Contemporain

Un jour – Rentrée littéraire

Un jour de Maurice Genevoix

  • Auteur : Maurice Genevoix
  • Titre : Un jour
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Plon
  • Nombre de pages : 208
  • Parution : 16 septembre 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé


« Une évidence s’impose : Un jour est un livre parfait. A la fois magistral et délicat, voué à la pénombre peuplée des forêts et des mémoires. Si Maupassant ne s’était pas déjà approprié le titre, Maurice Genevoix eût pu dire : Une vie. Ou : Un homme. Ce sont des titres difficiles à mériter. » François Nourissier Un jour a pour thème la simplicité dans la fraternité : le vieux Fernand d’Aubel, qui est à l’évidence une partie de Genevoix lui-même, se confie à ce dernier le temps d’une journée pendant laquelle les deux hommes parcourent le domaine forestier de d’Aubel. Un jour a la beauté de la simplicité. Une oeuvre intemporelle, un hommage du quotidien à la vie. Un éloge de la poésie. Une ode à la nature.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Plon pour leur confiance.

C’est lors d’une promenade que Maurice va arriver dans la propriété des Vieux-Gués et y faire une rencontre marquante avec d’Aubel. Quelques années plus tard, lorsqu’ils se retrouvent, d’Aubel va proposer à Maurice de passer toute une journée ensemble. Maurice va accepter.

Voilà un très beau roman qui constitue une véritable parenthèse littéraire. Le tout reste très contemplatif, mais l’écriture de Maurice Genevoix est somptueuse et d’une grande élégance.

Je ressors conquise par les descriptions magnifiques de la nature et j’ai apprécié de suivre la journée de Maurice passée aux côtés de d’Aubel. Peu à peu, une relation de confiance va s’instaurer et d’Aubel va se dévoiler par petites touches à son interlocuteur.

C’est très touchant de suivre tout cela. J’ai retrouvé beaucoup d’émotions dans ce petit récit que j’ai trouvé sobre mais très authentique.

Je ressors conquise par la plume de l’auteur. Le lecteur se retrouve en immersion dans cette nature que Maurice a su sublimer avec des descriptions et des mots tout en simplicité.

Un roman qui constitue une véritable parenthèse littéraire. Les descriptions de la nature sont très belles.

Ma note : 18/20

Contemporain

La grande aventure

La grande aventure de Victor Pouchet

  • Auteur : Victor Pouchet
  • Titre : La grande aventure
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 6 octobre 2021
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Résumé

« Le fil c’est peut-être une histoire très simple : tragi-comédie en cinq actes et deux personnages. L’un régulièrement menace de partir. L’autre se contente d’écrire des poèmes, dans l’espoir absurde de l’en empêcher. »

Dans ce roman-poème, Victor Pouchet déroule en vers une histoire d’amour et d’amitié à la fois bouleversante et légère. Celle d’un homme et d’une femme qui se rencontrent, se quittent et se retrouvent. Et des petites et grandes aventures que la vie leur offre – réservoir de joies et batailles inédites.
Avec humour, grâce et musique, Victor Pouchet nous emporte dans un livre plein de trésors et de simplicité. Une grande aventure.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Grasset pour leur confiance.

Un homme, une femme. Tandis qu’elle menace sans cesse de s’en aller, il lui promet un poème par jour dans l’espoir de la garder auprès de lui. Ils se séparent, se retrouvent, se comprennent.

Il s’agit ici d’un roman-poème, et c’est une première pour ma part. Je n’ai jamais découvert un tel genre littéraire, et je dois avouer que cela m’a bien plu. Divisé en cinq actes, presque comme une pièce de théâtre, ce récit décrit une relation entre un homme et une femme.

Le lecteur aura la perspective de l’homme, principalement. Malgré tout, la femme tient sa place également, puisque l’on saura ce qu’elle pense, l’homme insérant dans ses poèmes des dialogues maintenus avec elle.

La plume de l’auteur est tout en douceur. Les poèmes sont très aisés à suivre. Le tout est tendre. Cela se lit d’une traite. La préface signée Hervé le Tellier m’a beaucoup plu également.

Un roman-poème qui m’a conquise. Sous forme de poème, il y a une véritable intrigue, tout en douceur et en poésie. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Je suis venue te dire

Je suis venue te dire de Cynthia Kafka

  • Auteur : Cynthia Kafka
  • Titre : Je suis venue te dire
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : L’Archipel
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 7 octobre 2021
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Résumé

Après dix ans d’absence, dans une ultime tentative de s’affranchir de son passé, Rose revient à Chantilly.
Cette fois ci, son géniteur ne pourra pas fuir.
Hospitalisé en soins palliatifs, il devra s’expliquer et vite : ses jours sont comptés.

Mais la situation échappe à la jeune femme lorsqu’elle découvre qu’il ne pourra pas lui répondre, seulement l’écouter. Ses souvenirs de petite fille ainsi que ses choix d’adulte l’aideront-ils à se livrer, à se découvrir, et à enfin se trouver ? 

Et si elle était plus forte qu’elle ne veut bien l’admettre par peur de se décevoir elle-même ?

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions de l’Archipel pour leur confiance.

Chantilly. Après dix ans d’absence, Rose, vingt-huit ans, revient dans cette ville et quitte Bordeaux, où elle y travaillait dans l’épicerie de son compagnon et patron, Éric. Son père est en soins palliatifs et elle veut revenir lui dire ce qu’elle a sur le cœur depuis tant de temps. Son papa ne pourra plus lui répondre, mais elle, de son côté, elle pourra tenter de lui expliquer son silence pendant tout ce temps et tenter de lui pardonner ses absences à lui pendant son enfance. En effet, à l’âge de quatre ans, Rose a perdu sa maman dans un accident de voiture, et son père a été bouleversé au point de laisser sa fille de côté.

Quel roman. Bouleversant, tendre, et empli d’émotions fortes. Cynthia a su me toucher avec une histoire tout en simplicité. Plusieurs thématiques telles que le pardon, la résilience et les remises en question sont présentes.

D’emblée, je me suis attachée à Rose. L’auteure a su en faire un personnage profond. Elle est très bien dépeinte. J’ai ressenti une grande empathie pour elle et pour ses blessures cachées, qu’elle nous dévoile au fil des pages. Les rencontres qu’elle fera vont la changer. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Amélia et de son frère, qui m’ont également beaucoup touchée.

La plume de l’auteure est tout en simplicité. J’ai été conquise par le schéma narratif. Rose va raconter ses souvenir d’enfance à son père. À chaque tranche d’âge, elle explique ses peines. Le lecteur pourra donc suivre le parcours de Rose au plus près. Les petits chapitres rythment l’histoire.

Un magnifique roman sur le pardon, la résilience. J’ai été bouleversée à plusieurs reprises. C’est à découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain

Les chiens de faïence – Rentree littéraire

Les chien de faïence de Louis Thomas

  • Auteur : Louis Thomas
  • Titre : Les chiens de faïence
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : La Martinière
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 26 août 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Au sein de la famille Dugast, la vie est régie par les habitudes et… les suicides. Depuis plusieurs années les Dugast se donnent la mort les uns après les autres. Coïncidence ? Peu probable. Tradition farfelue ? Peut-être. Art de mourir ? Certainement.
Il y a d’abord le grand-père retrouvé pendu dans la grange, puis la grand-mère qui a foncé dans un arbre en voiture, et ainsi de suite. Tous passent à l’acte, du plus vieux au plus jeune, avec en bout de file : Christophe, le fils de dix-huit ans. Contrairement à sa famille, lui a choisi de vivre. Il rêve d’échapper à ce déterminisme. Mais où aller lorsque l’on ne connaît que le giron familial ? Faut-il vraiment fuir son milieu pour réussir à exister ?

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions La Martinière pour cette lecture.

Dans un village un peu perdu, trois maisons, trois groupes de gens issus tous de la même famille, les Dugast. Au centre, la maison des parents et de leurs enfants, Christophe et Emma. À droite et à gauche, les grands-parents maternels et paternels. Tous semblent vivre tranquillement, jusqu’au jour où le grand-père maternel apparaît mort. Il s’est suicidé. Lorsque la grand-mère en fait de même, Christophe se retrouve bouleversé. Il semblerait que le suicide soit présent partout dans la famille. Christophe se remet en question.

Voilà un roman que j’ai lu d’une traite. Il est assez court, et l’écriture permet de tourner les pages sans s’en apercevoir. Malgré quelques petits bémols, pour ma part, j’ai accroché à cette histoire de non-dits et d’atavisme dans cette famille Dugast. Il n’en demeure pas moins que le tout demeure très contemplatif et il ne faut pas attendre une action trépidante, sous peine de se retrouver déçu.

L’auteur a su créer une famille particulière, vue sous les yeux de Christophe. Dans ce noyau familial, personne ne se parle et chacun souffre de son côté. Suite aux suicides des grands-parents maternels, c’est au tour des grands-parents paternels de décéder des mêmes causes. Christophe, au milieu de tout ces drames, se sent perdu et esseulé. C’est alors qu’il décidera de partir à Paris, chez Suzelle, une vieille amie de sa maman, afin d’échapper à ces drames.

La deuxième partie du roman bascule davantage dans l’absurde avec l’entrée en jeu de Suzelle, personnage totalement fantasque. J’ai trouvé le personnage de Christophe très bien construit, fort et puissant. Je n’arrive pas à classer ce roman, tant il est particulier.

La plume de l’auteur m’a beaucoup plu. Sobre mais directe, j’ai trouvé le style en totale adéquation avec le roman. Les dialogues sont très bien rendus. Le roman est divisé en deux grandes parties, sans une délimitation de chapitres. Ce procédé me dérange a l’accoutumée. Ici, il n’en a rien été.

Un roman très particulier, qui m’a déroutée au départ, mais qui par la suite m’a bien plu. Le récit est porté par un personnage principal très bien dépeint. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Le sel de la Bretagne

Le sel de la Retagne de Collectif

  • Auteur : Collectif
  • Titre : Le sel de la Bretagne
  • Genre : Nouvelles
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 3 juin 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

Dans ce recueil, ce sont plusieurs auteurs qui se sont donnés rendez-vous pour mettre la Bretagne en avant. Au travers de ces textes, la Bretagne y sera tour à tour décrite, aimée.

J’ai beaucoup aimé ce recueil de récits très variés, dans lequel j’ai retrouver quelques auteurs que j’avais déjà lus, et d’autres auteurs que je n’ai encore jamais découvert. Grâce à ces textes, j’ai eu envie de découvrir plus en avant la plume de certains d’entre eux.

Au travers de ces textes, beaucoup d’amour pour cette région y transparaît. C’est vraiment beau, d’une grande tendresse. Les auteurs se livrent pour honorer cette région.

Les plumes sont très variées. Il y en a pour tous les goûts. Je n’ai jamais ressenti de monotonie, bien au contraire.

Un très beau recueil, qui met en avant la Bretagne. Au travers de plumes variées, j’y a ressenti toutes le charme de cette belle région.

Ma note : 17/20

Contemporain

La grande vallée – Rentrée littéraire

La grande vallée d’Édouard Bureau

  • Auteur : Édouard Bureau
  • Titre : La grande vallée
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 448
  • Parution : 19 août 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Quelque part dans les Alpes, la Grande Vallée bat au rythme des saisons. Dans les mois chauds de transhumance, accompagnant leurs bêtes sur les flancs de la montagne, les bergers savourent leurs joies pastorales au milieu de la nature intacte. Le tour d’horizon est somptueux, entre les neiges éternelles qui éblouissent le regard et le vert qui, plus bas, inonde les vallons.

Mais l’arrivée du Grand Batave trouble les cœurs : avec cet homme venu du Nord, c’est le village des Cent-Maisons qui s’industrialise, c’est la nature qu’on transforme. Tous ces bouleversements annoncent-ils vraiment, comme le croit Arno, le petit berger qu’on appelle le Merle, la mort des étoiles et la fin des chansons ?

Alors, il lui faudra lutter, même seul, même contre tous ses amis, même contre ses propres peurs, pour sauver l’âme de ce lieu, pour encore fredonner les mélodies anciennes et pour aimer plus fort la belle Jelena, la tisserande que sa machine a dévorée. S’ensuivront une fuite dans les sommets enneigés, une traque acharnée et surtout l’espérance qu’existe ailleurs un monde meilleur.

La Grande Vallée est un roman initiatique, une fable enracinée, une course folle pour la liberté, un cri d’amour à la nature et surtout, un appel à la vie intérieure.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Cherche Midi pour leur confiance.

Dans les Alpes, la grande vallée. Arno, surnommé Le Merle, et Belej, quant à lui surnommé La Barbe, sont deux jeunes bergers qui emmènent leurs troupeaux en transhumance. Arno est un rêveur invétéré, Belej est plus réaliste. Lorsque le grand Batave s’installe au village, des idées de modernisation plein la tête, pour Arno, c’est synonyme d’un véritable danger.

Quel beau roman, mais quel dommage. Je dis dommage parce que pour ma part, je l’ai trouvé parfois un peu trop long. Ce sera mon seul bémol, et à mon sens le seul élément qui aura fait que ce récit reste une belle lecture mais pas un coup de cœur.

Il faut dire que j’ai beaucoup aimé l’idée de départ de l’auteur. D’emblée, je me suis attachée à Arno, qui est un véritable idéaliste. J’ai trouvé beaucoup d’originalité dans ce livre, c’est le moins que l’on puisse dire. Je n’avais jamais lu un roman de cette dimension. Et si je reconnais un véritable talent à l’auteur, je dois tout de même avouer que parfois, j’ai eu du mal à me concentrer pleinement.

Ce roman est comme une fable, un conte. Beaucoup de thématiques intéressantes y sont soulevées, notamment la nostalgie, les remises en question, et la nature, surtout. Cette nature somptueuse que l’auteur réussit à retranscrire sans peine.

La plume est de toute beauté, c’est indéniable. Pour ma part, j’ai trouvé le rythme trop lent, et l’histoire trop longue. C’est dommage. Si le récit avait été juste un peu plus court, je pense que j’aurais été en mesure de totalement m’imprégner de cette atmosphère créée tout au fil des pages.

Un roman à découvrir, ne serait-ce que pour la plume magnifique de l’auteur et pour cette mise en avant de la nature et des paysages.

Ma note : 15/20

Contemporain

Un tesson d’éternité – Rentrée littéraire

Un tesson d’éternité de Valérie Tong Cuong

  • Auteur : Valérie Tong Cuong
  • Titre : Un tesson d’éternité
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 18 août 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Anna Gauthier mène une existence à l’abri des tourments entre sa pharmacie, sa villa surplombant la mer et sa famille soudée.
Dans un climat social inflammable, un incident survient et son fils Léo, lycéen sans histoire, se retrouve aux prises avec la justice. Anna assiste impuissante à l’écroulement de son monde, bâti brique après brique, après avoir mesuré chacun de ses actes pour en garder le contrôle.
Qu’advient-il lorsqu’un grain de sable vient enrayer la machine et fait voler en éclats les apparences le temps d’un été ?

À travers un portrait de femme foudroyant d’intensité et d’émotion, Un tesson d’éternité remonte le fil de la vie d’Anna et interroge en un souffle la part emmurée d’une enfance sacrifiée qui ne devait jamais rejaillir.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance.

Anna est une femme heureuse, mariée à Hugues, et mère de Léo, un adolescent sans problèmes, qui s’apprête à passer son baccalauréat. Pourtant, tout va partir en éclat, lorsque la police sonne un jour chez cette famille honorable. Ils viennent chercher Léo, qui aurait agressé un policier lors d’une manifestation à laquelle il participait. Pour Anna et Hugues, c’est l’incompréhension. Comment leur enfant a-t-il pu dériver à ce point ?

Inutile de tergiverser, ce roman a été un véritable coup de cœur, de ceux qui bousculent et qui bouleversent. Je reste admirative par le talent de l’auteure à analyser les sentiments des personnages avec une acuité remarquable et à retranscrire toutes leurs émotions et leurs questionnements, à l’aide d’une écriture sobre et directe.

D’emblée, je me suis attachée à cette famille, et en particulier à Anna. Il faut dire que cette femme expérimente un véritable bouleversement suite à l’arrestation de son fils, puisque c’est tout son passé qui va ressurgir. Effectivement, Anna va retracer son enfance et son adolescence, et tous les traumatismes qu’elle a subi vont refaire surface suite à la grande épreuve qu’endure sa famille.

Tout au fil des pages, j’ai ressenti la détresse de cette mère de famille, qui désirait avant tout faire table rase de son passé. Elle se retrouve submergée par les mauvais souvenirs et se confronte aux blessures d’un passé qu’elle a cherché à tout prix à oublier.

L’histoire est portée par Anna. Ses états d’âme nous sont décrits et retranscrits de manière remarquable. Ce personnage est très complexe et l’auteure a su créer un caractère fort mais à la fois très fragile. Le lecteur assiste aux chamboulent de cette famille pour laquelle Anna a tout donné.

La plume de l’auteure est à la fois sobre et d’une grande puissance. Elle réussit à évoquer tous les bouleversements avec beaucoup de justesse. J’ai été souvent chamboulée. Pas de chapitres ici. Mais rassurez-vous, je n’en ai pas ressenti la nécessité, ce n’est pas du tout gênant.

Un roman fort et puissant. Au travers d’un personnage féminin tout en nuance, et d’une écriture tout en finesse, j’ai été bouleversée par ce récit. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 19/20

Contemporain

La riposte – Rentrée littéraire

La riposte de Jean-François Hardy

  • Auteur : Jean-François Hardy
  • Titre : La riposte
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Plon
  • Nombre de pages : 208
  • Parution : 26 août 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Tu sais, Jonas, je ne vais pas passer mon existence à baiser tandis que le monde tombe en morceaux. Il est temps d’arrêter le carnage et de riposter. »

Dans un Paris désagrégé par la crise écologique, la misère a définitivement pris ses quartiers. Au rationnement alimentaire s’ajoutent la violence de l’appareil d’État, la canicule et la maladie. Un mystérieux mouvement, Absolum, placarde ses affiches dans toute la ville et gagne du terrain. Son slogan : « Révolution pour la Terre ».

Dans ce chaos, Jonas est infirmier à domicile. Quand il ne s’occupe pas de ses patients, il se réfugie dans les bras de la jeune Khadija, déterminée à sauver le monde. À 37 ans, Jonas est au contraire désabusé et s’apprête à fuir comme tant d’autres vers le Nord, en quête d’une vie meilleure. Mais peut-il partir si facilement sans se retourner ? Qu’est devenue sa sœur Natalia, sa seule famille, dans la campagne aride privée d’électricité ? Et s’il parvenait à convaincre Khadija de le suivre ?

Perdu entre deux âges, incapable de s’engager comme de rester loyal à un système dont il a su pourtant profiter, Jonas va devoir faire face au murmure d’une grande révolte. Alors qu’il a oublié la dignité de mourir, au cœur de son serment, d’autres, par leurs combats, vont lui réapprendre celle de vivre.

La Riposte nous plonge dans ce qui pourrait ressembler à 2030 avec une grande inventivité et une lucidité féroce. Une invitation littéraire saisissante au monde de demain.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Plon pour leur confiance.

Dans un Paris apocalyptique, où les saisons n’existent plus, où les températures atteignent des records même en plein hiver, où règne le chaos, Jonas, un jeune infirmier, tente de survivre tant bien que mal. L’envie de tout quitter se fait de plus en plus pressante. Même l’amour de Khadija ne semble plus le combler totalement. De nouveaux mouvements voient le jour, la riposte est en marche.

Voilà un roman profond et rondement mené. L’auteur a su créer une ambiance pesante qui m’a touchée tout au fil des pages. Il faut dire que l’espoir a très peu de place dans ce récit et que la noirceur est très présente. Jean-Francois Hardy a su rendre cette atmosphère, notamment au travers d’un personnage principal très bien dépeint.

Au travers de Jonas, toutes les désillusions de cette jeunesse bloquée dans un nouvel ordre, se font ressentir. Ce personnage est complexe, parfois un peu trop même. Je l’ai trouvé si blasé. J’ai également apprécié le personnage de Khadija, qui saura se rebeller et se battra.

L’auteur nous décrit un univers sombre, en proie aux crises écologiques et à la misère. Le seul bémol que je pourrais émettre, c’est que j’aurais aimé en savoir davantage sur les raisons qui ont amené à cette situation. J’aurais apprécié un contexte bien expliqué, pour mieux me plonger dans cette atmosphère. Malgré tout, rassurez-vous, les événements sont clairs.

La plume de l’auteur m’a conquise. Avec un style incisif et véloce, en totale adéquation avec la teneur du récit, les pages ont défilé. Les chapitres sont de taille moyenne. Le roman est assez court, et pourtant, je l’ai trouvé très dense.

Un récit sombre, dans lequel l’espoir n’a presque pas de place. Aux côtés du personnage principal, le lecteur découvrira un Paris apocalyptique. Un roman qui prête à réflexion. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Le Chat, le Général et la Corneille – Rentrée litteraire

Le Chat, le Général et la Corneille de Nino Haratischwili

  • Auteur : Nino Haratischwili
  • Titre : Le Chat, le Général et la Corneille
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 592
  • Parution : 19 août 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Décembre 1994, une troupe des forces armées de la Fédération de Russie est cantonnée dans un petit village musulman du Caucase pour réprimer les séparatistes tchétchènes.
Parmi les soldats se trouve Malisch, jeune homme épris de littérature, qui s’est enrôlé par désespoir amoureux. Très vite, il fait la connaissance de Nura, une adolescente du village dont la beauté et la fierté le fascinent. Mais la jeune fille ne tarde pas à être arrêtée par d’autres soldats, pour un motif fallacieux. Malisch se retrouve alors témoin, et peut-être même complice, des violences commises par ses camarades. Au cours de cette nuit, Nura sera violée et tuée – mais quelle est précisément la part de responsabilité de Malisch ?
Bouleversé par cet événement, le jeune soldat est devenu « le Général », un homme au cœur dur et à la poigne de fer, prêt à tout pour dominer les autres. À force d’extorsion et de chantage, il parvient à s’enrichir et à gravir les échelons de la société russe jusqu’à devenir un oligarque multimillionnaire. Son seul objectif à présent est de protéger sa fille, Ada. Mais depuis vingt ans, et malgré ses efforts pour étouffer l’affaire, les rumeurs les plus sombres continuent de courir au sujet du Général, alimentées par la Corneille, un journaliste tenace et bien décidé à faire la lumière sur cette histoire. Lorsqu’il rencontre le Chat, une jeune comédienne qui, sans le savoir, est le sosie de Nura, le Général voit là l’occasion de se venger de ses anciens complices… Et peut-être de soulager sa conscience ?

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Belfond pour leur confiance.

Sesili, surnommée affectueusement Chat, est une actrice de théâtre renommée. Un jour, un mystérieux général va lui proposer un travail étrange. Il prétend qu’elle ressemble énormément à Nura, une jeune fille rencontrée pendant qu’il était sur le front lors de la guerre de Tchétchénie. Il lui demandera alors de faire une vidéo avec un message bien particulier, à envoyer à d’autres personnes mystérieuses. Que cache le Général ? Chat acceptera-t-elle cette étrange mission ?

Si les premières pages laissaient présager un coup de cœur, il n’en fut rien, malheureusement. Bien sûr, il s’agit d’une très belle lecture, mais je ne peux m’empêcher de ressortir un peu déçue après ce début qui m’avait totalement happée. La faute revient notamment aux trop nombreuses longueurs. L’auteure a le sens du détail et c’est le moins que l’on puisse dire.

Je vous ai livré un résumé très succinct de ce roman qui allie pan historique et côté contemporain. L’histoire est complexe et ce qui m’a dérangée, c’est la profusion de détails que nous donne l’auteure. Ce n’est pas forcément nécessaire à la compréhension de l’intrigue et cela a beaucoup freiné ma lecture.

Chaque personnage nous est présenté de manière exhaustive. Finalement, le lecteur n’a pas besoin de tout cela pour bien comprendre leurs caracteres. J’ai trouvé cela très long par moments. Et pourtant, je reconnais un énorme potentiel à ce roman, puisque j’en suis ressortie chamboulée et que je n’ai jamais eu envie d’en abandonner la lecture.

J’ai ressenti beaucoup d’émotions lors de cette lecture. J’ai trouvé les personnages très bien construits et complexes. L’auteure a su mêler habilement présent et passé, même si ce sont davantage les moments présents qui ont la place dans ce récit. L’histoire est bien campée. Je le redis, ce qui m’a dérangée, ce sont les trop nombreuses longueurs et c’est vraiment dommage, parce que je pense que sans cela, ce roman aurait pu être un vrai coup de cœur.

La plume de l’auteure est fluide, mais parfois un peu alambiquée. Malgré tout, le style est clair et entraînant. J’ai beaucoup aimé le schéma narratif, qui alterne les divers points de vue des personnages. Les chapitres sont de taille moyenne.

Un roman bouleversant, mais qui m’a paru trop long par moments, l’auteure se perdant parfois dans des détails. Malgré tout, j’ai beaucoup apprécié cette trame complexe et ce schéma narratif très réussi.

Ma note : 16/20

Contemporain

Ouvre ton aile au vent – Rentrée littéraire

Ouvre ton aile au vent d’Éloi Audoin-Rouzeau

  • Auteur : Éloi Audoin-Rouzeau
  • Titre : Ouvre ton aile au vent
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Phébus
  • Nombre de pages : 141
  • Parution : 19 août 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Un futur proche, pas si loin, qui pourrait être le nôtre.

Depuis qu’un virus aviaire a frappé la planète, les oiseaux de basse-cour sont interdits. La société française souffre de restrictions draconiennes. Dans un Paris déchu, la conscience collective cède place à l’instinct populaire.
Une fois l’an, la foule a droit à son charivari : du haut d’un célèbre restaurant, un canard spécialement élevé pour l’occasion est lâché. Le peuple exulte et laisse libre cours à ses pulsions : celui qui capturera le canard échappera à la misère. Les jeux sont ouverts ; la chasse commence, perdue d’avance pour l’infortuné volatile.
Sauf que cette année, et avec l’aide de quelques rêveurs, le canard est bien décidé à jouer crânement sa chance…

Dans ce premier roman aux allures de course poursuite, Eloi Audoin-Rouzeau joue de sa plume poétique pour interroger la violence sociale. Face à la bestialité tapie, il convoque notre humanité, en appelle à l’individu et à son libre-arbitre.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Phébus pour leur confiance.

Paris. Chaque année, un événement qui rassemble la foule est organisé par le président. En effet, un canard sera lâché dans le ciel de la capitale, et le premier qui l’attrape vivant se verra accorder une grande somme d’argent et le privilège de manger ce canard dans le plus grand restaurant de la ville, et ce, en compagnie du président.

Voilà un court roman aux allures de fable qui m’a réellement conquise. C’est un récit que je vous conseille de lire d’une traite. Les thématiques abordées sont diverses et l’auteur a su créer un livre très original.

Sous la forme d’un kaléidoscope, les scènes se succèdent et le lecteur suivra les pérégrinations de ce pauvre canard qui tentera à tout prix d’échapper à ses poursuivants. De cette manière, divers personnages formant part à cet événement nous seront présentés. L’auteure place son intrigue dans un futur hypothétique, où suite aux événements, la population est devenue méfiante. Je ne vous dirai rien de ces événements en question. Je préfère que vous les découvriez au fur et à mesure de votre lecture.

J’ai trouvé que l’auteur a vraiment réussi à dépeindre une galerie de personnages tous torturés et en proie aux doutes. J’ai suivi avec appréhension leurs réactions, m’apercevant que cette chasse organisée les rendait cruels.

La plume de l’auteur est emplie de poésie. J’ai été conquise par son style léger mais fort à la fois. Le tout est divisé en petits chapitres qui rythment l’histoire. Les descriptions sont très réussies. Le postulat de départ peut laisser présager d’une certaine monotonie, puisque nous suivons l’histoire de ce canard. Il n’en est rien, bien au contraire. Je n’ai ressenti aucun ennui et j’ai été très touchée par ce récit.

Un roman aux allures de fable, servi par une plume poétique. Beaucoup d’originalité dans ce court récit. À découvrir.

Ma note : 17/20