Contemporain

Maritimes

Maritimes de Sylvie Tanette

  • Auteur : Sylvie Tanette
  • Titre : Maritimes
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 120
  • Parution : 12 mai 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une île perdue en Méditerranée. Des collines, des oliveraies et, au fond d’une crique rocheuse, un village paisible avec son port minuscule. Depuis toujours, sa poignée d’habitants se tient à distance du continent… Ils racontent que de mystérieuses créatures marines veillent sur eux.
Assis sur un banc face à la mer, un vieillard se souvient. C’était l’époque de la dictature. Un jour, un jeune inconnu à l’allure de dieu grec, Benjamin, avait débarqué sur l’île. Il était en fuite, tous s’en doutaient mais nul, jamais, ne lui a demandé de comptes. Benjamin s’est installé dans une maison en ruine, sur un promontoire isolé où bientôt le rejoint Michaëla, fille de l’île et de la mer. Mais la haine qui ravage un continent peut frapper un bout de terre qui se croit à l’abri du monde.
Une puissante histoire de résistance et d’indocilité qui est aussi un appel à l’attention envers la nature et à la force de la fraternité. L’évocation poétique et solaire d’une mythologie méditerranéenne éternelle et celle d’une mémoire chargée de chagrin. On n’oubliera pas la vision de Michaëla et Benjamin, de leur amour éperdu, fracassé par l’horreur de la dictature.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Grasset pour leur confiance.

Une île, dans la Méditerranée. Les habitants y résident comme dans une bulle, à l’écart de la dictature qui sévit sur le continent. Ils semblent êtres écartés et séparés de tout. Lorsque Benjamin, un mystérieux jeune homme, débarque sur l’île pour s’y installer, les habitants l’accueillent sans lui poser de questions.

Je dois dire que je ressors conquise par ce récit. J’ai été surprise par ce magnifique roman aux allures de conte, et c’est un coup de cœur pour ma part. J’ai apprécié le décor de l’histoire et surtout, j’ai eu la sensation d’une véritable parenthèse littéraire, emplie d’émotions.

C’est un vieil homme qui narre l’histoire de cette île et qui, au gré de ses souvenirs, nous raconte le quotidien de ces habitants. Ils vivent vraiment à l’écart de tout, et sont très secrets avec toute nouvelle personne arrivant sur l’île. La solidarité est également de mise entre ces habitants. C’est souvent touchant à suivre, le texte est de toute beauté.

Peu à peu, l’histoire de Benjamin est dévoilée, par petites touches. Ce récit est empreint de beaucoup d’émotions. Tout le récit est vu au travers du regard du vieil homme qui se souvient.

La plume de l’auteure est empreinte de douceur. Ce récit est court mais très puissant, et les descriptions de l’île sont rendues à la perfection. Le texte est narré à la première personne, sous le point de vue du vieil homme.

Un récit aux allures de conte. Une véritable parenthèse littéraire faite d’émotions. Les descriptions sont très réussies. Bien que le roman soit court, il est d’une grande intensité. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Pourquoi nous ?

Pourquoi nous ? d’Astrid Veillon

  • Auteur : Astrid Veillon
  • Titre : Pourquoi nous ?
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Plon
  • Nombre de pages : 264
  • Parution : 3 juin 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

-Un lumineux roman d’amour, de tolérance et de résilience sur la fragilité de la vie et l’importance de vivre à fond le moment présent.
Charly, navigateur épris d’aventure et de liberté, et Lucy, célèbre comédienne, ont tout pour être heureux. Chacun a trouvé en l’autre son double et s’autorise enfin à vivre pleinement. Jusqu’au jour où un drame vient briser la bulle de bonheur qu’ils ont construite autour de leur petit Léo…

Une relation mère-fils bouleversante et un lumineux roman d’amour, de tolérance et de résilience sur la fragilité de l’existence et l’importance de vivre le moment présent.

Quand le plus beau des cadeaux à faire à un enfant est de lui apprendre à aimer la vie envers et contre tout…

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Plon pour leur confiance.

Charly est navigateur, Lucy est actrice. Alors que l’un revient d’une compétition et que l’autre revient d’un tournage, le hasard va leur permettre de se rencontrer. Lors de l’anniversaire d’un ami en commun, ils vont se trouver et dès lors, tout semble être une évidence entre eux. Ils ne se quittent plus. Malgré leurs caractères totalement opposés, Charly et Lucy se laissent entraîner dans le tourbillon de l’amour.

J’ai eu un coup de cœur énorme pour cette histoire qui m’a bousculée dans mes émotions tout au fil des pages. Quel magnifique roman nous livre ici Astrid, et quelle acuité dans son analyse des sentiments , que ce soit en ce qui concerne l’amour dans un couple, tout comme l’amour materno-filial. Je suis ressortie profondément émue et chamboulée à la fin de ma lecture.

Sous un postulat de départ simple, Astrid va aborder diverses thématiques. Les deux personnages principaux sont touchants au possible. Je me suis attachée à eux dès le début. D’emblée, j’ai su que Lucy cachait un passé douloureux, qui se traduit par son urgence à profiter des moments présents. La jeune femme est secrète et son histoire sera dévoilée par petites touches.

Cette histoire d’amour m’a parue sublime. Je n’ai pas retrouvé de clichés ni de poncifs qui peuvent être propres aux romances. Bien au contraire, j’y ai juste retrouvé deux personnages qui se livrent peu à peu l’un à l’autre. Astrid a su brosser des caractères très sensibles.

Astrid va également aborder l’amour materno-filial dans ce roman. Les mots sont choisis avec grande justesse et la sensibilité transparaît à chaque page. J’ai été très émue de voir l’épanouissement des personnages.

La plume de l’auteure est tout en simplicité mais sonne juste à tout moment. J’ai fortement apprécié le schéma narratif proposé par Astrid. En effet, l’alternance des points de vue de Charly et de Lucy permet de mieux comprendre comment chacun d’entre eux appréhende les événements. Ces passages sont entrecoupés d’une narration plus neutre, dans laquelle aucun des deux personnages ne prend la parole. Le style est empli de douceur.

Un roman bouleversant, de ceux qui touchent profondément et dont on ne ressort pas indemnes. L’auteure aborde les sentiments avec délicatesse et beaucoup de sensibilité. Un roman à ne pas manquer.

Ma note : 19/20

Contemporain

Fête et défaites

Fête et défaites d’Antoine Cristau

  • Auteur : Antoine Cristau
  • Titre : Fête et défaites
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 6 mai 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Camille et Laurent s’aiment.

Depuis qu’elle est enfant, Camille rêve d’un grand mariage tandis que Laurent, marqué par le divorce de ses parents, s’est juré de ne jamais s’engager. Par amour, chacun fait un pas en direction de l’autre : ce sera un pacs imaginé en petit comité, avec leurs familles et quelques amis. Mais c’est sans compter l’intrusion zélée des parents de Camille dans l’organisation de cette célébration.

Le jour « J » arrive : la fête tiendra-t-elle toutes ses promesses de bonheur ?

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Cherche Midi pour leur confiance.

Camille et Laurent forment un couple heureux. Pourtant, le jeune homme est réticent au mariage. Camille va alors lui proposer de se pacser, et de faire une fête en petit comité pour célébrer leur union. Ce ne sera pas du goût des parents de la jeune femme, qui ont toujours imaginé un grand mariage pour leur fille. Comment ces deux familles, issues de milieux très différents, vont-elles réussir à trouver un terrain d’entente ?

Voilà un roman rafraîchissant, qui permet un moment de lecture tout en douceur et d’évasion, le tout agrémenté par une belle pointe d’originalité. En effet, celle-ci réside dans la construction narrative particulière et déroutante.

Chaque fin de chapitre est constitué d’une phrase qui clôt celui-ci et ouvre le prochain. Si au début, j’ai été un peu sceptique quant à ce procédé, je dois dire que je me vite prise au jeu. C’est un exercice de style loin d’être aisé, et il faut reconnaître que l’auteur a su maîtriser ce pan du récit.

En ce qui concerne l’histoire, s’il est vrai que l’intrigue ne révolutionnera pas le genre, elle n’en reste pas moins très agréable à suivre. J’ai beaucoup aimé cette galerie de personnages qui ont tous leurs particularités. L’auteur a su créer des caractères forts et il a réussi à bien dépeindre tous les personnages.

Tout au fil des pages, le lecteur suivra l’organisation de la fête prévue par les parents de Camille. Les tensions croissent et les émotions seront à fleur de peau. Il faudra rester concentré pendant l’histoire, les personnages étant très nombreux. Malgré tout, l’auteur nous illustre l’arbre généalogique de Laurent et Camille au début du roman, et j’ai trouvé cela très judicieux.

La plume de l’auteur est fluide et très addictive. Chaque petit chapitre mettra en exergue l’un des personnages qui constitue l’histoire. Les pages défilent et le tout est très addictif. Les dialogues sont très bien construits.

Un récit à la construction originale, véritable feel-good, servi par des personnages hauts en couleurs. Un roman rafraîchissant à découvrir.

Ma note : 16/20

Contemporain

Les vents sauvages

Les vents sauvages de Johann Guillaud-Bachet

  • Auteur : Johann Guillaud-Bachet
  • Titre : Les vents sauvages
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 7 avril 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans une France au bord de la guerre civile, où les ressources se font rares, Étienne décide de tout quitter pour se réfugier avec sa fille Manon dans la ferme familiale, au milieu des forêts d’épineux.
Il y retrouve de vieux amis mais son rêve d’autarcie s’écroule rapidement : la vie est rude dans la vallée cernée d’imposantes montagnes où plus personne n’ose
s’aventurer. Les pouvoirs publics ont déserté la région, au profit de la mystérieuse Fonderie qui semble tenir le village et les alentours sous son joug. Ici aussi,
peur et violence règnent.
Bientôt, Étienne apprend que plusieurs jeunes filles ont disparu et que des corps d’hommes déchiquetés sont régulièrement retrouvés à la fonte des neiges.
Chaque jour, les vents se déchaînent, chaque jour, les habitants se terrent… Et les peurs ancestrales resurgissent.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Calmann-Lévy et l’auteur pour leur confiance.

Dans une France qui se déchire, Étienne décide de partir avec sa fille Manon dans la ferme familiale, au milieu d’un village perdu. Les habitants vont se montrer bien soupçonneux face à ces nouveaux arrivants. Pourtant, tous ne leur réservent pas un accueil hostile. Étienne et Manon trouveront du réconfort auprès de Mathieu, Caro et leurs enfants, ainsi que de Seriane, la voisine d’Étienne. Certains événements étranges vont subvenir. Que se passe-t-il dans cet endroit ?

Quel roman bluffant et déroutant. Je dois dire que Johann n’a pas son pareil pour créer des atmosphères particulières qui servent à chaque fois l’intrigue. La nature tiendra ici un rôle primordial, presque comme un personnage à part entière. Cela favorise à créer un climat de tension perpétuel tout au fil de l’histoire.

Dès les première pages, je me suis laissée embarquer dans une intrigue particulière. S’il est vrai qu’au début, j’aurais aimé que Johann nous en dise un peu plus sur le contexte, je dois reconnaître que par la suite, cela ne m’a plus du tout posé problème. Le récit est rondement menée.

J’y ai retrouvé une thématique récurrente à l’auteur, à savoir la nature, somptueuse, mais aussi parfois sauvage. Tout au fil des pages, l’ambiance devient de plus en plus pesante. Les descriptions sont d’un réalisme surprenant.

Les mystères s’épaississent au fil des pages. J’ai été très intriguée et l’auteur a su maintenir un suspense jusqu’au dénouement, maniant habilement effets de surprise et révélations. Les personnages sont bien construits.

La plume de l’auteur est raffinée et élégante. D’une grande qualité stylistique, les descriptions des paysages sont réalistes et surprenantes. Les chapitres sont plutôt courts, ce qui rythme beaucoup l’histoire. Énormément de dialogues viennent ponctuer le tout. Je ressors conquise par la manière d’écrire de Johann.

Un roman bluffant, servi par une intrigue qui tient en haleine jusqu’au dénouement. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain

De feu et d’or

De feu et d’or de Jacqueline Woodson

  • Auteur : Jacqueline Woodson
  • Titre : De feu et d’or
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 150
  • Parution : 10 mars 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

notezNous sommes en 2001, le soir d’une fête donnée en l’honneur de Melody et de ses seize ans, dans la maison familiale de Brooklyn. Couvée du regard par ses parents et amis, elle fait son entrée sur une musique de Prince, dans une robe blanche taillée sur mesure. Une tristesse flotte néanmoins dans l’atmosphère. Seize ans plus tôt, cette même robe fut cousue pour une autre jeune fille : Iris, la mère de Melody, pour fêter aussi son entrée dans l’âge adulte. Une célébration qui n’eut finalement jamais lieu. Iris était enceinte.

Déroulant l’histoire de Melody, de son père, d’Iris et de ses parents – du massacre de Tulsa en 1921 au 11 septembre 2001 – pour comprendre comment ils en sont arrivés là, Jacqueline Woodson reconstitue non seulement leurs ambitions et leur fureur de vivre, mais aussi le prix qu’ils ont payé pour échapper à leur destin si profondément façonné par des décennies de racisme. En explorant le désir et l’identité sexuels, la maternité, l’éducation, la classe et le statut social, De feu et d’or décrit de façon magistrale la manière dont les jeunes doivent si souvent prendre des décisions irrévocables pour leur futur – avant même de savoir qui ils sont et ce qu’ils veulent devenir.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Stock pour leur confiance.

2001, Brooklyn. Melody fête ses seize ans. Pour l’occasion, une fête est donnée sous le regard de ses proches. En voyant sa fille apparaître dans une belle robe, Iris, sa mère, se souvient. Cette même robe lui était destinée pour ses seize ans et sa fête. Pourtant, il en sera autrement et elle ne la portera pas. En effet, à ce moment-là, elle apprendra qu’elle est enceinte de Melody. Cette fête est l’occasion pour tous de se livrer à une réflexion personnelle et de faire appel à ses souvenirs.

Ce roman est un coup de cœur pour ma part. Sous un format assez court, j’ai trouvé que l’auteure a su aller à l’essentiel et à aborder beaucoup de thématiques avec profondeur et sensibilité. Si le début de ce roman m’a paru déroutant, je me suis peu à peu laissée convaincre d’une part par l’intrigue et de l’autre par la belle plume de l’auteure.

Ce roman est une véritable réflexion sur la maternité, mais ici, et c’est ce qui m’a particulièrement plu, la paternité tient également un rôle prédominant. Au gré de ses souvenirs, Iris va retracer son histoire avec Aubrey. Le lecteur va ainsi pouvoir comprendre les tenants et aboutissants et les questionnements du couple, qui aborde cette nouvelle étape de manière bien différente.

La voix est tour à tour donnée aux divers personnages qui vont se raconter, se souvenir, se dévoiler. Les parents d’Iris et la maman d’Aubrey tiennent une place importante dans cette intrigue. Chacun dévoile son histoire personnelle et tous les événements mis bout à bout constituent l’histoire de famille de la jeune Melody.

C’est tendre, souvent touchant, mais également triste et parfois émouvant. Beaucoup d’émotions transparaissent dans ce texte simple mais profond. Le tout est restitué avec beaucoup d’authenticité.

La plume de l’auteure est élégante et tout en finesse. J’ai beaucoup aimé le schéma narratif, octroyant à tour de rôle une mise en avant de l’un des personnages. Les pages ont défilé.

Un roman tendre dans lequel l’auteure décortique les émotions et aborde des thématiques intéressantes. Un livre à découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le fusil de chasse

Le fusil de chasse de Yasushi Inoué

  • Auteur : Yasushi Inoué
  • Titre : Le fusil de chasse
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Audiolib
  • Lu par : André Dussollier
  • Nombre de minutes : 118
  • Parution : 19 mai 2021
  • Pour vous procurer cet audio-livre, c’est ici

Résumé

Trois lettres, adressées au même homme par trois femmes différentes, forment la texture tragique de ce récit singulier. Au départ, une banale histoire d’adultère. À l’arrivée, l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature contemporaine. Avec une formidable économie de moyens, dans une langue subtilement dépouillée, Yasushi Inoué donne la version éternelle du couple maudit.

Le Fusil de chasse, ou les multiples facettes d’une impossible passion, est un chef d’œuvre universel. André Dussollier en propose une interprétation exceptionnelle, qui ne pourra que vous faire vibrer.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Audiolib pour leur confiance.

J’ai découvert ce roman sous format audio chez Audiolib et lu par André Dussollier.

Le narrateur va prendre l’initiative de composer un poème pour la revue « Compagnons du chasseur ». Il y dépeint un chasseur solitaire. Quelque temps plus tard, il reçoit la missive d’un mystérieux homme qui se fait appeler Josuke. S’étant reconnu dans le poème du narrateur, il va lui demander de bien vouloir lire trois lettres personnelles, que trois femmes différentes lui ont adressées. Il s’agira de la fille de son amante, de son épouse, et de son amante. Une histoire d’amour et d’adultère prend alors forme.

Narration

La voix d’André Dussollier m’a tout simplement parue parfaitement adaptée à ce roman empli de poésie et de mélancolie.

Avec un timbre chaud et enveloppant, André a réussi à faire passer les émotions qui émanent de ces trois missives. Je me suis laissée porter par la délicatesse du ton qu’a su instaurer André.

J’ai apprécié les petits intermèdes musicaux que j’ai trouvés particulièrement adaptés à l’histoire.

Ici, pas de dialogues. Le tout peut donc paraître monotone, mais pourtant il n’en est rien, puisque André sait captiver l’auditeur de par les intonations différentes qu’il sait instaurer.

Intrigue

Le postulat de départ est simple, mais je dois dire que le schéma narratif est d’une grande originalité. La tension monte au fur et à mesure que s’égrènent les lettres, pour à la fin former une histoire triste.

J’ai été émue. Les sentiments de ces trois femmes sont rendus à la perfection.

La plume de l’auteur est empreinte de poésie. Quelques descriptions de paysages viennent ponctuer le tout, et je les ai trouvées très réussies. Beaucoup de tristesse émane de ces lettres. J’ai trouvé ce roman épistolaire très réussi.

Vue d’ensemble

La voix d’André Dussolier se fond à la perfection avec le ton du texte. J’y ai retrouvé une véritable unité entre intrigue et façon de raconter. Une réussite à ce niveau.

Un roman épistolaire dans lequel beaucoup de tristesse transparaît. Le schéma narratif est très original. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Dans ma rue y avait trois boutiques

Dans ma rue y avait trois boutiques d’Anthony Palou

  • Auteur : Anthony Palou
  • Titre : Dans ma rue y avait trois boutiques
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Les Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 192
  • Parution : 6 mai 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

C’était les années soixante-dix. Il était une fois un petit garçon né dans une famille de commerçants. Son grand-père espagnol avait quitté la guerre de 36, avait traversé les Pyrénées et arpenté la France jusqu’à trouver un havre de paix dans le Finistère sud. C’est là qu’il décida de s’installer pour créer sa petite échoppe de fruits et légumes. Le grand garçon qu’il est devenu se souvient avec nostalgie de ces petits commerces qui peu à peu disparurent. Ainsi les merceries, les torréfacteurs, les marchandes des quat’saisons, ainsi les papeteries… Tout un monde, en quelques années, dévasté par la grande distribution. L’auteur pense que tout n’est pas perdu. Un jour viendra où le petit commerce renaîtra. Les beaux jours, peut-être, sont devant nous.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Les Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Voilà un essai qui fera la part belle à la nostalgie des petits boutiques où l’on pouvait faire ses emplettes, tout en échangeant avec les vendeurs. C’est sous ce postulat de départ qu’Anthony livre un véritable hommage aux petits commerçants.

L’auteur nous propose une véritable promenade au milieu des petites boutiques qui ont jalonné son quotidien. Il en parle avec beaucoup de tendresse et les met en avant avec beaucoup de sensibilité.

Anthony nous propose également un tour gastronomique. Il y sera beaucoup question de plats typiques. J’ai beaucoup aimé ce beau récit, que j’ai trouvé très intéressant de par la thématique abordée.

La plume de l’auteur est très fluide. Le texte est composé de plusieurs brèves, chacune d’entre elles traitant d’un petit négoce en particulier, ou de gastronomie. J’ai trouvé ce procédé original et cela a contribué à éviter une certaine monotonie.

Un texte qui constitue un véritable hommage aux petits commerces.

Ma note : 16/20

Contemporain

Ces orages-là

Ces orages-là de Sandrine Collette

  • Auteur : Sandrine Collette
  • Titre : Ces orages-là
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Audiolib
  • Lu par : Marie Bouvet
  • Nombre de minutes : 345
  • Parution : 19 mai 2021
  • Pour vous procurer cet audio-livre, c’est ici

Résumé

C’est une maison petite et laide. Pourtant en y entrant, Clémence n’a vu que le jardin, sa profusion minuscule, un mouchoir de poche grand comme le monde. Au fond, un bassin de pierre, dans lequel nagent quatre poissons rouges et demi.

Quatre et demi, parce que le cinquième est à moitié mangé. Boursouflé, abîmé, meurtri : mais guéri. Clémence l’a regardé un long moment.

C’est un jardin où même mutilé, on peut vivre.

Clémence s’y est installée. Elle a tout abandonné derrière elle en espérant ne pas laisser de traces. Elle voudrait dresser un mur invisible entre elle et celui qu’elle a quitté, celui auquel elle échappe. Mais il est là tout le temps. Thomas. Et ses orages.

Clémence n’est pas partie, elle s’est enfuie.

Avec Ces orages-là, Sandrine Collette se fait la voix de l’intime et nous offre un roman brut somptueux sur les ravages de l’obsession, servi par cette écriture au cordeau qui la distingue.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Audiolib pour leur confiance.

J’ai découvert ce roman sous format audio chez Audiolib, et lu par Marie Bouvet.

Clémence est une jeune femme effrayée. Elle fuit un conjoint violent. Après trois ans à vivre un véritable calvaire auprès de Thomas, elle a décidé de partir loin de lui et s’est installée dans une maison dont Thomas ignore l’adresse. Pourtant, la peur ne quitte pas la jeune femme, craignant qu’à tout moment il puisse la retrouver. Peu d’espoir dans son quotidien, si ce n’est son travail de boulangère et un voisin qui l’intrigue au plus haut point.

Narration

D’emblée, j’ai accroché à la voix de Marie Bouvet qui a lu ce texte d’une manière bouleversante. Elle a su faire passer les émotions de Clémence à la perfection.

Marie a bien veillé à changer les inflexions de sa voix en fonction de la tension qui montait crescendo. Avec cette thématique qui est très difficile, et la voix de la narratrice qui a su insuffler toute l’émotion nécessaire, cela m’a totalement bouleversée.

Marie a une voix très douce, mais jamais monotone. Elle sait changer de ton pour que l’on comprenne bien les dialogues et l’on ne se perde pas au moment de savoir quel personnage s’exprime. J’ai ressenti beaucoup de tension sur certains passages, de par la narration effectuée avec brio.

Intrigue

Je ressors chamboulée par cette histoire dramatique. D’emblée, j’ai ressenti une énorme tristesse pour Clémence et ce que Thomas lui a fait subir. Dès les premières pages, j’ai découvert une jeune femme détruite mais qui pourtant va tout faire pour se reprendre en main.

L’auteure prend bien le temps de poser son intrigue. Ici, il n’y a pas vraiment d’action ni de suspense. Tout passe davantage par la psychologie du personnage principal et l’on assiste à sa reconstruction.

J’ai beaucoup aimé la relation que Clémence va entretenir avec son voisin. L’auteure veille à garder une touche d’espoir malgré la brutalité des événements auxquels a été confrontée la jeune fille.

Vue d’ensemble

La plume de l’auteure est très introspective mais émotive également. La voix de Marie se fond parfaitement au texte écrit et le tout s’accorde avec brio. Je ressors conquise par cet audio-livre que je vous recommande.

Un roman puissant, bouleversant, dans lequel l’auteure a su instaurer une tension qui monte peu à peu au fil des chapitres. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

La lumière était si parfaite

La lumière était si parfaite de Carène Ponte

  • Auteur : Carène Ponte
  • Titre : La lumière était si parfaite
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fleuve
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 15 avril 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Comment sa vie a-t-elle pu lui échapper à ce point?? Devenue mère au foyer à la naissance de ses enfants, Megg fait face aujourd’hui à une ado en crise qu’elle ne reconnaît plus. Son mari ne se préoccupe guère des tâches quotidiennes. Et puis il y a eu le coup de grâce, cette saleté d’infarctus qui a fauché sa mère avant l’heure. Tandis qu’elle se résout à vider la maison de son enfance, Megg déniche une pellicule photo qui l’intrigue, et décide de la faire développer. Rien ne pouvait la préparer à la série de clichés qu’elle découvre alors… Une révélation qui bouleversera sa vie. Partie sur les traces d’un passé maternel dont elle ignore tout, Megg ne se doute pas que c’est son avenir qu’elle est en train de reprendre en main.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Fleuve pour leur confiance.

Megg est une femme mariée et maman de deux enfants, Lalie de seize ans et le petit Malone. Elle a perdu sa maman il y a six mois, et la jeune femme est profondément bouleversée. Depuis un certain temps, elle aperçoit des signes avant-coureurs d’un profond mal-être. Elle se met à pleurer pour tout, elle se sent à l’étroit dans sa vie de famille et ne trouve plus sa place afin de s’épanouir. Sa meilleure amie Romy, qui est aussi sa voisine, va tout faire pour aider Megg. Lorsque cette dernière retrouve une pellicule de photos et qu’elle décide de la faire développer, ce qu’elle va y découvrir va changer le cours de son quotidien et l’amener dans un road trip étonnant.

Autant le dire tout de suite, ce roman a été un énorme coup de cœur pour ma part. Carène a réussi en peu de pages à m’entraîner dans un troubillon émotionnel. Je ressors de cette lecture émue et bouleversée. Carène a énormément de talent pour rendre ses personnages crédibles, et analyser avec beaucoup d’acuité les sentiments de chacun.

Dès les premières lignes, j’ai accroché à Megg, personnage très attachant et d’une simplicité authentique. C’est la jeune femme qui va porter cette histoire et le lecteur va vite s’apercevoir comment peu à peu elle va s’enliser dans une situation qui ne lui convient plus. Elle se rend compte qu’elle a tendance à s’effacer pour s’occuper de sa famille. Elle a laissé ses rêves de devenir photographe de côté.

Au fil des pages, on découvrira aussi la relation tendue qu’elle entretient avec sa fille Lalie. En pleine adolescence, cette dernière se referme sur elle-même. J’ai été très émue par certains passages, et j’ai trouvé que Carène donnait une véritable épaisseur à ses personnages. Tout sonne juste, que ce soit en ce qui concerne les personnages comme les sentiments de chacun.

J’ai beaucoup aimé le road trip qui survient dans ce roman. Je ne vous en dirai pas plus quant aux circonstances dans lesquelles il survient, afin de ne rien vous spoiler. C’est un véritable dépaysement que propose l’auteure.

La plume de l’auteure est addictive. Avec un style simple mais authentique, Carène réussit à retransmettre les émotions qu’elle veut faire passer. Les chapitres sont de taille moyenne. Le choix de la première personne, l’histoire étant narrée sous le point de vue de Megg, m’a paru très judicieux.

Un roman empli de sensibilité, d’émotions, servi par une héroïne touchante et attachante. C’est une réussite totale. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 19/20

Contemporain

Défriche coupe brûle

Défriche coupe brûle de Claudia Hernández

  • Auteur : Claudia Hernández
  • Titre : Défriche coupe brûle
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Métailié
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 4 mars 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Trois générations de femmes, une guérilla populaire, des forêts reculées. Elle a survécu à la guerre, abandonné les armes, mais conservé le vertige, maintenant que sa lutte est de protéger ses filles dans une après-guerre où la paix, la justice et la dignité sont plus que relatives.

Pas de noms propres, on est la mère ou la fille, de la première à la cinquième, ou la mère de la mère, ou la tante, ou celle qui… À travers ces femmes sans nom, avec une écriture brute, précise et élégante, c’est le point de vue de celles qu’on entend rarement, femmes du peuple qui se sont retrouvées propulsées dans l’Histoire et doivent ensuite retrouver la vie «?normale?» : le patriarcat, le harcèlement, le ménage. Des destins précis, une portée universelle.

Si le monde était bien fait, c’est à ce premier roman puissant que ressemblerait le meilleur de la littérature féminine : l’histoire des femmes, depuis toujours gardiennes et garantes de la famille, de la transmission, depuis toujours flouées et reléguées dans l’obscurité de leurs cuisines, même quand elles ont pris part aux durs combats des hommes.

Défricher, couper, brûler : une manière de survivre quand tout est à reconstruire.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Métailié pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Des femmes sans nom mais avec une grande histoire. Tel est le point de départ de ce récit touchant. Après une guerre qui a ravagé le pays, le lecteur aura l’occasion de suivre le quotidien de ces battantes, celles qui ont lutté pour leurs familles, comme celles qui ont lutté pour leur partie. Des femmes en reconstruction et qui ne cesseront jamais de se battre.

C’est un très beau récit que j’ai découvert ici. Il est vrai que le système narratif m’a énormément surprise au départ, puisqu’ici il n’y a aucun prénom pour différencier les personnages féminins, aucun nom de ville mentionné, à part celui de Paris. Je dois dire que ce procédé m’a parfois déroutée mais que j’ai également trouvé que c’était cela qui octroyait la force nécessaire à ce récit.

Ici, c’est une histoire féminine et une véritable ode à la femme que nous propose l’auteure. J’ai été très touchée en suivant l’histoire de chacune d’elles. Si le personnage principal est l’une d’elles, le récit ne se focalisera pas uniquement sur ce personnage, mais également sur sa famille, composée de filles également.

On assiste à la reconstruction du personnage principal qui devra se battre pour ses filles. D’une part, on découvre comment la jeune femme doit survivre en pleine guerre. Ensuite, c’est la manière dont elle devra aller de l’avant une fois la guerre finie qui est abordée. C’est d’une grande intensité émotionnelle.

La plume de l’auteure est particulière. Avec des phrases longues, l’auteure déroule son intrigue. Pourtant, malgré cette longueur, j’ai trouvé que la lecture était vraiment fluide. Il est vrai qu’il faut rester très concentré afin de pas perdre le fil, de par le manque de prénoms. Le style est percutant. Avec des mots simples, l’auteure sait maintenir l’attention du lecteur tout au fil des pages.

Un très belle histoire qui est une véritable ode aux femmes, servi par une narration particulière et originale. C’est une très belle découverte.

Ma note : 16/20