Contemporain

Le spleen du pop-corn qui voulait exploser de joie

Le spleen du pop-corn qui voulait exploser de joie de Raphaëlle Giordano

  • Auteur : Raphaëlle Girodano
  • Titre : Le spleen du pop-corn qui voulait exploser de joie
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Plon
  • Nombre de pages : 312
  • Parution : 6 octobre 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Joy travaille dans une agence de celebrity marketing qui connecte des talents VIP avec de grandes marques. Dans ce monde d’image et de luxe, mieux vaut être brillant. Mais Joy ne se sent pas vraiment de talents particuliers et afin de compenser, elle se met toujours plus de pression. Elle, que son père surnommait enfant son « p’tit pop-corn » tant elle irradiait de gaieté, se retrouve aujourd’hui au bord de l’implosion jusqu’à en développer un toc digital qui lui donne l’illusion de garder le contrôle.

Pour couronner le tout, à la veille de Noël, voilà qu’on lui confie la délicate mission d’organiser l’événement des dix ans de l’agence. C’est là que le destin intervient pour la mettre sur le chemin de Benjamin, jeune entrepreneur plein de vie et d’optimisme. Lui et sa petite troupe ont la joie contagieuse, et cette rencontre va bouleverser Joy dans ses certitudes. Le temps de la « désapplication » serait-il venu ?

Mais attention, car un pop-corn qui éclate, ça fait du bruit. Beaucoup de bruit…

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Plon pour leur confiance.

Joy est une jeune femme qui a oublié d’être heureuse. Elle travaille dans une agence de marketing. Débordée constamment, elle n’a pas une minute à elle. Lorsque ses deux patrons vont lui demander d’organiser un évènement spécial pour le dixième anniversaire de la boîte, elle va faire appel à Benjamin, un jeune homme dont elle fera la rencontre et qui l’aidera pour cet événement majeur mais qui bouleversera également son quotidien.

J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman frais et pétillant, qui conserve malgré tout une bonne dose de sérieux. Les émotions ont été très diverses lors de cette lecture, mais indubitablement, ce roman est à classer dans la catégorie des feel good qui prêtent à réfléchir.

Le personnage de Joy m’a énormément plu. Quelle évolution. En effet, la jeune femme semble totalement effacée et perdue au début du roman et peu à peu, elle va réussir à s’affirmer grâce à Benjamin. J’ai trouvé les caractères très bien dépeints et j’ai été très touchée à plusieurs reprises.

L’auteure a su aborder des thématiques importantes, telles que l’affirmation de soi, le surmenage et les relations humaines. Elle a réussi à le faire avec brio, en gardant toujours cette touche humoristique, et poussant toujours son lecteur à réfléchir pendant sa lecture.

Je ressors conquise par ce roman sensible, tout doux, et qui donne le sourire plus d’une fois. Les personnages secondaires sont très bien décrits également. Joy doit faire face à beaucoup d’adversités.

La plume de l’auteure est tout en douceur. J’ai trouvé une multitude de réflexions intéressantes tout au fil des pages, et elle les a remarquablement retranscrites au travers du prisme de Joy. Les chapitres sont courts et cela rythme beaucoup l’histoire. Les passages concernant Joy sont écrits à la première personne et j’ai trouvé ce choix particulièrement judicieux.

Un roman tout en sensibilité, avec une bonne dose d’optimisme, un soupçon de fraîcheur et beaucoup d’humour, mais qui malgré tout prêtera à la réflexion de par les thématiques soulevées. À découvrir.

Ma note : 17/20

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Contemporain

Débarquer – Rentrée littéraire

Débarquer de Hugo Boris

  • Auteur : Hugo Boris
  • Titre : Débarquer
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 198
  • Parution : 17 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Andrew, vétéran américain du 6 juin 1944, trouve la force de revenir en Normandie à la fin de ses jours pour revoir la terre qui l’a si profondément marqué. Une guide des plages du débarquement doit l’accueillir, Magali, âgée d’une trentaine d’années.

Dans sa profession, accompagner un vétéran d’Omaha Beach, c’est le Saint-Graal. Mais ce matin, lorsqu’on lui annonce l’arrivée d’Andrew, Magali se sent dépassée. Il y a neuf mois, son mari a disparu et depuis l’enquête piétine, personne ne sait s’il est mort ou vivant. Seule avec ses deux enfants, elle est morte d’inquiétude. La visite de ce vieil Américain, alors qu’elle musèle sa douleur avec des médicaments depuis des semaines, c’est trop.

Les vétérans se déplacent toujours en famille, souvent accompagnés d’une association, toujours accueillis comme des demi-dieux, presque des stars du rock. Pourtant à la gare de Bayeux, Andrew est seul. Magali n’en revient pas. Ce vieillard qui peine à marcher a fait le voyage depuis le Connecticut sans l’aide de personne. Qui est-il ? Que cache cette détermination solitaire ?

Construit comme un singulier jeu de miroir, sur une journée associant rythme implacable et temps suspendu de la vie intérieure, Débarquer est un roman de désapprentissage. Magali et Andrew ont déjà parcouru un rude chemin de vie, et les voilà confrontés à un passé qui ne passe pas. Comme les échos d’une guerre destructrice marquent à jamais les territoires et les êtres, Hugo Boris livre un roman fort et magnétique, une traversée vers l’aube qui ne se laisse pas oublier.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Grasset pour leur confiance.

Magali est guide sur les plages de Normandie, pour les touristes qui viennent découvrir les lieux du débarquement. La jeune femme élève seule ses deux enfants, depuis que son mari a disparu sans aucune explication. Un jour, elle doit guider Andrew, un vétéran américain.

En voilà un roman empli de douceur que j’ai découvert ici. J’ai beaucoup aimé découvrir ces deux caractères forts mais à la fois sensibles. L’auteur a su brosser des personnages très profonds et qui ensemble vont pouvoir aller de l’avant, chacun à sa manière.

Magali et Andrew m’ont touchée. Il est vrai que l’auteur prendra un peu de temps à réunir ces deux personnages, mais c’est ce qui permet d’appréhender les deux caractères. Je ne me suis jamais ennuyée.

La plume est poétique et le style de l’auteur est très fluide. Les émotions sont parfaitement retranscrites. Les chapitres courts rythment l’histoire.

Un roman dans lequel deux personnages vont s’aider mutuellement à aller mieux. J’ai été très émue par cette histoire sensible.

Ma note : 17/20

Contemporain

Ellie et Dan

Ellie et Dan de Hazel Prior

  • Auteur : Hazel Prior
  • Titre : Ellie et Dan
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : L’Archipel
  • Nombre de pages : 416
  • Parution : 17 novembre 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dan a besoin de paix et d’ordre. Il aime sa vie calme, prévisible, à l’abri des dangers et des surprises. Il a perdu confiance en lui et a choisi de vivre en reclus, dans sa grange-atelier, où il fabrique des harpes.
Ellie est une rêveuse. Ou plutôt, elle l’était, avant que son existence ne rétrécisse aux dimensions d’une vie de couple banale et étriquée. Ses journées, elle les passe à tenir une maison parfaite pour son mari, Clive, et à s’efforcer de le rendre heureux.
Un jour, le hasard conduit Ellie dans l’atelier de Dan. Ils ne peuvent se douter que leur vie est sur le point de changer à tout jamais…

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions de l’Archipel pour leur confiance.

Exmoor, Angleterre. Dan est facteur de harpes. Ellie, quant à elle, est femme au foyer. Lorsqu’au détour d’une promenade, la jeune femme tombe par hasard sur la grange dans laquelle Dan fabrique ses harpes, elle est loin de se douter du chamboulement que cela va représenter dans son quotidien.

Quelle belle histoire. Je dois malgré tout admettre avoir eu un démarrage très compliqué avec ce roman, mais peu à peu, j’ai fini par m’attacher aux deux personnages principaux et je finis conquise par ce beau récit empli de sensibilité et de douceur.

Les deux protagonistes sont très bien dépeints et vont se soutenir mutuellement face aux épreuves qu’ils subissent. La place à la musique est importante, et le monde des harpes est bien décrit. J’ai été très touchée de voir l’évolution des personnages, notamment en ce qui concerne Ellie.

Dan est terriblement touchant et Ellie est tout en sensibilité. Ce roman a des allures de récit feel good mais est également profond. J’ai suivi avec intérêt l’évolution de la relation entre les deux personnages.

La plume est très fluide. Le schéma narratif est particulièrement judicieux, puisque l’auteure va alterner les chapitres concernant Ellie et Dan. Malgré ce début compliqué, l’auteure a réussit à finalement beaucoup m’émouvoir avec cette belle histoire.

Un roman tendre, doux et empli de sensibilité dans lequel les personnages se soutiendront et apprendront à se connaître. Je ressors très émue par cette belle lecture que je conseille.

Ma note : 17/20

Contemporain

Les Mares-Noires

Les Mares-Noires de Jonathan Gaudet

  • Auteur : Jonathan Gaudet
  • Titre : Les Mares-Noires
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 176
  • Parution : 13 octobre 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Sous la douce lumière d’un matin d’été aux Mares-Noires, au beau milieu du Québec, une femme berce son bébé près d’une fenêtre, en fixant le coyote qui s’approche trop près de leur petite maison. Soudain, à la radio, un flash spécial : une explosion est survenue à la centrale nucléaire. Un bâtiment est en flammes, sept employés sont coincés à l’intérieur. Parmi eux, le mari de cette femme. Le cri qu’elle pousse alors ébranle toute la forêt. Les autorités se veulent rassurantes, mais la femme sait que le pire va arriver. Qu’il est trop tard.

Treize ans ont passé, la femme a refait sa vie et son bébé est devenue une adolescente rebelle. Si le drame qui les a touchées semble derrière elles, les fantômes ne sont pas loin. Encombrée de tensions, de silences, d’indicibles secrets, leur relation est une bombe à retardement aussi imprévisible que menaçante…

Avec ce roman d’une profonde noirceur, Jonathan Gaudet nous entraîne dans une danse macabre, tendue, d’une férocité radioactive.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Belfond pour leur confiance.

Les Mares-Noires, au Québec. Catherine attend avec son bébé Émilie le retour de son époux David, qui travaille dans la centrale nucléaire à proximité de son logement. Lorsque plusieurs explosions se font entendre, c’est la panique. Catherine contacte la centrale, et là, on lui dit que son mari et plusieurs autres collègues demeurent introuvables.

Quel roman. Je ressors bluffée par ce que propose ici l’auteur, et pourtant, je dois dire que le début de lecture a été pour ma part plus que laborieux, ayant eu beaucoup de mal à rentrer pleinement dans l’histoire. Pourtant, une fois que je me suis habituée à une telle densité dans le récit, j’avoue en ressortir bouleversée.

Ce roman n’est pas réellement un thriller a proprement parler, et ne vous attendez donc pas à un rythme effréné. C’est peut-être de là qu’est venue ma déconvenue initiale, m’attendant à autre chose. Pourtant, j’ai été totalement bluffée par la suite, trouvant que l’écriture de Jonathan Gaudet convenait parfaitement à l’atmosphère noire de ce récit.

Ici, tout passe par la psychologie personnages. Au milieu du roman, un retournement de situation arrive et j’ai été très surprise. Le dénouement est glaçant, et l’auteur a su créer une véritable montée du suspense.

La plume de l’auteur est très qualitative. Je ressors conquise par ce style, qui, si au début m’a quelque peu déroutée, a malgré tout fini par me convaincre. J’ai beaucoup aimé les changements d’époque dans lesquels évoluent Catherine et sa fille. Je ne me suis jamais sentie perdue, même s’il m’a fallu un peu de temps au début chaque chapitre afin de ne pas me perdre.

Un roman d’une densité inouïe qui pourrait vous dérouter un peu au début. Mais si vous persévérez dans votre lecture, vous découvrirez une plume élégante et et un roman glaçant. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Quand l’arbre tombe – Rentrée littéraire

Quand l’arbre tombe d’Oriane Jeancourt Galignani

  • Auteur : Oriane Jeancourt Galignani
  • Titre : Quand l’arbre tombe
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 24 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une maison du Val de Loire. Un grand parc. Les arbres y tombent. Le maître de maison, un vieil homme, s’inquiète et écrit à sa fille. Elle vient aussitôt le rejoindre, sans oser se formuler que cet appel au secours sera peut-être le dernier. Ce père a été si puissant, si actif, si authentiquement admirable ! Et maintenant, en retraite, déparé de tous ses attributs sociaux, Paul va tenter de parler à Zélie, comme Zélie va tenter de parler à Paul. Demeure entre eux ce sentiment difficile à élucider, l’amour d’un père et d’une fille. Un face à face pudique, candide, parfois douloureux, se développe. De jour en jour, la faiblesse de Paul se révèle. De jour en jour, Zélie supporte avec peine de le voir faillir.
Dans le parc qui s’effondre, le vieil homme et la jeune femme tentent de se dire ce qu’ils n’ont jamais osé se dire, retournant ensemble sous les frondaisons où, quinze ans plus tôt, ils n’ont pas pu empêcher leur fils et frère de mourir. Arrive un troisième personnage, Luc, qui bouleverse leurs retrouvailles. Il va mener Paul et Zélie à se confronter à leur histoire tragique.
Qu’est-ce que l’amour d’une fille pour un père ? Qu’est-ce qu’un secret de famille enfoui ? Qu’est-ce qu’un homme une fois que sa vie touche à sa fin, est dépouillée du pouvoir, de l’aura sociale et de tout compte moral ? Une vie qui exprime son sens dans une ultime métamorphose ? Un roman d’une beauté simple et tragique, qui révèle toute la maturité littéraire d’Oriane Jeancourt Galignani. Une histoire universelle.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Grasset pour leur confiance.

Zélie est pianiste. Lorsque la jeune femme reçoit un appel de Paul, son père, elle décide de le rejoindre rapidement. L’homme semble très inquiet. En effet, depuis quelques temps, il se rend compte que les arbres du parc de sa propriété tombent sans raison. C’est l’occasion pour Zélie et son père de renouer des liens qui semblent s’être délités au fil du temps.

C’est un beau roman que propose ici l’auteure, même si j’avoue avoir eu parfois un peu de mal à rentrer pleinement dans l’histoire, notamment dû aux trop nombreuses descriptions qui m’ont parfois perdue.

Malgré ce petit bémol, j’ai suivi avec beaucoup d’émotions l’histoire de cette famille, qui a vécu de véritables drames. L’histoire nous est dévoilée par petites touches et le lecteur découvrira peu à peu les liens qui unissaient chaque membre de la famille.

Ainsi, l’histoire personnelle de Paul nous sera livrée mais également l’histoire du frère de Zélie. Beaucoup d’émotions parsèment ce texte fort.

La plume de l’auteure est élégante et tout en poésie. Les chapitres sont courts et cela rythme la lecture. Malgré les très nombreuses descriptions qui y sont faites, le texte se lit de manière très fluide.

Un beau roman qui explore les liens familiaux. Beaucoup d’émotions sont présentes.

Ma note : 16/20

Contemporain

De femmes et de sel – Rentrée littéraire

De femmes et de sel de Gabriela Garcia

  • Auteur : Gabriela Garcia
  • Titre : De femmes et de sel
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 18 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En 1866, à Cuba, María Isabel s’ouvre au monde grâce au lecteur de la manufacture de tabac qui l’emploie. Bouleversée par une lettre de Victor Hugo adressée aux femmes de son île, elle griffonne ses mots sur une page des Misérables : « Nous sommes la force. » Elle y puisera le courage d’affronter les épreuves qui l’attendent, sans imagi­ner que cette phrase trouvera un écho chez l’une de ses descendantes.
En 2015, Jeanette, toxicomane américaine à la dérive, se rend à Cuba en quête de réponses. Elle rencontre une famille qu’elle n’a jamais connue et met la main sur l’exemplaire des Misérables de son aïeule. Suffira-t-il à la sauver de ses démons ?
Ana, une adolescente salvadorienne expulsée des États-Unis, est déterminée à regagner coûte que coûte le pays dans lequel elle a grandi…

De La Havane à Miami, De femmes et de sel est une histoire de faux pas, de regrets, de pardon et de rédemption, qui dénonce les violences intimes et sociales faites aux femmes, génération après génération.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

Camagüey, 1866. Maria Isabel travaille dans une fabrique de cigares. Dans l’usine, Antonio s’occupe de faire la lecture aux ouvriers. Lorsque vient la lecture des Misérables de Victor Hugo, la jeune femme se sent profondément émue. Miami, 2015. Jeanette est sous l’emprise de la drogue. Elle décide de se rendre à Cuba afin de découvrir plus d’éléments sur ses origines. Elle va alors découvrir un roman des Misérables dans la maison de sa grand-mère.

Voilà un très beau roman qui a su me toucher et beaucoup m’émouvoir. L’auteure dresse de très beaux portraits féminins, vibrants et terriblement sensibles. À travers ces caractères, la force que chacune d’entre elles détient va transparaître tout au fil des pages.

Il s’agit d’une saga familiale à travers plus d’un siècle et l’auteure va alterner entre les divers personnages féminins. Ainsi, l’histoire familiale va peu à peu se tisser. Il vous faudra rester concentrés pour ne pas vous perdre au milieu de tous ces allers et retours dans le temps.

J’avoue avoir eu un petit peu du mal à m’y retrouver au début, mais une fois les personnages bien présentés, je suis ressortie conquise par le talent de conteuse de l’auteure, qui mettra en exergue des femmes fortes malgré leurs problèmes.

La plume de l’auteure m’a conquise. Gabriela possède un véritable talent de conteuse qui rend la lecture très fluide. À chaque début de chapitre, une indication spatio-temporelle sera présente, ce qui est appréciable afin de ne pas se perdre.

Un roman fort, vibrant, résolument féminin, dans lequel l’auteure déploie ses talents de conteuse pour nous dresser le portrait de femmes incroyablement fortes et sensibles.

Ma note : 17/20

Contemporain

Cavales – Rentrée littéraire

Cavales d’Aude Walker

  • Auteur : Aude Walker
  • Titre : Cavales
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 360
  • Parution : 17 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Camille roule sur les routes montagneuses de Californie. À l’arrière de sa voiture, un enfant mutique. À chaque pause, Camille tape frénétiquement sur le clavier de son téléphone pour envoyer de longs mails. À qui ?
Jack a fait l’acquisition d’un mobil-home, est descendu dans le canyon, puis est remonté sur l’autre versant. Là, il s’est installé avec une longue-vue pour observer sa propre maison.
Et comme entre les deux, à l’autre bout de la longue-vue, il y a Ella. Désormais seule dans la maison où elle cohabitait naguère avec Jack.
Trois destins comme seule l’âpreté de la Californie semble capable d’en produire.
Enfin, bien sûr – c’était écrit –, leur rencontre. Leur collision, plutôt ?

Mêlant plusieurs gammes littéraires, à la fois roman de l’attente, road movie et livre de mémoire, Cavales mêle aussi plusieurs registres de langue et de narration pour mieux faire apparaître le paradoxe de nos solitudes où les autres tiennent tant de place, la douleur de l’arrachement et l’impossibilité du deuil.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Fayard pour leur confiance.

Camille, en compagnie du petit Shimon, part en vadrouille. Jack habite dans une petite habitation depuis qu’il s’est séparé de sa femme Ella. Il l’espionne régulièrement avec une longue-vue. Ella, quant à elle, est restée dans la demeure qu’elle partageait avec Jack, et elle passe son temps à s’occuper des animaux que Jack et elle avaient en commun. Ces personnages vont se croiser et chacun d’entre eux, à sa façon, est en cavale.

Je ne vais pas vous en dire plus, pour que vous découvriez les histoires personnelles de ces personnages particuliers. En débutant ce roman, je ne m’attendais pas à un récit si vibrant et si touchant. Je peux dire que j’ai eu un coup de cœur inattendu pour ce récit qui offre une parenthèse littéraire des plus originales.

Chaque personnage a son histoire, et chacun d’entre eux expérimente en quelque sorte une fuite en avant. Leur histoire respective est dévoilée avec parcimonie, par petites touches, et le lecteur s’attache à tous ces caractères sensibles.

L’auteure a su dépeindre des personnages vibrants et très réalistes. Tout passe par la psychologie dans ce récit. Ce n’est pas vraiment l’action qui prime, mais plutôt l’évolution des protagonistes.

La plume m’a totalement conquise. Avec un style très fluide et franc, l’auteure a su disséquer les émotions de chacun. Les pages ont défilé. J’ai beaucoup apprécié le schéma narratif, donnant la place à chacune des histoires respectives des protagonistes.

Un roman délicat, un coup de cœur qui m’a beaucoup émue. Beaucoup de sensibilité émane de ce beau récit. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le monde après nous – Rentrée littéraire

Le monde après nous de Rumaan Alam

  • Auteur : Rumaan Alam
  • Titre : Le monde après nous
  • Éditions : Seuil
  • Genre : Contemporain
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 19 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Amanda et Clay, des Blancs newyorkais, partent en vacances avec leurs deux enfants à Long Island. Amanda a loué une jolie villa récemment rénovée. Le temps est superbe, la piscine immense, la nature accueillante. Mais lors de la deuxième nuit, un bruit sourd résonne dans le lointain et peu de temps après, on frappe à la porte. Les propriétaires, un couple d’Afro-Américains plus âgés, surpris sur la route par une soudaine panne d’électricité et de réseau demandent l’hospitalité. Inquiets et agacés par cette intrusion, Amanda et Clay n’ont d’autre choix que d’accepter. Leur séjour de rêve prend fin brutalement.

Désormais sans lien avec le monde extérieur, loin de la ville, sont-ils en sécurité ? Peuvent-ils se fier les uns aux autres ? Hypocrisie, peur de l’autre, panique, chacun affronte l’inconcevable à sa façon dans ce huis clos oppressant et sans concession.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions du Seuil pour leur confiance.

Amanda et Clay passent leurs vacances dans une demeure perdue au milieu de la forêt, avec leurs deux enfants Archie et Rose. Lorsque le couple a aperçu l’annonce sur un site de location de maisons, ils n’ont pas hésité. Et effectivement, le cadre semble tout simplement idyllique. Pourtant, un soir, G. H. et Ruth, le couple qui leur a loué la demeure, viennent sonner à leur porte. Ils semblent effrayés. Il y aurait un black-out et ils demandent alors à Amanda et Clay de les accueillir.

J’aime autant vous prévenir d’emblée. Si vous recherchez un roman qui suit les codes du genre, avec beaucoup d’action, passez votre chemin, au risque de vous retrouver fortement déçus. Je ne lis pas souvent de romans de ce style, mais les fois où cela m’est arrivé, je dois dire que les auteurs se focalisaient davantage sur les actions que sur les personnages.

Ici, c’est tout le contraire. L’auteur va se centrer sur les ressentis des personnages. Il n’y aura pas de surenchère dans l’action. L’auteur va créer un huis clos des plus réussis, dans lequel les personnages devront faire preuve d’empathie et d’entraide pour survivre à cette catastrophe.

Durant tout le roman, nous comprenons que c’est d’un black-out dont il est question, mais tout est suggéré. L’auteur n’a pas voulu mettre au premier plan le scénario catastrophe qu’il établit, mais plutôt les relations entre les personnages.

Cela donne un roman très intéressant et très fouillé au niveau de la psychologie des protagonistes. La tension monte avec parcimonie, créant peu à peu une atmosphère pesante et sombre. L’auteur a réussi cela avec grand brio.

La plume de l’auteur est particulière. Maniant descriptions et pensées des personnages, les pages défilent toutes seules, et pourtant j’ai eu une sensation d’exigence durant toute ma lecture, devant rester bien concentrée pour ne pas me perdre.

Un roman différent, davantage centré sur les personnages et non sur les événements qui jalonnent le récit. Une lecture très intéressante.

Ma note : 16/20

Contemporain

Nous, les allemands – Rentrée littéraire

Nous, les allemands d’Alexander Starritt

  • Auteur : Alexander Starritt
  • Titre : Nous, les allemands
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 208
  • Parution : 25 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Longtemps, les questions posées par Callum à son grand-père allemand sur la guerre sont restées sans réponse. Et puis, un jour, Meissner s’est décidé à raconter.

Sa vie de soldat sur le front de l’Est, les débuts triomphants, l’esprit de corps, l’ivresse des batailles, et puis le froid, la faim, la misère. Et surtout l’année 1944 quand lui et ses camarades ont compris que la guerre était perdue ; que tout ce en quoi ils avaient cru, tout ce qui les faisait tenir, l’appartenance à une nation, l’espoir d’une guerre rapide, les rêves de retour, tout était en train de s’écrouler ; que dans la déroute, les hommes ne sont plus des hommes ; que le désespoir vous fait accomplir le pire et que rien, jamais, ne permettra d’expier la faute de tout un peuple.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Belfond pour leur confiance.

Callum veut connaître la jeunesse de son grand-père. Il veut que le vieil homme lui raconte sa vie de soldat sur le front de l’Est. Pourtant, ce dernier a bien du mal à raconter tout cela à son petit-fils. Malgré tout, un jour, il décide qu’il est temps de tout expliquer, et pour cela, il écrira une longue lettre à Callum.

C’est un roman exigeant et pas toujours aisé à lire que j’ai découvert ici. Le récit est bien mené et très profond, mais j’avoue que je ne m’attendais pas à y retrouver tant de densité. En effet, ici, le schéma narratif, bien que judicieux, ne m’a pas toujours permis d’avancer avec une certaine fluidité.

Mais une fois lancée dans ce roman, il m’a été très difficile de le lâcher. Le grand-père va tout raconter sous forme épistolaire à son petit-fils. Le procédé convient parfaitement, puisque de cette manière, les sentiments et les faits sont mieux retranscrits.

Ainsi, le grand-père va expliquer à son petit-fils la débâcle subie sur le front de l’Est. Ceci est important pour Callum, puisque le jeune homme a demandé à plusieurs reprises à son grand-père de lui raconter sa vie de soldat.

Ainsi, plusieurs thématiques seront abordées. Comment Callum réagira lorsqu’il découvrira tous les faits de son grand-père lors de la Seconde Guerre Mondiale. Le grand-père se livre entièrement à son petit-fils et raconte tous les événements qu’il a vécu.

La plume de l’auteur est exigeante. Le texte est très peu aéré, et au départ, j’ai eu quelques difficultés à m’y habituer. Pourtant, après quelques pages, le récit prend forme, et le lecteur suivra ainsi la jeunesse de ce grand-père. Bien que le roman soit court, l’auteur a su y instaurer beaucoup de densité. L’auteur donne une place importante à l’amitié établie entre le grand-père et son unité. Les scènes de guerre sont très présentes, et le roman prend souvent une tournure bouleversante et glaçante.

Un récit exigeant et à la thématique complexe que je vous recommande.

Ma note : 16/20

Contemporain

Les gens de Bilbao naissent où ils veulent – Rentrée littéraire

Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea

  • Auteur : Maria Larrea
  • Titre : Les gens de Bilbao naissent où ils veulent
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 17 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

L’histoire commence en Espagne, par deux naissances et deux abandons. En juin 1943, une prostituée obèse de Bilbao donne vie à un garçon qu’elle confie aux jésuites. Un peu plus tard, en Galice, une femme accouche d’une fille et la laisse aux sœurs d’un couvent. Elle revient la chercher dix ans après. L’enfant est belle comme le diable, jamais elle ne l’aimera.
Le garçon, c’est Julian. La fille, Victoria. Ce sont le père et la mère de Maria, notre narratrice.
Dans la première partie du roman, celle-ci déroule en parallèle l’enfance de ses parents et la sienne. Dans un montage serré champ contre champ, elle fait défiler les scènes et les années : Victoria et ses dix frères et sœurs, l’équipe de foot du malheur ; Julian fuyant l’orphelinat pour s’embarquer en mer. Puis leur rencontre, leur amour et leur départ vers la France. La galicienne y sera femme de ménage, le fils de pute, gardien du théâtre de la Michodière. Maria grandit là, parmi les acteurs, les décors, les armes à feu de son père, basque et révolutionnaire, buveur souvent violent, les silences de sa mère et les moqueries de ses amies. Mais la fille d’immigrés coude son destin. Elle devient réalisatrice, tombe amoureuse, fonde un foyer, s’extirpe de ses origines. Jusqu’à ce que le sort l’y ramène brutalement. A vingt-sept ans, une tarologue prétend qu’elle ne serait pas la fille de ses parents. Pour trouver la vérité, il lui faudra retourner à Bilbao, la ville où elle est née. C’est la seconde partie du livre, où se révèle le versant secret de la vie des protagonistes au fil de l’enquête de la narratrice.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Grasset pour leur confiance.

Maria Larrea est à la recherche de ses origines. Apprenant tardivement qu’elle a été en réalité adoptée, cette fille de parents immigrés voit son quotidien profondément chamboulé. Dès lors, elle va décider de partir à la recherche de sa famille biologique, en Espagne. La jeune femme tentera de reconstruire le puzzle de sa famille.

En voilà un roman autobiographique qui m’a réellement conquise. Maria possède un talent de conteuse incontestable, et j’ai beaucoup aimé son schéma narratif, puisqu’elle nous parlera tout d’abord de la vie de ses deux parents adoptifs avant de partir à la recherche de ses origines. J’ai trouvé cela terriblement touchant et d’une belle authenticité.

Maria commence donc par raconter l’enfance et la jeunesse de ses deux parents adoptif. Le texte oscille ainsi entre la Galice et Bilbao. Cette partie est racontée d’une manière très romancée.

La deuxième partie va donc davantage raconter les recherches de Maria, et ici, j’y ai retrouvé beaucoup de sincérité de sa part, puisqu’elle nous livre tous ses états d’âme, et tous les chamboulements que la nouvelle de l’adoption cause en elle.

La plume de l’auteure m’a beaucoup plu. Avec un style direct et sans fioriture, l’auteure nous livre son histoire. Les références à l’Espagne sont très nombreuses, avec quelques phrases en espagnol qui se glissent dans le texte, et j’ai trouvé cela très authentique. J’en ressors conquise.

Une recherche de ses origines menée par l’auteure, et qui à travers ce roman, nous montre tous les chamboulements qu’elle a subi depuis qu’elle a appris tardivement son adoption. Le talent indéniable de conteuse de l’auteure est présent à chaque page et c’est une véritable réussite.

Ma note : 17/20