Policier

Coups de vieux – Rentrée littéraire

Coups de vieux de Dominique Forma

  • Auteur : Dominique Forma
  • Titre : Coups de vieux
  • Genre : Policier
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 384
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ils ont passé l’âge… Si ce n’est de faire justice eux-mêmes. Ils ont passé l’âge… Si ce n’est de faire justice eux-mêmes. Clovis le facho et André le gaucho. Deux frères ennemis à la longue histoire de coups tordus. Le soir tombe sur Le Cap d’Agde. André, la soixantaine, s’aventure dans les dunes des échangistes. Bientôt, il aperçoit l’objet de ses fantasmes : une belle femme nue allongée sur le sable. 
Il s’approche. Son désir s’éteint aussitôt : la belle est morte, assassinée. Craignant de devenir le suspect n° 1, André appelle Clovis à la rescousse. Avec l’aide d’Alexe, une libertine craquante, le duo improbable Algérie française et Gauche prolétarienne débute une sulfureuse enquête parsemée de sang, de sexe et de sales magouilles…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Cap d’Agde. Lorsque André Milke, sexagénaire en préretraite, descend à la baie des cochons avec la ferme intention de passer une soirée en compagnie féminine, il est loin de se douter de ce qu’il va y trouver. En effet, lorsqu’il s’avance vers une femme allongée dans le sable, il va finir par constater que cette dernière a été assassinée. André fera alors appel à Clovis pour l’aider.

J’ai été conquise par ce roman policier qui sort incontestablement des sentiers battus. Le fait d’avoir pour protagonistes des sexagénaires avec des idées politiques aux antipodes l’un de l’autre m’a paru relever d’une grande originalité. Cette divergence politique et comment les deux personnages principaux sont amenés à s’entendre donne beaucoup de sel à l’intrigue.

Malgré tout, il faut savoir que ce n’est pas vraiment le côté enquête qui va ici prédominer, puisque l’auteur va explorer beaucoup de sphères. Je dirai que cette intrigue policière est un prétexte pour Dominique Forma. Cela va lui permettre de poser une peinture de ses personnages et le côté psychologique sera mis en avant.

Les personnages sont tout simplement hauts en couleur, drôles et très bien rendus. L’auteur a su nous les créer attachants. J’ai suivi leurs pérégrinations avec plaisir. Petite mention pour la fin que j’ai trouvée très réussie.

La plume est parfaite. Chaque chapitre apporte son petit lot de nouveautés, avancées dans l’intrigues, ou nouveaux personnages. Le tout est remarquablement écrit et j’ai vraiment accroché au style de narration. J’y ai retrouvé des dialogues truculents et une belle plume.

Un roman policier qui sort des sentiers battus et qui ne respecte pas toujours les codes du genre pour le plus grand plaisir du lecteur. Beaucoup d’originalité dans cette belle découverte que je vous conseille.

Ma note : 17/20

Contemporain

Lettres de pluie – Rentrée littéraire

Lettres de pluie de Steve Sem-Sandberg

  • Auteur : Steve Sem-Sandberg
  • Titre : Lettres de pluie
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Les années 1960, une petite île suédoise. Minna et Andreas ont été confiés pour la journée à leur voisin, Johannes. Mais le soir, leurs parents ne rentrent pas. Toute trace d’eux a disparu. On sait seulement qu’ils sont américains. Alors on parle d’espionnage, on exhume des histoires de la dernière guerre et de l’occupation nazie… Étrangers, sans famille, élevés par un alcoolique soupçonné d’avoir été collabo, les deux enfants sont la cible toute désignée des haines qui rongent les insulaires. Devenu adulte, Andreas revient solder ses comptes. Dans ce petit monde étouffant où la pluie brouille les frontières du réel, le passé ténébreux de l’île acquiert une intense présence. Et le drame semble inévitable.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque Andreas revient sur le l’île suédoise de son enfance, il est en quête de réponses. En effet, dans les années 60, alors qu’Andreas et sa sœur Minna sont confiés à Johannes, leurs parents disparaissent mystérieusement et sans explications. Dès lors, le frère et la sœur seront élevés par Johannes. Que s’est-il donc passé ?

C’est ici un très beau roman au titre évocateur. S’il m’a globalement plu, il m’aura cependant manqué certaines petites choses pour un faire une excellente lecture. La construction du roman est classique, mais efficace. Les chapitres entre le présent et le passé s’alternent et le fil de l’intrigue se déroule peu à peu, de manière langoureuse, trop parfois. J’aurais souhaité davantage de rythme à ce roman qui a parfois tourné en rond.

Je n’ai pas toujours trouvé l’espace temps clairement défini, et une indication temporelle en début de chaque chapitre aurait été la bienvenue. Quelques digressions ont également parfois coupé mon rythme de lecture. C’est un roman au style pointu, et qui demande une certaine concentration.

Ce qui m’a indubitablement séduite dans ce récit, ce sont avant tout les personnages qui sont si bien dépeints et si bien dessinés que cela les rend très attachants. Ils ne sont pas linéaires et l’on peut suivre une réelle évolution dans leur manière d’être. L’auteur les a très bien travaillés et c’est sans aucun doute là où réside la force de ce roman.

L’intrigue est bien menée mais je n’ai pas toujours eu un sentiment de clarté et d’unité. Parfois, l’auteur s’est arrêté sur certains détails, et d’autres fois il en a survolé d’autres que j’aurais aimé plus approfondis. Malgré tout, j’ai beaucoup aimé cette recherche d’Andreas, cette nécessité de faire la lumière sur ce qu’il s’est réellement passé pour pouvoir avancer.

La plume est très belle. Le roman est découpé en petits chapitres, ce qui devrait en principe octroyer un bon rythme à l’histoire, mais je dois avouer que ce ne fut malgré tout pas vraiment le cas. Par contre, les émotions sont bien rendues.

Une belle découverte littéraire au style particulier et pointu et à l’intrigue délicate et parfois un peu ardue. Les personnages sont incontestablement la force de ce roman et les émotions sont bien rendues.

Ma note : 16/20

Historique

La terre invisible – Rentrée littéraire

La terre invisible d’Hubert Mingarelli

  • Auteur : Hubert Mingarelli
  • Titre : La terre invisible
  • Genre : Historique
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 181
  • Parution : 15 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En 1945, dans une ville d’Allemagne occupée par les alliés, un photographe de guerre anglais qui a suivi la défaite allemande ne parvient pas à rentrer chez lui en Angleterre. Il est sans mot devant les images de la libération d’un camp de concentration à laquelle il a assisté.

Il est logé dans le même hôtel que le colonel qui commandait le régiment qui a libéré le camp. Ayant vu les mêmes choses qui les ont marqués, ils sont devenus des sortes d’amis. Un soir, le photographe expose son idée de partir à travers l’Allemagne pour photographier les gens devant leur maison. Il espère ainsi peut-être découvrir qui sont ceux qui ont permis l’existence de ces camps. Le colonel met à sa disposition une voiture et un chauffeur de son régiment. C’est un très jeune soldat qui vient d’arriver et qui n’a rien vu de la guerre.

Le photographe et son jeune chauffeur partent au hasard sur les routes. Le premier est hanté par ce qu’il a vu, et le second est hanté par des évènements plus intimes survenus chez lui en Angleterre. Le roman est ce voyage.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

1945. Un photographe de guerre anglais qui a assisté à la libération d’un camp de concentration n’arrive pas à rentrer chez lui en Angleterre, tant ce qu’il a vu l’obsède et l’empêche d’avancer. Il décide donc de partir en errance grâce à l’aide du colonel du régiment qui a libéré le camp. Ce dernier lui permet de partir en road trip en compagnie d’un chauffeur de son régiment, O’Leary. Une amitié tacite va alors s’installer entre les deux compagnons de voyage.

Il s’agit ici d’un roman de la sélection pour le prix Goncourt et j’avoue que c’est l’un des romans qui va le plus me poser de difficultés quant au fait de donner mon avis. Honnêtement, ce roman m’a carrément plu, mais il me faut être honnête jusqu’au bout et vous avertir qu’il ne s’y passe pour ainsi dire strictement rien. Mais vraiment. J’aime autant vous prévenir. Si vous êtes dans une période où vous cherchez des romans à l’intrigue insoutenable, passez votre chemin.

Ici, tout est contemplatif. Le roman est très court et il faut donc être en mesure de rentrer au plus vite dans l’histoire. Cela a marché pour ma part, heureusement. J’ai suivi les pérégrinations de nos deux compères avec plaisir. Le photographe est si traumatisé par ce qu’il a vu qu’il décide en quelque sorte de se servir de la photographie comme exutoire. Cela va lui permette de se libérer, de regarder vers l’avant.

Le personnage d’O’Leary est très touchant. J’ai senti une réelle amitié se créer entre les deux personnages. L’atmosphère de ce roman est très particulière, mais rendue à la perfection. Les paysages sont beaux, à la limite de l’onirisme parfois.

La plume est poétique et j’ai accroché avec le style de narration. Les phrases sont parfois longues, mais pourtant, elles coulent toutes seules, sans efforts. Les dialogues sont peu présents mais je n’ai pas senti de lourdeur quelconque.

Un véritable roman d’ambiance, sur les dommages psychologiques des guerres, sur ces blessures invisibles, qui sont pourtant si difficiles à refermer. Un style contemplatif mais sans lourdeur. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Fantastique

Rouge impératrice – Rentrée littéraire

Rouge impératrice de Léonora Miano

  • Auteur : Léonora Miano
  • Titre : Rouge impératrice
  • Genre : Fantastique
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 608
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le lieu : Katiopa, un continent africain prospère et autarcique, presque entièrement unifié, comme de futurs Etats-Unis d’Afrique, où les Sinistrés de la vieille Europe sont venus trouver refuge.
L’époque : un peu plus d’un siècle après le nôtre.
Tout commence par une histoire d’amour entre Boya, qui enseigne à l’université, et Illunga, le chef de l’Etat.
Une histoire interdite, contre-nature, et qui menace de devenir une affaire d’Etat.
Car Boya s’est rapprochée, par ses recherches, des Fulasi, descendants d’immigrés français qui avaient quitté leur pays au cours du XXIème siècle, s’estimant envahis par les migrants. Afin de préserver leur identité européenne, certains s’étaient dirigés vers le pré carré subsaharien où l’on parlait leur langue, où ils étaient encore révérés et où ils pouvaient vivre entre eux. Mais leur descendance ne jouit plus de son pouvoir d’antan : appauvrie et dépassée, elle s’est repliée sur son identité.
Le chef de l’Etat, comme son Ministre de l’intérieur et de la défense, sont partisans d’expulser ces population inassimilables, auxquelles Boya préconise de tendre la main.
La rouge impératrice, ayant ravi le cœur de celui qui fut un des acteurs les plus éminents de la libération, va-t-elle en plus désarmer sa main ?
Pour les « durs » du régime, il faut à tout prix séparer ce couple…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Katiopa, un siècle après le nôtre. Illunga, chef de cette Afrique réunifiée, travaille à sa prospérité. Boya, professeure a l’université, travaille à défendre ses idées qui vont à l’encontre de celles d’Illunga. Rien ne les prédisposait à s’entendre, et pourtant, une histoire d’amour va naître entre les deux personnages, acteurs, chacun à leur manière, d’une nouvelle époque.

Ce roman m’a énormément plu. Le lecteur vogue entre utopie et dystopie. Le postulat de départ est des plus intéressants. Pourtant, ce n’est ici que le prétexte du roman, le fond étant vraiment cette magnifique histoire d’amour entre Illunga et Boya. J’ai retrouvé beaucoup d’originalité dans cette intrigue et l’espace spatio-temporel m’a séduite. C’est une excellente idée.

Alors, attention, ce roman n’est pas aisé à lire et il vous faudra rester actif pendant toute votre lecture. J’ai du rester concentrée pour ne pas me perdre. Le glossaire en fin de livre m’a été plus que nécessaire, puisque le vocabulaire est pointu. Cela a parfois créé une césure dans mon rythme de lecture, le temps d’intégrer les mots que je ne connaissais pas du tout. Malgré tout, cela n’est pas compliqué à suivre.

J’ai été séduite par la jolie histoire d’amour. J’ai trouvé le contexte fort intéressant. Le personnage de Boya m’a totalement séduite. Je l’ai trouvée forte et très bien dessinée. Elle se bat pour ses idées.

La plume de l’auteure est très belle. S’il est vrai que je pense que ce roman aurait gagné à faire une centaine de pages en moins, il n’en reste pas moins monumental. Ce récit fait partie de la sélection pour le prix Goncourt, et je comprends totalement pourquoi.

Entre utopie et dystopie, l’auteure nous déroule une intrigue pointue et originale, avec pour toile de fond une très belle histoire d’amour. Si de prime abord, le roman peut paraître dense et compliqué, il n’en est rien. À découvrir.

Ma note : 16/20

Contemporain

Pas sur la bouche

Pas sur la bouche de Karine Langlois

  • Auteur : Karine Langlois
  • Titre : Pas sur la bouche
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : de la Rémanence
  • Nombre de pages : 135
  • Parution : 30 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Delphine est élevée par sa mère et ne connaît pas son père. Elle a grandi à Arles, au sein d’une cité-dortoir, et mène une vie un peu morne qui ne satisfait pas ses rêves d’enfant. Ébranlée par une expérience traumatisante alors qu’elle vient de rentrer au collège, la jeune fille traverse l’adolescence au gré de ses rencontres masculines, et cherche les moyens d’accepter son corps, à la fois troublée et fascinée par le déploiement de ses attributs féminins.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions de la Rémanence pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

C’est l’histoire de Delphine que le lecteur va suivre durant toute son adolescence. Lorsque la jeune fille n’a que douze ans, elle va se voir confrontée à un événement des plus traumatiques qui va la façonner pour la suite de sa vie amoureuse. Est-ce qu’elle sera en mesure de se reconstruire et de refaire confiance un jour ?

J’ai beaucoup apprécié cette lecture, même si parfois, il m’a manqué un petit quelque chose pour sortir du lot. Ce récit est divisé en trois parties bien distinctes. La première nous relatera les débuts de Delphine dans le monde adolescent et l’épisode traumatique qui lui arrivera et dont je ne dirai rien pour ne pas spoiler l’intrigue. La deuxième mettra en exergue les conséquences de cet acte sur Delphine et ses moments de pure perte où elle se sentira totalement égarée. La troisième partie narrera sa renaissance, sa reconstruction.

J’ai beaucoup aimé le schéma narratif de ce court roman qui n’en reste pas moins intense. En effet, au travers de ces trois parties, j’ai pu suivre la réelle évolution de Delphine. Ce ne sera jamais un personnage statique, elle est nuancée et il est bien entendu impossible de ne pas s’attacher à elle.

Malgré tout, j’ai parfois regretté un manque de profondeur quant au fond de l’histoire. J’ai parfois eu une sensation de prévisibilité et quelques poncifs sont parfois venus perturber ma lecture. Je n’ai pas eu de réelle surprise durant ma lecture et surtout il m’a manqué une chose essentielle, à savoir de l’émotion. Je ne me sentais pas impliquée dans ce que je lisais et je suis parfois restée en retrait.

La plume est délicate et Karine Langlois a su retranscrire les affres du désir à la perfection. Le tout se lit bien, d’autant plus que les petits chapitres donnent beaucoup de rythme à cette histoire qui a parfois tourné en rond.

Cela a été une bonne lecture, mais certains éléments, comme par exemple le caractère prévisible de l’histoire et le manque d’émotion, m’ont empêchée de totalement m’impliquer. Malgré tout, la belle plume de l’auteure m’a plu et le personnage de Delphine est attachant au possible.

Ma note : 15/20

Contemporain

UnPur – Rentrée littéraire

UnPur d’Isabelle Desesquelles

  • Auteur : Isabelle Desesquelles
  • Titre : UnPur
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 224
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Benjaminquejetaime et Julienquejetaime. Les noms que leur a donnés leur mère, Clarice. Dans les ruelles de Paris, ils forment une famille tournesol aux visages orientés vers le bonheur. Seulement, le destin va en décider autrement. Quand un inconnu pose les yeux sur deux enfants en se demandant lequel il va choisir. Et tout leur enlever. Quarante ans plus tard s’ouvre le procès d’un monstre qui n’est pas sur le banc des accusés mais dans la tête de chacun. C’est sa victime que l’on juge. Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ? De l’Italie – Bari et Venise – au Yucatán – sa mer turquoise et les rites ancestraux maya – se déploie l’histoire d’un être dont on ne saura jusqu’à la fin s’il est un pur. Isabelle Desesquelles explore l’absolu de l’enfance, avec ses premières et surtout ses dernières fois, qu’à toute force on voudrait retrouver. À sa manière frontale, l’auteur éclaire l’indicible. Roman de l’inavouable et dissection d’un tabou, UnPur bouscule, interroge, il envoûte et tire le fil de ce que l’on redoute le plus.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Benjamin n’est qu’un jeune garçon, lorsque, lors d’un séjour à Venise auprès de sa mère et de son frère jumeau Julien, il se fait séquestrer par celui qu’il nommera Le Gargouilleur. Il y subira les pires sévices, allant jusqu’aux abus. Quarante ans plus tard, le lecteur retrouve Benjamin assis au tribunal sur le banc des accusés. Que s’est-il passé ?

Voilà l’un des romans les plus éprouvants que j’aie eu à lire récemment. L’histoire de Benjamin m’a tout simplement révoltée et bouleversée. J’ai éprouvé une sensation contante de malaise lors cette lecture. J’ai été mal tant c’est rude à lire.

Et pourtant, j’ai cependant plusieurs bémols à émettre. J’ai eu une réelle difficulté à adhérer à la plume d’Isabelle Desesquelles, que j’ai trouvée trop chirurgicale, laissant peu de place à l’émotion. Certains passages m’ont semblé obscurs, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises pour comprendre ce que je lisais, et à quelle époque on se trouvait, tant il manque d’indications temporelles. Il a fallu à chaque fois un temps de réflexion pour que j’intègre bien le moment auquel se déroule l’action.

Si la plume de l’auteure est indiscutablement belle, j’ai eu beaucoup de mal pour ma part. J’y ai retrouvé beaucoup de digressions et le style m’a paru parfois trop onirique. Malgré tout, et c’est incontestable, Isabelle Desesquelles a remarquablement bien construit ses personnages, notamment celui de Benjamin.

J’attendais probablement beaucoup plus de ce roman, mais cela n’en reste pas moins une très bonne lecture. Ce roman coup de poing ne peut pas laisser le lecteur indemne et on ressort éprouvé de ce livre.

Ma note : 16/20

Contemporain

London Calling

London calling de Collectif

  • Auteur : Collectif
  • Titre : London Calling
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 222
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En 1979, le groupe The Clash sortait l’album London Calling. Trente ans plus tard, dix-neuf auteurs de polar français lui rendent hommage à travers autant de nouvelles inédites, chacune inspirée par l’un des titres de ce disque mythique. Des histoires tour à tour sarcastiques, haletantes, burlesques, tragiques, engagées, toujours noires – et toujours rock.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil de vingt nouvelles, au postulat de départ des plus originaux. Plusieurs auteurs se sont ainsi réunis pour rendre hommage au mythique groupe The Clash. Chaque nouvelle portera le titre de l’une de leurs chansons. J’ai trouvé que cela sortait des sentiers battus et que cela octroyait un charme spécial à ce recueil.

Et pourtant, j’avoue ressortir quelque peu mitigée. L’inégalité dans les récits proposés m’a posée un réel problème. En effet, si j’ai trouvé certaines nouvelles très réussies, ce ne fut pas le cas pour chacune d’entre elles. Parfois, je m’y suis perdue, j’avoue, ne sachant ni le but du récit ni dans quelle direction l’auteur a voulu m’emmener, et ayant ainsi une impression de désordre et d’incompréhension pour certaines. J’ai parfois l’impression d’être passée à côté.

Malgré tout, certaines nouvelles m’ont tout simplement charmée et conquise. J’ai trouvé que celle de Caryl Férey était très originale, prise sous une autre perspective. J’ai également été séduite par la nouvelle de Jean-Philippe Blondel, dont j’ai découvert sa plume et son talent de conteur tout récemment, avec son roman « La grande escapade », l’un de mes coups de cœur de cette rentrée littéraire.

C’est donc une belle découverte même si la déception a pointé le bout de son nez pour certains récits que j’ai trouvé décousus et parfois même dépourvus de sens. Malgré tout, avec ce large panel de récits, vous trouverez à coup sûr votre bonheur.

Ma note : 15/20

Contemporain

Maintenant, comme avant – Rentrée littéraire

Maintenant, comme avant de Juliette Arnaud

  • Auteur : Juliette Arnaud
  • Titre : Maintenant, comme avant
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 5 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans son village du Sud de la France, Rose a de grands projets pour célébrer son entrée officielle dans l’âge adulte. Puisque s’ouvre l’été de ses 18 ans.

Lorsque débarque sans prévenir Manette.
Qui se trouve être sa mère.

Celle qui s’est éclipsée, quand Rose était bébé, pour suivre sur les routes son groupe de rock préféré.
Abandonnant et l’enfant et le père.

Si cela ne tenait qu’à elle, Rose accueillerait son chat fugueur de mère à coups de balai.
Sauf qu’Emiliano, le père de Rose, n’a pas la même opinion des chats fugueurs en général, et de celui-là en particulier.

A-t-il jamais cessé d’aimer Manette ?

Débute alors un long, incertain et périlleux été.

Roman initiatique et tendre, Maintenant, comme avant évoque la famille décomposée, la question taboue des mères qui n’élèvent pas leur enfant et les maux d’amour avec un humour féroce.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Rose, jeune fille de dix-huit ans, vit élevée par son père Emiliano et sa grand-mère, depuis qu’un jour, lorsqu’elle était bébé, Manette, sa mère, décide de les abandonner. Rose vivra dans l’insouciance jusqu’au jour où Manette refait surface et sonne à la porte. Commence alors pour Rose un long chemin vers le pardon et la reconstruction, pour cicatriser les blessures d’avoir grandi sans sa mère.

Ce roman est tout simplement un coup de cœur, et pourtant, au début de ma lecture, rien ne laissait présager cet enthousiasme. En effet, je vous avoue avoir été totalement déroutée durant plus ou moins les deux premiers chapitres. Le style de l’auteure m’a étonnée, je ne m’attendais pas à cela.

Ce récit nous est narré par Rose, et cette dernière nous dit tout, sans filtre, tant ses pensées les plus profondes que son avis sur tout et rien. Elle s’adresse directement à nous, lecteurs, nous prend à parti souvent, se joue même parfois de nous. Si au début j’ai été très perturbée par la causticité des propos de Rose, par son franc-parler et son langage familier, je me suis finalement laissée séduire par cette originalité.

Sous couvert de mots rudes et où transparaît peu la sensibilité, l’histoire est pourtant d’une tendresse infinie. On ne peut que compatir avec Rose, qui a dû se construire sans mère pendant dix-huit ans et sa réaction de rejet lorsqu’elle voit réapparaître Manette comme une fleur est compréhensible. Sous forme de récit initiatique, Rose va apprendre à laisser de côté ses griefs, à évoluer, à transformer ses sentiments.

J’ai trouvé le personnage de Rose très bien dépeint et réussi. Sous sa carapace se cache une jeune fille qui a dû se battre, emplie de tendresse et de sensibilité. Elle est très nuancée et c’est sans nul doute un personnage qui va me rester en tête pendant longtemps.

La plume de l’auteure est parfaite. Même si, comme je l’ai deja dit, j’ai été troublée au début, force m’est de reconnaître que j’ai terminé totalement conquise. Les mots s’alignent d’une manière naturelle et les phrases coulent toutes seules de façon limpide. C’est très réussi.

Un véritable coup de cœur pour ce roman tendre au possible et servi par une héroïne forte mais avec beaucoup de faiblesses aussi, le tout sous forme de récit initiatique. À découvrir absolument.

Ma note : 18/20

Contemporain

Le vin de Pâques – Rentrée littéraire

Le vin de Pâques d’Élise Fischer

  • Auteur : Élise Fischer
  • Titre : Le vin de Pâques
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 320
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Annelise est envoyée en reportage par sa rédaction à Villey-Saint-Etienne, petit village des bords de la Moselle, pour couvrir la distribution de vin aux villageois le jour de Pâques, une tradition locale séculaire. L’occasion pour cette quinquagénaire de s’éloigner quelques temps de sa vie bousculée entre un mari infidèle, deux grands enfants sur le départ et un père âgé en perte d’autonomie, enfermé dans son silence.
Sur la route des vignobles de Toul, les souvenirs ramènent Annelise une trentaine d’années auparavant, en 1969. Toute jeune cheftaine, elle a animé un camp scout non loin de là. Parenthèse enchantée où elle a connu son premier amour…
Pourquoi a-t-elle renoncé à ce garçon qu’elle aimait ?
Alors que son existence vole en éclats, Annelise prend conscience de la chape de secrets et d’interdits qui pèse depuis toujours sur ses épaules.
Est-il encore temps de se délivrer du passé ? Et au prix de quelles révélations ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lorsque Annelise est envoyée par son travail à Villey-Saint-Etienne, commune du département Meurthe-et-Moselle, elle est à mille lieues d’imaginer tous les souvenirs qui vont refaire surface. Elle se rappellera de son tout premier amour, et des secrets perceront le jour.

J’ai beaucoup aimé ce roman, et ce, pour diverses raisons. Incontestablement, ce qui m’a le plus plu à été cette immersion totale dans cette région française que je ne connais pas du tout. L’auteure nous décrit amoureusement ces lieux et j’ai adoré me balader le temps d’un roman au travers des paysages et des traditions. J’ai trouvé cela particulièrement réussi.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Annelise, tout en douceur et qui est à un moment charnière de sa vie. Effectivement, entre son mari infidèle, ses enfants qui grandissent et se détachent d’elle, et son père âge et en perte d’autonomie, cela n’est pas facile pour elle au quotidien. Pourtant, je l’ai trouvée forte et c’est un personnage nuancé et empli de sensibilité.

L’intrigue est prenante, mais il ne faudra malgré tout ne pas s’attendre à des révélations fracassantes. J’ai suivi les aventures et les souvenirs d’Annelise avec beaucoup de plaisir et je me suis laissée porter par son histoire.

La plume de l’auteure est délicate, en totale adéquation avec ce qu’elle nous propose, tant au niveau du décor planté comme au niveau de son personnage féminin principal. La lecture se fait facilement, il suffit de se laisser bercer.

Un très joli roman, qui explore avec amour une très belle région française, aux côtés d’une héroïne délicate, sensible et forte. Une histoire de souvenirs qui refont surface peu à peu. Une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

Célibataire, heureuse et prête à tout

Célibataire, heureuse et prête à tout de Katherine Heiny

  • Auteur : Katherine Heiny
  • Titre : Célibataire, heureuse et prête à tout
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 18 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Les jeunes héroïnes de Katherine Heiny ne sont pas des modèles de moralité : Maya est amoureuse de son petit-ami et de son patron. L’amant de Sadie l’appelle tout en partant rejoindre sa femme à une thérapie de couple. Gwen en pince pour son co-locataire, un homme qui est capable de lui tenir la main avant de lui dire qu’il la trouve moite. Et Sasha accepte de prendre un verre avec l’épouse de son amant, ce qu’elle regrette aussitôt.
Et au cours de ces onze instantanés de vie à la fois follement drôles et émouvants, elles vont se débattre avec des invités inopportuns, des fêtes d’anniversaire désastreuses, des amis loyaux mais paumés, et toutes sortes de situations compliquées.
Maya, qui apparaît dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, est le personnage qui relie toutes ces histoires entre elles. Elle nous entraine dans sa découverte du plaisir, du deuil et du mensonge et finalement de l’inconstance du cœur humain.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un recueil de nouvelles, porté par des femmes fortes et ayant toutes le même point d’orgue, à savoir l’infidélité et l’adultère sous toutes ses formes. Ainsi, le lecteur découvrira à tour de rôle Sasha, qui ira boire un verre avec l’épouse de son amant, Gwen qui trouve son colocataire des plus séduisants et bien d’autres histoires.

J’ai trouvé ce recueil de nouvelle très original, et ce qui m’a le plus plu, c’est le fait que ce soient des femmes simples qui sont mises en avant. Malgré le côté immoral de la situation de chacune d’entre elles, l’auteure a su nous les rendre attachantes et j’ai suivi leurs aventures avec plaisir.

J’aurais cependant un bémol à émettre quant au dénouement de ces nouvelles que j’ai souvent trouvé abrupt et sans réel aboutissement, ce qui m’a laissée sur ma faim à plusieurs reprises. C’est pourquoi j’ai fortement apprécié de retrouver Maya, l’une des protagonistes, pendant trois nouvelles différentes à diverses étapes de sa vie. J’ai eu une impression de continuité en quelque sorte.

La plume de l’auteure est très entraînante et les pages ont défilé. J’ai fortement apprécié d’avoir retrouvé une certaine unité dans la qualité des nouvelles proposées, et un certain fil rouge.

Un recueil de nouvelles très réussi, même si j’aurais apprécié un dénouement plus abouti. J’ai aimé suivre les tranches de vie de ces femmes attachantes et toutes les nouvelles ont été intéressantes à suivre. Une belle découverte.

Ma note : 16/20