Contemporain

Sarabande

Sarabande de Max Billancourt

  • Auteur : Max Billancourt
  • Titre : Sarabande
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 197
  • Parution : 11 juin 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Quatre retraités lyonnais ayant fait de belles carrières, financièrement à l’aise, quatre potes, quatre amis aiment les bons repas, les sorties en vélo et la pêche à la ligne. Ils vont rencontrer LES GILETS JAUNES, LA VIOLENCE, LA VENGEANCE, LA POLICE, LA JUSTICE, LES INÉGALITÉS… Félix, l’un d’entre eux, va même rencontrer L’AMOUR ! SARABANDE raconte les aventures de ces quatre briscards, un peu décalés, dans la France d’aujourd’hui. ET ÇA FAIT DES ÉTINCELLES !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lyon, un groupe de quatre amis retraités. Suite à une discussion animée sur le problème des gilets jaunes, Félix propose à ses amis de se rendre directement sur le terrain pour se forger une véritable opinion sur ce sujet d’actualité. De nombreux événements les attendent.

J’ai beaucoup aimé ce court roman d’amitié et dans l’air du temps, puisque Max Billancourt va aborder un sujet d’actualité important, à savoir les gilets jaunes. Il va le faire toujours avec délicatesse, sans jamais prendre parti, et au travers de quatre personnages tous plus délurés les uns que les autres.

L’auteur va mettre en exergue de belles valeurs, telles que l’amitié, l’écoute d’autrui, la tolérance. Les personnages sont bien dépeints et leurs aventures sont touchantes à bien des égards. Ce roman est une vraie parenthèse de douceur. J’ai également apprécié cet amour pour Lyon qui transparaît au travers de ces personnages. L’auteur n’hésite pas à faire maintes références à la gastronomie et aux lieux emblématiques de la région Rhône-Alpes.

La plume de l’auteur est simple et entraînante. Malgré tout, et j’ai tout de même un bémol à émettre, je n’ai pas toujours apprécié le style, que j’ai trouvé parfois quelque peu décousu. En effet, souvent, je me suis retrouvée devant de très longues phrases, pas toujours très bien tournées, et avec des énumérations qui n’en finissaient pas. Malgré tout, cela ne m’a pas empêchée d’apprécier l’intrigue et c’est bien là l’essentiel.

Un très beau roman d’amitié, dans l’air du temps, explorant un sujet d’actualité, le tout servi par une bande de quatre retraités débonnaires. À découvrir.

Ma note : 16/20

Thriller

Mon territoire

Mon territoire de Tess Sharpe

  • Auteur : Tess Sharpe
  • Titre : Mon territoire
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Sonatine
  • Nombre de pages : 566
  • Parution : 29 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Adolescente, Harley s’occupe du Ruby, un foyer pour femmes en détresse installé dans un motel, fondé des années plus tôt par sa mère. Victimes de violence conjugale, d’addictions diverses, filles-mères, toutes s’y sentent en sécurité, protégées par le nom et la réputation des McKenna.

Mais le jour où une des pensionnaires du Ruby disparaît, Harley, en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, décide de faire les choses à sa manière, même si elle doit, pour cela, quitter le chemin qu’on a tracé pour elle.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Sonatine pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Californie, North County. Une lutte de territoire fait rage. Harley, jeune femme de vingt-deux ans va se battre pour la terre qui lui revient de droit. À huit ans, elle assiste à la mort violente de sa mère et voit son père, grand baron de la drogue, tuer un homme pour se venger. Dès lors, c’est avec la peur au ventre qu’il élèvera sa fille Harley. Il lui enseignera à se défendre, à se battre, tout ce qui lui permettra un jour de reprendre ce qui lui revient de droit : ses terres, le foyer pour femmes en détresse créé par sa mère et les affaires de son père.

Voilà un résumé qui n’est en réalité qu’une esquisse d’une intrigue complexe, rondement menée, et aux multiples rebondissements. C’est pourquoi j’ai choisi de ne pas en dire plus, pour vous laisser découvrir au fur et à mesure ce thriller dense et parfaitement maîtrisé. Vous l’aurez compris, pour ma part, cette lecture s’est avéré être une totale réussite.

S’il est vrai que le nombre de pages peut de prime abord faire peur, celle-ci s’est vite estompée et je n’ai pas vu défiler les presque 600 pages de ce thriller. L’auteure a créé un postulat de départ qui m’a conquise. Le fait de créer un personnage féminin complexe et très bien dépeint, évoluant dans un monde d’hommes, fait de brutalité, a été une excellente idée.

Toute l’histoire sera narrée par Harley, et l’auteure va alterner les chapitres entre le présent et cette lutte acharnée de territoire, avec les épisodes du passé, pour ainsi comprendre les éléments qui ont construit Harley. Ce schéma narratif est tout simplement maîtrisé à la perfection. Je ne m’y suis jamais perdue, les indications temporelles sont très bien respectées. S’il est vrai que j’ai eu tendance à préférer les chapitres narrant le passé d’Harley, je ne me suis pas moins laissée entraîner dans ses aventures présentes.

Je suis passée par beaucoup d’émotions dans ce thriller. Malgré un rythme qui ne laisse pas de répit au lecteur, il y a des scènes bouleversantes à plusieurs reprises. La relation entre Harley et son père est très bien décrite, avec toute sa complexité. L’auteure a su creuser ses personnages. Pas de superficialité ici, bien au contraire. L’un des éléments de la fin m’a laissé un goût amer, et je ne m’y attendais pas du tout, j’ai été totalement surprise et bouleversée.

La plume est entraînante et ce thriller file à toute vitesse. C’est bien écrit, je n’ai jamais ressenti de longueurs. J’ai été totalement happée dès le départ, et l’auteure a su me faire rentrer dans son histoire pour ne plus avoir envie d’en sortir jusqu’au dénouement.

Un personnage principal complexe, une intrigue qui ne laisse aucun répit à son lecteur, beaucoup d’émotions : ce sont les ingrédients principaux de cette petite pépite littéraire. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le joueur et son ombre – Rentrée littéraire

Le joueur et son ombre de Brice Matthieussent

  • Auteur : Brice Matthieussent
  • Titre : Le joueur et son ombre
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Phébus
  • Nombre de pages : 221
  • Parution : 15 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« J’ai perdu à la loyale, sans avoir recours au moindre stratagème douteux ni à la moindre tricherie. Après le dernier point du second set, une ivresse sans précédent m’a submergé, plus grisante que celle de mes nuits ; […] j’ai lâché ma raquette, je me suis laissé tomber à genoux, pris la tête entre les mains sans arriver à y croire, puis j’ai embrassé les fissures de ce court bosselé où, en perdant mon dernier match, je venais de gagner un avenir radieux. J’avais les larmes aux yeux quand je me suis relevé pour rejoindre le Nippon décontenancé près du filet. Il a dû attribuer mes pleurs à la déception, à l’humiliation […]. Mais en même temps que les larmes ruisselaient sur mes joues, j’arborais un sourire éclatant […]. J’étais aux anges. »

En suivant un joueur de tennis prodige, Brice Matthieussent nous offre un roman sur nos pulsions et notre désir de chute.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Phébus pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Chris, grand joueur de tennis à l’ascension fulgurante mais à la chute tout aussi remarquable. En effet, Chris atteint très tôt des sommets d’excellence dans son sport et grimpe au classement de manière notable en peu de temps. Pourtant, la machine bien huilée va s’enrayer et la déchéance de Chris au tennis sera immense. Comment en est-il arrivé là ?

Justement, c’est ce qui me dérange dans ce court roman. Je n’ai pas vraiment eu d’explication au changement radical de Chris. Le postulat de départ est excellent. Brice Matthieussent va nous narrer les aventures tennistiques de son protagoniste, tout en gardant à portée de vue l’envers de la médaille. Tout n’est pas rose pour Chris et la chute n’en est que plus douloureuse. Le changement de comportement de Chris arrive trop subitement et je ne l’ai pas toujours compris. J’aurais aimé plus de profondeur, plus de relief.

Je n’ai pas vraiment accroché avec Chris. Je l’ai trouvé souvent arrogant et quelque peu prétentieux. Le choix de narration à la première page devrait en principe permette au lecteur de s’identifier au maximum au personnage et je dois dire que pour ma part, cela n’a pas fonctionné. J’ai lu ce récit assez détachée, je n’ai pas vraiment ressenti d’émotions, et cela m’a dérangée.

La plume de l’auteur est fluide et entraînante, même si par moments, j’ai trouvé certaines phrases un peu trop longues. Malgré tout, le récit reste agréable à lire

Un roman en demi-teinte pour ma part. Je l’ai trouvé très original, mais trop statique parfois, et surtout il m’a manqué un personnage principal plus sympathique.

Ma note : 14/20

Contemporain

Les grands cerfs – Rentrée littéraire

Les grands cerfs de Claudie Hunzinger

  • Auteur : Claudie Hunzinger
  • Titre : Les grands cerfs
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 192
  • Parution : 28 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Pamina, habite en montagne avec son compagnon Nils. Elle se sait entourée par un clan de cerfs qui lui sont restés invisibles et mystérieux jusqu’à ce que Léo, un photographe animalier, construise dans les parages une cabane d’affût et qu’il lui propose de guetter avec lui. Tandis qu’elle observe et s’initie à la vie du clan, affrontant la neige, le givre, la grêle, avec pour équipement un filet de camouflage, une paire de jumelles et des carnets, elle raconte sa peur de la nuit, les futaies sous la lune, la magie de l’inconnu, le plaisir infini à guetter, incognito, l’apparition des cerfs, à les observer, à les distinguer et à les nommer : Apollon, Géronimo, Merlin… Mais au cours de ces séances de guet, elle va découvrir un monde plus cruel que celui du règne animal, celui des hommes, car un massacre se fomente…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Pamina, qui habite en montagne avec son compagnon Nils. Très vite, elle va se prendre d’une passion pour les cerfs qui côtoient son environnement, et n’aura de cesser de tenter de les apercevoir avec l’aide de Léo, un photographe animalier.

Ce roman sera malheureusement pour ma part une énorme déception. Je ne m’attendais pas du tout à cela. J’avais en vue une grande évasion dans la nature et ce ne fut pas vraiment le cas. Au contraire, c’est un véritable huis-clos que nous propose l’auteure et j’ai eu l’impression de tourner en rond pendant trop de pages dans ce roman.

Pamina se prend d’une véritable obsession quant au fait d’apercevoir les cerfs, et tout du long, le lecteur a droit à maintes descriptions des moyens utilisés pour y arriver. J’avoue que je me suis ennuyée. C’est très contemplatif mais j’ai eu une impression de répétition dans le scénario au début de plusieurs chapitres, une réelle impression de statisme. J’ai peiné à m’intéresser au quotidien de cette héroïne qui n’aura pas su me donner l’envie de m’intéresser de plus près à sa passion.

L’écriture est très belle et c’est vraiment le point fort du roman. Le tout est très poétique, les mots sont choisis avec soin et délicatesse. C’est réellement le fond qui m’a posé souci, ne réussissant pas à m’impliquer dans ce que je lisais.

Un roman qui se révèle être donc une déception, tant j’en attendais autre chose. Je suis restée hermétique à cette histoire, ayant ressenti trop souvent de l’ennui. La magnifique plume de l’auteure vient relever ce roman pour lequel j’ai l’impression d’être totalement passée à côté.

Ma note : 12/20

Contemporain

Mangoustan – Rentrée littéraire

Mangoustan de Rocco Giudice

  • Auteur : Rocco Giudice
  • Titre : Mangoustan
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Allary
  • Nombre de pages : 192
  • Parution : 22 août 2019

Résumé

Après trente ans de vie commune, Laure est larguée par son mari, parti avec une employée de maison.

Ukrainienne ambitieuse, Irina est l’épouse d’un Genevois de bonne famille, qui ne manque pas une occasion de lui faire sentir sa basse extraction.

Ex mannequin slovène, Melania a épousé un Priape à la crinière de feu et se retrouve First Lady contre son gré.

Quels liens unissent ces trois femmes qui ne se connaissent pas ?

Des maris dominateurs et la volonté de s’émanciper ? Sans doute. Mais aussi un typhon répondant au doux nom de Mangoustan.

Il s’apprête à balayer Hong Kong le week-end où chacune d’elle est venue s’y ressourcer.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Allary pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous allons suivre ici le chemin de trois femmes qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. Il y a donc Laure, qui après trente ans de mariage, se retrouve seule, puisque son mari la quitte pour leur employée de maison. Elle va donc devoir apprendre à se reconstruire. Ensuite, il y a Irina, jeune femme ukrainienne et en couple avec un Genevois, qui n’a de cesse de la rabaisser continuellement. Pour finir, il y a Melania, la femme du président des États-Unis, Trump. Rien ne les réunit et pourtant… le typhon Mangoustan va s’avérer être leur élément pour une rencontre.

J’avoue être ressortie un peu déçue à la suite de cette lecture. Lorsque j’ai vu le résumé et la belle couverture, j’ai totalement craqué. J’ai d’emblée voulu lire ce court roman, et donc ma déception peut venir de là, puisque j’en attendais probablement trop.

Pourtant, le postulat de départ m’a bien plu. Ces trois femmes fortes qui tentent de s’éloigner du joug de leur compagnon m’a paru un bon élément de départ. J’ai l’impression que l’auteur a mal exploité une excellente idée. Il m’a manqué de l’émotion. Tout au long de ma lecture, j’avais une certaine distance par rapport à ce que je lisais. Je n’ai jamais réussi à m’attacher à ces femmes.

Il manque beaucoup de profondeur aux personnages féminins. Je ne les ai pas toujours trouvés très nuancés. Il y avait matière à mieux faire, à mieux brosser ces personnages, et leur donner davantage de relief. Je suis beaucoup trop restée en retrait pendant ce roman. Peut-être aurait-il fallu quelques pages en plus pour mieux faire rentrer son lecteur dans l’histoire.

La plume est plaisante et je garde en tête qu’il s’agit d’un premier roman. Il y a un réel potentiel, mais il manque un peu d’affinage pour réussir à faire passer des émotions. Malgré tout, le roman se lit facilement et avec curiosité.

Malgré une lecture en demi-teinte, il faut reconnaître que l’histoire est originale à bien des égards. J’en attendais simplement davantage.

Ma note : 14/20

Contemporain

Pourquoi tu danses quand tu marches ? – Rentrée littéraire

  • Auteur : Abdourahman A. Waberi
  • Titre : Pourquoi tu danses quand tu marches ?
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 250
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Un matin, sur le chemin de l’école maternelle, à Paris, une petite fille interroge son père : « Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ». La question est innocente et grave. Pourquoi son père boite-t-il, pourquoi ne fait-il pas de vélo, de trottinette… ? Le père ne peut pas se dérober. Il faut raconter ce qui est arrivé à sa jambe, réveiller les souvenirs, retourner à Djibouti, au quartier du Château d’eau, au pays de l’enfance. Dans ce pays de lumière et de poussière, où la maladie, les fièvres d’abord puis cette jambe qui ne voulait plus tenir, l’ont rendu différent, unique. Il était le « gringalet » et « l’avorton » mais aussi le meilleur élève de l’école, le préféré de Madame Annick, son institutrice venue de France, un lecteur insatiable, le roi des dissertations.
Abdourahman Waberi se souvient du désert mouvant de Djibouti, de la mer Rouge, de la plage de la Siesta, des maisons en tôles d’aluminium de son quartier, de sa solitude immense et des figures qui l’ont marqué à jamais : Papa-la-Tige qui vendait des bibelots aux touristes, sa mère Zahra, tremblante, dure, silencieuse, sa grand-mère surnommée Cochise en hommage au chef indien parce qu’elle régnait sur la famille, la bonne Ladane, dont il était amoureux en secret. Il raconte le drame, ce moment qui a tout bouleversé, le combat qu’il a engagé ensuite et qui a fait de lui un homme qui sait le prix de la poésie, du silence, de la liberté, un homme qui danse toujours.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Béa, petite fille espiègle, qui un jour, sur le chemin de l’école, demande innocemment à son père : « Dis, papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ». Cette simple question va éveiller chez Aden, le père, une multitude de souvenirs sur son enfance à Djibouti et il va les raconter à sa fille pour tout lui expliquer.

Autant le dire tout de suite, ce roman est un véritable coup de cœur. J’ai été conquise de la première à la dernière ligne. Que d’émotions dans ce magnifique récit. Toute l’histoire est racontée par Aden, le narrateur et le père de Béa, qui va faire appel à ses souvenirs d’enfance, dont certains sont très douloureux. J’ai été séduite par ce récit intimiste.

J’ai adoré me promener à Djibouti auprès du narrateur de ce récit. Aden est un personnage touchant, nuancé, et même par moments bouleversant. Il va narrer à sa fille les problèmes de santé et la maladie qui l’on mené à marcher de manière chaloupée. Il va narrer toute son enfance au sein de sa famille, toutes les difficultés qu’il a pu rencontrer tout au long de sa scolarité, puisqu’il a été maintes fois raillé par ses camarades à cause de ses problèmes, et finalement la renaissance qui arrive, grâce à la littérature et aux études. C’est raconté avec énormément de pudeur, sans jamais tomber dans le pathos. C’est émouvant. Ce sont les mots d’un père pour expliquer à sa petite fille ce qu’il a vécu, et c’est fort et bouleversant à bien des égards.

La plume est délicate, en adéquation parfaite avec le contexte, puisque le texte s’adresse avant tout à la fille d’Aden. L’écriture est emplie de douceur et de sensibilité. Il est vrai que parfois, j’aurais aimé avoir plus de détails sur Djibouti, une plus grande immersion, mais cela n’a en rien gâché les émotions que j’ai ressenti tout au long de ma lecture.

Ce récit délicat, empli de douceur et bouleversant m’a enchantée du début à la fin. Une histoire racontée par un père à sa fille, avec toute la pudeur possible et des mots choisis avec soin. Vous l’aurez compris, je vous conseille de découvrir cette petite pépite à laquelle je vais souvent repenser.

Ma note : 19/20

Contemporain

J’ai des idées pour détruire ton ego

J’ai des idées pour détruire ton ego d’Albane Linÿer

  • Auteur : Albane Linÿer
  • Titre : J’ai des idées pour détruire ton ego
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : NiL
  • Nombre de pages : 324
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est : ici

Résumé

Léonie, 27 ans, a le flegme pragmatique. Elle travaille chez McDo pendant la journée, garde la petite Eulalie le soir et se laisse porter par la vie. C’est souvent l’image d’Angela qui lui vient quand elle ferme les yeux et se laisse aller à une douce rêverie ou à des fantasmes plus crus – car Léonie a souvent la dalle. Le jour où elle se retrouve avec Eulalie sur les bras, elle met les voiles, direction le sud de la France où, croit-elle, Angela, se languit depuis dix ans…
Avec J’ai des idées pour détruire ton ego, Albane Linÿer nous offre un premier roman troublant sur le désir et ses limites. Quand la colère et la vengeance se substituent à l’amour, ne restent plus que les idées pour détruire l’ego de l’autre et la fuite en avant pour oublier.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Léonie, jeune femme blasée, qui se laisse porter sans se poser trop de questions. Elle travaille au McDo la journée, et pendant la soirée, elle fait du baby-sitting auprès d’Eulalie. Angela, son amour de jeunesse, ne quitte pas ses pensées. Cela va faire dix ans qu’elles ne se sont pas revues et elles s’étaient faites une promesse qu’il est maintenant temps d’honorer.

L’auteure nous livre ici un récit fort, sur le désir sous toutes ses formes et ses ravages. Au travers du portrait de plusieurs femmes, elle dissèque les émotions et les livre au lecteur dans sa version la plus brute. J’ai beaucoup aimé ce roman, que j’ai trouvé très original, prenant et fort.

Pourtant, au début, j’étais très dubitative. Je ne comprenais pas où l’auteure voulait en venir, et où elle voulait m’emmener. Le tout reste très flou durant les premières pages. Mais une fois le décor planté, les personnages intégrés, il m’a été très compliqué de lâcher ce roman. J’ai été totalement prise dans ce récit.

Le schéma narratif est très intéressant, puisque l’auteure alterne le point de vue de chaque personnage au fil de courts chapitres très rythmés. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant.

L’intrigue est forte et parfois bouleversante à bien des égards. Les personnages sont très travaillés, bien nuancés. La plume est addictive. Pour ma part, c’est un excellent moment de lecture.

Au travers du portrait de femmes fortes, l’auteure a su tisser une intrigue très forte, et emplie d’originalité. Il s’agit du premier roman d’Albane Linÿer et c’est une véritable réussite.

Ma note : 17/20

Non classé

Civilizations

Civilizations de Laurent Binet

  • Auteur : Laurent Binet
  • Titre : Civilizations
  • Genre : Historique
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 384
  • Parution : 14 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est : ici

Résumé

Vers l’an mille : la fille d’Erik le Rouge met cap au sud.
1492 : Colomb ne découvre pas l’Amérique.
1531 : les Incas envahissent l’Europe.

À quelles conditions ce qui a été aurait-il pu ne pas être ?
Il a manqué trois choses aux Indiens pour résister aux conquistadors. Donnez-leur le cheval, le fer, les anticorps, et toute l’histoire du monde est à refaire.

Civilizations est le roman de cette hypothèse : Atahualpa débarque dans l’Europe de Charles Quint. Pour y trouver quoi ?
L’Inquisition espagnole, la Réforme de Luther, le capitalisme naissant. Le prodige de l’imprimerie, et ses feuilles qui parlent. Des monarchies exténuées par leurs guerres sans fin, sous la menace constante des Turcs. Une mer infestée de pirates. Un continent déchiré par les querelles religieuses et dynastiques.
Mais surtout, des populations brimées, affamées, au bord du soulèvement, juifs de Tolède, maures de Grenade, paysans allemands : des alliés.
De Cuzco à Aix-la-Chapelle, et jusqu’à la bataille de Lépante, voici le récit de la mondialisation renversée, telle qu’au fond, il s’en fallut d’un rien pour qu’elle l’emporte, et devienne réalité.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’une uchronie. En effet, en partant de faits historiques réels, l’auteur va réécrire un pan de l’Histoire. En l’occurrence, il va revisiter l’histoire de Christophe Colomb et de sa conquête des Amériques. Que se serait-il passé si en fait, c’était les Incas qui avaient envahi l’Europe ?

Sous un postulat de départ des plus intéressants, Laurent Binet va dérouler son intrigue et mettre à mal les fait historiques. Tout débute donc à partir de suppositions et le talent de Binet va nous plonger dans une version revisitée de l’Histoire.

Le récit se déroule en quatre parties. La première va nous narrer les aventures de la fille d’Erik le Rouge. Cette partie est assez courte et constitue le prélude. La deuxième va nous narrer les aventures de Christophe Colomb, sous forme de journal de bord et totalement aux antipodes de ce que l’on sait réellement. Cette partie est très réussie à mon sens, je n’y ai ressenti aucun ennui. La troisième sera dédiée à Atahualpa. C’est la plus longue et la majeure partie du récit. Si elle reste passionnante, j’y ai parfois décelé quelques longueurs. La dernière sera consacrée à Cervantes, qui sera fait prisonnier. Cette partie n’était pas forcément nécessaire au récit, n’apportant rien de plus, mais elle reste intéressante à suivre.

J’ai trouvé cette uchronie particulièrement réussie. Pour réécrire l’Histoire, il faut connaître son sujet avant tout. J’ai senti le travail de recherche de Laurent Binet tout au long des pages. Il a du faire un grand travail de recherche en amont, et cela se ressent et est remarquable.

J’ai parfois reproché le manque du côté romancé. J’avais la sensation parfois de lire une série de faits historiques revisités à la suite, comme si cela ressemblait davantage à un essai qu’à un roman historique. Malgré tout, la lecture est restée fluide, l’auteur ayant eu la bonne idée de couper les grosses parties en petits chapitres. Le style est très plaisant.

Il faut bien évidemment, de préférence, s’intéresser à cette période historique, pour être en mesure d’aimer ce roman. Une uchronie très réussie et à découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Un petit coup de jeune

Un petit coup de jeune de Thierry Bizot


  • Auteur : Thierry Bizot
  • Titre : Un petit coup de jeune
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Le Seuil
  • Nombre de pages : 416
  • Parution : 2 mai 2019

Résumé

Éric Sadge se réveille un jour dans un lit d’hôpital, après un léger accident de voiture dont il ne se souvient pas.

Un médecin lui annonce qu’il n’a pas trente-cinq ans comme il semble le penser, mais cinquante et un ans, et que nous sommes en 2017, pas du tout en 2001… Éric Sadge apprend alors qu’il souffre d’une amnésie qui lui a fait oublier les seize dernières années de sa vie.

Il va découvrir avec stupeur que son fils est devenu un jeune homme de vingt-trois ans, que pendant ces seize années qui se sont effacées de sa mémoire il a quitté sa femme pour une autre, que son père est mort en lui laissant un drôle de secret, et que sa carrière a pris un tour spectaculaire…

Outre tous les changements les plus récents de notre époque qui l’étonnent et le laissent désemparé, Éric Sadge va s’apercevoir qu’il n’est pas l’homme qu’il croyait être : derrière le personnage bien sous tous rapports se cache peut-être un meurtrier…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Le seuil pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Éric, qui subit un accident de voiture dont les conséquences sont désastreuses pour sa mémoire. En effet, il est atteint d’une amnésie très particulière, puisqu’il a oublié seize ans de sa vie. Alors qu’il est resté bloqué en 2001 dans sa tête et à l’âge de trente-cinq ans, il va comprendre qu’en fait, il est en 2017, et donc âgé de cinquante et un ans.

Voilà un postulat de départ des plus originaux. Certes, la thématique de la mémoire et de ses troubles a été abordée très souvent et revisitée sous beaucoup de formes dans les romans. Pourtant, cette version m’a semblé être un peu plus innovante et j’ai été séduite par cette quatrième de couverture des plus intrigantes. J’ai eu raison, puisque j’ai totalement accroché à ce roman.

Ce récit se convertit rapidement en une espèce de recherche de soi-même de la part du protagoniste, Éric. Effectivement, il va devoir peu à peu se réadapter et réapprendre tout ce qu’il avait oublié. Tout cela lui réserve des surprises dans son quotidien, puisque pendant ces seize années, beaucoup de chamboulements se sont produits dans sa vie privée et professionnelle. Cela donne parfois des situations très cocasses et des quiproquos. En effet, Éric va se retrouver totalement perdu dans les nouvelles technologies qui ont fait leur apparition, par exemple.

J’ai trouvé le personnage d’Éric vraiment touchant dans la quête de son passé et dans tous les efforts qu’il effectue pour se réintégrer au sein d’une société qui ne l’a pas attendu pour évoluer. Il pourra compter sur l’aide de son fils, qui est maintenant un jeune homme, pour lui expliquer les technologies. J’ai beaucoup aimé ces deux personnages, que j’ai trouvé très touchants, tant le père que le fils, Nicolas.

Il faut tout de même mentionner que Thierry Bizot, en plus de nous faire passer un excellent moment de lecture, nous livre une véritable réflexion sur l’importance des souvenirs dont tout le monde a besoin pour pouvoir mieux avancer.

La plume est très fluide, les pages défilent sans même s’en rendre compte. Chaque chapitre débute par une indication temporelle pour ne pas perdre le lecteur. Le seul petit bémol, ce sont d’éventuelles longueurs et le côté parfois un peu répétitif de l’intrigue, mais cela n’émaille en rien le plaisir de ma lecture.

Un roman sur l’importance des souvenirs, un personnage principal attachant et une plume fluide sont les éléments qui constituent ce roman, idéal pour passer un très bon moment de lecture.

Ma note : 17/20

Contemporain

L’absence de ciel – Rentrée littéraire

L’absence de ciel d’Adrien Blouët

  • Auteur : Adrien Blouët
  • Titre : L’absence de ciel
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Noir sur Blanc
  • Nombre de pages : 174
  • Parution : 15 août 2019

Résumé

Adrien Blouët nous embarque dans un récit où son héros, Hennes Van Veldes, est un jeune étudiant en cinéma à Berlin, vaguement artiste-vidéaste. Pour trouver de l’argent autant que pour donner un sens à une vie post-étudiante désœuvrée, il se présente comme « documentariste free-lance ». C’est à ce titre qu’un vieil écrivain, Cornelius Düler, le contacte et lui demande de réaliser un film sur Wolfgang Laib, un artiste du sud de l’Allemagne.

Cet étrange commanditaire veut ce film pour lui seul. Il finance le jeune Hennes, qui part en auberge de jeunesse avec sa caméra pour trouver des traces de Laib, lequel demeure invisible. Après des jours à errer, traîner et filmer autour de la maison désertée, à scruter les plus infimes inflexions de signe de vie, Hennes est moins troublé par le jeu des révélations que par l’isolement menaçant du lieu.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Noir sur Blanc pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nous sommes ici avec Hennes, fraîchement diplômé, qui doit trouver un travail. Il décide alors de passer une annonce, en tant que documentariste free-lance. Il va alors se faire contacter par un vieil écrivain, Cornelius Düler, qui lui demandera, et cela sous des conditions particulières, d’effectuer un film au sujet d’un artiste tombé dans l’oubli, Wolfgang Laib.

J’avoue être ressortie très mitigée de ma lecture et je ne m’attendais pas vraiment à cela. Le postulat de départ me plaisait énormément, je voulais vraiment en savoir plus, notamment pour quelle raison Düler ne veut le reportage réalisé par Hennes que pour lui seul. C’est donc très intriguée que j’ai commencé ce court roman, et finalement, je n’ai pas trouvé ce que j’en attendais.

Effectivement, l’auteur est parti dans une toute autre direction. Je dirai que cette histoire de film à réaliser n’est qu’un prétexte pour partir sur une réflexion liée à la solitude. En effet, ce roman propose une approche intéressante à ce niveau, puisque peu à peu, Hennes va vivre en retrait de la société, lors de son expédition. Même si c’est très bien décrit et bien mené, j’avoue m’être ennuyée quelque peu. Le tout reste très contemplatif et il ne se passe pas grand chose.

Là où j’ai été surprise, c’est lorsque l’auteur a fini par aborder son intrigue sous un côté thriller. Je ne m’y attendais pas, et j’ai vraiment apprécié, ayant l’impression que cela devenait plus dynamique. Malheureusement, j’ai rapidement été déçue, n’ayant eu aucune réponse à mes interrogations et à la part du mystère instaurée par l’auteur. Je suis donc très perplexe.

L’écriture est très belle. Pourtant, j’ai eu un peu d’appréhension au départ. En effet, ici, aucun dialogue, de longues phrases et pas de chapitres sont les éléments qui composent l’intrigue. Pourtant, je dois m’avouer conquise par la plume de l’auteur.

Un roman qui me laisse donc perplexe, ne sachant pas trop où a voulu m’emmener l’auteur, mais qui reste une découverte intéressante, de par la belle plume et les réflexions interessante qui y parsèment le récit.

Ma note : 14/20