Contemporain

Mr Nice Guy

Mr Nice Guy de Jennifer Miller et Jason Feifer

  • Auteur : Jennifer Miller et Jason Feifer
  • Titre : Mr Nice Guy
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 480
  • Parution : 11 juin 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Lucas Callahan vient de décrocher un job de fact-cheker au magazine Empire. Un soir, tard dans un bar de Manhattan, il rencontre une magnifique brune qui le ramène chez elle. Lorsque sort le nouveau numéro d’Empire, il a la surprise de voir son aventure d’une nuit chroniquée par Carmen Kelly. C’est en effet elle, la magnifique brune, la chroniqueuse sexuelle du journal, qui dépeint leur nuit d’amour comme un fiasco absolu. Furieux et humilié, Lucas décide de répondre. Il écrit donc un texte assassin en ligne, qu’il signe « Mr Nice Guy ». Celui-ci devient vite viral. Les lecteurs en voulant davantage, la rédaction d’Empire a une idée folle : chaque semaine Carmen et Lucas devront se revoir et donner chacun un compte rendu de leur nuit. Tous les deux, avides de célébrité, vont ainsi se lancer dans une guerre sexuelle qui bientôt va les dépasser.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

New-York. Lucas est installé dans cette grande ville depuis peu de temps. Venant de Charlotte, il a décidé de tout quitter lorsque Mel, son grand amour qu’il devait épouser, décide de mettre fin à leur relation. Le jeune homme saura se reprendre en main et décrocher un travail dans le journal prestigieux l’Empire, où il y exercera en temps que fact-checker. Un soir, il va rencontrer une jeune femme et il passera la nuit avec elle. La surprise est totale lorsqu’il apprend que cette dernière n’est autre que Carmen, la rédactrice de la rubrique sexo pour le journal pour lequel il travaille. Elle va prendre l’initiative de chroniquer la nuit passée auprès de Lucas. C’est le début d’une collaboration entre les deux jeunes, et ce, bien malgré eux.

Étant à la recherche d’un roman léger, j’ai pensé que celui-ci serait idéal. En découvrant le synopsis, j’ai juste eu un peu peur que tout ne tourne qu’autour des ébats des deux protagonistes. Je dois reconnaître que j’ai été agréablement surprise et que bien que le ton reste léger, il y a tout de même une certaine profondeur dans la teneur des propos.

J’ai fortement apprécié cette incursion totale dans le monde journalistique, même si on ne voit pas vraiment travailler Lucas. Malgré tout, j’ai trouvé que les auteurs rendaient assez bien l’atmosphère oppressante et parfois pleine de coups bas qui peuvent régner dans ces milieux. C’est loin d’être rose et j’ai parfois été quelque peu énervée.

Le postulat de depart laissait présager une histoire d’amour qui prendrait forme peu à peu, et cela a l’aide des ébats sexuels de la part de nos deux protagonistes. J’ai eu une petite appréhension, pensant que je pourrais terminer par me lasser. Il n’en est rien. Les personnages sont bien construits et les auteurs ont su leur donner le relief nécessaire afin de ne pas rester en surface. J’ai eu une nette préférence pour Lucas, que j’ai eu tendance à trouver plus naïf et sincère que Carmen, mais ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la réelle évolution de leurs caractères tout au fil des pages.

La plume des auteurs est entraînante et percutante. Il faut bien évidemment mentionner que ce roman a été écrit par deux auteurs. Pourtant, j’y ai retrouvé une grande harmonie dans la narration. Les chapitres ne sont pas très longs, et à chaque fois, j’ai eu énormément de mal à poser mon roman.

Un roman qui est bien moins léger qu’il peut n’y paraître de prime abord. Les personnages sont attachants et l’histoire ne stagne pas, offrant ainsi des rebondissements qui permettent au lecteur de s’immerger totalement. Une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Carnaval – Rentrée littéraire

Carnaval d’Hector Mathis

  • Auteur : Hector Mathis
  • Titre : Carnaval
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 20 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Il y a déjà de longs mois que Sitam a brutalement quitté ceux qui partageaient son existence. Conscient désormais de son erreur, il cherche à retrouver sa compagne, lorsqu’il apprend la mort d’un ancien copain. Cette nouvelle l’oblige à retourner dans sa banlieue natale. Un voyage qui va le replonger dans le passé.

Ils étaient alors dans la même galère et formaient une bande. Complices, ils ont grandi entre la déconne, les problèmes d’argent et une soif immodérée d’aventure… 

Deuxième roman d’Hector Mathis, Carnaval entraîne le lecteur dans le grand défi lé de personnages hauts en couleur que la vie n’épargne guère. Et le rire, toujours présent, rivalise joyeusement avec le désespoir.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. Sitam, un jeune homme dans la vingtaine, apprend qu’il est gravement malade. Après avoir quitté Capu, son grand amour, il n’a maintenant qu’un seul objectif, et c’est de la retrouver afin de reprendre leur histoire là où elle s’était arrêtée. Pourtant, Sitam va se voir dans l’obligation de retourner dans sa banlieue. En effet, un de ses amis d’enfance est décédé. C’est lors de ce séjour dans la petite agglomération qui l’a vu grandir, que les souvenirs vont affluer pour Sitam et sa bande d’amis.

Je ressors secouée par ce court roman, intense et véloce, que ce soit dans les événements ou dans l’écriture. Il faut dire que l’auteur ne ménagera pas son lecteur et l’emmènera dans une atmosphère oppressante, précaire où l’espoir est peu présent, mais où l’amitié loyale et sincère tiendra une place primordiale.

Au travers des yeux de Sitam, le personnage principal, le lecteur va partir à la rencontre d’une bande d’amis totalement déjantés et qui deviendront au fil des pages des compagnons d’infortune, mais aussi des complices de situations cocasses et hautes en couleur.

Hector va décortiquer tout le parcours de Sitam au gré des souvenirs de ce dernier, et s’il faut dire que le roman tourne principalement autour du jeune homme, l’auteur va tout de même eglamenet mettre en avant d’autres personnages, avec des caractères très différents les uns des autres.

C’est un roman plein d’une nostalgie intense, de rêves brisés et de regrets. L’auteur laisse peu de place à l’insouciance mais a pourtant su mettre en exergue de belles valeurs tout au fil des pages, et cela a donné la petite touche édulcorée qu’il fallait à tout prix dans ce roman. Je suis ressortie chamboulée par cette histoire, et la peur ne m’a pas quittée pendant ma lecture. J’ai craint pour cette bande d’amis, et en particulier pour Sitam.

Les personnages sont tous très bien construits et l’auteur propose une galerie diverse de caractères. Il a su rester dans la crédibilité et la vraisemblance, et il a su décrire avec beaucoup de justesse les émotions. Ce n’est pas facile de rendre une telle atmosphère de nostalgie, et je trouve que l’auteur a réussi son pari à merveille.

La plume de l’auteur est véloce, presque dans l’urgence, à l’image du quotidien de Sitam. C’est un style très particulier qui à mon avis ne connaîtra pas de demi-mesure. Soit on accroche dès le départ, soit ce roman sera très difficile à lire et peut-être même lassant. Pour ma part, je ressors séduite par ce style atypique, mélangeant énormément d’argot et de langage très familier. C’est presque un style oral. L’auteur écrit comme parlerait Sitam et cela permet une immersion totale au lecteur.

Un roman d’amitié empreint d’une nostalgie pesante, où le protagoniste va faire ressurgir les souvenirs d’un passé pas toujours idyllique mais où la loyauté tiendra une place des plus importantes. Une très belle découverte au style très particulier. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Marilou est partout

Marilou est partout de Sarah Elaine Smith

  • Auteur : Sarah Elaine Smith
  • Titre : Marilou est partout
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 470
  • Parution : 27 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

notez« Je n’essayais pas de devenir Jude. Pas exactement. Mais je voulais disparaître, et elle avait laissé une place. »

Elevée au cœur de la Pennsylvanie rurale, Cindy, une jeune gamine livrée à elle-même, ne sait rien du rêve américain. Lorsqu’une belle adolescente surnommée Marilou disparaît, Cindy va peu à peu se rapprocher de la mère de celle-ci, Bernadette, folle de douleur. Si elle y voit l’occasion d’échapper à la médiocrité de son existence, peu à peu l’impensable va se produire : Bernadette va réellement prendre Cindy pour sa fille. A quel prix cette illusion fragile peut-elle tenir?

Intrigant, dérangeant, Marilou est partout est le roman d’une revanche impossible sur le réel, d’une adolescence réinventée, qui rappelle Virgin Suicides et les romans de Laura Kasischke .

« J’avais envie que tous les cœurs cachés me cherchent, moi. J’avais envie de briller dans le vaste horizon des disparus, parce que les disparus occupaient tout le ciel, toute l’atmosphère. »

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Pennsylvanie. Cindy, quatorze ans, vit auprès de ses grands frères, Clinton et Virgil. Avec un père absent et une mère qui est accaparée par le travail, la jeune fille doit se débrouiller seule. Lorsque Jude, ex petite-amie de Virgil, disparaît, son quotidien va prendre un tournant inattendu. Et si elle remplaçait Jude auprès de Bernadette, la maman de la jeune femme disparue ?

Voilà longtemps que je n’avais pas lu un roman d’une telle densité, d’une âpreté extrême et aussi dérangeant. Je ressors totalement chamboulée et l’écriture percutante de l’auteure n’y est pas pour rien. J’ai fait une expérience de lecture particulière et incomparable. Je sais que c’est un roman auquel je vais souvent y repenser. C’est fort et d’une rare profondeur, et ce jusqu’au dénouement surprenant mais cohérent avec l’intrigue.

Je tiens à vous prévenir d’emblée, il faudra vous accrocher. L’auteure exige de la concentration de la part de ses lecteurs, de par une manière d’écrire très particulière. Si vous recherchez une intrigue où les rebondissements sont légion, vous en ressortirez forcément déçus. Je ne peux pas dire que ce soit un roman dans lequel il se soit passé une multitude d’événements. L’intrigue est finalement très statique.

Pourtant, je n’ai ressenti aucune longueur, aucun ennui, et c’est là où Sarah Elaine Smith fait fort. Dans un roman avec très peu d’action, elle va davantage se centrer sur la psychologie des personnages et je dois admettre qu’elle a excellé sur ce point. Elle propose des caractères complexes et nuancés, et c’est remarquablement bien rendu. Les personnages de Cindy et de Bernadette sont d’une telle profondeur qu’elles suffisent à porter a elles-seules une histoire dérangeante et triste.

J’ai été subjuguée par le décor qui apporte une dimension douloureuse au récit. Les descriptions sont réalisées avec beaucoup de talent, et surtout, j’ai subi beaucoup d’émotions contradictoires pendant toute ma lecture.

La plume de l’auteure est somptueuse. C’est un style réellement exigeant qu’elle propose et c’est un roman à lire tout en restant très concentré. La sonorité des mots est belle, mais j’avoue que ce n’est pas toujours aisé de suivre le sens de toutes les phrases. Le récit est narré à la première personne, sous le point de vue de Cindy et j’ai trouvé ce choix particulièrement réussi. Cela permet ainsi au lecteur de suivre pas à pas les pensées de la protagoniste.

Un roman âpre, douloureux, dérangeant, à l’écriture surprenante et exigeante. L’auteure propose une intrigue sans faille. Ne passez pas à côté de ce récit atypique et d’une rare densité. À découvrir.

Ma note : 19/20

Contemporain

Les jours brûlants

Les jours brûlants de Laurence Peyrin

  • Auteur : Laurence Peyrin
  • Titre : Les jours brûlants
  • Éditions : Calmann-Levy
  • Genre : Contemporain
  • Nombre de pages : 324
  • Parution : 27 mai 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé


À 37 ans, Joanne mène une vie sereine à Modesto, jolie ville de Californie, en cette fin des années 1970. Elle a deux enfants, un mari attentionné, et veille sur eux avec affection. Et puis… alors qu’elle rentre de la bibliothèque, Joanne est agressée. Un homme surgit, la fait tomber, l’insulte, la frappe pour lui voler son sac. Joanne s’en tire avec des contusions, mais à l’intérieur d’elle-même, tout a volé en éclats. Elle n’arrive pas à reprendre le cours de sa vie. Son mari, ses enfants, ne la reconnaissent plus. Du fond de son désarroi, Joanne comprend qu’elle leur fait peur. Alors elle s’en va. Laissant tout derrière elle, elle monte dans sa Ford Pinto beige et prend la Golden State Highway. Direction Las Vegas.
C’est là, dans la Cité du Péché, qu’une main va se tendre vers elle. Et lui offrir un refuge inattendu. Cela suffira-t-il à lui redonner le goût de l’innocence heureuse ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Levy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1976, Modesto. Joanne mène une vie paisible aux côtés de son mari et de ses deux enfants. Femme au foyer, elle semble épanouie sous tout point de vue. C’est la reine des cocktails lors des dîners organisés à la maison. Elle sait manier les ingrédients et les dosages comme personne. Pourtant, tout va basculer, lorsqu’un jour, en sortant de la bibliothèque où elle s’était rendue afin d’emprunter des romans, elle va se faire agresser. Dès lors, Joanne va peu à peu perdre pied, jusqu’au jour où elle décide de fuir à Las Vegas, et de tout recommencer seule.

C’est un très bon roman, même si je dois avouer que parfois, j’ai eu quelques difficultés à suivre les réactions de la protagoniste. Pourtant, je dois reconnaître à ce roman une très belle part de beauté, et le périple de Joanne m’a énormément touchée.

Il est impossible de ne pas ressentir d’empathie pour la jeune femme. Elle se retrouve totalement déboussolée après son agression, se rendant coupable, notamment parce qu’elle n’a pas su se défendre. Elle va peu à peu se protéger sous une carapace infranchissable, et n’y voyant aucune autre issue, elle prendra la fuite. Si je peux comprendre le fait qu’elle se soit sentie un peu seule dans cette épreuve, notamment à cause d’un mari trop accaparé par son travail de médecin, il m’a néanmoins paru qu’elle allait trop loin.

Pourtant, je n’ai pu qu’admirer la capacité de Joanne à prendre un nouveau départ et de nouveaux repères. J’avoue avoir ressenti une dualité tout au fil de ma lecture, ayant eu à tour de rôle beaucoup de tendresse pour la protagoniste, mais aussi beaucoup de colère à cause de l’abandon qu’elle inflige sans explication aucune à sa famille. C’est un personnage féminin complexe et qui ne m’a pas laissée indifférente.

Ce roman est dépaysant, de par son immersion totale dans le Las Vegas de la fin des années 70. L’atmosphère y est très bien rendue et cela octroie beaucoup de caractère au récit. Cependant, j’ai eu la sensation à maintes reprises de tourner un peu en rond. Même si cela n’a pas émaillé mon plaisir de lecture, j’ai trouvé cela dommage.

La plume de l’auteure est raffinée et élégante. D’un style exigeant, elle ne nous permet pas forcément de tourner les pages avec avidité, mais plutôt de lire à un rythme modéré afin d’être apte à apprécier toutes les couleurs qui émanent de ce récit. Les chapitres sont de petite taille, et cela dynamise l’intrigue. Je voudrais accorder deux petites mentions spéciales, à savoir d’un côté la couverture élégante et très belle, et d’un autre côté, l’amorce des chapitres très originale. En effet, chacun d’entre eux débute par le nom d’un cocktail, de ses ingrédients et de la caractéristique de son arôme. C’est un très joli clin d’œil fait à Joanne.

Un beau roman, servi par une plume élégante et une héroïne que ne m’aura pas laissée indifférente. J’ai eu une multitude d’émotions contradictoires pendant ma lecture. Même si je n’ai pas toujours compris les réactions de la protagoniste, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour elle. À découvrir.

Ma note : 16/20

Contemporain

Le cerbère blanc

Le cerbère blanc de Pierre Raufast

  • Auteur : Pierre Raufast
  • Titre : Le cerbère blanc
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 260
  • Parution : 4 mars 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Choyé par les siens, Mathieu vit une enfance idyllique dans la vallée de Chantebrie. Mais tout bascule le jour où il perd ses parents dans un accident tragique. C’est décidé, il consacrera sa vie à défier la mort. Il quitte sa vallée et Amandine, sa fiancée, pour suivre des études de médecine à Paris. Là, il travaillera pour un taxidermiste dont la plus belle pièce est un mystérieux cerbère blanc… Mais peut-on vraiment oublier son passé ?
Tiraillé par ses démons, ses regrets et son ambition, Mathieu ira d’aventure en aventure jusqu’à ce lieu ultime, interdit, duquel il reviendra transformé.

Dans ce roman, Pierre Raufast joue avec l’imaginaire et la fantaisie pour aborder des sujets graves : le culte de la jeunesse, la peur du déclin, la folie d’une société qui croit pouvoir nier la mort. Il est aussi question de métamorphoses ; de l’amour, de nos choix et de nos âmes.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Vallée de Chantebrie. Mathieu et Amandine sont liés depuis leur plus tendre enfance. Leurs parents respectifs étant très proches, c’est une relation étroite que les deux jeunes entretiennent. Ils vont ressentir l’un pour l’autre des sentiments amoureux au fil des années. Pourtant, un événement dramatique va surgir et Mathieu va décider de fuir, laissant Amandine désemparée.

Ce roman constitue ma première incursion dans l’univers littéraire de Pierre Raufast et je dois bien avouer que j’en ressors conquise. C’est un récit qui m’aura bousculée à bien des égards et que j’ai trouvé remarquable de par l’originalité dont il fait preuve.

Il faut dire que ce roman débutait pourtant d’une manière assez simple, avec une histoire d’amour banale. Mais Pierre a réussi à sortir des sentiers battus et à prendre des directions dans son intrigue qui m’auront totalement déroutée. Je ne m’attendais pas à trouver certaines thématiques abordées sous une grande originalité.

Pierre a un véritable talent de conteur et l’idée d’intégrer en filigrane la mythologie grecque à son récit m’a particulièrement plu. J’ai trouvé cela judicieux. Au final, l’auteur nous propose une histoire placée sous le signe de la sensibilité et aborde des thématiques très difficiles avec une grande acuité et beaucoup de profondeur.

Les personnages sont complexes et très bien esquissés. Pierre a réussi à créer une grande dualité chez Mathieu. Si j’ai souvent eu de l’empathie pour lui, à cause de toute cette culpabilité qu’il porte sur ses épaules, j’ai par contre parfois eu énormément de mal à ressentir de la sympathie pour lui, notamment à cause de sa lâcheté par rapport à Amandine. Ce sont donc des personnages qui sont loin d’être superficiels et qui font soulever des sentiments contradictoires chez le lecteur.

La plume de l’auteur m’a totalement conquise. C’est vraiment particulier, et il faut reconnaître à Pierre un talent de conteur. Les chapitres alternent entre les points de vue de Mathieu et d’Amandine, et j’ai trouvé ce schéma narratif particulièrement bien choisi. J’ai ainsi pu suivre au plus près leurs ressentis.

Un roman original abordant une multitude de thématiques très délicates et difficiles. L’auteur fait preuve d’acuité et l’intrigue, servie par des personnages forts, offre une grande profondeur qui ne laissera pas le lecteur indifférent. Une très bonne lecture.

Ma note : 17/20

Contemporain

La vie en ose

La vie en ose de Lisa Azuelos

  • Auteur : Lisa Azuelos
  • Titre : La vie en ose
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 11 juin 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Alice, 53 ans, fraîchement divorcée, vient de voir sa fille, la petite dernière, quitter la maison. Elle décide d’entamer un nouveau chapitre de sa vie. Elle doit se faire engager comme styliste d’intérieur, son rêve depuis toujours. Mais rien ne se déroule comme prévu, et elle se retrouve vendeuse dans une boutique de déco. Après un week-end de déprime passé à binger sur son canapé, le cheveu gras, elle décide qu’elle alignera sa nouvelle vie sur le mantra de Walter White, le héros de Breaking Bad : « L’ennemi, c’est la peur. » À partir de maintenant, elle sera celle qu’elle n’a jamais osé être : elle-même.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alice, 53 ans, voit son quotidien totalement bouleversé suite à son divorce et au départ de ses deux enfants du domicile familial afin de poursuivre leurs études. Pour cette femme qui a consacré ses journées à sa famille et qui se retrouve soudainement seule, c’est un véritable chamboulement. Va-t-elle réussir à reprendre confiance en elle-même et a enfin oser tout ce qu’elle s’est refusé jusque là ?

Je ne connaissais pas la facette d’écrivaine de Lisa Azuelos et c’est donc avec une grande curiosité que je me suis plongée dans les pages de ce roman. Rien que la couverture m’avait déjà convaincue. Et je dois dire que le fond m’a totalement conquise. Quel beau roman de reconstruction nous propose ici Lisa.

Ce récit a presque des allures de développement personnel. Lisa part d’un postulat de départ très simple, mais que j’ai pourtant peu croisé tout au fil de mes lectures. C’est un très bel hommage qu’elle va rendre à toutes ces femmes qui ont consacré leur vie à leurs familles, et qui se sont retrouvées désœuvrées lorsque tout s’arrête.

Au travers d’Alice, le lecteur suivra la reconstruction d’une femme dans une toute nouvelle étape de sa vie, où elle va devoir apprendre à se rénover et à laisser de côté tout ce qu’elle s’est empêchée de faire, sous prétexte de temps. Lisa propose une analyse fine tout au fil des pages et donne matière à la réflexion. Cela débute ne serait-ce qu’avec le titre du livre. Alice va enfin oser s’assumer et se donner les moyens de s’épanouir à nouveau. Surtout, Alice va enfin se consacrer du temps à elle-même.

J’ai beaucoup aimé l’idée du petit journal rose d’Alice, dans lequel cette dernière s’adresse à elle-même, afin de se donner du courage. Cela permet au lecteur une immersion totale et je me suis sentie la spectatrice privilégiée de la reconstruction de cette femme forte et charismatique, mais aussi en proie aux multiples doutes.

La plume de l’auteure est d’une grande douceur. Sous forme de petits chapitres abordant le quotidien d’Alice et terminant par un petit passage de son journal, les pages ont défilé. Je me suis totalement attachée à la protagoniste et je n’aurais pas été contre d’en lire davantage.

Un très beau roman abordant la reconstruction d’une femme. Sous une plume emplie de sensibilité, ce roman aux allures de développement personnel est une véritable réussite. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Donne-moi la main Menino

Donne-moi la main Menino d’Aurélie Delahaye

  • Auteur : Aurelie Delahaye
  • Titre : Donne-moi la main Menino
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Anne Carrière
  • Nombre de pages : 253
  • Parution : 13 mars 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Menino est un Lisboète de 34 ans qui a du mal à quitter l’enfance. Il aimerait qu’on arrête de le traiter comme un gamin, mais son tempérament velléitaire et ses pyjamas Spiderman ne plaident pas sa cause. Sa ville tant aimée a beaucoup de succès depuis quelques années. Lisbonne prospère, attire les investisseurs du monde entier, mais elle y perd son âme à mesure que ses habitants sont contraints de la déserter.

Autour de Menino gravite une constellation hétéroclite : Joséphine, thésarde idéaliste ; Nuno agent immobilier en pleine ascension ; Senhor Zé, le petit vieux le plus populaire de la vieille ville qui résiste à l’expulsion ; Fanny entrepreneuse audacieuse mais pleine de certitudes…

Au contact de ses amis, Menino se laisse embarquer au cœur d’une lutte sans merci : Lisbonne, assaillie par les promoteurs et l’ogre Airbnb, a presque déjà abandonné ses enfants. Le combat est inégal, impossible, et lui, contrairement à son pyjama, n’a aucun super-pouvoir. À moins que les ogres n’aient réveillé chez Menino et ses amis le pouvoir qui sommeille en chacun de nous.

Mon avis

Tout, d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Anne Carrière pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lisbonne. Menino est un jeune homme à l’étroit dans son travail. Pourtant, sa ville, ã laquelle il est profondément attaché, lui permet de garder le sourire. Autour de lui gravitent plusieurs personnages, notamment Joséphine, une Parisienne qui se trouve à Lisbonne pour un an afin de rédiger sa thèse, Nuno, un agent immobilier ambitieux, Fanny, la femme avec qui il entretient une relation ambiguë. C’est dans cette Lisbonne en pleine prospérité que cette galerie de personnages évolue. Pourtant, tout n’est pas rose. L’essor de Lisbonne ne se fait pas sans mal, et bientôt les soucis arrivent.

C’est un très beau roman que j’ai découvert. J’ai ressenti beaucoup d’émotions avec cette histoire d’amitié avant tout, mais aussi au travers du pan sociétal qu’aborde l’auteure dans son récit.

En effet, la notion de prospérité d’une ville, ici en l’occurrence Lisbonne, est présente tout au fil des pages. Pourtant, cela a des conséquences, et c’est donc ainsi que le lecteur fera la connaissance de Senhor Zé, un petit vieux qui craint d’être expulsé à tout moment de son chez-soi, pour permettre ainsi l’essor du marché immobilier et l’implantation des Airbnb.

Aurélie va ainsi nous montrer les méfaits à vouloir dénaturaliser l’authenticité d’une ville et faire une critique acerbe du tourisme de masse, pour qui le charme de Lisbonne importe finalement bien peu. Ce sera le fil rouge de ce roman engagé.

Mais ce récit, c’est avant tout une histoire d’amitié. L’auteure a su mettre en exergue beaucoup de valeurs, telles que le courage, la loyauté et la volonté de se battre pour ses idéaux. Il est impossible de ne pas s’attacher aux personnages, que j’ai trouvés très bien esquissés et nuancés. Même si le roman peut paraître centré sur Menino, il n’en est rien. Chacun d’entre eux a bien sa place et son rôle à tenir.

La plume de l’auteure est d’une grande fluidité. J’ai décelé à maintes reprises un véritable talent de conteuse chez Aurélie. C’est un style particulier et, je pense, facilement reconnaissable. Sous forme de petits chapitres, le récit est rythmé. Les pages ont défilé.

Ce roman offre une véritable petite bulle de douceur, mais prête également à réfléchir de par le pan sociétal qu’il aborde. Au travers d’une plume fluide et avec un talent de conteuse, l’auteure saura immerger son lecteur dans Lisbonne. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Isabelle, l’après-midi

Isabelle, l’après-midi de Douglas Kennedy

  • Auteur : Douglas Kennedy
  • Titre : Isabelle, l’après-midi
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 312
  • Parution : 4 juin 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Avant Isabelle, je ne savais rien du sexe.

Avant Isabelle, je ne savais rien de la liberté.

Avant Isabelle, je ne savais rien de la vie.

Paris, début des années 1970.

Dans une librairie de la rive gauche, un jeune homme rencontre une femme. Il est américain, étudiant, sans le sou, et a tout quitté pour assouvir ses fantasmes de la Ville Lumière ; elle est française, un peu plus âgée, sophistiquée, mystérieuse et… mariée.

Entre Sam et Isabelle, c’est le coup de foudre.

Commence alors une liaison tumultueuse, des cinq à sept fiévreux, des rendez-vous furtifs, des moments volés. Mais Sam veut plus. Isabelle lui a ouvert les portes d’une autre vie mais est-elle prête à tout lui sacrifier ? La passion saura-t-elle résister au quotidien, aux épreuves et au temps qui passe ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. Sam, un jeune américain étudiant en droit, va rencontrer Isabelle, une traductrice quelque peu plus âgée que lui. Dès lors va débuter une passion fulgurante. Pourtant, Isabelle est mariée et leurs rendez-vous se limiteront à des cinq à sept dans un petit appartement, propriété d’Isabelle. Bientôt, Sam en demandera plus.

Pour avoir lu une bonne partie des romans de Douglas Kennedy, je peux affirmer qu’il s’agit ici de son récit le plus intime, le plus profond et le plus bouleversant. Je ressors séduite par ce roman dans lequel Douglas va réussir à décortiquer les sentiments avec une rare acuité.

L’histoire de Sam et Isabelle m’a profondément touchée, et pourtant, j’ai eu beaucoup de mal avec Isabelle. Je ne doutais pas de son amour pour Sam, mais le fait qu’elle ne se décide pas à avancer et enferme Sam dans des rendez-vous sporadiques m’a un peu déçue.

La force de Douglas Kennedy réside indubitablement dans son talent à prendre des scènes quotidiennes et les insérer en les romançant parfaitement dans son récit. Cela lui permet de nous décrire au mieux les avancées de ses personnages, mais surtout de rendre totalement crédible l’histoire. Ici, cela a marché complètement. J’ai été si prise dans cette lecture que j’en suis ressortie chamboulée.

Au fur et à mesure que j’ai tourné les pages, je me suis rendue compte du choix de Douglas, de nous montrer au mieux les aléas des hasards et des décisions que tout un chacun prend au quotidien. Cette notion est très présente, et les personnages en prennent également conscience, regrettant parfois de ne pas avoir pris une autre direction. Tout cela accorde une dimension psychologique très forte au récit, apportant questionnements et remises en question, et cela m’a particulièrement plu.

Les personnages sont remarquablement construits. Bien évidemment, l’histoire tourne autour de Sam et Isabelle, mais vers la moitié du roman, cette dernière se fait moins présente, laissant place à d’autres personnages tout aussi torturés et esquissés avec profondeur.

La plume de l’auteur sonne juste. Douglas réussit à décortiquer les sentiments comme peu d’auteurs savent le faire. D’un style fluide et entraînant, il émane pourtant beaucoup d’élégance dans les mots. C’est plaisant à lire. Les chapitres sont assez longs, et l’usage de la première personne est judicieux, permettant ainsi au lecteur de mieux comprendre les pensées de Sam.

Un très beau roman, intimiste et profond, où l’auteur décortique les émotions avec brio. Ce roman m’a bouleversée et je ne peux que vous le conseiller.

Ma note : 18/20

Contemporain

La route du lilas

La route du lilas d’Éric Dupont

  • Auteur : Éric Dupont
  • Titre : La route du lilas
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 512
  • Parution : 27 mai 2020
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Résumé

Chaque printemps, Shelly et Laura traversent les États-Unis pour suivre la floraison du lilas. En plus de leur offrir quelques mois de lilas supplémentaires, ce périple leur permet de faire passer clandestinement la frontière canadienne à des femmes en fuite qui veulent refaire leur vie. Cette année, elles accueillent Maria Pia, sexagénaire brésilienne, à bord de leur camping-car. Initiée au rite de l’écriture sous l’influence du parfum enivrant du lilas par ses deux compagnes de voyage, Maria Pia dévoile au fil des jours et des pages les raisons de sa cavale, son histoire ainsi que celle des femmes qui ont marqué sa vie. Entre passé, présent, mythe et réalité, du Tennessee à Montréal en passant par Rio et Paris, ces histoires enchevêtrées dessinent une ode à la résilience et à toutes les femmes du monde.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Shelly et Laura sont prises de passion pour les lilas. C’est ainsi que chaque printemps, elles traversent les États-Unis pour suivre la floraison de cette fleur. Lors de l’un de leurs périples, elles vont faire la rencontre de Maria, qui est en cavale. Elles vont la recueillir et Maria va peu à peu délivrer ses secrets.

Voilà une histoire très émouvante à bien d’égards. J’ai été conquise par la destinée des ces trois femmes, mais surtout, je ressors bouleversée par l’histoire de Maria.

Sous forme de périple et de récit enchevêtré, l’auteur déroule une intrigue sans faille où les personnages vont se raconter. Il va ainsi livrer un bel hommage à toutes les femmes qui se sont battues pour leurs droits, et qui ont été incroyablement inspirantes.

Il faut rester bien concentré lors de cette lecture. Beaucoup de retours en arrière sont effectués, beaucoup de voyages également. Il n’est pas toujours aisé d’y retrouver le fil conducteur et il faut un petit temps d’adaptation. Une fois que c’est chose faite, on se retrouve pris dans un récit duquel on ne voudra pas en ressortir.

C’est une très belle histoire de résilience que nous propose Éric. J’ai été happée par le récit de Maria, et cela m’a beaucoup chamboulée à maintes reprises. C’est une histoire qui n laisse pas indemne son lecteur et qui le pousse à réfléchir.

Bien évidemment, la force de ce roman est centrée sur les personnages féminins. Je me suis beaucoup attachée à Shelly et Laura, et j’ai été très intriguée par Maria. Ces personnages sont tout en nuances et ne laissent pas indifférents.

La plume de l’auteur est très belle. J’ai même parfois eu tendance à la qualifier de poétique. Ce n’est pas une plume forcément fluide à proprement parler, puisque le tout est écrit sous une plume assez soutenue. Malgré tout, les pages ont défilé sans même m’en rendre compte.

Un roman sur la résilience et le courage de personnages principaux forts et très bien dépeints. J’en ressors émue et je ne peux que vous conseiller de découvrir ce récit.

Ma note : 17/20

Contemporain

Le corps de Sankara

Le corps de Sankara d’Agnès Clancier

  • Auteur : Agnès Clancier
  • Titre : Le corps de Sankara
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Le Rocher
  • Nombre de pages : 280
  • Parution : 11 mars 2020
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Résumé

Daurat, soixante ans, grand voyageur, trois fois divorcé, vient de décrocher un contrat au Burkina Faso. C’est sans doute son dernier poste et il cherche un nouveau sens à sa vie en se lançant dans un projet audacieux, l’exploitation d’une mine d’or, un investissement qui se révélera plus risqué que prévu. De son côté, Lucie, encore étudiante, se remet d’un chagrin d’amour en préparant un doctorat en sciences de l’environnement et rejoint, à Ouagadougou, une association humanitaire. Dans ce pays à l’atmosphère étouffante, où la vie quotidienne est chaotique et la situation politique incertaine, la tension pointe.

Le Corps de Sankara raconte le cheminement de deux déracinés, désireux de reprendre leur vie en main et confrontés à une réalité africaine éloignée de leurs repères. Bousculés dans leurs habitudes, ils s’attachent peu à peu à ce pays, y forgent des amitiés, Yassia, Mathias, Blaise… jusqu’à ce que leurs destinées individuelles prennent un nouveau tournant, alors que la population se soulève.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Le Rocher pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Burkina Faso. Daurat travaille pour l’ambassade. Lucie, une jeune étudiante, y développe un projet aux côtés d’une association humanitaire. Ces deux personnages ont en commun une volonté de reprendre leur quotidien en main suite à un échec amoureux. Daurat est divorcé trois fois, et vit très mal sa dernière séparation avec Elisabeth. Quant à Lucie, elle se remet difficilement d’une rupture avec celui qu’elle croyait être son grand amour. Dans un pays totalement inconnu pour eux, ils vont apprendre à se reconstruire.

C’est un très beau roman que j’ai découvert. Une véritable histoire de résilience, où chacun des personnages va remettre ses certitudes en question et apprendre à avancer suite à diverses déceptions, principalement amoureuses.

Ce roman profond offre un véritable dépaysement tant pour ses personnages que pour son lecteur. Le cadre géographique est totalement immersif et les descriptions réalisées avec beaucoup de soin et de réalisme offre une véritable immersion.

J’ai fortement apprécié la manière dont l’auteure arrive à intégrer le contexte politique d’un pays qui change. Agnès réussit un mélange des genres, mêlant la petite histoire des personnages à la grande Histoire. C’est équilibré tout au fil des pages, et le tout forme un ensemble harmonieux.

Les personnages sont très bien construits. J’ai eu beaucoup d’empathie pour Lucie et j’ai eu peur des choix de Daurat, qui se sont pas judicieux à plusieurs reprises. Ils sont très bien esquissés, et aucun manichéisme est présent chez eux, ce qui est appréciable.

La plume de l’auteure est très agréable à lire et fluide à souhait. Chaque chapitre est consacré soit à Daurat, soit à Lucie. Cependant, j’aurais aimé davantage d’équilibre, puisque tout au fil du récit, l’auteure se concentre plutôt sur Daurat. J’aurais aimé retrouver Lucie un peu plus souvent. Les titres des chapitres sont très originaux.

Un roman qui constitue un véritable dépaysement, servi par deux personnages en reconstruction suite à une déception amoureuse. C’est un très beau roman, à l’écriture fluide. À découvrir.

Ma note : 16/20