Contemporain

Défriche coupe brûle

Défriche coupe brûle de Claudia Hernández

  • Auteur : Claudia Hernández
  • Titre : Défriche coupe brûle
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Métailié
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 4 mars 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Trois générations de femmes, une guérilla populaire, des forêts reculées. Elle a survécu à la guerre, abandonné les armes, mais conservé le vertige, maintenant que sa lutte est de protéger ses filles dans une après-guerre où la paix, la justice et la dignité sont plus que relatives.

Pas de noms propres, on est la mère ou la fille, de la première à la cinquième, ou la mère de la mère, ou la tante, ou celle qui… À travers ces femmes sans nom, avec une écriture brute, précise et élégante, c’est le point de vue de celles qu’on entend rarement, femmes du peuple qui se sont retrouvées propulsées dans l’Histoire et doivent ensuite retrouver la vie «?normale?» : le patriarcat, le harcèlement, le ménage. Des destins précis, une portée universelle.

Si le monde était bien fait, c’est à ce premier roman puissant que ressemblerait le meilleur de la littérature féminine : l’histoire des femmes, depuis toujours gardiennes et garantes de la famille, de la transmission, depuis toujours flouées et reléguées dans l’obscurité de leurs cuisines, même quand elles ont pris part aux durs combats des hommes.

Défricher, couper, brûler : une manière de survivre quand tout est à reconstruire.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Métailié pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Des femmes sans nom mais avec une grande histoire. Tel est le point de départ de ce récit touchant. Après une guerre qui a ravagé le pays, le lecteur aura l’occasion de suivre le quotidien de ces battantes, celles qui ont lutté pour leurs familles, comme celles qui ont lutté pour leur partie. Des femmes en reconstruction et qui ne cesseront jamais de se battre.

C’est un très beau récit que j’ai découvert ici. Il est vrai que le système narratif m’a énormément surprise au départ, puisqu’ici il n’y a aucun prénom pour différencier les personnages féminins, aucun nom de ville mentionné, à part celui de Paris. Je dois dire que ce procédé m’a parfois déroutée mais que j’ai également trouvé que c’était cela qui octroyait la force nécessaire à ce récit.

Ici, c’est une histoire féminine et une véritable ode à la femme que nous propose l’auteure. J’ai été très touchée en suivant l’histoire de chacune d’elles. Si le personnage principal est l’une d’elles, le récit ne se focalisera pas uniquement sur ce personnage, mais également sur sa famille, composée de filles également.

On assiste à la reconstruction du personnage principal qui devra se battre pour ses filles. D’une part, on découvre comment la jeune femme doit survivre en pleine guerre. Ensuite, c’est la manière dont elle devra aller de l’avant une fois la guerre finie qui est abordée. C’est d’une grande intensité émotionnelle.

La plume de l’auteure est particulière. Avec des phrases longues, l’auteure déroule son intrigue. Pourtant, malgré cette longueur, j’ai trouvé que la lecture était vraiment fluide. Il est vrai qu’il faut rester très concentré afin de pas perdre le fil, de par le manque de prénoms. Le style est percutant. Avec des mots simples, l’auteure sait maintenir l’attention du lecteur tout au fil des pages.

Un très belle histoire qui est une véritable ode aux femmes, servi par une narration particulière et originale. C’est une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Âme stram gram

Âme stram gram de Christiane Legris-Desportes

  • Auteur : Christiane Legris-Desportes
  • Titre : Âme stram gram
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : L’Avallon
  • Nombre de pages : 142
  • Parution : 11 février 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« C’est de ta faute si Marie est morte.
Et tu serais en train de crever d’une même hémorragie interne ?
Cette analogie entre ton mal et celui qui a causé sa mort m’apparaît lourde de sens, un peu comme si la vie se chargeait d’une certaine justice. À moins qu’hémorragie interne n’ait été pudiquement employé par tes filles pour masquer la cause réelle de ton agonie : l’alcool.
En fait, l’idée d’un rapprochement, d’une similitude entre Marie et toi, m’est insupportable.
Il ne peut et ne doit plus jamais rien y avoir de commun entre vous, même dans ta mort.
Je te déteste. »

François n’a jamais pu oublier Marie, son amour de jeunesse, décédée dans des circonstances dramatiques. Depuis, il a rompu avec sa famille, et surtout avec sa sœur, qu’il tient en partie pour responsable de la mort de la jeune fille. Mais que s’est-il réellement passé ? Et comment vivre quand la vérité se fait jour, balayant douloureusement les certitudes passées ?

Roman bouleversant sur la violence des secrets de familles, Âme Stram Gram traite avec délicatesse et originalité de thèmes universels comme la rancœur, la culpabilité, l’amour et l’oubli.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions de l’Avallon pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

François déteste sa sœur. Et pour cause, il la tient pour responsable de la mort de Marie, la femme de sa vie. Pourtant, il va bientôt s’apercevoir que la vérité n’était pas celle qu’il tenait pour acquise depuis si longtemps. En effet, il va comprendre sa méprise, et dès lors, ce sera un chemin sinueux que devra entreprendre le jeune homme afin de se reconstruire.

Je ressors bouleversée par ce roman court mais d’une grande intensité émotionnelle. Mais surtout, quelle originalité de la part de l’auteure dans la manière de présenter son schéma narratif. J’ai trouvé cela très réussi.

Sous forme d’échanges téléphoniques, de lettres, mais sans jamais faire appel aux dialogues, l’histoire de François prend forme peu à peu. Chaque chapitre est en quelque sorte composé d’un monologue de l’un des personnages, le mettant en scène au téléphone ou face à un interlocuteur dont on ne connaîtra pas les réponses.

Si cette façon de faire peut paraître risquée, je dois dire que l’auteure a parfaitement réussi son pari. Cela donne une grande perspective au récit, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Même s’il n’y a pas de réponses, les protagonistes ne s’en livrent pas moins au lecteur.

L’histoire de François est bouleversante de par les épreuves qu’il a dû traverser. C’est un long parcours de résilience et de reconstruction qui va commencer pour lui. Sur son chemin, pour l’aider, il fera de belles rencontres. Beaucoup d’émotions passent au travers de ce récit. J’ai apprécié de suivre comment François, peu à peu, réussit à reprendre son quotidien en main.

La plume de l’auteure est sensible et émotionnelle. Christiane réussit à faire passer ce qu’elle veut nous dire avec des mots simples mais percutants. J’ai trouvé l’épilogue particulièrement original et réussi.

Un court roman abordant des thématiques telles que la résilience et la reconstruction après un drame. L’auteure place ses mots avec justesse et délicatesse et sous forme d’un schéma narratif très original, fait passer son lecteur par une multitude d’émotions. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Les femmes n’ont pas d’histoire

Les femmes n’ont pas d’histoire d’Amy Jo Burns

  • Auteur : Amy Jo Burns
  • Titre : Les femmes n’ont pas d’histoire
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 18 février 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans cette région désolée des Appalaches que l’on appelle la Rust Belt, la vie ressemble à une damnation. C’est un pays d’hommes déchus où l’alcool de contrebande et la religion font la loi, où les femmes n’ont pas d’histoire. Élevée dans l’ombre de son père, un prêcheur charismatique, Wren, comme sa mère avant elle, semble suivre un destin tout tracé. Jusqu’au jour où un accident lui donne l’occasion de reprendre sa vie en main.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Trap, dans les Appalaches. C’est dans une petite ferme reculée de cette localité que vivent Briar, un prêcheur, sa femme Ruby et leur fille Wren. Un peu plus loin, Ivy, la meilleure amie de Ruby, vit auprès de son mari et de leurs fils. Wren et sa mère sont totalement isolées du monde, de par la décision de Briar. Pour quelles raisons cet homme vit-il ainsi isolé auprès de sa famille ?

C’est un roman très puissant que j’ai découvert ici. Je ne m’attendais pas à un récit aussi fort, que ce soit au niveau des personnages comme au niveau de l’intrigue. Pourtant, le début m’a paru compliqué à aborder, l’auteure prenant vraiment le temps de camper le décor et d’esquisser ses personnages avec brio.

Ce roman met en avant des personnages forts. J’ai beaucoup apprécié le changement temporel que propose l’auteure vers le quart de son récit. Avec des retours en arrière, le passé des personnages prendra forme, et les secrets pourront s’éclaircir.

Ce récit, c’est avant tout une histoire de femmes. J’ai apprécié avoir des personnages féminins forts, qui doivent se battre pour s’émanciper. Les personnages de Ruby et Ivy sont bouleversants, et Wren n’est pas en reste.

La plume de l’auteure est très élégante. J’ai apprécié le style percutant, qui permet de créer un roman d’atmosphère. Les chapitres sont de taille moyenne et le roman est divisé en plusieurs parties, abordant chacune une époque dans le quotidien des personnages.

Un roman très profond, servi par une belle plume. Une histoire bouleversante. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain

Le cas Victor Sommer

Le cas Victor Sommer de Vincent Delareux

  • Auteur : Vincent Delareux
  • Titre : Le cas Victor Sommer
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 187
  • Parution : 2 juillet 2020
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Résumé

À 33 ans, Victor Sommer mène une vie discrète et monotone qui lui pèse. Secrètement, il aspire à devenir « quelqu’un » aux yeux du monde. Cette ambition est toutefois entravée par sa mère, une vieille infirme autoritaire et possessive qui l’empêche de proprement exister.
Mais voilà qu’un jour, cette dernière disparaît sans laisser de traces. Livré à lui-même, son fils va devoir faire face à ce monde qu’il n’a jamais appris à connaître. Une fois l’angoisse de la disparition passée, Victor va s’accommoder de cette indépendance nouvelle et la mettre à profit pour enfin réaliser son fantasme : à l’avenir, il existera davantage que quiconque. À ses risques et périls. Car sa mère, sans doute, n’est pas aussi loin qu’il le pense…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur Vincent Delareux ainsi que les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Victor est un jeune homme qui vit avec sa mère. Tout tourne autour d’elle et Victor n’arrive pas à s’épanouir. Il vit sous son emprise constante. Pourtant, un jour, sa mère va mystérieusement disparaître. Dès lors, comment Victor réussira-t-il à s’adapter à cette nouvelle situation ?

En voilà un excellent roman auto-édité. Quelle écriture ! C’est un roman de qualité que nous offre Vincent. Il m’a totalement bluffée de par sa maturité dans sa plume et par son intrigue profonde et très psychologique.

Dès les premières pages, j’ai senti une tension sous-jacente. Vincent a su créer une intrigue prenante. En très peu de pages, il a réussi à installer une véritable atmosphère et à brosser des personnages qui vont porter un récit qui va devenir de plus en plus pesant au fil des pages.

Ici, ce n’est pas l’action qui primera mais plutôt l’aspect psychologique. Vincent a su retranscrire à la perfection cette relation entre la mère et le fils. Peu à peu, la tension montera, jusqu’au dénouement totalement inattendu.

La plume de l’auteur est bluffante. Avec un style très mature, Vincent m’a totalement bluffée. J’ai été conquise par cette écriture toute en précision et très soignée. Aucune faute, aucune coquille ne subsiste.

Un roman psychologique, servi par une plume étonnante. La tension est présente à chaque page. Une véritable pépite de noirceur et un roman à découvrir sans hésitation.

Ma note : 19/20

Contemporain

Transalpin

Transalpin de Vincent Jolit

  • Auteur : Vincent Jolit
  • Titre : Transalpin
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 26 février 2020
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Résumé

Est-ce fou de vouloir fixer par la peinture un paysage qui ne cesse de changer, ou est-ce le propre de l’art ?
Est-ce fou d’aimer une femme avec d’autant plus de sensualité qu’on est soi-même hanté par la disparition de la chair, ou est-ce le propre de l’amour ?
Dans les salins d’Hyères, dans l’aveuglement de la lumière méditerranéenne, le descendant d’une chaotique lignée de paysans et d’ouvriers du Piémont italien, confondant bientôt les montagnes de sel avec les Alpes de ses ancêtres, marche sur une étroite ligne de crète entre passion et déraison.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

C’est l’histoire d’une famille d’émigrés italiens. L’arrière-grand-père décide de quitter l’Italie, en compagnie de sa femme et de son fils malade. Il est à la recherche de meilleures conditions de vie pour son fils. C’est en France qu’il va trouver un travail dans les salins. Le lecteur suivra l’arrière-petit-fils de cet homme, qui lui, est devenu peintre. Marié a Aimée et afin de pouvoir vivre plus confortablement, il se rendra compte que sa passion pour la peinture ne suffira pas et il décidera à son tour d’aller travailler dans les salins.

Ce roman est éclatant de couleurs, mais que c’était particulier à lire. Une chose est certaine, Vincent a su se démarquer et créer un récit original, mais dont je ne suis pas sûre d’avoir su apprécier toutes les nuances.

Il faut dire que ce récit est étrange. Aucun nom pour les personnages. Le lecteur ne les découvrira que par rapport à leurs liens de parenté. Ainsi, toute ces générations masculines qui se succèdent demeurent anonymes en quelque sorte. Dès lors, il m’a été un peu compliqué de m’attacher pleinement à ces personnages, même si ce n’est pas le but premier de ce roman.

Ici, ce qui va primer, ce sont les descriptions colorées des paysages, qui sont rendues à la perfection grâce au maniement habile du mot de la part de Vincent. Les phrases s’enchaînent avec beaucoup de couleurs et de nuances. C’est réalisé habilement.

Malgré tout, j’ai trouvé que certains passages étaient peut-être trop longs et je n’ai pas ressenti un intérêt égal au fur et à mesure de ma lecture. J’ai davantage préfère le côté sentimental de l’histoire, que le côté descriptif.

La plume de l’auteur est très originale. Ici, presque pas de points, mais uniquement des phrases coupées de virgules. Cela donne donc des phrases très longues et c’est là où le talent de l’auteur entre en jeu. Je ne me suis jamais perdue, ce qui peut sembler paradoxal avec ce schéma narratif. Il faut avoir une plume audacieuse et talentueuse pour cet exercice de style et c’est le cas de l’auteur.

Un récit à découvrir pour la plume lumineuse de l’auteur. C’est un roman original qui vaut le détour.

Ma note : 15/20

Contemporain

La brûlure – Rentrée littéraire

La brûlure de Christophe Bataille

  • Auteur : Christophe Bataille
  • Titre : La brûlure
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 13 janvier 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Tu te souviens ? Cet été-là si chaud, on le sentait à nos pieds sur les carreaux devant la prairie, à tes jambes campées, fines et transpirantes. Depuis octobre tout était doux. Pas d’automne, pas d’hiver, et ce vent tiède comme dans les contes… » En cette fin d’été, un homme grimpe à trente mètres dans un hêtre qui domine la campagne. Il est élagueur, puissant et concentré. Là-haut, il observe les plaines, la tour de la cathédrale, son enfance aussi.

Mais un ennemi l’attend, qu’il n’avait jamais rencontré : des frelons par milliers, nouveaux venus en cette saison interminable. Dans sa descente vers la terre où l’attend son équipe, terrifiée, il est piqué plus de cent fois et tombe dans la douleur…

La brûlure est le roman de cette chute et de cette traversée, racontées tour à tour par l’homme et la femme – rencontrée vingt ans avant, qui le soigne, l’attend, et ne cesse de l’aimer en images, souvenirs et gestes.

Dans une langue somptueuse et tendre, Christophe Bataille dit la souffrance et le retour à la vie. C’est un conte mais aussi notre condition nouvelle : les prairies et les arbres sont brûlés par le soleil, la femme aimée contemple comme nous ce paysage. La voix du grimpeur d’arbre, qui a survécu et vit près de Bourges, clôt magnifiquement ce livre – car toute fiction a sa cause, offrant ici un diptyque audacieux.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Le narrateur est élagueur. Lorsqu’un jour il est en plein travail, il va se faire piquer par des frelons asiatiques. Cela va changer radicalement son rapport à la nature et il va commencer à éprouver de la peur. Sa compagne prendra soin de lui pendant qu’il se remettra.

Ce petit récit, aux allures de nouvelle ou même de conte, m’a laissé un sentiment difficile à exprimer. En effet, je ne sais pas vraiment si j’ai été en mesure de bien saisir tous les messages que l’auteur a voulu faire passer et pourtant, je me suis laissée intéresser peu à peu par ce roman.

J’ai eu beaucoup de mal au départ à m’immerger totalement. J’ignorais totalement où l’auteur voulait en venir, et j’y ai finalement vu une ode à la nature. C’est peut-être trop court pour être en mesure de vraiment saisir tous les tenants et aboutissants. J’aurais apprécié quelques pages de plus.

D’autant plus que les thématiques abordées sont nombreuses et le tout ne suit pas forcément un fil rouge, passant d’un sujet à l’autre sans véritable transition. Même si le thématique de la nature et le travail d’élagueur prédominent dans ce récit, il y est également question d’amour et de couple.

La plume est sensible et très fluide. Malgré tout, je dois émettre un bémol quant à la forme qui m’a posée problème. Peu d’aération dans le texte et surtout, aucune indication pour nous mentionner que le narrateur change de route en plein récit. En effet, si au départ c’est l’homme qui parle, d’un coup, ce sera sa femme qui prendra la parole. J’aurais apprécié une délimitation plus claire.

Un roman qui constitue une véritable ode à la nature, mais qui est peut-être trop court pour approfondir toutes les thématiques dont il est question. Une belle plume fait de cette lecture une belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Occasions tardives

Occasions tardives de Tessa Hadley

  • Auteur : Tessa Hadley
  • Titre : Occasions tardives
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : 10/18
  • Nombre de pages : 312
  • Parution : 21 janvier 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Alexandr et Christine, Lydia et Zachary partagent une amitié très intime depuis leur rencontre alors qu’ils avaient 20 ans. Trente ans plus tard, Alex et Christine reçoivent un appel bouleversé de Lydia : Zach est mort. Ce décès les touche profondément : tous s’accordent pour dire que Zach était le plus sain et le plus gentil d’entre eux, celui qu’ils ne pouvaient se permettre de perdre. Plutôt que de les rapprocher, la perte de Zach déforme leur relation, faisant remonter à la surface les enchevêtrements passés, les griefs tus. Ce qui aurait pu les réunir se transforme alors en colère et amertume.

Occasions tardives explore les entrelacs des relations les plus intimes. Sous la surface des arrangements et compromis de l’existence reposent d’autres configurations, différentes, insondables, qui, bien que semblant appartenir au passé, demeurent la trame essentielle des amitiés et des amours unissant ces quatre protagonistes. Et quand un fil rompt, tout se détricote, la trame réaffirme sa présence.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions 10/18 pour leur confiance.

Alex et Christine, Zachary et Lydia. Deux couples, quatre amis de longue date. Ils forment un groupe uni mais qui va voler en éclats lorsque Zachary décède. Dès lors, le groupe va devoir réapprendre à vivre ensemble et chacun va voir affectée sa relation avec les autres.

C’est un récit d’une grande profondeur, mais également d’une grande exigence que j’ai découvert. Je dois bien avouer avoir eu énormément de mal à rentrer dans l’histoire au début, tant la densité proposée m’empêchait d’avancer avec une certaine fluidité dans ma lecture, et pourtant, une fois que j’ai réussi, je me suis laissée intriguer par ce roman.

Beaucoup de densité dans ce récit. L’auteure va décortiquer les sentiments et les états d’âme des quatre personnages principaux, à l’aide de retours en arrière et d’explications sur la manière dont les liens se sont tissés peu à peu. Tessa a réussit à instaurer beaucoup de relief dans son intrigue.

Malgré tout, il ne faudra surtout pas vous attendre à de l’action sous peine de vous retrouver très déçus. Ici, tout passe par la psychologie des personnages, par l’évolution de leurs relations les uns avec les autres, de cette amitié qui se crée, des ces amours qui prennent forme peu à peu.

La plume de l’auteure est élégante et sobre. Le style est loin d’être fluide et ce n’est pas une lecture que l’on pourrait qualifier d’aisée. Les chapitres sont très longs. Beaucoup de digressions parsèment les pages. Malgré tout, il faut s’accrocher. Une fois passés les premiers passages et à partir du moment où je me suis habituée à la manière d’écrire de Tessa, cela est devenu très intéressant à suivre.

Un roman dense, empli de beaucoup de profondeur, dans lequel l’auteure va analyser les sentiments et l’évolution d’un groupe d’amis. Le manque d’action se fait parfois ressentir, mais cela n’en reste pas moins une lecture intéressante.

Ma note : 16/20

Contemporain

La petite fille qui peignait sur les pianos

La petite fille qui peignait sur les pianos de François Le Tertre

  • Auteur : François Le Tertre
  • Titre : La petite fille qui peignait sur les pianos
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 221
  • Parution : 23 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Maïna, jeune virtuose du piano, est rejetée par sa mère, une femme égoïste et alcoolique. Son père Domingo, maçon de métier, pétri de qualités mais à la santé fragile, enchaîne les chantiers pour subvenir aux besoins de sa famille. Un jour malheureux, il disparaît…
Tout autour de la petite Maïna, le monde s’effondre. Pourquoi n’a-t-il pas tenu sa promesse de rentrer à la maison ? Du haut de ses sept ans, jetée dans un orphelinat mais guidée par l’amour et sa passion pour la musique, elle entreprend de le retrouver et de le sauver.
Laissez-vous happer par le destin poignant d’une jeune fille devenue sourde-muette à la suite d’un terrible traumatisme et qui, coup de pouce de la divine providence, voit la musique en couleurs !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

La petite Maïna est encore une enfant lorsque son père disparaît suite à un accident. Elle en était très proche et dès lors, elle reste avec une mère absente et peu stable. Finalement, Caroline décide de laisser Maïna dans un orphelinat et c’est là qu’elle se consacrera pleinement à sa grande passion, la musique. Pourtant, l’enfant est sourde et muette suite à un traumatisme, mais rien ne l’arrêtera dans sa volonté de se surpasser.

C’est une belle découverte littéraire que j’ai faite même si je dois avouer ne pas toujours avoir réussi à m’immerger totalement dans ce roman. Il faut dire que j’ai eu quelques soucis avec le style de l’auteur, que j’ai trouvé parfois quelque peu ampoulé.

Malgré un début peu engageant pour ma part, je me suis peu à peu laissée entraîner dans cette histoire riche en émotions et j’ai suivi le parcours de Maïna avec beaucoup de curiosité. D’emblée, j’ai réussi à m’attacher à elle.

Le roman est un beau message d’espoir de la part de l’auteur. Malgré toutes les adversités qui adviennent dans le quotidien de Maïna, elle ne baissera pas les bras. Beaucoup de tristesse et d’émotions transparaissent dans ce récit.

La plume de l’auteur ne m’a pas vraiment convaincue. J’ai apprécié les couleurs qu’il a su donner à son récit, mais j’ai trouvé que parfois, le style était quelque peu alambiqué, voire maladroit. Il subsiste quelques petites coquilles au fil des pages. Malgré ma réticence quant à la forme du récit, je dois dire que le fond vient rattraper le tout.

Une histoire riche en émotions, où la musique tiendra une place importante. Malgré ma réticence quant au style de l’auteur, j’ai été très touchée par cette histoire. À découvrir.

Ma note : 15/20

Contemporain

Des milliers de petites étoiles flottantes

Des milliers de petites étoiles flottantes de Claire Devillers

  • Auteur : Claire Devillers
  • Titee : Des milliers de petites étoiles flottantes
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 9 décembre 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Charlotte, 16 ans, mène une vie d’ado pas vraiment simple, entre difficultés scolaires, mère dépressive et père absent. Pour couronner le tout, sa meilleure amie change de lycée…
Sa rencontre avec Adam, un garçon plus âgé, va bouleverser sa vie.
Aux yeux de Charlotte, Adam est le premier amour rêvé. C’est évident : il n’a aucun défaut !
Mais au fil du temps, Adam se dévoile. Et le jeune homme parfait se révèle un peu trop curieux. Un peu trop possessif. Un peu trop jaloux.
Un peu ? Ou beaucoup trop ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Claire Devillers pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Charlotte est une adolescente qui manque d’assurance. Victime des moqueries des autres, la jeune fille se replie peu à peu sur elle-même. Lorsque l’une de ses amies doit changer de lycée, elle se retrouve seule. C’est alors qu’apparaît Adam, un jeune homme plus âgé que Charlotte. L’étincelle du premier amour va surgir, mais pourtant, le jeune homme va se révéler loin d’être la personne idéale dont rêvait charlotte.

Je ressors très émue de ce roman qui aborde une thématique très douloureuse et finalement assez peu présente dans la littérature young adult. Claire a su aborder le sujet des violences de manière franche, au travers du regard de Charlotte.

En effet, Adam va se révéler être un véritable manipulateur et j’ai été bouleversée par la situation de la jeune fille qui subit ces violences. Claire a voulu sensibiliser tous les publics, et j’ai trouvé son roman très réussi à ce niveau.

On ne peut qu’être touchés par Charlotte. J’ai trouvé que l’auteure avait réussi à brosser ses personnages de manière remarquable. La jeune fille est très touchante, emplie d’une grande sensibilité. J’ai été révoltée par la situation, et j’ai ressenti énormément d’empathie pour elle.

La plume de l’auteure est douce mais incisive à la fois. Le récit est narré à la première personne sous le point de vue de Charlotte. J’ai beaucoup apprécié ce schéma narratif qui permet au lecteur de mieux appréhender le caractère de la jeune fille.

Un excellent roman qui aborde une thématique très difficile et qui permettra de sensibiliser tous les lecteurs. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Pater Monster

Pater Monster de François Blistène

  • Auteur : François Blistène
  • Titre : Pater Monster
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 11 juin 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

notezJe viens de commettre un crime, j’ai fait un enfant la nuit dernière.

Pourtant, je suis toujours parvenu, tant bien que mal, à me soustraire à la problématique de la paternité.

Rien à léguer, ni argent, ni culture, ni maladie héréditaire. Le peu que j’ai me sert à acheter du Voltarène, des croissants au beurre, du Coca light, des gants en pécari de toutes les couleurs, et un jour peut-être une surface habitable dans une région chaude où vieillir confortablement.

L’homme dont il s’agit n’a que faire de l’enfant qui naît malgré lui. Neuf ans plus tard, il croise son fils par hasard. Et s’il essayait de jouer au père, ne serait-ce qu’une semaine ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche-Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque le narrateur apprend par sa compagne du moment qu’il va être père, il décide de ne pas s’impliquer dans cette future paternité, allant même jusqu’à accepter que le nouveau mari de son ex-compagne adopte le petit garçon. Pourtant, des années plus tard, le narrateur voudra établir un contact avec ce fils qu’il ne connaît pas du tout, et passera ainsi une semaine à ses côtés.

Si vous aimez les romans totalement déjantés, décalés et à l’humour caustique, je dois vous dire que ce livre réunit tous ces éléments. Quelle lecture je découvre ici avec ce récit complètement différent par rapport à ceux que j’ai pu lire sur cette thématique.

Il faut dire que le narrateur est vraiment un personnage haut en couleurs. C’est peut-être même trop, par certains moments. J’ai trouvé parfois cet humour un peu trop décalé et l’on frôle le trop-plein de cynisme à plusieurs reprises.

Et pourtant, la recette fonctionne, puisque François a réussi à créer un roman qui indubitablement se démarquera, tout en abordant une thématique maintes fois revisitée en littérature. Ici, le narrateur va se retrouver totalement perdu face à cette paternité totalement inattendue et il lui faudra beaucoup de temps pour l’accepter.

François a décidé d’aborder ce sujet sous une perspective humoristique et si c’est réussi, je n’aurais pas été contre de découvrir une sorte d’évolution chez le narrateur, ou même quelques passages plus sérieux. Il y a une sorte de linéarité dans le ton du récit proposé par l’auteur.

La plume est vivace et dynamique. Pas d’ennui possible à la lecture. Les pages defilent. J’ai beaucoup aimé le partage du schéma narratif proposé par l’auteur. Il y a deux parties dans ce roman, en quelque sorte. La première servant davantage à présenter le narrateur, et la deuxième permettant la rencontre entre ce dernier et son fils.

Un roman décalé, différent et très difficile à classer. L’originalité est indéniable et même si parfois cela donne une effet d’exagération, l’auteur a réussi à faire un récit qui sort de l’ordinaire. À découvrir.

Ma note : 16/20