Thriller

Les trois meurtres de William Drever

Les trois meurtres de William Drever de John Wainwright

  • Auteur : John Wainwright
  • Titre : Les trois meurtres de William Drever
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 13 octobre 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

William Drever, un comptable sans histoires, vient d’être condamné pour le meurtre de trois femmes. Après plus de vingt ans de mariage, son épouse Carol est sous le choc. William est coupable, cela ne fait de doute pour personne. Il s’est défendu sans conviction, il n’a pas fait appel. Pour sa famille, désormais, c’est comme s’il avait cessé d’exister. L’homme qu’ils ont connu n’est plus. Alors que Carol essaie tant bien que mal de reprendre une vie normale, une certaine Ruth Linley cherche à la contacter. Avec une nouvelle stupéfiante à propos de William. Qui va conduire les siens à reprendre l’enquête pas à pas, à la recherche des pièces manquantes.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Sonatine pour leur confiance.

William Drever est condamné. Toutes les preuves sont contre lui et tout semble indiquer qu’il est le meurtrier de trois femmes. Sa femme Carol est sous le choc. Ses enfants Robert et Anne ne veulent pas y croire. Liz, sa belle-sœur, est là pour soutenir la famille. Pourtant, bientôt, de nouvelles preuves vont faire leur apparition. Et si tout n’était pas aussi clair qu’il n’y paraissait de prime abord ?

Voilà un excellent roman psychologique qui se doit d’être découvert. J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, grâce à cette enquête tarabiscotée et aux personnages remarquablement campés. L’auteur a su rester sur une ligne plutôt classique mais c’est très efficace.

Dès le début, j’ai été intriguée et je voulais savoir comment finirait cette histoire. Les révélations arrivent très doucement, l’auteur prenant son temps pour nous présenter les divers personnages de cette intrigue. Du coup, j’ai soupçonné presque tout le monde, et bien évidemment, je n’ai rien deviné du dénouement.

L’auteur a donc réussi à me surprendre jusqu’au bout. Tout passe ici par la psychologie des personnages. Il ne faut donc surtout pas s’attendre à une histoire qui va à toute vitesse, sous peine de vous retrouver très déçus. Bien au contraire, le rythme est très lent. Pourtant, je ne me suis jamais ennuyée.

La plume est tout en finesse. J’ai beaucoup aimé les changements constants de personnages tout au fil de l’intrigue. Cela octroie énormément de rythme à l’histoire. Je n’ai pas ressenti de longueurs et les pages se tournent très facilement.

Un roman qui prendra le temps de se mettre en place, dans lequel les personnages sont très bien dépeints et qui vous surprendra avec un dénouement totalement inattendu.

Ma note : 17/20

Contemporain

Quand l’arbre tombe – Rentrée littéraire

Quand l’arbre tombe d’Oriane Jeancourt Galignani

  • Auteur : Oriane Jeancourt Galignani
  • Titre : Quand l’arbre tombe
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 24 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une maison du Val de Loire. Un grand parc. Les arbres y tombent. Le maître de maison, un vieil homme, s’inquiète et écrit à sa fille. Elle vient aussitôt le rejoindre, sans oser se formuler que cet appel au secours sera peut-être le dernier. Ce père a été si puissant, si actif, si authentiquement admirable ! Et maintenant, en retraite, déparé de tous ses attributs sociaux, Paul va tenter de parler à Zélie, comme Zélie va tenter de parler à Paul. Demeure entre eux ce sentiment difficile à élucider, l’amour d’un père et d’une fille. Un face à face pudique, candide, parfois douloureux, se développe. De jour en jour, la faiblesse de Paul se révèle. De jour en jour, Zélie supporte avec peine de le voir faillir.
Dans le parc qui s’effondre, le vieil homme et la jeune femme tentent de se dire ce qu’ils n’ont jamais osé se dire, retournant ensemble sous les frondaisons où, quinze ans plus tôt, ils n’ont pas pu empêcher leur fils et frère de mourir. Arrive un troisième personnage, Luc, qui bouleverse leurs retrouvailles. Il va mener Paul et Zélie à se confronter à leur histoire tragique.
Qu’est-ce que l’amour d’une fille pour un père ? Qu’est-ce qu’un secret de famille enfoui ? Qu’est-ce qu’un homme une fois que sa vie touche à sa fin, est dépouillée du pouvoir, de l’aura sociale et de tout compte moral ? Une vie qui exprime son sens dans une ultime métamorphose ? Un roman d’une beauté simple et tragique, qui révèle toute la maturité littéraire d’Oriane Jeancourt Galignani. Une histoire universelle.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Grasset pour leur confiance.

Zélie est pianiste. Lorsque la jeune femme reçoit un appel de Paul, son père, elle décide de le rejoindre rapidement. L’homme semble très inquiet. En effet, depuis quelques temps, il se rend compte que les arbres du parc de sa propriété tombent sans raison. C’est l’occasion pour Zélie et son père de renouer des liens qui semblent s’être délités au fil du temps.

C’est un beau roman que propose ici l’auteure, même si j’avoue avoir eu parfois un peu de mal à rentrer pleinement dans l’histoire, notamment dû aux trop nombreuses descriptions qui m’ont parfois perdue.

Malgré ce petit bémol, j’ai suivi avec beaucoup d’émotions l’histoire de cette famille, qui a vécu de véritables drames. L’histoire nous est dévoilée par petites touches et le lecteur découvrira peu à peu les liens qui unissaient chaque membre de la famille.

Ainsi, l’histoire personnelle de Paul nous sera livrée mais également l’histoire du frère de Zélie. Beaucoup d’émotions parsèment ce texte fort.

La plume de l’auteure est élégante et tout en poésie. Les chapitres sont courts et cela rythme la lecture. Malgré les très nombreuses descriptions qui y sont faites, le texte se lit de manière très fluide.

Un beau roman qui explore les liens familiaux. Beaucoup d’émotions sont présentes.

Ma note : 16/20

Contemporain

De femmes et de sel – Rentrée littéraire

De femmes et de sel de Gabriela Garcia

  • Auteur : Gabriela Garcia
  • Titre : De femmes et de sel
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 18 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En 1866, à Cuba, María Isabel s’ouvre au monde grâce au lecteur de la manufacture de tabac qui l’emploie. Bouleversée par une lettre de Victor Hugo adressée aux femmes de son île, elle griffonne ses mots sur une page des Misérables : « Nous sommes la force. » Elle y puisera le courage d’affronter les épreuves qui l’attendent, sans imagi­ner que cette phrase trouvera un écho chez l’une de ses descendantes.
En 2015, Jeanette, toxicomane américaine à la dérive, se rend à Cuba en quête de réponses. Elle rencontre une famille qu’elle n’a jamais connue et met la main sur l’exemplaire des Misérables de son aïeule. Suffira-t-il à la sauver de ses démons ?
Ana, une adolescente salvadorienne expulsée des États-Unis, est déterminée à regagner coûte que coûte le pays dans lequel elle a grandi…

De La Havane à Miami, De femmes et de sel est une histoire de faux pas, de regrets, de pardon et de rédemption, qui dénonce les violences intimes et sociales faites aux femmes, génération après génération.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

Camagüey, 1866. Maria Isabel travaille dans une fabrique de cigares. Dans l’usine, Antonio s’occupe de faire la lecture aux ouvriers. Lorsque vient la lecture des Misérables de Victor Hugo, la jeune femme se sent profondément émue. Miami, 2015. Jeanette est sous l’emprise de la drogue. Elle décide de se rendre à Cuba afin de découvrir plus d’éléments sur ses origines. Elle va alors découvrir un roman des Misérables dans la maison de sa grand-mère.

Voilà un très beau roman qui a su me toucher et beaucoup m’émouvoir. L’auteure dresse de très beaux portraits féminins, vibrants et terriblement sensibles. À travers ces caractères, la force que chacune d’entre elles détient va transparaître tout au fil des pages.

Il s’agit d’une saga familiale à travers plus d’un siècle et l’auteure va alterner entre les divers personnages féminins. Ainsi, l’histoire familiale va peu à peu se tisser. Il vous faudra rester concentrés pour ne pas vous perdre au milieu de tous ces allers et retours dans le temps.

J’avoue avoir eu un petit peu du mal à m’y retrouver au début, mais une fois les personnages bien présentés, je suis ressortie conquise par le talent de conteuse de l’auteure, qui mettra en exergue des femmes fortes malgré leurs problèmes.

La plume de l’auteure m’a conquise. Gabriela possède un véritable talent de conteuse qui rend la lecture très fluide. À chaque début de chapitre, une indication spatio-temporelle sera présente, ce qui est appréciable afin de ne pas se perdre.

Un roman fort, vibrant, résolument féminin, dans lequel l’auteure déploie ses talents de conteuse pour nous dresser le portrait de femmes incroyablement fortes et sensibles.

Ma note : 17/20

Thriller

Comme une image

Comme une image de Magali Collet

  • Auteur : Magali Collet
  • Titre : Comme une image
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Taurnada
  • Nombre de pages : 256
  • Parution : 6 octobre 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Lalie a 9 ans, un teint de pêche et des joues roses. Elle a aussi deux frères et des chatons, une belle-mère et deux maisons.
C’est une enfant intelligente et vive, une grande sœur attentionnée et une amie fidèle.
C’est la petite fille que chacun aimerait avoir.
D’ailleurs, tout le monde aime Lalie.
Tout le monde doit aimer Lalie.
C’est une évidence.
Il le faut.

Mon avis

Je remercie les Éditions Taurnada pour leur confiance.

Lalie a neuf ans. La petite fille semble être parfaite. Pourtant, lorsque ses parents se séparent, il semblerait que Lalie commence à changer de comportement.

Je ne veux vraiment pas en dire plus sur le synopsis de ce roman, puisque je risquerais de vous spoiler des événements. Tout ce que je peux vous dire, c’est que Magali Collet nous offre un roman véritablement glaçant, et que je n’ai pas su lâcher une fois commencé.

L’auteure a réussi à faire monter le suspense avec beaucoup de parcimonie. Elle nous présente d’abord Lalie et son entourage familial. La mise en place se fait très rapidement, et le lecteur soupçonne dès le départ que de terribles événements vont s’ensuivre.

Après avoir débuté ce roman, il m’a été très compliqué de le lâcher. Les pages défilent. Par contre, j’ai trouvé le dénouement un peu abrupt et c’est un petit bémol que j’émets.

La plume de l’auteure est très fluide. Les petits chapitres offrent beaucoup de rythme à la lecture. J’aime beaucoup la manière d’écrire de Magali, le roman se lit très rapidement.

Un roman glaçant à découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain

Cavales – Rentrée littéraire

Cavales d’Aude Walker

  • Auteur : Aude Walker
  • Titre : Cavales
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 360
  • Parution : 17 août 2022
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Résumé

Camille roule sur les routes montagneuses de Californie. À l’arrière de sa voiture, un enfant mutique. À chaque pause, Camille tape frénétiquement sur le clavier de son téléphone pour envoyer de longs mails. À qui ?
Jack a fait l’acquisition d’un mobil-home, est descendu dans le canyon, puis est remonté sur l’autre versant. Là, il s’est installé avec une longue-vue pour observer sa propre maison.
Et comme entre les deux, à l’autre bout de la longue-vue, il y a Ella. Désormais seule dans la maison où elle cohabitait naguère avec Jack.
Trois destins comme seule l’âpreté de la Californie semble capable d’en produire.
Enfin, bien sûr – c’était écrit –, leur rencontre. Leur collision, plutôt ?

Mêlant plusieurs gammes littéraires, à la fois roman de l’attente, road movie et livre de mémoire, Cavales mêle aussi plusieurs registres de langue et de narration pour mieux faire apparaître le paradoxe de nos solitudes où les autres tiennent tant de place, la douleur de l’arrachement et l’impossibilité du deuil.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Fayard pour leur confiance.

Camille, en compagnie du petit Shimon, part en vadrouille. Jack habite dans une petite habitation depuis qu’il s’est séparé de sa femme Ella. Il l’espionne régulièrement avec une longue-vue. Ella, quant à elle, est restée dans la demeure qu’elle partageait avec Jack, et elle passe son temps à s’occuper des animaux que Jack et elle avaient en commun. Ces personnages vont se croiser et chacun d’entre eux, à sa façon, est en cavale.

Je ne vais pas vous en dire plus, pour que vous découvriez les histoires personnelles de ces personnages particuliers. En débutant ce roman, je ne m’attendais pas à un récit si vibrant et si touchant. Je peux dire que j’ai eu un coup de cœur inattendu pour ce récit qui offre une parenthèse littéraire des plus originales.

Chaque personnage a son histoire, et chacun d’entre eux expérimente en quelque sorte une fuite en avant. Leur histoire respective est dévoilée avec parcimonie, par petites touches, et le lecteur s’attache à tous ces caractères sensibles.

L’auteure a su dépeindre des personnages vibrants et très réalistes. Tout passe par la psychologie dans ce récit. Ce n’est pas vraiment l’action qui prime, mais plutôt l’évolution des protagonistes.

La plume m’a totalement conquise. Avec un style très fluide et franc, l’auteure a su disséquer les émotions de chacun. Les pages ont défilé. J’ai beaucoup apprécié le schéma narratif, donnant la place à chacune des histoires respectives des protagonistes.

Un roman délicat, un coup de cœur qui m’a beaucoup émue. Beaucoup de sensibilité émane de ce beau récit. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le monde après nous – Rentrée littéraire

Le monde après nous de Rumaan Alam

  • Auteur : Rumaan Alam
  • Titre : Le monde après nous
  • Éditions : Seuil
  • Genre : Contemporain
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 19 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Amanda et Clay, des Blancs newyorkais, partent en vacances avec leurs deux enfants à Long Island. Amanda a loué une jolie villa récemment rénovée. Le temps est superbe, la piscine immense, la nature accueillante. Mais lors de la deuxième nuit, un bruit sourd résonne dans le lointain et peu de temps après, on frappe à la porte. Les propriétaires, un couple d’Afro-Américains plus âgés, surpris sur la route par une soudaine panne d’électricité et de réseau demandent l’hospitalité. Inquiets et agacés par cette intrusion, Amanda et Clay n’ont d’autre choix que d’accepter. Leur séjour de rêve prend fin brutalement.

Désormais sans lien avec le monde extérieur, loin de la ville, sont-ils en sécurité ? Peuvent-ils se fier les uns aux autres ? Hypocrisie, peur de l’autre, panique, chacun affronte l’inconcevable à sa façon dans ce huis clos oppressant et sans concession.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions du Seuil pour leur confiance.

Amanda et Clay passent leurs vacances dans une demeure perdue au milieu de la forêt, avec leurs deux enfants Archie et Rose. Lorsque le couple a aperçu l’annonce sur un site de location de maisons, ils n’ont pas hésité. Et effectivement, le cadre semble tout simplement idyllique. Pourtant, un soir, G. H. et Ruth, le couple qui leur a loué la demeure, viennent sonner à leur porte. Ils semblent effrayés. Il y aurait un black-out et ils demandent alors à Amanda et Clay de les accueillir.

J’aime autant vous prévenir d’emblée. Si vous recherchez un roman qui suit les codes du genre, avec beaucoup d’action, passez votre chemin, au risque de vous retrouver fortement déçus. Je ne lis pas souvent de romans de ce style, mais les fois où cela m’est arrivé, je dois dire que les auteurs se focalisaient davantage sur les actions que sur les personnages.

Ici, c’est tout le contraire. L’auteur va se centrer sur les ressentis des personnages. Il n’y aura pas de surenchère dans l’action. L’auteur va créer un huis clos des plus réussis, dans lequel les personnages devront faire preuve d’empathie et d’entraide pour survivre à cette catastrophe.

Durant tout le roman, nous comprenons que c’est d’un black-out dont il est question, mais tout est suggéré. L’auteur n’a pas voulu mettre au premier plan le scénario catastrophe qu’il établit, mais plutôt les relations entre les personnages.

Cela donne un roman très intéressant et très fouillé au niveau de la psychologie des protagonistes. La tension monte avec parcimonie, créant peu à peu une atmosphère pesante et sombre. L’auteur a réussi cela avec grand brio.

La plume de l’auteur est particulière. Maniant descriptions et pensées des personnages, les pages défilent toutes seules, et pourtant j’ai eu une sensation d’exigence durant toute ma lecture, devant rester bien concentrée pour ne pas me perdre.

Un roman différent, davantage centré sur les personnages et non sur les événements qui jalonnent le récit. Une lecture très intéressante.

Ma note : 16/20

Contemporain

Nous, les allemands – Rentrée littéraire

Nous, les allemands d’Alexander Starritt

  • Auteur : Alexander Starritt
  • Titre : Nous, les allemands
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 208
  • Parution : 25 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Longtemps, les questions posées par Callum à son grand-père allemand sur la guerre sont restées sans réponse. Et puis, un jour, Meissner s’est décidé à raconter.

Sa vie de soldat sur le front de l’Est, les débuts triomphants, l’esprit de corps, l’ivresse des batailles, et puis le froid, la faim, la misère. Et surtout l’année 1944 quand lui et ses camarades ont compris que la guerre était perdue ; que tout ce en quoi ils avaient cru, tout ce qui les faisait tenir, l’appartenance à une nation, l’espoir d’une guerre rapide, les rêves de retour, tout était en train de s’écrouler ; que dans la déroute, les hommes ne sont plus des hommes ; que le désespoir vous fait accomplir le pire et que rien, jamais, ne permettra d’expier la faute de tout un peuple.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Belfond pour leur confiance.

Callum veut connaître la jeunesse de son grand-père. Il veut que le vieil homme lui raconte sa vie de soldat sur le front de l’Est. Pourtant, ce dernier a bien du mal à raconter tout cela à son petit-fils. Malgré tout, un jour, il décide qu’il est temps de tout expliquer, et pour cela, il écrira une longue lettre à Callum.

C’est un roman exigeant et pas toujours aisé à lire que j’ai découvert ici. Le récit est bien mené et très profond, mais j’avoue que je ne m’attendais pas à y retrouver tant de densité. En effet, ici, le schéma narratif, bien que judicieux, ne m’a pas toujours permis d’avancer avec une certaine fluidité.

Mais une fois lancée dans ce roman, il m’a été très difficile de le lâcher. Le grand-père va tout raconter sous forme épistolaire à son petit-fils. Le procédé convient parfaitement, puisque de cette manière, les sentiments et les faits sont mieux retranscrits.

Ainsi, le grand-père va expliquer à son petit-fils la débâcle subie sur le front de l’Est. Ceci est important pour Callum, puisque le jeune homme a demandé à plusieurs reprises à son grand-père de lui raconter sa vie de soldat.

Ainsi, plusieurs thématiques seront abordées. Comment Callum réagira lorsqu’il découvrira tous les faits de son grand-père lors de la Seconde Guerre Mondiale. Le grand-père se livre entièrement à son petit-fils et raconte tous les événements qu’il a vécu.

La plume de l’auteur est exigeante. Le texte est très peu aéré, et au départ, j’ai eu quelques difficultés à m’y habituer. Pourtant, après quelques pages, le récit prend forme, et le lecteur suivra ainsi la jeunesse de ce grand-père. Bien que le roman soit court, l’auteur a su y instaurer beaucoup de densité. L’auteur donne une place importante à l’amitié établie entre le grand-père et son unité. Les scènes de guerre sont très présentes, et le roman prend souvent une tournure bouleversante et glaçante.

Un récit exigeant et à la thématique complexe que je vous recommande.

Ma note : 16/20

Contemporain

Les gens de Bilbao naissent où ils veulent – Rentrée littéraire

Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea

  • Auteur : Maria Larrea
  • Titre : Les gens de Bilbao naissent où ils veulent
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 17 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

L’histoire commence en Espagne, par deux naissances et deux abandons. En juin 1943, une prostituée obèse de Bilbao donne vie à un garçon qu’elle confie aux jésuites. Un peu plus tard, en Galice, une femme accouche d’une fille et la laisse aux sœurs d’un couvent. Elle revient la chercher dix ans après. L’enfant est belle comme le diable, jamais elle ne l’aimera.
Le garçon, c’est Julian. La fille, Victoria. Ce sont le père et la mère de Maria, notre narratrice.
Dans la première partie du roman, celle-ci déroule en parallèle l’enfance de ses parents et la sienne. Dans un montage serré champ contre champ, elle fait défiler les scènes et les années : Victoria et ses dix frères et sœurs, l’équipe de foot du malheur ; Julian fuyant l’orphelinat pour s’embarquer en mer. Puis leur rencontre, leur amour et leur départ vers la France. La galicienne y sera femme de ménage, le fils de pute, gardien du théâtre de la Michodière. Maria grandit là, parmi les acteurs, les décors, les armes à feu de son père, basque et révolutionnaire, buveur souvent violent, les silences de sa mère et les moqueries de ses amies. Mais la fille d’immigrés coude son destin. Elle devient réalisatrice, tombe amoureuse, fonde un foyer, s’extirpe de ses origines. Jusqu’à ce que le sort l’y ramène brutalement. A vingt-sept ans, une tarologue prétend qu’elle ne serait pas la fille de ses parents. Pour trouver la vérité, il lui faudra retourner à Bilbao, la ville où elle est née. C’est la seconde partie du livre, où se révèle le versant secret de la vie des protagonistes au fil de l’enquête de la narratrice.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Grasset pour leur confiance.

Maria Larrea est à la recherche de ses origines. Apprenant tardivement qu’elle a été en réalité adoptée, cette fille de parents immigrés voit son quotidien profondément chamboulé. Dès lors, elle va décider de partir à la recherche de sa famille biologique, en Espagne. La jeune femme tentera de reconstruire le puzzle de sa famille.

En voilà un roman autobiographique qui m’a réellement conquise. Maria possède un talent de conteuse incontestable, et j’ai beaucoup aimé son schéma narratif, puisqu’elle nous parlera tout d’abord de la vie de ses deux parents adoptifs avant de partir à la recherche de ses origines. J’ai trouvé cela terriblement touchant et d’une belle authenticité.

Maria commence donc par raconter l’enfance et la jeunesse de ses deux parents adoptif. Le texte oscille ainsi entre la Galice et Bilbao. Cette partie est racontée d’une manière très romancée.

La deuxième partie va donc davantage raconter les recherches de Maria, et ici, j’y ai retrouvé beaucoup de sincérité de sa part, puisqu’elle nous livre tous ses états d’âme, et tous les chamboulements que la nouvelle de l’adoption cause en elle.

La plume de l’auteure m’a beaucoup plu. Avec un style direct et sans fioriture, l’auteure nous livre son histoire. Les références à l’Espagne sont très nombreuses, avec quelques phrases en espagnol qui se glissent dans le texte, et j’ai trouvé cela très authentique. J’en ressors conquise.

Une recherche de ses origines menée par l’auteure, et qui à travers ce roman, nous montre tous les chamboulements qu’elle a subi depuis qu’elle a appris tardivement son adoption. Le talent indéniable de conteuse de l’auteure est présent à chaque page et c’est une véritable réussite.

Ma note : 17/20

Contemporain

Un jeune homme si tranquille – Rentrée littéraire

Un jeune si tranquille de Yves Viollier

  • Auteur : Yves Viollier
  • Titre : Un jeune homme si tranquille
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 18 août 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

J’ai posé la question à mon oncle, la dernière fois que nous nous sommes vus, il y a plus d’un an, il était encore en pleine forme. « Est-ce que tu as parlé à tes amis ? » Il m’a répondu : « Je n’ai pas encore osé… »

Roger Martin les a séduits. Il a été accueilli dans ce bourg dont le narrateur est le maire, comme un ami de toujours. Veuf, à plus de soixante-dix ans, il avait besoin d’une famille. Et tous lui ont ouvert les bras. Il est devenu le père, le grand-père, le vieil homme que les jeunes aiment bien.
La déception a été aussi violente que l’amour et l’amitié avaient été doux. Le fil du temps s’est tendu. Roger, en jeune homme, est alors apparu dans sa vérité. L’Occupation avait été ce théâtre où il a joué un rôle funeste.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance.

Roger les a tous conquis. Vieil homme veuf, dès que le narrateur et sa femme, ainsi que leurs deux filles, lui proposent de vivre auprès d’eux, il accepte. Lorsque Roger décède, son neveu Pierre contacte le narrateur. Est-ce que Roger a eu le courage de raconter sa jeunesse pendant l’Occupation à ses amis ? Non, Roger n’a rien raconté, et lorsque le narrateur apprend la vérité, c’est le choc pour lui et sa famille.

En voilà un roman très original, qui soulève une thématique intéressante. J’ai eu tant d’empathie pour la famille qui accueille Roger et qui va finalement se sentir terriblement trompée, ayant l’impression de n’avoir jamais réellement connu leur ami.

Ils se retrouvent tous face à un dilemme. Faut-il rester avec l’image de leur ami qu’ils ont tant aimé, ou au contraire tout oublier, lorsqu’ils sont confrontés aux horreurs de Roger ? La thématique est très intéressante. Et j’ai trouvé ce roman particulièrement glaçant.

Peu à peu, l’histoire de Roger prend forme et le lecteur ainsi que les protagonistes découvrent les crimes du vieil homme pendant l’Occupation. Ce sont des passages éprouvants à lire.

La plume de l’auteur est épurée et directe. Avec un style très fluide, les pages défilent. Le roman alterne entre passé et présent, mais ne perd jamais son lecteur.

Un roman glaçant, de par les thématiques abordées. À découvrir.

Ma note : 17/20

Historique

Le pays au-delà des mers

Le pays au-delà des mers de Christina Baker Kline

  • Auteur : Christina Baker Kline
  • Titre : Le pays au-delà des mers
  • Genre : Historique
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 336
  • Parution : 8 septembre 2022
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Pour avoir naïvement cru aux promesses d’amour de son employeur, Evangeline, jeune gouvernante anglaise, a été accusée de vol et condamnée à la déportation. Sur le navire qui l’emmène en terre australe, elle pense à ce que sera sa vie dans le « pays au-delà des mers », qu’on dit si inhospitalier, peuplé d’indigènes et de renégats. Elle pense aussi à l’enfant qu’elle porte : saura-t-elle le protéger ? Pourra-t-elle s’appuyer sur la débrouillarde Hazel avec qui elle a noué une forte amitié lors de la traversée ?

Au même moment, sur l’île Flinders, au large de l’Australie, Mathinna, une orpheline aborigène, est elle aussi retenue prisonnière. Arrachée à sa tribu, la petite a été adoptée par le gouverneur et son épouse, qui entendent bien la civiliser à tout prix.

Ces trois femmes l’ignorent encore, mais leur sort est inextricablement lié. Sur ces terres soumises à la folie des hommes, elles auront besoin de toutes leurs forces, de tout leur courage pour survivre et se frayer un chemin vers la liberté.

Mon avis

Je remercie chaleureusement les Éditions Belfond pour leur confiance.

1840, Londres. Evangeline est gouvernante chez les Whitstone. Elle va alors tomber éperdument amoureuse de Cecil, l’un des fils de monsieur Whitstone. Le jeune homme offrira une bague à Evangline, mais la jeune femme va vite être accusée de l’avoir volée. Elle sera alors transférée à la prison, et le verdict ne tarde pas à tomber. Elle est condamnée à la transportation et devra demeurer 14 ans en Australie. Dès lors, aidée par Olive et Hazel, ses compagnes d’infortune, les jeunes femmes feront tout pour survivre.

Ce roman a été un énorme coup de cœur pour ma part, tant au niveau de l’histoire qu’au niveau des personnages féminins qui sont très bien dépeints, avec beaucoup de nuances et surtout, énormément de réalisme. L’auteure part d’événements historiques réels et autour de cela, elle réussit à tissser une histoire qui m’a bouleversée à plusieurs reprises.

Le lecteur suivra également en filigrane l’histoire de la petite Mathinna, petite fille indigène, arrachée à ses racines par les gouverneurs. Ce roman m’a profondément émue à plusieurs reprises et une palette d’émotions m’a accompagnée lors cette lecture.

D’emblée, je me suis attachée à Evangeline, mais la galerie de personnages qui l’accompagnent sont également très touchants. Je ne veux pas en dire beaucoup plus, afin de ne rien vous spoiler et que vous puissiez découvrir les éléments qui constituent cette histoire.

La plume de l’auteure est très fluide. Avec un style clair et sans fioriture, les pages défilent. Je dois dire que j’ai particulièrement aimé la manière de raconter de l’auteure. Elle a alterné les chapitres, consacrés chacun à l’un des personnages féminins de cette histoire.

Un roman terriblement émouvant qui témoigne d’une réalité historique. À partir de véritables événements historiques, l’auteure a su tisser une histoire tout en émotions. À découvrir.

Ma note : 19/20