Contemporain

Opération âme errante – Rentrée littéraire

Opération âme errante de Richard Powers

  • Auteur : Richard Powers
  • Titre : Opération âme errante
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : cherche midi
  • Total de pages : 506
  • Parution : 5 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Richard Kraft est interne en chirurgie pédiatrique au Carver Hospital, à Los Angeles. Au cœur de cette mégalopole, qui a renoncé à l’idée même de service public, la pression est permanente. Maladie du corps social, maladie du corps physique : tout est sur le point de se défaire, de voler en éclats. Dans cette atmosphère explosive, Richard et sa collègue thérapeute Linda essaient de soigner un groupe d’enfants malades, des enfants qui semblent en savoir plus long qu’eux sur l’âme humaine et recèlent tous des secrets étonnants. À leur contact, la thérapie peut basculer dans l’enquête, et l’Amérique révéler ses failles les plus noires. Avec un humour grinçant et une empathie bouleversante, Richard Powers explore dans ce roman sous pression les racines de la survie et la mémoire de l’Amérique, grâce à une tribu d’enfants blessés mais, surtout, providentiels.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions cherche midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Los Angeles. Richard Kraft est chirurgien pédiatre au Carver Hospital. Il va décider de s’occuper d’un groupe d’enfants malades auprès de sa collègue thérapeute, Linda. Le contact avec ces enfants sera l’occasion pour nos deux protagonistes de sonder l’âme humaine et aboutir à bien des questionnements.

J’aime autant vous prévenir d’emblée. Ce roman est d’une densité incroyable et il vous faudra être actif pendant votre lecture pour ne pas vous perdre et rester concentrés. En effet, dès les premières pages, j’ai eu un aperçu de ce qui m’attendait tout au fil du roman. C’est sûrement ce schéma narratif qui m’aura empêchée d’apprécier incontestablement ce roman.

Et pourtant, ce récit m’a plu à bien des égards. La densité accompagnera la dimension émotionnelle du texte, parce que je dois le reconnaître, ma sensibilité a été mise à rude épreuve et a été à fleur de peau pendant tout le roman. La grande noirceur qui se dégage de ce récit est bien rendue, de manière très réaliste et j’ai été bouleversée.

J’ai eu parfois du mal avec le personnage de Kraft, que j’ai souvent trouvé froid, même s’il se protège sous sa carapace pour supporter tous les malheurs auxquels il voit ces enfants confrontés. J’ai nettement préféré celui de Linda, bien nuancée et sensible. J’ai totalement accroché à elle, et j’ai eu tendance à trouver qu’elle portait presque mieux l’histoire que Kraft.

La plume est vraiment très belle. Cependant, je n’ai pas accroché au schéma narratif. Effectivement, Richard Powers nous livre son texte avec des chapitres longs, voire beaucoup trop longs. D’autre part, beaucoup de digressions ont à maintes reprises coupé mon rythme de lecture. C’est dommage au vu de la qualité de la plume de l’auteur.

Au final, cela a été une belle découverte qui a réussi à me donner un aperçu de la plume de Richard Powers, que je découvre avec ce roman. Malgré tout, quelques éléments ont fait que je n’ai pas été en mesure de totalement apprécier cette lecture, notamment à cause de toute la noirceur qui émane du récit et les diverses digressions qui parsèment les pages. À découvrir ne serait-ce que pour la belle plume de Richard Powers et la dimension émotionnelle qui ressort de ce roman.

Ma note : 15/20

Historique

La folle ardeur

La folle ardeur de Michelle Tourneur

  • Auteur : Michelle Tourneur
  • Titre : La folle ardeur
  • Genre : Historique
  • Éditions : Fayard
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 25 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Pendant dix ans, trois des plus grands génies du romantisme ont vécu dans une étroite intimité.
Delacroix fait flamber la couleur dans ses toiles et dans ses somptueux décors muraux.
Chopin enchante le piano avec des irisations et des mirages.
Entre les deux, George Sand veille. Inspiratrice, admiratrice, amie, amante, parfois soignante.
Et la nuit, elle écrit.
Méandres amoureux, ardeur au travail, défi à tous les canons artistiques du temps.
Leurs lieux de résidence à Paris sont si proches qu’ils partagent repas, sorties au théâtre ou à l’opéra, fêtes officielles, soirées musicales.
Quand le besoin de paix se fait sentir, ils retrouvent la douceur du Berry : Nohant, le petit bois, la table abondamment servie, le grand Pleyel au salon.
Jusqu’à ce que la soudaine violence des événements mette en pièces leur étincelant trio.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Fayard pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Pendant plusieurs années, trois grandes figures du romantisme ont vécu dans une étroite relation. George Sand, Chopin et Delacroix se sont côtoyés, unis, désunis. Le lecteur suivra cette intimité décrite avec pudeur et réalisme.

Voilà un très beau roman, dont le postulat de départ a tout de suite attiré mon attention. Effectivement, suivre ces trois grands génies de leur époque avait tout pour me plaire et c’est une réelle réussite. Le tout reste très romancé et se lit très bien. C’est indiscutablement ce qui m’a le plus conquise dans ce récit. Je ne me suis pas ennuyée.

J’en ai énormément appris sur ces trois grands de leur époque. Cette incursion dans le monde de l’art a été réussie. Musique, écriture et peinture s’entremêlent dans un chassé-croisé incessant au fil des pages. J’ai aimé pouvoir découvrir le côté le plus humains de ces personnages et oublier presque leur côté inaccessible. L’auteure a su nous les créer attachants, profondément bouleversants, humains.

La plume est splendide, tout en lumière et en totale adéquation avec ce récit. En effet, une plume lumineuse est essentielle pour décrire cette incursion dans le monde l’art. Les chapitres sont courts, cela dynamise énormément le récit.

Ce roman constitue un véritable hommage à trois grands génies du romantisme, le tout servi par une écriture sublime et qui ravira le lecteur tout au fil des pages.

Ma note : 17/20

Contemporain

Même pas grave…

Même pas grave de Bleuenn Dumontier

  • Auteur : Bleuenn Dumontier
  • Titre : Même pas grave…
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 283
  • Parution : 5 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Mosaïque de personnages que l’on va découvrir, observer pendant un an, dans et autour du Centre Dumonde. Des gens que l’on voit rire, pleurer, aimer, se battre, vivre quoi ! Et qui nous questionnent.

Lise, mère célibataire, oscille entre culpabilité, amour infini et épuisement. Son tout petit, son grand dadais est trisomique. Rien ne la prépare aux changements de cette année-là. Charlie aime sa mère, l’amour, les frites, le cinéma et les copains. Mais il n’aime pas travailler ni qu’on le contrarie. Sophie, future éducatrice spécialisée, effectue son dernier stage au Centre Dumonde. Neuf mois dans ce centre d’accueil de jour pour personnes atteintes de handicaps et de maladies mentales. Une véritable aventure ! Gilles et Daphné veulent se marier, avoir des enfants, pleins de projets normaux. Mais voilà, c’est quoi être normal ? Florent et Maud, un veuf et sa fille poupée Barbie trisomique. Apprendre à vivre à deux et faire le deuil de celle qui les unissait, oser s’ouvrir aux autres. Roger, éducateur vieille école, sans diplôme, formé sur le tas, pas fan du changement le coco ! Mais le secteur social est en mouvement, pas le choix.

Mais, surtout, ce roman a pour but de déployer la montagne d’humour, de tendresse et de douce légèreté qui existe en chacun de nous.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lise est la maman de Charlie, jeune garçon trisomique qui se rend tous les jours au centre Dumonde. Sophie effectue son dernier stage au sein de ce centre et devra s’occuper de Charlie. À côté, nous suivrons le quotidien d’autres patients.

C’est vraiment un roman bouleversant, touchant et dont le sujet est traité avec beaucoup de tact et de sensibilité. Au travers des yeux de Lise, j’ai aperçu une palette des préjugés terribles qui règnent au sein de notre société. L’auteure a su aborder la thématique de la différence avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, sans jamais tomber dans la mièvrerie.

J’ai apprécié cette alternance de points de vue tout au long du récit. J’ai trouvé très intéressant d’avoir l’avis de Lise, son combat de mère, l’épreuve du regard des autres, mais également la perspective de Sophie, en stage, et pour qui ce n’est pas toujours facile. La voix est également donnée à Charlie. J’ai trouvé des trésors de tendresse tout au fil des pages et c’est vraiment émouvant.

La plume est très fluide, c’est bien écrit, et le lecteur se laisse totalement subjuguer par ces tranches de vie émouvantes et bouleversantes. L’auteure ne tombe jamais dans le pathos, au contraire.

Un très beau roman avec une thématique traitée avec délicatesse, sensibilité et émotion. Je ne peux que vous recommander cette lecture.

Ma note : 17/20

Contemporain

On ne peut pas tenir la mer entre ses mains – Rentrée littéraire

On ne peut pas tenir la mer entre ses mains de Laure Limongi

  • Auteur : Laure Limongi
  • Titre : On ne peut pas tenir la mer entre ses mains
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 28 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Comme le FLNC, Huma Benedetti est née en Corse en 1976, entourée des secrets de son histoire familiale, dans un climat de colère et de ressentiment muet. Mais tôt ou tard, les enfants devinent ce qu’on leur tait, et Huma aperçoit dans l’œil de ses ascendants le reflet du mystère soigneusement occulté.
Elle grandit dans une villa perchée sur un rocher, entourée d’une grand-mère acariâtre, d’une mère énigmatique et d’un père masquant sa sensibilité sous des kilos de muscles et de violence. Pour s’absoudre ou s’isoler, les parents confient leur fille en offrande à l’aïeule. Huma prend des leçons de piano, fait ses devoirs et partage même le lit d’une grand-mère qui la maltraite avec une âpreté curieusement vengeresse.
Au fil du roman, les histoires s’entrelacent, levant au fur et à mesure le voile sur le silence qui empoisonne trois générations. Que se passerait-il s’il était rompu  ? La honte sur la famille  ? Son implosion  ? Pire encore  ? De peur de révéler leur secret, ses gardiens assistent impuissants à la déliquescence de la famille et maintiennent entre eux une distance glaciale.
Cette distance, c’est aussi celle qui existe, géographique, irréductible, entre l’île et le continent reliés par le mystère d’une eau tour à tour brillante comme un miroir ou démontée comme une déesse vengeresse, une matière labile qui ne se laisse pas aisément appréhender. C’est aussi celle qu’entretiennent des tabous qui résistent au récit.
Pour raconter cette histoire, Laure Limongi retourne dans l’île de son enfance, vingt ans et dix livres après l’avoir quittée. Toute la palette de son écriture s’y déploie avec une maturité et une sensibilité rares.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Huma va retourner sur son île natale, la Corse, d’où elle est partie sans y remettre les pieds depuis plusieurs années. Pour quelles raisons est-elle partie ? Quels secrets cache sa famille ? C’est ce que le lecteur va suivre au travers du récit d’Huma, au fil des ans.

Je tenais à lire ce roman en premier lieu pour le cadre environnemental. Effectivement, dès que j’ai lu que l’intrigue se déroulait en Corse, j’ai eu envie de découvrir ce récit. Je n’ai pas été déçue. Laure Limongi nous offre une immersion totale dans l’île de beauté, où je me suis laissée transporter par les paysages. C’est un véritable roman d’ambiance que l’auteure réussit à merveille. À chaque page, on sent son amour pour la Corse.

Le deuxième point qui a attiré mon attention, c’est la présence d’un secret de famille, thématique que j’aime particulièrement retrouver dans mes lectures. Une fois de plus, c’est rondement mené. Les non-dits, les silences se font de plus en plus pesants au fil des pages. Même si parfois l’auteure m’a quelque peu perdue dans les méandres d’une intrigue très riche, je me suis laissée transporter par le récit d’Huma.

Le point fort de ce roman réside sans aucun doute dans la force de l’écriture. La plume est très belle, parfois véloce mais toujours avec une pointe de poésie qui se marie à la perfection avec le décor idyllique que nous propose Laure Limongi.

C’est donc une réussite. Avec une plume à la limite de la poésie, l’auteure aura su m’immerger dans un décor somptueux, le tout mêlé à une histoire de famille où les secrets ne demandent qu’à se dévoiler.

Ma note : 16/20

Thriller

Les yeux fumés – Rentrée littéraire

Les yeux fumés de Nathalie Sauvagnac

  • Auteur : Nathalie Sauvagnac
  • Titre : Les yeux fumés
  • Genre : Thriller
  • Éditions : J. C. Lattès / Le Masque
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 4 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Au centre, il y a Philippe. Philippe qui vit dans une cité et passe ses journées à traîner, fumer et piquer des bières au centre commercial. Philippe, entouré d’une mère qui le déteste ouvertement, d’un père effacé qui a renoncé depuis longtemps et d’un frère aussi beau que bête.
À côté, il y a Bruno, son pote baroudeur et destroy. Bruno qui raconte qu’il a fait le tour du monde, a connu les plus belles femmes, qu’il n’est là que de passage, avant son prochain voyage.
Autour, il y a Gros Riton, P’tit Louis, Mme Piccini, La Vieille, Flora avec ses seins d’enfant et Anne, la plus moche des moches. Et puis il y a les canards du parc qui s’étouffent avec des bouts de plastique, les grues et les murs qui tiennent avec les dealers, les gamins qui crient trop fort aux pieds des barres d’immeubles.
Les petites violences du quotidien n’atteignent pas Philippe, tant qu’il y a de la bière et les histoires de Bruno pour inventer un autre horizon que celui des tours de béton.
Jusqu’à ce qu’un drame vienne pulvériser son équilibre de papier et déclenche la bombe à retardement…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès / Le Masque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Philippe, jeune homme de dix-huit ans, passe son quotidien dans la cité qui l’a vu naître. Entre une mère qui le délaisse complètement au profit de son frère aîné, un père totalement effacé, et toute une panoplie d’amis particuliers, Philippe devra tout faire pour s’en sortir. Sans travail, sans but, il déambulera jusqu’au drame qui bouleversera tout.

Ce roman est tout simplement un petit bijou, livré brut et sans fioriture par l’auteure. Une véritable petite pépite de noirceur que j’ai dévorée quasiment d’une traite. Ici, c’est la psychologie qui est mise en avant et pas tant l’action. Cela ne va pas à toute vitesse mais happe plutôt le lecteur dans un univers rude, sans quartier et noir.

Nathalie Sauvagnac a réussi à m’immerger totalement dans la cité où évolue Philippe. C’est d’une grande densité psychologique et émotionnelle. Au travers des yeux de Philippe, on ressent tout son mal-être d’être tant à l’étroit, ses envies de liberté, d’évoluer. J’ai avancé dans ce roman en apnée, tant je sentait que la tension montait crescendo.

Le personnage de Philippe va longtemps me rester en tête. L’auteure a su créer un personnage qui va porter à lui tout seul l’intrigue. Le choix de narration de la première personne est plus que judicieux, puisqu’il permet une immersion totale dans le microcosme proposé par Nathalie Sauvagnac.

La plume de l’auteure est d’une fluidité incroyable. Les pages ont défilé. Le style est très épuré, mais riche, et surtout l’émotion transparaît au travers des mots, ce qui n’est pas chose aisée.

Un roman d’une rare densité psychologique, servi par un personnage principal fort et très bien dépeint. Ne cherchez pas l’action dans ces pages, mais plutôt l’émotion. Un roman auquel je vais beaucoup repenser. Une pépite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Chaque fidélité – Rentrée littéraire

Chaque fidélité de Marco Missiroli

  • Auteur : Marco Missiroli
  • Titre : Chaque fidélité
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 270
  • Parution : 14 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Carlo et Margherita s’aiment mais commencent à douter de leur capacité à rester fidèles. Quand Carlo est pris sur le vif avec son étudiante Sofia, le couple vacille, et Margherita, troublée, cède une fois à la tentation. Puis c’est au tour de sa mère, Anna, de se mettre à douter de la loyauté de son défunt mari. Pour contrer ce chaos intime, Margherita mise tout sur un appartement hors de prix qui pourrait assurément sauver son couple.

Neuf ans plus tard, ils y vivent, avec un enfant. Margherita a gardé sereinement en elle son secret, mais Carlo reste marqué par son infidélité ratée. Lorsque Anna, leur grande alliée, s’affaiblit, les doutes refont surface et l’ombre de Sofia revient planer. Et si finalement s’aimer, c’était toujours douter ?

Au coeur d’un Milan saisissant de réalisme, on arpente les rues comme les sentiments dans un roman subtil, tendre et piquant, et d’une désarmante authenticité sur l’amour et le désir.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Milan. Carlo et Margherita vont commencer à douter à tour de rôle l’un de l’autre. Margherita va se mettre à douter sur la fidélité de son mari et mettra tout en œuvre pour le garder auprès d’elle. Mais l’ombre de l’infidélité plane beaucoup trop pour permettre un bonheur complet.

Voilà un roman où tout est réellement dans la psychologie. Ici, pas vraiment de place pour l’action, mais plutôt pour les questionnements des personnages. L’auteur va habilement sonder les émotions humaines. Effectivement, ici, c’est la fidélité, la confiance en l’autre et la capacité à se reconstruire après une éventuelle infidélité qui seront analysées tout en finesse.

Les deux personnages sont très travaillés psychologiquement. Les caractères sont bien brossés et cela donne beaucoup de réalisme à l’histoire. Le tout reste très subtil et je me suis particulièrement attachée au personnage de Margherita, que j’ai trouvée touchante à bien des égards.

Le schéma narratif est très particulier. On passe d’un personnage à l’autre et le tout sans réelle délimitation. Cela peut perturber le lecteur, et pourtant, je dois reconnaître ne m’être jamais perdue au fil du récit.

La plume est subtile et délicate. Le tout se lit de manière très fluide et les pages défilent sans même s’en rendre compte.

Un roman très psychologique et qui soulèvera des questionnements intéressants sur la fidélité et la confiance au sein d’un couple. Une belle découverte.

Ma note : 16/20

Jeunesse

All Blacks Academy – Tome 1

Un rêve de champion de Samuel Loussouarn

  • Auteur : Samuel Loussouarn
  • Titre : Un rêve de champion
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : Hachette Romans
  • Total de pages : 176
  • Parution : 28 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Moi, c’est Lucas. Le rugby, j’ai ça dans le sang : ma grand-mère vient de Nouvelle-Zélande, le pays des All Blacks, la meilleure équipe du monde ! Alors forcément, j’ai un rêve : celui de décrocher un ticket pour la All Blacks Academy, l’école qui forme les champions de demain. Il y a juste un tout petit problème : je suis plutôt du genre gringalet, et très timide… Et le club de rugby local n’a pas voulu de moi. Sauf que, sans club, je n’ai aucune chance d’intégrer l’Academy… Une seule solution : monter ma propre équipe. Avec ma cousine Jade, mon copain Elliott et une super bande d’amis, tout devient possible. Même si Mathis, mon plus grand rival, est prêt à tout pour que j’échoue…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Hachette Romans pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lucas, douze ans, va se voir dans l’obligation de déménager en Auvergne avec ses parents. De nature très timide, il craint énormément la rentrée scolaire. Son rêve, c’est intégrer l’équipe de rugby locale. C’est ce qui lui permettra d’accéder ensuite à la All Blacks Academy et où il pourra ainsi jouer en Nouvelle-Zélande. Malheureusement, il échoue à cette première sélection. Une seule solution s’impose : créer lui-même son équipe.

J’ai été conquise par ce roman jeunesse. Étant une néophyte totale en matière de rugby, j’avoue en avoir appris énormément sur le sujet. Tout est remarquablement expliqué, avec des notes en fin de chapitre, qui permettent de comprendre le jargon relatif à ce sport. C’est idéal pour les plus jeunes qui ne se sentiront jamais perdus lors de leur lecture.

J’ai trouvé les personnages attachants au possible. J’ai beaucoup ri avec eux. Chacun d’entre eux a son caractère bien dessiné. Il y a certains passages très drôles. J’ai suivi avec plaisir toutes leurs aventures.

Ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman, ce sont les valeurs que l’auteur essaie de véhiculer et qui transparaissent à chaque page. Effectivement, Samuel Loussouarn mettra en avant l’esprit de cohésion, l’amitié, l’effort, la persévérance pour réussir ses rêves. Le texte s’adressant en premier lieu à un jeune public, j’ai trouvé cela fort judicieux et réussi.

La plume de l’auteur est dynamique et pleine d’entrain. Les chapitres sont courts et le tout reste facile à lire, mais n’en reste pas moins très bien écrit et avec de belles sources d’informations tout au fil des pages.

Un premier tome très réussi qui saura ravir tous les publics. Nul doute que cela m’a donné envie de découvrir la suite.

Ma note : 18/20

Contemporain

Nobelle – Rentrée littéraire

Nobelle de Sophie Fontanel

  • Auteur : Sophie Fontanel
  • Titre : Nobelle
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Robert Laffont
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

 » En octobre dernier, quand, par un coup de téléphone, votre Académie a agité ses clochettes, c’est le nom de Magnus qui m’est venu en premier à l’esprit. Les choses naissent bien quelque part, et comment ne pas nous revoir, lui, le jeune garçon penché sur mes poèmes, et moi, au toupet illimité, qui le regardait lire… « 
À l’occasion de son discours de réception du prix Nobel de littérature, Annette Comte se souvient de ses dix ans et de celui qui lui a donné l’envie d’écrire. Elle raconte, émerveillée, ce que le flamboyant Magnus fut pour elle – et il fut tout – l’été 1972, dans le sud de la France. Mais ce n’est qu’en osant, à Stockholm, revenir ainsi sur cette première et immense peine de coeur qu’Annette prendra la mesure de ce qu’un écrivain demande à l’amour.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Robert Laffont pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Annette, grande écrivaine, s’apprête à recevoir le prix Nobel de littérature. C’est lors du discours qu’elle fera lors de cette réception qu’elle se souviendra comment elle est devenue écrivaine et qu’elle fera appel aux souvenirs de son tout premier amour, Magnus, avec qui elle a passé un été inoubliable l’année de ses dix ans.

Ce roman n’est pas loin du coup de cœur, tant par la délicatesse de l’histoire que par la sensibilité qui émane de chaque phrase. Dès les premières lignes, je me suis totalement laissée porter par l’histoire d’Annette. Certes, elle est simple et pourtant elle est très touchante.

Le choix narratif de la première personne est très réussi. Il ne faudra pas oublier que le récit est raconté au travers des yeux d’une fille de dix ans, et que, par conséquent, les mots sont simples. Le tout reste très délicat, sans jamais tomber dans la mièvrerie. Les sentiments sont purs et j’ai totalement été conquise par le récit d’Annette.

Au travers de cette histoire d’amour, la protagoniste va se livrer et nous en dire plus sur ce qui lui a permit de réaliser son grand rêve de devenir écrivaine. J’ai trouvé le personnage d’Annette très attachant et très bien travaillé. Les émotions sont bien rendues.

La plume est tout en douceur et en totale adéquation avec l’histoire. Chaque mot est choisi avec soin et le tout sonne juste et réaliste. Le récit est découpé en plusieurs petits chapitres et cela donne un très bon rythme à l’ensemble.

C’est donc un roman tout en finesse, empli de délicatesse et de sensibilité, sans jamais tomber dans la mièvrerie, bien au contraire. J’ai été conquise par cette très belle histoire.

Ma note : 17/20

Contemporain

La campagne n’est pas un jardin – Rentrée littéraire

La campagne n’est pas un jardin de Stéphane Fière

  • Auteur : Stéphane Fière
  • Titre : La campagne n’est pas un jardin
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Phébus
  • Nombre de pages : 368
  • Parution : 15 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Rien n’est immuable. Même pas Dorlange, un village enclavé au centre de la France. Depuis quelques années, des néo-ruraux s’y sont installés à la recherche d’un rencontre charnelle avec la terre, d’une existence digne et sans artifice ! Mais pour les agriculteurs d’origine, ces citadins sans attaches et sans souvenirs sont surtout des intrus, flanflans, pioupious et autres cassosses. La coexistence n’est pas toujours facile. Un évènement met le feu aux poudres : l’obligation d’accueillir des demandeurs d’asile syriens dans le village.

Antoine, reporter pour L’Écho du Temps, se fait le chroniqueur des luttes entre les deux partis. D’un côté, le maire et ses guerriers en charentaises et pulls tricotés maison, qui crient à la colonisation de leurs territoires. De l’autre, les anciens urbains, bobobéats, qui brandissent leur idéal de solidarité.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Phébus pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Dorlange, village enclavé au centre de la France. Néo-ruraux et agriculteurs de toujours se livrent une lutte acharnée qui va se voir bouleversée par un événement. Effectivement, ils vont se voir dans l’obligation d’accueillir des réfugiés syriens dans leur village. Antoine, reporter à L’Écho du Temps, se fait chroniqueur de ces événements.

C’est malheureusement assez perplexe que je ressors de ma lecture. C’est tout d’abord le côté roman rural qui a attisé ma curiosité. Je trouve qu’il y avait matière à faire mieux, et surtout à faire avec moins de clichés, de poncifs. J’ai eu l’impression constante d’une caricature. Je pensais trouver un ton léger mais il n’en fut rien, bien au contraire.

Tout le roman est beaucoup trop caustique à mon goût. Le ton est acerbe, et le personnage d’Antoine a réussi à m’agacer à plusieurs reprises. Le sujet de départ me plaisait beaucoup. J’aurais aimé le voir traité avec plus de sensibilité et plus de finesse.

Au niveau de la plume, je n’ai aucun grief, bien au contraire. C’est très bien écrit, le roman est bien construit, mais il m’a manqué plus de finesse, de sensations. De plus, il m’a semblé qu’il manquait un fil rouge à ce roman. En effet, j’ai eu la sensation que l’auteur se perdait en digressions et s’éparpillait parfois un peu trop.

Sans être une déception totale, j’avoue malgré tout être un peu passée à côté de ce que l’auteur nous proposait. L’idée de départ était excellente, mais le tout à manqué de sensibilité et je n’ai pas toujours accroché avec le ton acerbe et caustique.

Ma note : 12/20

Contemporain auto-édité

Cinq nouvelles riches en émotions

Cinq nouvelles riches en émotions d’Anne-Marie Puyhardy

  • Auteur : Anne-Marie Puyhardy
  • Titre : Cinq nouvelles riches en émotions
  • Genre : Contemporain
  • Éditeur : Auto-édité
  • Nombre de pages : 35
  • Parution : 29 janvier 2016

Résumé

Vous aimez les nouvelles courtes? Le monde des jeux vidéo, une balade exotique, l’apparition d’une échéance terrible, les affres d’un candidat qui attend les résultats de l’envoi d’un CV, un objet injustement accusé d’homicide…inspirent ces cinq nouvelles qui vous proposent bien des surprises.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteure Anne-Marie Puyhardy pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un tout petit recueil de cinq nouvelles, toutes très différentes les unes des autres, mais avec exactement le même point d’orgue, à savoir une chute totalement inattendue.

L’exercice de la nouvelle est toujours très compliqué, puisqu’il faut savoir happer le lecteur dès le début. Ici, c’est plutôt le contraire qui s’est produit pour moi. Sans forcément être conquise par le début de chacune d’entre elles, j’attendais plutôt d’en arriver à la fin pour en connaître la chute. Effectivement, au bout des deux premières nouvelles, j’ai saisi la manière de procéder de l’auteure. Elle a tout misé sur l’effet de surprise et le dénouement inattendu de ces courts récits. Sans forcément être subjuguée dès l’amorce de chaque nouvelle, je les ai malgré tout suivies avec plaisir puisque je savais qu’il y aurait une surprise à la clé.

L’auteure a réussi à bien m’avoir, notamment en ce qui concerne la deuxième nouvelle intitulée « Danger mortel ». J’étais convaincue d’avoir saisi où voulait m’emmener Anne-Marie et il n’en fut rien, finalement. La chute de la nouvelle intitulée « Un C.V. presque parfait » m’a bien plu également.

Il est vrai que, de prime abord, ces nouvelles peuvent manquer de relief et paraître quelque peu simplistes, mais il y a de bonnes idées. Cependant, il faudrait donner plus de maturité à ces récits qui paraissent parfois un peu trop scolaires. Malgré tout, le charme a opéré et je me suis laissée surprendre.

La plume est parfaite, que ce soit au niveau du style, comme au niveau de la syntaxe et de l’orthographe. Le texte n’en est que plus agréable à lire. Je serais curieuse de voir ce que le talent de l’auteure donnerait dans un roman abouti.

J’ai donc passé un bon moment de lecture avec ces nouvelles qui réservent bien des surprises. Si parfois cela m’a paru un peu trop simpliste et pas assez abouti, nul doute que j’ai découvert ce recueil avec plaisir.

Ma note : 15/20