Historique

La passagère du Saint-Louis

La passagère du Saint-Louis d’Armando Lucas Correa

  • Auteur : Armando Lucas Correa
  • Titre : La passagère du Saint-Louis
  • Genre : Historique
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 400
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Berlin, 1939. Avant que l’Europe plonge dans le chaos, Hannah Rosenthal, douze ans, avait une vie de rêve. A présent, après avoir vu de menaçants drapeaux envahir les rues et assisté à la longue descente aux enfers des siens, elle erre en ville en compagnie de son ami Leo. Survivant tant bien que mal, les deux adolescents et leurs familles cherchent à quitter le Reich par tous les moyens. L’espoir renaît bientôt sous la forme du Saint-Louis, un paquebot transatlantique faisant route vers Cuba, sur lequel ils embarquent, avec de nombreux autres juifs.
Mais, au fil de la traversée, les portes se ferment les unes après les autres au nez des exilés, et Hannah comprend que le navire auquel ils doivent leur salut pourrait bien les conduire à leur perte… New York, 2014. Le jour de son douzième anniversaire, Anna Rosen reçoit un paquet en provenance de Cuba, dont le contenu la pousse à se rendre à La Havane… Inspirée de faits réels et entrelaçant deux époques, La Passagère du Saint-Louis met en lumière une terrible odyssée, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale.
Et puisque l’Histoire ne cesse de se répéter, l’auteur nous offre une ode poignante et nécessaire à la liberté et à la solidarité.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Le paquebot Saint-Laurent a réellement existé. En 1939, les Juifs allemands sont persécutés, des lois sur l’immigration et l’émigration ont accentué leurs difficultés pour quitter l’Allemagne, et ils se voyaient dans l’obligation de se dépouiller de tous leurs biens au profit des nazis. Pour quitter le Reich, certains d’entre eux décident donc d’embarquer à bord du Saint-Louis à destination de Cuba comme dernier recours. C’est donc dans ce contexte que nous découvrons l’histoire d’Hannah et de Léo, jeunes adolescents, et de leurs familles, à bord du Saint-Louis et dans un espoir d’exil pour un meilleur quotidien.

C’est un très beau roman que nous livre ici l’auteur. J’avouais ignorer totalement ce passage de l’Histoire. Malheureusement, cette traversée ne va pas se passer comme espéré. C’est un sujet dur qu’aborde Armando Lucas Correa et il le fait remarquablement bien.

L’auteure a su mêler la petite histoire dans la grande, et à partir d’un fait historique réel, il a su créer une intrigue prenante, bouleversante et incroyablement émouvante. Je me suis totalement attachée à la petite Hannah. En parallèle, nous suivons l’histoire d’Anna, qui elle, se déroule en 2014. Bien évidemment, le destin de ces deux femmes est étroitement lié.

La plume est sobre, fluide et pleine de délicatesse. L’auteur a un réel talent de conteur et a su m’embarquer dans un tourbillon d’émotions. Le schéma narratif est classique, alternant les passages du passé et ceux du présent. S’il est vrai que comme souvent dans ce genre de romans, j’ai préféré la partie du passé, celle du présent n’en reste pas moins interessante.

Un roman émouvant sur une réalité méconnue de la Seconde Guerre Mondiale et peu abordée dans la littérature. J’ai été bouleversée et j’ai suivi ce récit avec beaucoup d’émotions. Une réussite.

Ma note : 18/20

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Contemporain

Il était une voix…

Il était une voix… de Marina Al Rubaee

  • Auteur : Marina Al Rubaee
  • Titre : Il était une voix…
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard/Mazarine
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

C’est l’histoire d’une petite fille devenue femme, née dans une famille considérée comme différente et en difficulté par la société, du fait de la surdité de ses parents. Et pourtant, elle a senti, observé, vécu des situations qui sortent du commun et lui ont donné la force d’appréhender la vie autrement. Là d’où elle vient, on allume et on éteint la lumière pour faire remarquer sa présence. On ne dit pas, mais on «_parle_» et montre les choses avec les mains. Et on ne laisse jamais tomber.
Marina Al Rubaee nous invite à entrer dans une autre réalité, un univers où elle a dû très tôt prendre le rôle d’une adulte en devenant une aidante – quelqu’un qui s’occupe de proches en situation de dépendance.
Vue de l’extérieur, cette situation paraît extraordinaire alors que, pour elle, c’est une vie des plus ordinaires.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard/Mazarine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Marina Al Rubaee, l’auteure de ce roman, est fille de parents sourds tous les deux. Dès son plus jeune âge, elle sera le pont qui relie ses parents avec le monde des entendants. Elle sera leur traductrice, leur lien avec le monde sonore extérieur. Au travers de ce récit, Marina va nous sensibiliser à cette différence, à cette vie particulière qu’elle a eue, mais dont elle est sortie plus enrichie.

J’ai été très émue en découvrant ce témoignage que j’ai trouvé passionnant à bien des égards. Il est très intéressant d’avoir le point de vue de Marina, et toutes les explications qu’elle nous fournit au fur et à mesure sont nécessaires. Elle mettra par exemple un point d’honneur à éviter que la société stigmatise les non-entendants. À tort, l’on a tendance à croire que ces personnes sont muettes, et il n’en est rien. Marina va sensibiliser le lecteur. Elle mettra en exergue toutes les difficultés liées au quotidien et rencontrées par ces personnes.

Elle va nous livrer ses tranches de vie auprès de ses parents « différents ». Elle nous montrera à quel point elle a pris son rôle de traductrice très au sérieux et ce, depuis son plus jeune âge, afin que ses parents puissent communiquer sereinement.

Marina a finalement grandi très vite, trop peut-être. À la tête de sa fratrie, c’est elle qui prendra la responsabilité d’aider les parents, que ce soit avec les communications extérieures, comme les rendez-vous chez le médecin, ou les papiers administratifs à remplir. Elle m’a énormément touchée, et je l’ai vue forte mais aussi fragile. Ses rêves de devenir journaliste sont beaux. Je l’ai trouvée admirable à bien des égards.

La plume est d’une grande fluidité, et Marina a su romancer son témoignage afin de ne pas ennuyer son lectorat. J’ai tout simplement été passionnée, ce récit m’a énormément touchée et je sais que j’y repenserai souvent.

Sous forme de récit-témoignage, Marina nous livre son quotidien auprès de ses parents non-entendants, sans fards, mais avec beaucoup de pudeur aussi. Elle a su parsemer son texte de petites touches d’humour, mais surtout de beaucoup d’amour. Un récit à mettre dans toutes les mains.

Ma note : 17/20

Non classé

Giono, furioso

Giono, furioso d’Emmanuelle Lambert

  • Auteur : Emmanuelle Lambert
  • Titre : Giono, furioso
  • Genre : Essai
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 280
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Icône littéraire, auteur d’une oeuvre abondante, (Le Hussard sur le toit ; Un roi sans divertissement ; Colline…), Giono semble être l’écrivain patrimonial par excellence, voué à être étudié, admiré, célébré. Derrière l’image d’Épinal de l’écrivain provençal se cache pourtant un poète nerveux et tourmenté, un homme défait par la guerre et travaillé par la noirceur, l’amour et le désir tout autant que par la quête de paix et de lumière. À la frontière de l’essai et de la biographie, Emmanuelle Lambert construit le portrait intime d’un auteur aussi rayonnant qu’obscur, une méditation incarnée sur la puissance du geste créateur.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Emmanuelle Lambert, commissaire de l’exposition en honneur à Jean Giono et son œuvre, et qui ouvrira ses portes le 30 octobre prochain au MUCEM de Marseille, se décide à écrire un essai sur cet auteur emblématique. Je peux d’emblée vous dire que j’en ressors conquise.

Jean Giono est incontestablement l’une des grandes figures de la littérature du vingtième siècle. Qui ne connaît pas ce grand auteur, duquel on a lu tant de livres, parfois avec un ennui poli lorsque nous étions jeunes, tout comme l’auteure, mais en apprivoisant peu à peu ce style si particulier ? C’est d’ailleurs grâce à l’enthousiasme immodéré de l’un de ses professeurs, monsieur S., que l’auteure admet ne pas avoir renoncé à découvrir Giono plus tard.

C’est un bel hommage que va ici livrer Emmanuelle Lambert à cet auteur. Elle ne va pas se contenter de consacrer son essai à l’œuvre de l’écrivain, mais elle mettra également en avant la source de ses écrits. Lorsque l’on évoque Giono, on pense immanquablement à la lumière, à la Provence, mais Emmanuelle va mettre en exergue cette part d’ombre qui ressort des romans, cette obscurité qui, sans elle, ne permettrait pas à toute la luminosité de l’œuvre de Giono de ressortir. Il y a une véritable dualité que l’auteure nous explique avec finesse et clarté.

Rédiger un essai sur un écrivain nécessite une parfaite connaissance de ses œuvres. Et il faut dire que l’auteure a excellé dans ce domaine, maîtrisant les écrits de Giono à la perfection. Elle connaît son sujet et c’est essentiel pour une parfaite immersion du lecteur.

En marchant dans les pas de Giono, Emmanuelle Lambert va nous rapprocher de lui, et laisser de côté la part uniquement écrivaine de l’auteur. Elle va nous présenter diverses facettes, qu’elles soient humaines ou sociales, de cet auteur au quotidien si riche. J’ai tour à tour découvert une personnalité sensible, complexe, lumineuse, mais également avec ses parts d’ombre. Pour Emmanuelle, Jean Giono est le « furieux » et cette fureur de vivre se reflètera tout au fil des pages.

La plume est sublime. Tantôt délicate, tantôt furieuse, elle s’harmonise à la perfection avec le sujet du livre. L’auteure parsèmera son essai de quelques réflexions personnelles que j’ai trouvées fort intéressantes, et nous livre une analyse des œuvres de Giono, avec beaucoup de respect, d’admiration et de justesse.

Cet essai constitue un magnifique hommage à la mémoire de Jean Giono, l’une des grandes figures littéraires du vingtième siècle. Sous une plume sensible et furieuse à la fois, et grâce à une connaissance exhaustive de l’œuvre de cet écrivain, Emmanuelle Lambert nous livre ici un document de poids, qui mettra en exergue bien d’autres facettes de Giono que celle du simple écrivain. Une réussite.

Ma note : 19/20

Contemporain

L’apparition de l’oubli

L’apparition de l’oubli d’Alexis Sukrieh

  • Auteur : Alexis Sukrieh
  • Titre : L’apparition de l’oubli
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Astre Bleu
  • Nombre de pages : 180
  • Paurtion : 18 septembre 2019

Résumé

Arthur a perdu son père il y a deux ans.

Il replonge dans le film de ses dernières heures, les frontières temporelles s’effacent et les souvenirs s’enchaînent depuis sa plus tendre enfance.

Son père dans le potager, son père coupant du bois pour la cheminée, son père à ses côtés dans les moments importants de sa propre vie. Les lectures partagées, sa philosophie qu’il inculquait à ses fils.

Et les vacances en Syrie où il découvre un « autre » père, attaché à ses origines. 

Arthur a-t-il accordé suffisamment de place dans sa vie à cette part de son histoire personnelle ?

C’est maintenant, par son silence absolu, que Raïf lui dit tout. 

« L’apparition de l’oubli » nous interroge et explore ce que la traversée du deuil change en chacun de nous.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur Alexis Sukrieh pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Arthur vient de perdre son père. C’est alors que la peur de l’apparition de l’oubli va prendre forme, insidieusement. Et s’il finissait par ne plus se souvenir des traits de son papa, et s’il finissait par oublier ? Et pourtant, tous les souvenirs refont surface.

C’est un roman qui m’a énormément touchée pour bien des raisons. Alexis va explorer les diverses facettes du deuil qui sont propres à chacun mais qui pourtant ne sont pas si différentes d’une personne à l’autre. C’est de cette peur de l’oubli que va naître une autre perspective.

Arthur va commencer à se souvenir de ce père aimant, de ces détails auxquels on n’attache pas forcément une importance capitale sur le moment, mais que l’on sait finalement qu’ils nous ont forgés. J’ai été profondément émue par le personnage d’Arthur, par la relation avec son père.

L’auteur va alterner les passages traitant du deuil en lui-même, et celui des souvenirs d’avant. Il va ainsi se rappeler et évoquer à nouveau ces petites actions avec ce père aimant, ces vacances en Syrie, où il découvre un père différent. C’est vraiment émouvant et j’ai été très touchée.

La plume d’Alexis est sublime. Les mots s’alignent avec une harmonie parfaite et sans fausse note. Beaucoup de poésie dans les descriptions. L’émotion est là. Ce récit est intimiste, empli de pudeur.

Un récit sur le deuil, sur la peur de l’oubli, sur les souvenirs. J’ai été très émue pour beaucoup de raisons. Ce n’est pas un sujet facile, et pourtant, Alexis Sukrieh a su en faire un récit empli de pudeur et de sensibilité. C’est un très beau roman intimiste.

Ma note : 17/20

Contemporain

L’Arrangement

L’Arrangement de Sarah Dunn

  • Auteur : Sarah Dunn
  • Titre : L’Arrangement
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : cherche midi
  • Nombre de pages : 400
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le mariage de Lucy et Owen est en danger. Après quelques années de vie commune, les doutes et les tensions s’accumulent. Chacun a besoin de respirer. Aussi, même si cela n’est guère dans leurs mœurs, ils décident de prendre modèle sur un couple de leurs amis sexuellement libérés et de vivre pendant six mois des expériences chacun de son côté. Les règles sont simples : on ne couche pas avec des connaissances communes, on ne tombe pas amoureux, on n’en parle pas, on n’espionne pas et on ne change rien à la vie quotidienne. En théorie, tout cela a l’air formidable. En théorie, seulement…

Comment revitaliser le mariage traditionnel ? aller au-delà des frustrations inévitables du couple ? Jusqu’où reste-t-on fidèle à soi-même si on se refuse à être infidèle à l’autre ? Scénariste de séries télé cultes, de Murphy Brown à American Housewife, en passant par Spin City, Sarah Dunn répond à ces questions avec un solide sens de la provocation et un humour décoiffant.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions cherche midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Beekman, petite ville de l’État de New York. Alors que Lucy et Owen sont un couple marié depuis longtemps, et parents de Wyatt, enfant autiste, ils cherchent à renouveler leur mariage. C’est alors qu’ils ont l’idée de l’Arrangement. Pendant six mois, ils auront carte libre pour aller voir ailleurs, mais cela sous plusieurs conditions, notamment ne surtout pas tomber amoureux et revenir à la normale au bout de ces six mois.

J’ai beaucoup aimé ce roman, et pourtant je dois avouer être partie sceptique, me demandant à plusieurs reprises dans quelle aventure totalement dénuée de sens s’étaient engagés nos deux protagonistes. Bien évidemment, je n’ai pas m’empêcher de désapprouver leur choix et de craindre le pire pour eux.

Sous une écriture emplie de verve, et parfois très drôle, l’auteure a su m’embarquer dans cette histoire et j’ai suivi avec intérêt ce couple, et cette dérive inévitable qui allait advenir. Sarah Dunn a su décortiquer un couple essoufflé à la perfection.

Sous couvert d’humour, ce roman est une véritable réflexion sur le mariage. Ainsi, autour d’Owen et Lucy, vont graviter d’autres personnages ayant tous des questionnements sur leur relation respective. J’ai beaucoup apprécié l’histoire de Gordon, millionnaire, marié à Kelly, jeune femme vénale et à l’apparence superficielle.

La plume est entraînante et le tout est très plaisant à lire. Si le point d’orgue du roman reste indubitablement le couple formé par Lucy et Owen, les personnages secondaires gravitant autour sont très bien brossés. L’auteure prend donc le parti d’entrecouper ses chapitres pour nous parler de chacun d’eux, et ainsi former un roman choral avec le même fil rouge.

L’auteure propose une analyse acerbe du mariage et sous une intrigue qui, de prime abord peut paraître légère, elle nous livre un roman profond et qui fera à coup sûr réfléchir son lecteur.

Ma note : 17/20

Contemporain

Le maître d’hôtel de Matignon

Le maître d’hôtel de Matignon de Gilles Boyer

  • iciAuteur : Gilles Boyer
  • Titre : Le maître d’hôtel de Matignon
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Le maître d’hôtel de Matignon a connu 13 Premiers ministres : il les a servis, côtoyés, il a été pour eux l’homme de l’ombre, le confident, le témoin silencieux des colères, des détresses, des grandes heures. La dernière année de son service, avant de partir à la retraite, il assiste à l’arrivée d’un jeune conseiller, qui a connu Matignon enfant quand son père était Premier ministre. Il est son contraire. Il doit agir, s’engager, il est le novice, il ne connait pas les lieux, pas les hommes, presque rien du pouvoir. Le maître d’hôtel est arrivé là un peu par hasard après avoir servi dans la Marine. Le conseiller a rêvé de travailler ici. L’un est un autodidacte, l’autre un héritier. Pourtant ils se comprennent, se rapprochent, se confient.
De Matignon, on connait l’histoire officielle, le tapis rouge et le perron où sont photographiés les invités de marque, les puissants et l’hôte des lieux. Gilles Boyer dans un roman qui s’inspire de ce qu’il a pu connaitre à Matignon comme conseiller, des hommes et des femmes qu’il a rencontrés, de ce qu’il a ressenti, nous raconte l’histoire cachée de ce lieu et de ces hommes : les assistants, les huissiers à chaine qui portent des piles de parapheurs, les chauffeurs, les maîtres d’hôtel, les serveurs qui tiennent des plateaux repas ou des corbeilles de fruits, les conseillers qui courent, dossier à la main vers la réunion suivante. On découvre un monde bien différent de ce qu’on imaginait, des secrets, des intrigues, des actes qui bouleversent complètement ceux qui travaillent un jour-là.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Ce roman s’ouvre sur un avertissement de Gilles Boyer. Certains éléments de ce récit ont été respectés à la lettre, d’autres s’apparentent plus à l’imaginaire. À nous de démêler les fils. L’auteur nous mentionne tout de même de ne pas s’arrêter à cela, ce n’est pas le propos de ce roman finalement. Voilà le genre d’incipit qui aurait tendance à me frustrer, puisque j’ai eu envie de lire ce livre avec l’intention justement de découvrir les coulisses de la politique française. Et pourtant, Gilles Boyer a entièrement raison, il ne faut pas s’arrêter à cela.

J’ai tout simplement adoré ce court roman, du début à la fin. J’y ai trouvé une grande originalité, puisque d’habitude, ce sont plutôt le Président et l’Élysée qui sont mis en avant. Ici, on change de perspective, et c’est le Premier ministre et Matignon qui seront en vedette. Le tout, vu sous le regard bienveillant de Claude, maître d’hôtel.

Claude est un personnage réel, et donc, finalement, j’ai eu tendance à prendre pour argent comptant ce qu’il va nous raconter. J’ai passé un excellent moment de lecture, et oui, Claude va nous révéler les petits secrets, les petites manies et les petites habitudes des Premiers ministres, de Rocard, en passant par Cresson, jusqu’à Philippe. En exergue, Gilles Boyer va intercaler certains passages ayant pour protagoniste l’un des prédécesseurs de Claude, chacun à une époque de l’histoire, comme par exemple en 1944 ou en 1959.

J’ai été subjuguée d’en apprendre plus sur ces figures de la France. L’auteur a su nous les rendre profondément humains au travers du regard de Claude. J’ai également fortement apprécié de savoir en quoi consistait le métier de Claude, et j’en ai appris beaucoup sur l’histoire de Matignon. C’est une vraie réussite.

La plume est fluide et j’ai dévoré les pages. L’auteur a su romancer le sujet à la perfection, sans jamais être rébarbatif ni ennuyer son lectorat. Le personnage de Claude est attachant au possible et je me suis laissée porter par son histoire.

Un document de poids et romancé sur les coulisses de Matignon, qui ne tombe jamais dans le rébarbatif et qui octroie au lecteur un sentiment de proximité avec ces grandes figures de la France. Une réussite.

Ma note : 17/20

Policier

Chambre 413

Chambre 413 de Joseph Knox

  • Auteur : Joseph Knox
  • Titre : Chambre 413
  • Genre : Policier
  • Éditions : J. C. Lattès/Le Masque
  • Nombre de pages : 384
  • Parution : 2 octobre 2019
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Résumé

Tournant le dos à sa vie d’avant, indifférent à son avenir, l’inspecteur Aidan Waits s’est résigné à intégrer la patrouille de nuit – cycle sans fin d’appels insignifiants et de solitudes insolubles. Jusqu’à ce que lui et son coéquipier, l’inspecteur principal Peter Sutcliffe, soient dépêchés au Palace, un immense hôtel désaffecté au cœur d’une ville en ébullition. Sur les lieux, dans la chambre 413, ils découvrent un homme. Il est mort. Et il sourit. On a retiré toutes les étiquettes de ses vêtements. On a limé et remplacé ses dents. Même ses empreintes digitales ne sont pas les siennes. Seule une pièce cousue à l’intérieur de son pantalon donne un indice sur son ultime acte désespéré…

Tandis qu’Aidan s’immerge dans le passé de l’inconnu, il se rend compte qu’un fantôme surgi du sien hante le moindre de ses faits et gestes. Mystérieux incendies, appels anonymes et menaces pures et simples : Aidan va devoir affronter ses démons avant de découvrir la véritable identité de l’homme de la chambre 413.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès/Le Masque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Manchester. Alors que l’inspecteur Aidan Waits est en patrouille de nuit avec son supérieur, l’inspecteur Peter Sutcliffe, ils vont recevoir un appel d’urgence de l’hôtel désaffecté le Palace. Là-bas, ils vont découvrir un homme dans la chambre 413, qui a été assassiné. Aucune piste de va permettre de l’identifier. Tandis qu’Aidan va enquêter sur ce meurtre, il va lui aussi être confronté à son passé.

J’ai beaucoup aimé ce roman policier, qui, s’il reste classique et ne révolutionnera pas le genre, apporte tout de même un petit vent de fraîcheur dans l’horizon polar. J’ai retrouvé beaucoup de noirceur et un personnage principal torturé et sous l’emprise d’un passé duquel il devra se relever pour avancer.

Il s’agit apparemment du second volet des aventures d’Aidan, et n’ayant pas lu le premier, même si cela ne m’a pas posé de problèmes de compréhension, je pense tout de même avoir perdu une part importante de l’essence de ce personnage. C’est lui qui va porter cette histoire, et il faut dire qu’il est extrêmement bien brossé et d’une grande complexité. L’auteur a su en créer un personnage d’une grande noirceur et en totale adéquation avec le monde dans lequel il évolue.

L’intrigue est classique, mais n’en reste pas moins efficace. J’ai eu envie de savoir tout du long le fin mot de cette enquête. Il est vrai que parfois l’auteur a eu tendance à se disperser et que pendant quelques pages, j’ai eu l’impression de piétiner sans vraiment avancer. Pourtant, je n’ai jamais perdu mon intérêt pour cette enquête.

J’ai beaucoup aimé la complexité des rapports entre Aidan et Peter, ce rapport de force qui s’installe entre eux. Les réactions des personnages sont bien rendues et je n’ai pu m’empêcher de m’attacher à Aidan.

La plume est idéale pour ce genre de roman. J’y ai retrouvé beaucoup de dynamisme et de fluidité dans l’écriture. Les chapitres courts insufflent un très bon rythme à cette enquête.

Une enquête classique mais servie par un personnage très complexe, qui portera cette intrigue. L’auteur a su maintenir mon intérêt tout au fil des pages. Une bonne lecture.

Ma note : 16/20

Contemporain

Les secrets de Cloudesley

Les secrets de cloudesley d’Hannah Richell

  • Auteur : Hannah Richell
  • Titre : Les secrets de Cloudesley
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 368
  • Parution : 3 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

1955. On dit qu’au manoir de Cloudesley l’ennui n’existe pas. Pourtant, ce lieu de faste et de beauté, Lillian Oberon rêve de le fuir. À vingt-six ans, la jeune femme n’arrive plus à maintenir les apparences d’une vie heureuse aux côtés du séduisant magnat et collectionneur Charles Oberon. Qu’est-elle réellement pour lui ? Une œuvre de plus à contempler ou une femme à aimer ? Mais le jour où le destin place sur son chemin un peintre passionné, une autre vie semble possible… 

Soixante ans plus tard, de la splendide demeure ne reste qu’une bâtisse en ruines. De retour à Cloudesley pour veiller sur Lillian, sa grand-mère adorée, Maggie Oberon fait une promesse : sauver l’héritage familial. Mais comment affronter les créanciers ? Et, surtout, comment la jeune femme, aux prises avec ses erreurs passées, pourra-t-elle gérer seule le domaine ?

Maggie ignore qu’entre les murs décrépis de la vieille maison se cache un trésor inestimable. Et un terrible secret, qui pèse sur elle et sur Lillian…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Australie. Alors que Maggie semble fuir son destin, elle est appelée en urgence pour rentrer en Angleterre, auprès de Lillian, sa grand-mère, qui est malade. C’est donc avec courage qu’elle va retourner au manoir qui l’a vue grandir et auprès de cette femme aimante qui l’a élevée. Bientôt, des secrets vont percer. Que cache sa grand-mère depuis toujours ? Et Maggie, sera-t-elle capable d’affronter à nouveau le passé qu’elle a fui ?

C’est chamboulée que je ressors de ce livre. Que d’émotions. J’ai été conquise du début à la fin, et j’ai retrouvé tout ce qui me plaît dans ce genre de romans. Des secrets dévoilés par touches, des amours contrariées, de l’émotion à l’état brut.

Hannah Richell a su créer une atmosphère unique dans ce manoir de Cloudesley. Les descriptions de la nature qui entoure cette demeure sont rendues à la perfection, avec une profusion de verdure, de couleurs, d’animaux. Le tout est dépeint avec un réalisme surprenant.

Mais surtout, ce qui m’a indubitablement le plus plu, c’est le destin de ces deux femmes, étroitement lié. L’auteure a su manier son schéma narratif avec brio, alternant les passages dans l’actualité, avec les passages dans le passé, où l’on retrouve une jeune Lillian. Seul petit bémol, j’aurais apprécié avoir une indication temporelle au début de chaque chapitre, mais cela ne pose finalement pas grand problème à la longue.

L’intrigue m’a captivée. Même si je reconnais avoir eu une préférence pour les secrets de Lillian, ceux de Maggie m’ont également intéressée. Les secrets sont dévoilés avec beaucoup de parcimonie et par petites touches. Et quand est arrivée la révélation finale, je n’ai pas pu m’empêcher d’être profondément émue.

Les deux personnages féminins vont à elles seules porter l’intrigue. Je les ai trouvées fortes de leurs convictions, fidèles à leurs valeurs et des grandes battantes. Elles sont bien dépeintes, et si elles restent le fondement de ce roman, les personnages secondaires ne sont pas en reste.

La plume m’a entraînée dans un monde enchanteur au sein de ce manoir et de la nature environnante. Le style est parfois poétique, les phrases ont une belle harmonie. J’ai été séduite tout du long. Je tiens également à accorder une mention spéciale pour cette magnifique couverture qui attire l’œil et qui est très représentative du roman.

Une balade unique au sein d’un manoir qui renferme des secrets depuis bien longtemps, deux héroïnes incroyablement inspirantes et un style poétique et doux pour ce roman que je ne peux que vous recommander. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain auto-édité

Si j’avais su

Si j’avais su de Kea Ring

  • Auteur : Kea Ring
  • Titre : Si j’avais su
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 84
  • Parution : 25 octobre 2019

Résumé

À venir

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Kea Ring pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil de quatorze nouvelles, ayant toutes le même point d’orgue. L’auteure part de personnages banals et courants, mais qui ont en commun d’avoir tous des regrets dans leur vie. Chaque nouvelle va donc débuter par la phrase « Si j’avais su… ».

Je dois dire que j’ai trouvé ce recueil de nouvelles particulièrement réussi et ce, pour deux raisons de poids. La première étant que j’ai adoré avoir un fil rouge. Ce ne sont pas des nouvelles qui n’ont rien à voir les unes avec les autres et qui partent dans tous les sens. Non, ici, Kea a prit le parti de dérouler ses récits sous un postulat de départ commun à chaque fois : les regrets. La deuxième raison est indubitablement l’unité qu’a su instaurer dans ses histoires l’auteure. En effet, toutes les nouvelles se valent, et je n’ai pas ressenti de différence de qualité entre les unes et les autres, comme cela a tendance à m’arriver lorsque je lis ce genre littéraire.

Alors évidemment, j’ai eu ma préférence pour certains récits, notamment « La fille de la cuisine » et « Mon fils » qui m’ont énormément touchée. J’ai également trouvé très bien ficelé « Rien à signaler.

La plume est vraiment impeccable et c’est réellement agréable de tomber sur des romans auto-édités de cette qualité. Hormis une ou deux coquilles qui n’altèrent en rien le plaisir de lecture, tout le reste est parfait. De plus, le style est entraînant, c’est bien écrit et cela se lit harmonieusement.

Une très bonne idée de la part de Kea Ring en ce qui concerne ce recueil de nouvelles. Elle a su trouver un fil rouge et a déroulé des récits de qualité qui ne m’ont pas laissée indifférente. Je recommande.

Ma note : 17/20

Thriller

Un couple irréprochable

Un couple irréprochable d’Alafair Burke

  • Auteur : Alafair Burke
  • Titre : Un couple irréprochable
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 379
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre : ici

Résumé

Angela Powell est en apparence une femme comblée. Elle mène une vie confortable avec Jason, un brillant professeur d’économie devenu une personnalité médiatique, et leur fils de treize ans. Mais leur bonheur de façade se lézarde lorsque l’une des stagiaires de son mari dépose plainte contre lui pour comportement déplacé, puis qu’une de ses collaboratrices l’accuse de viol. De quoi donner à Angela l’impression qu’elle ne connaît peut-être pas si bien celui qui partage sa vie. Pourtant, face à l’obstination d’une enquêtrice coriace, elle choisit quand même de jouer son rôle d’épouse et de le défendre, envers et contre tout.
La disparition soudaine d’une des deux jeunes femmes donne cependant une autre dimension à l’affaire. Tandis que la presse se repaît du scandale, Angela est tiraillée entre la honte, le doute et le besoin de préserver un sombre secret…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

New York. Angela et Jason, un couple marié depuis des années, a tout pour être heureux. Pourtant, tout va s’effriter lorsque Jason, professeur d’économie, va se voir accusé d’harcèlement sexuel par l’un de ses stagiaires. Bientôt, c’est une accusation de viol de l’une de ses collaboratrices qui va suivre. Alors qu’au début Angela ne sait pas comment réagir, elle va finalement se ranger du côté de son mari, d’autant plus qu’elle aussi dissimule bien des secrets.

Ce roman avait tout pour me plaire et ce fut une réussite. C’est un thriller domestique et s’il est vrai qu’au début j’ai pensé que la tournure des événements allait être trop simple, voire trop prévisible, je dois reconnaître m’être trompée.

De prime abord, l’intrigue peut paraître banale et semble avoir été abordée des tas de fois auparavant par d’autres auteurs. Il n’en est rien. Ce thriller est bien plus complexe qu’il n’y parait et réserve son lot de surprises et de révélations.

Les secrets seront légion dans ce roman et les faux-semblants auront la part belle. L’auteure a prit le parti de révéler des éléments importants avec beaucoup de parcimonie, mais cela m’a tenue en haleine jusqu’au bout. J’avais vraiment envie de savoir quel secret cachait Angela, ou encore si Jason avait vraiment commis ces actes dont il est accusé. Le suspense fonctionne très bien.

La plume est addictive et entraînante, idéale pour les thrillers. Le roman est divisé en quatre grandes parties, et chacune se compose de petits chapitres, ce qui insuffle un très bon rythme à l’histoire.

Malgré un postulat de départ qui peut sembler banal, l’auteure a réussi à tirer le meilleur de son intrigue, la rendant bien plus complexe qu’il n’y paraissait de prime abord. Entre secrets et faux-semblants, ce thriller m’a tenue en haleine tout du long.

Ma note : 17/20

Contemporain

La fille et le rouge

La fille et le rouge d’Anne Brochet

  • Auteur : Anne Brochet
  • Titre : La fille et le rouge
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Un homme et une femme se rencontrent sur une île lors d’un colloque universitaire.
Ils deviennent amants le temps d’une journée. Quelque chose bascule en elle. Et chacun rejoint son pays et sa vie propre. Un océan les sépare.
Des années passent. Lors d’un voyage dans le pays de l’homme, de l’autre côté de l’Atlantique, elle le retrouve par hasard. L’homme semblait l’attendre.
Il devient l’homme providentiel. Il n’y en a qu’un dans la vie d’une femme. Il sera celui-là. Elle quitte son pays, son métier, sa famille. Elle rejoint l’homme pour vivre sa vie de femme auprès de lui, créer un foyer avec lui. Elle part à la découverte de sa vie à lui, dans son pays à lui. Elle s’est dépouillée et va vivre une passion amoureuse dont elle est à la fois la spectatrice et l’une des protagonistes. Entre-temps l’homme a quitté son poste d’enseignant pour devenir sapeur-pompier et combattre le feu. C’est ce qu’il aime le plus: sauver les autres des flammes. Mais ce qu’ils ne savent ni l’un ni l’autre, c’est que le feu est en lui. L’homme est malade. Il est bipolaire comme se nomme ce fléau dont elle ne connaît rien. De son désenchantement naîtra son obsession pour cet homme à deux faces, qu’elle veut à l’image qu’elle s’était faite de lui, le prince charmant de ses rêves de jeune fille. Entre la peur et la rancoeur, elle s’accroche obstinément, quitte à se perdre elle, quitte à le haïr lui, jusqu’à souhaiter sa mort. Et elle y parviendra.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsqu’elle va le rencontrer lors d’un colloque universitaire, elle sera à mille lieues d’imaginer les bouleversements que cela va engendrer dans son quotidien. Il est marié mais leur attirance est trop forte. Après une nuit d’amour, chacun doit rentrer chez lui, et ils ne se verront que quelques années plus tard, au hasard. Elle ira alors habiter chez lui, qui n’est plus marié. Là, elle va se rendre que cet homme est malade, atteint de bipolarité. Que va devenir cette relation ?

Anne Brochet va nous livrer une analyse parfaite d’un couple à la dérive, d’un couple miné par la maladie psychologique de l’un et par les oscillations et l’impuissance de l’autre. Ce récit repose principalement sur la psychologie.

Ici, l’action reste feutrée, voire absente. Ce sont les pensées les plus intimes de nos protagonistes qui vont être mises en avant. Le lecteur va suivre les méandres amoureux de ce couple proche du point de rupture. On va assister, impuissants, aux variations d’humeur du protagoniste et l’on va observer l’oubli de soi-même que va expérimenter la femme.

La narration est des plus particulières, puisque pas de prénoms, pas de date, pas d’espace spatio-temporel. Aucune indication, comme si l’auteure désirait attirer notre attention sur une autre chose nettement plus importante : les sentiments et les émotions. Tout le reste est superficiel pour elle. J’avoue avoir été très perturbée au début, et puis j’ai fini par oublier, me concentrant davantage sur l’évolution des personnages.

La protagoniste m’a particulièrement touchée et je trouve que finalement, c’est elle qui va porter l’histoire. On va pouvoir observer sa réelle évolution. Elle ne va pas rester statique tout au long de l’intrigue, bien au contraire.

La plume est belle, épurée et véloce. Le tout s’assemble parfaitement, les phrases ont une belle sonorité et tout est abordé avec délicatesse malgré le sujet difficile qui est abordé.

Un roman qui sort des sentiers battus de par sa narration particulière, sans prénoms, sans espace spatio-temporel. Ici, ce sera l’émotion et l’évolution d’un couple à la dérive qui seront mises en avant. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Non classé

Marées

Marées de Charlotte Leplaideur

  • Auteur : Charlotte Leplaideur
  • Titre : Marées
  • Genre : Poésies
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 157
  • Parution : 9 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans ce recueil, écrit à la faveur de la nuit parisienne, s’épanouit une poésie de la vie. Comme pour les mouvements de la marée, les mots de Charlotte Leplaideur oscillent doucement d’une émotion à une autre. À lire selon son envie, ces textes courts ou longs sont des extraits d’instants vécus, esquisse de l’amour fort à l’amour qui se détache.

Des poèmes qui invitent à laisser libre court au chemin de vos pensées…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil de poésies. Je n’ai pas l’habitude d’en lire et j’avoue être un peu sortie de ma zone de confort. Mais il faut dire que la magnifique couverture a d’emblée attiré mon œil et j’ai pensé que ce serait une bonne expérience de lecture.

Je ne me suis pas trompée, puisque je ressors conquise de ce beau recueil. Il y a énormément de poèmes et il y en a forcément pour tous les goûts. Impossible de ne pas en trouver plusieurs avec lesquels vous vous sentirez en harmonie.

La musicalité et l’harmonie de ces poèmes sont bien représentées. C’est très agréable à lire, et facile. L’auteure ne part pas dans des envolées lyriques, mais reste dans la simplicité, cela étant, avec toujours le même point d’orgue, à savoir l’émotion. Certains poèmes sont dédiés à des personnes chères à l’auteure.

La plume est délicate et le tout se lit avec plaisir. Je me suis laissée porter. Par contre, attention à ne pas les lire d’un coup, sous peine de ne plus en savoir apprécier l’essence. Il faut prendre son temps pour lire ce recueil et en espacer et couper sa lecture.

Un très beau recueil de poésies où l’émotion sera le point d’orgue. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Thriller

Un héritage toxique

Un héritage toxique d’Isabelle Larocque

  • Auteur : Isabelle Larocque
  • Titre : Un héritage toxique
  • Genre : Thriller
  • Éditions : L’Arlésienne
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 24 août 2019

Résumé

Sophia a hérité d’un chalet de ski dans le village touristique de Saint-Luc, dans le canton du Valais. Elle décide de s’y installer et de le rénover pour en faire une maison d’hôtes. À son arrivée, les habitants sont loin d’être accueillants, plusieurs aimeraient qu’elle retourne au Québec. Sa mère ne lui ayant jamais parlé de sa vie à Saint-Luc, Sophia ne comprend pas la réticence des habitants envers elle. Des évènements étranges se passent dans cette maison : apparition d’un verre rouge, plusieurs « accidents » et la disparition d’une jeune fille. Quand celle-ci est retrouvée crucifiée sur la place de Saint-Luc les entrailles ouvertes, les habitants l’accusent puis font comme si l’évènement ne s’est jamais produit. Sophia a-t-elle imaginé ce meurtre ? Que s’est-il passé il y a 30 ans dans cette maison ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions L’Arlésienne pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Suisse. Sophia, après le décès de sa mère, décide de quitter Québec où elle y habitait, pour s’installer dans le canton du Valais, et ainsi prendre en charge le chalet laissé en héritage. Mais très vite, les villageois ne verront pas d’un bon œil l’arrivée de Sophia. De plus, des événements pour le moins étranges vont survenir, plongeant Sophia dans le doute. Serait-elle en train de perdre la raison ?

En voilà un roman des plus réussis, tant au niveau du fond que de la forme. J’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de Sophia, et en prime, j’ai eu droit à quelques frissons, ce qui me plaît beaucoup dans mes lectures.

Dès les premières lignes, l’auteure a su m’intriguer suffisamment, et j’ai dévoré les pages. Il faut dire qu’elle a su instaurer un climat d’angoisse et cela a été particulièrement réussi. Elle a su m’immerger dans une atmosphère pesante, et je me suis posée plein de questions, allant jusqu’à douter de Sophia.

On peut parler de deux parties distinctes dans ce roman, et j’ai fortement apprécié la première, où l’on va suivre l’installation de Sophia, et tous les éléments perturbateurs qui vont survenir. J’ai beaucoup aimé ce climat particulier que l’auteure a su instaurer. Le tout est suggéré et peu à peu, le doute s’installe pour le lecteur, ne sachant plus vraiment où est la vérité. J’ai toujours apprécié ces romans qui me font me questionner, changer d’avis en cours de route.

Le personnage de Sophia est très bien esquissé et je n’ai pu m’empêcher de m’attacher à elle. Elle est tout en nuances, de nombreuses épreuves ont forgé son caractère. Elle porte l’histoire et l’intrigue.

La plume de l’auteure est parfaite, addictive. Les phrases sont simples mais le tout s’assemble à la perfection pour créer un bon rythme à ce roman. Je ne me suis jamais ennuyée.

Un roman qui aura su me faire frissonner et qui aura retenu mon attention dès le départ. Je me suis laissée porter par cette histoire, l’intrigue est prenante, je me suis posée beaucoup de questions. C’est une réussite.

Ma note : 17/20

Historique

La fabrique de poupées

La fabrique de poupées d’Elisabeth MacNeal

  • Auteur : Elisabeth MacNeal
  • Titre : La fabrique de poupées
  • Genre : Historique
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 364
  • Parution : 3 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La liberté est une chose précieuse… Londres, 1850. L’Exposition universelle va bientôt ouvrir ses portes dans le tout nouveau Crystal Palace, et les badauds se pressent déjà dans Hyde Park pour venir admirer cette merveille. Parmi eux, Iris, une modeste employée dans un magasin de poupées, à la beauté mâtinée de difformité, qui rêve de devenir artiste peintre. Et puis il y a Silas, un taxidermiste amateur de macabre et de curiosités, qui voudrait exposer ses œuvres dans ce gigantesque musée. Ces deux-là se croisent, et leurs destins en seront à jamais bouleversés. Iris accepte en effet bientôt de poser pour Louis Frost, un jeune peintre de l’école préraphaélite, exigeant en retour qu’il lui enseigne sa technique. Peu à peu, le champ des possibles s’élargit pour le modèle avide de liberté, qui découvre l’art et l’amour. Mais c’est compter sans Silas, qui rôde non loin de là, tapi dans l’ombre, et n’aura de cesse qu’il n’ait fait sienne celle qui occupe désormais ses pensées, jusqu’à l’obsession…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Londres, 1850. Alors que les préparatifs pour l’expo universelle battent leur plein, nous suivons Iris, jeune femme de vingt-et-un ans et qui travaille dans un atelier de confection de poupées, auprès de sa sœur Rose, et sous les ordres d’une patronne à la limite de la tyrannie. D’un autre côté, nous allons également suivre Silas, taxidermiste, et à la recherche de la pièce rare pour sa collection personnelle.

Quel somptueux roman. Dès les premières pages, l’auteure m’a attrapée dans les mailles de son filet, et j’ai été totalement conquise. Il faut avant tout que je fasse une mention spéciale pour la magnifique couverture qui attire l’œil.

Je suis très friande des romans se déroulant à l’époque victorienne, et ici, j’en ai pris plein les mirettes. L’auteure a su décrire à la perfection ses décors et j’ai réussi à m’immerger totalement dans cette atmosphère. Les lieux sont retranscris avec un réalisme surprenant, et j’ai eu l’impression de me promener dans ce Londres d’époque.

L’intrigue m’a subjuguée. C’est un roman qui se lit comme un thriller, en ce qui concerne les révélations et les mystères, mais attention, en ce qui concerne le rythme, il ne respectera pas les codes du genre. En effet, ici lenteur et langueur vont prédominer. L’intrigue est feutrée, dévoilée à petites touches par l’auteure, comme si un tableau de peinture prenait forme.

Mais ce roman, c’est avant tout un personnage, celui d’Iris, que j’ai trouvée terriblement charismatique. L’auteure a su créer un personnage fort, bien dépeint, tout en nuances et qui aura une réelle évolution tout au fil des pages. Le personnage de Silas n’est pas en reste, puisque la complexité sera de mise pour décrire son caractère.

La plume est élégante, enlevée et tout en délicatesse. Malgré la densité que nous propose l’auteure, tant au niveau de la forme que du fond, ce roman de dévore et reste très difficile à lâcher.

Un véritable roman d’atmosphère, à l’intrigue prenante, dans ce Londres victorien que l’auteure a su retranscrire avec brio. Une héroïne incroyablement forte, et une plume élégante viennent compléter le tableau. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Nous étions merveilleuses

Nous étions merveilleuses de Laure Rollier

  • Auteur : Laure Rollier
  • Titre : Nous étions merveilleuses
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard/Mazarine
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 25 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Je donnerais n’importe quoi pour pouvoir attraper par le col la gamine que j’étais et lui expliquer certaines choses.
Je lui dirais de prendre sa sœur dans ses bras plus souvent.
Je lui dirais de ne pas quitter l’homme qu’elle aime pour celui qui lui plaît.
Je lui dirais surtout de ne jamais porter de vert. Jamais. Je ne supporte plus cette couleur depuis que je suis ici.
Et vous, vous lui diriez quoi ? »

L’été de leur dix-huit ans, Noémie, Lisa, Marion et Stéphanie ont vécu un voyage inoubliable qui a scellé leur amitié pour toujours. Quatorze ans plus tard, les quatre amies décident de mettre leur vie d’adulte, le quotidien et toutes ses contrariétés de côté pour revivre le périple de leur adolescence. Ce qu’elles ignorent, c’est qu‘il sera le plus important de toute leur existence.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard/Mazarine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. Noémie, jeune femme de trente-deux ans, est en apparence heureuse et épanouie. Elle vit avec Antoine, son fiancé, qui l’a demandée tout récemment en mariage. Elle a l’occasion de vivre de sa passion, le théâtre. Et pourtant… Un jour, elle va décider de retourner à Brest, pour y retrouver ses amies d’enfance, et partie en road trip à travers la France. Antoine le prendra très mal. Un voyage initiatique commencera alors pour la jeune femme et ses meilleures amies.

C’est un énorme coup de cœur. Tout m’a plu et je serai repartie pour au moins une centaine de pages supplémentaires. Laure a su créer un cocon littéraire duquel il m’a été très difficile de m’extraire. J’ai eu envie de lire ce roman d’une traite.

Que d’émotions dans ce récit de résilience, d’amitié et de pardon. Plusieurs thématiques seront abordées, sans jamais tomber dans le pathos ou la larme facile. Le tout est d’une délicatesse extrême. J’ai ri, j’ai pleuré, je me suis laissée porter par ce groupe d’amies, je m’y suis sentie bien et je n’ai pas eu envie de les quitter.

Certains sujets abordés sont durs et délicats. Pourtant, Laure va réussir à transmettre toutes les émotions à son lecteur avec brio. Cette magnifique histoire d’amitié résonne forcément en nous. Il est facile de s’identifier à l’une des jeunes femmes du groupe. J’ai réussi à m’attacher à chacune d’entre elles. Leur caractère est bien défini, elles sont nuancées.

La plume est simple, certes. Ici, pas d’envolée lyrique. Non, ici, ce qui va prédominer, c’est la retranscription des émotions à l’état brut. Laure Rollier a réussi cela avec talent. Les petits chapitres rythment l’histoire. Impossible de s’ennuyer. L’histoire est racontée à la première personne, et vue sous l’œil de Noémie. Malgré tout, chacune des femmes qui compose ce groupe a sa place à part entière.

Un véritable coup de cœur pour cette magnifique histoire d’amitié, de résilience et de pardon. Un véritable cocon littéraire duquel il m’a été très difficile de m’extraire. À découvrir absolument.

Ma note : 19/20

Non classé

Fille à papa

Fille à papa de Géraldine Danon

  • Auteur : Géraldine Danon
  • Titre : Fille à papa
  • Genre : Essai
  • Éditions : cherche midi
  • Nombre de pages : 144
  • Parution : 10 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Chaque jour se devait d’être une aventure. Un principe qui lui permettait de s’inventer une vie romanesque et de rêver à un lendemain différent où tout serait permis, loin de cet environnement hostile. Elle se disait que, finalement, ça lui éviterait d’être une petite fille à papa comme celles qu’elle côtoyait à l’école, qui lui paraissaient bien lisses et insipides, trop protégées, pour qui la vie semblait trop facile.

La petite est la fille de Raymond Danon, le plus grand producteur de cinéma de sa génération. Elle est élevée par ce père qui l’adule et sa mère, personnage romanesque qui l’entoure d’un doux amour dans le cadre feutré de l’hôtel particulier où Alain Delon, son parrain, et Romy Schneider ont leurs habitudes. Pourtant, la réalité de son quotidien l’oblige à s’évader de ce corps qui la tourmente.

Fille à papa est le récit poignant d’un triangle enfant-mère-père, sous les auspices de deux illustres bonnes fées – Alain et Romy –, alors qu’au sein même du nid la menace guette dans l’ombre.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre.

Géraldine, la fille du célèbre producteur Raymond Danon, va se raconter au travers d’un peu moins de 150 pages, et croyez-moi, c’est intense, beau, bouleversant et magnifique. Les mots m’en manquent. Elle va nous narrer son enfance, de plateau en plateau lorsqu’elle accompagnait son père. Elle va raconter son enfance volée et les abus dont elle a été victime. Elle va tâcher de nous décrire cette relation fusionnelle avec son papa, et ce cocon unique qu’elle a vécu entre lui et sa maman.

Ce roman a été un véritable coup de cœur. J’ai eu l’impression d’être invitée à découvrir les secrets enfouis de cette femme forte. Je me suis sentie privilégiée d’avoir pu, en quelque sorte, partager toutes ses émotions. Géraldine nous raconte tout, le meilleur comme le pire, sans filtre, mais toujours avec beaucoup de pudeur et de réserve. Elle ne tombe jamais dans le pathos malgré les sujets très durs qu’elle va aborder.

Je ne saurais vous retranscrire à quel point ses mots ont su me toucher. J’ai été bouleversée par certains événements, émue aux larmes par d’autres situations, notamment lorsqu’elle aborde le côté familial. J’ai été fascinée par ce récit intimiste, avec en filigrane le monde du cinéma et toutes les anecdotes qui en découlent.

La plume est tout en délicatesse. Géraldine se livre à son lecteur, littéralement. J’ai été surprise de ne pas retrouver l’usage de la première personne pour ce récit. En effet, tout est relaté à la troisième personne. Et pourtant, une fois ma surprise passée, j’ai eu cette impression de sincérité tout au long des pages.

Un récit beau, bouleversant et qui offre une véritable palette d’émotions au lecteur. Géraldine s’est totalement livrée. Les relations familiales sont explorées avec brio et les émotions sont très bien rendues. Un coup de cœur que je vous conseille absolument.

Ma note : 19/20

Contemporain

Géographie

Géographie d’Anne-Sophie Barreau

  • Auteur : Anne-Sophie Barreau
  • Titre : Geographie
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 250
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Lorsque la narratrice part à Madagascar où travaille désormais Simon, son compagnon, elle comprend immédiatement que ce voyage ne sera pas celui qu’elle imaginait. La tourmente amoureuse, d’abord diffuse, prend bientôt l’allure d’une déflagration.
Dès lors, leur histoire ne cesse d’être remémorée, interrogée. Remémorée dans ses lieux : Paris, Ouagadougou, San Francisco, des pleins sur lesquels s’inscrit en miroir le vide de Tananarive. Interrogée à son retour en France à travers une constellation de signes qui ont valeur de sens. À mesure que la narratrice arpente sa géographie intime, une vérité se dessine, sur Simon peut-être, mais surtout sur elle-même.
Quête et enquête sur soi et sur toutes nos histoires d’amour, Géographie est un roman pudique servi par une écriture pleine de grâce.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous suivons ici la narratrice, mariée à un homme souvent en déplacement dans le cadre de son travail, et qui se retrouve souvent séparée de lui. Les destinations où se retrouve son mari sont très différentes les unes des autres : San Francisco, Ouagadougou… Lorsque finalement la narratrice décide de suivre son mari pour quelques jours à Madagascar, elle va se rendre que quelque chose ne va pas.

Voilà un très beau roman que j’ai lu d’une traite. Anne-Sophie nous offre ici une introspection des plus réussies au sein d’un couple. Au travers de la narratrice, le lecteur va s’inviter à observer cette relation par dedans, sous les moindres aspects. J’ai voyagé avec les destinations proposées, mais j’ai également navigué dans les méandres de cette relation pas toujours facile.

Le tout est décrit avec une grande délicatesse et beaucoup de pudeur. On se sent privilégié de suivre les pensées de la narratrice et ce travail sur soi qu’elle accomplit. L’usage de la première personne est particulièrement judicieux, puisqu’il permet une immersion totale dans cette histoire emplie de sensibilité. L’auteure a su faire mouche et c’est un très beau récit qu’elle livre ici.

La plume est particulière. Des phrases longues, mais qui pourtant se lisent aisément, tant le style est épuré et vif. Les petits chapitres rythment cette histoire, sans jamais tomber dans l’enlisement.

Une véritable introspection d’un couple, avec en filigrane les voyages et l’exotisme des destinations, le tout servi par une plume délicate et une narratrice touchante et sensible. Une réussite.

Ma note : 17/20

Contemporain

Prosper à l’œuvre

Prosper à l’œuvre d’Éric Chevillard

  • Auteur : Éric Chevillard
  • Titre : Prosper à l’œuvre
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Noir sur Blanc
  • Nombre de pages : 150
  • Parution : 10 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Prosper Brouillon n’écrit pas pour lui. Il ne pense qu’à son lecteur, il pense à lui obsessionnellement, avec passion, à chaque nouveau livre inventer la torture nouvelle qui obligera ce rat cupide à cracher ses vingt euros. »

Prosper est de retour ! L’écrivain le plus insupportable de Saint-Germain-des-Prés est aux prises avec les tourments d’un auteur à succès : il passe à la télé, parle de littérature, dirige une master class et, suite au succès de son premier roman, tente d’écrire un polar. Il attend la visite de l’inspiration en travaillant ses métaphores, il recrute ses personnages, s’outille, plante le décor, remonte les bretelles à ses nègres, essaime des indices de sa plume turgescente… sans oublier de faire monter ses à-valoir.

C’est avec une délectation jouissive qu’on plonge dans cette diatribe féroce contre la littérature industrielle et le monde des écrivains à succès. Un livre satirique et hilarant, toujours illustré par Jean-François Martin.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Noir sur Blanc pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici du deuxième volet des aventures de Prosper Brouillon. Mais rassurez-vous, cela ne pose aucun problème de ne pas avoir lu le premier, comme cela a été mon cas. Prosper est un écrivain en vogue, pince-sans-rire, truculent, et haut en couleur. Dans ce tome, il va se livrer à l’écriture de son prochain roman et va ainsi partager cette création à son lectorat. Nous suivrons donc tout le travail d’écriture de Prosper.

Que d’originalité dans ce roman, où s’imbriquent à la perfection le récit du quotidien de Prosper, à l’intrigue du récit policier qu’il est en train de créer. Ainsi, pour mon plus grand plaisir, j’ai eu droit à deux histoires superposées. Ce mélange sort carrément des sentiers battus mais a été réussi avec brio de la part de l’auteur.

Que d’humour également dans ce court roman. J’ai adoré le personnage de Prosper, tour à tour sensible et cynique, drôle, ironique parfois, mais toujours de bonne humeur. Un personnage extrêmement bien dessiné par Éric Chevillard, à la limite de l’alter ego de l’auteur qui sommeille en chacun de nous. Il s’agit ici d’un véritable hymne aux auteurs, à ce travail solitaire qu’est l’écriture, mais toujours abordé avec grand humour.

La plume est d’un grand dynamisme et surtout, Éric Chevillard manie le mot pour l’allier à la verve avec beaucoup de talent. Les chapitres sont courts, et ce roman se lit d’une traite. J’ai beaucoup aimé les illustrations de Jean-François Martin qui parsèment le texte.

Une ode au travail d’écriture si solitaire, aux auteurs et à leur travail de création, mais le tout abordé sous forme satirique, emplie d’humour et servi par un personnage des plus pittoresques. À découvrir.

Ma note : 17/20

Fantastique

Les loups de Thornwall

Les loups de Thornwall d’Emily Wolf

  • Auteur : Emily Wolf
  • Titre : Les loups de Thornwall
  • Genre : Fantastique
  • Éditions : 5 sens
  • Nombre de pages : 256
  • Parution : 29 novembre 2018

Résumé

Des inconnus qui meurent dans le feu, des loups, des cauchemars trop réalistes… Pour Gwern, un jeune noble anglais du début du XIXe siècle, la sortie du monastère se révèle compliquée. Orphelin, ruiné et détesté, il doit s’occuper des décombres de son manoir et de son domaine à l’abandon. Sa cousine Eléonore se méfie de lui, et le révérend qui l’a recueilli n’arrange rien. Mais les événements étranges se multiplient. Il peut soulever des pierres trop lourdes, entendre des bruits trop lointains. Et ses cauchemars deviennent réels… Il lui faudra toute sa raison, toute sa force de caractère pour comprendre ce qui lui arrive, et l’apprivoiser. Ce roman, inspiré de la mythologie scandinave, développe le thème du Double pour explorer l’âme humaine, les possibilités et les limites de l’être humain, sa capacité de violence et de bienveillance. Ecrit dans un style à la fois incisif et poétique, travaillé à l’extrême, ce roman veut renouveler le mythe du loup-garou et faire pour lui ce que Bram Stocker et Anne Rice ont fait pour le vampire.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Emily Wolf pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Gwern, jeune orphelin, va devoir s’occuper des décombres de son manoir à l’abandon. Mais très vite, des événements pour le moins étranges vont survenir. Il sent une transformation. Que lui arrive-t-il ?

Si ce roman m’a finalement bien plu, ce n’était pas gagné, j’avoue. Le roman s’ouvre sur une pléthore de personnages, avec des chapitres qui leurs sont dédiés, et à des époques différentes. Même si j’ai entraperçu le point d’orgue, à savoir les loups, je me suis sentie perdue, et j’ai ressenti un gros manque de rythme. Il me manquait vraiment un fil rouge. Je ne comprenais pas du tout où l’auteure voulait m’emmener et il faut s’accrocher.

Puis, d’un coup, dans la deuxième partie, arrive Gwern, jeune noble anglais qui doit reprendre en charge son manoir abandonné et qui est sujet à des événements plus qu’étranges. Ici, l’histoire démarre enfin mais j’ai toujours retrouvé ce sentiment de langueur, comme si parfois il manquait un peu de rythme à l’histoire, qui a pourtant été très originale. L’auteure revisite beaucoup de mythes et c’est réussi.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Gwern, et lorsque l’histoire s’est enfin focalisée sur ce personnage, j’ai su apprécier ma lecture. J’ai trouvé de très bonnes idées dans ce roman, l’auteure a su en tirer parti, mais j’aurais apprécié un peu plus de rythme pour pouvoir m’immerger davantage.

La plume de l’auteure est incontestablement le point fort de ce roman. Elle est tout à la fois poétique et belle. C’est un travail d’écriture de qualité que nous livre ici Emily. J’ai apprécié les découpages en petits chapitres, mais je crois qu’elle aurait gagné à intercaler la première partie dans la deuxième. Je m’explique : en ayant tout mis à la suite dans la première partie, avec des changements incessants de personnages et d’époque avant d’arriver à Gwern, elle a créé un manque d’unité et cela m’a beaucoup perturbée. J’aurais aimé avoir Gwern dès le départ, et qu’elle intercale au fur et à mesure les chapitres de cette première partie.

C’est donc une belle découverte, servie par une très belle plume, poétique, mais une première partie trop longue m’a empêchée de m’immerger totalement dans l’histoire. La deuxième partie rattrape indubitablement le tout.

Ma note : 16/20

Jeunesse

Les Enfants-Clefs

Les Enfants-Clefs de Fanny Vandermeersch

  • Auteur : Fanny Vandermeersch
  • Titre : Les Enfants-Clefs
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 120
  • Paution : 22 janvier 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Trois enfants nés le même jour, à la même heure.

Trois enfants qui se rencontrent et qui partagent le même tatouage.

Trois Enfants-Clefs, lien entre le monde des hommes et l’Autre Monde.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Clara, jeune adolescente sur le point de rentrer dans un tout nouveau collège, a très peur de ne pas se faire d’amis. Pourtant, elle va se rendre compte qu’elle s’est fourvoyée. Dès les premiers instants, elle se lie d’amitié avec Gabrielle et Mathys. Très vite, elle va s’apercevoir qu’ils ont beaucoup en commun et va alors débuter une incroyable aventure.

j’ai beaucoup apprécié ce roman, même si je lui trouve certains défauts. J’ai trouvé l’idée de l’auteure très originale. Ce lien entre ces Enfants-Clefs est un postulat de départ des plus intéressants, mais je ne l’ai pas forcément trouvé très abouti.

Je suis bien consciente qu’il s’agit du premier tome et qu’il va probablement servir de base pour mettre en place les personnages et l’univers. Mais pour ma part, il m’a manqué un petit quelque chose. Peut-être plus d’explications. Tout va trop vite. Si j’émets ce bémol, c’est parce que justement ce roman m’a plu et que je n’aurais pas été contre quelques pages de plus pour apporter de la densité.

Les personnages sont bien dessinés et je me suis attachée à eux. Cependant, j’ai trouvé que leurs réactions manquaient parfois de réalisme, ainsi que leurs actions que je n’ai pas forcément toujours comprises. Je pense que si l’auteure a décidé d’en faire plusieurs tomes, les personnages prendront immanquablement plus de relief.

La plume est parfaite pour ce genre d’histoire. Elle est simple, fluide, sans fioritures et va droit à l’essentiel. Quelques coquilles légères persistent dans le texte mais cela n’a en rien émaillé mon plaisir de lecture.

Un premier tome qui s’apparente vraisemblablement à un prequel, en vue de la suite, que je lirai avec plaisir. J’aurais aimé avoir plus de densité, de profondeur. Cela reste une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Thriller

La bête

La bête de Jean-Christophe Guelpa

  • Auteur : Jean-Christophe Guelpa
  • Titre : La bête
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 201
  • Parution : 22 août 2019

Résumé

Ce roman s’ouvre sur la mort étrange d’un chat dans le parc qui surplombe la ville de Montréal. Suite à cet incident plutôt banal, plusieurs personnes sont violemment agressées et tuées. Les victimes ont subi des morsures et de profondes griffures. Une enquête est alors ouverte, mais une question demeure : quel animal a bien pu faire une chose pareille ?

Face à ces questions sans réponses, des zoologistes, une informaticienne au look déjanté, un sergent géant et même un profileur anglophone se joignent au travail des enquêteurs. Et si les agressions n’étaient pas l’œuvre d’un simple animal ?

Un roman envoûtant, qui plonge le lecteur dans une ambiance mystérieuse !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Montréal. Belinda, une femme solitaire, recherche désespérément son chat Mimolette, qui a mystérieusement disparu. Lorsqu’on la contacte et qu’on l’informe que son chat a été retrouvé déchiqueté par ce qui semble être l’œuvre d’un carcajou, elle est sous le choc. Mais alors que par la suite, plusieurs personnes sont agressées et tuées, une enquête va être menée. Est-ce vraiment l’œuvre d’un carcajou, ou bien autre chose de terrifiant ?

J’ai beaucoup aimé ce roman, et j’avoue que l’auteur a su m’attraper dès les premières pages, grâce à une intrigue dynamique, rondement menée et servie par des personnages hauts en couleur. Il a su ménager son suspense sans trop en faire et maintenir mon attention tout au fil des pages.

J’ai été plus que séduite par le mystère que Jean-Christophe Guelpa a su instaurer dans son roman. J’ai cherché et j’ai tourné les pages avec frénésie. J’ai beaucoup aimé la galerie de personnages qui vont évoluer et graviter autour de cette affaire. Ils sont bien dessinés et portent l’intrigue.

La plume est très dynamique. L’orthographe est impeccable, et la syntaxe est très bonne. L’auteur a découpé son roman en chapitres assez courts, et cela dynamise énormément le tout, rendant très difficile au lecteur d’arrêter de lire.

Un bon roman, avec une grosse part de mystère et une enquête servie par une galerie de personnages hauts en couleur. Une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Fantastique

L’obscur

L’obscur de Frédéric Livyns

  • Auteur : Frédéric Livyns
  • Titre : L’obscur
  • Genre : Fantastique
  • Éditions : Sema
  • Nombre de pages : 248
  • Parution : 7 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En emménageant dans leur nouvelle demeure, la famille Detreille y voyait le synonyme d’un nouveau départ. Cependant, leur nouveau foyer ne leur offre pas la quiétude tant espérée. Des bruits se font entendre, des ombres se faufilent… C’est alors que la fille aînée, Virginie, décide de mener l’enquête. Elle découvrira l’horrible passé de la maison et quels actes immondes y furent perpétrés. Ces investigations vont, bien malgré elle, la mener au-delà de la terreur !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Sema pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque la famille Detreille décide d’emménager dans leur nouvelle demeure, ils y voient là un nouveau départ. Les parents et leurs trois enfants, Virginie, Joey et Laura tombent sous le charme de cette nouvelle demeure. Et pourtant, des événements pour le moins étranges vont se multiplier et lorsque virginie décide d’enquêter, ce qu’elle va découvrir la fera basculer dans l’horreur.

Quel roman ! Je pense pouvoir affirmer que j’ai rarement lu un livre aussi angoissant et anxiogène. J’étais en apnée pendant toute ma lecture. Ici, tout est suggéré, et la tension va monter crescendo. L’auteur a su instaurer peu à peu une atmosphère sombre, angoissante.

Les détails distillés au fil des pages de la part de Frédéric Livyns produisent leur petit effet avec brio. Les pièces du puzzle se rassemblent tout doucement, et je n’ai pu m’empêcher de tourner les pages avec frénésie. J’ai ressenti des frissons tout au long de cette lecture.

L’intrigue est menée tambour battant et servie par une adolescente forte, Virginie. Je me suis énormément attachée à elle, j’ai eu peur pour elle. L’auteur en a fait un personnage fort et sensible, attachée à sa famille avant tout.

La plume est tout simplement parfaite. Elle est entraînante et l’auteur a su instiller la peur avec des mots choisis avec grand soin. Les pages ont défilé sans même m’en rendre compte et j’en aurais lu davantage avec plaisir, ce qui est synonyme de réussite tant sur le plan du fond que de la forme.

Un roman qui m’aura procuré de réels frissons, à l’ambiance sombre et anxiogène, le tout porté par une héroïne forte et attachante. C’est une excellente lecture que je ne peux que vous recommander.

Ma note : 19/20

Jeunesse

L’Enfant du Cimetière – Tome 2

Catacombes Ville de Pierre Brulhet

  • Auteur : Pierre Brulhet
  • Titre : Catacombes Ville
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Séma
  • Nombre de pages : 188
  • Parution : 7 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Marié et père d’une petite fille, cela fait vingt-ans que Yoann a quitté son étrange cimetière. Pourtant, une sombre menace plane au-dessus de ses amis les Esprits et du monde des Vivants.
Désireux de sauver sa fille qui a disparu, il doit se rendre dans une mystérieuse ville souterraine afin d’y affronter de nouveaux dangers.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Séma pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Voici le deuxième volet de la saga de L’Enfant du Cimetière et j’ai eu le bonheur de les lire à la suite, m’offrant ainsi la possibilité de ne pas créer de coupures et m’immergeant totalement dans cet univers. Voilà Yoann de retour au cimetière après plusieurs années et suite au rêve de sa fille, Ora, qui va le prévenir du grand danger qui guette. Yoann va donc retrouver ses compagnons avec lesquels il a passé ses premières années et tout faire pour rétablir l’ordre.

J’ai nettement préféré ce second volet que j’ai trouvé davantage abouti et avec des rebondissements beaucoup plus nombreux. L’univers est toujours aussi soigné, mais ici j’y ai retrouvé bien plus de profondeur et de noirceur. Le premier tome semblait davantage un prequel en vue d’une suite.

J’ai retrouvé mes personnages favoris, beaucoup de mystères et j’ai tourné les pages avec frénésie tant j’avais envie de savoir comment allaient s’en sortir Yoann et ses amis.

Je souhaite accorder à nouveau une mention spéciale pour la magnifique couverture. Tout comme pour le premier tome, elle attire l’œil et m’a séduite.

L’écriture est toujours aussi plaisante et les pages défilent. Je me suis laissée emporter par ce conte gothique et dès les premières lignes, l’auteur a su m’attraper. Je n’ai pas su lâcher mon roman.

Un second tome beaucoup plus abouti, avec un univers toujours aussi bien dessiné, beaucoup de rebondissements et des personnages attachants. Une réussite.

Ma note : 17/20

Contemporain

Les filles du 17 Swann Street

Les filles du 17 Swann Street de Yara Zgheib

  • Auteur : Yara Zgheib
  • Titre : Les filles du 17 Swann Street
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

Anna Roux était danseuse au ballet de l’Opéra de Paris quand elle a décidé de suivre l’homme de sa vie aux États-Unis. Seule face à ses angoisses – l’imperfection, l’échec, la solitude –, elle est emportée dans la spirale de l’anorexie mentale, et finit par ne peser que 40 kg. Contrainte de se faire soigner, elle est admise au 17 Swann Street, une maison rose où des femmes aux visages fantomatiques s’efforcent de vaincre leurs troubles alimentaires. Des femmes comme Emm, la cheffe du groupe ; Julia, toujours affamée ; ou la discrète Valérie. Ensemble, elles combattent leurs démons et affrontent six repas quotidiens. Chaque bouchée est une épreuve. Chaque calorie un déferlement de culpabilité. Et chaque pas vers la guérison réclame une force et une bravoure peu communes, qu’Anna va devoir trouver auprès de ses amies du 17 Swann Street.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Anna a tout pour être heureuse. Elle est danseuse, mariée à Matthias, et bien dans sa peau. Pourtant, tout va basculer du jour au lendemain. Elle va se blesser et devoir abandonner la danse. Lorsqu’elle va suivre son mari à New York, elle va tomber dans les affres de l’anorexie. Un long combat va alors commencer pour elle et pour son mari, avec un internement au 17 Swann Street, maison spécialisée dans le traitement de cette maladie.

Ce roman a été un véritable coup de cœur. Je suis sortie totalement remuée de ces pages et je n’avais pas du tout envie de quitter Anna et les résidentes du 17 Swann Street tant j’avais envie de les aider. La thématique abordée dans ce roman est délicate et dure. L’auteure n’a pas choisi la facilité, et pourtant elle s’en est sortie avec brio.

De manière pudique, mais surtout, toujours avec positivité, l’auteure va nous décrire les affres de cette maladie. Elle va mettre en avant le combat que mènera Anna, mais ne va pas laisser de côté ses proches, qui sont souvent les oubliés de ces drames. En effet, j’ai aimé la perspective qu’elle va donner à son récit. La peine du mari et du papa d’Anna est mise en avant et l’auteure mettra en exergue les difficultés qu’éprouvent les proches des victimes, en essayant de les aider. Cela m’a énormément touchée et j’ai versé plusieurs larmes durant ma lecture.

Le personnage d’Anna m’a extrêmement touchée mais le personnage de Matthias m’a également marquée. Il est constamment aux côtés de sa femme, même si elle ne veut pas y croire, même si elle a tendance à penser qu’il gâche sa vie. L’amour est bien plus fort et Matthias va tenir le coup. J’ai trouvé cette histoire d’amour magnifique. Malgré les difficultés, ils tiennent le coup ensemble. L’auteure a également voulu montrer l’importance de la présence des personnes aimées en cas de coup dur. Elles sont en effet essentielles à la reconstruction et à la guérison.

Je me suis totalement immergée dans ce microcosme proposé par l’auteure. Les filles du 17 Swann Street m’ont profondément émue, touchée. La bienveillance qui émane de ce récit est un veritable baume au cœur. Malgré la thématique difficile et quelques passages vraiment durs, il y a toujours au fil des pages une petite touche positive. L’auteure ne tombera jamais dans le pathos et c’est essentiel.

La plume est délicate et emplie de sensibilité. L’auteure a choisi de découper son récit en beaucoup de courts chapitres, ce qui rend la lecture très difficile à arrêter, tant cela dynamise le roman. J’ai dévoré ce livre.

Un roman abordant une thématique des plus délicates et très dure, mais toujours avec un touche de positivité et sans jamais tomber dans le pathos. J’ai été en immersion totale et je suis ressortie de ma lecture chamboulée et profondément émue. Un véritable coup de cœur.

Ma note : 19/20

Romance

Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?

Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? d’Avery Flynn

  • Auteur : Avery Flynn
  • Titre : Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
  • Genre : Romance
  • Éditions : Harlequin
  • Nombre de pages : 360
  • Parution : 2 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Selon l’expression consacrée, Gina est ce qu’on appelle une « crevette » : chez elle, tout est bon… sauf la tête. Car, si la nature lui a offert un corps à faire fantasmer Cara Delevingne, son visage, lui, ne correspond pas vraiment aux normes habituelles de la beauté. Après une adolescence difficile, Gina s’est endurcie et a appris à assumer son physique. Enfin ça, c’est ce qu’elle croyait jusqu’à ce qu’un jeu l’oblige à embrasser Ford, un policier ultra-sexy et visiblement sous son charme, lors d’une fête de mariage. Aussitôt, les complexes reviennent en force, et elle se demande ce qu’un mec comme Ford peut bien trouver à une fille comme elle…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Harlequin pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce titre.

Gina, organisatrice de mariages, est complexée. Certes, elle a un corps incroyable, mais en total désaccord avec son visage peu harmonieux. Elle a hérité du gros nez familial, et cela lui pose problème. Elle subit les brimades et les moqueries depuis toujours, tant et si bien qu’il est pour elle impensable, que, lors d’un mariage qu’elle organise, Ford, un policier des plus sexys, puisse s’intéresser à elle. C’est pourtant bien ce qui va arriver et entre ces deux va alors commencer un incroyable chassé-croisé amoureux.

Il s’agit ici, apparemment, du premier tome d’une saga qui se compose de trois volets. Et j’avoue, j’ai été tant séduite par ma lecture que je serais plus que curieuse de découvrir la suite. Le ton du roman m’a énormément plu, et le postulat de départ que nous offre Avery Flynn est original. C’est un véritable roman feel-good, doudou, empli de positivité.

J’ai rarement croisé une héroïne aussi truculente et drôle dans mes lectures. Dès les premières pages, j’ai su que j’allais accrocher au personnage de Gina. Mais force m’est de reconnaître que le personnage de Ford n’est pas en reste et a même parfois pris le dessus. Je l’ai trouvé extrêmement touchant dans ses tentatives de séductions envers une Gina qui n’y croit tout simplement pas.

Les rebondissements font légion et l’intrigue est très bien menée. Le fait que Ford soit un policier et que les frères de Gina trempent dans des affaires louches donne des situations truculentes. Je ne me suis pas ennuyée une seule fois et j’ai passé un excellent moment de lecture.

Sous couvert d’humour, il y a tout de même un très beau message que veut nous faire passer l’auteure. En effet, elle va dénoncer toutes ces brimades et ces personnes qui nous créent des complexes et elle va prôner l’acceptation de soi, à tous les niveaux. Gina m’a énormément touchée. Elle a tant gardé en elle les réflexes d’une personne brimée par les autres, qu’elle sera incapable de croire qu’un homme comme Ford puisse s’intéresser à elle. C’est donc un véritable combat contre elle-même qu’elle va devoir mener, afin de s’accepter comme elle est et de s’accorder enfin la possibilité d’être heureuse.

La plume est des plus plaisantes. J’y ai retrouvé fluidité et une écriture tout en douceur. L’auteure préconise l’humour et ce roman se dévore.

Une très belle réussite pour ce premier tome qui fera la part belle aux complexes, et mettra en avant l’acceptation de soi, toujours avec beaucoup d’humour, mais surtout avec une grande positivité. Nul doute que je lirai la suite avec grand plaisir.

Ma note : 18/20

Thriller

Ne t’enfuis plus

Ne t’enfuis plus d’Harlan Coben

  • Auteur : Harlan Coben
  • Titre : Ne t’enfuis plus
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 416
  • Parution : 3 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Votre fille a fugué avec un garçon peu fréquentable.
Vous ne l’avez pas vu depuis six mois. Et là, vous la retrouvez dans Central Park jouant de la guitare. Mais ce n’est plus la jeune fille pétillante que vous avez élevée.
Vous l’approchez et lui demandez de rentrer à la maison.
Elle se met à courir. Vous la suivez.
Quel autre choix avez-vous ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Simon est désespéré. Depuis que sa fille aînée Paige est tombée dans les affres de la drogue, il n’a plus de nouvelles d’elle. Un jour, au détour d’une balade à Central Park, il va l’apercevoir, mais Paige va à nouveau s’enfuir. Une longue quête va alors commencer pour Simon, afin de retrouver sa fille.

Harlan Coben est un auteur que j’affectionne particulièrement. Pour moi, il est synonyme de bon moment de lecture et ici, cet opus ne va pas déroger à la règle. J’ai trouvé qu’il a su se renouveler et nous proposer un thriller haletant et prenant.

Dès les premières lignes, Harlan Coben a su me happer et me ferrer à son intrigue des plus complexes. J’ai cherché tout au fil des pages la solution, sans la trouver, bien évidemment. L’auteur a su tisser un réseau de fils à démêler des plus complexes, abordant plusieurs sujets d’actualité et les mêlant avec brio à son intrigue,

Le suspense est présent tout au fil du roman. Si les petits bémols que je reproche sans cesse à Coben sont encore présents dans cet opus, à savoir le peu de profondeur qu’il a apporte à ses personnages et le côté parfois stéréotypé de ces derniers, cela n’en est pas moins resté une excellente lecture. Les rebondissements pleuvent dans les dernières pages et j’ai réellement été surprise.

La plume est toujours aussi plaisante et idéale pour ce genre littéraire qu’est le thriller. Elle est dynamique, fluide et cela donne un excellent rythme à l’histoire.

Une intrigue complexe, abordant plusieurs thématiques actuelles, un rythme trépidant et des révélations surprenantes sont les ingrédients de cet excellent nouvel opus d’Harlan Coben. Je recommande totalement.

Ma note : 17/20

Jeunesse

L’Enfant du Cimetière, tome 1

L’Enfant du Cimetière de Pierre Brulhet

  • Auteur : Pierre Brulhet
  • Titre : L’Enfant du Cimetière
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Séma
  • Nombre de pages : 148
  • Parution : 22 septembre 2010
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

L’enfant Yoann est abandonné tout petit dans la crypte d’un cimetière. Là il est recueilli puis élevé par les esprits du lieu. C’est que le cimetière fonctionne comme un véritable village, à l’abri du regard des vivants, géré par ses deux maires débonnaires Von Barton et Cornwill. Maintenant âgé de 12 ans, Yoann est mûr pour expérimenter toutes les facettes de la vie : l’amitié, l’amour, l’adversité. Jusqu’au jour où les vivants ont décidé de détruire une partie du cimetière. La petite communauté des esprits est en danger. Yoann et la jolie Ora, celle qu’il aime, prennent la tête de la révolte.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Séma pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Un jour, une femme va abandonner son nourrisson dans un cimetière. Le petit sera recueilli par les Esprits résidant dans ce lieu. C’est George, le fleuriste, qui le trouvera en premier et grâce au bracelet que le petit porte au poignet, il découvrira qu’il s’appelle Yoann. Dès lors, Yoann fera partie de cette grande famille des Esprits et évoluera dans ce microcosme bien réglé, avec ses codes, ses devoirs mais également ses joies et les découvertes en tout genre.

Il faut tout d’abord que je fasse une mention spéciale en référence à cette magnifique couverture. J’avoue rarement craquer pour ce genre de détail et ici, force m’est de reconnaître que je l’ai tout simplement trouvée magnifique.

Cette lecture m’a plu dans son ensemble, mais j’ai la sensation que j’en attendais tellement plus. Plusieurs éléments m’ont empêchée d’apprécier totalement ce récit que j’ai pourtant trouvé fort original.

L’auteur a su créer un univers unique et est parti d’un postulat des plus originaux : un enfant qui va se faire élever par des Esprits dans un cimetière. Cela partait très bien. D’autant plus que Pierre Brulhet a su m’embarquer dès les premières lignes, allant droit à l’essentiel et ne s’encombrant pas de descriptions inutiles. Et c’est peut-être cela qui a causé défaut pour ma part. J’aurais aimé plus d’épaisseur à cet univers, une peinture plus dessinée des caractères.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Yoann mais j’ai trouvé que les autres personnages restent trop en retrait. Comme si l’histoire était seulement portée par Yoann, ce qui est loin d’être le cas. J’ai eu quelques soucis quant au réalisme de certaines réactions des personnages proposés par Pierre Brulhet. Je ne les ai pas toujours trouvés crédibles. Je pense notamment à Yoann et Ora. Je n’en dirai pas plus pour ne surtout pas spoiler.

La plume est parfaite. L’écriture est soignée et délicate et il ne faut pas oublier que ce texte s’adresse avant tout aux plus jeunes, ce qui fait qu’elle est en totale adéquation avec le récit proposé. Les pages ont défilé.

Malgré une petite déception quant à la profondeur de l’univers que j’aurais voulu plus abouti, ce fut une très belle découverte. Je suis très curieuse de lire la suite des aventures de Yoann.

Ma note : 15/20

Contemporain

Ça fait marrer les oiseaux qui s’envolent

Ça fait marrer les oiseaux qui s’envolent de Dominique Jonin

  • Auteur : Dominique Jonin
  • Titre : Ça fait marrer les oiseaux qui s’envolent
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 144
  • Parution : 25 juin 2019

Résumé

Louise pensait avoir touché le fond en débarquant à Mulhouse pour occuper son nouveau poste d’assistante de production à la rédaction de France 3. Mais sa situation se complique lorsqu’elle découvre que Romain, son compagnon, se prend désormais pour un sosie de Francis Cabrel. « Je suis le gardien du sommeil de tes nuits »… « Je n’attends plus que toi pour partir »… « Quelque chose vient de tomber sur les lames de ton plancher »… il l’agace à placer tout le temps des bouts de chansons dans ses conversations. En ville, Louise rencontre des centaines d’autres sosies de célébrités de la chanson française : Michel Sardou, Véronique Sanson, Yves Duteil, Patricia Kaas, Pierre Bachelet, Patrick Bruel, Herbert Léonard, La Compagnie Créole… Ils sont tous là, mais il n’y a qu’elle qui les voit ! Louise serait-elle devenue folle ? Lorsqu’elle apprend que dans un petit village des Vosges, un journaliste à la retraite affirme vivre entouré de sosies d’acteurs français de l’après-guerre, elle décide de lui rendre visite. « Est-ce que ce monde est sérieux ? »

Mon avis

Tout d’abord, je tiens remercier l’auteure Dominique Jonin pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Louise s’apprête a débarquer à Mulhouse, pour prendre ses fonctions en tant qu’assistante de production à la rédaction de France 3. Dans le train, elle fera la connaissance de Romain et c’est le coup de foudre immédiat. Ils ne tardent pas emménager ensemble. Un matin, elle va se rendre compte que Romain est le sosie parfait de Francis Cabrel. À chaque phrase prononcée, son compagnon ne va pas pouvoir s’empêcher de fredonner les tubes du chanteur. Dans la rue, elle ne fait que croiser des sosies de divers chanteurs.

Je n’en dirai pas plus au niveau du résumé pour vous laisser la surprise de découvrir tout ce que l’auteure a su nous concocter dans ce roman pétillant et empli de fraîcheur. Dès les premières lignes, je me suis totalement laissée emporter par ce récit original. C’est bien la première fois que je lis un roman dans ce genre. C’est musical, empli de sonorités nostalgiques et bourré d’humour.

J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman musical. Dominique a su créer un personnage principal des plus attachants. J’ai beaucoup ri en compagnie de Louise, mais surtout, j’ai poussé la chansonnette tout au long des pages. Impossible de ne pas se laisser entraîner par toutes ces chansons que l’on connaît forcément.

La plume de l’auteure est fluide, c’est très bien écrit et l’écriture est soignée. Sous couvert de touches humoristiques, Dominique a tout de même su apporter de la profondeur à son récit.

Une véritable réussite. Ce roman musical vous mettra de bonne humeur et vous donnera envie de chanter tout la journée. Une véritable lecture feel-good des plus réussies.

Ma note : 17/20

Historique

Le Roi fol

Le Roi fol de Laurent Decaux

  • Auteur : Laurent Decaux
  • Titre : Le Roi fol
  • Genre : Historique
  • Éditions : XO
  • Nombre de pages : 336
  • Parution : 12 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Au début de l’année 1392, tous les rêves sont permis à Charles VI. La reine Isabeau vient d’accoucher d’un fils, le pays retrouve la prospérité, la guerre avec l’Angleterre touche à sa fin. Mais, en quelques mois, un scandale d’adultère, un attentat contre son premier ministre, une maladie inexplicable s’abattent sur le jeune roi.

Charles diminué par ses crises de démence, les factieux s’agitent en coulisse. à la cour, le vice est l’affaire de tous et l’ambition n’est pas l’apanage des grands. Dans l’incroyable entreprise de démolition d’un règne, le spéculateur Nicolas Flamel, l’Italienne Valentine Visconti, le peintre Paul de Limbourg et le cuisinier Taillevent auront tous un rôle à jouer.

La France en sera quitte pour cinquante années de chaos.

Complots, joutes sanglantes, plaisirs débridés, Le Roi fol est le roman d’une France médiévale exaltée, soumise à toutes les passions.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions XO pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Apprêtez-vous à rentrer en plein dans la cour de Charles VI, fils de Charles V et de Jeanne la folle, époux d’Isabeau de Bavière. Entre trahisons, alliances, faux-semblants, coups bas, ce roman historique retracera les derniers moments du règne florissant de ce roi, bien-aimé du peuple et toujours au bord de cette folie héréditaire que semble lui avoir léguée sa mère.

En voilà un roman historique des plus réussis. Je n’ai pas l’habitude de ce genre littéraire que je crains un peu, ayant souvent peur de passer à côté et de m’ennuyer avec une série de faits, accolés les uns aux autres. J’ai souvent cette impression de scolarité dans les propos des auteurs. Pour que cela soit réussi, il me faut absolument une part romancée. Les faits, oui, mais à condition que cela se lise comme un roman et non comme un manuel d’histoire. Ici, Laurent Decaux a réussi ce pari avec brio.

Dès les premières pages, j’ai été happé par toutes ces intrigues qui sont dignes de romans à grand suspense. J’en ai énormément appris et cela, sans jamais m’ennuyer. L’auteur m’a totalement immergée dans cette période moyenâgeuse, qui n’est pourtant de loin pas ma préférée. J’ai tour à tour tremblé, eu peur pour ce roi, été surprise et même parfois énervée. L’émotion m’a également gagnée, avec l’histoire entre Paul et Florie. Je suis passée par une véritable palette de sensations durant cette lecture.

Laurent Decaux nous a rendu ses personnages vrais et accessibles. Impossible de ne pas s’attacher à ce roi qui ne fut pas surnommé le «Bien-Aimé» à tort. Toute la galerie de personnages qui gravitent autour de lui sont également très bien esquissés et profonds.

La plume de l’auteur est enlevée, mais toujours accessible à son lecteur. Impossible de s’ennuyer, ce n’est pas ardu à lire et cela s’appréhende réellement comme un roman. J’ignore quelles libertés a prit l’auteur quant aux faits réels, mais une chose est certaine, j’ai eu ce sentiment de lecture « intelligente » durant tout le récit.

Une véritable fresque royale, où le lecteur ne s’ennuiera pas, tant Laurent Decaux a su romancer son récit. Une immersion totale dans la cour de ce roi qui fut le Bien-Aimé, le fol. Une vraie réussite.

Ma note : 17/20

Policier

Les mânes de l’ombre

Les mânes de l’ombre de Katell Curcio

  • Auteur : Katell Curcio
  • Titre : Les mânes de l’ombre
  • Genre : Policier
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 14 octobre 2019

Résumé

À la Villa Montmorency, quartier chic du 16e, un homme est retrouvé pendu dans sa propriété. Meurtre ou suicide ? Chez lui, un manuscrit a disparu. Marc Sevin, flic au 36, s’intéresse à la victime. Cette personnalité aux multiples facettes le trouble et l’interroge. Qui était réellement Jean Dumon ? Que cachait-il ? Des révélations déroutantes, des secrets bien gardés vont plonger l’enquêteur au cœur d’une affaire bien plus sombre qu’il n’y paraît. Le manuscrit est-il la clé d’une effroyable machination ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Katell Curcio pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris, villa Montmorency. Lorsque Jean Dumon est retrouvé pendu dans propriété, une enquête des plus compliquées va alors débuter. S’agit-il d’un suicide ou d’un meurtre ? Mais surtout, qui était réellement Jean Dumon, cet homme aux multiples personnalités ? Alors que ses voisins le cataloguent de taiseux, ses employés voyaient en lui un homme avenant et ouvert.

J’ai totalement accroché à ce roman, et pourtant, au début, j’ai été quelque peu réticente, j’avoue. J’ai pensé pouvoir résoudre le mystère dès le départ et la déception m’a gagnée. Force m’est de reconnaître que non seulement je m’étais totalement trompée, mais qu’en plus, l’auteure m’a totalement baladée.

La construction du roman est parfaite. Le récit se déroule au présent avec quelques coupures sur le passé afin de mieux appréhender ce qu’il s’est passé. Le suspense est maintenu tout au long des pages. Certes, il subsiste quelques maladresses, mais qui ne font pas du tout ombrage à la qualité de cette enquête menée tambour battant.

Les personnages sont totalement réussis. Katell a prit le pari de sortir des sentiers battus et de ne pas tomber dans la facilité. J’ai adoré le personnage de Marc, et retrouver un policier équilibré et sensé dans un roman policier n’est pas pour me déplaire. En effet, j’ai en général tendance à retrouver des policiers borderlines et déstructurés. Cela m’a donné l’occasion de souffler un peu et de voir évoluer un policier ayant une bonne situation familiale. Jules, son collègue, m’a énormément touchée. Katell a su créer des personnages forts mais tout en sensibilité, et surtout, profondément humains.

La plume de Katell est parfaite. Je l’ai trouvée dynamique et fluide. Les pages ont défilé tant l’auteure a réussi à me happer. Le roman n’est pas très long et il peut se lire d’une traite pour être en immersion totale avec cette enquête. Je tiens à souligner le travail de qualité que nous propose Katell. En effet, l’orthographe et la syntaxe sont impeccables.

Un roman policier qui m’a surprise et prise dans ses filets. J’ai cherché, j’ai émis des suppositions pour me faire totalement avoir. Une écriture soignée et des personnages très attachants viennent parfaire cette très belle découverte que je ne peux que vous conseiller.

Ma note : 17/20

Thriller

Mensonge

Mensonge de J. P. Delaney

  • Auteur : J. P. Delaney
  • Titre : Mensonge
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Fayard/Mazarine
  • Nombre de pages : 432
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Claire, étudiante anglaise en art dramatique, finance ses études d’une manière peu conventionnel e : elle flirte, pour le compte d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces, avec des hommes mariés suspectés d’infidélité. Lorsque la femme de l’un d’entre eux est retrouvée morte, tout change… La police exige de Claire qu’elle utilise ses talents d’actrice pour faire avouer le mari. Dès le début, elle n’est cependant pas sûre du rôle qu’elle doit jouer dans cette mise en scène mensongère, mais elle ne veut pas non plus que les enquêteurs la questionnent sur la nuit du meurtre. Bientôt, Claire se rend compte qu’elle est en train de jouer le rôle le plus mortel de sa vie…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard/Mazarine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

New York. Claire, jeune anglaise qui cherche à percer dans le monde de l’interprétation n’a malheureusement pas assez d’argent pour se payer son loyer et ses cours. C’est pourquoi, lorsqu’un cabinet d’avocats spécialisé dans le divorce lui propose de flirter avec des hommes mariés suspectés d’infidélité afin de les piéger, elle n’hésite pas et se prête au jeu. Jusqu’au drame qui va tout faire basculer.

J’avoue que même si j’ai passé un bon moment de lecture et que les pages ont défilé, je ressors tout de même quelque peu déçue de ma lecture. C’est mon premier roman de l’auteur et il faut lui reconnaître son talent pour happer le lecteur et ainsi le ferrer à son histoire. Pourtant, quelques détails ont fait que je ressors de ma lecture pensive et dubitative. Je suis restée sur ma faim.

L’auteur a su me confondre tout du long et j’ai eu beaucoup de mal à discerner le vrai du faux pendant une bonne partie de l’intrigue. De mensonges en fausses pistes, l’auteur réussit le pari de tenir en haleine son lectorat. J’ai pour ma part trouvé que c’était « trop » parfois. Je ne savais plus du tout où j’en étais, si réellement ce qu’il se passait avait lieu ou non. En cela, je peux dire que c’est un succès, puisque c’est le but d’un thriller, créer des questionnements incessants. J’ai beaucoup cherché et finalement, emmêlée par le vrai et le faux, j’ai abandonné cette idée et je me suis simplement laissée porter par l’intrigue.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Claire, mais je n’ai pas toujours trouvé les autres personnages bien dessinés et profonds. L’intrigue est clairement portée par Claire. J’ai tourné les pages avec plaisir et puis, la fin est arrivée et là, j’ai eu un sentiment de frustration. Après plusieurs longueurs, j’ai la sensation que l’auteur nous expédiait son dénouement à la va-vite. J’ai relevé quelques incohérences mais surtout, je n’ai pas eu les réponses à certaines de mes questions. Je ne peux pas en dire plus sous peine de vous spoiler, mais je suis totalement restée sur ma faim.

La plume est dynamique et fluide. Le tout est découpé en petits chapitres, et cela est fort appréciable dans un thriller, puisque cela octroie un bon rythme à l’histoire. Le roman est divisé en trois grandes parties. Si parfois mon intérêt s’est délité, ce n’était que pour mieux repartir quelques pages plus loin.

C’est un thriller avec lequel j’ai passé un bon moment de lecture, même si je sais qu’il ne va pas me laisser un grand souvenir. Quelques longueurs mais surtout une fin où je n’ai pas eu toutes les réponses que je voulais m’ont laissée sur ma faim.

Ma note : 15/20

Policier

Emi, Lucette et la coiffeuse

Emi, lucette et la coiffeuse d’Evelyne Larcher

  • Auteur : Evelyne Larcher
  • Titre : Emi, Lucette et la coiffeuse
  • Genre : Policier
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 256
  • Parution : 27 février 2019

Résumé

Veuve depuis peu, Lucette, ancienne assistante sociale au langage chantant le soleil de la Guadeloupe, s’ennuie. Depuis son rez-de-chaussée, elle assiste au spectacle de la rue. Quand un drame s’abat sur la famille d’Émi la petite voisine d’en face, elle s’implique et mène une enquête parallèle à celle de Carrie, l’officier de police. Pour cela elle observe les habitants : Enzo le père de l’enfant, Rachid l’épicier, Marina l’étudiante, Pierre le dentiste, Claudine et Huguette les retraitées actives.
Qui a agressé Adèle, la mère d’Émi ? En quoi cela concerne-t-il le salon de coiffure à quelques pas de là ? Ce drame bouleverse la vie d’un faubourg, crée de la solidarité, des frictions. Personne n’en sort indemne, pas même Lucette, interpellée dans ses relations avec sa fille. Et le quartier au cœur du récit, n’a peut-être rien d’un agréable village parisien.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Evelyne Larcher pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque Lucette, gaudeloupéenne à la retraite, perd son mari, elle se sent seule et s’ennuie. Pour palier à cela, elle va se mettre à observer son voisinage. C’est alors que la maman d’Emi, une de ses petites voisines, se fait agresser. Une enquête va alors démarrer et sera menée par Carrie. Mais alors, Lucette décide d’apporter son concours pour résoudre cette affaire.

Quel bon roman. Tous les ingrédients pour passer un bon moment sont présents, à savoir mystères, secrets, amitié, bons sentiments et humour. J’ai classé ce roman en tant que polar, mais je trouve cela trop restrictif, tant le panel des genres que nous propose Evelyne est large.

J’ai beaucoup aimé suivre cette vie de quartier au travers des yeux de Lucette. L’auteure nous livre ici une introspection et une immersion totale dans un microcosme unique en son genre. Il y a presque par moments un côté satirique. Au travers des personnages secondaires, l’auteure abordera un large panel de thématiques très variées. Cela est fort bien réussi.

L’histoire d’amitié qui va se créer entre Lucette et Emi m’a énormément touchée. Les personnages sont bien dépeints et leurs caractères sont très bien rendus et nuancés. Sous couvert d’humour, l’auteure aborde beaucoup de sujets difficiles.

La plume est très soignée et fluide. Ce roman se dévore et l’intrigue policière tient la route et est très bien menée. L’auteure a su me happer dès les premières lignes et me surprendre. C’est une réussite.

Un roman qui aborde des thématiques très diverses, au travers des habitants d’un quartier haut en couleur. L’intrigue policière est presque un prétexte pour nous immerger dans ce microcosme qu’a su créer l’auteure et dérouler ainsi le quotidien des personnages présents dans ce récit. Une réussite.

Ma note : 17/20

Jeunesse

Méli-Mélo Magique – Tome 1

Les Filles des Quatre Saisons de Coralie Khong-Pascaud

  • Auteur : Coralie Khong-Pascaud
  • Titre : Les Filles des Quatre Saisons
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 106
  • Parution : 23 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Un soupçon de magie, des animaux à sauver et quatre amies prêtes à partir à l’aventure dans un royaume légendaire !

Après avoir emménagé chez sa grand-mère, Mélissandre, alias « Méli-Mélo », arrive dans une nouvelle école où elle se fait très vite trois amies : Tatiana, Lily et Zoé. Lorsque la fillette tombe sur des louveteaux pris au piège dans une étrange forêt, ses copines ne vont pas hésiter à lui prêter main forte afin de secourir les animaux en détresse.
Ensemble, elles vont découvrir que les contes de fées sont parfois bien réels et que l’amitié peut venir à bout de tous les obstacles.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Mélissandre débute son année scolaire dans un nouvel établissement. Effectivement, ses parents étant en déplacement, elle est sous la garde de sa grand-mère et se voit obligée de changer d’école. Si au début elle se sent très angoissée, elle ne va pourtant pas tarder à se faire trois nouvelles amies, Tatiana, Lily et Zoé. Une après-midi, en jouant dans le jardin de sa grand-mère, Mélissandre tombe sur une porte qui va la mener dans un monde inconnu. Commence alors une aventure unique pour elle et ses nouvelles amies.

Ce roman jeunesse a été un coup de cœur total pour ma part. Preparez-vous a plonger dans un monde féerique, fantastique et digne d’un conte moderne. Quelle réussite. J’avoue que ce qui m’a d’abord poussée à découvrir ce roman, c’est la couverture que j’ai tout simplement trouvée magnifique. Mais lorsque j’ai lu la première page, j’ai tout simplement été conquise et j’ai su que ce sentiment durerait tout le long de ma lecture. Je ne me suis pas trompée.

Dès le début, l’auteure a su me faire rentrer dans l’univers qu’elle propose. Je me suis attachée à ce groupe d’amies, et j’ai lu leurs aventures avec énormément de plaisir. C’est un très court roman, et donc Coralie a prit un risque, puisqu’il faut réussir à happer le lecteur dès le début, créer une unité dans le récit, pour être en mesure d’apprécier l’ensemble et ne surtout pas créer d’ennui à son lectorat. Elle a réussit cela avec brio.

Au-delà de l’intrigue qui m’a conquise et enchantée, j’ai beaucoup aimé les valeurs que va véhiculer Coralie au travers des pages. En effet, amitié et loyauté seront de mise, et ce roman s’adressant à un jeune lectorat à la base, j’ai trouvé ceci fort judicieux. Les personnages sont bien dessinés, le groupe d’amies est composé de filles très différentes les unes des autres et cela est bien rendu.

La plume de Coralie m’a tout simplement enchantée. Elle est délicate et tout en douceur, en adéquation parfaite avec le propos de son roman. Mention spéciale quant au soin que l’auteure a apporté à l’orthographe, à la ponctuation et à la syntaxe. Que c’est agréable de tomber sur un texte auto-édité de cette qualité.

Ce roman est un véritable bonbon sucré, saupoudré d’un nuage féerique, d’une touche d’amitié et qui saura ravir les plus jeunes, comme les adultes. C’est un premier tome. Inutile de vous dire que je vais attendre la suite de ces aventures bien sagement.

Ma note : 19/20

Policier

L’accident de l’A35

L’accident de l’A35 de Graeme Macrae Burnet

  • Auteur : Graeme Macrae Burnet
  • Titre : L’accident de l’A35
  • Genre : Policier
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 336
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Avocat respectable dans une petite ville alsacienne, Bertrand Barthelme, trouve la mort une nuit dans un accident de voiture. Lorsque l’inspecteur Georges Gorski vient annoncer la triste nouvelle à sa femme, celle-ci lui apparaît peu affectée. Une seule question semble l’intriguer : que faisait son mari sur cette route au milieu de la nuit ? Question banale en apparence, mais qui va vite mener Gorski à s’interroger sur la vie de cet homme et de ce couple de notables apparemment sans histoires.

Après La Disparition d’Adèle Bedeau, on retrouve dans cette nouvelle enquête de l’inspecteur Gorski tout le talent de Graeme Macrae Burnet pour disséquer des vies réputées ordinaires, où la faille n’est jamais loin. Tout le long d’une intrigue passionnante, il nous fait pénétrer dans un théâtre de solitudes peuplé de personnages étouffés par leurs existences, au bord de la rupture. Un nouveau coup de maître.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alsace. Lorsqu’un accident survient sur l’autoroute de l’A35, l’inspecteur Gorski est appelé sur les lieux pour tâcher de découvrir ce qu’il s’est passé. À bord de la voiture, Bertrand Barthelme, un notaire réputé. Apparemment, il se serait assoupi au volant. Alors que Gorski va prévenir sa femme et son fils du décès de Bertrand, il remarque que la famille ne semble pas ébranlée. La femme de Bertrand va alors demander à Gorski de lancer une enquête approfondie. Apparement, Bertrand n’avait aucune raison de se trouver sur ce tronçon de route. Que s’est-il passé ?

Avant toute chose, il me faut vous prévenir de ne surtout pas lire ce roman comme un polar, sinon vous vous retrouveriez vite déçus. En effet, l’enquête passe ici au second plan, et n’est que prétexte pour l’auteur et ainsi pouvoir nous dérouler une véritable fresque sociale. Ce roman policier ne respecte donc absolument pas les codes du genre, il n’y a pas de suspense insoutenable et la révélation finale n’est pas non plus incroyable.

J’avoue avoir été déroutée au départ, lorsque j’ai compris que je m’aventurais dans une tout autre direction, mais je me suis laissée prendre au jeu et j’ai finalement dévoré ce roman. Il faut dire que Graeme Macrae Burnet a un réel talent de conteur et en partant de situations simples, communes, il va se livrer à un exercice de psychologie fort réussi.

Les personnages sont simples, vrais et réels. Ils ont leurs failles et leur quotidien, ainsi que leurs réactions sont dépeintes avec beaucoup de verve par l’auteur. Ici, c’est une lecture sur le quotidien d’une famille, ni plus ni moins, mais cela reste efficace et j’ai tourné avec plaisir les pages.

J’ai fortement accroché à la plume de l’auteur, qui de prime abord peut sembler manquer de rythme, avec des longueurs parfois superflues et peu de dialogues. Pourtant, il n’en est rien. C’est si bien écrit que le lecteur se laissera porter par ce récit.

Une très bonne lecture, mais à ne surtout pas appréhender comme un polar, sous peine d’être fortement déçus. Ce récit est plutôt une fresque sociale, avec des personnages simples et parfois au bord de la rupture. Un auteur à découvrir.

Ma note : 17/20

Policier

Coups de vieux – Rentrée littéraire

Coups de vieux de Dominique Forma

  • Auteur : Dominique Forma
  • Titre : Coups de vieux
  • Genre : Policier
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 384
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ils ont passé l’âge… Si ce n’est de faire justice eux-mêmes. Ils ont passé l’âge… Si ce n’est de faire justice eux-mêmes. Clovis le facho et André le gaucho. Deux frères ennemis à la longue histoire de coups tordus. Le soir tombe sur Le Cap d’Agde. André, la soixantaine, s’aventure dans les dunes des échangistes. Bientôt, il aperçoit l’objet de ses fantasmes : une belle femme nue allongée sur le sable. 
Il s’approche. Son désir s’éteint aussitôt : la belle est morte, assassinée. Craignant de devenir le suspect n° 1, André appelle Clovis à la rescousse. Avec l’aide d’Alexe, une libertine craquante, le duo improbable Algérie française et Gauche prolétarienne débute une sulfureuse enquête parsemée de sang, de sexe et de sales magouilles…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Cap d’Agde. Lorsque André Milke, sexagénaire en préretraite, descend à la baie des cochons avec la ferme intention de passer une soirée en compagnie féminine, il est loin de se douter de ce qu’il va y trouver. En effet, lorsqu’il s’avance vers une femme allongée dans le sable, il va finir par constater que cette dernière a été assassinée. André fera alors appel à Clovis pour l’aider.

J’ai été conquise par ce roman policier qui sort incontestablement des sentiers battus. Le fait d’avoir pour protagonistes des sexagénaires avec des idées politiques aux antipodes l’un de l’autre m’a paru relever d’une grande originalité. Cette divergence politique et comment les deux personnages principaux sont amenés à s’entendre donne beaucoup de sel à l’intrigue.

Malgré tout, il faut savoir que ce n’est pas vraiment le côté enquête qui va ici prédominer, puisque l’auteur va explorer beaucoup de sphères. Je dirai que cette intrigue policière est un prétexte pour Dominique Forma. Cela va lui permettre de poser une peinture de ses personnages et le côté psychologique sera mis en avant.

Les personnages sont tout simplement hauts en couleur, drôles et très bien rendus. L’auteur a su nous les créer attachants. J’ai suivi leurs pérégrinations avec plaisir. Petite mention pour la fin que j’ai trouvée très réussie.

La plume est parfaite. Chaque chapitre apporte son petit lot de nouveautés, avancées dans l’intrigues, ou nouveaux personnages. Le tout est remarquablement écrit et j’ai vraiment accroché au style de narration. J’y ai retrouvé des dialogues truculents et une belle plume.

Un roman policier qui sort des sentiers battus et qui ne respecte pas toujours les codes du genre pour le plus grand plaisir du lecteur. Beaucoup d’originalité dans cette belle découverte que je vous conseille.

Ma note : 17/20

Contemporain

Lettres de pluie – Rentrée littéraire

Lettres de pluie de Steve Sem-Sandberg

  • Auteur : Steve Sem-Sandberg
  • Titre : Lettres de pluie
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Les années 1960, une petite île suédoise. Minna et Andreas ont été confiés pour la journée à leur voisin, Johannes. Mais le soir, leurs parents ne rentrent pas. Toute trace d’eux a disparu. On sait seulement qu’ils sont américains. Alors on parle d’espionnage, on exhume des histoires de la dernière guerre et de l’occupation nazie… Étrangers, sans famille, élevés par un alcoolique soupçonné d’avoir été collabo, les deux enfants sont la cible toute désignée des haines qui rongent les insulaires. Devenu adulte, Andreas revient solder ses comptes. Dans ce petit monde étouffant où la pluie brouille les frontières du réel, le passé ténébreux de l’île acquiert une intense présence. Et le drame semble inévitable.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque Andreas revient sur le l’île suédoise de son enfance, il est en quête de réponses. En effet, dans les années 60, alors qu’Andreas et sa sœur Minna sont confiés à Johannes, leurs parents disparaissent mystérieusement et sans explications. Dès lors, le frère et la sœur seront élevés par Johannes. Que s’est-il donc passé ?

C’est ici un très beau roman au titre évocateur. S’il m’a globalement plu, il m’aura cependant manqué certaines petites choses pour un faire une excellente lecture. La construction du roman est classique, mais efficace. Les chapitres entre le présent et le passé s’alternent et le fil de l’intrigue se déroule peu à peu, de manière langoureuse, trop parfois. J’aurais souhaité davantage de rythme à ce roman qui a parfois tourné en rond.

Je n’ai pas toujours trouvé l’espace temps clairement défini, et une indication temporelle en début de chaque chapitre aurait été la bienvenue. Quelques digressions ont également parfois coupé mon rythme de lecture. C’est un roman au style pointu, et qui demande une certaine concentration.

Ce qui m’a indubitablement séduite dans ce récit, ce sont avant tout les personnages qui sont si bien dépeints et si bien dessinés que cela les rend très attachants. Ils ne sont pas linéaires et l’on peut suivre une réelle évolution dans leur manière d’être. L’auteur les a très bien travaillés et c’est sans aucun doute là où réside la force de ce roman.

L’intrigue est bien menée mais je n’ai pas toujours eu un sentiment de clarté et d’unité. Parfois, l’auteur s’est arrêté sur certains détails, et d’autres fois il en a survolé d’autres que j’aurais aimé plus approfondis. Malgré tout, j’ai beaucoup aimé cette recherche d’Andreas, cette nécessité de faire la lumière sur ce qu’il s’est réellement passé pour pouvoir avancer.

La plume est très belle. Le roman est découpé en petits chapitres, ce qui devrait en principe octroyer un bon rythme à l’histoire, mais je dois avouer que ce ne fut malgré tout pas vraiment le cas. Par contre, les émotions sont bien rendues.

Une belle découverte littéraire au style particulier et pointu et à l’intrigue délicate et parfois un peu ardue. Les personnages sont incontestablement la force de ce roman et les émotions sont bien rendues.

Ma note : 16/20

Historique

La terre invisible – Rentrée littéraire

La terre invisible d’Hubert Mingarelli

  • Auteur : Hubert Mingarelli
  • Titre : La terre invisible
  • Genre : Historique
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 181
  • Parution : 15 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En 1945, dans une ville d’Allemagne occupée par les alliés, un photographe de guerre anglais qui a suivi la défaite allemande ne parvient pas à rentrer chez lui en Angleterre. Il est sans mot devant les images de la libération d’un camp de concentration à laquelle il a assisté.

Il est logé dans le même hôtel que le colonel qui commandait le régiment qui a libéré le camp. Ayant vu les mêmes choses qui les ont marqués, ils sont devenus des sortes d’amis. Un soir, le photographe expose son idée de partir à travers l’Allemagne pour photographier les gens devant leur maison. Il espère ainsi peut-être découvrir qui sont ceux qui ont permis l’existence de ces camps. Le colonel met à sa disposition une voiture et un chauffeur de son régiment. C’est un très jeune soldat qui vient d’arriver et qui n’a rien vu de la guerre.

Le photographe et son jeune chauffeur partent au hasard sur les routes. Le premier est hanté par ce qu’il a vu, et le second est hanté par des évènements plus intimes survenus chez lui en Angleterre. Le roman est ce voyage.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1945. Un photographe de guerre anglais qui a assisté à la libération d’un camp de concentration n’arrive pas à rentrer chez lui en Angleterre, tant ce qu’il a vu l’obsède et l’empêche d’avancer. Il décide donc de partir en errance grâce à l’aide du colonel du régiment qui a libéré le camp. Ce dernier lui permet de partir en road trip en compagnie d’un chauffeur de son régiment, O’Leary. Une amitié tacite va alors s’installer entre les deux compagnons de voyage.

Il s’agit ici d’un roman de la sélection pour le prix Goncourt et j’avoue que c’est l’un des romans qui va le plus me poser de difficultés quant au fait de donner mon avis. Honnêtement, ce roman m’a carrément plu, mais il me faut être honnête jusqu’au bout et vous avertir qu’il ne s’y passe pour ainsi dire strictement rien. Mais vraiment. J’aime autant vous prévenir. Si vous êtes dans une période où vous cherchez des romans à l’intrigue insoutenable, passez votre chemin.

Ici, tout est contemplatif. Le roman est très court et il faut donc être en mesure de rentrer au plus vite dans l’histoire. Cela a marché pour ma part, heureusement. J’ai suivi les pérégrinations de nos deux compères avec plaisir. Le photographe est si traumatisé par ce qu’il a vu qu’il décide en quelque sorte de se servir de la photographie comme exutoire. Cela va lui permette de se libérer, de regarder vers l’avant.

Le personnage d’O’Leary est très touchant. J’ai senti une réelle amitié se créer entre les deux personnages. L’atmosphère de ce roman est très particulière, mais rendue à la perfection. Les paysages sont beaux, à la limite de l’onirisme parfois.

La plume est poétique et j’ai accroché avec le style de narration. Les phrases sont parfois longues, mais pourtant, elles coulent toutes seules, sans efforts. Les dialogues sont peu présents mais je n’ai pas senti de lourdeur quelconque.

Un véritable roman d’ambiance, sur les dommages psychologiques des guerres, sur ces blessures invisibles, qui sont pourtant si difficiles à refermer. Un style contemplatif mais sans lourdeur. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Fantastique

Rouge impératrice – Rentrée littéraire

Rouge impératrice de Léonora Miano

  • Auteur : Léonora Miano
  • Titre : Rouge impératrice
  • Genre : Fantastique
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 608
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le lieu : Katiopa, un continent africain prospère et autarcique, presque entièrement unifié, comme de futurs Etats-Unis d’Afrique, où les Sinistrés de la vieille Europe sont venus trouver refuge.
L’époque : un peu plus d’un siècle après le nôtre.
Tout commence par une histoire d’amour entre Boya, qui enseigne à l’université, et Illunga, le chef de l’Etat.
Une histoire interdite, contre-nature, et qui menace de devenir une affaire d’Etat.
Car Boya s’est rapprochée, par ses recherches, des Fulasi, descendants d’immigrés français qui avaient quitté leur pays au cours du XXIème siècle, s’estimant envahis par les migrants. Afin de préserver leur identité européenne, certains s’étaient dirigés vers le pré carré subsaharien où l’on parlait leur langue, où ils étaient encore révérés et où ils pouvaient vivre entre eux. Mais leur descendance ne jouit plus de son pouvoir d’antan : appauvrie et dépassée, elle s’est repliée sur son identité.
Le chef de l’Etat, comme son Ministre de l’intérieur et de la défense, sont partisans d’expulser ces population inassimilables, auxquelles Boya préconise de tendre la main.
La rouge impératrice, ayant ravi le cœur de celui qui fut un des acteurs les plus éminents de la libération, va-t-elle en plus désarmer sa main ?
Pour les « durs » du régime, il faut à tout prix séparer ce couple…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Katiopa, un siècle après le nôtre. Illunga, chef de cette Afrique réunifiée, travaille à sa prospérité. Boya, professeure a l’université, travaille à défendre ses idées qui vont à l’encontre de celles d’Illunga. Rien ne les prédisposait à s’entendre, et pourtant, une histoire d’amour va naître entre les deux personnages, acteurs, chacun à leur manière, d’une nouvelle époque.

Ce roman m’a énormément plu. Le lecteur vogue entre utopie et dystopie. Le postulat de départ est des plus intéressants. Pourtant, ce n’est ici que le prétexte du roman, le fond étant vraiment cette magnifique histoire d’amour entre Illunga et Boya. J’ai retrouvé beaucoup d’originalité dans cette intrigue et l’espace spatio-temporel m’a séduite. C’est une excellente idée.

Alors, attention, ce roman n’est pas aisé à lire et il vous faudra rester actif pendant toute votre lecture. J’ai du rester concentrée pour ne pas me perdre. Le glossaire en fin de livre m’a été plus que nécessaire, puisque le vocabulaire est pointu. Cela a parfois créé une césure dans mon rythme de lecture, le temps d’intégrer les mots que je ne connaissais pas du tout. Malgré tout, cela n’est pas compliqué à suivre.

J’ai été séduite par la jolie histoire d’amour. J’ai trouvé le contexte fort intéressant. Le personnage de Boya m’a totalement séduite. Je l’ai trouvée forte et très bien dessinée. Elle se bat pour ses idées.

La plume de l’auteure est très belle. S’il est vrai que je pense que ce roman aurait gagné à faire une centaine de pages en moins, il n’en reste pas moins monumental. Ce récit fait partie de la sélection pour le prix Goncourt, et je comprends totalement pourquoi.

Entre utopie et dystopie, l’auteure nous déroule une intrigue pointue et originale, avec pour toile de fond une très belle histoire d’amour. Si de prime abord, le roman peut paraître dense et compliqué, il n’en est rien. À découvrir.

Ma note : 16/20

Contemporain

Pas sur la bouche

Pas sur la bouche de Karine Langlois

  • Auteur : Karine Langlois
  • Titre : Pas sur la bouche
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : de la Rémanence
  • Nombre de pages : 135
  • Parution : 30 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Delphine est élevée par sa mère et ne connaît pas son père. Elle a grandi à Arles, au sein d’une cité-dortoir, et mène une vie un peu morne qui ne satisfait pas ses rêves d’enfant. Ébranlée par une expérience traumatisante alors qu’elle vient de rentrer au collège, la jeune fille traverse l’adolescence au gré de ses rencontres masculines, et cherche les moyens d’accepter son corps, à la fois troublée et fascinée par le déploiement de ses attributs féminins.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions de la Rémanence pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

C’est l’histoire de Delphine que le lecteur va suivre durant toute son adolescence. Lorsque la jeune fille n’a que douze ans, elle va se voir confrontée à un événement des plus traumatiques qui va la façonner pour la suite de sa vie amoureuse. Est-ce qu’elle sera en mesure de se reconstruire et de refaire confiance un jour ?

J’ai beaucoup apprécié cette lecture, même si parfois, il m’a manqué un petit quelque chose pour sortir du lot. Ce récit est divisé en trois parties bien distinctes. La première nous relatera les débuts de Delphine dans le monde adolescent et l’épisode traumatique qui lui arrivera et dont je ne dirai rien pour ne pas spoiler l’intrigue. La deuxième mettra en exergue les conséquences de cet acte sur Delphine et ses moments de pure perte où elle se sentira totalement égarée. La troisième partie narrera sa renaissance, sa reconstruction.

J’ai beaucoup aimé le schéma narratif de ce court roman qui n’en reste pas moins intense. En effet, au travers de ces trois parties, j’ai pu suivre la réelle évolution de Delphine. Ce ne sera jamais un personnage statique, elle est nuancée et il est bien entendu impossible de ne pas s’attacher à elle.

Malgré tout, j’ai parfois regretté un manque de profondeur quant au fond de l’histoire. J’ai parfois eu une sensation de prévisibilité et quelques poncifs sont parfois venus perturber ma lecture. Je n’ai pas eu de réelle surprise durant ma lecture et surtout il m’a manqué une chose essentielle, à savoir de l’émotion. Je ne me sentais pas impliquée dans ce que je lisais et je suis parfois restée en retrait.

La plume est délicate et Karine Langlois a su retranscrire les affres du désir à la perfection. Le tout se lit bien, d’autant plus que les petits chapitres donnent beaucoup de rythme à cette histoire qui a parfois tourné en rond.

Cela a été une bonne lecture, mais certains éléments, comme par exemple le caractère prévisible de l’histoire et le manque d’émotion, m’ont empêchée de totalement m’impliquer. Malgré tout, la belle plume de l’auteure m’a plu et le personnage de Delphine est attachant au possible.

Ma note : 15/20

Contemporain

UnPur – Rentrée littéraire

UnPur d’Isabelle Desesquelles

  • Auteur : Isabelle Desesquelles
  • Titre : UnPur
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Benjaminquejetaime et Julienquejetaime. Les noms que leur a donnés leur mère, Clarice. Dans les ruelles de Paris, ils forment une famille tournesol aux visages orientés vers le bonheur. Seulement, le destin va en décider autrement. Quand un inconnu pose les yeux sur deux enfants en se demandant lequel il va choisir. Et tout leur enlever. Quarante ans plus tard s’ouvre le procès d’un monstre qui n’est pas sur le banc des accusés mais dans la tête de chacun. C’est sa victime que l’on juge. Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ? De l’Italie – Bari et Venise – au Yucatán – sa mer turquoise et les rites ancestraux maya – se déploie l’histoire d’un être dont on ne saura jusqu’à la fin s’il est un pur. Isabelle Desesquelles explore l’absolu de l’enfance, avec ses premières et surtout ses dernières fois, qu’à toute force on voudrait retrouver. À sa manière frontale, l’auteur éclaire l’indicible. Roman de l’inavouable et dissection d’un tabou, UnPur bouscule, interroge, il envoûte et tire le fil de ce que l’on redoute le plus.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Benjamin n’est qu’un jeune garçon, lorsque, lors d’un séjour à Venise auprès de sa mère et de son frère jumeau Julien, il se fait séquestrer par celui qu’il nommera Le Gargouilleur. Il y subira les pires sévices, allant jusqu’aux abus. Quarante ans plus tard, le lecteur retrouve Benjamin assis au tribunal sur le banc des accusés. Que s’est-il passé ?

Voilà l’un des romans les plus éprouvants que j’aie eu à lire récemment. L’histoire de Benjamin m’a tout simplement révoltée et bouleversée. J’ai éprouvé une sensation contante de malaise lors cette lecture. J’ai été mal tant c’est rude à lire.

Et pourtant, j’ai cependant plusieurs bémols à émettre. J’ai eu une réelle difficulté à adhérer à la plume d’Isabelle Desesquelles, que j’ai trouvée trop chirurgicale, laissant peu de place à l’émotion. Certains passages m’ont semblé obscurs, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises pour comprendre ce que je lisais, et à quelle époque on se trouvait, tant il manque d’indications temporelles. Il a fallu à chaque fois un temps de réflexion pour que j’intègre bien le moment auquel se déroule l’action.

Si la plume de l’auteure est indiscutablement belle, j’ai eu beaucoup de mal pour ma part. J’y ai retrouvé beaucoup de digressions et le style m’a paru parfois trop onirique. Malgré tout, et c’est incontestable, Isabelle Desesquelles a remarquablement bien construit ses personnages, notamment celui de Benjamin.

J’attendais probablement beaucoup plus de ce roman, mais cela n’en reste pas moins une très bonne lecture. Ce roman coup de poing ne peut pas laisser le lecteur indemne et on ressort éprouvé de ce livre.

Ma note : 16/20

Contemporain

London Calling

London calling de Collectif

  • Auteur : Collectif
  • Titre : London Calling
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 222
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En 1979, le groupe The Clash sortait l’album London Calling. Trente ans plus tard, dix-neuf auteurs de polar français lui rendent hommage à travers autant de nouvelles inédites, chacune inspirée par l’un des titres de ce disque mythique. Des histoires tour à tour sarcastiques, haletantes, burlesques, tragiques, engagées, toujours noires – et toujours rock.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil de vingt nouvelles, au postulat de départ des plus originaux. Plusieurs auteurs se sont ainsi réunis pour rendre hommage au mythique groupe The Clash. Chaque nouvelle portera le titre de l’une de leurs chansons. J’ai trouvé que cela sortait des sentiers battus et que cela octroyait un charme spécial à ce recueil.

Et pourtant, j’avoue ressortir quelque peu mitigée. L’inégalité dans les récits proposés m’a posée un réel problème. En effet, si j’ai trouvé certaines nouvelles très réussies, ce ne fut pas le cas pour chacune d’entre elles. Parfois, je m’y suis perdue, j’avoue, ne sachant ni le but du récit ni dans quelle direction l’auteur a voulu m’emmener, et ayant ainsi une impression de désordre et d’incompréhension pour certaines. J’ai parfois l’impression d’être passée à côté.

Malgré tout, certaines nouvelles m’ont tout simplement charmée et conquise. J’ai trouvé que celle de Caryl Férey était très originale, prise sous une autre perspective. J’ai également été séduite par la nouvelle de Jean-Philippe Blondel, dont j’ai découvert sa plume et son talent de conteur tout récemment, avec son roman « La grande escapade », l’un de mes coups de cœur de cette rentrée littéraire.

C’est donc une belle découverte même si la déception a pointé le bout de son nez pour certains récits que j’ai trouvé décousus et parfois même dépourvus de sens. Malgré tout, avec ce large panel de récits, vous trouverez à coup sûr votre bonheur.

Ma note : 15/20

Contemporain

Maintenant, comme avant – Rentrée littéraire

Maintenant, comme avant de Juliette Arnaud

  • Auteur : Juliette Arnaud
  • Titre : Maintenant, comme avant
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 5 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans son village du Sud de la France, Rose a de grands projets pour célébrer son entrée officielle dans l’âge adulte. Puisque s’ouvre l’été de ses 18 ans.

Lorsque débarque sans prévenir Manette.
Qui se trouve être sa mère.

Celle qui s’est éclipsée, quand Rose était bébé, pour suivre sur les routes son groupe de rock préféré.
Abandonnant et l’enfant et le père.

Si cela ne tenait qu’à elle, Rose accueillerait son chat fugueur de mère à coups de balai.
Sauf qu’Emiliano, le père de Rose, n’a pas la même opinion des chats fugueurs en général, et de celui-là en particulier.

A-t-il jamais cessé d’aimer Manette ?

Débute alors un long, incertain et périlleux été.

Roman initiatique et tendre, Maintenant, comme avant évoque la famille décomposée, la question taboue des mères qui n’élèvent pas leur enfant et les maux d’amour avec un humour féroce.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Rose, jeune fille de dix-huit ans, vit élevée par son père Emiliano et sa grand-mère, depuis qu’un jour, lorsqu’elle était bébé, Manette, sa mère, décide de les abandonner. Rose vivra dans l’insouciance jusqu’au jour où Manette refait surface et sonne à la porte. Commence alors pour Rose un long chemin vers le pardon et la reconstruction, pour cicatriser les blessures d’avoir grandi sans sa mère.

Ce roman est tout simplement un coup de cœur, et pourtant, au début de ma lecture, rien ne laissait présager cet enthousiasme. En effet, je vous avoue avoir été totalement déroutée durant plus ou moins les deux premiers chapitres. Le style de l’auteure m’a étonnée, je ne m’attendais pas à cela.

Ce récit nous est narré par Rose, et cette dernière nous dit tout, sans filtre, tant ses pensées les plus profondes que son avis sur tout et rien. Elle s’adresse directement à nous, lecteurs, nous prend à parti souvent, se joue même parfois de nous. Si au début j’ai été très perturbée par la causticité des propos de Rose, par son franc-parler et son langage familier, je me suis finalement laissée séduire par cette originalité.

Sous couvert de mots rudes et où transparaît peu la sensibilité, l’histoire est pourtant d’une tendresse infinie. On ne peut que compatir avec Rose, qui a dû se construire sans mère pendant dix-huit ans et sa réaction de rejet lorsqu’elle voit réapparaître Manette comme une fleur est compréhensible. Sous forme de récit initiatique, Rose va apprendre à laisser de côté ses griefs, à évoluer, à transformer ses sentiments.

J’ai trouvé le personnage de Rose très bien dépeint et réussi. Sous sa carapace se cache une jeune fille qui a dû se battre, emplie de tendresse et de sensibilité. Elle est très nuancée et c’est sans nul doute un personnage qui va me rester en tête pendant longtemps.

La plume de l’auteure est parfaite. Même si, comme je l’ai deja dit, j’ai été troublée au début, force m’est de reconnaître que j’ai terminé totalement conquise. Les mots s’alignent d’une manière naturelle et les phrases coulent toutes seules de façon limpide. C’est très réussi.

Un véritable coup de cœur pour ce roman tendre au possible et servi par une héroïne forte mais avec beaucoup de faiblesses aussi, le tout sous forme de récit initiatique. À découvrir absolument.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le vin de Pâques – Rentrée littéraire

Le vin de Pâques d’Élise Fischer

  • Auteur : Élise Fischer
  • Titre : Le vin de Pâques
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Annelise est envoyée en reportage par sa rédaction à Villey-Saint-Etienne, petit village des bords de la Moselle, pour couvrir la distribution de vin aux villageois le jour de Pâques, une tradition locale séculaire. L’occasion pour cette quinquagénaire de s’éloigner quelques temps de sa vie bousculée entre un mari infidèle, deux grands enfants sur le départ et un père âgé en perte d’autonomie, enfermé dans son silence.
Sur la route des vignobles de Toul, les souvenirs ramènent Annelise une trentaine d’années auparavant, en 1969. Toute jeune cheftaine, elle a animé un camp scout non loin de là. Parenthèse enchantée où elle a connu son premier amour…
Pourquoi a-t-elle renoncé à ce garçon qu’elle aimait ?
Alors que son existence vole en éclats, Annelise prend conscience de la chape de secrets et d’interdits qui pèse depuis toujours sur ses épaules.
Est-il encore temps de se délivrer du passé ? Et au prix de quelles révélations ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque Annelise est envoyée par son travail à Villey-Saint-Etienne, commune du département Meurthe-et-Moselle, elle est à mille lieues d’imaginer tous les souvenirs qui vont refaire surface. Elle se rappellera de son tout premier amour, et des secrets perceront le jour.

J’ai beaucoup aimé ce roman, et ce, pour diverses raisons. Incontestablement, ce qui m’a le plus plu à été cette immersion totale dans cette région française que je ne connais pas du tout. L’auteure nous décrit amoureusement ces lieux et j’ai adoré me balader le temps d’un roman au travers des paysages et des traditions. J’ai trouvé cela particulièrement réussi.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Annelise, tout en douceur et qui est à un moment charnière de sa vie. Effectivement, entre son mari infidèle, ses enfants qui grandissent et se détachent d’elle, et son père âge et en perte d’autonomie, cela n’est pas facile pour elle au quotidien. Pourtant, je l’ai trouvée forte et c’est un personnage nuancé et empli de sensibilité.

L’intrigue est prenante, mais il ne faudra malgré tout ne pas s’attendre à des révélations fracassantes. J’ai suivi les aventures et les souvenirs d’Annelise avec beaucoup de plaisir et je me suis laissée porter par son histoire.

La plume de l’auteure est délicate, en totale adéquation avec ce qu’elle nous propose, tant au niveau du décor planté comme au niveau de son personnage féminin principal. La lecture se fait facilement, il suffit de se laisser bercer.

Un très joli roman, qui explore avec amour une très belle région française, aux côtés d’une héroïne délicate, sensible et forte. Une histoire de souvenirs qui refont surface peu à peu. Une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Célibataire, heureuse et prête à tout

Célibataire, heureuse et prête à tout de Katherine Heiny

  • Auteur : Katherine Heiny
  • Titre : Célibataire, heureuse et prête à tout
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Les jeunes héroïnes de Katherine Heiny ne sont pas des modèles de moralité : Maya est amoureuse de son petit-ami et de son patron. L’amant de Sadie l’appelle tout en partant rejoindre sa femme à une thérapie de couple. Gwen en pince pour son co-locataire, un homme qui est capable de lui tenir la main avant de lui dire qu’il la trouve moite. Et Sasha accepte de prendre un verre avec l’épouse de son amant, ce qu’elle regrette aussitôt.
Et au cours de ces onze instantanés de vie à la fois follement drôles et émouvants, elles vont se débattre avec des invités inopportuns, des fêtes d’anniversaire désastreuses, des amis loyaux mais paumés, et toutes sortes de situations compliquées.
Maya, qui apparaît dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, est le personnage qui relie toutes ces histoires entre elles. Elle nous entraine dans sa découverte du plaisir, du deuil et du mensonge et finalement de l’inconstance du cœur humain.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil de nouvelles, porté par des femmes fortes et ayant toutes le même point d’orgue, à savoir l’infidélité et l’adultère sous toutes ses formes. Ainsi, le lecteur découvrira à tour de rôle Sasha, qui ira boire un verre avec l’épouse de son amant, Gwen qui trouve son colocataire des plus séduisants et bien d’autres histoires.

J’ai trouvé ce recueil de nouvelle très original, et ce qui m’a le plus plu, c’est le fait que ce soient des femmes simples qui sont mises en avant. Malgré le côté immoral de la situation de chacune d’entre elles, l’auteure a su nous les rendre attachantes et j’ai suivi leurs aventures avec plaisir.

J’aurais cependant un bémol à émettre quant au dénouement de ces nouvelles que j’ai souvent trouvé abrupt et sans réel aboutissement, ce qui m’a laissée sur ma faim à plusieurs reprises. C’est pourquoi j’ai fortement apprécié de retrouver Maya, l’une des protagonistes, pendant trois nouvelles différentes à diverses étapes de sa vie. J’ai eu une impression de continuité en quelque sorte.

La plume de l’auteure est très entraînante et les pages ont défilé. J’ai fortement apprécié d’avoir retrouvé une certaine unité dans la qualité des nouvelles proposées, et un certain fil rouge.

Un recueil de nouvelles très réussi, même si j’aurais apprécié un dénouement plus abouti. J’ai aimé suivre les tranches de vie de ces femmes attachantes et toutes les nouvelles ont été intéressantes à suivre. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Opération âme errante – Rentrée littéraire

Opération âme errante de Richard Powers

  • Auteur : Richard Powers
  • Titre : Opération âme errante
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : cherche midi
  • Total de pages : 506
  • Parution : 5 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Richard Kraft est interne en chirurgie pédiatrique au Carver Hospital, à Los Angeles. Au cœur de cette mégalopole, qui a renoncé à l’idée même de service public, la pression est permanente. Maladie du corps social, maladie du corps physique : tout est sur le point de se défaire, de voler en éclats. Dans cette atmosphère explosive, Richard et sa collègue thérapeute Linda essaient de soigner un groupe d’enfants malades, des enfants qui semblent en savoir plus long qu’eux sur l’âme humaine et recèlent tous des secrets étonnants. À leur contact, la thérapie peut basculer dans l’enquête, et l’Amérique révéler ses failles les plus noires. Avec un humour grinçant et une empathie bouleversante, Richard Powers explore dans ce roman sous pression les racines de la survie et la mémoire de l’Amérique, grâce à une tribu d’enfants blessés mais, surtout, providentiels.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions cherche midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Los Angeles. Richard Kraft est chirurgien pédiatre au Carver Hospital. Il va décider de s’occuper d’un groupe d’enfants malades auprès de sa collègue thérapeute, Linda. Le contact avec ces enfants sera l’occasion pour nos deux protagonistes de sonder l’âme humaine et aboutir à bien des questionnements.

J’aime autant vous prévenir d’emblée. Ce roman est d’une densité incroyable et il vous faudra être actif pendant votre lecture pour ne pas vous perdre et rester concentrés. En effet, dès les premières pages, j’ai eu un aperçu de ce qui m’attendait tout au fil du roman. C’est sûrement ce schéma narratif qui m’aura empêchée d’apprécier incontestablement ce roman.

Et pourtant, ce récit m’a plu à bien des égards. La densité accompagnera la dimension émotionnelle du texte, parce que je dois le reconnaître, ma sensibilité a été mise à rude épreuve et a été à fleur de peau pendant tout le roman. La grande noirceur qui se dégage de ce récit est bien rendue, de manière très réaliste et j’ai été bouleversée.

J’ai eu parfois du mal avec le personnage de Kraft, que j’ai souvent trouvé froid, même s’il se protège sous sa carapace pour supporter tous les malheurs auxquels il voit ces enfants confrontés. J’ai nettement préféré celui de Linda, bien nuancée et sensible. J’ai totalement accroché à elle, et j’ai eu tendance à trouver qu’elle portait presque mieux l’histoire que Kraft.

La plume est vraiment très belle. Cependant, je n’ai pas accroché au schéma narratif. Effectivement, Richard Powers nous livre son texte avec des chapitres longs, voire beaucoup trop longs. D’autre part, beaucoup de digressions ont à maintes reprises coupé mon rythme de lecture. C’est dommage au vu de la qualité de la plume de l’auteur.

Au final, cela a été une belle découverte qui a réussi à me donner un aperçu de la plume de Richard Powers, que je découvre avec ce roman. Malgré tout, quelques éléments ont fait que je n’ai pas été en mesure de totalement apprécier cette lecture, notamment à cause de toute la noirceur qui émane du récit et les diverses digressions qui parsèment les pages. À découvrir ne serait-ce que pour la belle plume de Richard Powers et la dimension émotionnelle qui ressort de ce roman.

Ma note : 15/20

Historique

La folle ardeur

La folle ardeur de Michelle Tourneur

  • Auteur : Michelle Tourneur
  • Titre : La folle ardeur
  • Genre : Historique
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 25 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Pendant dix ans, trois des plus grands génies du romantisme ont vécu dans une étroite intimité.
Delacroix fait flamber la couleur dans ses toiles et dans ses somptueux décors muraux.
Chopin enchante le piano avec des irisations et des mirages.
Entre les deux, George Sand veille. Inspiratrice, admiratrice, amie, amante, parfois soignante.
Et la nuit, elle écrit.
Méandres amoureux, ardeur au travail, défi à tous les canons artistiques du temps.
Leurs lieux de résidence à Paris sont si proches qu’ils partagent repas, sorties au théâtre ou à l’opéra, fêtes officielles, soirées musicales.
Quand le besoin de paix se fait sentir, ils retrouvent la douceur du Berry : Nohant, le petit bois, la table abondamment servie, le grand Pleyel au salon.
Jusqu’à ce que la soudaine violence des événements mette en pièces leur étincelant trio.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Pendant plusieurs années, trois grandes figures du romantisme ont vécu dans une étroite relation. George Sand, Chopin et Delacroix se sont côtoyés, unis, désunis. Le lecteur suivra cette intimité décrite avec pudeur et réalisme.

Voilà un très beau roman, dont le postulat de départ a tout de suite attiré mon attention. Effectivement, suivre ces trois grands génies de leur époque avait tout pour me plaire et c’est une réelle réussite. Le tout reste très romancé et se lit très bien. C’est indiscutablement ce qui m’a le plus conquise dans ce récit. Je ne me suis pas ennuyée.

J’en ai énormément appris sur ces trois grands de leur époque. Cette incursion dans le monde de l’art a été réussie. Musique, écriture et peinture s’entremêlent dans un chassé-croisé incessant au fil des pages. J’ai aimé pouvoir découvrir le côté le plus humains de ces personnages et oublier presque leur côté inaccessible. L’auteure a su nous les créer attachants, profondément bouleversants, humains.

La plume est splendide, tout en lumière et en totale adéquation avec ce récit. En effet, une plume lumineuse est essentielle pour décrire cette incursion dans le monde l’art. Les chapitres sont courts, cela dynamise énormément le récit.

Ce roman constitue un véritable hommage à trois grands génies du romantisme, le tout servi par une écriture sublime et qui ravira le lecteur tout au fil des pages.

Ma note : 17/20

Contemporain

Même pas grave…

Même pas grave de Bleuenn Dumontier

  • Auteur : Bleuenn Dumontier
  • Titre : Même pas grave…
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 283
  • Parution : 5 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Mosaïque de personnages que l’on va découvrir, observer pendant un an, dans et autour du Centre Dumonde. Des gens que l’on voit rire, pleurer, aimer, se battre, vivre quoi ! Et qui nous questionnent.

Lise, mère célibataire, oscille entre culpabilité, amour infini et épuisement. Son tout petit, son grand dadais est trisomique. Rien ne la prépare aux changements de cette année-là. Charlie aime sa mère, l’amour, les frites, le cinéma et les copains. Mais il n’aime pas travailler ni qu’on le contrarie. Sophie, future éducatrice spécialisée, effectue son dernier stage au Centre Dumonde. Neuf mois dans ce centre d’accueil de jour pour personnes atteintes de handicaps et de maladies mentales. Une véritable aventure ! Gilles et Daphné veulent se marier, avoir des enfants, pleins de projets normaux. Mais voilà, c’est quoi être normal ? Florent et Maud, un veuf et sa fille poupée Barbie trisomique. Apprendre à vivre à deux et faire le deuil de celle qui les unissait, oser s’ouvrir aux autres. Roger, éducateur vieille école, sans diplôme, formé sur le tas, pas fan du changement le coco ! Mais le secteur social est en mouvement, pas le choix.

Mais, surtout, ce roman a pour but de déployer la montagne d’humour, de tendresse et de douce légèreté qui existe en chacun de nous.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lise est la maman de Charlie, jeune garçon trisomique qui se rend tous les jours au centre Dumonde. Sophie effectue son dernier stage au sein de ce centre et devra s’occuper de Charlie. À côté, nous suivrons le quotidien d’autres patients.

C’est vraiment un roman bouleversant, touchant et dont le sujet est traité avec beaucoup de tact et de sensibilité. Au travers des yeux de Lise, j’ai aperçu une palette des préjugés terribles qui règnent au sein de notre société. L’auteure a su aborder la thématique de la différence avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, sans jamais tomber dans la mièvrerie.

J’ai apprécié cette alternance de points de vue tout au long du récit. J’ai trouvé très intéressant d’avoir l’avis de Lise, son combat de mère, l’épreuve du regard des autres, mais également la perspective de Sophie, en stage, et pour qui ce n’est pas toujours facile. La voix est également donnée à Charlie. J’ai trouvé des trésors de tendresse tout au fil des pages et c’est vraiment émouvant.

La plume est très fluide, c’est bien écrit, et le lecteur se laisse totalement subjuguer par ces tranches de vie émouvantes et bouleversantes. L’auteure ne tombe jamais dans le pathos, au contraire.

Un très beau roman avec une thématique traitée avec délicatesse, sensibilité et émotion. Je ne peux que vous recommander cette lecture.

Ma note : 17/20

Contemporain

On ne peut pas tenir la mer entre ses mains – Rentrée littéraire

On ne peut pas tenir la mer entre ses mains de Laure Limongi

  • Auteur : Laure Limongi
  • Titre : On ne peut pas tenir la mer entre ses mains
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 28 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Comme le FLNC, Huma Benedetti est née en Corse en 1976, entourée des secrets de son histoire familiale, dans un climat de colère et de ressentiment muet. Mais tôt ou tard, les enfants devinent ce qu’on leur tait, et Huma aperçoit dans l’œil de ses ascendants le reflet du mystère soigneusement occulté.
Elle grandit dans une villa perchée sur un rocher, entourée d’une grand-mère acariâtre, d’une mère énigmatique et d’un père masquant sa sensibilité sous des kilos de muscles et de violence. Pour s’absoudre ou s’isoler, les parents confient leur fille en offrande à l’aïeule. Huma prend des leçons de piano, fait ses devoirs et partage même le lit d’une grand-mère qui la maltraite avec une âpreté curieusement vengeresse.
Au fil du roman, les histoires s’entrelacent, levant au fur et à mesure le voile sur le silence qui empoisonne trois générations. Que se passerait-il s’il était rompu  ? La honte sur la famille  ? Son implosion  ? Pire encore  ? De peur de révéler leur secret, ses gardiens assistent impuissants à la déliquescence de la famille et maintiennent entre eux une distance glaciale.
Cette distance, c’est aussi celle qui existe, géographique, irréductible, entre l’île et le continent reliés par le mystère d’une eau tour à tour brillante comme un miroir ou démontée comme une déesse vengeresse, une matière labile qui ne se laisse pas aisément appréhender. C’est aussi celle qu’entretiennent des tabous qui résistent au récit.
Pour raconter cette histoire, Laure Limongi retourne dans l’île de son enfance, vingt ans et dix livres après l’avoir quittée. Toute la palette de son écriture s’y déploie avec une maturité et une sensibilité rares.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Huma va retourner sur son île natale, la Corse, d’où elle est partie sans y remettre les pieds depuis plusieurs années. Pour quelles raisons est-elle partie ? Quels secrets cache sa famille ? C’est ce que le lecteur va suivre au travers du récit d’Huma, au fil des ans.

Je tenais à lire ce roman en premier lieu pour le cadre environnemental. Effectivement, dès que j’ai lu que l’intrigue se déroulait en Corse, j’ai eu envie de découvrir ce récit. Je n’ai pas été déçue. Laure Limongi nous offre une immersion totale dans l’île de beauté, où je me suis laissée transporter par les paysages. C’est un véritable roman d’ambiance que l’auteure réussit à merveille. À chaque page, on sent son amour pour la Corse.

Le deuxième point qui a attiré mon attention, c’est la présence d’un secret de famille, thématique que j’aime particulièrement retrouver dans mes lectures. Une fois de plus, c’est rondement mené. Les non-dits, les silences se font de plus en plus pesants au fil des pages. Même si parfois l’auteure m’a quelque peu perdue dans les méandres d’une intrigue très riche, je me suis laissée transporter par le récit d’Huma.

Le point fort de ce roman réside sans aucun doute dans la force de l’écriture. La plume est très belle, parfois véloce mais toujours avec une pointe de poésie qui se marie à la perfection avec le décor idyllique que nous propose Laure Limongi.

C’est donc une réussite. Avec une plume à la limite de la poésie, l’auteure aura su m’immerger dans un décor somptueux, le tout mêlé à une histoire de famille où les secrets ne demandent qu’à se dévoiler.

Ma note : 16/20

Thriller

Les yeux fumés – Rentrée littéraire

Les yeux fumés de Nathalie Sauvagnac

  • Auteur : Nathalie Sauvagnac
  • Titre : Les yeux fumés
  • Genre : Thriller
  • Éditions : J. C. Lattès / Le Masque
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 4 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Au centre, il y a Philippe. Philippe qui vit dans une cité et passe ses journées à traîner, fumer et piquer des bières au centre commercial. Philippe, entouré d’une mère qui le déteste ouvertement, d’un père effacé qui a renoncé depuis longtemps et d’un frère aussi beau que bête.
À côté, il y a Bruno, son pote baroudeur et destroy. Bruno qui raconte qu’il a fait le tour du monde, a connu les plus belles femmes, qu’il n’est là que de passage, avant son prochain voyage.
Autour, il y a Gros Riton, P’tit Louis, Mme Piccini, La Vieille, Flora avec ses seins d’enfant et Anne, la plus moche des moches. Et puis il y a les canards du parc qui s’étouffent avec des bouts de plastique, les grues et les murs qui tiennent avec les dealers, les gamins qui crient trop fort aux pieds des barres d’immeubles.
Les petites violences du quotidien n’atteignent pas Philippe, tant qu’il y a de la bière et les histoires de Bruno pour inventer un autre horizon que celui des tours de béton.
Jusqu’à ce qu’un drame vienne pulvériser son équilibre de papier et déclenche la bombe à retardement…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès / Le Masque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Philippe, jeune homme de dix-huit ans, passe son quotidien dans la cité qui l’a vu naître. Entre une mère qui le délaisse complètement au profit de son frère aîné, un père totalement effacé, et toute une panoplie d’amis particuliers, Philippe devra tout faire pour s’en sortir. Sans travail, sans but, il déambulera jusqu’au drame qui bouleversera tout.

Ce roman est tout simplement un petit bijou, livré brut et sans fioriture par l’auteure. Une véritable petite pépite de noirceur que j’ai dévorée quasiment d’une traite. Ici, c’est la psychologie qui est mise en avant et pas tant l’action. Cela ne va pas à toute vitesse mais happe plutôt le lecteur dans un univers rude, sans quartier et noir.

Nathalie Sauvagnac a réussi à m’immerger totalement dans la cité où évolue Philippe. C’est d’une grande densité psychologique et émotionnelle. Au travers des yeux de Philippe, on ressent tout son mal-être d’être tant à l’étroit, ses envies de liberté, d’évoluer. J’ai avancé dans ce roman en apnée, tant je sentait que la tension montait crescendo.

Le personnage de Philippe va longtemps me rester en tête. L’auteure a su créer un personnage qui va porter à lui tout seul l’intrigue. Le choix de narration de la première personne est plus que judicieux, puisqu’il permet une immersion totale dans le microcosme proposé par Nathalie Sauvagnac.

La plume de l’auteure est d’une fluidité incroyable. Les pages ont défilé. Le style est très épuré, mais riche, et surtout l’émotion transparaît au travers des mots, ce qui n’est pas chose aisée.

Un roman d’une rare densité psychologique, servi par un personnage principal fort et très bien dépeint. Ne cherchez pas l’action dans ces pages, mais plutôt l’émotion. Un roman auquel je vais beaucoup repenser. Une pépite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Chaque fidélité – Rentrée littéraire

Chaque fidélité de Marco Missiroli

  • Auteur : Marco Missiroli
  • Titre : Chaque fidélité
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 270
  • Parution : 14 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Carlo et Margherita s’aiment mais commencent à douter de leur capacité à rester fidèles. Quand Carlo est pris sur le vif avec son étudiante Sofia, le couple vacille, et Margherita, troublée, cède une fois à la tentation. Puis c’est au tour de sa mère, Anna, de se mettre à douter de la loyauté de son défunt mari. Pour contrer ce chaos intime, Margherita mise tout sur un appartement hors de prix qui pourrait assurément sauver son couple.

Neuf ans plus tard, ils y vivent, avec un enfant. Margherita a gardé sereinement en elle son secret, mais Carlo reste marqué par son infidélité ratée. Lorsque Anna, leur grande alliée, s’affaiblit, les doutes refont surface et l’ombre de Sofia revient planer. Et si finalement s’aimer, c’était toujours douter ?

Au coeur d’un Milan saisissant de réalisme, on arpente les rues comme les sentiments dans un roman subtil, tendre et piquant, et d’une désarmante authenticité sur l’amour et le désir.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Milan. Carlo et Margherita vont commencer à douter à tour de rôle l’un de l’autre. Margherita va se mettre à douter sur la fidélité de son mari et mettra tout en œuvre pour le garder auprès d’elle. Mais l’ombre de l’infidélité plane beaucoup trop pour permettre un bonheur complet.

Voilà un roman où tout est réellement dans la psychologie. Ici, pas vraiment de place pour l’action, mais plutôt pour les questionnements des personnages. L’auteur va habilement sonder les émotions humaines. Effectivement, ici, c’est la fidélité, la confiance en l’autre et la capacité à se reconstruire après une éventuelle infidélité qui seront analysées tout en finesse.

Les deux personnages sont très travaillés psychologiquement. Les caractères sont bien brossés et cela donne beaucoup de réalisme à l’histoire. Le tout reste très subtil et je me suis particulièrement attachée au personnage de Margherita, que j’ai trouvée touchante à bien des égards.

Le schéma narratif est très particulier. On passe d’un personnage à l’autre et le tout sans réelle délimitation. Cela peut perturber le lecteur, et pourtant, je dois reconnaître ne m’être jamais perdue au fil du récit.

La plume est subtile et délicate. Le tout se lit de manière très fluide et les pages défilent sans même s’en rendre compte.

Un roman très psychologique et qui soulèvera des questionnements intéressants sur la fidélité et la confiance au sein d’un couple. Une belle découverte.

Ma note : 16/20