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Après le monde

Après le monde d’Antoinette Rychner

  • Auteur : Antoinette Rychner
  • Titre : Après le monde
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 281
  • Parution : 3 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

Novembre 2022. Un cyclone d’ampleur inédite ravage la côte ouest des États-Unis. Incapables de rembourser les dégâts, les compagnies d’assurance font faillite ; à leur suite, le système financier américain s’effondre, entraînant dans sa chute le système mondial. Plus d’argent disponible, plus de sources d’énergie, des catastrophes climatiques en chaîne, plus de communications… En quelques mois, le monde entier tel que nous le connaissons est englouti.

Antoinette Rychner s’est inspirée des théories de la « collapsologie » pour bâtir ce roman. S’y déroulent en alternance les aventures de quatre personnages qui tentent de survivre dans une société condamnée à réinventer ses propres logiques, parfois au prix de la barbarie ; et une « épopée » chantée par deux femmes, le soir à la veillée.

Ce récit des origines raconte l’avant et l’après-catastrophe, soulevant concrètement des interrogations politiques, humaines et sociales : l’humanisme est-il l’apanage des sociétés qui vont bien ? Ou est-il possible d’inventer, au cœur même du désastre, de nouvelles façons de vivre ensemble et d’habiter le monde ?

Un roman visionnaire et inspirant, alors que les questions environnementales sont devenues incontournables.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

2022. À la suite d’un cyclone qui ravage tout sur son passage, les compagnies d’assurance vont se voir dans l’impossibilité de rembourser les dégâts, et se retrouvent ainsi en banqueroute. C’est tout le système économique qui s’en ressent. C’est dans ces conditions que nous allons suivre les aventures de plusieurs femmes, obligées de faire face à cette nouvelle situation.

J’ai beaucoup aimé ce roman, que l’on peut qualifier de dystopie, mais je dois bien avouer que j’ai eu beaucoup de réticences au début de ma lecture. En effet, l’auteure va débuter sa narration d’une manière très particulière, en faisant usage du pronom personnel nous, et c’est vraiment déroutant comme amorce. Une fois passée la première surpise, je me suis finalement laissée entraîner par ces pages.

Antoinette va dans la direction du roman catastrophe et pour cela, elle s’inspire de la théorie de la collapsologie. Elle imagine un effondrement de la société industrielle, aux conséquences dévastatrices. Je ne connaissais pas cette théorie, et j’ai trouvé cela très intéressant. C’est une dystopie qui sort des sentiers battus.

L’auteure va donner la parole aux femmes, et narrer le quotidien de certaines d’entre elles en particulier. C’est dans ce contexte dévastateur que l’on va suivre les aventures de ces femmes, sous une forme narrative des plus originales. Chaque chapitre se consacre à l’une d’elles, et est entrecoupé par des chants.

Dans ce roman, les questionnements seront divers et bien évidemment, cette lecture ne laisse pas indifférent. On lit ces pages en réfléchissant. L’auteure soulève des réflexions très intéressantes.

La plume de l’auteure est simple et très accessible, malgré un sujet parfois pointu. Le style est concis, vif et clair. Les chapitres ne sont pas trop longs, et il faut simplement rester bien concentré au début, puisque l’auteure change souvent de perspective.

Un roman dystopique très original et bien amené. Si c’est quelque peu déroutant au début, une fois la surpise initiale passée, c’est une très bonne découverte littéraire.

Ma note : 16/20

Thriller

Un tigre dans la maison

Un tigre dans la maison de Jacqueline Sheehan

  • Auteur : Jacqueline Sheehan
  • Titre : Un tigre dans la maison
  • Genre : Thriller
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 350
  • Parution : 12 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Delia Lamont a pris sa décision. Même si elle aime son travail au service de la protection de l’enfance du Maine, ses frustrations ont fini par avoir le dessus. Elle est sur le point d’ouvrir avec sa soeur Juniper un café-boulangerie, pour profiter de la douceur de l’existence.
Mais la nouvelle tombe : une enfant de cinq ans a été retrouvée au bord d’une route près d’une voiture où gisent deux cadavres. La fillette n’a donné que son prénom – Hayley.
Refusant d’abandonner cette petite qui n’a plus personne, Delia s’investit dans cette dernière mission. Tout en démêlant le dangereux mystère autour d’Hayley, Delia va revisiter sa propre histoire et enfin comprendre les drames de son enfance.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Delia travaille au service de la protection de l’enfance du Maine. Bien qu’elle soit passionnée par son travail, elle se rend compte que celui-ci lui crée une multitude de frustrations. Elle va alors décider de quitter cet emploi pour ouvrir une boulangerie avec sa sœur Juniper. Pourtant, la jeune femme se verra confrontée à une dernière affaire. Une petite fille de cinq ans est retrouvée au bord de la route. Elle s’appelle Hayley, et Delia mettra tout en œuvre pour découvrir la vérité sur elle, et les événements qui l’ont conduite là. Elle est loin de se douter qu’en explorant le passé de Hayley, c’est sa propre histoire qu’elle va revisiter.

Jacqueline Sheehan m’a littéralement bluffée avec une intrigue que j’ai trouvée très intelligente et riche en suspense et rebondissements. Pourtant, au début de ma lecture, je ne pensais pas être si captivée. Cela démarre en effet tout en douceur, et le temps de mise en place m’a quelque peu effrayée au départ.

L’auteure va prendre le temps de bien poser les bases d’une intrigue très complexe et particulièrement emmêlée. Elle va aborder une multitude de thématiques, quelques unes assez noires, et ne va rien épargner à son lecteur. J’ai beaucoup aimé les parallélismes entre l’histoire de la petite fille retrouvée et notre héroïne.

L’intrigue est menée de main de maître et le suspense est maintenu tout du long. C’est vraiment un roman remarquable de par sa construction, mais aussi de par ses personnages. J’ai beaucoup aimé celui de Delia, tout en générosité et altruisme.

La plume de l’auteure est particulière. Il est vrai qu’en lisant ce thriller, j’avais parfois l’impression de ne pas me retrouver face à un roman appartenant à ce genre littéraire. C’est presque poétique par moments, et l’écriture est parfois douce. C’est en tout cas très fluide, et une fois commencée, la lecture devient très difficle à lâcher.

Un thriller psychologique abordant des thématiques très variées, et servi par des personnages très bien construits, le tout agrémenté d’une plume très belle. C’est vraiment une très bonne découverte.

Ma note : 17/20

Romance

Le destin d’une héritière

Le destin d’une héritière de Maisey Yates

  • Auteur : Maisey Yates
  • Titre : Le destin d’une héritière
  • Genre : Romance
  • Éditions : Harlequin
  • Nombre de pages : 336
  • Parution : 1 mars 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Les sœurs Holt ont tout pour elles. Pourtant, la passion va bouleverser leur vie bien tracée.

Une délicieuse provocation
Leah a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur aînée, si belle, si sage, si parfaite. Mais, lorsque cette dernière disparaît le jour de son mariage, elle n’a d’autre choix que de prendre sa place et d’épouser Andreas Kouros. Andreas, qu’elle a aimé en silence pendant tant d’années… et qui n’a jamais vu en elle qu’une enfant dissipée. Leah est bouleversée. Car elle le sait : elle prend un risque insensé en liant aujourd’hui son destin à cet homme dont l’indifférence lui a autrefois brisé le cœur…

Une exquise trahison
Fille parfaite, sœur aimante, fiancée idéale… Rachel mène sa vie exactement comme on l’attend d’elle. Pourtant, le jour où son regard croise celui de l’homme le plus beau qu’elle ait jamais vu, un feu ardent s’allume en elle. Sur une folle impulsion, elle s’abandonne entre les bras du bel inconnu. Une parenthèse enchantée avant de s’engager dans un mariage sans amour… Hélas, quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle découvre l’identité de son amant !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Harlequin pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Leah et Rachel, deux sœurs très différentes, sont les riches héritières de l’empire Holt. Lorsque Rachel prend la fuite d’escampette alors qu’elle doit épouser Andreas, Leah va décider de prendre sa place. En effet, Rachel va décider d’épouser le plus gros ennemi de la famille et qui risquerait de faire perdre l’entreprise familiale promise à Andreas et à sa future épouse, pour autant qu’Andreas épouse l’une des sœurs Holt. Ils vont donc faire un mariage sans amour pour tenter de sauver cet empire familial. De son côté, Rachel va finalement faire la rencontre d’un bel inconnu qui va la faire chavirer au point de tout remettre en question. Mais connaît-elle vraiment cet homme ?

Maisey Yates nous offre un véritable chassé-croisé romanesque, avec son lot d’intrigues, de mystères, d’amour, et de romance naissante. Je me suis laissée entraîner dans ce roman qui a su me captiver. Certes, si j’ai préféré l’histoire de Leah, celle de Rachel n’est pas en reste.

Ce roman est divisé en deux histoires bien distinctes, chacune relatant les aventures amoureuses de l’une des deux sœurs. J’ai trouvé ce procédé très original et finalement, le plaisir de lecture est décuplé.

J’ai totalement été conquise par la belle romance naissante entre Leah et Andreas. Peu à peu, ils vont se laisser aller à l’amour, et s’octroyer le droit d’aimer, tout simplement. Les sentiments et les émotions sont bien rendus, et j’ai été en immersion totale. Je voulais tant que cela marche entre ces deux personnages.

L’histoire de Rachel m’a beaucoup plu, mais j’ai eu tendance à lui préférer le personnage de sa sœur. En effet, par moments, Rachel m’a parue un peu trop naïve. Leah vit dans son ombre depuis toujours, étant moins jolie et réussissant moins qu’elle. Mais finalement, Leah est tout en nuances, et la force qui émane d’elle est bien plus tangible que celle dont fait preuve Rachel.

La plume de l’auteure est d’une grande fluidité. C’est réellement addictif et ce roman se dévore page après page. Maisey Yates a su retranscrire à la perfection deux histoires d’amour, avec leur touche de sensualité, et j’ai trouvé cela très réussi.

Ce roman offre un véritable chassé-croisé romanesque, narrant à tour de rôle les respectives histoires d’amour de deux sœurs, riches héritières d’un empire familial. C’est très fluide, entraînant et particulièrement addictif. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Déjeuner en paix

Déjeuner en paix de Charlotte Gabris

  • iciAuteur : Charlotte Gabris
  • Titre : Déjeuner en paix
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche-Midi
  • Nombre de pages : 176
  • Parution : 16 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Paris, une terrasse de café ensoleillée. C’est l’heure du déjeuner, les gens font la queue. Les salades sont immangeables, une tasse de thé coûte huit euros, le personnel est abject. Mais les gens font la queue. Une jeune provinciale est attablée, seule. À ses côtés, une Parisienne attend son amoureux qui tarde à la rejoindre. Deux femmes qui n’ont a priori rien en commun. Si ce n’est que l’une et l’autre se regardent, se jaugent, se moquent. Peut-on parler fort, ne jamais sourire, et porter un panier en osier avec autant d’assurance et d’aplomb ? se demande la première. Peut-on boire un verre de vin en trinquant… avec soi-même, et sembler heureuse malgré tout ? se demande la seconde. Mais sont-elles si différentes ? Et qui sont-elles pour se juger si durement ? Charlotte Gabris s’amuse ici de la rivalité féminine avec malice. Et si nous essayions, nous aussi, de déjeuner en paix ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche-Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. À la terrasse d’un café, deux jeunes femmes vont chacune s’installer à une table pour déjeuner. L’une est seule, l’autre attend son compagnon Étienne, qui tarde à arriver. Pendant ce temps, elles se jaugent, elles s’observent et se livrent à une critique exacerbée de l’autre.

Charlotte Gabris est une comédienne et également humoriste. Pour ma part, c’est en tant qu’auteure que je découvre cette jeune femme. Et force m’est de constater que son roman m’a marquée, m’a conquise et m’a donné matière à réfléchir.

Le postulat de départ est osé. Je n’imaginais pas qu’avec pour simple décor une terrasse à Paris, Charlotte réussirait à donner autant de densité à son roman. C’est vraiment réussi. L’auteure apporte une multitude de pistes de réflexion, et donne une dimension psychologique unique à son court récit.

Les thématiques abordées dans ce roman sont d’actualité et touchent tout le monde. Les deux jeunes femmes vont se juger l’une et et l’autre, et cela, uniquement en se basant sur les apparences. Elles vont imaginer une vie idéale à l’autre, elles vont se jalouser, sans finalement savoir que rien n’est parfait pour l’autre.

Finalement, une chose en amenant l’autre, elles vont se rendre compte qu’au travers du prisme renvoyé par l’autre, ce sont elles-mêmes qu’elles vont remettre en question. En inventant une vie idéale à leur concurrente respective, elles vont oublier de se focaliser sur elles-mêmes et elles vont croire à leurs suppositions. Elles en arriveront vraiment à s’envier mutuellement, les apparences étant finalement très trompeuses.

La plume de l’auteure est très fluide. J’ai été conquise par la manière de raconter de Charlotte Gabris. Elle va donner la parole aux deux jeunes femmes, alternant ainsi leur point de vue un chapitre sur deux. C’est fait avec beaucoup de sensibilité et d’ingéniosité.

Un court roman, au décor simple et minimaliste, servi par deux personnages féminins en proie aux doutes et au manque de confiance en elles-mêmes. L’auteure nous livre une analyse sociétale des plus réussies. À découvrir.

Ma note : 18/20

Thriller

Angkar

Angkar de Christian Blanchard

  • Auteur : Christian Blanchard
  • Titre : Angkar
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 13 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Champey est une jeune mère courage qui tente de se reconstruire après la trahison ignoble de son ex-mari. À leur fille de 6 ans, elle invente un bon père, mort dans un accident de voiture, alors que Mau était bébé. Mentir plutôt que la laisser découvrir la vérité sur son géniteur.

Mais une nuit, Champey fait un cauchemar qui la transporte au Cambodge dans la peau d’une autre femme. Elle vit les bombardements, le sang, l’horreur. Les revit les nuits suivantes. Ses rêves sont si violemment réalistes que la jeune femme, bouleversée, décide de retourner dans le pays qui l’a vue naître, sous la dictature des Khmers rouges.

Au même moment et sans le savoir, mère et fille vont devoir se confronter à l’insoutenable et cruelle vérité de leurs origines.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Champey est une jeune femme affirmée qui élève seule sa petite fille Mau, de six ans. Elle a décidé de lui mentir sur l’identité de son père, préférant inventer un homme aimant et idéal au lieu de lui dire l’innommable vérité sur ce monstre. Champey est d’origine cambodgienne et adoptée par une famille française. Son quotidien va se retrouver bouleversé lorsqu’elle va commencer à faire des cauchemars étranges. Elle se retrouve au Cambodge pendant ses mauvais rêves, avant même d’être née, au milieu des bombardements et elle a l’impression prégnante d’avoir vécu ces événements. Que lui arrive-t-il ?

C’est encore une réussite que signe ici Christian Blanchard avec ce roman noir, puissant et incroyablement immersif. Je ressors essoufflée de ma lecture et cet auteur m’épate à chaque fois lorsqu’il s’agit de faire des constructions romanesques parfaites.

Ici, la mécanique est parfaitement huilée, et dès les premières pages, l’auteur m’a attrapée dans une intrigue complexe et riche en rebondissements. Christian Blanchard sait ménager son suspense et distiller les éléments au fur et à mesure. Ici, c’est particulièrement réussi. Je me suis demandée tout au long de ma lecture ce qui pouvait bien arriver à Champey, et le pourquoi de ses cauchemars.

L’auteur aborde une dimension psychologique unique dans son intrigue. Des thématiques peu croisées dans d’autres lectures font leur appararition, telles que la mémoire transgénérationnelle. J’ai trouvé cela vraiment passionnant et parfaitement intégré au fond de l’intrigue.

Le deuxième point qui m’a particulièrement plu, c’est le contexte historique peu connu pour ma part que va aborder Christian Blanchard. Il va s’arrêter sur une période noire du Cambodge. Il le fera avec beaucoup de réalisme. Le travail de recherches est bien là, et Christian Blanchard a tout fait pour nous restituer au mieux les événements historiques et les intégrer à son intrigue.

La plume de l’auteur est toujours aussi plaisante. Sous forme de petits chapitres et avec une alternance de points de vue, le style est fluide et les pages ont défilé. Ce roman peut aisément se lire d’une traite. Le suspense est maintenu jusqu’au bout.

Un roman noir et puissant, abordant des thématiques peu croisées généralement dans les lectures. Le suspense est maintenu et l’intrigue est menée tambour battant, le tout servi par une écriture immersive et fluide. Une réussite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Festin sauvage

Festin sauvage d’Adrienne Brodier

  • Auteur : Adrienne Brodier
  • Titre : Festin sauvage
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 300
  • Parution : 15 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Par une chaude nuit d’août à Cape Cod, Adrienne, quatorze ans, est réveillée par Malabar, sa mère, avec ces cinq mots qui bouleverseront leurs vies pour toujours : « Ben Souther vient de m’embrasser. »
Adrienne devient alors la confidente et complice de sa mère durant toute sa liaison secrète avec le meilleur ami de son mari. Une liaison qui aura des conséquences terribles pour tous ceux qui y seront mêlés. Ce n’est que des années plus tard qu’Adrienne trouvera la force d’affronter Malabar et de commencer à vivre selon ses propres désirs.
Autofiction brillante et intemporelle, Festin sauvage est aussi une formidable histoire de résilience, qui rappelle que l’on peut être des parents différents de ceux qu’on a eus.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Cape Cod. Rennie, jeune adolescente de quatorze ans, vit avec Malabar, sa mère, avec son frère Peter, et avec son beau-père Charles. Malabar est tombée amoureuse de Charles, alors que tous les deux étaient mariés à ce moment. Pourtant, ils divorcent pour former dès lors une famille recomposée. Un soir, ils reçoivent à dîner Ben et Lily. Ben est l’un des meilleurs amis de Charles. Pendant la nuit, Malabar réveille sa fille en lui faisant une révélation troublante. Elle lui affirme que Ben l’a embrassée, et elle propose à sa fille de se faire la gardienne de ce secret et de l’aider à maintenir cette relation extra-conjugale. Elles sont loin de se rendre compte des conséquences.

Il faut savoir que ce récit est une auto-fiction, et que la narratrice a décidé de nous narrer du mieux qu’elle peut les événements qui ont tout bouleversé pour elle. Je ressors conquise de ce roman, et les émotions ressenties pendant cette lecture ont été très fortes.

La narratrice va raconter avec une rare acuité et beaucoup de justesse cet amour inconditionnel et pas loin de l’admiration sans bornes qu’elle voue à sa mère. Pour elle, ce sera un grand honneur que sa mère la choisisse pour garder un secret d’une telle envergure. Je me suis bien évidemment questionnée sur la manière de procéder de Malabar. Se rendait-elle compte que c’était peut-être trop lourd à porter pour sa fille ?

Adrienne va analyser la relation mère-fille suite à cette révélation. Tout ne sera pas rose, malheureusement. Ce secret sera lourd de conséquences dans le quotidien de la narratrice, lui faisant subir beaucoup de désastres émotionnels. Adrienne choisit de nous en parler avec beaucoup de pudeur, maus également beaucoup de transparence.

La plume de l’auteure est d’une grande fluidité. Pourtant, j’y ai ressenti une grande part de poésie pendant cette lecture. Le style est parfois indolent, à l’image de l’ambiance qui se dégage de Cape Cod. Les mots sonnent très justes et Adrienne Brodier réussit à faire passer les émotions avec brio.

Un très beau roman, qui est en réalité une auto-fiction. L’auteure se livre à son lecteur avec beaucoup de justesse et d’émotions. Cela a été une très belle découverte littéraire.

Ma note : 17/20

Non classé

Vite !

Vite ! de Jonathan Curiel

  • Auteur : Jonathan Curiel
  • Titre : Vite !
  • Genre : Essai
  • Editions : Plon
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 6 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Tout va trop vite dans cette société qui célèbre l’instant aussi intensément qu’elle ne l’oublie. Il faut gagner du temps, chasser les temps morts, ne plus attendre. La vitesse impose une accélération de nos modes de vie de plus en plus déstabilisante. Politique, économie, entreprise, société, médias, relations humaines : nous ne vivons plus que dans l’instant avec la sensation d’être toujours dépassé, soumis au diktat de l’immédiateté.


Temps court valorisé au profit du temps long en politique ; société médiatique et réseaux sociaux obsédés par l’immédiateté cultivant le buzz, le clivage et l’absence de nuance ; prise de décisions économiques sous la contrainte étouffante de l’instant ; triomphe des grandes entreprises qui placent le raccourcissement du temps au cœur de leur développement ; pression constante de l’urgence et de la vitesse devenues avilissantes au sein du monde du travail ; relations humaines toujours plus expéditives et identités troublées.


A travers une réflexion plurisdisciplinaire ne s’interdisant aucune référence, de la télé-réalité aux chaînes d information en passant par la sociologie, la politique et la littérature, cet ouvrage se met au défi d’analyser le nouveau raz de marée de la vitesse et de l’immédiateté ainsi que ses manifestations dans notre quotidien, aussi surprenantes que multiples.


Il est encore temps d’adapter nos modes de vie et redonner du sens pour conjurer la vitesse. Pour éviter que le Vite nous fasse définitivement plonger dans le Vide. S’extraire de l’urgence, faire baisser la pression de la vitesse, s’imposer une certaine déconnexion, retrouver le sens du temps long et le goût de la lenteur.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Plon pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Jonathan Curiel, diplômē de l’ESSEC et de Sciences-Po, va à travers cet essai dénoncer une société dans laquelle tout va désormais beaucoup trop vite. Nous ne prenons plus le temps, et nous vivons dans un schéma de l’immédiateté, nous créant ainsi beaucoup d’attentes et de frustrations.

Pour étayer ses propos, Jonathan va se baser sur plusieurs axes, tels que le monde la politique, l’économie, les médias, la société et notre quotidien. Il va nous offrir une réflexion exhaustive de ce qu’il dénonce en particulier, et au travers d’exemples simples, il va argumenter ses idées.

C’est vraiment intéressant à suivre, et cet essai m’aura bien évidemment fait énormément réfléchir. Certains points abordés par Jonathan sont vraiment passionnants et il nous propose une analyse emplie d’acuité, notamment sur le domaine politique. On le sent réellement passionné.

Si certaines idées sont intéressantes, je dois tout de même avouer ne pas avoir toujours été d’accord avec les propos de l’auteur. En effet, je ne pense pas forcément que c’était mieux avant. C’est le message que l’auteur semble vouloir faire passer par moments, et j’ai souvent eu un autre avis sur la question.

La plume de l’auteur est abordable. Jonathan Curiel s’exprime dans un style clair et fluide, et ne perdra pas son lecteur avec des explications trop compliquées. C’est donc un essai réservé à tous. Cela se lit de manière très fluide et ce n’est pas rébarbatif.

Un essai qui dénonce une société où tout va beaucoup trop vite. L’auteur aborde beaucoup de thématiques, cela reste intéressant à suivre, et permet au lecteur de se questionner à maintes reprises. Une lecture très intéressante.

Ma note : 16/20

Non classé

Le dictionnaire des vainqueurs

Le dictionnaire des vainqueurs de Jean-Luc Seguin

  • Auteur : Jean-Luc Seguin
  • Titre : Le dictionnaire des vainqueurs
  • Genre : Essai
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 581
  • Parution : 18 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le Tour de France rassemble chaque année près de 35 millions de téléspectateurs. De cet évènement sportif incontournable, Jean-Luc Seguin nous propose une étude approfondie du point de vue passionné qui est le sien. 

Dans son dictionnaire des vainqueurs, l’auteur nous livre le parcours sportif de chaque coureur ayant remporté l’étape du Tour à la date du 14 juillet.

Rapprochant une date nationalement symbolique et un évènement à la renommée internationale, il dépeint des figures telles que Jacques Anquetil, Warren Barguil ou encore Christopher Froome, de leur première victoire à leur ascension au Tour de France.

Découvrez un ouvrage aux allures d’anthologie qui nous invite à percer les mystères des grands champions du cyclisme !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Étant une véritable amatrice du Tour de France, c’est avec énormément d’attentes que je me suis plongée dans ce dictionnaire des vainqueurs. Ici, Jean-Luc seguin nous offre une palette de gagnants, mais pas n’importe lesquels. En effet, place aux vainqueurs d’une étape se déroulant le 14 juillet.

J’ai trouvé ce concept très original, d’autant plus que d’habitude, on a tendance à se focaliser sur les vainqueurs du Tour de France et à plutôt oublier les vainqueurs d’étapes. J’ai donc trouvé ce concept très original.

Il est certain que l’auteur est un véritable passionné, et qu’il a dû faire un travail remarquable de recherches pour pouvoir illustrer son ouvrage. Les vainqueurs sont classés par ordre alphabétique. Mais j’ai ressenti une pointe de déception à la découverte de ce dictionnaire. En effet, chaque cycliste est présenté sous la forme d’une mini-biographie, et l’auteur nous étale ensuite les palmarès de chacun d’entre eux. Je me suis retrouvée face à une liste sans fin et parfois rébarbative de classements et de compétitions auxquelles les cyclistes ont participé.

Je m’attendais vraiment à avoir des anecdotes sur ces cyclistes et pas juste une énumération de leurs exploits. J’ai donc eu un peu de mal à m’impliquer dans ce que je lisais. Je ne peux pas me sentir lésée malgré tout, puisque comme l’indique le titre, il s’agit d’un dictionnaire. Mais la déception a pris le pas, et je m’attendais probablement à autre chose.

Un dictionnaire exhaustif mais trop impersonnel, avec une sensation de juste lire une énumération de faits. Cela n’en reste pas moins intéressant et j’imagine le grand travail de recherche effectué par l’auteur pour nous fournir ainsi le palmarès de chaque coureur abordé dans cet ouvrage.

Ma note : 14/20

Thriller

Freeman

Freeman de Roy Braverman

  • Auteur : Roy Braverman
  • Titre : Freeman
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Hugo Publishing
  • Nombre de pages : 520
  • Parution : 6 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Deux millions de dollars disparaissent. Pendant un ouragan d’une rare violence. Dans la maison du boss de la mafia locale. 

La traque commence. Elle va faire se croiser et s’affronter un « parrain » amateur de cocktails, un fabuleux tandem de flics que tout oppose mais dont chacun poursuit une quête personnelle, une serveuse qui aime trop l’un des deux flics, le FBI, Freeman et sa fille Louise (celle-là même qui avait été retenue prisonnière quatorze ans dans un trou perdu des Appalaches dans Hunter), un collecteur de dettes arménien, et tout ce que La Nouvelle-Orléans compte de faune interlope, d’indics et de petites frappes… 

Cela pourrait être le début de beaucoup de polars. Sauf que c’est au coeur du bayou, et que c’est Roy Braverman qui est aux manettes. Et que la traque va être bercée par le rythme envoûtant de la zydeco, imprégnée des senteurs de la cuisine cajun, caressée par les parfums sensuels de la flore de Louisiane, et rendue plus haletante encore par la menace des crocs acérés des alligators…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Hugo Publishing pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Louisiane. En plein ouragan, un homme décide de cambrioler la maison d’un parrain mafieux local. Freeman, un ancien agent du FBI, depuis sa maison, va assister à toute la scène. Mais qui est donc cet homme qui n’hésite pas à braver les éléments et à prendre tous les risques pour pénétrer dans cette maison ?

Mais quel roman ! J’avoue que je découvre tout juste l’auteur et j’apprends que ce livre vient clore une trilogie. Apparemment, et même si j’ai cru comprendre que l’on retrouve dans cet opus des personnages des tomes antérieurs, cela n’altère en rien la compréhension de l’intrigue.

Voilà bien longtemps que je n’avais pas croisé la route d’un roman aussi dense, aussi noir et aussi poisseux. Peu de place à l’espoir ici et tous les ingrédients sont réunis pour en rajouter à l’ambiance pesante que l’auteur a su instaurer. Entre policiers corrompus, magouilles, secrets et révélations, j’ai passé un excellent moment de lecture.

Il faut tout de même que je vous prévienne sur un point. Il vous faudra rester très concentré pendant cette lecture. J’avoue que parfois, je m’y perdais quelque peu, avec tous les personnages, les relations entre eux. Il y a beaucoup de densité et ce n’est pas une lecture facile. Malgré tout, cela en vaut indéniablement la peine.

Le gros point positif en plus, c’est indéniablement le cadre géographique choisi par l’auteur et sa capacité à nous immerger dedans. Les descriptions sont très réalistes, et on a la sensation de se trouver vraiment en Louisiane. L’ouragan devient vite oppressant pour le lecteur. L’auteur a vraiment réussi à restituer cela avec brio.

La plume de l’auteur est entraînante et addictive. Roy Braverman a un style totalement immersif, et les pages défilent sans même s’en rendre compte. Il s’agit tout de même d’un petit pavé, mais je l’ai lu rapidement, étant prise dans l’intrigue haletante que nous propose l’auteur.

Un roman noir, puissant, qui propose à son lecteur une immersion totale en Louisiane. L’auteur a un talent incontestable pour rendre l’atmosphère pesante et rendre ses descriptions réalistes. Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment de lecture.

Ma note : 17/20

Thriller

Au soleil redouté

Au soleil redouté de Michel Bussi

  • Auteur : Michel Bussi
  • Titre : Au soleil redouté
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 432
  • Parution : 6 février 2020
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Résumé

Au cœur des Marquises, l’archipel le plus isolé du monde, où planent les âmes de Brel et de Gauguin, cinq lectrices participent à un atelier d’écriture animé par un célèbre auteur de best-sellers.
Le rêve de leur vie serait-il, pour chacune d’elles, à portée de main ?
Au plus profond de la forêt tropicale,
d’étranges statues veillent, l’ombre d’un tatoueur rôde.
Et plein soleil dans les eaux bleues du Pacifique,
une disparition transforme le séjour en jeu… meurtrier ?
Enfer ou paradis ? Hiva Oa devient le théâtre de tous les soupçons, de toutes les manipulations, où chacun peut mentir… et mourir.
Yann, flic déboussolé, et Maïma, ado futée, trouveront-ils lequel des hôtes de la pension Au soleil redouté… est venu pour tuer ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Les Marquises. Clémence, Martine, Farèyne, Marie-Ambre et Eloïse, cinq lectrices, ont le privilège de gagner un séjour unique dans cet archipel pour participer à un atelier d’écriture. Elles vont y rencontrer Pierre-Yves François, un auteur renommé, et qui les incitera à donner le meilleur d’elles-mêmes pour écrire un roman. Pourtant, tout bascule le jour où Pierre-Yves est porté disparu, et où un premier meurtre a lieu sur l’île. Ce sont Naïma, la fille de Marie-Ambre, er Yann, le compagnon de Farèyne, qui vont mener l’enquête.

Michel Bussi est un auteur que l’on ne présente plus, et pour ma part, lire à chaque fois son nouveau crû, est un réel bon moment de lecture. Ici, ce n’est pas ce récit qui dérogera à la régle, même si j’ai eu tendance à le trouver quelque peu en deçà par rapport à d’autres de ses titres.

Cela reste tout de même une excellente lecture, et j’ai retrouvé avec plaisir la manière de procéder de Michel Bussi. En effet, il a le don pour offrir un cadre géographique exceptionnel à ses intrigues. Ici, ce sera direction les Marquises, et comme toujours, l’auteur réussit à immerger totalement son lecteur. On sent à chaque fois un grand travail de Michel pour coller au mieux avec la réalité et nous donner ainsi une palette détaillée des coutumes. C’est fait avec brio, et c’est un dépaysement garanti.

L’intrigue est quant à elle rondement menée. Elle m’a paru aboutie mais si je dois émettre un bémol, c’est que Michel prend trop de temps à en poser les bases. Il se perd parfois en digressions qui ont tendance à ralentir le suspense. Il est vrai tout de même que l’intrigue étant alambiquée, il est nécessaire de tout expliquer à son lecteur. Il ne faut donc pas se laisser décourager, puisque, une fois bien dedans, ce roman deviendra très difficile à lâcher.

Ce récit n’est pas sans rappeler le mécanisme de certaines intrigues d’Agatha Christie. Sous forme de huis clos, et sous une forme classique, Michel Bussi déroule une intrigue qui tiendra en haleine son lecteur. Lorsque toutes les bases sont posées, cela prend forme et Michel entraîne le lecteur dans des révélations surprenantes. La fin est très réussie, et je me suis vraiment fait avoir.

La plume de l’auteur est comme à son habitude fluide et entraînante. Les chapitres alternent les points du vue des personnages, et cela fait monter la tension au fur et à mesure. Clémence s’adresse à son lecteur comme si elle écrivait son propre roman, et Naïma s’exprime à la façon d’un journal intime. C’est très original.

Dans un décor somptueux, l’auteur nous livre une très bonne intrigue, qui, même si elle est parfois longue à se mettre en place, tiendra son lecteur en haleine, jusqu’à la révélation finale inattendue et surprenante. Une belle découverte.

Ma note : 16/20