Contemporain

Les liens

Les liens de Domenico Starnone

  • Auteur : Domenico Starnone
  • Titre : Les liens
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 180
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Comme beaucoup de mariages, celui de Vanda et d’Aldo a essuyé le feu des épreuves, l’usure, le poids de la routine. Et pourtant, il en est sorti intact. Du moins au premier regard. La faille au sein de leur couple, la trahison d’Aldo, remonte à un passé lointain. À y regarder de plus près, les fissures et les morceaux recollés sautent aux yeux. C’est un vase craquelé qui peut se briser au moindre contact. Peut-être a-t-il même déjà éclaté, même si nul ne veut l’admettre.
À travers un récit subtil et tranchant, Domenico Starnone nous fait pénétrer dans l’intimité d’une famille napolitaine saisie à différentes époques – l’histoire d’une fuite, d’un retour, d’une débâcle qui lie ensemble chacun de ses membres et les précipite dans un redoutable carnage domestique.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Aldo et Vanda sont un couple de septuagénaires unis par les liens du mariage depuis de nombreuses années. Pourtant, les épreuves se sont succédées. En effet, lorsqu’ils étaient trentenaires, Aldo décide de rompre ce lien, et part vivre avec son amante, Lidia. C’est ainsi que non seulement le lien du mariage sera mis en cause, mais également le lien filial qu’Aldo entretient avec ses deux enfants, Sandro et Anna.

Je trouve que ce roman vaut vraiment le détour et c’est avec grand plaisir que je l’ai découvert. Il y reflète bien plus de profondeur qu’il ne peut sembler de premier abord. L’auteur aborde finalement des thématiques simples, mais les décortique avec beaucoup d’acuité et de justesse.

J’ai fortement apprécié la valse narrative que nous propose l’auteur. Si au début, le lecteur retrouve Vanda qui apprend tout juste qu’elle est trompée, c’est ensuite à Aldo que la parole est donnée dans une deuxième partie de roman où l’on apprend les tenants et aboutissants de cette histoire. Dans la troisième partie, la parole sera aussi donnée aux enfants qui sont maintenant adultes. J’apprécie tout particulièrement les romans à la narration chorale, mais ici, en plus ce sont toutes les années de mariage du couple principal qui seront relatées.

Je ressors conquise de ce court récit qui est finalement très psychologique. Le personnage de Vanda est remarquablement construit et je n’ai pu m’empêcher de ressentir une grande empathie pour elle et face aux événements qu’elle a dû endurer. Le lecteur assiste à un couple aux proies de sentiments très contradictoires et à une possible reconstruction. C’est très intimiste et j’ai pu suivre les cheminements psychologues de tout un chacun dans cette histoire.

La plume est d’une grande fluidité. Je me suis laissée porter par les phrases et même si le sujet se veut lourd, l’auteur garde cette petite pointe de légèreté dans la narration pour que cela ne soit pas trop éprouvant à lire. J’ai également apprécié que la parole soit donnée aux enfants du couple.

L’auteur nous livre une véritable introspection d’un couple à la dérive mais qui pourtant a su se reconstruire. C’est sobre, cela sonne juste et les mots sont choisis avec soin. J’ai été conquise par la légèreté de la plume. C’est une véritable réussite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Les Ribkins, héros de père en fils

Les Ribkins, héros de père en fils de Ladee Hubbard

  • Auteur : Ladee Hubbard
  • Titre : Les Ribkins, héros de père en fils
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 6 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

À 72 ans, Johnny Ribkins aspire à une retraite tranquille. Mais le voici sommé de rembourser ses dettes à un usurier pressant. Une semaine pour trouver 100 000 dollars ! Pas le choix, Johnny va devoir faire le tour de toutes ses cachettes pour déterrer billets et bijoux mis à l’abri des années auparavant.
Comme si la mission n’était pas assez délicate, sa route croise bientôt celle de Meredith, une nièce dont il ignorait l’existence. Et cette adolescente un peu perdue et particulièrement butée veut tout savoir de sa famille.
Qui sont les Ribkins ? Escrocs ou héros ? Gangsters à la petite semaine ? Militants politiques acharnés ? Un peu tout à la fois ?

Au cours de ce road trip effréné à travers la Floride, le vieil homme et la jeune fille vont nouer une amitié inattendue qui pourrait bien éclairer d’un jour nouveau l’histoire de cette famille extraordinaire.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Chez les Ribkins, on détient un talent unique de père en fils. Ainsi, Johnny Ribkins, 72 ans, sait dessiner des plans comme nul autre. Un talent non négligeable, puisque cela lui a permit d’effectuer des cambriolages avec son demi-frère. Maintenant il se retrouve dans une situation compromettante, puisqu’il doit de l’argent à Melvin, son nouvel associé dans ses affaires frauduleuses. Il va donc partir à la recherche de butins qu’il a caché à plusieurs endroits. C’est alors qu’il va tomber sur la fille de son demi-frère décédé. Il ignorait tout d’Eloise, et cette dernière veut en savoir plus sur son père et ses origines. La mère d’Eloise va donc confier l’adolescente à Johnny et un road-trip unique va débuter.

J’ai fortement apprécié cette lecture qui a toutes les allures du roman initiatique. J’ai fait quelques lecture avec ce point d’orgue dernièrement, et je dois dire que celui-ci est particulièrement réussi, notamment de par le duo constitué par l’oncle et la nièce, qui donne souvent droit à des situations cocasses, mais également à des scènes profondes et émouvantes.

Si le point de départ de ce voyage consiste pour Johnny à retrouver son argent afin de payer sa dette, cela va vite se convertir en une histoire de recherche de soi, de ses origines, et de résilience. Ce road-trip va permettre à Johnny de se réconcilier avec les siens tout au fil des rencontres, et à la jeune adolescente de découvrir ses racines dont elle ignore tant.

La famille Ribkins est des plus originale. J’ai beaucoup aimé le ton de l’auteure qui se veut tour à tour humoristique et profond. Malgré la teneur cocasse de certaines scènes, cela reste sérieux et prête à réfléchir. C’est un véritable mélange des genres que réussit Ladee.

La plume est entraînante. Je n’ai pas vu défiler les pages et je l’ai trouvée très addictive et fluide. Le roman est divisé en chapitres qui correspondent en fait aux jours de la semaine pendant lesquels notre duo va effectuer son voyage.

Un roman cocasse, émouvant et très profond. L’auteure a été très originale, notamment de par le duo improbable qu’elle nous propose et qui va nous entraîner dans leurs aventures. C’est une très belle découverte littéraire que je recommande.

Ma note : 17/20

Romance

L’académie des femmes parfaites

L’académie des femmes parfaites de Helly Acton

  • Auteur : Helly Acton
  • Titre : L’académie des femmes parfaites
  • Genre : Romance
  • Éditions : Collections &H
  • Nombre de pages : 450
  • Parution : 15 avril 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Six femmes enfermées pendant quatre semaines et filmées 24h/24h. Une seule gagnante: celle qui prouvera qu’elle est la petite amie idéale.

Amy Wright, trente-deux ans, est persuadée que ce soir, son petit ami va enfin lui poser LA question qu’elle attend impatiemment. Après tout, ils sont ensemble depuis deux ans et il lui a dit qu’il lui réservait une surprise… Mais le rêve tourne au cauchemar lorsqu’elle retire le bandeau de ses yeux. Devant elle, un écran qui diffuse une vidéo de son petit ami dans laquelle il la largue brutalement. Derrière elle, une caméra qui filme toute la scène et la diffuse devant des millions de téléspectateurs. Car Amy fait désormais partie d’une nouvelle émission de téléréalité dont le but est de couronner la meilleure petite amie potentielle. Enfermée pendant quatre semaines avec cinq autres candidates, elle va devoir réussir les épreuves et prouver…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Collections &H pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Amy et Jamie sont en couple depuis deux ans. C’est pourquoi lorsque la jeune femme sent chez Jamie un comportement étrange, elle en est convaincue, il va tout simplement la demander en mariage. Jamie l’emmène alors dans un endroit spécial pour lui faire sa demande. Pourtant, Amy va se retrouver dans une maison, bloquée, et filmée par une multitude de caméras. Jamie va apparaître à l’écran et quitter la quitter. C’est le choc pour la jeune femme. Elle apprend alors que Jamie a tout manigancé. Il l’a inscrite dans un nouveau concept de télé-réalité, nommé Les Oubliées de l’Amour. Elle va devoir y participer avec cinq autres jeunes femmes, et postuler au gain d’un million de livres, sous condition de prouver par le biais d’épreuves qu’elle est la petite amie idéale.

J’ai passé un excellent moment de lecture et pour ma part, c’est une totale réussite. C’est une véritable bouffée de bonne humeur et d’humour, surtout. Le postulat de départ m’a paru vraiment original et j’ai apprécié la manière dont l’auteure dénonce certains comportements masculins face à la perfection supposée dont doivent faire preuve les femmes.

J’avoue avoir pensé au début que les jeunes femmes allaient aller de coup bas en trahisons afin de remporter ce concours. Il n’en est rien et c’est donc une excellente surprise. Les six jeunes femmes vont se soutenir, s’écouter et créer un noyau fait d’amitié et de respect entre elles, ce qui leur permettra de faire front aux diverses épreuves proposées par les organisateurs.

Les personnages féminins sont toutes attachantes et je les ai particulièrement appréciées. Bien évidemment, le récit est surtout centré sur Amy mais les autres ne sont pas en reste, et Jackie, par exemple, est vraiment drôle. Elles se dévoilent toutes peu à peu, et grâce aux séances de thérapie qui font partie du concours, le lecteur découvre chez Amy une grande sensibilité et à quel point sa relation avec Jamie était loin d’être idyllique. Elle se dévoile par petites touches et je me suis énormément attachée à elle.

La plume de l’auteure est addictive. Les pages ont défilé et j’ai beaucoup aimé le découpage de chapitres, où l’auteure nous narre les semaines passées par les participantes dans la maison. J’y ai retrouvé tous les ingrédients propres aux comédies romantiques mais sans tomber dans le cliché, bien au contraire.

Un roman feel-good, au ton très humoristique où l’auteure aborde des thématiques importantes mais toujours sous une perspective humoristique. J’ai passé un excellent moment de lecture empli de tendresse, d’amitié, d’originalité et d’humour et je vous recommande ce livre sans hésiter.

Ma note : 18/20

Policier

La fille du troisième

La fille du troisième de Danièle Saint-Bois

  • Auteur : Danièle Saint-Bois
  • Titre : La fille du troisième
  • Genre : Policier
  • Éditions : Julliard
  • Nombre de pages : 270
  • Parution : 3 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une lieutenante de police doit toujours garder la tête froide et les idées claires ! Avant de résoudre les meurtres de vieilles dames qui mobilisent son équipe, Swany pourrait commencer par mettre un peu d’ordre dans sa vie : avouer à ses deux mères qu’elle est elle-même homosexuelle ; se pencher sur sa relation clandestine avec sa supérieure hiérarchique ; se tirer du bourbier dans lequel elle s’est fourrée en tombant amoureuse de  » la fille du troisième  » ; se méfier des séances de vaudou de sa voisine haïtienne, Bella. Alors, peut-être, enfin, percevrait-elle certains indices essentiels à l’élucidation de cette sombre affaire de tueurs en série…
Lesbiennes frondeuses, machos au grand coeur, spirites, Tontons macoutes et flics tout-terrain composent la galerie de personnages de ce polar jubilatoire qui fait la part belle aux femmes et dont l’intrigue tourne avec humour autour d’une cage d’escalier.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Julliard et l’auteure Danièle Saint-Bois pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Fête des voisins. Swany, jeune policière à la vie amoureuse totalement délitée, va faire la rencontre de la fille du troisième, Yaël. Sa voisine et grande amie Bella, une haïtienne, en est convaincue, les deux jeunes femmes sont faites pour être ensemble. Seulement voilà, Swany entretient déjà une relation sporadique et toxique avec Louise, sa supérieure au commissariat. Pendant ce temps, une série de meurtres va survenir et l’équipe de Swany aura beaucoup de mal à démêler tous ces mystères.

Avant toute chose, je me dois de vous préciser, et cela afin que ne sentiez pas de pointe de déception comme ce fut le cas pour ma part, que ce n’est pas un roman policier. La part enquête est très peu présente. J’ai donc été déroutée par ce roman totalement hybride, qui ne rentre finalement dans aucune case, et il faut bien avouer que finalement, c’est ce qui a fait tout son charme.

L’auteure va prendre le parti de plutôt nous décortiquer les sentiments amoureux qui étreignent la protagoniste. Swany est totalement perdue, elle va se laisser dévorer par une passion débordante. C’est vif, incisif, que ce soit dans les faits comme dans la plume. C’est un texte de toute beauté auquel m’a confrontée l’auteure.

J’ai totalement accroché au personnage de Swany, qui m’a bouleversée et réellement touchée. J’ai eu peur à maintes reprises pour elle, notamment à cause de Louise qui est toxique pour la jeune femme. Les personnages secondaires qui gravitent autour d’elle sont d’une originalité surprenante et tout aussi attachants. Danièle sort vraiment des sentiers battus avec ce récit pareil à nul autre.

La plume de l’auteure est de toute beauté. Je ne peux pas vous la décrire, mais elle est propre à Danièle. C’est une plume que l’on pourrait différencier des autres, et je peux vous dire que l’auteure a un style bien à elle. C’est saccadé, vif, puissant et beau. J’ai été déroutée, mais je me suis totalement laissée charmer. Après ma première déception quant à la petite place accordée à l’enquête, la beauté des mots est venue tout rattraper.

Un roman hybride et qui est très difficile à classer. Il ne faut pas le lire pour y découvrir une enquête prenante, mais plutôt pour la belle poésie des mots et de l’amour qui émane à toutes les pages. Un roman d’une grande originalité, servi par une plume qui m’a totalement conquise.

Ma note : 17/20

Romance

La crêperie des petits miracles

La crêperie des petits miracles d’Emily Blaine

  • Auteur : Emily Blaine
  • Titre : La crêperie des petits miracles
  • Genre : Romance
  • Éditions : Harlequin
  • Nombre de pages : 353
  • Parution : 1 avril 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Adèle a tout quitté : Paris, le grand restaurant dans lequel elle travaillait, la pression constante des cuisines, la misogynie du chef qui la bridait chaque jour un peu plus. Pour échapper au burn out, elle s’est réfugiée chez une amie de sa grand-mère, à Saint-Malo. Dans la crêperie de Joséphine, elle reprend petit à petit ses marques, restant loin des cuisines mais s’occupant du service et des clients. Dans ce cocon gourmand et chaleureux, elle devient celle à qui l’on demande des conseils d’écriture pour un discours municipal, un dossier de candidature ou une lettre de réclamation. Alors, quand la crêperie est menacée de fermeture, Adèle est prête à tout pour empêcher que ce bastion d’humanité et de bienveillance ne disparaisse. À tout, y compris à convaincre Arnaud Langlois, puissant homme d’affaires fraîchement divorcé, de devenir son associé.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Harlequin pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Adèle est une jeune femme talentueuse qui détenait un poste à responsabilité dans un restaurant en région parisienne. Elle décide alors de tout quitter, suite à un burn-out. Elle va se ressourcer à Saint-Malo, dans la crêperie de Joséphine, où elle y retrouve un travail de serveuse. Pourtant, Joséphine va la bousculer lorsqu’elle lui pose un ultimatum. En effet, elle va obliger Adèle à reprendre la crêperie et travailler auprès d’un associé, Arnaud. La jeune femme va alors débuter une nouvelle aventure, elle qui voulait simplement se reconstruire.

Les romans d’Emily Blaine sont des véritables bonbons sucrés, offrant un moment d’évasion et de douceur. Je ressors totalement conquise par cette romance, même s’il faut dire qu’elle n’est pas forcément au premier plan. Au contraire, Emily va décider d’aborder une multitude d’autres thématiques.

Je me suis totalement attachée à Adèle, que j’ai trouvée forte et affirmée, avec beaucoup de répondant, malgré l’épreuve du burn-out à laquelle elle s’est vue confronter. Elle est en proie à beaucoup de remises en question, mais cela ne l’empêchera pas à aller de l’avant.

Et, bien évidemment, il y a une belle romance qui se profile tout au fil des pages. Celle-ci m’a particulièrement plu, de par la dualité entre les deux personnages. Emily prend le temps de bien poser les bases d’une histoire d’amour naissante et qui pourtant ne laisse pas présager de si beaux sentiments entre nos deux protagonistes. Effectivement, Adèle et Arnaud sont aux antipodes l’un de l’autre au niveau du caractère, et pourtant, ils sont irrémédiablement contraints de s’entendre afin de faire fonctionner la crêperie.

En filigrane, Emily nous présente le monde culinaire et j’ai trouvé que cela était un vrai plus dans cette romance. En bonus, et en fin d’ouvrage, l’auteure nous propose des recettes pour finir sur une véritable touche gourmande.

La plume est toujours aussi douce et fluide. Les chapitres défilent sans même s’en apercevoir. C’est le roman feel-good par excellence. Emily Blaine détient la recette unique et secrète qui amène au succès chacun de ses romans.

Un roman à déguster comme un bonbon, servi par des personnages touchants et attachants, une écriture emplie de douceur et en filigrane, le monde culinaire. Une totale réussite que je vous recommande.

Ma note : 18/20

Contemporain

La Soif des bêtes

La Soif des bêtes de Johann Guillaud-Bachet

  • Auteur : Johann Guillaud-Bachet
  • Titre : La Soif des bêtes
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ludo et David enchaînent les nuits à damer les pistes de ski pour un salaire de misère. Au cœur des montagnes qui les ont vus naître, le petit fûté et le géant naïf ont toujours veillé l’un sur l’autre.
Lorsque David trouve un corps dans les bois, à moitié dévoré, Ludo décide de le cacher pour leur éviter des ennuis.
Bientôt le géant prend l’habitude de se confier au cadavre, enfoui au fond de son étable sous une épaisse couche de glace.
Avec la sécheresse exceptionnelle qui sévit cet hiver-là, un mal étrange rode dans la forêt. Dans la commune, la colère gronde : quelle est cette rage qui transforme les animaux les plus paisibles en fauves ? Comment la station produit-elle encore de la neige artificielle alors que l’eau manque au robinet ?
Le géant le sent : un fil se tend qui enserre les bêtes et les hommes et leur fait perdre la tête.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Ludo et David sont dameurs dans une station de ski. Ils travaillent de manière acharnée pour un petit salaire. David est un géant un peu simplet et Ludo prend grand soin de ce dernier. Aussi, lorsque David découvre un cadavre dans la neige, Ludo n’hésite pas et va aider son ami à cacher le corps, même s’ils n’y sont pour rien. Ludo craint pour David, et préfère le préserver. Pendant ce temps, il survient des événements étranges dans cette localité montagnarde. Les températures augmentent, l’eau vient à manquer, les animaux se comportent de manière bizarre. Que se passe-t-il ?

Je ressors conquise de ce roman noir et puissant de par les thématiques abordées. L’auteur a su instaurer un huis-clos montagnard et c’est très réussi. J’ai senti une ambiance pesante à chaque page et peu à peu, Johann réussit à distiller un suspense bien présent tout au fil du récit.

L’auteur va au travers de son intrigue dénoncer certains abus saccageant la nature. C’est un roman noir, mais sous couvert d’une intrigue prenante, Johann en a également fait un roman engagé et il mettra bien en exergue le comportement scrupuleux de certains hommes afin d’arriver au pouvoir. C’est un véritable récit d’ambiance.

Le point fort de cette intrigue réside indubitablement dans cette belle amitié qui unit les deux protagonistes. Il y a une vraie dualité entre David et Ludo, et pourtant, ils sont très attachés l’un à l’autre et c’est vraiment beau. J’ai trouvé David particulièrement touchant, et je me suis énormément attachée à eux.

Au travers de ces lignes, Johann livre un véritable hommage à de belles valeurs, telles que la loyauté et l’amitié, le respect de la nature. Certes, le roman est très noir, malgré tout, il y a beaucoup de beauté dans les messages véhiculés par l’auteur.

La plume est très fluide et c’est très agréable à lire. Les chapitres sont assez longs, mais le récit étant très immersif, je n’ai pas vu défiler les pages. Je me suis laissée entraîner par cette histoire engagée et très bien narrée.

Un roman noir, en pleine montagne. L’auteur nous livre un récit profond, empli de belles valeurs, servi par deux personnages principaux touchants et sensibles. C’est une excellente découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Dans la rue de l’école

Dans la rue de l’école d’Anouk F.

  • Auteur : Anouk F.
  • Titre : Dans la rue de l’école
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Cherche Midi
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 13 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La rue de l’école, elle monte. Ou elle descend, c’est selon. En haut, les façades des immeubles sont un peu noires. Plus bas, les villas s’ouvrent sur des allées de graviers blancs. Ici, les habitants trimballent leur passé et bricolent leur présent. Au n° 7, Karine et son fils, Naël, essaient de repartir de zéro, ou plutôt de ne plus y rester. Juste au-dessous, Kamel apprend à être seul avec ses filles, Siryne et Nour. Au n° 24, Julie, la maman parfaite et quadra bien sous tous rapports, se cherche dans cette maison trop grande, dans ce confort qui l’encombre. Au milieu, au n° 12 : l’école publique. Nour disparaît un jour. Qu’ils viennent du haut ou du bas de la rue, les voisins se mobilisent pour la retrouver. Peut-être aussi pour se trouver. L’histoire d’une rue, d’un quartier, d’une société fissurée que l’on peine à rafistoler.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Cherche Midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Une rue, une école. C’est dans ce décor que va planter l’auteure l’intrigue de son roman. Au fil des pages, le lecteur va rentrer dans cette vie de quartier, partager avec ses habitants leurs joies mais également leurs drames respectifs, et toujours avec pour point d’orgue la petite école du quartier.

Je ressors totalement conquise de ce roman qui est plus profond qu’il n’y parait. Au travers de ses personnages, Anouk va réussir à aborder une multitude de thématiques difficiles et sensibles tout au fil du récit égrenant le quotidien de personnages en difficulté.

Il y a Julie, mariée et deux enfants, qui ne se sent plus désirée et comprise par son mari. Il y a Karine, jeune femme totalement perdue et dépassée par son fils qu’elle n’arrive plus à gérer. Il y a Kamel, dont la femme est en hôpital psychiatrique, et qui a la charge de ses deux petites filles. Il y a aussi Pitù, l’épicier du quartier. Pour finir, il y a les professeurs et la directrice de l’école. L’auteure réussit à installer un véritable microcosme où chaque personnage a son importance.

Le système narratif est très plaisant. On passe d’un personnage à l’autre, pas de lassitude possible. S’il est vrai qu’à un moment, la narration va se centrer sur Kamel, dû à un événement qui survient, chaque personnage a malgré tout sa place. Ils sont remarquablement construits et j’ai ressenti beaucoup d’empathie à leur égard. Il est vrai que je me suis davantage attachée à certains d’entre eux, comme par exemple Kamel, mais malgré tout, chacun apporte quelque chose.

La plume est simple, fluide et assez descriptive. Peu de dialogues viennent ponctuer cette histoire, mais c’est écrit d’une manière très visuelle et j’ai réussi à totalement m’immerger dans ce quartier. L’auteure débute chaque chapitre non pas par le nom du personnage abordé, mais par l’indication du numéro de la rue et de l’étage où il réside. C’est déroutant au départ, mais finalement, après un petit temps d’adaptation, j’ai trouvé ce procédé original.

Un roman qui mettra en exergue le quotidien d’un quartier, avec une école pour point d’orgue. Je me suis totalement attachée aux personnages et ce roman est une petite pépite d’originalité et de sensibilité.

Ma note : 18/20

Jeunesse

Le Livre magique de Théo

Le Livre magique de Théo d’Éric Clovis et Kalima Ritou

  • Auteur : Éric Clovis et Kalima Ritou
  • Titre : Le Livre magique de Théo
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 24
  • Parution : 27 mai 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Théo a 9 ans, et il n’aime pas lire. Sa soeur jumelle, Léa, l’y encourage, mais rien n’y fait. Le jour où leur oncle Jean lui offre un vieux livre relié, Théo est envahi par la déception. Un peu plus tard, alors qu’il se trouve dans le jardin de ses parents en compagnie de sa soeur, le livre s’ouvre, grandit, et aspire Théo et Léa entre ses pages. Les jumeaux entrent dans un monde magique gouverné par Lana, une sorcière juste et bienveillante. Quelles merveilleuses aventures vont-ils connaître ?

Découvrez ce conte touchant qui célèbre le pouvoir des livres !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Théo et Léa sont jumeaux et ils ont neuf ans. Si la petite fille adore lire, c’est loin d’être le cas de son frère. Pourtant, lorsqu’un jour leur oncle offre un livre à Théo, tout va changer. Théo est d’abord déçu, mais lorsque le livre les aspire dans ses pages et entraîne les enfants dans un monde féerique, c’est une aventure incroyable qui va débuter. Et si cela permettait à Théo de prendre goût à la lecture ?

C’est un tout petit roman jeunesse que nous proposent les auteurs. Pourtant, j’y ai retrouvé beaucoup de densité entre les pages et je peux dire que je ressors conquise de cette aventure féerique. J’ai beaucoup aimé le propos de livre, qui consiste à donner le goût de la lecture aux plus jeunes. Les livres vont tenir une place primordiale dans cette histoire.

C’est dommage que les auteurs n’aient pas décidé de faire quelques pages de plus. Je me suis retrouvée très prise dans cet univers, et je suis certaine que cette lecture ravira tous les publics. Les jumeaux sont attendrissants et attachants. Les aventures sont multiples. La fin ouverte laisse présager d’une suite possible, et ce serait vraiment une belle idée.

La plume des auteurs est tout en douceur, soignée et adaptée aux plus jeunes, même s’il y a quelques mots parfois compliqués. C’est très bien écrit, et pas une seule coquille ni aucune faute ne viennent émailler le texte. Les chapitres sont courts et cohérents.

Un roman jeunesse pour inciter les plus jeunes à la lecture et qui ravira tous les publics. C’est très bien écrit et la fin peut laisser présager une suite. Une très belle découverte.

Ma note : 18/20

Contemporain

3 femmes

3 femmes de Carène Ponte

  • Auteur : Carene Ponte
  • Titre : 3 femmes
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 30
  • Parution : 1 juillet 2014
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Valérie, Nanette, Anna.
3 histoires de vie. Hasard d’une rencontre.
Valérie a tout quitté. Parce qu’elle ne parvient pas à aimer ses filles comme elle le devrait. Nanette est émue par cette femme qu’elle voit pleurer sur la plage. Anna vient de vivre un drame.
Ces 3 femmes vont se rencontrer.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Si je tenais à lire ce court recueil de nouvelles, c’est avant tout pour me faire une idée de la plume de Carène Ponte, puisque c’est une auteure dont j’entends énormément parler. J’ai pensé que des textes courts étaient le prétexte parfait.

Je ressors malheureusement quelque peu déçue par la qualité des nouvelles que j’ai trouvées trop simplistes, mais totalement conquise par le style de l’auteure, ce qui m’incite donc à découvrir ses romans.

La nouvelle phare de ce recueil est intitulée « 3 femmes ». Ici, il y sera question de reconstruction et de remises en questions. Trois femmes vont se croiser et partager chacune leur expérience douloureuse pour ainsi tenter d’avancer. Cette nouvelle m’a plu de par la douceur qu’elle dégage, mais je ne l’ai pas trouvée totalement aboutie, principalement en ce qui concerne la description des personnages. J’aurais aimé y retrouver plus de relief et de profondeur dans les caractères.

Dans la deuxième nouvelle, nous allons suivre une femme qui doit assister au mariage de son ex avec une autre femme, suite à leur rupture. Ce récit m’a intéressée et la fin m’a bouleversée. Malgré tout, je trouve que le dénouement arrive trop abruptement. Il faut garder en tête que ce sont des nouvelles, bien évidemment, et qu’il est difficile de donner toute l’intensité nécessaire aux récits.

Dans la troisième nouvelle, c’est un petit garçon, Douglas, que nous allons suivre. Celle-ci est celle qui m’a le moins plu, la trouvant à nouveau trop abrupte et pas assez aboutie. Les récits manquent parfois de consistance et peuvent paraître trop simplistes.

La plume de l’auteure est le point fort indéniable de cette lecture. Carène m’a conquise avec la douceur de ses mots et la sobriété qui émane de chaque page. Il subsiste tout de même quelques petites coquilles, notamment quelques fautes d’accord. Malgré tout, cela n’a pas émaillé la beauté du texte.

C’est un recueil de nouvelles qui sont assez peu abouties, mais j’ai pu me faire une idée de la belle plume et je serai très curieuse de découvrir les talents de conteuse de l’auteure dans un roman.

Ma note : 14/20

Contemporain

La couleur de l’air a changé

La couleur de l’air a changé de Cécile Cayrel

  • Auteur : Cécile Cayrel
  • Titre : La couleur de l’air a changé
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 200
  • Parution : 4 mars 2020
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Résumé

Camille s’ennuie. Elle s’ennuie dans sa ville de l’Ouest de la France, dans son couple avec David, dans cette vie de routine où elle ne trouve pas sa place. Un soir, elle trompe David sans vraiment y penser. En l’apprenant, il tente de l’étrangler. Bouleversée, Camille part sur la route. Elle est recueillie par Jen et Michel qui, eux aussi en rupture avec leur ancienne vie, sont partis aux hasards des routes dans une camionnette.
Une échappée à trois commence vers la joie de la vie commune, l’érotisme, la quête des sens retrouvée mais surtout l’acceptation de soi. Sur leur chemin, ils rencontrent Mamie, retraitée en mal d’affection, qui deviendra la protectrice bienveillante du trio inattendu.

Aussi émouvant que drôle, le premier roman de Cécile Cayrel aborde des sujets graves sans pathos ni morale : la violence conjugale, le militantisme écologique, la marginalité qu’engendrent les modes contemporains de sociabilité et l’impératif de la réussite individuelle. Ce roman tour à tour utopique et réaliste, embarque le lecteur à la suite de trois amis finalement seuls face à la liberté que leur ouvre la découverte de la jouissance. L’élan libertaire rencontre le sens et le goût de l’autre. On voudrait que ce roman soit visionnaire.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Camille est une jeune fleuriste en couple avec David. Tout va pourtant basculer lorsqu’un jour, elle avoue à son compagnon une infidélité d’un soir. David s’en prend alors violemment à elle et la jeune femme décide de prendre du recul. C’est en se promenant qu’elle rencontre Michel et Jen, qui mènent une vie de bohème. Ces derniers vont embarquer Camille dans un voyage initiatique qui remettra toutes ses certitudes en question.

J’ai beaucoup aimé ce voyage littéraire empli de douceur et de remises en question. Le postulat de départ est simple, le déroulé de l’histoire semble l’être aussi, et pourtant, l’auteure abordera de manière sous-jacente une multitude de thématiques.

Tout au fil des pages, j’ai pu apprécier la véritable évolution du personnage principal qui va se reconstruire, se retrouver, se découvrir et remettre en question toutes ses certitudes. Au fil de son road trip, elle va se surprendre elle-même avec de nouvelles expériences.

Les personnages sont très bien esquissés, notamment celui de Camille, qui sent les fêlures de son quotidien lui peser. La rencontre avec Michel et Jen va se révéler être une véritable échappatoire et lui permettre de prendre un nouveau départ. Je me suis énormément attachée à elle. Je l’ai trouvée forte et affirmée, malgré les doutes et les faiblesses qui l’assaillent.

La plume de l’auteure est d’une grande douceur. Tout en restant très fluide, il y a une belle mélodie des mots qui parsème les pages. Les chapitres sont assez courts et cela rythme l’histoire. Le roman n’est pas très long et pourtant l’auteure a su en tirer le meilleur parti et y mettre beaucoup d’intensité.

Un récit qui a toutes les allures d’un roman initiatique, où la protagoniste se verra entraînée dans un nouveau quotidien qui remettra ses certitudes en cause. Le tout est servi par une très belle plume. Une belle découverte littéraire.

Ma note : 17/20