Contemporain

Hors d’ici – Rentrée littéraire

Hors d’ici de Florence Delaporte

  • Auteur : Florence Delaporte
  • Titre : Hors d’ici
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Elle se souvient de ce moment, et d’avoir pensé nettement : « Il nous détruit. » Elle avait onze ans, sa sœur n’était pas loin, elle a compris qu’elle avait déjà été écrabouillée par le vieux, et que c’était son tour. Il hurlait, déchaîné, pour une bricole, et prononçait des mots affreux qui avaient rompu quelque chose. C’était comme casser du cristal, une membrane fragile, quelque chose qui aurait pu grandir.

Rien ne peut enfermer Jeanne. Ni la violence du père qui lamine sa famille ni l’amour de Matt, qui lui offre les Grands Lacs et la clef d’une maison. Maintenant, alors qu’elle n’a pas vingt ans, elle va devoir choisir ce qu’elle abandonne. Mais peut-on se défaire de tout ? Qui est-il vraiment, cet homme malheureux à en frapper ses enfants ? Sur fond de bourgeoisie déchue et toxique, de rêves anéantis par l’Histoire, Hors d’ici interroge, avec finesse, les meurtrissures de l’enfance et de l’adolescence, et leurs stigmates.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Jeanne est éprise de liberté et ce n’est pas un père violent ou un fiancé, appelé Matt, qui lui promet les grands espaces, qui la feront changer d’avis. Ce roman s’ouvre sur une scène intrigante. Matt accuse Jeanne de lui avoir menti. Comment un homme aussi affable que son père peut être le monstre qu’elle lui a décrit ? Matt est sur le point de quitter Jeanne, lorsque cette dernière lui propose de rester encore deux jours. Deux jours pendant lesquels elle est intimement convaincue que son père montrera son vrai visage.

C’est un roman très âpre, tant dans le fond que sur la forme, que va nous livrer ici Florence Delaporte. C’est très particulier et je peux affirmer que ce roman possède à n’en pas douter ce petit quelque chose qui le démarque des autres récits abordant cette thématique du père tyran et violent.

Jeanne n’y est pas étrangère. En effet, ce personnage, remarquablement construit et nuancé à souhait est indubitablement le point fort de ce roman. L’auteure a su créer un personnage vrai et authentique. Tout sonne juste chez elle. J’ai eu une empathie immense pour elle, ayant envie de lui tendre la main tout au fil des pages.

Florence va explorer avec brio les stigmates d’un passé trop lourd et qui façonne les personnes au fil des ans. Si Jeanne est marquée par ce père, il en va de même pour ce dernier. La dimension psychologique est très bien abordée, et le récit ne souffre pas d’incohérence.

La plume de l’auteure est très particulière. Je ne saurais vous la décrire mais en vous disant qu’à mon goût, Florence possède un style qui se reconnaîtrait facilement, je pense que vous vous en faites une bonne idée. Certaines phrases sont longues mais coulent de manière limpide. C’est un style très personnel, avec beaucoup de caractère.

Un roman qui explorera des thématiques difficiles, vues maintes fois dans d’autres récits, mais qui sortira du lot de par une protagoniste incroyablement charismatique et forte. La plume est particulière mais elle en vaut le détour. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Ce qu’il aurait fallu dire – Rentrée littéraire

Ce qu’il aurait fallu dire d’Alexis Anne-Braun

  • Auteur : Alexis Anne-Braun
  • Titre : Ce qu’il aurait fallu dire
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 256
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Victor n’est pas le premier à avoir fait tout ce qu’il pouvait pour échapper à la province. Mais tandis qu’il achevait ses études à Paris, qu’il y avait désormais des amis et même rencontré l’amour, le voilà nommé enseignant au Lycée Polyvalent de Friville-Escarbotin. Ennui, mépris, mélancolie des zones commerciales et déprime des ronds-points, tout lui revient avec violence. Victor parviendra-t-il à faire de ce parcours à rebours de tant de romans une aventure ? Une aventure dans laquelle il ne serait pas un salaud ?

Dans ce premier roman, Alexis Anne-Braun revisite avec un regard décalé et contemporain le grand thème à la fois littéraire et – de plus en plus – politique de l’antagonisme entre Paris et le reste de la France. Anti Bel-Ami, anti Rastignac, il interroge autant la condition professorale que la condition pavillonnaire, l’injustice sociale et les désirs d’une jeunesse déjà éloignée de la sienne.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Victor, enseignant, est muté dans la Somme, au lycée Friville-Escarbotin. Il va alors s’ensuivre une longue introspection de la part de Victor, qui semble totalement blasé. Il va se livrer, d’un œil des plus critiques, à une analyse acerbe des différences entre Paris et le reste de la France.

Je dois avouer avoir eu beaucoup de mal avec ce roman, n’ayant pas su en apprécier à sa juste valeur les réflexions qui parsèment le texte. Il faut dire que j’ai eu un réel problème avec le protagoniste, que j’ai trouvé totalement déprimant et blasé. Je n’ai pas pu accrocher à son histoire, tant il y avait des moments de flottement dans ses réactions.

Ce qui relève sans aucun doute la qualité de ce roman, ce sont les réflexions pertinentes auxquelles va se livrer l’auteur au travers du regard de Victor. Mais je les ai trouvées bien trop nombreuses, venant ainsi desservir le côté romancé de l’histoire. C’est bien trop contemplatif et il y avait sans doute matière à mieux exploiter le quotidien de ce personnage principal au sein de ce lycée.

La plume de l’auteur est parfaite. D’une grande fluidité, les pages ont défilé. Le style est élégant et le phrasé empli de sonorités. C’est un tout premier roman et il y a un talent sous-jacent évident.

Un roman que j’ai peut-être trouvé trop contemplatif et un protagoniste pour lequel j’ai eu peu de sympathie m’ont empêchée sans aucune doute de m’immerger en totalité dans ce récit. Malgré tout, l’écriture très belle et les réflexions interessantes viennent relever le tout.

Ma note : 15/20

Contemporain

L’Enfant de la colère – Rentrée littéraire

L’Enfant de la colère de Michel Serfati

  • Auteur : Michel Serfati
  • Titre : L’Enfant de la colère
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Phebus
  • Nombre de pages : 229
  • Parution : 3 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Nadia n’a jamais connu son père, mort avant sa naissance. À dix-sept ans, elle apprend que Nâzim, né en Turquie, immigré en France, avait été abattu lors d’une attaque de banque. Comme une frange de la jeunesse révoltée des années 1980, il s’était fourvoyé dans un groupuscule violent, au nom d’une lutte radicale contre l’injustice. Bouleversée, Nadia va chercher à renouer les fils de son histoire, entre Strasbourg où elle a grandi, et Istanbul où s’est réfugiée une ancienne complice de son père. Perdue, elle trouve un peu d’apaisement dans le hang, un instrument de musique dont elle joue bientôt dans les rues, en Alsace et dans la métropole turque. Y trouvera-t-elle de quoi combler l’absence ? Avec ce roman sur l’engagement, l’exil, la violence et la rédemption, Michel Serfati nous offre aussi le récit sensible d’une quête des origines.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Phebus pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nadia est une jeune fille brillante dans ses études. Elle n’a jamais connu son père, décédé avant sa naissance, abattu par la police lors d’un braquage auquel il participait avec quatre autres complices. Nadia veut en savoir plus sur ce père, et pour cela, elle va se rendre en Turquie, pays de ses origines, et y rencontrer Anne, l’amante de son père et l’une des complices du braquage, en cavale depuis des années dans ce pays.

J’ai lu beaucoup de romans abordant la thématique de la recherche d’identité, certes. Mais je peux affirmer que celui-ci sort indubitablement du lot, et le talent de l’auteur n’y est pas étranger. J’ai tout simplement été séduite par le propos de cette très belle histoire.

La quête effrénée de Nadia m’a captivée et m’a beaucoup touchée. Elle fera tout ce qu’il faut pour marcher sur les traces d’un père qu’elle n’aura jamais connu. Elle cherchera à comprendre bien des éléments du passé de ses parents, et ne se découragera pas.

J’ai beaucoup apprécié d’avoir en filigrane la musique dont se passionne Nadia. Elle va ainsi s’intéresser de près au hang, un instrument de musique de la famille des idiophones. Je dois bien avouer ma méconnaissance totale en ce qui concerne cet objet et cela donne un véritable plus à l’histoire.

La plume de l’auteur est d’une incroyable fluidité. C’est un texte de caractère et non dénué d’une grande élégance que va nous proposer Michel Serfati. Les pages défilent sans même s’en rendre compte.

Une histoire sensible, où la protagoniste marchera sur les pas d’un père qu’elle n’a pas connu, avec pour toile de fond la Turquie et la musique. Je ressors conquise de ce roman abordant des thématiques maintes fois rencontrées lors de mes lectures, mais avec un talent qui le fait indéniablement sortir du lot.

Ma note : 17/20

Non classé

Le consentement – Rentrée littéraire

Le consentement de Vanessa Springora

  • Auteur : Vanessa Springora
  • Titre : Le consentement
  • Genre : Témoignage
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 216
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Vanessa Springora, éditrice de renommée, a été, n’ayons pas peur des mots, une femme brisée. Lorsqu’elle avait 14 ans, elle est tombée sous l’emprise du célèbre écrivain Gabriel Matzneff, âgé alors de 50 ans. De fil en aiguille, une relation qu’elle pensait d’amour va se tisser entre eux. Certes, elle ne le cachera pas, et ce du titre jusqu’au dernier mot de son témoignage, elle était consentante. Mais quel libre arbitre pouvait bien avoir une jeune adolescente abandonnée par son père et vivant auprès d’une mère totalement dépassée ?

C’est avec un grand bouleversement que j’ai refermé ce livre. Vanessa a été admirable de courage. D’aucuns diront qu’elle a agi bien trop tard et s’interrogeront sur le pourquoi elle ne réagit que maintenant. Sincèrement, peu m’importe cela. Ce qui compte et ce qui ressort, c’est la revanche qu’a prise Vanessa. Elle l’a fait lorsqu’elle s’est sentie prête et elle fait montre d’un courage indicible.

Vanessa va nous narrer du mieux qu’elle pourra les événements qui l’on conduite sous l’emprise de celui qu’elle surnommera l’ogre. Elle le fait avec beaucoup de pudeur et ce témoignage, en plus d’être une revanche, est un exutoire. Elle a tant souffert que son récit en devient terrible à découvrir.

Je suis passée par beaucoup d’émotions, mais s’il y en a une qui a pris le dessus tout au long de ma lecture, c’est l’incompréhension. En effet, Vanessa va nous montrer à quel point la société de laquelle elle a été contemporaine durant son adolescence, se montrait complaisante face à l’abomination. Elle soulèvera une question importante. La littérature excuse-t-elle tout ?

J’ai tour à tour vu une mère dépassée par les événements et qui n’a pas su prendre les directives pour sortir Vanessa de cette aura dévastatrice, vu des présentateurs de débats littéraires complaisants et vu des personnes qui ne réagissaient pas. Cela semble très choquant de nos jours.

La plume de Vanessa est sans fioriture. Elle va tenter de tout nous raconter mais sans jamais rentrer dans des détails, afin d’éviter de tomber ainsi dans le pathos et la complaisance. Bien évidemment, ce témoignage est relaté à la première personne.

Un roman choc qui servira d’exutoire à l’auteure et dans lequel elle va nous raconter avec beaucoup de pudeur comment les contes de fées desquels elle était si friande étant petite peuvent se transformer en véritable cauchemar, le prince charmant laissant ainsi le champ libre à l’ogre. Bouleversant mais chapeau au courage de Vanessa.

Ma note : 19/20

Contemporain auto-édité

L’accomplissement

L’accomplissement de Nassima Terfaya

  • Auteur : Nassima Terfaya
  • Titre : L’accomplissement
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 298
  • Parution : 14 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Faïza est une jeune fille qui a soif de savoir. Elle refuse de se ranger à ce que la tradition lui impose : apprendre à cuisiner, coudre, à être une bonne épouse. Faïza rêve de plus grand, avec l’aide de sa mère analphabète et encouragée par son cousin Zoubir, elle poursuit ses études, au risque de se brouiller avec son père, patriarche autoritaire. Envers et contre tout, la jeune fille va partir pour la ville, un monde totalement étranger et pourtant plein d’opportunités.
Dans ce roman à la fois fable poétique et fresque sociale, découvrez le combat d’une femme contre les convenances, son voyage de part et d’autre de la Méditerranée pour se chercher, se trouver, s’accomplir et connaître le bonheur d’être soi-même

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Algérie. Faïza, une jeune femme solaire, rêve de liberté, et surtout, de se libérer du carcan de son éducation. Elle rêve de découvrir le monde, et de s’instruire. Pour cela, elle va devoir se libérer du destin tout tracé qu’appréhende le père de la jeune fille. Elle comptera avec l’aide de son cousin et de sa mère pour se lancer dans des études, et ce ne sera que le début d’un accomplissement.

C’est un très beau roman engagé que nous propose ici l’auteure. Au travers d’une héroïne totalement charismatique et battante, elle va se livrer à une critique acerbe des carcans desquels les jeunes femmes ont pu être prisonnières.

Faïza est une héroïne incroyablement fascinante et inspirante. J’ai admiré sa volonté et elle m’a d’emblée plu. Elle est forte de ses convictions et ne lâchera pas de vue ses buts. Au travers de ce personnage, c’est le symbole de toutes les femmes opprimées qui s’y reflète.

La nature joue également un rôle très important dans l’accomplissement de Faïza et j’ai beaucoup apprécié de la voir si présente au fil des pages. Les descriptions sont somptueuses et l’auteure a su créer une bulle où j’ai réussi à m’immerger totalement.

La plume de l’auteure est parfaite et dans le ton du roman. Tantôt délicate, tantôt affirmée, elle sert à merveille le fond de cette histoire. L’orthographe et la syntaxe sont très soignées.

Un très beau roman, servi par une héroïne qui ne ne laissera pas le lecteur indifférent, tant elle est charismatique, solaire et inspirante. Un roman engagé à découvrir sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain auto-édité

C’est dans le roman

C’est dans le roman de Marc Flandin

  • Auteur : Marc Flandin
  • Titre : C’est dans le roman
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 277
  • Parution : 19 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

Alors qu’elle attend son compagnon David dans un café parisien, Laurence est interpellée par un mystérieux inconnu, Paul, qui lui fait croire que tout ce qui lui arrive est écrit dans le roman qu’il est en train de lire. Sans le savoir, cette rencontre va bouleverser à jamais la vie de la jeune femme. Laurence se trouve plongée au coeur d’un vaste quiproquo, révélant ainsi la vraie nature des gens qui l’entourent. David, autrefois compagnon rêvé, se fait méprisant, pensant que Laurence lui est infidèle. Le flegmatique Paul serait-il en train de lui ravir le coeur de sa femme ? Mais qui est-il vraiment ? Jusqu’où les mènera la valse des jalousies, manipulations et rancoeurs ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre.

Laurence est attablée dans un café. Elle attend David, son compagnon, qui est en retard. Alors que la jeune femme commence à s’inquiéter de son absence, un homme va lui glisser à l’oreille que David ne viendra pas, et qu’il ne pourra pas, comme prévu, aller avec Laurence acheter des rideaux pour leur nouvel appartement. Cet homme, c’est Paul, et s’il sait tout cela, ce n’est pas parce qu’il connaît David. Non, il sait tout cela parce que c’est écrit dans le roman.

Avouez que ce synopsis donne fortement envie de se plonger entre les pages de ce livre. C’est en tout cas pour ma part ce qui a arrêté ma décision. Si je ne regrette pas cette lecture, je pense néanmoins qu’il y certains éléments qui m’ont fait défaut pour faire ressortir ce roman du lot.

Le postulat de départ est très intriguant, et j’avoue que l’auteur a su maintenir mon intérêt tout au long de son intrigue. Je me suis interrogée sur cette histoire de roman dont parle Paul, sur le comment il arrive à deviner ce qu’il va se produire dans le quotidien de Laurence. Je pense que le fond de l’histoire est très réussi.

Ce qui m’a en quelque sorte coupée dans mon élan, c’est le peu de relief qu’à accordé l’auteur aux personnages. Je les aurais aimé plus complexes, d’autant plus qu’avec l’histoire qu’il nous présente, cela se prêtait bien. J’ai eu l’impression d’être restée en surface, sans vraiment pouvoir m’immerger totalement, parce que je ne ressentais pas à sa juste valeur ce récit et les émotions des protagonistes.

La plume de l’auteur est vraiment belle et recherchée. Cependant, je dois me voir dans l’obligation d’émettre un bémol quant à la ponctuation de ce texte. Elle est pour moi quasiment oubliée, et cela m’a causé pas mal de problèmes à la lecture. Certaines coquilles subsistent également. Heureusement, je le redis, le style n’est pas commun et cela rehausse le tout.

Une histoire qui m’a beaucoup plu de par son originalité. L’auteur a su maintenir mon intérêt et je me suis beaucoup questionnée. Une belle plume vient accompagner le tout, cependant je n’aurais pas été contre un peu plus de densité chez les personnages. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain auto-édité

Branle-bas sous le sapin

Branle-bas sous le sapin de Valérie Bel et Antony Altman

  • Auteur : Valérie Bel et Antony Altman
  • Titre : Branle-bas sous le sapin
  • Genre : Contemporain
  • Éditons : Auto-édité
  • Nombre de pages : 122
  • Parution : 2 janvier 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Pierre-Alain n’aurait jamais dû dire à son épouse que sa secrétaire, Alicia, était une vieille fille de 50 ans. Ni raconter au bureau qu’il vivait seul avec sa maman mourante.

Quand Alicia, du haut de ses 25 ans et de ses talons aiguilles, débarque à l’improviste chez lui, le réveillon de Pierre-Alain commence à virer au cauchemar…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les auteurs Valérie Bel et Antony Altman pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

En plein réveillon, lorsque sonne Alice chez Pierre-Alain et Anne-Sophie, c’est le début des problèmes pour ce couple. En effet, Alice est la secrétaire de Pierre-Alain, mais ce dernier a légèrement menti sur l’âge d’Alice auprès de sa femme. Donc lorsque Anne-Sophie voit qu’en fait ladite secrétaire est bien plus jeune que ne lui a fait croire son mari, elle commence à voir rouge.

Ce court roman est écrit à la manière d’une pièce de théâtre de boulevard. Ici, pas de descriptions et seuls les dialogues sont présents. Je ressors captivée par cet excellent moment de lecture qu’on su m’offrir les auteurs, ayant beaucoup ri tout au fil des pages.

Valérie et Antony ont su créer des situations piquantes et des quiproquos à foison, qui ont donné matière à créer une pièce de théâtre très réussie et très dynamique. Cela commence dès le départ, avec l’arrivée du premier malentendu et cela monte crescendo au fur et à mesure que les personnages secondaires font leur apparition.

En effet, autour des trois personnages principaux vont également évoluer Paul, le fils de Pierre-Alain et Anne-Sophie, et un couple d’amis, Laurent et Claire. Toute cette galerie de caractères vont favoriser la montée en puissance des effets comiques et cela donne droit à des scènes cocasses.

La plume des auteurs est parfaitement en adéquation avec le ton du roman. S’agissant d’une pièce de théâtre, il faut que cela reste tout de même visuel pour savoir les réactions et les actions des personnages. C’est totalement respecté et très bien réalisé.

Un court roman écrit à la manière d’une pièce de théâtre de boulevard n’ayant pas d’autre prétention que de faire passer un moment de rires à son lecteur. Les quiproquos sont légion et les effets comiques très réussis. Un très bon moment de lecture.

Ma note : 17/20

Contemporain

Préférer l’hiver – Rentrée littéraire

Préférer l’hiver d’Aurélie Jeannin

  • Auteur : Aurélie Jeannin
  • Titre : Préférer l’hiver
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Maman et moi vivions ici depuis un peu plus de trois ans quand nous avons reçu le coup de fil. Au milieu des pins, des chênes et des bouleaux, au bout de ce chemin sans issue que deux autres propriétés jalonnent. C’est elle qui m’avait proposé de nous installer ici. Et je n’étais pas contre. J’avais grandi dans cette forêt. Le lieu m’était familier, et je savais que nous nous y sentirions en sécurité. Qu’il serait le bon endroit pour vivre à notre mesure. »

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au cœur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.

Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Une mère et sa fille vont s’isoler en pleine nature, dans une forêt. Elles vont devoir panser leurs plaies face à l’indicible. La fille a perdu son frère et son fils, la mère a perdu son fils et son petit-fils. L’hiver va leur être propice à la reconstruction.

C’est un roman intimiste et qui aborde une thématique extrêmement délicate. Au gré de la nature, la mère et la fille vont tenter de se reconstruire face à la terrible épreuve à laquelle elles vont devoir faire face. Le tout est décrit avec beaucoup de pudeur, et Aurélie décrit les sentiments avec une grande acuité et beaucoup de justesse.

Il faut tout de même avouer que ce roman est très contemplatif. Il faut partir dans cette optique pour ne pas se retrouver déçu. Tout est dans la psychologie et dans l’analyse. C’est très immersif.

La plume de l’auteure est d’une grande précision. Chaque mot est à sa place et c’est remarquablement écrit. Il n’y a pas de dialogue et l’usage de la première personne en se plaçant sous le point de vue de la fille m’a semblé judicieux.

Un roman poignant qui aborde une thématique délicate. L’auteure le fait avec beaucoup de sensibilité et de pudeur. L’écriture est très belle mais il faut garder en tête que c’est un roman très contemplatif. À découvrir.

Ma note : 17/20

Thriller

La deuxième femme

La deuxième femme de Louise Mey

  • Auteur : Louise Mey
  • Titre : La deuxième femme
  • Genre : Thriller
  • Éditions : J.C.Lattès/Le Masque
  • Nombre de pages : 300
  • Parution : 15 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Sandrine ne s’aime pas. Elle trouve son corps trop gros, son visage trop fade. Timide, mal à l’aise, elle bafouille quand on hausse la voix, reste muette durant les déjeuners entre collègues.
Mais plus rien de cela ne compte le jour où elle rencontre son homme, et qu’il lui fait une place. Une place dans sa maison, auprès de son fils, sa maison où il manque une femme. La première. Elle a disparu, elle est présumée morte, et Sandrine, discrète, aimante, reconnaissante, se glisse dans cette absence, fait de son mieux pour redonner le sourire au mari endeuillé et au petit Mathias.
Mais ce n’est pas son fils, ce n’est pas son homme, la première femme était là avant, la première femme était là d’abord. Et le jour où elle réapparaît, vivante, le monde de Sandrine s’écroule.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J.C. Lattès/Le Masque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Sandrine est une jeune femme des plus complexées. Elle évite les miroirs autant que possible, tant son reflet ne lui plaît pas. Elle se trouve trop grosse et pas très débrouillarde. Personne ne la regarde. Et pourtant, un jour, un homme va poser son regard sur elle et tout va changer. Mais il s’avère que cet homme avait déjà une femme, Caroline, qui a disparu. Sandrine et cet homme decident de vivre ensemble, jusqu’au jour où la première femme réapparaît. Que s’est-il passé ? Caroline ne se souvient de rien.

Ce roman prend aux tripes de par la thématique délicate qu’il va aborder. J’ai eu la sensation que l’auteure a fait un réel travail de sensibilisation aux violence subies par certaines femmes au travers de Sandrine. J’ai lu les pages avec un sentiment de grande tristesse et de peur pour cette jeune femme. Je ne voudrais pas en dire plus sur le fond de l’histoire, au risque de vous spoiler de quoi il en retourne vraiment.

L’auteure va faire montrer la pression crescendo, et si au debut, le tout m’a semblé long a se mettre en place, je me suis rendue que c’était en quelque sorte l’effet recherché par Louise Mey. Une fois le lecteur attrapé dans la spirale dans laquelle se retrouve la protagoniste, les émotions sont à fleur de peau. Impossible de ne pas se sentir révoltée face à cette lecture. J’ai eu une empathie immense pour Sandrine.

Louise Mey focalise sa narration sur Sandrine, et même si l roman n’est pas à la première personne, nous, en tant que lecteur, arrivons à suivre ses pensées comme si c’était elle qui parlait. Ce personnage complexe et très profond porte l’histoire et je peux vous dire qu’elle est très attachante.

La plume de l’auteure sera indéniablement mon petit bémol. J’ai eu énormément de mal avec le style de Louise Mey, qui décide d’insérer directement les dialogues dans sa narration, sans tirets, sans délimitation. Je me suis retrouvée avec un texte très peu aéré visuellement, et j’ai parfois été lassée par ce procédé. Certes, la fluidité est indéniable mais j’aurais aimé une plume plus classique.

C’est un thriller glaçant ou la tension monte peu à peu, et dans lequel l’auteure abordera une thématique difficile. Malgré un style auquel je n’ai pas forcément adhéré, il est indéniable que le fond de l’histoire m’a paru très réussi. C’est donc une belle découverte.

Ma note : 16/20

Thriller

Blessures invisibles

Blessures invisibles d’Isabelle Villain

  • Auteur : Isabelle Villain
  • Titre : Blessures invisibles
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Taurnada
  • Nombre de pages : 241
  • Parution : 9 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le major Maraval est retrouvé mort à son domicile, une balle dans la tête, son arme à la main.
La thèse du suicide est pourtant très vite abandonnée par le groupe du commandant Rebecca de Lost, et les pistes militaires et familiales se multiplient.
Dans le même temps, le « tueur au marteau », demeuré silencieux depuis l’enterrement du capitaine Atlan, décide de reprendre du service.
Deux enquêtes sous haute tension. Un final explosif !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Taurnada pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Maraval, un major, est retrouvé mort à son domicile, dans de très étranges circonstances. Si au début la thèse du suicide prend forme, elle est vite abandonnée. En effet, le commandant Rebecca de Lost et son équipe commencent à entrevoir des éléments qui font plutôt penser à un meurtre. En parallèle, Rebecca s’occupe également de l’affaire du tueur au marteau. Elle va donc agir sur deux fronts dans une enquête menée tambour battant.

Dès les premières pages, l’auteure tisse sa toile et elle m’a attrapée sans possibilité aucune de m’en extraire. Je ressors totalement captivée de ce thriller que j’ai trouvé maîtrisé et intelligent. L’auteure nous propose deux arcs narratifs, avec deux enquêtes différentes, et cela va à toute vitesse.

Là où j’ai trouvé ce thriller particulièrement réussi, c’est dans la dimension psychologique qu’il aborde. En effet, Isabelle va mettre en exergue ces blessures invisibles de guerre. Elle abordera le syndrome post-traumatique de beaucoup de personnes revenues de pays en conflit, ces problèmes qui ne se voient pas, mais qui n’en demeurent pas moins présents. J’ai fortement apprécié que l’auteure y fasse référence, puisque ce n’est pas très habituel.

L’enquête est parfaitement maîtrisée et je ne me suis ennuyée à aucun moment. J’ai totalement accroché à Rebecca. J’ai trouvé que c’était une véritable battante malgré les épreuves qu’elle s’est vue subir. Elle est dynamique et téméraire. Je l’ai trouvée très profonde et très bien brossée par l’auteure.

La plume de l’auteure est addictive au possible. J’y ai retrouvé tout ce que j’aime dans ce genre littéraire, à savoir du dynamisme, du rythme et de la fluidité. J’ai été séduite par ce style précis, incisif et qui va droit au but.

Un thriller trépidant, intelligent de par les thématiques qu’il aborde et que je n’ai pas l’habitude de croiser dans mes lectures, le tout servi par une héroïne inspirante et charismatique et un style entraînant et additif. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20