Thriller auto-édité

Ils se marièrent et il y eut beaucoup de sang

Ils se marièrent et il y eu beaucoup de sang de Laurine Vanlenheler

  • Auteur : Laurine Valenheler
  • Titre : Ils se marièrent et il y eut beaucoup de sang
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 546
  • Parution : 21 octobre 2020
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Résumé

Pour l’équipe de Maël Néraudeau et Yohann Folembray, lieutenants à la Section criminelle du SDPJ 94 et partenaires à la ville comme à la scène, le compte à rebours est lancé. Le mot d’ordre est sur toutes les lèvres, y compris celles de la presse : mettre la main sur l’assassin et enrayer la vague de folie meurtrière. Mais face à un criminel aussi obscur qu’imprévisible, les enquêteurs se retrouvent désarmés, et ce malgré l’appui d’un capitaine de la Brigade des crimes sériels de l’OCRVP venu se greffer à la section pour les assister. Le sadisme du meurtrier se révèle alors sans limite lorsque l’affaire prend un virage dramatique pour les deux coéquipiers et amants. Entre les plaies endormies qui se réveillent et la colère qui les déchire, affectant l’équilibre du groupe, le terrain est plus libre que jamais pour le Tueur au Triangle Rose, qui profite de la diversion pour passer à la vitesse supérieure et parachever son acte final…

Avant de commencer

Ce roman a été lu dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus 2019. Il fait partie des cinq finalistes de la catégorie littérature noire, dont je fais partie du jury. Ce roman ne faisait pas partie de mes cinq finalistes, et pourtant, après lecture, je me rends compte que j’ai beaucoup aimé.

Pour retrouver le Prix des Auteurs Inconnus 2019, c’est par ici : 

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Mon avis

Maël et Yohann, lieutenants faisant équipe dans la vie professionnelle comme dans la vie privée, vont se retrouver face à une série sordide de meurtres homophobes. Ensemble, ils feront tout pour trouver le coupable.

Voilà un très bon thriller que j’ai trouvé très intelligemment structuré, tant par les thématiques qu’il soulève que par l’interaction entre les deux personnages principaux. Il s’agit finalement d’un véritable message de tolérance que l’auteure a envie de faire passer et j’ai trouvé cela très beau de la part de Laurine.

Ici, l’enquête passe parfois au second plan pour se focaliser davantage sur les personnages qui sont très bien construits. Laurine réussit à faire passer le message qu’elle voulait et ce, au travers d’un thriller qui tient son suspense jusqu’au bout.

La plume de l’auteure est franche et recherchée. Avec un style parfois empli d’une grande sensibilité et malgré tout un franc-parler, Laurine réussit à attraper son lecteur pour ne plus le lâcher tout au fil des pages.

Un thriller avec lequel l’auteure a voulu faire passer de très beaux messages de tolérance. L’enquête tient son lecteur jusqu’au dénouement. C’est une très bonne découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Histoire du fils – Rentrée littéraire

Histoire du fils de Marie-Hélène Lafon

  • Auteur : Marie-Hélène Lafon
  • Titre : Histoire du fils
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 170
  • Parution : 20 août 2020
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Résumé

Le fils, c’est André. La mère, c’est Gabrielle. Le père est inconnu.

André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille. 

Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils sonde le cœur d’une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences. 

Avec ce nouveau roman, Marie-Hélène Lafon confirme la place si particulière qu’elle occupe aujourd’hui dans le paysage littéraire français.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

C’est l’histoire de deux sœurs, Hélène et Gabrielle. Suite à une aventure, Gabrielle tombe enceinte d’André. Elle décidera d’en laisser la garde à sa sœur Hélène et à son mari Léon. Le petit André va ainsi grandir au sein d’une famille déjà composée de trois filles. Il sera choyé et aimé, mais ressentira malgré tout le manque d’une mère peu présente et surtout l’absence d’un père inconnu.

Je ressors assez mitigée de ce roman qui, pourtant, avait tout pour me plaire. Une histoire familiale étalée sur presque un siècle et la recherche de ses origines, tel est le postulat de départ de ce court récit. Je suis très friande de ces thématiques, mais ici, ce qui m’a fait défaut est le schéma narratif.

L’histoire est narrée comme des tranches de vie à plusieurs époques différentes, et l’auteure change constamment d’espace spatio-temporel tout au fil des chapitre. Ce pan du récit ne m’a finalement pas permis de rentrer pleinement dans l’intrigue, qui m’a parue trop décousue. Pourtant, l’auteur veille bien à indiquer à son lecteur en tout début de chapitre l’époque afin de ne pas le perdre complètement.

Je reste sur ma faim avec ce schéma narratif, ayant une impression de discontinuité dans les événements. J’avais à peine le temps de rentrer dans le passage en question que Marie-Hélène passait à un autre pan de l’histoire, avec énormément d’années d’écart. Je serai restée en retrait tout au long de ma lecture.

Il s’agit d’un roman qu’il serait préférable de lire d’une traite afin de bien appréhender les événements et de ne pas en perdre le fil rouge. Les personnages sont bien esquissés et j’ai particulièrement apprécié André. J’ai parfois eu du mal avec Gabrielle. Malgré tout, l’auteure a su leur donner densité et relief.

La plume de l’auteure est très particulière. C’est ma première incursion littéraire dans l’un des romans de Marie-Hélène, et je me suis sentie déroutée à plusieurs reprises, notamment par un style vif et dépourvu d’une ponctuation classique. À mon goût, le manque de virgules m’a parfois gênée. Malgré tout, la plume est poétique et très fluide.

Ce roman a été pou ma part une petite déception, notamment à cause d’un schéma narratif trop décousu et qui ne m’a pas donné l’occasion de rentrer dans l’histoire. Malgré tout, les personnages bien esquissés et une plume particulière m’ont donné l’occasion de découvrir un beau roman.

Ma note : 14/20

Contemporain

Le souffleur de nuages

Le souffleur de nuages de Nadine Monfils

  • Auteur : Nadine Monfils
  • Titre : Le souffleur de nuages
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fleuve
  • Nombre de pages : 180
  • Parution : 24 septembre 2020
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Résumé

Franck, chauffeur de taxi, est triste parce que son chat est mort, que sa vie est monotone et qu’il est seul. Un jour, il reçoit un appel de Louise, qui souhaite se rendre à Enghien. Quand il arrive, une vieille dame l’attend, avec une petite valise à ses côtés, devant la porte de sa maison qu’elle a décidé de laisser grande ouverte : « comme ça, tout le monde pourra venir se servir… » Elle n’a pas l’intention de revenir mais souhaite retrouver enfin le grand amour de sa vie.
Franck et Louise vont alors se lancer dans une aventure pleine de surprises et devenir l’un pour l’autre des souffleurs de nuages. Car il n’y pas d’âge pour poursuivre ses rêves et les rencontres inattendues peuvent parfois ramener un peu de soleil dans la vie…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Fleuve pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Franck est un chauffeur de taxi très solitaire. Depuis que sa relation avec son compagnon s’est achevée, il ne s’est plus aventuré à retrouver le grand amour. Son chat vient de le quitter et il se sent de plus en plus triste. Lorsque Hélène, une vieille dame pleine de vitalité, entre dans son taxi et se met en tête de retrouver son amour de jeunesse, c’est un nouveau tournant que va prendre le quotidien de Franck.

C’est une magnifique parenthèse de douceur littéraire que j’ai ressentie avec ce court roman, empli de sensibilité et de belles phrases inspirantes. En peu de lignes, Nadine a su créer une ambiance feel-good qui m’a totalement dépaysée.

Dès les premières pages, je me suis attachée à Franck et à Hélène. Le jeune homme semble désenchanté, mais c’est sans compter sur le dynamisme d’Hélène, qui, sous forme de phrases positives, va apporter une vague de fraîcheur au quotidien de Franck. Les deux personnages sont très bien construits, en particulier Hélène, qui m’a parue d’une énorme sensibilité et son histoire personnelle m’a beaucoup touchée. Être spectatrice des liens qui se tissent peu à peu entre ces deux personnages m’a émue et je n’avais pas envie de les quitter.

Ce court roman a des allures de conte initiatique, notamment pour Franck, qui va peu à peu retrouver le goût des sentiments et réapprendre à donner de l’importance à ce qui en vaut réellement la peine. La vieille dame lui ouvrira les yeux sur bien des points, toujours avec tendresse et une pointe d’humour.

La plume de l’auteure est douce, à l’image du contenu de son roman. Sous un style presque poétique, ce récit est empli de phrases qui poussent le lecteur à la réflexion. Je me suis laissée bercer par les mots colorés et emplis de tendresse qui composent ce récit.

Ce roman est une véritable parenthèse de douceur, aux allures de conte initiatique. Ce petit bonbon littéraire pousse à la réflexion, aux côtés deux personnages d’une tendresse infinie. C’est à découvrir sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain

Le dernier inventeur – Rentrée littéraire

Le dernier inventeur d’Héloïse Guay de Bellissen

  • Auteur : Héloïse Guay de Bellissen
  • Titre : Le dernier inventeur
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 226
  • Parution : 20 août 2020
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Résumé

C’est l’histoire d’un homme entré dans l’Histoire car il a découvert Lascaux à treize ans et que la même Histoire a voulu anéantir. Réduire en poussière.
 » Aujourd’hui, c’est le dernier des quatre copains de Montignac encore en vie. Le dernier inventeur, Simon.Quand je quitte son appartement, sur le palier, il me dit « la grotte elle est là’ en me désignant son crâne, « elle est dans ma tête’. Dans l’ascenseur, je prends conscience que je viens de rencontrer une autre grotte. La grotte intérieure d’un petit garçon de quatre-vingt-onze piges qui vient de se rouvrir. Je ne sais toujours pas pourquoi Lascaux m’a emmenée vers une autre cavité, mais au fond c’est cette découverte-là que j’attendais. La vie de Simon Coencas sur une paroi, que j’allais calquer comme l’avaient fait avant moi les préhistoriens avec les dessins de Lascaux. « 
Le Dernier Inventeur est une œuvre unique, plongée dans l’Histoire et dans l’âme d’un homme, enquête sur le mystère de l’art préhistorique, réflexion poétique sur l’enfance, la beauté et le mal.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre.

1940, Montignac. Simon, Jacques, Georges et Marcel découvrent la grotte de Lascaux. Héloïse Guay de Bellissen va se focaliser sur l’histoire personnelle de Simon, dernier survivant de ce groupe d’amis. Au travers d’entretiens qu’elle a eu avec l’homme âgé de quatre-vingt-onze ans au moment où elle rédige ce roman, elle va reconstituer le parcours du dernier inventeur de la grotte, un jour un héros, et au suivant, poursuivi et déporté au camp de Drancy.

Lorsque j’ai ouvert ce livre et rien qu’en lisant l’introduction, je suis tombée sous le charme et j’ai su que ce récit me plairait. J’étais pourtant loin d’imaginer à quel point cette lecture deviendrait un véritable coup de cœur monumental. Je suis passée par toute une palette d’émotions, et je me demande encore pourquoi j’ai attendu si longtemps pour découvrir la plume d’Héloïse.

L’auteure a mêlé de vrais échanges entre Simon, sa femme Gisèle et elle-même. Elle les a en effet rencontrés à plusieurs reprises et au fil du temps, une véritable histoire d’amitié s’est tissée. C’est d’une grande sensibilité et je me suis sentie privilégiée d’assister à ces conversations entre Héloïse et Simon. J’ai été touchée de voir cet homme se livrer peu à peu et avec tant de générosité à l’auteure.

Je pense qu’il est presque impossible de faire un portrait plus délicat, plus sensible et plus authentique de Simon. Héloïse retrace le parcours de Simon avec une tendresse infinie. J’ai été bouleversée par l’histoire personnelle de cet homme. En pleine Seconde Guerre Mondiale, Simon sera déporté au camp de Drancy, où il y sera libéré un mois plus tard, ayant à ce moment moins de seize ans.

La plume de l’auteure est tout en délicatesse. Héloïse a su créer une dualité tout au fil des pages, entre la beauté de cette découverte et l’horreur de la guerre. Chaque chapitre s’ouvre en donnant la parole à la grotte de Lascaux, suivi par les conversation entre l’auteure et Simon, et s’achevant par une version romancée des faits que raconte Simon. Héloïse le dit elle-même, elle a du faire appel à une part d’imagination pour rédiger certains événements en fonction de ce que raconte Simon, mais c’est finalement très réaliste, et surtout d’une puissance émotionnelle rare.

Un portrait intimiste et authentique fait avec une sensibilité rare. Héloïse livre un récit d’une grande évocation émotionnelle. Simon était le dernier inventeur de la grotte de Lascaux, et l’auteure lui rend un hommage sublime. À lire de toute urgence.

Ma note : 19/20

Contemporain

Si c’est pas sûr c’est quand même peut-être…

Si c’est pas sûr c’est quand même peut-être… de Magali Discours

  • Auteur : Magali Discours
  • Titre : Si c’est pas sûr c’est quand même peut-être…
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages :
  • Parution :
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Résumé

2005 : Une troupe de théâtre de rue a posé ses valises sur un bout de trottoir. Une installation bancale de bric et de broc, des chansons, un brin de poésie et des kilomètres de souvenirs éclairent la grande histoire à la lumière d’une vie qui dura près d’un siècle, celle de Papé né d’une guerre en 1917.
Dans le public de ce road movie à la française, Florence trouvera peut-être quelques vérités sur sa propre existence.

Avant de commencer

Ce roman a été lu dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus 2019. Il fait partie des cinq finalistes dans la catégorie blanche, pour laquelle je fais partie du jury. Pour tout vous dire, ce roman est celui qui me faisait le plus envie en découvrant les dix premières pages, et cette bonne impression s’est confirmée tout au fil de ma lecture. Je vous raconte tout en détail.

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Mon avis

Lorsque Mehdi, Lisa, Serena et Pablo rentrent d’une tournée de théâtre de rue, c’est une nouvelle effroyable qui les attend. Papé, leur vieil ami SDF, est décédé. C’est un choc pour les jeunes gens. Ils décident alors de lui rendre hommage en montant un spectacle autour de la vie de Papé. C’est Florence qui va se retrouver sur la route de cette représentation émotive et ce voyage va la changer.

C’est un roman plein de délicatesse, d’authenticité et de sensibilité que propose ici Magali. Dès les premières pages, je me suis moi aussi laissée entraîner dans la représentation que les jeunes effectuent pour restituer le passé de Papé, et j’ai été particulièrement émue en me promenant entre les lignes de ce roman.

J’ai trouvé le postulat de départ ingénieux et émotionnellement fort. En effet, pour monter leur représentation, les jeunes gens ont l’idée de parsemer une allée avec des valises contenant des objets personnels de Papé, ainsi que des enregistrements narrant le passé du vieil homme. Au travers des découvertes de Florence, le lecteur va également pouvoir participer à cette représentation.

J’y ai ainsi découvert le passé d’un homme authentique et sensible. J’ai été très touchée par beaucoup de passages concernant le quotidien de Papé. Magali a su donner du relief à ses personnages, et surtout, à les nuancer afin de leur donner du caractère. C’est sans aucun doute l’un des points forts de ce roman.

Mais ce qui parsème les lignes, c’est surtout beaucoup d’émotion, de sincérité et de belles valeurs, telles que l’amour et l’amitié. Je ressors très touchée par l’univers littéraire créé par Magali.

La plume de l’auteure est tout en sobriété et pourtant non exempte de sensibilité et d’émotions. Sous un style épuré, Magali réussira à transmettre les sentiments d’une manière très réaliste. Les chapitres sont amorcés par les titres de chansons qui forment la bande sonore de cette histoire. C’est d’une grande originalité.

Un roman sobre, sensible. Je me suis laissée porter par cette histoire riche en émotions. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

On fait parfois des vagues – Rentrée littéraire

On fait parfois des vagues d’Arnaud Dudek

  • Auteur : Arnaud Dudek
  • Titre : On fair parfois des vagues
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Anne Carrière
  • Nombre de pages : 185
  • Parution : 21 août 2020
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Résumé

Quelques jours après son dixième anniversaire, Nicolas Apasagi apprend que son père n’est pas son père. Que faire de cette confidence ? Le jeune Nicolas ne sait pas. Il continue sa vie comme si de rien n’était. Mais cette révélation va finir par le rattraper et, à trente ans, il décide de partir à la recherche de son « bon génie » biologique, malgré les obstacles administratifs qu’il s’attend à rencontrer.

Dans ce roman, où l’on retrouve les thèmes qui lui sont chers – l’enfance, l’identité, la transmission –, Arnaud Dudek trouve le ton juste pour raconter, avec délicatesse, une quête des origines à la fois intime et universelle.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Anne Carrière pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alors qu’il a dix ans et quelques jours, Nicolas s’apprête à vivre un véritable séisme dans son quotidien. Ses parents lui annoncent qu’ils ont fait appel à un donneur, et que son père n’est en réalité pas son père biologique. Pour Nicolas, c’est un choc. Il perd tous ses repères et décidera par la suite de tout faire pour retrouver son père biologique.

C’est un très beau roman que j’ai découvert et je ressors conquise par cette histoire de filiation, de quête identitaire. Le sujet est traité avec énormément de finesse et de tact et en très peu de pages, tout y est, que ce soit au niveau de l’intrigue comme au niveau de l’émotion.

Dès les premières lignes, je me suis attachée aux parents de Nicolas, qui se sont battus pour devenir parents. Leur combat est abordé et en peu de mots, l’auteur réussit à retranscrire les difficultés que peuvent rencontrer certains couples au moment de tenter de concevoir.

La quête identitaire de Nicolas est touchante. Avec beaucoup de sensibilité, l’auteur va aborder les divers états d’âme par lesquels va passer le jeune protagoniste et comment ces événements vont influencer sur son développement personnel. Après le choc de la révélation, Nicolas va entrenir une relation faite de non-dits avec son père et c’est bouleversant à découvrir.

C’est un long chemin initiatique qui attend Nicolas, afin d’accepter ces révélations et de pouvoir entretenir des conversations sereines et apaisées avec son père. Le dénouement m’a totalement émue, et je suis passée par un carrousel d’émotions lorsque, finalement, le père et le fils osent se dire ce qu’ils ressentent.

La plume de l’auteur est tout en délicatesse et le récit d’une grande finesse. Avec des chapitres très courts, le lecteur suivra la reconstruction de Nicolas. Le choix narratif à la première personne est particulièrement judicieux, permettant d’appréhender au mieux les pensées et l’évolution du personnage principal.

Un roman qui sonne juste, sur la quête identitaire. Beaucoup d’émotions parsèment les pages d’un récit tout en finesse, empreint d’une grande sensibilité. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 17/20

Historique

Africville – Rentrée littéraire

Africville de Jeffrey Colvin

  • Auteur : Jeffrey Colvin
  • Titre : Africville
  • Genre : Historique
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 384
  • Parution : 26 août 2020
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Résumé

Années 1930. Kath Ella refuse de suivre son destin tout tracé de fille de
couleur et quitte Africville, un quartier fondé par d’anciens esclaves en
Nouvelle-Écosse, au Canada. Après une histoire d’amour marquée par le
deuil, elle donnera naissance à un fils, Omar, qui sera rebaptisé Étienne.
Années 1960. Étienne, dont la pâleur lui permet de passer pour un Blanc,
vit en Alabama. Il est déchiré entre ses racines noires et la peur de perdre la
vie qu’il est en train de construire.
Années 1980. À la mort de son père, Warner se lance dans une quête de
ses origines, qui le mènera dans ce qui reste d’Africville mais aussi dans une
prison d’État au fin fond du Mississippi.
Trois destins, trois personnages aux prises avec la réalité sociale de leur
époque et les aléas de la vie. Pas de pathos ni de velléité moralisatrice. Les
héros de ce roman sont des êtres vrais, de chair et de sang. En toile de fond,
Africville, à la fois aimant et repoussoir, dont l’empreinte se transmet de
génération en génération.
Avec ce premier roman triptyque vibrant, fruit de plus de vingt ans de
recherches, Jeffrey Colvin s’impose comme une nouvelle voix de la littérature
américaine, dans le sillage de Colson Whitehead et de Ayana Mathis.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nouvelle-Ecosse, 1918. Deux bébés vont survivre à des fièvres très fortes. Le lecteur va retrouver ces deux protagonistes quelques années plus tard. Kath Ella et Kiendra sont devenues deux jeunes filles. C’est le point de départ d’une grande saga qui s’étalera presque sur un siècle.

C’est une belle découverte littéraire pour ma part, mais j’avoue qu’il m’a manqué certains éléments pour être en mesure d’apprécier totalement ce roman. J’y ai dénoté peu d’émotions et surtout, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, puisque l’auteur passera de l’un à l’autre sans cesse.

Pourtant, j’avoue que j’ai été conquise par le postulat de départ. L’auteur mettra en exergue l’importance de l’acceptation de soi. Ainsi, Étienne, le fils de Kath, n’acceptera pas son identité raciale, et décidera de s’éloigner complètement de sa famille maternelle. Cela m’a vraiment bouleversée, mais j’ai trouvé que l’auteur ne nous permettait pas forcément de rentrer dans les pensées du jeune homme pour appréhender au mieux la manière avec laquelle il gérait cela.

L’auteur a condensé presque un siècle d’histoire familiale en peu de pages, et cela ne permet pas forcément un attachement aux personnages, puisque le changement est constant. J’avoue avoir nettement préféré la première partie avec Kath, que les autres parties.

La plume de l’auteur est fluide et le roman est très aisé à suivre, malgré le changement constant d’époque. Jeffrey a su effectuer un mélange savant entre grande Histoire et petite histoire et j’ai trouvé certains passages très intéressants. Les chapitres sont de taille moyenne, et l’auteur veille toujours à bien indiquer l’espace spatio-temporel afin de ne pas perdre son lecteur.

Un roman historique intéressant, mais où j’aurais aimé avoir plus d’émotions. Malgré tout, cette saga est très intéressante à suivre et les thématiques abordées également. À découvrir.

Ma note : 15/20

Contemporain

La colère – Rentrée littéraire

La colère d’Alexandra Dezzi

  • Auteur : Alexandra Dezzi
  • Titre : La colère
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 26 août 2020
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Résumé

« Ce n’est pas de désir dont il s’agit ici, mais plutôt d’un exercice de domination », écrit la célèbre féministe Monique Wittig, citée par l’auteure de ce roman, son deuxième d’une jeune vie d’écrivain. Mais la question résonne autrement : qui domine qui ? Et derrière « cette façade de chair impénétrable », qui se cache-t-il ?

Sur le ring de boxe où elle s’entraîne, comme sur le ring intime du corps-à-corps, la narratrice, qui semble parfois voltiger au-dessus de son enveloppe corporelle, décide et subit à la fois. Elle est l’héroïne et le sujet. Que ressent-elle des coups, du sexe comme agression ou jouissance, est-elle libre ou prisonnière de son désir ? Et ce désir, dont elle s’évade en longs travellings dans un RER ou un Uber, ce désir fast-food, ce désir comme de l’eau noire où l’on s’enfonce, de quelle origine est-il et de quelle scène primitive jaillit-il ?
Un roman urbain, féminin, choc et cru, mais dont ni la mélancolie ni même le romantisme noir ne sont exclus.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Sur le ring de boxe, tout comme dans sa vie sentimentale, la narratrice se livre à un véritable combat mêlé de colère et de frustration. Elle se redécouvre, finit par s’accepter mais cherche avant tout à enfin s’affirmer. Suite à un événement dramatique de son passé, elle pensait ne plus avoir le droit de prendre son quotidien en main. Elle pensait devoir constamment subir, mais sa colère et sa rébellion vont l’aider à voir les choses autrement.

Je ressors totalement essoufflée de ce roman que l’on peut aisément qualifier de choc littéraire. Ici, pas de noms, une narration faite à la deuxième personne du singulier, comme si une conscience s’adressait directement à la narratrice, et des numéros pour indiquer les hommes qui traversent son quotidien. Je n’ai jamais lu un tel roman, et une chose est sûre, il ne peut laisser indifférent.

Ce récit percutant est une sorte d’exutoire et sous des descritions crues, le lecteur se retrouvera sonné et en profonde empathie pour cette protagoniste. L’auteure ne fait pas dans la dentelle et je suis passée par un carrousel d’émotions.

La plume de l’auteure est forte. Alexandra a fait un choix narratif risqué et pourtant approprié. Sans choisir aucun nom pour les protagonistes, on pourrait avoir une sensation de distance, et pourtant il n’en est rien.

Sous une plume forte et un choix narratif original, l’auteure va aborder des thématiques très difficiles. Ce roman choc ne peut laisser indifférent. À découvrir.

Ma note : 17/20

Jeunesse

L’Équipe – Kylian Mbappé et le corbeau 2.0

L’Équipe – Kylian Mbappé et le corbeau 2.0 de Robin Six

  • Auteur : Robin Six
  • Titre : L’Équipe – Kylian Mbappé et le corbeau 2.0
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions :
  • Nombre de pages : 168
  • Parution : 27 février 2020
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Résumé

Rencontre la team junior, un groupe d’enfants journalistes en stage au sein du magazine L’Équipe ! Dans ce premier tome, les enfants se lancent dans une enquête sur le monde du foot ! Quels secrets dévoileront-ils ? Arriveront-ils à interroger Kylian Mbappé ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Poulpe Fictions pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Trois collégiens, travaillant pour le journal L’Équipe, vont devoir enquêter sur une mystérieuse affaire au sujet du footballeur Kylian Mbappé. En effet, ce dernier serait victime de harcèlement sur Internet. Les trois jeunes vont alors former une équipe pour résoudre cette énigme.

J’ai énormément aimé ce roman qui laisse présager d’autres tomes. Les trois jeunes sont très différents les uns des autres, et c’est ce que j’ai particulièrement apprécié. L’auteur saura mettre en exergue de belles valeurs, comme l’amitié et la loyauté.

J’ai apprécié cette belle équipe, et je me suis particulièrement attachée à Bakary. Le jeune homme est dyslexique, mais il continue de se battre afin de pouvoir réaliser ses rêves, notamment celui de devenir écrivain. Je l’ai trouvé très touchant.

L’enquête est très bien menée et je l’ai trouvée très réussie. Le suspense est présent tout au fil des pages. Bien évidemment, il est préférable d’apprécier un minimum le monde du football, afin de ne pas se retrouver perdu dans l’intrigue.

La plume de l’auteur est fluide et les pages défilent sans aucune difficulté particulière, ce qui convient parfaitement aux plus jeunes. J’ai beaucoup aimé les petites illustrations qui agrémentent le récit. Cela peut permettre aux plus jeunes de mieux visualiser l’intrigue.

Une très bonne enquête, servie par des personnages attachants. Ce récit plaira à tous les publics. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain auto-édité

Provisoirement

Provisoirement de Marie B. Cartaillac

  • Auteur : Marie B. Cartaillac
  • Titre : Provisoirement
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 178
  • Parution : 21 mai 2017
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Résumé

Émilie, institutrice fraîchement diplômée, a accepté de quitter son sud natal pour honorer un remplacement d’un an en Bretagne. Elle laisse derrière elle Frédéric, son amoureux, convaincue que leur amour résistera à la distance. Un incident va rendre son avenir professionnel incertain en même temps que des événements vont semer le doute sur la solidité de sa relation avec Frédéric. Mais Émilie réussit à s’entourer de nouveaux amis qui vont la soutenir : Bernadette, retraitée dynamique et un peu fantasque, Xavier, son charmant voisin et Jonathan, un collègue qui lui offre son indéfectible amitié. Où est sa vraie place ?Une comédie romantique ? Oui. De la « chick lit » ? Un peu, mais qui prend une certaine distance avec les codes du genre, s’en amuse même parfois un peu et où le mot Louboutin n’apparaît pas une seule fois.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercie l’auteure Marie B. Cataillac pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Émilie est une jeune institutrice qui prendra la décision de quitter son Sud natal pour effectuer un remplacement en Bretagne. Elle n’abandonnera pas que sa ville. Elle laissera derrière elle un petit ami, Frédéric, avec qui elle tentera à tout prix de maintenir une relation à distance. Émilie va vite s’accommoder à son nouveau quotidien et pourtant, certains événements vont tout venir chambouler.

Ce court roman, à la frontière d’une nouvelle, a été une excellente découverte pour ma part. C’est un véritable vent de fraîcheur et j’ai passé un très bon moment de lecture aux côtés d’une héroïne touchante et authentique.

D’emblée, j’ai accroché aux premières lignes, puisque Marie pose son décor dès le départ. J’ai fortement apprécié de voir les événements s’enchaîner de manière fluide et cohérente. Les péripéties sont nombreuses et surtout les touches d’humour qui parsèment le texte apportent une véritable touche colorée à ce récit.

Les personnages sont vraiment attachants. J’ai particulièrement apprécié Bernadette, l’amie retraitée d’Émilie, et la relation qui se tisse entre les deux femmes est réellement touchante. Émilie est un personnage authentique et très bien esquissé. Je l’ai trouvée attendrissante et emplie de sincérité.

Avec beaucoup d’humour, l’auteure déroule une intrigue où tous les ingrédients sont réunis. Amitié, amour, entraide sont certains éléments que le lecteur retrouvera.

La plume de l’auteure est très fluide. Je tiens à souligner la qualité du texte au niveau de l’orthographe et de la syntaxe. C’est vraiment agréable de croiser la route de textes aussi soignés dans le domaine de l’auto-édition. Les chapitres sont courts et cela rythme énormément l’histoire.

Une excellente lecture emplie d’humour. Ce roman est un petit bonbon et je n’aurais pas été contre quelques pages en plus, tant les personnages sont attachants. Une auteure à découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20