Contemporain

Okuribi

Okuribi de Hiroki Takahashi

  • Auteur : Hiroki Takahashi
  • Titre : Okuribi
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 128
  • Parution : 1 octobre 2020
  • Pour vous procurer ce titre, c’est ici

Résumé

Au début, Akira a cru à des jeux innocents. Des moqueries, des mises au défi, des vols de babioles dans les magasins. D’autant que, pour lui, l’étranger venu de la grande ville, c’était un bon moyen de s’intégrer parmi ses nouveaux camarades dans ce petit lycée de province.
Et puis Akira a commencé à remarquer. Les humiliations, les punitions, les coups, tous dirigés vers le doux Minoru.
Alors Akira s’est interrogé : que faire ? Intervenir ? Fermer les yeux ? Risquer de se mettre les autres à dos ? Ne rien faire ?
Et l’Okuribi est arrivé, la fête des Morts. Et tout a basculé…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Hirakawa, Japon. Ayumu et ses parents ont dû déménager dans cette région en raison d’une mutation laborale de son père. D’emblée, le jeune adolescent réussit à s’intégrer dans sa classe, devenant ami avec un groupe de garçons. Parmi eux se trouvent Akira et Minoru. Tout le monde semble bien s’entendre, pourtant Ayumu ne va pas tarder à apercevoir des comportements qui tendent au harcèlement scolaire envers Minoru.

C’est une très bonne lecture que j’ai découverte ici. En pleine plongée dans le Japon, l’auteur a su aborder des sujets forts. Il est incroyable de voir comment certains auteurs réussissent en si peu de pages à créer une atmostphere pesante et forte. Ici, Hiroki a totalement tenu son pari et j’ai quitté ce roman avec une énorme sensation de mal-être, tant il est immersif.

Ce roman, c’est avant tout une invitation au voyage dans le Japon le plus traditionnel mais aussi le plus moderne. De traditions en coutumes, je me suis sentie totalement prise entre les filets de ce récit. J’ai découvert énormément de choses, et c’est sans aucun doute une lecture différente.

Quant à l’intrigue, elle montera en puissance au fil des pages, et peu à peu, un sentiment de mal-être m’a envahie, jusqu’au final qui m’a totalement secouée. L’auteur a su mettre en exergue des thématiques très dures, telles que le harcèlement scolaire. Tout au fil des pages, un sentiment dérangeant m’a accompagnée mais je ne me doutais pas que ce dénouement viendrait me bouleverser autant.

Les personnages sont très bien dépeints. Sous une aura de mystère qui les nimbe, ils n’en restent pas moins attachants en ce qui concerne certains d’entre eux. Bien évidement, ma préférence va à Ayumu, que j’ai trouvé d’une grande sensibilité et surtout, il fait montre de beaucoup d’empathie.

La plume de l’auteur est sobre. Sans user de phrases à rallonge, il fait preuve d’un certain lyrisme. C’est un style très agréable. Ce court roman est divisé en plusieurs chapitres de taille moyenne et qui gagnent en intensité peu à peu.

Un roman dépaysant, fort et abordant une thématique très difficile. Je ressors bouleversée par l’intensité et l’ambiance pesante que l’auteur a su instaurer dans ce court récit. À découvrir.

Ma note : 16/20

Contemporain

La dislocation – Rentrée littéraire

La dislocation de Louise Browaeys

  • Auteur : Louise Browaeys
  • Titre : La dislocation
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 26 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une jeune femme sort de l’hôpital, dépossédée de son identité et de son passé.
Elle voue une haine farouche aux psychiatres, fréquente les magasins de bricolage. Il lui arrive même de crever les pneus des voitures.
Temporairement amnésique, absolument indocile, elle veut repeupler sa mémoire et pour cela, doit enquêter. Un homme va l’y aider, sans rien lui souffler : Camille, dit K, ami et gardien d’un passé interdit.
Le souvenir d’un désert entouré de vitres, une fonction exercée au ministère de l’Agriculture, une bible restée ouverte au chapitre du Déluge forment un faisceau d’indices de sa vie d’avant. Quelques démangeaisons et une irrépressible envie de décortiquer le monde et les êtres qu’elle croise hantent ses jours présents.
Sa rencontre avec Wajdi, envoûtant et révolté, marquera son cœur et son esprit. Ce sera avant de gagner la Bretagne et, peut-être, de parvenir à combler les énigmes de son histoire prise au piège de l’oubli.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Après un séjour en hôpital psychiatrique, une femme va se retrouver chez elle et sans mémoire. Totalement perdue, elle peut pourtant compter sur Camille, surnommé K, qui lui viendra en aide. La jeune femme va peu à peu se reconstruire, en commençant notamment par les mots qu’elle note consciencieusement dans un carnet.

Quel roman déstabilisant et étrange. Si j’ai beaucoup aimé le début, j’avoue que vers la moitié du récit, j’ai été quelque peu déroutée par la direction prise par l’auteure. Lorsque l’on en apprend un peu plus sur les raisons du traumatisme de la narratrice, il m’a semblé que l’auteure s’enlisait.

Et pourtant, les thématiques sont passionnantes, puisque un grand parallélisme avec l’écologie et la nature sera fait tout au fil des pages. J’ai trouvé cela vraiment très intéressant à suivre. Là où je me suis retrouvée un peu perdue, c’est dans le flot de pensées intérieures de la protagoniste.

Elle va tenter à tout prix de se reconstruire, et pour cela, elle passera par diverses étapes qui la conduiront à se retrouver. Son parcours m’a beaucoup intéressée et j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour cette jeune femme. J’aurais aimé plus d’aération dans le texte, les nombreux questionnements internes de la protagoniste ayant à maintes reprises freiné ma lecture.

La plume est percutante. Sous un style fort, j’ai souvent ressenti cette ambiance pesante qu’a voulu instaurer l’auteure. Le roman est divisé en trois grandes parties, qui constituent chacune d’entre elles une saison pendant laquelle le lecteur suivra la jeune femme. J’ai trouvé très intéressant de suivre ainsi l’évolution de la protagoniste.

Un roman déroutant, abordant beaucoup de thématiques intéressantes. Si j’ai beaucoup aimé suivre l’évolution de la protagoniste, j’aurais apprécié avoir plus d’aération dans un texte parfois trop pesant, de par les nombreux questionnement internes de la jeune femme.

Ma note : 15/20

Contemporain

Les déviantes – Rentrée littéraire

Les déviantes de Capucine Delattre

  • Auteur : Capucine Delattre
  • Titre : Les déviantes
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 20 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Elle sera devenue une trouble-fête, une anomalie. Mais peu lui importera.

Elle aura retrouvé autre chose. Le goût des saccages.  

Le monde d’Anastasia s’est effondré.

À 29 ans, elle avait l’argent, la stabilité, le prestige. Hier encore, elle exerçait de hautes fonctions dans une grande entreprise. Une conquérante, Anastasia. Toujours en avance sur le reste de son monde. Même pour son cancer du sein.

Pour la première fois de sa vie, la voilà limitée. Pourtant, la maladie n’est pas le sujet de son histoire. Plutôt un point de départ, un détonateur. Un accélérateur. Un catalyseur.

Anastasia devient une déviante, celle par qui tout commence, capable d’entraîner dans son sillage deux autres déviantes en germe, Iris et Lolita. Ensemble, elles vont prendre goût au saccage de leur courte existence et s’autoriser à déployer leurs rêves.

Pourvu qu’elle ait essayé, au moins une fois, pour de vrai.

À elles trois, elles incarnent une jeunesse qui refuse de se laisser abîmer, une vocation en marche, et surtout, la possibilité de nouvelles trajectoires.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Trois femmes, trois destins tout tracés, et pourtant, trois déviantes en devenir. Anastasia est consultante en stratégie d’entreprise, mais un cancer va venir tout chambouler. Iris, sa meilleure amie, a sa vie sentimentale totalement définie. En couple avec Grégoire depuis douze ans, elle finit pourtant par se sentir oppressée et veux s’accorder à nouveau le droit à l’erreur. Lolita, la petite sœur d’Anastasia, a quant à elle son parcours scolaire dessiné sans ratures, mais uniquement par ses parents. Elle veut s’octroyer le droit de se tromper par elle-même.

Je dois dire que je ressors bluffée par ce récit. Capucine est une jeune auteure de dix-neuf ans, et pourtant elle a un talent inouï pour sonder la psyché humaine et analyser avec acuité les sentiments, le tout accompagné par une plume sensible et unique.

Au début, je me suis sentie totalement déroutée. Il m’a fallu prendre un temps d’adaptation à ce style si particulier et je ne réussissais pas à m’immerger totalement. Il faut dire que j’ai rarement lu un roman d’une telle intensité émotionnelle. Avec ce récit ultra-contemporain, Capucine nous livre le portrait de trois femmes qui se retrouvent à un tournant de leur vie.

C’est le portrait d’Anastasia qui m’a le plus touchée. Bien sûr, les deux autres jeunes femmes ne sont pas en reste, mais Anastasia demeure en quelque sorte l’instigatrice des chemins déviants que vont emprunter ces trois protagonistes. Malgré sa maladie, elle a su rester lucide. Capucine a su dresser un portrait incroyablement touchant, sans jamais trop en faire, avec énormément de tendresse et de sensibilité.

La plume de l’auteure est somptueuse. Ce roman est tout simplement un véritable bijou littéraire. Il ne faut pas s’attendre à de l’action. C’est plutôt une longue introspection de femmes qui se remettent en question. Capucine le fait avec une grande acuité. Les dialogues sonnent justes. Le roman est divisé en quatre parties. Les trois premières traiteront respectivement d’Anastasia, d’Iris et de Lolita. La quatrième traitera d’un personnage dont je préfère ne rien vous dire, afin de ne rien spoiler.

Un roman qui m’a totalement bluffée, remuée et bouleversée. Sous une plume unique et somptueuse, l’auteure brossera le portrait de femmes à la dérive, qui vont dévier du chemin tout tracé pour elles. Elle le fera avec une rare acuité, beaucoup de sensibilité et une grande justesse. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain

La chienne – Rentrée littéraire

La chienne de Pilar Quintana

  • Auteur : Pilar Quintana
  • Titre : La chienne
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 128
  • Parution : 19 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Sur la côte pacifique colombienne, entre océan déchaîné et jungle menaçante, vivent Damaris et son mari pêcheur dans un cabanon de fortune. Elle est mélancolique, mais ce n’est pas dû à sa vie démunie : Damaris n’a jamais réussi
à tomber enceinte et elle en souffre de plus en plus. Alors quand sur un coup de tête elle adopte un chiot, l’animal devient une source infinie d’amour qu’elle va choyer sans relâche dans leur univers si hostile. Mais un jour, la chienne disparaît, plongeant Damaris dans un immense désarroi.

Une exploration féroce et bouleversante du désir maternel. Une lecture choc qui dépayse autant qu’elle bouscule.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Colombie. Damaris, bientôt quarante ans et mariée à Rogelio, est en mal d’enfant. La maternité se refuse à elle et elle doit se faire une raison, elle ne réussira pas à tomber enceinte. C’est alors qu’elle décide d’adopter une chienne. Pourtant, la blessure de Damaris ne cesse de croître.

C’est un très court roman que propose ici Pilar Quintana, puisque l’on peut aisément le qualifier de nouvelle. Pourtant, en peu de pages, l’auteure a su créer une grande dimension psychologique et au travers d’un personnage feminin incroyablement profond, elle déroule une histoire tragique et malsaine.

Bien évidemment, j’ai été profondément touchée par le mal-être de Damaris et cette envie de maternité qui se refuse sans cesse à elle. Si au début j’ai trouvé touchante la relation qu’elle va établir avec son animal, j’ai vite compris que le drame couvait. Peu à peu, le roman monte en intensité jusqu’au dénouement tragique et laissant peu d’espoir.

Pilar a su créer une atmosphère pesante et j’ai été en totale immersion dans ce village colombien où les tempêtes et les fortes pluies font rage. Damaris porte l’histoire à elle-seule, et la voir perdre totalement pied est bouleversant. Beaucoup d’événements terribles sont présents dans ce court récit. Je ne peux en dire davantage sous peine de vous spoiler les événements mais l’auteure a réussi son pari.

La plume de l’auteure est sobre, fluide et entraînante. Il n’y pas forcément de longues descriptions et les états d’âme de Damaris sont davantage suggérés. Pourtant, le lecteur saura appréhender à quel point la jeune femme a finalement besoin d’aide. Sous un style franc, le lecteur suivra le quotidien d’une femme totalement déboussolée.

Un roman qui a toutes les allures de conte cruel, auprès d’une protagoniste en plein mal-être. Ce court récit est percutant et en peu de lignes, l’auteure déroule une intrigue bouleversante.

Ma note : 17/20

Contemporain

Histoire du fils – Rentrée littéraire

Histoire du fils de Marie-Hélène Lafon

  • Auteur : Marie-Hélène Lafon
  • Titre : Histoire du fils
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 170
  • Parution : 20 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le fils, c’est André. La mère, c’est Gabrielle. Le père est inconnu.

André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille. 

Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils sonde le cœur d’une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences. 

Avec ce nouveau roman, Marie-Hélène Lafon confirme la place si particulière qu’elle occupe aujourd’hui dans le paysage littéraire français.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

C’est l’histoire de deux sœurs, Hélène et Gabrielle. Suite à une aventure, Gabrielle tombe enceinte d’André. Elle décidera d’en laisser la garde à sa sœur Hélène et à son mari Léon. Le petit André va ainsi grandir au sein d’une famille déjà composée de trois filles. Il sera choyé et aimé, mais ressentira malgré tout le manque d’une mère peu présente et surtout l’absence d’un père inconnu.

Je ressors assez mitigée de ce roman qui, pourtant, avait tout pour me plaire. Une histoire familiale étalée sur presque un siècle et la recherche de ses origines, tel est le postulat de départ de ce court récit. Je suis très friande de ces thématiques, mais ici, ce qui m’a fait défaut est le schéma narratif.

L’histoire est narrée comme des tranches de vie à plusieurs époques différentes, et l’auteure change constamment d’espace spatio-temporel tout au fil des chapitre. Ce pan du récit ne m’a finalement pas permis de rentrer pleinement dans l’intrigue, qui m’a parue trop décousue. Pourtant, l’auteur veille bien à indiquer à son lecteur en tout début de chapitre l’époque afin de ne pas le perdre complètement.

Je reste sur ma faim avec ce schéma narratif, ayant une impression de discontinuité dans les événements. J’avais à peine le temps de rentrer dans le passage en question que Marie-Hélène passait à un autre pan de l’histoire, avec énormément d’années d’écart. Je serai restée en retrait tout au long de ma lecture.

Il s’agit d’un roman qu’il serait préférable de lire d’une traite afin de bien appréhender les événements et de ne pas en perdre le fil rouge. Les personnages sont bien esquissés et j’ai particulièrement apprécié André. J’ai parfois eu du mal avec Gabrielle. Malgré tout, l’auteure a su leur donner densité et relief.

La plume de l’auteure est très particulière. C’est ma première incursion littéraire dans l’un des romans de Marie-Hélène, et je me suis sentie déroutée à plusieurs reprises, notamment par un style vif et dépourvu d’une ponctuation classique. À mon goût, le manque de virgules m’a parfois gênée. Malgré tout, la plume est poétique et très fluide.

Ce roman a été pou ma part une petite déception, notamment à cause d’un schéma narratif trop décousu et qui ne m’a pas donné l’occasion de rentrer dans l’histoire. Malgré tout, les personnages bien esquissés et une plume particulière m’ont donné l’occasion de découvrir un beau roman.

Ma note : 14/20

Contemporain

Le souffleur de nuages

Le souffleur de nuages de Nadine Monfils

  • Auteur : Nadine Monfils
  • Titre : Le souffleur de nuages
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fleuve
  • Nombre de pages : 180
  • Parution : 24 septembre 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Franck, chauffeur de taxi, est triste parce que son chat est mort, que sa vie est monotone et qu’il est seul. Un jour, il reçoit un appel de Louise, qui souhaite se rendre à Enghien. Quand il arrive, une vieille dame l’attend, avec une petite valise à ses côtés, devant la porte de sa maison qu’elle a décidé de laisser grande ouverte : « comme ça, tout le monde pourra venir se servir… » Elle n’a pas l’intention de revenir mais souhaite retrouver enfin le grand amour de sa vie.
Franck et Louise vont alors se lancer dans une aventure pleine de surprises et devenir l’un pour l’autre des souffleurs de nuages. Car il n’y pas d’âge pour poursuivre ses rêves et les rencontres inattendues peuvent parfois ramener un peu de soleil dans la vie…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Fleuve pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Franck est un chauffeur de taxi très solitaire. Depuis que sa relation avec son compagnon s’est achevée, il ne s’est plus aventuré à retrouver le grand amour. Son chat vient de le quitter et il se sent de plus en plus triste. Lorsque Hélène, une vieille dame pleine de vitalité, entre dans son taxi et se met en tête de retrouver son amour de jeunesse, c’est un nouveau tournant que va prendre le quotidien de Franck.

C’est une magnifique parenthèse de douceur littéraire que j’ai ressentie avec ce court roman, empli de sensibilité et de belles phrases inspirantes. En peu de lignes, Nadine a su créer une ambiance feel-good qui m’a totalement dépaysée.

Dès les premières pages, je me suis attachée à Franck et à Hélène. Le jeune homme semble désenchanté, mais c’est sans compter sur le dynamisme d’Hélène, qui, sous forme de phrases positives, va apporter une vague de fraîcheur au quotidien de Franck. Les deux personnages sont très bien construits, en particulier Hélène, qui m’a parue d’une énorme sensibilité et son histoire personnelle m’a beaucoup touchée. Être spectatrice des liens qui se tissent peu à peu entre ces deux personnages m’a émue et je n’avais pas envie de les quitter.

Ce court roman a des allures de conte initiatique, notamment pour Franck, qui va peu à peu retrouver le goût des sentiments et réapprendre à donner de l’importance à ce qui en vaut réellement la peine. La vieille dame lui ouvrira les yeux sur bien des points, toujours avec tendresse et une pointe d’humour.

La plume de l’auteure est douce, à l’image du contenu de son roman. Sous un style presque poétique, ce récit est empli de phrases qui poussent le lecteur à la réflexion. Je me suis laissée bercer par les mots colorés et emplis de tendresse qui composent ce récit.

Ce roman est une véritable parenthèse de douceur, aux allures de conte initiatique. Ce petit bonbon littéraire pousse à la réflexion, aux côtés deux personnages d’une tendresse infinie. C’est à découvrir sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain

Le dernier inventeur – Rentrée littéraire

Le dernier inventeur d’Héloïse Guay de Bellissen

  • Auteur : Héloïse Guay de Bellissen
  • Titre : Le dernier inventeur
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 226
  • Parution : 20 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

C’est l’histoire d’un homme entré dans l’Histoire car il a découvert Lascaux à treize ans et que la même Histoire a voulu anéantir. Réduire en poussière.
 » Aujourd’hui, c’est le dernier des quatre copains de Montignac encore en vie. Le dernier inventeur, Simon.Quand je quitte son appartement, sur le palier, il me dit « la grotte elle est là’ en me désignant son crâne, « elle est dans ma tête’. Dans l’ascenseur, je prends conscience que je viens de rencontrer une autre grotte. La grotte intérieure d’un petit garçon de quatre-vingt-onze piges qui vient de se rouvrir. Je ne sais toujours pas pourquoi Lascaux m’a emmenée vers une autre cavité, mais au fond c’est cette découverte-là que j’attendais. La vie de Simon Coencas sur une paroi, que j’allais calquer comme l’avaient fait avant moi les préhistoriens avec les dessins de Lascaux. « 
Le Dernier Inventeur est une œuvre unique, plongée dans l’Histoire et dans l’âme d’un homme, enquête sur le mystère de l’art préhistorique, réflexion poétique sur l’enfance, la beauté et le mal.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre.

1940, Montignac. Simon, Jacques, Georges et Marcel découvrent la grotte de Lascaux. Héloïse Guay de Bellissen va se focaliser sur l’histoire personnelle de Simon, dernier survivant de ce groupe d’amis. Au travers d’entretiens qu’elle a eu avec l’homme âgé de quatre-vingt-onze ans au moment où elle rédige ce roman, elle va reconstituer le parcours du dernier inventeur de la grotte, un jour un héros, et au suivant, poursuivi et déporté au camp de Drancy.

Lorsque j’ai ouvert ce livre et rien qu’en lisant l’introduction, je suis tombée sous le charme et j’ai su que ce récit me plairait. J’étais pourtant loin d’imaginer à quel point cette lecture deviendrait un véritable coup de cœur monumental. Je suis passée par toute une palette d’émotions, et je me demande encore pourquoi j’ai attendu si longtemps pour découvrir la plume d’Héloïse.

L’auteure a mêlé de vrais échanges entre Simon, sa femme Gisèle et elle-même. Elle les a en effet rencontrés à plusieurs reprises et au fil du temps, une véritable histoire d’amitié s’est tissée. C’est d’une grande sensibilité et je me suis sentie privilégiée d’assister à ces conversations entre Héloïse et Simon. J’ai été touchée de voir cet homme se livrer peu à peu et avec tant de générosité à l’auteure.

Je pense qu’il est presque impossible de faire un portrait plus délicat, plus sensible et plus authentique de Simon. Héloïse retrace le parcours de Simon avec une tendresse infinie. J’ai été bouleversée par l’histoire personnelle de cet homme. En pleine Seconde Guerre Mondiale, Simon sera déporté au camp de Drancy, où il y sera libéré un mois plus tard, ayant à ce moment moins de seize ans.

La plume de l’auteure est tout en délicatesse. Héloïse a su créer une dualité tout au fil des pages, entre la beauté de cette découverte et l’horreur de la guerre. Chaque chapitre s’ouvre en donnant la parole à la grotte de Lascaux, suivi par les conversation entre l’auteure et Simon, et s’achevant par une version romancée des faits que raconte Simon. Héloïse le dit elle-même, elle a du faire appel à une part d’imagination pour rédiger certains événements en fonction de ce que raconte Simon, mais c’est finalement très réaliste, et surtout d’une puissance émotionnelle rare.

Un portrait intimiste et authentique fait avec une sensibilité rare. Héloïse livre un récit d’une grande évocation émotionnelle. Simon était le dernier inventeur de la grotte de Lascaux, et l’auteure lui rend un hommage sublime. À lire de toute urgence.

Ma note : 19/20

Contemporain

Si c’est pas sûr c’est quand même peut-être…

Si c’est pas sûr c’est quand même peut-être… de Magali Discours

  • Auteur : Magali Discours
  • Titre : Si c’est pas sûr c’est quand même peut-être…
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages :
  • Parution :
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

2005 : Une troupe de théâtre de rue a posé ses valises sur un bout de trottoir. Une installation bancale de bric et de broc, des chansons, un brin de poésie et des kilomètres de souvenirs éclairent la grande histoire à la lumière d’une vie qui dura près d’un siècle, celle de Papé né d’une guerre en 1917.
Dans le public de ce road movie à la française, Florence trouvera peut-être quelques vérités sur sa propre existence.

Avant de commencer

Ce roman a été lu dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus 2019. Il fait partie des cinq finalistes dans la catégorie blanche, pour laquelle je fais partie du jury. Pour tout vous dire, ce roman est celui qui me faisait le plus envie en découvrant les dix premières pages, et cette bonne impression s’est confirmée tout au fil de ma lecture. Je vous raconte tout en détail.

Pour retrouver le Prix des Auteurs Inconnus 2019, c’est par ici : 

– Sur leur site web : ici

– Sur Instagram : ici

– Sur Facebook : ici

– Sur Twitter : ici

Mon avis

Lorsque Mehdi, Lisa, Serena et Pablo rentrent d’une tournée de théâtre de rue, c’est une nouvelle effroyable qui les attend. Papé, leur vieil ami SDF, est décédé. C’est un choc pour les jeunes gens. Ils décident alors de lui rendre hommage en montant un spectacle autour de la vie de Papé. C’est Florence qui va se retrouver sur la route de cette représentation émotive et ce voyage va la changer.

C’est un roman plein de délicatesse, d’authenticité et de sensibilité que propose ici Magali. Dès les premières pages, je me suis moi aussi laissée entraîner dans la représentation que les jeunes effectuent pour restituer le passé de Papé, et j’ai été particulièrement émue en me promenant entre les lignes de ce roman.

J’ai trouvé le postulat de départ ingénieux et émotionnellement fort. En effet, pour monter leur représentation, les jeunes gens ont l’idée de parsemer une allée avec des valises contenant des objets personnels de Papé, ainsi que des enregistrements narrant le passé du vieil homme. Au travers des découvertes de Florence, le lecteur va également pouvoir participer à cette représentation.

J’y ai ainsi découvert le passé d’un homme authentique et sensible. J’ai été très touchée par beaucoup de passages concernant le quotidien de Papé. Magali a su donner du relief à ses personnages, et surtout, à les nuancer afin de leur donner du caractère. C’est sans aucun doute l’un des points forts de ce roman.

Mais ce qui parsème les lignes, c’est surtout beaucoup d’émotion, de sincérité et de belles valeurs, telles que l’amour et l’amitié. Je ressors très touchée par l’univers littéraire créé par Magali.

La plume de l’auteure est tout en sobriété et pourtant non exempte de sensibilité et d’émotions. Sous un style épuré, Magali réussira à transmettre les sentiments d’une manière très réaliste. Les chapitres sont amorcés par les titres de chansons qui forment la bande sonore de cette histoire. C’est d’une grande originalité.

Un roman sobre, sensible. Je me suis laissée porter par cette histoire riche en émotions. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

On fait parfois des vagues – Rentrée littéraire

On fait parfois des vagues d’Arnaud Dudek

  • Auteur : Arnaud Dudek
  • Titre : On fair parfois des vagues
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Anne Carrière
  • Nombre de pages : 185
  • Parution : 21 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Quelques jours après son dixième anniversaire, Nicolas Apasagi apprend que son père n’est pas son père. Que faire de cette confidence ? Le jeune Nicolas ne sait pas. Il continue sa vie comme si de rien n’était. Mais cette révélation va finir par le rattraper et, à trente ans, il décide de partir à la recherche de son « bon génie » biologique, malgré les obstacles administratifs qu’il s’attend à rencontrer.

Dans ce roman, où l’on retrouve les thèmes qui lui sont chers – l’enfance, l’identité, la transmission –, Arnaud Dudek trouve le ton juste pour raconter, avec délicatesse, une quête des origines à la fois intime et universelle.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Anne Carrière pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alors qu’il a dix ans et quelques jours, Nicolas s’apprête à vivre un véritable séisme dans son quotidien. Ses parents lui annoncent qu’ils ont fait appel à un donneur, et que son père n’est en réalité pas son père biologique. Pour Nicolas, c’est un choc. Il perd tous ses repères et décidera par la suite de tout faire pour retrouver son père biologique.

C’est un très beau roman que j’ai découvert et je ressors conquise par cette histoire de filiation, de quête identitaire. Le sujet est traité avec énormément de finesse et de tact et en très peu de pages, tout y est, que ce soit au niveau de l’intrigue comme au niveau de l’émotion.

Dès les premières lignes, je me suis attachée aux parents de Nicolas, qui se sont battus pour devenir parents. Leur combat est abordé et en peu de mots, l’auteur réussit à retranscrire les difficultés que peuvent rencontrer certains couples au moment de tenter de concevoir.

La quête identitaire de Nicolas est touchante. Avec beaucoup de sensibilité, l’auteur va aborder les divers états d’âme par lesquels va passer le jeune protagoniste et comment ces événements vont influencer sur son développement personnel. Après le choc de la révélation, Nicolas va entrenir une relation faite de non-dits avec son père et c’est bouleversant à découvrir.

C’est un long chemin initiatique qui attend Nicolas, afin d’accepter ces révélations et de pouvoir entretenir des conversations sereines et apaisées avec son père. Le dénouement m’a totalement émue, et je suis passée par un carrousel d’émotions lorsque, finalement, le père et le fils osent se dire ce qu’ils ressentent.

La plume de l’auteur est tout en délicatesse et le récit d’une grande finesse. Avec des chapitres très courts, le lecteur suivra la reconstruction de Nicolas. Le choix narratif à la première personne est particulièrement judicieux, permettant d’appréhender au mieux les pensées et l’évolution du personnage principal.

Un roman qui sonne juste, sur la quête identitaire. Beaucoup d’émotions parsèment les pages d’un récit tout en finesse, empreint d’une grande sensibilité. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain

La colère – Rentrée littéraire

La colère d’Alexandra Dezzi

  • Auteur : Alexandra Dezzi
  • Titre : La colère
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 26 août 2020
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Résumé

« Ce n’est pas de désir dont il s’agit ici, mais plutôt d’un exercice de domination », écrit la célèbre féministe Monique Wittig, citée par l’auteure de ce roman, son deuxième d’une jeune vie d’écrivain. Mais la question résonne autrement : qui domine qui ? Et derrière « cette façade de chair impénétrable », qui se cache-t-il ?

Sur le ring de boxe où elle s’entraîne, comme sur le ring intime du corps-à-corps, la narratrice, qui semble parfois voltiger au-dessus de son enveloppe corporelle, décide et subit à la fois. Elle est l’héroïne et le sujet. Que ressent-elle des coups, du sexe comme agression ou jouissance, est-elle libre ou prisonnière de son désir ? Et ce désir, dont elle s’évade en longs travellings dans un RER ou un Uber, ce désir fast-food, ce désir comme de l’eau noire où l’on s’enfonce, de quelle origine est-il et de quelle scène primitive jaillit-il ?
Un roman urbain, féminin, choc et cru, mais dont ni la mélancolie ni même le romantisme noir ne sont exclus.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Sur le ring de boxe, tout comme dans sa vie sentimentale, la narratrice se livre à un véritable combat mêlé de colère et de frustration. Elle se redécouvre, finit par s’accepter mais cherche avant tout à enfin s’affirmer. Suite à un événement dramatique de son passé, elle pensait ne plus avoir le droit de prendre son quotidien en main. Elle pensait devoir constamment subir, mais sa colère et sa rébellion vont l’aider à voir les choses autrement.

Je ressors totalement essoufflée de ce roman que l’on peut aisément qualifier de choc littéraire. Ici, pas de noms, une narration faite à la deuxième personne du singulier, comme si une conscience s’adressait directement à la narratrice, et des numéros pour indiquer les hommes qui traversent son quotidien. Je n’ai jamais lu un tel roman, et une chose est sûre, il ne peut laisser indifférent.

Ce récit percutant est une sorte d’exutoire et sous des descritions crues, le lecteur se retrouvera sonné et en profonde empathie pour cette protagoniste. L’auteure ne fait pas dans la dentelle et je suis passée par un carrousel d’émotions.

La plume de l’auteure est forte. Alexandra a fait un choix narratif risqué et pourtant approprié. Sans choisir aucun nom pour les protagonistes, on pourrait avoir une sensation de distance, et pourtant il n’en est rien.

Sous une plume forte et un choix narratif original, l’auteure va aborder des thématiques très difficiles. Ce roman choc ne peut laisser indifférent. À découvrir.

Ma note : 17/20