Contemporain

La petite fille qui peignait sur les pianos

La petite fille qui peignait sur les pianos de François Le Tertre

  • Auteur : François Le Tertre
  • Titre : La petite fille qui peignait sur les pianos
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 221
  • Parution : 23 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Maïna, jeune virtuose du piano, est rejetée par sa mère, une femme égoïste et alcoolique. Son père Domingo, maçon de métier, pétri de qualités mais à la santé fragile, enchaîne les chantiers pour subvenir aux besoins de sa famille. Un jour malheureux, il disparaît…
Tout autour de la petite Maïna, le monde s’effondre. Pourquoi n’a-t-il pas tenu sa promesse de rentrer à la maison ? Du haut de ses sept ans, jetée dans un orphelinat mais guidée par l’amour et sa passion pour la musique, elle entreprend de le retrouver et de le sauver.
Laissez-vous happer par le destin poignant d’une jeune fille devenue sourde-muette à la suite d’un terrible traumatisme et qui, coup de pouce de la divine providence, voit la musique en couleurs !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

La petite Maïna est encore une enfant lorsque son père disparaît suite à un accident. Elle en était très proche et dès lors, elle reste avec une mère absente et peu stable. Finalement, Caroline décide de laisser Maïna dans un orphelinat et c’est là qu’elle se consacrera pleinement à sa grande passion, la musique. Pourtant, l’enfant est sourde et muette suite à un traumatisme, mais rien ne l’arrêtera dans sa volonté de se surpasser.

C’est une belle découverte littéraire que j’ai faite même si je dois avouer ne pas toujours avoir réussi à m’immerger totalement dans ce roman. Il faut dire que j’ai eu quelques soucis avec le style de l’auteur, que j’ai trouvé parfois quelque peu ampoulé.

Malgré un début peu engageant pour ma part, je me suis peu à peu laissée entraîner dans cette histoire riche en émotions et j’ai suivi le parcours de Maïna avec beaucoup de curiosité. D’emblée, j’ai réussi à m’attacher à elle.

Le roman est un beau message d’espoir de la part de l’auteur. Malgré toutes les adversités qui adviennent dans le quotidien de Maïna, elle ne baissera pas les bras. Beaucoup de tristesse et d’émotions transparaissent dans ce récit.

La plume de l’auteur ne m’a pas vraiment convaincue. J’ai apprécié les couleurs qu’il a su donner à son récit, mais j’ai trouvé que parfois, le style était quelque peu alambiqué, voire maladroit. Il subsiste quelques petites coquilles au fil des pages. Malgré ma réticence quant à la forme du récit, je dois dire que le fond vient rattraper le tout.

Une histoire riche en émotions, où la musique tiendra une place importante. Malgré ma réticence quant au style de l’auteur, j’ai été très touchée par cette histoire. À découvrir.

Ma note : 15/20

Contemporain

Des milliers de petites étoiles flottantes

Des milliers de petites étoiles flottantes de Claire Devillers

  • Auteur : Claire Devillers
  • Titee : Des milliers de petites étoiles flottantes
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 9 décembre 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Charlotte, 16 ans, mène une vie d’ado pas vraiment simple, entre difficultés scolaires, mère dépressive et père absent. Pour couronner le tout, sa meilleure amie change de lycée…
Sa rencontre avec Adam, un garçon plus âgé, va bouleverser sa vie.
Aux yeux de Charlotte, Adam est le premier amour rêvé. C’est évident : il n’a aucun défaut !
Mais au fil du temps, Adam se dévoile. Et le jeune homme parfait se révèle un peu trop curieux. Un peu trop possessif. Un peu trop jaloux.
Un peu ? Ou beaucoup trop ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Claire Devillers pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Charlotte est une adolescente qui manque d’assurance. Victime des moqueries des autres, la jeune fille se replie peu à peu sur elle-même. Lorsque l’une de ses amies doit changer de lycée, elle se retrouve seule. C’est alors qu’apparaît Adam, un jeune homme plus âgé que Charlotte. L’étincelle du premier amour va surgir, mais pourtant, le jeune homme va se révéler loin d’être la personne idéale dont rêvait charlotte.

Je ressors très émue de ce roman qui aborde une thématique très douloureuse et finalement assez peu présente dans la littérature young adult. Claire a su aborder le sujet des violences de manière franche, au travers du regard de Charlotte.

En effet, Adam va se révéler être un véritable manipulateur et j’ai été bouleversée par la situation de la jeune fille qui subit ces violences. Claire a voulu sensibiliser tous les publics, et j’ai trouvé son roman très réussi à ce niveau.

On ne peut qu’être touchés par Charlotte. J’ai trouvé que l’auteure avait réussi à brosser ses personnages de manière remarquable. La jeune fille est très touchante, emplie d’une grande sensibilité. J’ai été révoltée par la situation, et j’ai ressenti énormément d’empathie pour elle.

La plume de l’auteure est douce mais incisive à la fois. Le récit est narré à la première personne sous le point de vue de Charlotte. J’ai beaucoup apprécié ce schéma narratif qui permet au lecteur de mieux appréhender le caractère de la jeune fille.

Un excellent roman qui aborde une thématique très difficile et qui permettra de sensibiliser tous les lecteurs. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Pater Monster

Pater Monster de François Blistène

  • Auteur : François Blistène
  • Titre : Pater Monster
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 11 juin 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

notezJe viens de commettre un crime, j’ai fait un enfant la nuit dernière.

Pourtant, je suis toujours parvenu, tant bien que mal, à me soustraire à la problématique de la paternité.

Rien à léguer, ni argent, ni culture, ni maladie héréditaire. Le peu que j’ai me sert à acheter du Voltarène, des croissants au beurre, du Coca light, des gants en pécari de toutes les couleurs, et un jour peut-être une surface habitable dans une région chaude où vieillir confortablement.

L’homme dont il s’agit n’a que faire de l’enfant qui naît malgré lui. Neuf ans plus tard, il croise son fils par hasard. Et s’il essayait de jouer au père, ne serait-ce qu’une semaine ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche-Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque le narrateur apprend par sa compagne du moment qu’il va être père, il décide de ne pas s’impliquer dans cette future paternité, allant même jusqu’à accepter que le nouveau mari de son ex-compagne adopte le petit garçon. Pourtant, des années plus tard, le narrateur voudra établir un contact avec ce fils qu’il ne connaît pas du tout, et passera ainsi une semaine à ses côtés.

Si vous aimez les romans totalement déjantés, décalés et à l’humour caustique, je dois vous dire que ce livre réunit tous ces éléments. Quelle lecture je découvre ici avec ce récit complètement différent par rapport à ceux que j’ai pu lire sur cette thématique.

Il faut dire que le narrateur est vraiment un personnage haut en couleurs. C’est peut-être même trop, par certains moments. J’ai trouvé parfois cet humour un peu trop décalé et l’on frôle le trop-plein de cynisme à plusieurs reprises.

Et pourtant, la recette fonctionne, puisque François a réussi à créer un roman qui indubitablement se démarquera, tout en abordant une thématique maintes fois revisitée en littérature. Ici, le narrateur va se retrouver totalement perdu face à cette paternité totalement inattendue et il lui faudra beaucoup de temps pour l’accepter.

François a décidé d’aborder ce sujet sous une perspective humoristique et si c’est réussi, je n’aurais pas été contre de découvrir une sorte d’évolution chez le narrateur, ou même quelques passages plus sérieux. Il y a une sorte de linéarité dans le ton du récit proposé par l’auteur.

La plume est vivace et dynamique. Pas d’ennui possible à la lecture. Les pages defilent. J’ai beaucoup aimé le partage du schéma narratif proposé par l’auteur. Il y a deux parties dans ce roman, en quelque sorte. La première servant davantage à présenter le narrateur, et la deuxième permettant la rencontre entre ce dernier et son fils.

Un roman décalé, différent et très difficile à classer. L’originalité est indéniable et même si parfois cela donne une effet d’exagération, l’auteur a réussi à faire un récit qui sort de l’ordinaire. À découvrir.

Ma note : 16/20

Contemporain

Norma

Norma de Maïa Brami

  • Auteur : Maïa Brami
  • Titre : Norma
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Avallon
  • Nombre de pages : 140
  • Parution : 26 octobre 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Norma, 7 ans, atterrit en foyer d’accueil sur fond de procès médiatique. Aussitôt, sa fragilité, son crâne nu, focalisent l’attention. Il émane quelque chose de spécial de cette fillette, mais quoi ? Sa présence, tel un révélateur, va bouleverser la vie du foyer, exacerber tensions et passions, précipiter les destins, notamment celui de Léo, adolescent brisé, violent, poursuivi par la poisse et l’incompréhension des adultes.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions d’Avallon pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque Norma, une petite fille de 7 ans, arrive dans un foyer d’accueil, c’est le quotidien de Léo, qui est là depuis des années, qui va se retrouver bouleversé. Entre les deux enfants va se tisser un lien indéfectible. La petite Norma doit se reconstruire suite à un drame familial qui a amené à l’arrestation de ses parents. Que s’est-il donc passé ?

C’est avec beaucoup d’émotions que je referme ce court roman d’une grande intensité. J’ai vraiment été chamboulée tout au fil des pages et ce récit a su me toucher d’une manière forte.

L’auteure a abordé une multitude de thématiques. Je préfère ne pas vous les citer, afin de ne rien spoiler du récit. L’intrigue se dévoile par petites touches, et lorsque j’ai compris de quoi il en retournait, j’ai été chamboulée. Maïa fait preuve d’une grande acuité au moment de retranscrire les émotions de ses personnages.

J’ai été touchée par la belle relation d’amitié qui se tisse en les deux enfants au fur et à mesure des pages. Entre ces deux personnages blessés par un quotidien douloureux, les liens indéfectibles qui les unissent sont une véritable lueur d’espoir.

Les histoires respectives de Norma et Léo se dévoilent peu à peu. Les personnages secondaires ont également des secrets que le lecteur découvrira tout au fil des pages.

La plume est belle et d’une grande douceur. Avec beaucoup de sensibilité, l’auteure a réussit à retranscrire les émotions sans jamais trop en faire. Les petits chapitres permettent d’octroyer un très bon rythme à l’histoire.

Un récit empli de sensibilité, tendre et bouleversant. Avec une plume tout en délicatesse et des personnages attachants, l’auteure propose un petit récit qui a su me toucher. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain

L’île de Jacob – Rentrée littéraire

L’île de Jacob de Dorothée Janin

  • Auteur : Dorothée Janin
  • Titre : L’île de Jacob
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 208
  • Parution : 19 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Christmas Island, territoire australien, au large de Java.
Isolé depuis des centaines de millénaires, ce petit bout de jungle semble depuis peu subir en accéléré le destin de la planète toute entière, entre errances migratoires et crise écologique. Et c’est là qu’un garçon se trouve aux prises avec les vertiges et les éblouissements de l’adolescence, cette période où là aussi tout s’accélère.
Que pèsent alors les angoisses collectives lorsqu’on explore l’amour, le désir, l’amitié, et que l’on rencontre l’homme solaire et blessé qui fera basculer votre vie ?Dans la chaleur tropicale suffocante, le jeune homme est initié à la puissance des sentiments.
Mais depuis John Donne on sait que nul homme n’est une île.
Si Christmas Island elle-même s’est fait rattraper par l’inexorable marche du monde, comment lui pourrait-il y échapper ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Le récit s’ouvre sur le narrateur qui va retrouver par hasard une amie d’école, Vicky. Avec elle, il va se souvenir de l’année scolaire passée à Christmas Island, lorsqu’il avait décidé de suivre son père dans le cadre de son travail. C’est là qu’il fera la rencontre de Jacob, un jeune homme un peu plus âgé que lui et avec lequel il entretiendra des liens étroits d’amitié.

C’est un roman d’atmosphère qu’a voulu créer Dorothée, et en ce sens, je peux affirmer qu’elle a réussi son pari aisément. Malgré tout, l’ambiance ne me suffit pas toujours pour me convaincre et j’avoue que l’histoire en elle-même a beaucoup peiné à démarrer.

Pourtant, je dois dire en avoir appris énormément sur cette petite île où l’auteure plante son décor. J’ignorais tout de la faune qui habite Christmas Island. Le père du narrateur est avant tout convoqué pour tenter de trouver une solution aux fourmis qui déciment les populations de crabes, lors de leur migration. J’ignorais totalement cela, et c’est donc une véritable immersion que propose Dorothée.

Quant au fond de l’histoire, le lecteur suivra surtout le narrateur, dont on ne connaîtra pas le nom. Pendant toute son année scolaire, j’ai pu observer son évolution. Au fil de ses rencontres et de ses expériences, notamment amoureuses, le jeune homme va se forger un caractère, jusqu’au moment où il fera la rencontre de Jacob.

Le rythme est lent et je ne peux pas dire que ce soit forcément pour l’intrigue que je vous conseille ce roman. Ce serait davantage pour une atmosphère, presque en huis-clos, et qui est très bien rendue.

La plume de l’auteure est très particulière. Je ne suis pas sûre d’avoir été en mesure d’en apprécier pleinement sa qualité indéniable. Certes, c’est remarquablement écrit mais je me suis parfois perdue dans la longueur du phrasé et j’y ai trouvé beaucoup de digressions, en plein milieu de certains paragraphes.

Un roman d’atmosphère, pour lequel l’intrigue passe presque en second plan. La plume est de qualité, même si parfois j’ai eu du mal à totalement m’adapter au style de l’auteure. Une lecture intéressante.

Ma note : 16/20

Contemporain

Dernière cartouche – Rentrée littéraire

Dernière cartouche de Caroline de Bodinat

  • Auteur : Caroline de Bodinat
  • Titre : Dernière cartouche
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 216
  • Parution : 26 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Il m’a appris à éviter les au revoir, à détester les quais de gare.
Quand il m’y accompagnait, il faisait semblant d’oublier l’horaire. Une demi-heure avant le départ, il disparaissait, je m’inquiétais.
Ma mère, compatissante, disait : ‘‘Tu sais, ton père, ses promesses…’’
La voiture qui se garait devant la maison, sur le trottoir, la faisait taire. Il ouvrait la porte d’entrée, passait une tête et demandait : ‘‘Alors, qu’est-ce que tu bouines ? T’es prête ?’’ […]
Paul des Tures est mort aux alentours de 11h15. En février 1993, le premier mercredi du mois. J’avais vingt-trois ans, je fumais des blondes, lui des brunes sans filtre.
Je suis sa fille aînée.
J’aurai bientôt son âge.
Il venait d’avoir cinquante et un ans.
Chez les des Tures, on ne pose pas de questions. […]

Dans ses effets personnels, remis aux ayants droit, il n’y avait qu’un briquet jetable, un trousseau de deux clés de voitures, un autre d’appartement et un petit sachet transparent avec son alliance et sa chevalière, couvertes de sang coagulé. »  

Il a cru qu’il ferait mieux que les autres.
Il pensait que tout allait lui réussir…
Il a fini par appeler son labrador chien de con.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Louise, la narratrice, va raconter son histoire de famille. Elle est la fille de Paul et de Suzanne, et elle mène un quotidien haut en couleurs auprès de sa sœur Jeanne et de son frère Gabriel. Son histoire va surtout se focaliser sur son père, et avec ses mots, le lecteur va peu à peu apprendre à connaître cet homme.

C’est un beau roman que nous offre ici Caroline. Teinté de franc-parler, mais également d’une forme de pudeur, ce récit intimiste a su me toucher énormément, et j’ai suivi cette famille tout au fil des pages avec émotion.

Louise va raconter au fur et à mesure son quotidien auprès d’un père parfois fantasque. J’ai senti tout au long des pages la tension monter et le drame arriver. De nombreux secrets de famille feront partie de cette histoire. J’ai été très touchée par les personnages, que j’ai trouvés remarquablement dépeints.

La plume de l’auteure est très fluide. Maniant le franc-parler et la sensibilité tout à la fois, Caroline a un style particulier. Le récit est narré à la première personne sous le point de vue de Louise. J’ai trouvé ce choix très judicieux, permettant ainsi de mieux suivre les pensée de cette protagoniste.

Un récit sensible et intimiste qui retracera le quotidien d’une famille dans laquelle beaucoup de secrets seront abordés. Un roman à découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Mon père, ma mère, mes tremblements de terre – Rentrée littéraire

Mon père, ma mère, mes tremblements de terre de Julien Dufresne-Lamy

  • Auteur : Julien Dufresne-Lamy
  • Titre : Mon père, ma mère, mes tremblements de terre
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 256
  • Parution : 20 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans cette salle, Charlie, quinze ans, patiente avec sa mère. D’ici cinq heures, son père sortira du bloc. Elle s’appellera Alice. Durant ce temps suspendu, Charlie se souvient des deux dernières années de vie de famille terrassée. Deux années de métamorphose, d’émoi et de rejet, de grands doutes et de petites euphories. Deux années sismiques que Charlie cherche à comprendre à jamais. Sur sa chaise d’hôpital, tandis que les heures s’écoulent, nerveuses, avant l’arrivée d’Alice, Charlie raconte alors la transition de son père, sans rien cacher, ce parcours plus monumental qu’un voyage dans l’espace, depuis le jour de Pâques où d’un chuchotement, son père s’est révélée. Où pour Charlie, la terre s’est mise à trembler.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Dans une salle d’attente à l’hôpital, Charlie, un jeune adolescent et sa maman, attendent que Aurélien, le père de famille sorte de la salle d’opération. Désormais, Aurélien deviendra Alice, et c’est l’occasion pour Charlie de revenir sur tous les séismes intérieurs qui ont secoué cette famille.

Je ressors totalement chamboulée par ce roman fait de sensibilité, d’amour et abordant une thématique très peu vue dans mes lectures. Au travers d’une famille, Julien va nous parler de la transidentité avec beaucoup de douceur, mais également en montrant à quel point cela peut bousculer le noyau familial.

Tout le roman sera vu sous les yeux de Charle, pour qui la décision de son père est un réel tremblement de terre qu’il a bien du mal à accepter. Tout au fil des pages, j’ai suivi l’évolution ce jeune garçon et je l’ai trouvé très attachant.

Si l’auteur aborde cette thématique avec tendresse, il n’omettra pas les préjugés et les idées reçues qui persistent chez certaines personnes. Julien offre une véritable ode à la tolérance et c’est d’une sensibilité inouïe. Je n’ai pas de mots pour décrire les émotions qui m’ont assaillie pendant ma lecture.

Les parents de Charlie doivent bien évidemment eux aussi faire face à des bouleversements. J’ai senti à quel point l’auteur s’est renseigné pour donner le plus de réalisme possible à son histoire. Ce roman est avant tout une histoire d’amour familial.

La plume de l’auteur est fluide et le schéma narratif est totalement réussi. En effet, le roman se déroule en quatre heures, le temps de l’opération, et j’ai donc suivi tout le parcours de cette famille au travers du regard de Charlie. J’ai été vraiment touchée et j’ai trouvé ce roman beau et d’une rare intensité au niveau de l’émotion.

Un roman tendre, d’une grande sensibilité et avec lequel je suis passée par beaucoup d’émotions. Ne passez pas côté de cette petite pépite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Des rêves à tenir – Rentrée littéraire

Des rêves à tenir de Nicolas Deleau

  • Auteur : Nicolas Deleau
  • Titre : Des rêves à tenir
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 198
  • Parution : 2 septembre 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Un dimanche d’hiver, dans un petit port de pêche, Job réapparaît après trente ans d’errance. Au bar local, sa présence silencieuse et son éternel verre de whisky chaud intriguent une bande de joyeux rêveurs. Autoproclamés les Partisans de la langouste, ils cherchent comment sauver ces dernières – et, par elles, l’humanité devenue folle.

A l’affût des échos du monde, l’un de ces utopistes bricole de vieilles radios sur lesquelles il capte des fréquences lointaines. Prêtant l’oreille aux échanges nocturnes de marins solitaires, il apprend l’existence d’une nouvelle Arche de Noé, une ZAD maritime géante… Le moment est peut-être venu d’incarner ses rêves.

La micro-société des Rêves à tenir agrandit le champ des possibles, et son irrévérence réjouissante bouscule l’âpreté du réel. Avec une douce pudeur, elle tisse un écheveau de questions sur soi-même et sur l’autre, sur l’absence, et sur ce qui nous rend dignes du nom d’hommes.

Une fable universelle, toute en humour espiègle et en grâce poétique.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Job est de retour. Après plus de trente ans de mystérieuse disparition, le vieil homme rentre dans son village. Il va peu à peu se mêler à un groupe d’idéalistes, surnommés Les Partisans de la Langouste. Même si Job reste en retrait, le narrateur, qui fait parti du groupe d’amis idéalistes, va tisser de fort liens d’amitié avec cet homme.

Ce roman, aux allures de fable initiatique, est un beau voyage littéraire servi par la belle musicalité des phrases dont l’auteur manie le rythme à merveille.

J’ai trouvé ce petit groupe très attachant. Chacun a son trait de caractère, mais ils arrivent à former un ensemble soudé. L’amitié est très présente tout au fil des pages.

Ce roman est une invitation à la réflexion et à maintes reprises, j’ai eu la sensation de lire un conte philosophique. En peu de pages, l’auteur a su planter son décor. J’ai cependant un petit bémol à émettre quant à la description trop rapide des personnages. J’ai eu l’impression que l’auteur ne s’est pas arrêté à réellement les dépeindre.

La plume de l’auteur est très belle. Avec une très grande poésie, Nicolas a su créer un texte d’une grande douceur et non dénué de profondeur. Les chapitres ne sont pas très longs et cela rythme l’histoire. Le récit est raconté sous le point de vue du narrateur, et j’ai trouvé ce choix narratif judicieux.

Un roman aux allures de fable, empli de douceur et de profondeur et servi par une très belle plume. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Ces petits riens qui font une vie

Ces petits riens qui font une vie de Pierre Antilogus et Jean-Louis Festjens

  • Auteur : Pierre Antilogus et Jean-Louis Festjens
  • Titre : Ces petits riens qui font une vie
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fleuve
  • Nombre de pages : 208
  • Parution : 1 octobre 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Quand son fils lui a annoncé qu’il allait être grand-père, Jean-Paul a accusé le coup. Il n’était pas prêt, lui le cadre-sup hyperactif, à se retrouver relégué parmi les «papys» qu’on pousse à la retraite. Pas vraiment prêt non plus à affronter la tonne de non-dits qui depuis des mois l’ont éloigné de sa femme Louise. Surtout, il n’était pas prêt à faire la connaissance de «l’autre» grand-père, François, éditeur agité et brouillon, toujours entre deux projets géniaux, maladroit comme c’est pas permis, avec une fâcheuse tendance à se mêler de ce qui ne le regarde pas… Les deux nouveaux grands-pères n’ont aucun point commun, si ce n’est ce petit-fils qui vient de naître. Et pourtant leur rencontre, tout comme l’irruption dans leur existence de ce bébé adorable, mais exigeant, vont leur faire peu à peu redécouvrir, au fil d’un récit sensible et hilarant, ces «petits riens» qui changent tout.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Fleuve pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Jean-Paul vient de devenir grand-père. Pour lui, il est hors de question d’ébruiter cette nouvelle dans son milieu laboral. En effet, il compte garder son image de jeune. En se rendant à la maternité pour visiter le petit Théo, il va faire la connaissance de François, l’autre grand-père. Entre les deux hommes une relation emplie de tensions, mais aussi de grande amitié, va prendre forme.

C’est un roman feel-good par excellence. Tous les ingrédients propres à ce genre littéraire sont réunis ici et je dois dire que cela a bien marché pour ma part. Je me suis laissée entraîner dans cette histoire tendre et emplie de bonne humeur.

Ce sont les deux grands-pères qui vont porter cette histoire et je les ai trouvés réellement attachants. Jean-Paul m’a beaucoup touchée de par les soucis qu’il rencontre avec sa femme, puisque cette dernière trouve qu’il est beaucoup trop obnubilé par son travail. François est haut en couleurs et attachant.

Les échanges entres ces deux personnages sont emplis d’humour et les situations cocasses s’enchaînent. Tout est destiné à faire passer à son lecteur un excellent moment de lecture.

La plume des auteurs est fluide et très douce. J’ai beaucoup aimé les petits apartés en début de chaque chapitre, où les personnages, à tour de rôle prendront la parole. Malgré tout, il faut dire que c’est surtout davantage Louise qui s’expliquera. J’ai trouvé cela intéressant, puisque j’ai pu suivre au plus près les sentiments de cette dernière.

Un roman qui ressemble à un petit bonbon, fait de tendresse et humour, et avec lequel j’ai passé une excellent moment de lecture. Je recommande sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain

Pour le sourire d’Isabelle

Pour le sourire d’Isabelle de Fanny André

  • Auteur : Fanny André
  • Titre : Pour le sourire d’Isabelle
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 27 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une belle complicité féminine et intergénérationnelle face au deuil.
Une épopée savoureuse racontée à deux voix entre Normandie et Bretagne.
Un roman plein de charme et de profondeur !

A Trouville, lors de l’enterrement de son fils Arnaud mort d’un AVC, Camille, quatre-vingts ans, guette l’arrivée de son ex-belle-fille, Isabelle, la quarantaine, avec laquelle elle s’entendait très bien. Les deux femmes restent ensemble après l’enterrement et leur complicité passée resurgit. Isabelle ne va pas bien ; triste et amaigrie, elle a fait un burn-out et quitté son cabinet d’avocats. Camille est aussi à une étape clé de sa vie : elle a décidé de mettre en vente la maison normande où elle vit pour retourner dans sa Bretagne natale. Au cours de leur conversation, elles font le projet de réaliser un ancien rêve : un voyage ensemble. Chacune montrerait à l’autre les beautés de son terroir – Isabelle la Normandie et Camille la Bretagne – afin de mettre un terme à la gentille rivalité qu’elles ont toujours entretenue autour de la plus jolie région d’origine. C’est surtout l’occasion pour Camille de fuir le deuil qu’elle vient de vivre et pour Isabelle de reprendre pied…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Normandie. Camille, une octogénaire, assiste à l’enterrement de son fils unique, Arnaud. Isabelle, son ex belle-fille depuis que celle-ci a divorcé d’Arnaud, est également présente. Elle se remet peu à peu d’un burn-out laboral. Entre les deux femmes, pas de reproches. Au contraire, plutôt une amitié tacite. C’est ainsi qu’au détour d’une conversation, elles décident de prendre la route pour un voyage unique entre la Normandie et la Bretagne, la région d’origine de Camille, qui fera tout pour redonner le sourire à Isabelle.

C’est un très joli roman que je viens de découvrir, même si j’ai quelques petits bémols à émettre. J’ai trouvé le postulat de départ très original, puisque sous pretexte de pari pour savoir qui a la plus belle région, les deux femmes feront avant tout un voyage initiatique, qui leur permettra à chacune de se retrouver avec elle-même.

Malgré tout, je regrette que l’histoire semble perdre son entrain vers les trois quarts du roman, pour piétiner un peu parfois. Je me suis doutée du cheminement que prenait le récit et je n’ai donc pas eu de vraie surprise lors du dénouement.

Pourtant, comme je l’ai dit, cela n’est qu’un bémol, puisque tout au fil des pages, je me suis laissée porter par les pérégrinations des deux femmes, découvrant ainsi deux régions que je ne connais pas forcément. Personnellement, j’ai trouvé la partie sur la Bretagne très réussie, l’auteure mêlant paysages et traditions d’une manière très habile.

Mais ce roman, c’est avant tout l’histoire d’une reconstruction, d’un nouveau départ. J’ai trouvé les deux personnages touchants et très bien dépeints. Chacune a sa manière m’a paru forte et à la fois vulnérable. Le lien qui les unit est très bien décrit et j’ai retrouvé beaucoup de réalisme et d’authenticité dans les sentiments.

La plume de l’auteure est tout en douceur. J’ai beaucoup aimé le schéma narratif, alternant ainsi d’un point de vue à l’autre, passant de Camille à Isabelle. J’ai trouvé cela judicieux. Les chapitres sont de taille moyenne. Sous un style entraînant, les pages ont défilé.

Malgré la prévisibilité de certains événements, ce roman tout en douceur est une très belle lecture. Les deux personnages principaux sont attachants et j’ai été très émue par leur belle amitié. Un road-trip résolument féminin entre Normandie et Bretagne réussi. À découvrir.

Ma note : 16/20