Contemporain

Le courage des autres – Rentrée littéraire

Le courage des autres d’Hugo Boris

  • Auteur : Hugo Boris
  • Titre : Le courage des autres
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 180
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Hugo Boris vient de passer sa ceinture noire de karaté lorsqu’il fait face à une altercation dans le RER. Sidéré, incapable d’intervenir, il se contente de tirer la sonnette d’alarme. L’épisode révèle une peur profonde, mélange d’impuissance et de timidité au quotidien. Trait de caractère personnel ou difficulté universelle à affronter l’autre en société ? Ce manque de courage l’obsède. Sa femme lui suggère de « se faire casser la gueule une bonne fois pour toutes » pour l’exorciser.

Mais Hugo Boris est écrivain, alors, pendant quinze ans, il consigne sur le vif ces situations d’effroi dans les transports en commun. Il peint aussi le ravissement d’une rencontre, l’humanité d’un dialogue, l’humour d’un échange imprévu. À travers ces miscellanées heureuses ou tragiques, il décrypte une mythologie contemporaine, celle du métro et du RER, et cherche à appréhender ses craintes, à la maîtriser par la distance, la littérature ou… la lecture de Dragon Magazine !

Il tente aussi de conjurer sa peur en guettant le courage des autres sous toutes ses formes, profondément admiratif de tous ceux qui parviennent à intervenir lorsqu’une situation les interpelle, les sollicite, exige une prise de parole, un geste. Il dessine un hommage à tous ceux qu’il a vu avoir, sous ses yeux, le cran qui lui manquait. Et se demande si le courage est contagieux.

Totalement original, sincère, d’une actualité, d’une précision d’écriture et d’observation remarquables, ce recueil de textes brefs touche au plus juste. En se mettant à nu, Hugo Boris parle de chacun de nous, de nos lâchetés et de nos malaises quotidiens, de nos éblouissements et, parfois, de nos héroïsmes.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Hugo Boris va s’interroger sur une notion qui aura finalement fait couler beaucoup d’encre. En effet, il va décortiquer le courage sous toutes ses formes. Il va vite prendre conscience que malgré l’obtention d’une ceinture noire de karaté, il est peu affirmé, il n’ose pas se défendre ou même défendre les autres. Il reste admiratif de ceux qui osent. Au travers des pages de ce livre, Hugo va nous proposer un herbier mettant en exergue le courage des autres. Il choisira pour toile de fond les rames du RER et du métro, ainsi que les voyages dans les wagons, propices aux observations, aux situations rocambolesques et aux rencontres enrichissantes.

Ce court roman a été un coup de cœur absolu pour ma part. J’ai tout aimé et j’ai trouvé que l’idée d’Hugo était des plus originales. En partant de faits banals, il rend hommage en quelque sorte à toute personne ayant osé, ayant fait montre de courage. Il s’est interrogé sur lui-même, a eu un œil des plus critiques sur son comportement passif et a su finalement s’approprier ce courage qui lui a tant manqué.

Ce roman se lit d’une traite. L’auteur nous parle des situations auxquelles il a été confronté. Certaines d’entre elles m’ont particulièrement touchée, d’autres m’ont ulcérée, et c’est là où c’est particulièrement réussi. Aucune ne m’a laissée indifférente.

La plume de l’auteur est sans fioritures. Il nous raconte les scènes telles qu’il les a vécues. Elles ne sont pas longues et s’apparentent à des petites tranches de vie de l’auteur. C’est très addictif et une fois commencé, très difficile à lâcher.

Un roman qui aborde toutes les facettes du courage. L’auteur va décortiquer cette notion en faisant preuve d’un œil critique envers soi-même, et avec pour toile de fond le RER et le métro. C’est magistral.

Ma note : 19/20

Contemporain

Histoire d’un clin d’œil

Histoire d’un clin d’œil d’Alexandra Lhuissier

  • Auteur : Alexandra Lhuissier
  • Titre : Histoire d’un clin d’œil
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 137
  • Parution : 30 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Clémence ne connaît pas Julien. Julien ne connaît pas Clémence. Un avatar. Un mail. Le clin d’œil lancé par Julien donne le ton. Il crée une bulle de quiétude et de douceur dans laquelle Clémence pénètre avec plaisir. Ce partage écrit de leurs instants devient le fil conducteur de leur quotidien. Un jour, le réel se confronte au fantasmé. Une relation de chair et d’os prend vie. Clémence et Julien sont en équilibre, en vol dans cette bulle. Mais quand l’un est à la recherche de poésie, l’autre est en quête de vérité. Soudain, Clémence moins aérienne que Julien, décide de percer leur bulle et retoucher terre.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Julien habite à Tours. Clémence, quant à elle, réside à Paris. Ils ne se connaissent pas, ne se sont jamais rencontrés et c’est suite à un premier mail de Julien que débute une correspondance des temps modernes où chacun va se raconter.

Si le postulat de départ de ce roman avait absolument tout pour me plaire, je dois malheureusement me rendre à l’évidence, cela a été une réelle déconvenue pour ma part. L’auteure n’a pas su m’embarquer dans sa bulle et je suis restée hermétique.

Ceci n’est que mon avis, mais je pense être passée totalement à côté de la beauté indéniable de ce texte. J’ai eu beaucoup de mal à m’immerger dans l’histoire de Julien et Clémence, trouvant leurs échanges peu réalistes et trop ampoulés. J’aurais aimé y retrouver plus de réalisme, mais surtout plus de spontanéité. Il me semblait presque lire un recueil de poésie à la place d’échanges entre deux jeunes gens.

Je n’ai pas su être touchée par cette histoire originale, et ce qui m’a réellement fait défaut a été le choix narratif de l’auteure. En effet, les mails échangés resssemblaient plutôt à un exercice de style de la part des deux protagonistes, enlevant ainsi toute sincérité et fraîcheur.

La plume est très soignée. Aucun bémol de ce côté, bien au contraire. Pas de fautes de ponctuation, d’orthographe ou de syntaxe. Chaque mail est accompagné de la date, du nom de l’envoyant, et de la ville dans laquelle il se trouve. Ce sont vraiment de courts échanges, et cela se lit rapidement.

Malgré un postulat de départ des plus intéressants, je suis passée totalement à côté de ce que proposait l’auteure, ayant trouvé peu de réalisme dans les échanges des deux protagonistes, et surtout un style trop ampoulé de leur part. Une déconvenue pour ma part.

Ma note : 10/20

Contemporain

Monsieur le maire – Rentrée littéraire

Monsieur le maire de Pascal Grégoire

  • Auteur : Pascal Grégoire
  • Titre : Monsieur le maire
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 176
  • Parution : 9 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Lorsqu’il est élu maire du village qui l’a vu naître, dans les Ardennes, Paul jubile : il va agir concrètement et auprès des siens. Quinze ans plus tard, le « terrain » et un drame personnel l’ont usé. Sa vie bascule. Il est reconnu coupable d’un meurtre et condamné à vingt ans de prison ferme. Comment a-t-il pu en arriver là ? Sur le chemin qui le mène vers sa cellule, Paul se souvient, de son idéalisme avant la désillusion, d’une existence d’homme de plus en plus fragile. Critique du monde politique à la française, Monsieur le maire retrace avec force et réalisme l’histoire si ordinaire et pourtant essentielle de ces citoyennes et citoyens qui vouent leur vie à leur commune.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lomieu, petit village des Ardennes. Paul Morand, le maire en cours d’activité et exerçant son troisième mandat, se retrouve sur le banc des accusés. Il est effectivement présumé coupable du meurtre d’un journaliste, Jacques Gentil. Il va finalement être condamné à vingt ans de prison. Comment Paul, à qui tout semblait réussir, en est-il arrivé là ?

Voilà un très court roman qui peut parfaitement se lire d’une traite, mais qui n’en est pas moins dépourvu d’une grande densité et d’une grosse dimension psychologique. J’ai totalement accroché à l’histoire de ce maire et j’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre.

Si le roman s’ouvre sur une scène au tribunal et sur la condamnation de Paul, le propos du récit ne va pas s’arrêter là. Pendant que Paul sera conduit dans un fourgon à la prison, il va égrener les souvenirs de ses trois mandats.

Le lecteur va tour à tour découvrir un Paul ambitieux, plein d’illusions, mais aussi sous pression intense et borderline. En plus des soucis qu’il a à gérer en tant que maire, il a des problèmes personnels avec sa femme. J’ai senti qu’à tout moment Paul pouvait perdre le contrôle.

L’auteur nous fait rentrer dans les coulisses de la gestion d’une mairie, et j’ai vite constaté que tout n’est pas si simple, comme il y paraît de prime abord. J’ai suivi avec intérêt toutes les décisions de la mairie, et j’ai trouvé très intéressant le procédé de flash-back qu’use Paul, pour ainsi, au fil de ses souvenirs, immerger le lecteur dans cette politique de mairie.

C’est Paul qui va porter le récit et il faut bien avouer que l’auteur a su le brosser à la perfection, le rendant profond, avec ses parts d’ombre, ses faiblesses et ses convictions. Ce n’est pas un personnage statique et l’on sent une réelle évolution au fur er à mesure des mandats qu’il exercera.

La plume est réellement addictive. Le roman est très court, et j’avoue que les pages ont défilé pour ma part. Les petits chapitres apportent beaucoup de rythme, et j’ai apprécié l’usage de la première personne lorsque c’est Paul qui prend la parole.

Un roman qui explore les coulisses de la mairie d’un village de France, le tout servi par un personnage principal borderline et grâce auquel le lecteur suivra en filigrane les tenants et aboutissants du travail de maire. Une excellente découverte à lire d’une traite.

Ma note : 17/20

Romance

La femme au carnet

La femme au carnet de Tiffany Le Personnic

  • Auteur : Tiffany Le Personnic
  • Titre : La femme au carnet
  • Genre : Romance
  • Éditions : Alter Real
  • Nombre de pages : 183
  • Parution : 3 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une rupture douloureuse et un énième rendez-vous raté : il est temps pour Alba de faire le point sur sa vie. Le bilan n’est pas réjouissant. Elle a toujours cherché l’approbation des autres et s’est perdue en cours de route. Son ex petit-ami lui dictait même la couleur de ses cheveux ! Tout ça, c’est terminé. Derrière elle. 
Elle va se reprendre en main. Et quoi de mieux pour ce nouveau départ que l’achat d’un carnet rouge pour écrire la liste de ses envies ? À l’intérieur, quatorze objectifs pour être heureuse. 
Or, dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu. Dans sa quête du bonheur, elle pourrait bien faire une rencontre inattendue… Celle qui va tout changer.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Alter Real pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Alba est une jeune femme à qui tout réussit apparemment. Mais c’est jusqu’au jour où Patrick, son compagnon, la quitte sans aucune raison et pas plus d’explications que cela. Alba va alors se réfugier auprès de sa meilleure amie Sophie. Peu à peu, elle va devoir faire un travail sur elle-même. Elle se rend finalement compte que Patrick lui a retiré toute confiance en elle et elle va devoir se reconstruire peu a peu. À cet effet, elle va se procurer un petit carnet où elle va noter tout ce qu’elle n’a jamais osé faire pendant qu’elle était en couple, et ce, dans l’objectif de réaliser enfin ses rêves.

Je ressors totalement conquise de ce roman aux allures de petit bonbon sucré, idéal à lire entre deux lectures plus lourdes. Tiffany a su me captiver du début à la fin avec l’histoire d’Alba et j’ai eu énormément d’empathie pour la situation dans laquelle elle se retrouve.

Ce roman est un véritable dépassement de soi pour le personnage principal, qui doit absolument se reconstruire et ne pas se laisser abattre. Alba est un personnage empli de sensibilité et de bienveillance. Je l’ai trouvée pétillante et surtout, une véritable battante.

Tiffany a su travailler ses personnages. J’y ai retrouvé une certaine profondeur tant dans leur personnalité que dans le propos de l’intrigue, et j’avoue que je n’ai pas l’habitude de retrouver cela dans les romans du genre. En effet, sous couvert de bonne humeur et de positivité, il n’en demeure pas moins de belles valeurs qu’à voulu transmettre l’auteure, telles que la reconstruction de soi, l’amitié, et surtout l’oubli du regard des autres sur nous-mêmes. Elle a bien mis en exergue ce qui arrive trop souvent. Effectivement, combien de fois le regard d’autrui nous empêche de faire beaucoup de choses ?

La plume est d’une grande fluidité. Le roman se dévore tout seul, et les petits chapitres n’y sont pas pour rien, puisque grâce à eux, le rythme est dynamique. Tiffany a un style addictif et une fois commencé, le roman devient très difficile à lâcher. Je tiens également à accorder une mention spéciale à la couverture qui m’a totalement séduite,

Ce roman est un véritable petit bonbon sucré, servi par une héroïne touchante et combative, une plume fluide et une histoire bien plus profonde qu’il n’y paraît de prime abord. À découvrir.

Ma note : 17/20

Thriller

Je suis le fleuve

Je suis le fleuve de T. E. Grau

  • Auteur : T. E. Grau
  • Titre : Je suis le fleuve
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 9 janvier 2019
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Résumé

Subir. Survivre.

Depuis la fin de la guerre du Vietnam, Israel Broussard survit tant bien que mal à Bangkok. Cinq ans plus tôt, il a participé à la mystérieuse opération Algernon, au cœur de la jungle laotienne. Ce qui s’est passé là-bas ? Il ne s’en souvient plus, il ne veut plus s’en souvenir.
Et pourtant, l’heure est venue de s’expliquer…

L’intensité et la crudité dérangeante de sa prose font de Je suis le fleuve une expérience de lecture à nulle autre pareille. Ce voyage halluciné et sans retour à travers les méandres d’une psyché dévastée évoque irrésistiblement Apocalypse Now.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Broussard est un homme déchiré. Depuis la fin de la guerre du Vietnam, il essaie de se reconstruire à Bangkok. Pourtant, il doit faire appel à ses souvenirs. En effet, il a participé à une mission particulière dans le territoire laotien. Là, il a assisté à quelque chose qui l’a profondément bouleversé mais dont il se souvient à peine. Que s’est-il passé ?

Il faut que je vous prévienne d’emblée. Ce roman a été pour ma part une lecture très laborieuse, mais pourtant, je peux affirmer, après en avoir découvert tous les tenants et aboutissants, qu’il en valait la peine. Je ne vais pas vous mentir, l’idée de l’abandon m’a guettée pendant le début de ce récit auquel je ne comprenais pas grand chose et que j’ai trouvé très décousu.

L’auteur a voulu rendre au plus près le sentiment de perdition qui assaille Broussard, et c’est ce qui rend le tout si particulier à lire. Il y a des moments où j’ai trouvé que ce récit était totalement halluciné. Broussard est totalement perdu, déboussolé, et en essayant de se reconstruire, il entraîne avec lui le lecteur dans les méandres de ses pensées.

Il n’y a pas de réelle unité dans ce texte, et c’est ce qui m’a dérangée pendant à peu près le premier quart de ma lecture. D’un coup, on suit Broussard en plein dans sa thérapie actuelle, mais celle-ci vient se mélanger avec celle qu’il a suivie pendant la guerre. Cela se superpose et il faut s’accrocher. Le temps d’après, on retrouve finalement Broussard en plein dans le territoire laotien. Bref, sans aucune indication spatio-temporelle, j’avoue que je me suis perdue au début.

Et d’un coup, passé ce premier quart, et une fois que je me suis familiarisée avec tous les personnages et événements, j’ai suivi avec grande curiosité la suite des aventures de Broussard. J’étais réellement curieuse de savoir ce qu’il s’était passé et quel terrible événement a fait que notre protagoniste ait finalement été perturbé à un point inimaginable.

La force de ce roman réside sans aucun doute dans les personnages qui sont très bien construits et profonds. Le protagoniste est attachant, mais les personnages secondaires ne sont pas en reste et ont leur importance.

La plume est très plaisante. Ce thriller se lit assez facilement et l’auteur a prit le parti de découper son récit en plusieurs petits chapitres, ce qui rythme l’histoire.

Après un début compliqué, principalement dû au fait que j’ai trouvé ce roman très décousu, je me suis prise au jeu et j’avais envie de connaître le dénouement. C’est une expérience de lecture très particulière et qui ne complaît pas le lecteur dans la facilité. À lire pour découvrir quelque chose de novateur et d’original.

Ma note : 16/20

Contemporain

La science de l’esquive – Rentrée littéraire

La science de l’esquive de Nicolas Maleski

  • Auteur : Nicolas Maleski
  • Titre : La science de l’esquive
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Rien n’indiquait que c’était son jour. Il n’y avait rien de particulier dans l’air. En refermant la porte derrière lui, il savait que c’était la dernière fois. Il n’y avait plus à réfléchir. Sa décision était prise. Il restait à exécuter le plan. Les trottoirs étaient noirs de monde, les magasins happaient et recrachaient les badauds à jets continus. À cet instant il était encore un homme honnête. C’était facile en vérité de basculer dans l’horreur.»

Kamel Wozniak est en fuite. Locataire d’un meublé où pour rester invisible il faut se montrer habile, l’ancien boxeur sur ses gardes tente de se faire oublier le temps d’un été au vert. Mais de qui ? Et où s’arrête son plan B ? Difficile de disparaître dans une petite ville où un garçon comme lui, aux airs de desperado, n’est pas sans piquer les curiosités.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Kamel Wozniak semble avoir commis un geste terrible. Un geste qui le pousse à débuter une cavale qui devrait, si tout se passe bien, l’amener en Tasmanie. Mais tout d’abord, une halte s’impose dans une petite ville en France, où il fera la connaissance de personnages qui finiront par bouleverser ses plans.

C’est avec un sentiment particulier que j’ai refermé mon livre. Indéniablement, j’ai fait une excellente découverte littéraire, mais en y réfléchissant plus posément, je ne suis pas certaine d’avoir adhéré au déroulé de l’histoire que j’ai trouvé parfois trop long.

J’avoue que tout au fil de ma lecture, je me suis demandée sans cesse où voulait m’emmener l’auteur. Je n’arrêtais pas de me questionner et de chercher à comprendre ce qu’il était arrivé à Kamel pour fuir ainsi son quotidien. Si la réponse m’a totalement convaincue et m’a fait me questionner et réfléchir, c’est la lenteur de l’action et le flou dans lequel je me suis retrouvée avant d’en arriver à l’explication qui m’ont gênée.

Malgré tout, je pense que cela a été totalement voulu de la part de Nicolas Maleski, afin de nous surprendre totalement. Lorsque j’ai enfin saisi le fond du problème, j’ai trouvé très intéressant les questionnements que nous propose Nicolas, et la critique acerbe qu’il effectue avec brio. Je ne vous dirai bien évidemment pas de quelle thématique il s’agit, sous peine de vous spoiler totalement l’intrigue.

Je me suis totalement attachée à Kamel et j’ai trouvé ce personnage tout en nuances, torturé et très profond. L’auteur a su également faire évoluer aux côtés de Kamel toute une galerie de personnages secondaires qui sont eux aussi très bien réussis.

La plume de l’auteur n’est pas une plume que je pourrais qualifier de simple. J’ai trouvé son style âpre à la lecture par moments, parfois à la limite du caustique. Il est indéniable que ce roman est remarquablement écrit et Nicolas use de beaucoup d’effets de style. Malgré tout, cela se lit de manière très fluide.

Une très belle découverte, mais où le lecteur devra se montrer patient pour entrevoir une explication à la fugue du personnage principal. Un roman qui ne m’aura pas laissée indifférente et remarquablement écrit. Une excellente lecture pour ma part.

Ma note : 17/20

Romance

Du pacte au scandale

Du pacte au scandale de Maya Rodale

  • Auteur : Maya Rodale
  • Titre : Du pacte au scandale
  • Genre : Romance
  • Éditions : Harlequin
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 1 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Les ambitieuses de l’Âge d’Or

Elles sont brillantes et déterminées.

New York les fera triompher New York, 1895 J’y consens. Adeline regrette déjà son imprudence. Elle vient d’accepter de revoir le séduisant duc de Kingston pour l’aider à trouver la sublime héritière qu’il recherche. En retour, leur accord lui permettra d’accompagner le duc à des réceptions mondaines pour promouvoir ses créations de mode. Un tremplin inespéré pour lancer sa propre affaire à New York et devenir une femme d’affaires accomplie. Une femme moderne à l’extrême opposé du monde traditionnel auquel appartient le duc…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Harlequin pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Londres, 1895. Lord Brandon Alexander Fiennes, duc de Kingston, est appelé à s’occuper à son tour de son domaine impressionnant suite au décès de son père. Malheureusement, beaucoup de dettes viennent s’ajouter et Lord Kingston est pour ainsi dire ruiné. Comment pourrait-il contenter tout le monde, de sa famille à ses employés, sans argent ? C’est alors que son cousin, Lord Hewitt, lui fournit la solution. Partir à New York pour trouver une femme fortunée à qui il offrira le titre de duchesse contre sa dot. A peine débarqué, c’est le coup de foudre immédiat dans les couloirs de l’hôtel, suite à la rencontre d’Adeline, qu’il va croire être une jeune femme fortunée. Il n’en est rien, Adeline n’étant qu’une simple couturière. Est-ce réellement un amour impossible entre eux ?

Bienvenue dans un monde de paillettes, où la somptueuse couverture du roman n’est qu’un avant-goût de toute la féerie qui se cache derrière les pages. J’ai tout simplement été conquise par cette romance historique qui réunit tous les ingrédients du genre.

En effet, j’y ai trouvé passion, sensualité et amours contrariées. J’ai aimé suivre les aventures d’Adeline et son combat pour se faire une place en tant que styliste. Le personnage de Lord Kingston m’a fascinée par les belles valeurs qu’il dégage. J’ai craint pour ce couple impossible et pour les dilemmes qui assaillent chacun des personnages.

Lord Kingston doit absolument sauver son domaine et préserver famille et employés du besoin. Il sait que pour cela, il ne peut pas épouser n’importe qui. Adeline, quant à elle, doit préserver sa vertu et sa bonne réputation si elle veut voir se presser la clientèle à la porte de sa maison de couture. Les deux personnages sont donc assaillis par leurs doutes et c’est une très belle romance que nous propose l’auteure.

Outre le côté passionnel de l’histoire, j’ai fortement apprécié le contexte sociétal dans lequel l’auteure situe son intrigue. Effectivement, on est en pleine vague des suffragettes et des femmes qui luttent pour des droits qui, s’ils nous sont acquis de nos jours, ne l’étaient pourtant pas du tout à l’époque. Adeline est en quelque sorte la porte-parole de toutes ces femmes combatives et voulant faire valoir leurs droits.

La plume de l’auteure est addictive au possible. Une fois commencée, l’histoire est très difficile à lâcher. Les petits chapitres donnent énormément de rythme au récit et c’est avec une grande douceur que Maya Rodale nous parle de cette très belle romance.

Une romance historique qui m’a totalement séduite, de par ses personnages torturés à cause de leurs dilemmes intérieurs, de par le contexte sociétal que l’auteure soulève dans son intrigue et finalement, de par le monde de paillettes, de féerie et d’évasion totale qu’offre cette très belle histoire. Je recommande sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain auto-édité

La maison du bord de mer

La maison du bord de mer de Larème Debbah

  • Auteur : Larème Debbah
  • Titre : La maison du bord de mer
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 262
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Deux femmes dont le destin va être bouleversé, par des secrets, des mensonges, des trahisons.
Une disparition incompréhensible.
Une réalité inconcevable.

La vie peut nous paraître belle et sournoise, délicate et destructrice,
exceptionnelle et tragique.
Comment rester rationnel face à ces irruptions inattendues qui nous arrachent à nos êtres chers ?
Comment réagir et donner un sens à ce que nous ne pouvons concevoir ?
Comment apprendre à revivre, à sourire lorsque le pire s’abat sur nous ?
Parce que dans le fond, la vie est belle, quoi qu’elle puisse nous réserver.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Larème Debbah pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Rachel est une jeune maman de jumeaux, totalement surmenée. En effet, elle occupe un poste à haute responsabilité. Heureusement, d’un commun accord, elle a laissé à Alexandre, son mari, la logistique de la maison. Celui-ci s’est arrêté de travailler, pour pouvoir s’occuper des enfants. Tout semble aller pour le mieux, jusqu’à l’arrivée de Chloé, rencontrée par Alexandre lors d’une réunion de parents de l’école où étudient leurs enfants.

Quel roman émouvant. J’avoue que lorsque j’ai lu la quatrième de couverture, j’étais partie pour un thriller. D’ailleurs un événement qui survient après quelques chapitres et que je ne divulguerai pas pour ne rien spoiler m’a incitée à garder cette première impression. Et en fait, une fois l’explication de cet événement étrange arrivée, je me suis rendue compte que ce roman est plutôt à mettre dans la catégorie du drame.

Larème m’a bouleversée avec cette histoire empreinte de sensibilité. Il faut le lire dans un bon moment, puisqu’il remuera indéniablement le lecteur. J’ai refermé ce roman il y a quelques jours et j’y repense encore avec émotion. Larème confronte ses personnages à des situations extrêmes, où l’amour et l’altruisme seront les mots clés.

L’auteure va aborder des sujets délicats, et elle le fait avec beaucoup de sensibilité. Malgré le drame pesant de cette histoire, il reste tout de même une once d’espoir. Les situations sont extrêmes et poussent les protagonistes dans leurs derniers retranchements.

Les personnages sont bien travaillés et assez profonds. Le personnage de Rachel est tout simplement bouleversant et tout au long du roman, j’ai eu envie de lui tendre la main pour la soutenir dans ses épreuves. Les autres personnages ne sont pas en reste.

La plume de l’auteure est impeccable. Je tiens à le relever, puisqu’il s’agit d’un roman auto-édité et vous n’avez donc rien à craindre de ce côté. La syntaxe et l’orthographe sont soignées. L’écriture est fluide et les pages ont défilé.

Un roman qui ne laisse pas son lecteur indemne tant le sujet que l’auteure aborde est difficile. Elle le fera avec beaucoup de sensibilité et au travers de personnages attachants. Une excellente découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Nos rendez-vous – Rentrée littéraire

Nos rendez-vous d’Éliette Abécassis

  • Auteur : Éliette Abécassis
  • Titre : Nos rendez-vous
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 162
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ce roman d’une passion d’amour contrariée est aussi le roman d’une époque.
Amélie et Vincent se rencontrent, jeunes, à la Sorbonne à la fin des années 80. Chacun ressent un coup de foudre sans oser l’avouer à l’autre : aucun des deux ne se sent « à la hauteur », aucun ne fait le premier pas, aucun n’a la maturité de saisir son bonheur…
Ils se donnent rendez-vous, la jeune femme est en retard : A quelques minutes près, ce jour-là, ce n’est pas un simple rendez-vous qu’elle rate, c’est sa vie.
Puis la vie prend le dessus, les emporte malgré eux vers des destins qu’ils ne maîtrisent plus, leur fait prendre des bifurcations comme on emprunte des portes, puis des couloirs, de dix ans, de vingt ans, de trente ans…
On suit en parallèle la trajectoire intime et professionnelle d’Amélie et de Vincent, et chaque fois que les hasards de l’existence les remettent en présence, ce n’est pas « le bon moment ».
« Trente ans que nous nous connaissons… Des mariages, des divorces, des deuils, des enfants, des centaines de voyages, parfois au bout du monde, des succès, des échecs, des espérances déçues, des rêves d’enfance perdus, des enfances déchues…Trente ans de rêves et de désir ».

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris, fin des années 80. Alors que Vincent et Amélie sont étudiants à la Sorbonne, ils vont se croiser par hasard au détour d’un couloir. D’emblée, l’alchimie entre ces deux jeunes est immédiate. Ils passent la nuit à discuter et se donnent rendez-vous le lendemain dans un café. Vincent sera là, mais Amélie ne parviendra pas à passer outre le carcan de son éducation et ne se décidera pas à venir. Lorsqu’elle se rend compte qu’elle va passer à côté de quelque chose d’essentiel, elle accourt pour rejoindre Vincent. Ce sera trop tard, le jeune homme est parti. Il s’ensuivra alors des rendez-vous fortuits pendant près de trente ans entre ces deux êtres qui auraient dû être ensemble.

Je ressors conquise de ce magnifique roman et je peux même affirmer qu’il s’agit d’un coup de cœur. Éliette Abécassis m’a proposé une véritable parenthèse littéraire, emplie de douceur, d’amours, qu’elles soient réciproques ou contrariées. Je me suis laissée entraîner par ces personnages et leur histoire respective, avec en filigrane leur amour contrarié.

Éliette va nous offrir une analyse du couple d’une acuité rare. Elle va nous faire réfléchir, et immanquablement, je me suis questionnée. Elle va aborder le thème du véritable amour, mais aussi de la passivité dont on fait preuve bien trop souvent en ce qui concerne ce sentiment. Combien de personnes passent à côté de l’être aimé pour finalement épouser une autre personne par convenance, par le qu’en dira-t-on ?

Éliette Abécassis fait preuve d’une grande acuité et de beaucoup de clairvoyance. Elle évoque avec beaucoup de justesse les sentiments, et je n’ai pu que croire en cette histoire et me laisser emporter. Les deux personnages sont bouleversants, touchants, forts mais également faibles à bien des égards. Ils ne réussissent pas à se libérer pour vivre leur amour pleinement.

La plume est tout en douceur. J’ai été conquise par le style de l’auteure auquel j’ai totalement accroché. Le roman est court et pourtant, il est d’une densité émotionnelle rare. J’ai été en totale immersion et bouleversée par cette histoire de rendez-vous qui n’aboutissaient pas vraiment, finalement.

Un magnifique roman où l’auteure va décortiquer les relations amoureuses avec beaucoup de justesse et une grande acuité. Elle nous offre une analyse pertinente au travers de deux personnages qui devront se libérer pour pouvoir s’aimer, tout simplement. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Jeunesse

Ce que diraient nos pères

Ce que diraient nos pères de Pascal Ruter

  • Auteur : Pascal Ruter
  • Titre : Ce que diraient nos pères
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Didier Jeunesse
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La vie d’Antoine a basculé le jour où son père, chirurgien, s’est laissé accusé à tort d’une erreur médicale. Depuis, sa mère est partie et le quotidien est devenu plutôt morose. Peu à peu, le garçon se laisse entraîner malgré lui par une bande d’ados accros à l’adrénaline : il est complice de vandalisme, de cambriolage… jusqu’à un braquage, où tout bascule. Dans ce crescendo de violence, il ne se reconnait plus. Pourtant, il peut encore se battre pour sortir de cette situation infernale et retrouver le goût d’avoir la tête haute.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Didier Jeunesse pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Antoine, jeune adolescent, a grandi trop vite. En effet, son quotidien a été totalement bousculé lorsque son père, chirurgien renommé, est accusé à tort d’une erreur médicale. Les parents d’Antoine vont se déchirer et la mère va décider de s’en aller et de s’éloigner d’eux. Depuis, Antoine est seul avec son père et prend soin de lui du mieux qu’il peut, même si c’est loin d’être facile. C’est alors qu’il va commencer à faire de mauvaises rencontres qui vont l’entraîner dans le monde de la délinquance, jusqu’au braquage qui dérape totalement. Heureusement, Antoine a le soutien de Lucia, une jeune fille qu’il connaît depuis très longtemps.

Je ressors tout simplement conquise de ce roman. L’histoire d’Antoine et de son drame familial m’a énormément touchée. Voir comment son père sombre peu à peu dans une dépression pour une fausse accusation m’a vraiment chamboulée. L’auteur a maîtrisé son roman du début à la fin.

Pascal Ruter va aborder plusieurs thématiques sensibles et actuelles. Il va nous montrer comment un adolescent peut tout à coup perdre le nord, se retrouver totalement déboussolé face à un événement familial.

J’ai trouvé le personnage d’Antoine particulièrement bien réussi. Mais je dois dire que celui de Lucia est également bien construit. Ils sont touchants et j’ai eu envie d’aider Antoine à s’en sortir tout au fil des pages.

La plume de l’auteur est fluide. Certes, il s’adresse à un public jeune, mais l’écriture est mature et très soignée. J’ai trouvé ce roman très bien écrit. Il n’est pas trop long et donc idéal pour ceux qui n’ont pas l’habitude de lire beaucoup.

Un roman jeunesse très mature, où le personnage principal est totalement déboussolé suite à un événement familial. L’auteur aborde beaucoup de thématiques, et le fait en utilisant un ton qui sonne juste tout au fil des pages. Je recommande.

Ma note : 17/20