend avec elle la bienveillance, et découvre avec le pasteur les richesses de la lecture et de l’écriture.. mais aussi l’obéissance, l’avilissement et l’humiliation. Finalement, l’apprentissage prodigué ne lui servira qu’à écrire noir sur blanc sa fatale destinée. Et son implacable confession.

Mon avis

Nous sommes ici avec Mary, jeune fille de quatorze ans. Partagée entre un père brutal, une mère insensible et trois sœurs auprès desquelles elle doit accomplir toutes les tâches propres à la ferme où elle habite, sa vie n’est pas toujours facile. Bientôt, elle sera appelée chez le pasteur Graham pour s’occuper de sa femme.

Il faut savoir que cette histoire est relatée par Mary sous forme de confession. Cette dernière n’apprend à lire et à écrire qu’à l’âge de quatorze ans. L’auteure, ayant voulu rendre ce récit le plus réaliste possible, prend donc le parti d’en faire un texte très basique. Effectivement, ici, pas de majuscules, une ponctuation pas toujours maîtrisée et un vocabulaire très basique seront de mise. Au début, j’ai été totalement déroutée. Une fois que l’on s’habitue, cela permet au lecteur de réellement s’attacher à Mary.

J’avoue avoir trouvé l’histoire bouleversante. Je l’ai lu à reculons, et lorsque la fin est arrivée, je suis passée par un carrousel d’émotions. Il est impossible de ne pas s’attacher à Mary, et j’ai trouvé que l’auteure l’a dépeinte à la perfection et a su créer un personnage tout en nuances, avec un caractère fort et un franc-parler à toute épreuve.

Ce roman est très court mais très fort en émotion. Il ne faudra pas se laisser décourager par le vocabulaire et la syntaxe qui ne ressemble en rien à ce que l’on peut attendre d’un roman. Je ne peux que vous conseiller de le découvrir.

Ma note : 17/20