Historique

Hamnet

Hamnet de Maggie O’Farrell

  • Auteur : Maggie O’Farrell
  • Titre : Hamlet
  • Genre : Historique
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 368
  • Parution : 1 avril 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Un jour d’été 1596, dans la campagne anglaise, une petite fille tombe gravement malade. Son frère jumeau, Hamnet, part chercher de l’aide car aucun de leurs parents n’est à la maison…

Agnes, leur mère, n’est pourtant pas loin, en train de cueillir des herbes médicinales dans les champs alentour ; leur père est à Londres pour son travail ; tous deux inconscients de cette maladie, de cette ombre qui plane sur leur famille et menace de tout engloutir.

Porté par une écriture d’une beauté inouïe, ce nouveau roman de Maggie O’Farrell est la bouleversante histoire d’un frère et d’une sœur unis par un lien indéfectible, celle d’un couple atypique marqué par un deuil impossible. C’est aussi l’histoire d’une maladie « pestilentielle » qui se diffuse sur tout le continent. Mais c’est avant tout une magnifique histoire d’amour et le tendre portrait d’un petit garçon oublié par l’Histoire, qui inspira pourtant à son père, William Shakespeare, sa pièce la plus célèbre.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Stratford, 1596. Hamnet, onze ans, est très inquiet. Sa sœur jumelle Judith est gravement malade. Il part alors à la recherche d’aide. Il n’arrive pas à trouver sa mère, ni sa grande sœur Susana. Son père est à Londres. Lorsque finalement il arrive à trouver sa famille afin de venir en aide à Judith, cette dernière voit son état empirer.

Que roman. Je ressors bouleversée par cette lecture qui m’a chamboulée à plusieurs reprises. S’inspirant du drame qu’a vécu Shakespeare, ce roman retrace avec beaucoup d’émotions l’histoire du petit Hamnet, le petit garçon du dramaturge décédé à l’âge de onze ans.

J’ignorais totalement ce fait, et ce roman m’a donné l’occasion d’en savoir un peu plus sur l’histoire personnelle de cet écrivain. J’ai pu découvrir l’homme et non pas seulement le dramaturge. Au travers de cette histoire, Maggie nous propose une incursion historique et une histoire d’amour somptueuse entre l’écrivain et Agnes.

Ce roman est un bouleversement du début à la fin. Diverses thématiques sont abordées, et je trouve que Maggie nous en parle avec une sensibilité rare. La figure de Shakespeare n’est jamais clairement mentionnée mais persiste en filigrane tout au fil des pages. Le roman va davantage se centrer sur Agnes, et sur l’amour indéfectible qui unit Hamnet et Judith, les deux jumeaux.

La plume de l’auteure est somptueuse et élégante. Avec un vocabulaire imagé, Maggie réussit à faire passer toutes les émotions qui jalonnent ce récit à son lecteur. J’ai été très émue en découvrant ce récit. Le roman est divisé en deux parties bien distinctes. La deuxième se centrera principalement sur la reconstruction des personnages après le drame terrible auquel ils seront confrontés.

Un roman d’une sensibilité rare, servi par une plume élégante et qui aura été un véritable bouleversement, tant l’auteure aura réussi à retransmettre les émotions tout au fil des pages. À découvrir.

Ma note : 17/20



Historique

La cité de larmes

La cité de larmes de Kate Mosse

  • Auteur : Kate Mosse
  • Titre : La cité de larmes
  • Genre : Historique
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 672
  • Parution : 21 janvier 2021
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

notezUne famille plongée dans l’enfer de la Saint-Barthélemy : l’Histoire de France comme vous ne l’avez jamais lue !

1572. Depuis dix ans, les guerres de Religion ravagent la France. Aujourd’hui, enfin, un fragile espoir de paix renaît : Catherine de Médicis a manoeuvré dans l’ombre et le royaume s’apprête à célébrer le mariage de la future reine Margot et d’Henri, le roi protestant de Navarre.
Minou Joubert et son époux Piet quittent le Languedoc pour assister à la cérémonie. Alors que la tension est déjà à son comble dans les rues de Paris, on attente à la vie de l’amiral de Coligny. C’est le début du massacre de la Saint-Barthélemy. Précipités dans les chaos de l’Histoire, Minou et Piet sont sur le point de prendre la fuite quand ils découvrent la disparition de Marta, leur fillette de sept ans…

Après La Cité de feu, Kate Mosse nous propose une nouvelle fresque historique et familiale pleine de rebondissements. Du Paris de la Saint-Barthélemy à Amsterdam en passant par Chartres, elle tisse sa toile et le lecteur, captivé, regarde s’écrire l’Histoire.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1572. Alors que les guerres de religion font rage et dévastent la France, Minou, Piet et leurs enfants sont conviés à Paris pour le mariage de Margot et d’Henri de Navarre. Cette union aura pour but de réconcilier les deux camps. Tout va basculer pour Minou et Piet, lorsque leur fille Marta disparaît subitement dans les rues de Paris.

Quel roman ! J’ai été captivée de la première à la dernière page, et je n’exagère pas. C’est un livre qui peut faire peur de par sa taille, et pourtant, cela ne m’aurait pas gênée d’en lire davantage. C’est dire si l’auteure n’a pas son pareil pour créer des intrigues prenantes et riches en émotions. Je ne me suis pas ennuyée à un seul moment. Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment de lecture. Personnages forts, secrets, trahisons, mystères, enquêtes, amour et amitié s’entremêlent dans cette fresque historique unique.

Avant toute chose, je dois vous préciser qu’il s’agit d’un second tome. Le lecteur retrouve donc les personnages phares du premier tome, notamment Minou et Piet. Je ne vois pas d’inconvénient majeur à lire ce tome si vous n’avez pas encore découvert le premier. Malgré tout, vous y perdrez certains éléments essentiels et quelques tenants et aboutissants importants au déroulé de l’action. Je ne peux donc que vous conseiller de lire la saga dans l’ordre.

Kate Mosse est une auteure talentueuse, qui dès les premières pages, a su m’attraper dans son intrigue et me captiver à chaque moment. Le contexte historique est très présent, mais toujours très bien expliqué. L’auteure ne perd pas son lecteur avec des digressions. Ici, l’action est vraiment centrale et les rebondissements sont très présents.

Les personnages sont très bien esquissés et il est impossible de ne pas s’attacher à Minou et Piet. J’ai ressenti beaucoup d’émotions pendant ce livre. Kate a le sens du détail et le quotidien de l’époque est retranscrit avec beaucoup de réalisme. Le travail de recherches qu’elle a dû effectuer transparaît à chaque page.

La plume de l’auteure est soutenue mais tout à la fois d’une grande fluidité. Kate a opté pour des petits chapitres, ce qui rythme l’histoire. Les indications spatio-temporelles au début de certains chapitres est très judicieuse. Elles permettent au lecteur de se situer.

Un second tome qui offre une fresque historique où tous les ingrédients sont réunis afin de captiver le lecteur. L’histoire est très bien rythmée et il est impossible de s’ennuyer. Je ressors totalement conquise par ce roman. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 19/20

Historique

Amoureuses

Amoureuses de Frédéric Baptiste

  • Auteur : Frédéric Baptiste
  • Titre : Amoureuses
  • Genre : Historique
  • Éditions : Julliard
  • Nombre de pages : 270
  • Parution : 11 juin 2020 ici
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Printemps 1939. Claire est l’épouse d’un riche industriel peu présent et volage. Sa seule joie réside dans les moments passés avec sa fille. Apprenant qu’elle est enceinte, elle quitte la ville pour accoucher loin de chez elle et faire adopter ce bébé non désiré. Dans un univers rural qui lui était jusque-là étranger, elle découvre une autre vie, et fait la connaissance d’une femme, Marthe, la rebouteuse du village. Cette rencontre va la bouleverser au-delà de ce qu’elle aurait imaginé.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Julliard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1938, Le Havre. Claire, mariée à René, et maman d’une petite Charlotte, se sent à l’étroit dans un mariage qui la tourmente. Son mari est volage et elle ne supporte plus cette situation. Aussi, lorsqu’elle tombe enceinte, elle prendra une décision qui va bouleverser ses certitudes. En effet, suite à la rencontre de Marthe, une jeune femme habitant dans la campagne, c’est un nouveau départ pour Claire qui semble l’attendre.

Ce roman a été un énorme coup de cœur pour ma part. Tout y est, que ce soit au niveau des personnages, comme un niveau de l’intrigue. C’est vibrant, tendre, beau, sensible et émouvant. Je ne m’attendais pas à ressortir aussi bouleversée de ce roman.

Au travers de ce récit, l’auteur livre un portrait féminin très touchant. Claire est émouvante et j’ai beaucoup aimé la dualité de son caractère, puisqu’on la retrouve tour à tour forte, mais aussi emplie de sensibilité et de tendresse.

Au fil des pages, le roman gagne en émotion. J’ai trouvé que c’était d’une grande tendresse et j’ai été profondément touchée en découvrant cette belle histoire qui prend forme. Je n’ai aucun bémol à émettre.

La plume de l’auteur est d’une grande fluidité. Avec un style clair mais où les émotions transparaissent sans aucune difficulté, je me suis laissée entraîner peu à peu dans ce carrousel d’émotions.

Un roman vibrant, émouvant et très touchant. L’auteur livre un récit qui m’a bouleversée. C’est une réussite totale et c’est à découvrir sans hésiter.

Ma note : 19/20

Historique

La liberté au pied des oliviers

La liberté au pied des oliviers de Rosa Ventrella

  • Auteur : Rosa Ventrella
  • Titre : La liberté au pied des oliviers
  • Genre : Historique
  • Éditions : Les Escales
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 4 juin 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans le sud de l’Italie, deux fillettes grandissent à la merci des sursauts de l’histoire et des injustices liées à leur condition.

Teresa et Angelina sont deux sœurs que tout oppose : Teresa est délicate et silencieuse tandis qu’Angelina, sa sœur cadette, est impertinente et curieuse. Toutes deux grandissent dans l’Italie des années1940, au cœur des Pouilles, entourées de leur père et de leur mère Caterina, à la beauté incomparable.

Lorsque leur père part à la guerre, leur mère comprend que cette beauté sera sa principale arme pour subvenir à leurs besoins. Elle cède alors à un terrible compromis, sans savoir que celui-ci viendra réveiller la malalegna : ce bavardage incessant et empoisonné des commères, véritable malédiction qui tourmente le village depuis la nuit des temps.

Le concert de chuchotements qui serpente de porte en porte se propagera alors jusqu’à atteindre ses filles, Teresa et Angelina, déterminant à jamais leur destin.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Les Escales pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Copertino, Italie. C’est dans ce petit village que vit Teresa, auprès de ses parents et de sa sœur Angelina. Le lecteur suivra le parcours de cette famille, en particulier celui de Teresa, sur plusieurs années. De l’enfance à l’âge adulte, les deux sœurs feront face à une multitude d’épreuves.

C’est un bon roman que j’ai découvert et pourtant, je ne peux m’empêcher de ressortir légèrement déçue de cette saga familiale qui semblait prometteuse au départ, mais qui ne m’a finalement pas convaincue de par la manière d’aborder l’histoire de la part de l’auteure.

Pourtant, au début, j’ai été conquise d’emblée par la description très réaliste de la vie dans ce petit village. L’auteure a su dépeindre avec beaucoup de subtilité le quotidien âpre de ces habitants. J’ai été très touchée et cela m’a bouleversée à maintes reprises.

Ce qui m’a finalement déçue, c’est l’absence de continuité dans le fil rouge instauré par l’auteure au départ. En effet, j’ai pensé que cette saga serait davantage centrée sur le quotidien des deux sœurs, Teresa et Angelina, mais tout au fil des pages, j’ai eu l’impression que cela partait dans d’autres directions. Malgré cette légère déconvenue, cela reste tout de même une très belle lecture.

Les personnages sont bien dépeints, et la dualité entre les deux sœurs est présente tout au long du roman. Leur relation est complexe, la jalousie souvent présente. Elles sont au centre du récit, mais la galerie de personnages secondaires prend également une part importante à l’histoire.

La plume de l’auteure est tout en douceur. Beaucoup de descriptions jalonnent cette saga, et l’immersion dans ce village est réussie. Le récit est narré à la première personne, sous le point de vue de Teresa, et ce choix de narration est particulièrement judicieux.

Une belle saga familiale que j’aurais aimée davantage centrée sur les deux sœurs, mais qui n’en reste pas moins émouvante et narrée avec brio. À découvrir.

À note : 16/20

Historique

Les villes de papier – Rentrée littéraire

Les villes de papier de Dominique Fortier

  • Auteur : Dominique Fortier
  • Titre : Les villes de papier
  • Genre : Historique
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 208
  • Parution : 9 septembre 2020
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Résumé

Si, comme elle l’écrit, l’eau s’apprend par la soif et l’oiseau par la neige, alors Emily Dickinson, elle, s’apprend par la mer et par les villes. Figure mythique des lettres américaines, celle que l’on surnommait «?la dame en blanc?» demeure encore aujourd’hui une énigme. Elle a toujours refusé de rendre sa poésie publique et a passé les dernières années de sa vie cloîtrée dans sa chambre ; on s’entend pourtant maintenant à voir en elle un des écrivains les plus importants du dix-neuvième siècle. Les villes de papier explore son existence de l’intérieur, en mode mineur, à travers ses livres, son jardin et ses fantômes. Autour de moments de la vie d’Emily, Dominique Fortier trace un roman à la fois grave et cristallin, et nous offre une réflexion d’une profonde justesse sur les mondes qui nous construisent, sur les lieux que nous habitons et qui nous habitent aussi.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Emily Dickinson était une célèbre poétesse américaine. Pourtant, on connaît peu de choses sur elle. Beaucoup de mystères échelonnent son parcours. Par exemple, pourquoi a-t-elle décidé de vivre recluse dans sa chambre pendant toute la seconde partie de son existence ?

Dominique Fortier va livrer un bel hommage à Emily. Elle tentera de retracer les événements charnières de la vie de cette poétesse, sous forme de petit roman poétique. Presque à la manière d’un kaléidoscope, Dominique nous livrera des tranches de vie. Bien évidemment, elle aura dû imaginer certains moments.

C’est vraiment un très bel essai que j’ai découvert. Avec beaucoup de sensibilité et d’émotions, Dominique retrace les grands événements de la vie d’Emily. Même si certains moments resteront sans réponse, j’en ai appris énormément sur cette écrivaine.

La plume de l’auteure est tout en délicatesse. Sous forme de chapitres courts et avec beaucoup de poésie, Dominique propose une promenade au lecteur dans l’univers d’Emily. Elle entrecoupera les passages faisant référence à la poétesse, avec des passages personnels. Dominique retracera ainsi son parcours au fil des déménagements qu’elle a dû effectuer.

Un très beau récit, où poésie et délicatesse s’entremêlent. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 17/20

Historique

ZOF 1945

ZOF 1945 de Jean-Christophe Berthain

  • Auteur : Jean-Christophe Berthain
  • Titre : ZOF 1945
  • Genre : Historique
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 24 septembre 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Septembre 1945. René Valenton, officier du Renseignement, quitte Londres après huit ans de bons et loyaux services pour être affecté dans la Zone d’Occupation Française en Allemagne (ZOF, capitale Baden-Baden). Il assiste à l’étonnant retournement qui voit les Français occuper un pays dont ils viennent de subir le joug. Une Allemagne dévastée jouxte une France exsangue. Pour les Allemands, c’est un amer destin de servir un maître qui a faim. Pour les Français, c’est tantôt une parenthèse enchantée, tantôt un panier de crabes. Valenton vit le quotidien de l’Allemagne « année zéro » : certains se vengent des Boches, d’autres se vengent de la vie. Tous découvrent que l’après-guerre, ce n’est pas la paix retrouvée. Violence, combines et trafics, traque ou recyclage de nazis, jeux politiciens et règlements de comptes, survie et amours interdites, conflits entre Alliés et prémisses de la Guerre froide : la ZOF est une étrange planète. Valenton y croise des salauds et des gens formidables, parmi lesquels Edgar Morin.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche-Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1945. René Valenton qui est un officier du Renseignement ayant été muté à Londres pendant la Seconde Guerre Mondiale, est de retour en France. Son supérieur va alors l’affecter à Baden-Baden, en Allemagne, dans la Zone d’Occupation Française, nommée la ZOF. Valenton va alors découvrir une nouvelle réalité inversée. Après l’occupation subie dans sa patrie, c’est maintenant la France qui occupe une partie de l’Allemagne.

Voilà un roman très intéressant qui aborde un pan de la Seconde Guerre Mondiale sous un angle différent de ce que j’ai l’habitude de trouver dans mes lectures à ce sujet. En effet, ici, c’est dans une Allemagne occupée juste après le conflit mondial que j’ai retrouvé, et c’est la première fois que ma route croise un roman de cet acabit.

Pour le côté historique, c’est donc réellement intéressant, et une chose est certaine, l’auteur s’est énormément renseigné et connaît bien son sujet afin de coller au plus près de la réalité de l’époque. J’en ai ainsi beaucoup appris, et l’immersion dans cette ZOF est totale.

Si le côté historique est très bien rendu, j’ai cependant regretté que l’auteur ne romance pas davantage son récit, se contentant de retracer les déambulations de Valenton, en fournissant des descriptions très détaillées de l’ambiance qui régnait dans cette partie de l’Allemagne.

Je suis par conséquent restée quelque peu en retrait, et Valenton ne m’a pas forcément paru attachant. J’avais envie de savoir ce qui était arrivé à sa famille, mais j’ai trouvé les explications trop rapides en fin de roman. Je comparerais plutôt ce roman à un véritable documentaire, très intéressant mais sans une véritable intrigue qui servirait de fil rouge.

La plume de l’auteur est claire et accessible. Jean-Christophe ne m’a jamais perdue dans son récit et mon intérêt s’est maintenu tout au fil des pages. L’auteur veille en amorce de chapitre à bien indiquer l’espace spatio-temporel, ce qui est appréciable.

Un roman très intéressant qui aborde une perspective que je n’avais pas encore trouvée dans mes lectures. Ce roman est très documenté, et je ne peux que lui reprocher un manque au niveau du côté romancé de l’intrigue. À découvrir.

Ma note : 15/20

Historique

La chasse aux âmes – Rentrée littéraire

La chasse aux âmes de Sophie Blandinières

  • Auteur : Sophie Blandinières
  • Titre : La chasse aux âmes
  • Genre : Historique
  • Éditions : Plon
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 27 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé


L’Histoire bouscule les âmes, la perversité de l’occupant nazi qui veut corrompre, voir ses victimes s’autodétruire et met en place un jeu ignoble dont l’objectif est de survivre, à n’importe quel prix : vendre son âme en dénonçant les siens ou ses voisins, abandonner ses enfants affamés, ou sauver son enfant, lui apprendre à ne plus être juif, céder son âme au catholicisme pour un temps ou pour toujours en échange de sa vie.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Plon pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alors que le ghetto de Varsovie se met peu à peu en place en pleine Seconde Guerre Mondiale, le lecteur suivra le périple de trois femmes qui feront tout pour en sortir les enfants. Mais outre ces femmes, il y a aussi tous ces enfants oubliés, qui n’ont plus d’enfance et qui auront perdu tout repaire. C’est dans ce décor dantesque que Sophie Blandinières décide de placer son intrigue.

Autant le dire tout de suite, cette lecture a été un énorme coup de cœur et je sais que je ne suis pas prête de l’oublier tant elle m’a bouleversée. J’ai lu peu de romans traitant du ghetto de Varsovie et je ressors sonnée de ce récit. Pourtant, le premier chapitre ne m’avait pas forcément laissé une impression favorable, me retrouvant quelque peu perdue.

En effet, Sophie nous parle de beaucoup de personnages à la fois, que l’on ne connaît évidemment pas encore, et pour le coup, je me suis retrouvée perdue. Une fois tous les personnages intégrés, je suis rentrée entièrement dans cette histoire forte et tragique.

J’ai été en immersion totale et j’ai craint tout au fil des pages pour ces enfants. Le combat des trois femmes, Chana, Bela et Janina, afin de faire sortir les plus jeunes du ghetto et ainsi de les faire adopter par une nouvelle famille pour qu’ils s’en sortent, est totalement bouleversant. J’ai lu ces pages avec beaucoup d’émotions et de tristesse.

Je n’ai pu faire autrement que de m’attacher aux personnages, notamment à Luba et à Joachim. L’auteure a dû se renseigner afin de coller au mieux à la réalité, et j’ai ressenti tout au fil de ma lecture cette ambiance pesante qu’elle a réussi à retranscrire avec beaucoup de réalisme.

C’est tout de même une lecture quelque peu anxiogène, puisque je dois dire avoir craint pour absolument tous les personnages principaux. Malgré le tragique de la situation, Sophie a su instaurer une lueur d’espoir au travers du portrait de ces trois femmes qui braveront tout afin d’aider les autres.

La plume de l’auteure est très particulière. Ce sera sans doute mon seul petit bémol. En effet, j’ai eu une sensation de ponctuation dissonante tout au fil de ma lecture, rendant certaines phrases rudes à la compréhension et m’obligeant à les relire. J’ai eu la sensation que Sophie avait une large préférence pour les virgules et non pour les points. Cela reste un petit détail qui n’a pas émaillé mon plaisir de lecture, puisque le style est très maîtrisé, et avec une plume sensible et poétique, l’auteure réussi à instaurer beaucoup de réalisme.

Un roman tragique, dans lequel trois femmes fortes feront tout pour venir en aide à ces enfants bloqués dans le ghetto de Varsovie. Un roman qui prend aux tripes et qui bouleverse. Un roman à découvrir sans hésitation.

Ma note : 19/20

Historique

Africville – Rentrée littéraire

Africville de Jeffrey Colvin

  • Auteur : Jeffrey Colvin
  • Titre : Africville
  • Genre : Historique
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 384
  • Parution : 26 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Années 1930. Kath Ella refuse de suivre son destin tout tracé de fille de
couleur et quitte Africville, un quartier fondé par d’anciens esclaves en
Nouvelle-Écosse, au Canada. Après une histoire d’amour marquée par le
deuil, elle donnera naissance à un fils, Omar, qui sera rebaptisé Étienne.
Années 1960. Étienne, dont la pâleur lui permet de passer pour un Blanc,
vit en Alabama. Il est déchiré entre ses racines noires et la peur de perdre la
vie qu’il est en train de construire.
Années 1980. À la mort de son père, Warner se lance dans une quête de
ses origines, qui le mènera dans ce qui reste d’Africville mais aussi dans une
prison d’État au fin fond du Mississippi.
Trois destins, trois personnages aux prises avec la réalité sociale de leur
époque et les aléas de la vie. Pas de pathos ni de velléité moralisatrice. Les
héros de ce roman sont des êtres vrais, de chair et de sang. En toile de fond,
Africville, à la fois aimant et repoussoir, dont l’empreinte se transmet de
génération en génération.
Avec ce premier roman triptyque vibrant, fruit de plus de vingt ans de
recherches, Jeffrey Colvin s’impose comme une nouvelle voix de la littérature
américaine, dans le sillage de Colson Whitehead et de Ayana Mathis.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nouvelle-Ecosse, 1918. Deux bébés vont survivre à des fièvres très fortes. Le lecteur va retrouver ces deux protagonistes quelques années plus tard. Kath Ella et Kiendra sont devenues deux jeunes filles. C’est le point de départ d’une grande saga qui s’étalera presque sur un siècle.

C’est une belle découverte littéraire pour ma part, mais j’avoue qu’il m’a manqué certains éléments pour être en mesure d’apprécier totalement ce roman. J’y ai dénoté peu d’émotions et surtout, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, puisque l’auteur passera de l’un à l’autre sans cesse.

Pourtant, j’avoue que j’ai été conquise par le postulat de départ. L’auteur mettra en exergue l’importance de l’acceptation de soi. Ainsi, Étienne, le fils de Kath, n’acceptera pas son identité raciale, et décidera de s’éloigner complètement de sa famille maternelle. Cela m’a vraiment bouleversée, mais j’ai trouvé que l’auteur ne nous permettait pas forcément de rentrer dans les pensées du jeune homme pour appréhender au mieux la manière avec laquelle il gérait cela.

L’auteur a condensé presque un siècle d’histoire familiale en peu de pages, et cela ne permet pas forcément un attachement aux personnages, puisque le changement est constant. J’avoue avoir nettement préféré la première partie avec Kath, que les autres parties.

La plume de l’auteur est fluide et le roman est très aisé à suivre, malgré le changement constant d’époque. Jeffrey a su effectuer un mélange savant entre grande Histoire et petite histoire et j’ai trouvé certains passages très intéressants. Les chapitres sont de taille moyenne, et l’auteur veille toujours à bien indiquer l’espace spatio-temporel afin de ne pas perdre son lecteur.

Un roman historique intéressant, mais où j’aurais aimé avoir plus d’émotions. Malgré tout, cette saga est très intéressante à suivre et les thématiques abordées également. À découvrir.

Ma note : 15/20

Historique

Glory – Rentrée littéraire

Glory de Elizabeth Wetmore

  • Auteur : Elizabeth Wetmore
  • Titre : Glory
  • Genre : Historique
  • Éditions : Les Escales
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 27 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Roman choral puissant et envoûtant, Glory met en scène les retombées d’une terrible agression dans une petite ville du Texas et donne la parole à celles que l’on n’a pas l’habitude d’entendre.

14 février 1976, jour de la Saint-Valentin. Dans la ville pétrolière d’Odessa, à l’ouest du Texas, Gloria Ramirez, quatorze ans, apparaît sur le pas de la porte de Mary Rose Whitehead.

L’adolescente vient d’échapper de justesse à un crime brutal. Dans la petite ville, c’est dans les bars et dans les églises que l’on juge d’un crime avant qu’il ne soit porté devant un tribunal. Et quand la justice se dérobe, une des habitantes va prendre les choses en main, peu importe les conséquences.

Elizabeth Wetmore n’hésite pas à sonder les tréfonds de l’âme humaine et livre un roman dur et âpre à la beauté mordante.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Les Escales pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1976, Odessa. Alors que le boom pétrolier bat son plein dans cette ville du Texas, les préjugés ont la dent dure. Gloria, une jeune mexicaine de quatorze ans, frappe à la porte de Mary Rose le lendemain de la Saint-Valentin. La jeune fille a été agressée et violée. Mary Rose fera tout pour venir en aide à l’adolescente, malgré les menaces qu’elle subit de la part des habitants de la ville.

C’est une expérience de lecture immersive et servie par un schéma narratif fort et original. Je préfère vous prévenir d’emblée. Il ne faut surtout par appréhender ce roman comme un thriller avec un mystère ou une enquête à résoudre sous peine d’etre très déçus. C’est un peu ce qui m’est arrivé au départ, m’attendant réellement à cela durant ma lecture. Malgré tout, une fois la petite déconvenue passée, je dois reconnaître que ce roman ne laissera pas son lecteur indifférent.

L’agression de Gloria n’est qu’un prétexte pour l’auteure afin de dérouler son intrigue. Elizabeth abordera ainsi des thématiques très dures, telles que le racisme et la place de la femme dans une société foncièrement misogyne à l’époque. Je suis passée par beaucoup de sentiments et j’ai souvent été révoltée.

Elizabeth propose une intrigue purement psychologique et le fait sous un schéma narratif très judicieux. Elle donnera à tour de rôle la parole aux diverses femmes qui composent cette histoire. C’est une histoire féminine du début à la fin, et cela rend l’intrigue forte et puisssante. Chacune des femmes a su me toucher de par son histoire personnelle, mais il est vrai que Mary Rose m’a conquise au travers du courage dont elle fait preuve pour défendre Gloria et témoigner en sa faveur lors du procès.

La plume de l’auteure est enivrante. Sous un style fort et poétique à la fois, Elizabeth va sonder les pensées de chacune de ses protagonistes. Il ne faut pas s’attendre à retrouver un roman où le rythme est effréné, bien au contraire. Quelques longueurs sont parfois à dénoter et surtout, beaucoup de digressions viennent parsemer le texte. Ce sera mon seul bémol.

Avec ce roman, l’auteure nous livre une véritable peinture sociétale livrée sans fards et sous le regard de femmes charismatiques et fortes. Malgré quelques longueurs, ce roman ne peut laisser indifférent. À lire.

Ma note : 16/20

Historique

La Race des orphelins – Rentrée littéraire

La Race des orphelins d’Oscar Lalo

  • Auteur : Oscar Lalo
  • Titre : La Race des orphelins
  • Genre : Historique
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 20 août 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Je m’appelle Hildegard Müller. Ceci est mon journal.

Le Troisième Reich m’a enfantée. Je suis une oubliée de l’histoire.

La seule race que les SS aient créée, c’est la race des orphelins.  

Qui est Hildegard Müller ? Le jour où il la rencontre, l’homme engagé pour écrire son histoire apprend qu’elle a 76 ans, qu’elle sait à peine lire, à peine écrire. Qu’elle ne connaît rien de ses parents, ne se souvient plus guère de son enfance. Il comprend que sa vie est irracontable mais vraie. Pourtant, Hildegard Müller est loin d’être amnésique. Elle est simplement coupable d’être née en 1943, de géniteurs inconnus mais bons aryens, dans un Lebensborn, ces pouponnières imaginées par le Troisième Reich pour multiplier la «race supérieure».

Hildegard Müller devait être la gloire de l’humanité elle en est devenue la lie, et toutes les preuves de sa conception sont parties en fumée avant la Libération, sur ordre d’Himmler.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Hildegard Müller est une enfant du IIIe Reich. Issue d’un Lebensborn, elle ne connaîtra ni l’identité de son père, selon toute vraisemblance un SS, ni celle de sa mère. À 76 ans, elle le vit très mal et n’a toujours pas refermé ses blessures. Elle fera appel à un scribe afin qu’il l’aide à retranscrire ses mémoires dans une sorte de journal intime.

J’ai lu très peu de romans traitant des Lebensborn, et j’avoue que, jusqu’il y a peu de temps, j’ignorais tout de ce pan de l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Ce récit est percutant, empli de tragédie, et surtout, incroyablement humain. Hildegard se servira de ce journal intime comme d’un exutoire et elle se livrera à son lecteur avec toute la sincérité possible.

Le lecteur suivra, au travers des courtes entrées qui composent ce journal, une femme brisée et en peine afin de se reconstruire. Elle se sent oubliée, ignorée. C’est un témoignage poignant et très dur à découvrir. Hildegard ne prendra pas de pincettes et livrera ses émotions sans fards.

La plume de l’auteur est incisif. Les mots résonnent fortement et c’est extrêmement poignant. Les chapitres sont très courts, composés de quelques pensées jetées en vrac de la part d’Hildegard. J’ai été déroutée de me retrouver avec un tel schéma narratif au début, mais par la suite, je l’ai trouvé totalement judicieux, octroyant ainsi du caractère à ce récit.

Un roman percutant sur une thématique peu abordée en littérature. J’ai lu le journal de la protagoniste avec beaucoup de tristesse et ce récit ne vous laissera pas indifférent. À lire.

Ma note : 16/20