Policier

Congés mortels

Congés mortels de Didier Fossey

  • Auteur : Didier Fossey
  • Titre : Congés mortels
  • Genre : Policier
  • Éditions : Flamant Noir
  • Nombre de pages : 296
  • Parution : 12 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Juillet 1936. Corbigny, dans la Nièvre.

Paul Perrin, alias «?Le Bredin?», un paysan, sillonne la campagne en quête de femmes qu’il agresse et tue. Peu cultivé, mais rusé, il échappe aux enquêtes de gendarmerie. La mobilisation de 1939 va lui éviter beaucoup d’ennuis…

Juillet 2006.

Un couple de randonneurs est retrouvé décapité sur un chemin, près de Clamecy, dans la Nièvre. L’une des victimes est le fils d’un magnat de la presse parisienne. Une autre femme disparait peu de temps après. L’affaire est confiée au commandant, Boris le Guenn, de la BAC parisienne, qui se rend sur place. Mais après quelques jours l’enquête ralentit. Les éléments trouvés ne correspondent à rien. C’est alors que Boris rencontre Fernand, l’ancien du village, celui qui perd la tête. Le vieil homme lui assure que «?Le Bredin?» est revenu et qu’il est le meurtrier. Le commandant va tenter d’établir un lien entre le passé sombre de la France de 1940 et l’affaire actuelle, sans imaginer jusqu’où cette enquête hors de Paris le mènera.

Et si les propos du vieillard avaient un sens??

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Flamant Noir pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nièvre, 2006. Un couple est retrouvé assassiné dans des conditions atroces. Quelques temps plus tard, c’est un deuxième couple qui apparaît, assassiné dans d’étranges conditions. Encore quelques jours plus tard, c’est une jeune femme qui disparaît alors qu’elle faisait du vélo. Tous ces événements font curieusement penser à une série de meurtres surgis en juillet 1936, perpétrés par Paul, dit « Le Bredin ». Boris Le Guenn, commandant de la BAC parisienne, va se rendre sur les lieux des disparitions et commence alors une enquête des plus compliquées.

Voilà un roman policier remarquablement construit et qui m’a tenue en haleine tout au fil des pages. Il faut savoir que l’auteur a en quelque sorte sauvé cette enquête de son commandant phare, puisqu’il a bien failli la laisser aux oubliettes et ne jamais la publier. Il aurait eu tort, tant le roman est maîtrisé et le suspense présent tout au long de la lecture.

J’ai beaucoup aimé cette idée des deux arcs narratifs, l’un qui débute en 1936, et l’autre en 2006. Cela donne une bonne consistance au récit, et les parallélismes sont intrigants. L’auteur a maîtrisé ses deux parties du récit, et a su maintenir le rythme tant pour l’une que pour l’autre. J’ai presque eu l’impression de lire deux récits en un.

J’avoue que pour ma part, c’est la première enquête du commandant Le Guenn que je découvre. J’ai beaucoup accroché à ce personnage, et je vais donc m’informer sur les autres romans de l’auteur, que je lirai avec plaisir. Les personnages sont bien construits et ont leur part de mystère. J’ai beaucoup aimé l’équipe qui accompagne Le Guenn.

La plume est très fluide. Pas d’ennui dans ce polar qui est finalement assez court. L’auteur a su alterner avec maîtrise les chapitres entre les deux époques. Les petits chapitres donnent beaucoup de rythme à ce récit et les pages défilent.

Un très bon polar. Je ne connaissais pas du tout l’auteur, mais nul doute que sa maîtrise dans l’intrigue et ses personnages bien construits, m’ont donnée l’envie de découvrir d’autres titres. Je recommande.

Ma note : 17/20

Essai

Noël à Chambord

Noël à Chambord d’Émilie Lanez

  • Auteur : Émilie Lanez
  • Titre : Un Noël à Chambord
  • Genre : Essai
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 144
  • Parution : 30 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une voiture s’approche dans l’obscurité, elle roule prudemment sur les pistes sableuses de ce domaine grand comme Paris. Devant les cavaliers de la Garde républicaine, un homme, sans manteau malgré le froid cinglant, surgit. Autour de lui, cent hommes, des chiens, des sangliers morts et des dizaines de fusils chargés. L’homme écarte ses officiers de sécurité, il s’avance. Nous sommes le 15 décembre 2017, Emmanuel Macron est le premier président de la République à assister à un tableau de chasse.
Ainsi commence ce week-end à Chambord commence. La suite demeure un épais mystère. Aucune photographie officielle, un communiqué tardif et malhabile. Qu’est venu chercher, dans la Sologne marécageuse, le chef de l’Etat, accompagné de sa famille ? Ignore-t-il que tous ses prédécesseurs se sont méfié de ce château, où la monarchie faillit être restaurée ? Cinq cents auparavant, l’intrépide François 1er, que rien ne destinait au trône, a bâti ici ce miracle de pierres blanches. Il inaugurait son règne.
Dans ses pas, le jeune président ose tout. La promenade en calèche à pompons, le théâtre en costumes, le dîner dans le palais, les joggings en short et le déjeuner au bord de l’étang… Pendant deux jours, le président, qui n’a pas encore quarante ans, affronte-t-il l’Ancien régime ? Emmanuel Macron se croit invincible. Prudence, Chambord est un château vengeur…
Mêlant portraits, anecdotes, plongées historiques et confidences, Emilie Lanez nous offre un Noël gracieux, secret, où se retrouvent toutes les forces de l’ancien et du nouveau monde.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Chambord, décembre 2017. Une voiture arrive et débarque alors le président de la République, fraîchement élu, Emmanuel Macron. C’est un tableau de chasse auquel il s’apprête à assister. Mais qu’est-donc venu faire Macron à Chambord ? C’est le flou total. Émilie Lanez nous invite à découvrir les secrets de ce séjour et à pousser auprès de Macron les portes de ce château mythique, où François 1er inaugura son règne.

C’est un essai passionnant à bien des égards. Et pourtant, je ne pensais pas tant accrocher que cela au départ. Le récit débute par l’arrivée de Macron et par le tableau de chasse auquel il est le premier président à participer. Tout est décrit avec force détails. Difficile de savoir la part de recherches personnelles de la part de l’auteure ou la part de liberté qu’elle s’est accordée dans ces descriptions. Quoi qu’il en soit, cela ne pose pas de réel problème, puisqu’elle le fait de manière très habile.

L’auteure ne s’est pas juste arrêtée à nous raconter ce fameux week-end qui reste tout de même assez brumeux. Elle va également revenir sur François 1er et créer un parallélisme des plus intéressants entre le roi de France et l’actuel président de la République. C’est vraiment passionnant à suivre, puisque le tout est empli d’anecdotes curieuses. Incontestablement, Émilie Lanez a dû faire un grand travail de recherches en amont.

Le passé et le présent vont opérer une danse tout au long de ces quelques 150 pages, avec la chasse pour toile de fond. François 1er était un amateur de chasse à chambord et Emmanuel Macron l’a remise à l’ordre du jour à son tour quelques siècles plus tard. Émilie va revenir sur la volonté de Macron d’être du côté des chasseurs.

La plume de l’auteure est claire et précise. Malgré le peu de pages, elle a indubitablement su aller à l’essentiel. Cet essai est accessible à tous, il ne faut pas être un féru de politique pour s’y plonger. Au contraire, Émilie a tout fait pour que son récit soit adapté à tous.

Un essai passionnant, où l’auteure effectuera un parallélisme intéressant entre François 1er et Emmanuel Macron, avec pour toile de fond Chambord et la chasse. C’est plein d’anecdotes curieuses et très bien documenté. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Un hiver pour s’écrire

Un hiver pour s’écrire d’Angeles Doñate

  • Auteur : Angeles Doñate
  • Titre : Un hiver pour s’écrire
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 334
  • Parution : 13 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

S’écrire pour mieux s’aimer…

L’hiver arrive dans le petit village de Porvenir et, avec lui, une mauvaise nouvelle : le bureau de poste va fermer. Comme partout, la technologie a pris le pas sur les lettres et les gens ne s’écrivent plus.

Sara, mère célibataire de trois enfants, est la seule factrice du hameau. Elle s’apprête donc à quitter sa terre adorée pour la capitale. C’est compter sans la détermination de sa voisine et amie de quatre-vingts ans, Rosa, dont le coeur se brise à l’idée de son départ. La vieille dame concocte alors un plan pour sauver la poste de Sara en encourageant tous les habitants à se remettre à écrire des lettres! Déclarations d’amour, règlements de comptes et secrets enfouis sont soudain couchés sur le papier, bouleversant d’émotion tous les villageois.
Un roman charmant, qui nous parle du pouvoir des mots et des petits gestes qui apportent le bonheur dans nos vies.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Porvenir, un village de mille habitants en Espagne. Le service de poste où travaille Sara en tant que factrice est voué à disparaître. Et pour cause, malheureusement, plus personne ne s’écrit de lettres. Sara va donc être mutée à Madrid, loin de son village et de ses amis. Rosa, une vieille dame attachée à Sara, ne peut se résoudre à la voir partir. Elle va donc imaginer un procédé. En effet, elle va avoir l’idée d’une chaîne épistolaire sans précédent, pour que Sara soit toujours en mesure de travailler pour livrer les lettres.

C’est une lecture vraiment belle. J’ai été conquise, surtout par ce postulat de départ original et assez novateur. La chaîne épistolaire sera particulière. Rosa va d’abord écrire à Louisa, sa meilleure amie qu’elle a perdu de vue depuis soixante ans. La lettre va arriver entre les mains d’Alma, qui est la petite-fille de Luisa. Rosa va demander à sa destinataire de ne surtout pas briser cette chaîne. L’essentiel est de s’écrire, de ne pas répondre à l’envoyant mais plutôt d’envoyer un courrier à un nouveau destinataire. J’ai trouvé cela vraiment original.

Ce postulat de départ fournit donc un schéma narratif des plus intéressants. Les personnages recevant une lettre font leur appartition peu à peu dans le roman, et l’on apprend à les connaître et à s’attacher immanquablement à eux. Ils vont nous délivrer par petites touches leur passé. C’est une véritable tranche de vie des villageois présents à Porvenir que l’auteure nous propose. C’est empli de douceur et d’une grande sensibilité.

La plume est fluide et les lettres qui parsèment le récit sont un véritable point fort qui donne son caractère au roman. Les chapitres ne sont pas très longs, et le lecteur alterne avec le quotidien des divers personnages.

Un roman épistolaire qui apporte une petite touche d’originalité. C’est un roman empli de douceur et une fois dedans, on n’a plus envie de quitter les personnages de Porvenir. Une très belle lecture qui m’a émue à plusieurs reprises. Je recommande.

Ma note : 18/20

Essai

Une brève éternité

Une brève éternité de Pascal Bruckner

  • Auteur : Pascal Bruckner
  • Titre : Une brève éternité
  • Genre : Essai
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 272
  • Parution : 11 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Qu’est ce qui a changé dans nos pays depuis 1950 ? L’espérance de vie a augmenté de 20 à 30 ans, l’équivalent du total d’une existence au XVII° siècle. Passé la cinquantaine, l’animal humain connaît une sorte de suspension : plus tout à fait jeune, pas vraiment vieux, en apesanteur. C’est un sursis qui laisse la vie ouverte comme une porte battante. Formidable avancée qui bouleverse tout : les rapports entre générations, la question affective et familiale, le sens même de notre destin. Ce sursis est à la fois passionnant et angoissant. Il faut remplir cette moisson de jours supplémentaires. Les échéances raccourcissent, les possibles s’amenuisent mais il y a encore de la découverte, des surprises, des amours bouleversantes. Le temps est devenu un allié paradoxal : au lieu de nous tuer, il nous porte.Que faire de ce cadeau ambigu ? S’agit-il seulement de vivre plus longtemps ou plus intensément ? De recommencer ou de bifurquer ? Qu’en est-il du remariage, d’une nouvelle carrière ? Comment éviter la fatigue d’être, la mélancolie des crépuscules, comment traverser de grandes joies et de grandes douleurs ? Nourri à la fois de réflexions et de statistiques factuelles, puisant aux sources de la littérature, des arts comme de l’histoire, ce livre propose une philosophie de la longévité fondée non sur la résignation mais sur la résolution. En somme, un art de vivre cette vie en plus. N’y a-t-il pas une joie profonde à être encore vivants à l’âge ou nos ancêtres avaient déjà un pied dans la tombe ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Cinquante ans. C’est l’âge charnière où l’on n’est plus tout à fait jeune, mais pas complètement vieux. C’est l’âge entre deux rives. L’âge de la sagesse, mais aussi l’âge qui nous permet, à l’heure actuelle et grâce à l’espérance de vie en constante augmentation, de prendre un nouveau départ et de ne pas se complaire ni de se déprimer dans cette phase de la vie.

C’est ce qu’a analysé avec brio Pascal Bruckner dans cet essai. Il va donner la part belle à d’importantes questions relatives à cette tranche d’âge. Finalement, qu’est-ce qui revêt le plus d’importance ? Vivre longtemps ou intensément ? Se complaire dans un quotidien bien établi ou avoir la capacité de se refaire, tant sur le plan sentimental que sur le plan laboral ?

Ce texte est passionnant. L’auteur a parsemé son récit de réflexions très pertinentes mais surtout, j’ai ressenti beaucoup de personnalité dans ses propos. En effet, ils lui sont propres et j’ai eu la sensation qu’il nous parlait de ce qu’il ressentait vraiment. C’est très appréciable, puisque parfois, j’ai tendance à trouver les essais trop impersonnels.

La plume est abordable pour tous. D’un style clair et concis, Pascal Bruckner va nous livrer ses pensées sur un sujet délicat à traiter. Il le fait avec beaucoup de brio, se servant de son expérience personnelle. Peu importe la tranche d’âge dans laquelle se trouve le lecteur, il ne pourra qu’être intéressé.

Un essai très réussi sur la cinquantaine, cette tranche d’âge charnière qui amène beaucoup de questionnements, de remises en question. L’auteur parle clairement, nous donne les clés nécessaires pour comprendre où il veut en venir. C’est réussi et passionnant.

Ma note : 17/20

Essai

Le voyageur

Le voyageur d’Ulrich Alexander Boschwitz

  • Auteur : Ulrich Alexander Boschwitz
  • Titre : Le voyageur
  • Genre : Historique
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 336
  • Parution : 16 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

En novembre 1938, Otto Silbermann devient un homme traqué du jour au lendemain. Il a beau être un industriel respecté et ancien combattant de la Grande Guerre, rien n’arrête désormais ceux qui s’en prennent aux citoyens juifs allemands. Quand il se retrouve chassé de son appartement – son épouse aryenne est déjà partie se cacher à la campagne – il envisage d’abord de rejoindre son fils, en exil à Paris. Mais comment faire pour quitter le territoire quand les frontières sont bouclées et le pays en état d’urgence ? Il se résout à brader les parts qu’il possède dans sa société, puis, avec une serviette remplie de tout l’argent qui lui reste comme seul bagage, il tente de disparaître. De train en train, de gare en gare, son voyage se transforme en fuite effrénée. Il rencontre d’autres Juifs en danger comme lui, mais aussi des Allemands ordinaires et des Nazis convaincus.
Le voyageur est un témoignage littéraire unique de la situation en Allemagne au moment de cet événement que les manuels d’Histoire appellent aujourd’hui la « Nuit de cristal ». L’indifférence ou la haine d’un côté, la peur panique et la volonté de survivre de l’autre – aucun roman de l’époque n’a su capter avec autant de justesse et de force ce jour qui marquera pour toujours un point de basculement collectif dans l’Histoire européenne.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Allemagne, novembre 1938. Suite à la nuit de Cristal, Otto Silbermann, un Juif allemand, est obligé de prendre la fuite. Alors qu’il se trouve chez lui avec sa femme et un homme qui veut conclure une affaire avec lui, la police arrive pour effectuer une rafle. Silbermann a tout juste le temps de s’enfuir. Il va alors débuter une longue cavale pour tenter d’échapper désespérément à ceux qui désormais le traquent. De train en train, il déambulera sans but précis, si ce n’est celui de se sauver.

Je pense pouvoir affirmer que je n’ai jamais ressenti un tel sentiment d’angoisse pendant toute ma lecture. Ce roman m’a essoufflée, et j’ai eu cette peur intense tout au fil des pages. J’ai craint pour Silbermann, puisque je dois avouer que je me suis totalement attachée à lui. Voir comment peu à peu il se retrouvait spoilé de ses biens, mais surtout voir comment le regard des gens autour de lui changeait, m’a bouleversée. Silbermann m’a entraînée avec lui dans une fuite effrénée où j’ai peur à chaque instant qu’elle se termine par une arrestation.

C’est un récit d’une grande intensité que nous livre ici l’auteur. Mais c’est aussi une véritable dénonciation à laquelle il va se livrer. Silbermann va se convertir en un véritable symbole, celui de tous les opprimés qui luttent pour leur intégrité. Il est impossible de ne pas ressortir de ce roman avec un énorme sentiment de tristesse. Je sais que c’est un récit que je vais garder en tête.

Ce roman constitue presque un document exceptionnel sur cette terrible période. Je vous conseille fortement de lire la notice éditoriale et la postface de l’éditeur. En effet, ce récit a eu bien des difficultés à être publié, et est à bien des égards inspiré de faits que l’auteur a subis. Ce livre est un témoignage inestimable et au travers d’Otto, ce sont toutes les personnes ayant subi l’innommable qui sont représentées.

La plume de l’auteur est d’une fluidité énorme. Le texte défile à toute allure, et c’est vraiment un style plaisant à lire. C’est Silbermann qui va porter toute l’histoire. Les chapitres sont assez longs, mais cela se lit vraiment de manière fluide.

Un roman d’une valeur inestimable avec lequel j’ai eu des moments d’angoisse. Le personnage principal est touchant et c’est le symbole de tous les opprimés. J’ai totalement été prise dans cette histoire bouleversante qui ne peut laisser indifférent. Je ne peux que vous recommander de découvrir ce récit.

Ma note : 18/20

Essai

Pour l’amour du baroque

Pour l’amour du baroque de Patrick Barbier

  • Auteur : Patrick Barbier
  • Titre : Pour l’amour du baroque
  • Genre : Essai
  • Éditions : Grasset
  • Nombre de pages : 368
  • Parution : 6 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une histoire d’amour de plus de trente ans unit Patrick Barbier à l’époque baroque. Cet ouvrage en témoigne. Sous forme d’un dictionnaire de 60 entrées, l’auteur tente un tour d’horizon très personnel d’une époque passionnante quant à l’évolution des arts, de la musique, de la société et des mentalités. Il donne à ceux qui aiment le baroque, comme à ceux qui le connaissent mal, des clés de compréhension pour mieux apprécier les oeuvres et les lieux. Pourquoi la courbe, le contraste, l’éphémère, l’illusion ou la mort sont-ils les maîtres-mots de cette période? Quelles différences y a-t-il entre castrat et eunuque, contre-ténor et haute-contre, rocaille et rococo? Quelles sont les caractéristiques essentielles du premier courant artistique vraiment universel?
Dans un style vif, nourri d’anecdotes et d’exemples précis, Patrick Barbier n’aide pas seulement le lecteur à s’immerger dans le monde baroque, mais il en montre également les retombées actuelles dans les fêtes populaires, le cinéma, la joaillerie ou l’art contemporain.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Grasset pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Patrick Barbier, historien de la musique et écrivain, mais également passionné par l’art a décidé de nous plonger en plein dans le baroque au travers d’un essai comportant pas moins de soixante entrées, le tout d’une manière ludique et abordable pour tout les publics.

Je dois bien avouer que mes connaissances en matière d’art baroque sont assez restreintes et c’est avant tout l’envie de combler mes lacunes qui m’a donnée l’envie de découvrir cet ouvrage. Je peux parler d’une réussite pour ma part, puisque cet essai a totalement répondu à mes attentes, me faisant découvrir des notions dont je n’avais jamais entendu parler pour ainsi dire.

L’auteur va aborder des notions tant temporelles, musicales, sociétales, que des lieux, des mots propres à cette période artistique. Cet ouvrage est très enrichissant, et j’en ai appris énormément. L’auteur a su s’adresser à son public de manière simple et ludique.

La plume est tout à fait abordable. Cet ouvrage s’adresse aussi bien aux spécialistes qu’aux néophytes. Chaque entrée est de longueur très moyenne, mais aborde le principal. J’ai été immergée dans cette période artistique, et j’ai vraiment apprécié que Patrick Barbier ne réserve pas cet ouvrage aux connaisseurs uniquement. Toutes les entrées m’ont intéressée à leur manière. Évidemment, inutile de vous conseiller de ne surtout pas lire cet ouvrage d’une traite. C’est un essai à entrecouper avec d’autres livres pour ne pas en faire un trop-plein et risquer de gâcher toute la beauté de la lecture.

Une très belle découverte pour la néophyte que je suis en matière d’art baroque. L’auteur a su m’intéresser, et grâce à une plume abordable pour tous, découvrir ces notions a été un réel plaisir de lecture. Je le conseille tant aux fins connaisseurs, qu’aux simples amateurs. Un très beau livre.

Ma note : 17/20

Contemporain

Les amants météores – Rentrée littéraire

Les amants météores d’Éloïse Cohen de Timary

  • Auteur : Éloïse Cohen de Timary
  • Titre : Les amants météores
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 336
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Un soir, dans un bar, Marianne fait la rencontre de Virgile, un paysagiste talentueux, fantasque et homosexuel. Très vite, c’est l’évidence : ils s’aiment comme on ne s’aime qu’une fois. Des rues de Paris aux plages bretonnes, leur amour a le goût citronné et sec de la margarita, celui des huîtres iodées, des bons vins et des soirées déjantées ; leurs coeurs s’accordent au rythme de Patti Smith, Janis Joplin et de la variété italienne des années 80. Ensemble, Marianne et Virgile mènent une vie de fête et de gaieté, ils ont des projets d’avenir, et bientôt aussi le désir d’avoir un enfant. Jusqu’au jour où leur ciel va brusquement s’assombrir, et leur quotidien se muer en une lutte effrénée pour sauver l’amour et les rêves. Roman d’une passion fulgurante et incandescente, Les amants météores explore la grande histoire d’amour d’une vie, la fragilité du temps qui passe et la soif de liberté qui nous étreint.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Marianne, rédactrice pour un journal, reçoit pour mission d’interviewer un grand écrivain. Ce dernier lui donne rendez-vous dans un bar particulier. Alors que l’écrivain va à peine lui accorder quelques minutes de son temps et s’enfuir brusquement, elle va alors décider de rester boire un verre. C’est ainsi qu’elle va rencontrer Virgile, un homme homosexuel. Pourtant, l’attirance entre eux est immédiate et évidente. Tout dans cette relation sera fulgurance et passion.

Il va m’être très difficile de vous parler de cette lecture et de vous donner envie de lire ce roman sans spoiler des événements, qui à mon avis doivent rester secrets, pour vous laisser la pleine découverte de cette relation passionnelle entretenue par Marianne et Virgile. Sachez juste que je pense pouvoir affirmer que je suis rarement sortie aussi bouleversée d’une lecture.

Je pensais lire une romance, mais l’auteure m’a emmenée là où je n’imaginais pas, et ses mots se sont frayés un chemin empli d’embûches, de bouleversements, de retournements de situation. Je ressors sonnée, chamboulée. Je n’arrive pas à me sortir cette histoire de la tête, c’est vous dire à quel point c’est profond.

Le postulat de départ paraît assez simple. Eloïse nous parle d’une magnifique histoire d’amour, qui à priori n’avait aucune raison de débuter, puisque Virgile est homosexuel. Elle nous décrit ce tourbillon de sentiments qui pousse Virgile dans les bras de Marianne. C’est un amour irrépressible et le titre du livre prend toute son envergure. Il s’agit vraiment d’amants météores. C’est raconté avec une délicatesse inouïe et beaucoup de justesse.

Sans vous spoiler quoi que ce soit, sachez que malheureusement, ce couple devra faire face à l’adversité. Et là, l’auteure aborde plusieurs thématiques qui sont finalement peu présentes dans les romans d’aujourd’hui. Elle le fait avec brio, et la situation de Marianne m’a touchée au-delà de ce que je pouvais imaginer.

Tout m’a plu dans cette romance, qui est à mon sens l’une des plus belles et des plus tristes que j’aie pu lire dernièrement. L’auteure a su brosser des personnages délicats, forts, mais avec leurs doutes et leurs faiblesses. Elle a réussi à les rendre profondément humains et si vous vous immergez totalement dans cette histoire, il vous sera impossible d’en ressortir indemnes.

La plume est d’une grande délicatesse. Avec un style sans fioriture, mais tout en douceur, l’auteure nous décrit les sentiments et les émotions avec une rare acuité et une grande sensibilité. Tout sonne juste dans ce récit. Pas de pathos, pas de surplus, pas d’invraisemblances.

Je pensais lire une simple romance et finalement, je me suis vite rendue compte que ce roman serait un pur chamboulement pour moi. L’auteure nous dépeint une histoire d’amour bouleversante, toujours avec la justesse de sa plume affûtée. Une véritable pépite dont on ne ressort pas indemne.

Ma note : 18/20

Non classé

Une autobiographie

Une autobiographie d’Agatha Christie

  • Auteur : Agatha Christie
  • Titre : Une autobiographie
  • Genre : Autobiographie
  • Éditions : Le Masque
  • Nombre de pages : 670
  • Parution : 30 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé


 » Je suis censée m’atteler à un roman policier mais, succombant à la tentation naturelle de l’écrivain d’écrire tout sauf ce dont il est convenu, me voilà prise du désir inattendu de rédiger mon autobiographie.
Cette irrépressible envie nous guette tous tôt ou tard, me suis-je laissé dire. Elle m’est venue d’un coup. D’ailleurs, autobiographie est un bien grand mot. Il suggère l’étude soigneusement pensée de toute sa vie. Il implique de ranger les noms, les dates et les lieux en un ordre chronologique rigoureux. Or, ce que je veux, moi, c’est plonger au petit bonheur les mains dans le passé et les en ressortir avec une poignée de souvenirs variés.
Voilà une des compensations, et non des moins plaisantes, qu’apporte l’âge : se rappeler. Le premier souvenir qui me vient à l’esprit est celui, très distinct, où je me promenais dans les rues de Dinard avec ma mère un jour de marché…  » Introuvable depuis plus de vingt ans, l’autobiographie de ce génie du crime littéraire que fut Agatha Christie éclaire d’un jour nouveau, non seulement la vie d’une femme qui s’ingénia à se cacher derrière ses œuvres, mais également celle du XXe siècle, qui de guerres en conquêtes, consacra dame Agatha comme un des auteurs les plus lus dans le monde !

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Le Masque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce livre.

Agatha Christie est à n’en pas douter l’une des plus grandes écrivaines de romans policiers et a assurément révolutionné le genre littéraire, avec des centaines d’écrits. À chaque fois qu’on la mentionne, on pense inévitablement à ses deux héros phares, Hercule Poirot et Miss Marple. Mais Agatha Christie ne s’est pas cantonnée à cela. Pour preuve, voici son autobiographie, relatée de manière exhaustive.

Je peux dire que, si je suis une adepte de ses récits, je connais très mal la facette en tant que femme de son époque d’Agatha. Je peux donc considérer que cette autobiographie remplit parfaitement mes attentes quant à cette sphère, et que je ressors plus riche de l’univers d’Agatha.

Ce récit n’est pas à lire d’une traite. Non, surtout pas, au risque de dénaturer le plaisir de la découverte du destin de cette grande femme. Il faut prendre son temps et le lire par petits bouts. D’ailleurs, j’avoue avoir lu quelques fois bien moins que je ne l’aurais souhaité. C’est un récit où il faut prendre son temps.

Agatha, née à l’époque victorienne, va nous narrer sa petite enfance. Elle va nous raconter son cheminement pour réussir à devenir cette auteure de renommée. Elle va nous confier ses influences, et comment ont été crées Hercule Poirot et Miss Marple. C’est très complet à ce niveau.

J’ai par contre été déçue de ne pas avoir vu le thème de sa fugue mystérieuse abordé. Décidément, cela reste brumeux et difficile d’en savoir plus. J’aurais aimé qu’elle y fasse référence et qu’elle s’arrête peut-être moins sur des détails que je n’ai pas forcément trouvés judicieux. Mais si elle en a parlé dans son autobiographie, cela suppose bien évidemment que lesdits détails reflétaient une importance pour elle.

La plume est fidèle au style d’Agatha. Si vous avez déjà lu certains de ses romans, vous ne serez pas surpris d’y retrouver la concision et la clarté dont elle sait faire preuve. C’est relaté d’une manière intéressante, et le manque de chronologie claire dans le récit ne m’a pas posé un problème majeur.

Une autobiographie pour découvrir l’une des plus grandes écrivaines de romans policiers. Agatha Christie s’est montrée exhaustive, c’est passionnant à suivre, et malgré quelques détails dont j’aurais pu me passer, je ressors enrichie de ce récit.

Ma note : 17/20

Classique

L’obscène oiseau de la nuit

L’obscène oiseau de la nuit de José Donoso

  • Auteur : José Donoso
  • Titre : L’obscène oiseau de nuit
  • Genre : Classique
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 640
  • Parution : 17 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

D’après Hector Bianciotti, José Donoso s’inspire d’un événement vécu (la vision fugitive d’un enfant difforme dans une voiture de luxe) et d’une légende remontant au XVIIIe siècle et qui concerne les Aizcoitia, une grande famille de propriétaires. Inés, leur seule fille parmi dix enfants, était une sorcière ; ils l’ont fait enfermer dans une couvent pour recluses où elle finit sa vie en sainte. Dans le roman, cette institution, délabrée, existe toujours et y vivent des vieilles femmes dont on ne sait si elles sont des domestiques, des guérisseuses ou des sorcières. Le dernier descendant des Azcoitia, Don Jerónimo, n’a pas d’enfant, et une sorcière intervient pour faire naître un fils. Celui-ci est difforme. Pour le protéger, Jerónimo crée dans un de ses vastes domaines une société de monstres où la difformité est vécue comme étant la normalité.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Humberto, issu d’une famille humble, voue une admiration sans borne à Jeronimo Azcoitia. Cette attraction poussera Humberto à donner le meilleur de soi-même pour décrocher le poste de secrétaire auprès de Jeronimo. Commence alors un long changement de personnalité de la part d’Humberto, pour ressembler au plus près à la personne qu’il idolâtre tant.

C’est un bien maigre résumé et peu représentatif du cheminement tortueux de l’intrigue que je vous livre ici, tant la densité de ce roman est inouïe. Je ne suis pas spécialement au fait de la littérature de José Donoso, et je dois bien dire que j’ai du aller me renseigner à son sujet, tant j’ignorais quasiment tout de cet écrivain. Et pour cause, inexplicablement, ce roman est passé quelque peu inaperçu à l’époque de sa sortie.

La première de couverture nous annonce qu’il s’agit là de l’un des meilleurs romans hispanophones de tous les temps. Évidemment, il ne m’en fallait pas plus. Et mon rendez-vous avec la plume de cet auteur est passé par toutes les étapes possibles et imaginables. En effet, j’ai ressenti la peur de ne pas savoir apprécier la juste valeur de ce récit, le commencement d’un attachement unique avec ce style particulier, pour finalement finir conquise par l’univers proposé. Mais que de chemin parcouru pour en arriver, là, je dois bien le dire.

Ce roman est véritablement une expérience de lecture comme je n’en ai jamais eue. Il faut impérativement qu’en tant que lecteur, vous acceptiez de vous laisser porter par ce récit et que vous acceptiez le fait de ne pas tout maîtriser, voire comprendre. C’est ce que j’ai essayé de faire au départ et j’ai eu énormément de mal à rentrer dans l’univers proposé par Donoso. C’est parfois si irréel, si onirique, que je me suis demandée si réellement cela valait le coup de poursuivre cette lecture. La réponse est un grand oui, pour peu que j’ai accepté de me laisser porter.

Au travers de la narration de Mudito, l’auteur égrène une intrigue compliquée, particulière, d’une rare densité. Je ne sais pas si j’ai toujours compris ce que voulait faire passer l’auteur, ou si simplement il a laissé plus d’une fois discourir ses pensées au gré du papier. Malgré tout, l’histoire est remarquable et réellement complexe. On ne peut pas reprocher un manque de profondeur ici, loin de là.

La plume m’a paru vraiment belle, poétique même par moments. Elle est très en accord avec les autres romans hispanophones de l’époque contemporaine de Donoso. Ce n’est pas une plume compliquée, ce sont plutôt les cheminements que prend Donoso qui le sont, rendant cette lecture peu aisée, il faut bien le dire.

Un roman d’une rare densité qui constitue une réelle expérience de lecture. Il ne faut pas être pressé pour lire ce récit, et surtout, il faut accepter de se laisser porter, sinon il vous sera impossible d’apprécier ce livre. Même s’il est âpre à la lecture, il en vaut vraiment la peine, et c’est dommage de ne pas le découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

Les affamés et les rassasiés

Les affamés et les rassasiés de Timur Vermes

  • Auteur : Timur Vernes
  • Titre : Les affamés et les rassasiés
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 528
  • Parution : 17 octobre 2019
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Résumé

2020 et des poussières. L’Europe a fermé ses frontières et, comme des centaines de milliers de ses compatriotes, Lionel est coincé dans un immense camp de réfugiés aux confins de l’Afrique, sans le moindre avenir.
Résolu à se rendre en Allemagne coûte que coûte, Lionel élabore alors un projet fou : marcher 10 000 kilomètres jusqu’en Europe, en compagnie de ses 150 000 compagnons d’infortune. Le tout sous les caméras d’une émission de téléréalité allemande et suivi de près par une foule de journalistes, d’hommes d’affaires et de mafieux en tout genre, bien décidés à capitaliser sur ce long cortège de misère humaine.
En Allemagne, c’est la panique. Une horde d’envahisseurs venus d’ailleurs s’apprête à franchir les portes de l’Europe ? Jamais ! Les politiciens s’affairent, les journalistes polémiquent et la population s’émeut.
Et tandis que tous tergiversent, les marcheurs arrivent enfin…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

2020 et des poussières. Lionel, un réfugié, va entamer le projet fou d’une marche sans précédents aux côtés de 150 000 autres compagnons d’infortune. Ils auront pour but de rejoindre l’Allemagne. Pour tout cela, ils seront filmés pour une émission de télé-réalité, dirigée par l’une des stars en vogue de la télévision allemande.

Je ressors totalement essoufflée de ce roman qui ne m’a pas laissé une once d’espoir, que j’ai trouvé bouleversant, tragique et à la fois d’une originalité sans commune mesure. L’auteur aborde ici des thématiques qui sont d’actualité et les entremêle pour nous proposer quelque chose d’inédit. Je n’avais encore jamais croisé la route d’un roman aussi particulier.

Je ressors conquise, je dois bien l’avouer. Malgré tout, je dois également admettre ressortir avec une pointe d’amertume. Le sujet est dur, délicat et j’ai été bouleversée à bien des reprises par le destin tragique des réfugiés. L’auteur ne va pas nous épargner.

J’ai eu parfois bien du mal à distinguer cette frontière entre fiction et réalité, tant j’ai été prise dans l’histoire. L’auteur a su m’immerger totalement, et je n’ai eu qu’empathie et tristesse. L’auteur nous confronte à la cruauté de l’Homme, nous montrant le peu de scrupules dont certains font preuve face à la misère et à la détresse. Mais tout n’est pas manichéen, et les personnages ont chacun leur part d’ombre.

La plume est très plaisante. Je ne connaissais pas l’auteur mais je serai très curieuse de découvrir son précédent roman. Par contre, je me dois tout de même d’émettre un petit bémol quant à la lentenur de la mise en place de l’intrigue. J’ai trouvé que l’auteur prend trop de temps à mettre en place la base de son histoire. Il ne faut pas se décourager au début. Cela part un peu dans tous les sens, avec tous les personnages qui nous sont présentés et les changements de décor. Une fois que tout est mis en place, le roman devient très difficile à lâcher.

Un postulat de départ des plus originaux, un roman qui m’a totalement immergée, ne pouvant m’empêcher de ressentir toutes les émotions à fleur de peau, tout au fil des pages. Ce roman m’a bouleversée et je ne peux que vous le conseiller.

Ma note : 18/20