Historique

L’Automne avec Brahms

L’automne avec Brahms d’Olivier Bellamy

  • Auteur : Olivier Bellamy
  • Titre : L’Automne avec Brahms
  • Genre : Historique
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 3 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

À vingt ans, beau comme un demi-dieu, Brahms fait une rencontre qui va changer sa vie et le cours de l’histoire de la musique. Schumann célèbre son génie, tandis que le jeune homme tombe amoureux de Clara Schumann – la femme du compositeur et la plus grand pianiste de ces années.

Une tragédie succède à cette épiphanie : Schumann est enfermé, il meurt, et le destin de la musique allemande échoit entre les mains de Brahms.

Alors que le monde de l’art ne jure plus que par l’innovation et le progrès, Brahms va se lever, seul contre tous, et démontrer qu’on peut aller encore plus loin en regardant derrière soi. Chantant les beautés de la nature et puisant au plus profond de lui-même, il écrira la musique la plus parfaite et la plus originale qui soit.

Après Un hiver avec Schubert, Olivier Bellamy guide le lecteur dans l’oeuvre et l’histoire de Brahms en 44 textes ciselés, documentés et sensibles. Le compositeur le plus secret de son époque nous devient aussi proche qu’un membre aimé de notre propre famille…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Johannes Brahms est sans aucun doute l’un des plus grands compositeurs de l’époque romantique. Il a entretenu une relation étroite avec Schumann et son épouse Clara, qu’il admire profondément. C’est lorsque Schumann se fera interner dans un asile psychiatrique, que les liens entre Clara et Brahms vont s’intensifier au profit de créations musicales. L’admiration de Brahms va au-delà de la simple admiration, et c’est cette relation ambiguë qui sera mise en exergue dans ce beau roman.

L’auteur nous offre 44 tranches de vie de ce grand compositeur, pour nous permettre à nous, lecteurs, de mieux le connaître et de mieux l’appréhender. Le tout est décrit avec une grande délicatesse et nous permet, que l’on soit néophyte ou pas, d’en apprendre énormément sur ce grand compositeur.

L’auteur ne part pas dans le compliqué et n’a pas la vocation d’avoir fait de son écrit un essai. Il s’agit plutôt de mettre en exergue les moments importants de la vie de Brahms, le tout de manière romancée et douce. Je me suis laissée porter par ce beau texte.

La plume est fluide, simple et va droit à l’essentiel. Elle est d’une grande délicatesse et emplie de sensibilité. Les chapitres sont assez courts, donnant du rythme à ce récit.

La vie et l’œuvre de l’un des plus grands compositeurs de l’époque romantique sera mise en avant, le tout servi par une plume délicate et fluide. Très facile à suivre, j’ai été fascinée par ce beau récit.

Ma note : 17/20

Romance

Un deal pas très catholique

Un deal pas très catholique de Sophie Lim

  • Auteur : Sophie Lim
  • Titre : Un deal pas très catholique
  • Genre : Romance
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 274
  • Parution : 28 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Julie, élève de terminale de 18 ans, travaille secrètement comme serveuse dans un club de striptease. Théodore, un garçon de son lycée beau mais sadique, s’y rend un soir avec un ami. Pour s’amuser, il se montre entreprenant et tactile avec elle, sans se rappeler qu’il l’insulte régulièrement lorsqu’il la percute avec son skate ou ses rollers dans les couloirs de l’école. Pour l’éconduire, Julie lui donne un faux nom et un faux numéro de téléphone, ce qu’il ne tarde pas à découvrir. Pour se venger et éviter un mariage arrangé avec Alix, une fille de sa classe qu’il utilise comme sex friend à côté de ses conquêtes, Théodore va proposer à Julie un deal difficile à refuser : il taira son secret si elle accepte de se faire passer pour sa fiancée…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. Julie entame son année de terminale. Pour arrondir ses fins de mois, elle va secrètement travailler dans un club de strip-tease, le week-end. De son côté, Théodore, étudiant dans le même établissement scolaire que Julie, se retrouve forcé par son père à se marier avec Alix, ce dernier jugeant qu’il s’agit d’un excellent parti pour son fils. En se rendant un soir au club de striptease, Théodore reconnaît julie, et décide alors de mettre en œuvre un plan qui lui permettra d’échapper à cette alliance forcée dont il ne veut pas. Grâce à un chantage indécent, il fera croire à son père qu’en fait il est déjà fiancé avec Julie. Cette dernière, ayant peur que Théo révèle à tout le monde son travail, devra jouer le jeu bien qu’elle ne le supporte pas.

Voilà un roman qui constitue à lui seul un véritable mélange de genres des plus réussis. Entre romance, roman feel good et roman largement inspiré des shojos matures, Sophie Lim dévoile une large palette de son talent.

Il est impossible de s’ennuyer à la lecture de ce récit qui fera la part belle aux coups bas, aux petites vengeances et aux sentiments emmêlés. J’avoue que, si d’emblée j’ai réussi à m’attacher à Julie, je n’ai tout simplement pas pu encadrer le personnage de Théodore. Imbu, fier, irrespectueux, maître-chanteur et j’en passe. Bref, il avait tout pour me déplaire, et pourtant, c’est là où réside la maturité littéraire de Sophie. Elle a su faire évoluer son personnage, au fur et à mesure de l’intrigue. Cela lui octroie beaucoup de relief, et il est loin d’être statique.

Le tout se lit avec facilité et les rebondissements sont légion dans cette romance. J’ai tour à tour été ulcérée, fâchée, attendrie, touchée. La palette des émotions est vaste. Mais surtout, Sophie a réussi à me faire sourire plus d’une fois. Ce roman est blindé de clins d’œil et de références aux personnes de notre génération. Il faut dire que Sophie et moi sommes dans la même tranche d’âge à quelques jours près, et cela m’a rendue peut-être plus sensible.

L’histoire va à toute vitesse et Sophie maîtrise son suspense et les rebondissements. Les coups bas se multiplient et vraiment, j’ai été conquise par la fin, de laquelle je n’en dirai pas plus, bien évidemment. Elle aura su me ravir.

La plume est impeccable, et là, je tiens tout particulièrement à le mettre en avant. Trouver un texte de cette qualité dans l’auto-édition, tant dans la sphère de l’orthographe que celle de la syntaxe et de la ponctuation est malheureusement denrée rare. Ici, il n’y a rien à redire à part remercier Sophie d’avoir offert un texte de cette qualité à son lectorat.

Une romance inspirée des shojos matures, avec une petite touche d’érotisme, des personnages hauts en couleur et des rebondissements à foison. Voilà les ingrédients de ce roman qui m’aura captivée et fait passer un excellent moment de lecture. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

Monologues de l’attente

Monologues de l’attente d’Hélène Bonnaud

  • Auteur : Hélène Bonnaud
  • Titre : Monologues de l’attente
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 250 pages
  • Parution : 6 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Par une semaine glaciale de février, sept personnages se rendent chez leur psychanalyste et s’installent dans la salle d’attente. Il y a Daniel, délaissé par une mère qui lui préfère son jeune frère, Sandra, toujours en retard pour sa séance, ou encore Laurent, bouleversé par cet étrange cauchemar qu’il a fait la veille… Dans ce moment d’entre-deux, sorte de sas entre la vie quotidienne et la vie intérieure, leurs pensées vagabondent et leurs sentiments sont décuplés par cette attente dont ils ne savent pas exactement quand elle prendra fin. Tandis que la parole se déroule, se projette, entre réalité et fantasme, entre angoisse et espoir, ce sont les mystères de l’inconscient que l’on découvre, mais aussi sa logique implacable et sa drôlerie. En quelques mots, nous entrons dans l’intimité de chacun et, au-delà, dans la complexité et la richesse de la pensée humaine.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Sept personnes qui attendent leur tour dans la salle d’attente de leur psychanalyste. Tel est le postulat de départ de ce court recueil de nouvelles qui va explorer en profondeur la psychologie de ces sept personnages.

Toutes ces nouvelles ont le même point d’orgue, à savoir la psychanalyse. Ces personnages se retrouvent donc en train d’attendre leur tour, et nous allons découvrir leurs pensées les plus profondes, puisqu’ils vont se livrer à un monologue intérieur.

En tant que lecteur, on assiste donc aux raisons qui ont pu pousser nos protagonistes à faire appel à un spécialiste. Les monologues sont très profonds, très riches et denses. Beaucoup de références sont faites à Freud et à Lacan. Inutile de vous dire que pour apprécier cet ouvrage à sa juste valeur, il faudra impérativement s’intéresser un minimum à ce qui touche à la psychanalyse.

Pas d’inquiétude à avoir au niveau du jargon, tout reste parfaitement abordable. Ces personnages se livrent avec pudeur et avec sincérité, en usant de l’émotion la plus profonde. Le tout est donc facile à suivre.

La plume est délicate et élégante. Les nouvelles ne sont pas longues et vont droit à l’essentiel.

Une très belle découverte littéraire, axée sur la psychanalyse, au travers de sept personnages qui vont se livrer à un monologue intérieur. C’est profond et très réussi.

Ma note : 16/20

Thriller

Lost man

Lost man de Jane Harper

  • Auteur : Jane Harper
  • Titre : Lost man
  • Genre : Thriller
  • Editions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 416
  • Parution : 28 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Après des mois de silence, Nathan et Bub Bright se retrouvent sur la frontière séparant leurs ranchs, au coeur aride de l’Outback australien. Leur frère Cameron gît à leurs pieds, mort de soif. Sur ces terres isolées et suffocantes, à trois heures de voiture les uns des autres, aucune autre âme ne vit dans les environs. Alors pourquoi Cameron aurait erré sous le soleil implacable jusqu’à en mourir ?

L’enfant du milieu et le favori avait récemment repris la propriété familiale. Nathan et Bub vont y retrouver ceux qu’il a laissés derrière lui : sa femme, ses filles, leur mère, et quelques employés. Mais alors que commence le deuil, Nathan se met à avoir des soupçons, qui le forcent à remuer de terribles secrets de famille. Car si quelqu’un est responsable de la mort de Cameron… les suspects se comptent sur les doigts d’une main.

Une intrigue puissante et brutale, qui prend place dans un paysage à couper le souffle. Après Canicule et Sauvage, Lost Man confirme que Jane Harper est une nouvelle voix exceptionnelle du thriller.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Australie, au cœur aride de l’Outback. Les deux frères Nathan et Bub vont se retrouver après plusieurs mois en raison de la mort tragique de leur frère Cam. En effet, ce dernier est retrouvé gisant sur cette terre isolée, et apparemment mort de soif. Que lui est-il donc arrivé pour perdre ainsi le sens de l’orientation et déambuler en pleine canicule dans ce paysage désertique ?

Quel roman magistral ! Je ne connaissais pas du tout cette auteure et c’est donc une totale découverte de son talent pour ma part. Inutile de vous dire que je vais me précipiter sur ses précédents écrits. L’auteure a su me happer de la première à la dernière ligne. C’est un véritable page-turner, à l’ambiance pesante et suffocante.

L’auteure a planté son décor en plein de l’Outback australien et j’ai été fascinée. Elle a su retranscrire une ambiance pesante. C’est un véritable huis-clos, malgré les grandes étendues qui parsèment les pages, et cela fait un effet des plus bizarres. C’est grisant, et je me suis totalement immergée dans ce roman d’atmosphère.

Ici, point de rapidité dans le déroulé de l’intrigue. L’auteure va vraiment nous dévoiler les pans de son histoire par toutes petites touches. Elle va analyser les relations familiales et mettre à nu les personnages. Peu à peu, les secrets vont être dévoilés, les rancunes vont refaire surface. Je suis très friande de ces romans qui mettent en avant les relations familiales, qui les explorent. Ici, c’est très réussi.

Les personnages sont forts et complexes. Pas de manichéisme ici, ce qui est fort appréciable. Ils sont tous torturés à leur manière et portent l’histoire à bout de bras. Je reste admirative devant la peinture familiale réussie qu’a su nous livrer Jane Harper. Elle passe toutes les émotions au crible. C’est d’une densité incroyable.

La plume est parfaite. Il faut dire que l’intrigue se dévoile peu à peu, et que pourtant, la manière d’écrire de l’auteure est très addictive. Les chapitres sont de taille moyenne, et cela favorise un bon rythme, sans créer de cassures.

Une véritable plongée en Australie, dans ses contrées désertiques. Un huis-clos unique malgré tous les paysages à perte de vue. Deux hommes unis en quête de vérité pour ainsi découvrir ce qui est arrivé à leur frère. Magistral. À découvrir.

Ma note : 18/20

Contemporain

La fragilité des rêves

La fragilité des rêves de Dimitri Demont

  • Auteur : Dimitri Demont
  • Titre : La fragilité des rêves
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Librinova
  • Nombre de pages : 222
  • Parution : 21 décembre 2018
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Mila a grandi anonymement dans la banlieue parisienne sans jamais trouver l’affection qu’elle recherche. Clarisse s’ennuie dans son village des Alpes et couche avec des touristes pour pimenter son quotidien. Olympe vient d’arriver à Bombay, bien décidée à faire carrière après avoir trop longtemps stagné. Ces trois femmes poursuivent chacune un rêve, plus ou moins secrètement.

Mais les rêves sont fragiles, malicieux, agiles : ils se rapprochent et s’éloignent, apparaissent et disparaissent. Les trois héroïnes vont toucher le leur du bout des doigts, mais elles seront rattrapées par une dure réalité. Une histoire d’amour inattendue, une aventure indélébile, un coup de pouce professionnel… qu’en restera-t-il à la fin ?

Dans ce triptyque de nouvelles, Dimitri Demont dresse le portrait de trois femmes aux aspirations différentes. Entre l’imaginaire et la réalité, le conte et la nouvelle, l’auteur pose un regard tendre mais implacable sur trois destins qui basculent.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Librinova pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Il s’agit ici d’un triptyque de nouvelles mettant en scène des femmes et ayant pour point d’orgue leurs aspirations et leurs frustrations. Nous retrouverons donc Mila, Clarisse et Olympe.

J’ai tout simplement été conquise par ce postulat de départ, mais surtout la qualité dont fait preuve l’auteur pour nous livrer trois tranches de vie, le tout sans fard, et avec beaucoup de tact malgré tout.

J’ai ressenti beaucoup d’émotions et Dimitri a su m’interpeller à plusieurs reprises, me poussant à la réflexion et au questionnement. J’ai été particulière touchée par l’histoire d’Olympe, même si les deux autres ne sont pas en reste. En partant du destin à l’étroit de ces trois femmes, l’auteur a su tisser une intrigue intelligente pour chacune d’entre elles. Je n’ai pas pu rester indifférente.

La plume m’a séduite et surtout, j’ai apprécié d’avoir sous les yeux un texte de cette qualité, sans fautes, que ce soit au niveau de l’orthographe ou de la syntaxe. Le tout est en prime très bien écrit. C’est donc une totale réussite.

Un triptyque de nouvelles mettant en avant des femmes fortes à qui le quotidien ne fait pas de cadeau. Trois beaux portraits avec pour toile de fond les rêves, leurs réalisations et la frustration engendrée parfois. À découvrir.

Ma note : 17/20

Historique

La petite voleuse de la soie

La petite voleuse de la soie de José Frèches

  • iciAuteur : José Frèches
  • Titre : La petite voleuse de la soie
  • Genre : Historique
  • Éditions : XO
  • Nombre de pages : 339
  • Parution : 31 octobre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est

Résumé

Quelques œufs de ver à soie et graines de mûrier… et voilà qu’un secret jalousement gardé en Chine pendant des millénaires finira par être divulgué au dehors de la Grande Muraille, ce qui entraînera la chute de la puissante dynastie des Han.

Nous sommes au IIIe siècle de notre ère, et la « petite voleuse de la soie » s’appelle étoile du Nord. Menacée de mort, cette brodeuse aux doigts d’or fera le bonheur d’un roitelet du Khotan et la richesse de cette oasis, l’un des plus anciens pays bouddhistes.

Sa fuite est le début d’une étourdissante cavalcade sur la légendaire route de la soie, épopée pleine de rebondissements, de fureur et de sensualité, où le lecteur croisera, tour à tour, un vieil ermite taoïste, un général sans peur ni scrupules, un empereur autiste et une redoutable Persane.

Avec ce roman, José Frèches nous fait partager sa passion pour la Chine. Il nous montre combien la soie était, pour tous les Chinois, une étoffe sacrée, symbole de beauté, de douceur, mais aussi de rayonnement et de domination.

Jusqu’à ce qu’un coup de foudre ne vienne tout renverser…

Un grand roman au cœur des mystères de la Chine

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions XO pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Chine, IIIe siècle de notre ère. L’Empire garde jalousement un secret, en l’occurrence celui de la soie et de ses origines. C’est dans ce contexte que nous allons retrouver Étoile du Nord, qui après avoir perdu sa maman, va être séquestrée pour travailler dans un atelier et ainsi dévider les cocons de soie, pour ensuite tisser les fils de cette étoffe prisée qui en découleront. Durant le périple littéraire que nous offre José Frèches, nous croiserons la route de plusieurs personnages qui de leur côté, contribueront à tisser les fils d’une intrigue peuplée de traditions, de trahisons, d’amour, et de secrets.

José Frèches est un véritable passionné de la Chine antique, et cela transparaît à chaque page de cet ouvrage. En effet, l’immersion est totale, et j’en ai appris beaucoup quant aux traditions et aux croyances séculaires de l’époque. Ce roman est parsemé de références toutes plus instructives les unes que les autres, et le grand plus réside dans le fait que l’auteur a créé des notes pour tout nous expliquer en détail. Dès qu’un terme inconnu nous apparaît lors de notre lecture, il trouve son explication grâce aux éclaircissements de l’auteur. Je ne me suis donc jamais sentie perdue et j’ai eu l’impression d’une lecture intelligente.

L’intrigue est bien menée, même si j’avoue que j’aurais souhaité la voir un peu plus romancée et étoffée. J’ai eu parfois l’impression de tenir entre mes mains un essai sur l’importance de la soie dans la Chine antique, et non pas un roman histoirique. Il y a certes beaucoup de rebondissements, mais j’aurais aimé davantage d’implication et de profondeur dans cette intrigue.

J’ai été fascinée par tout ce qui touchait à la soie, et j’ai lu avec grand plaisir les passages concernant cette étoffe. Je me suis totalement attachée à Étoile, qui est, à n’en pas douter, un personnage féminin fort et affirmé. Beaucoup de personnages secondaires viennent compléter le tableau, et l’intrigue part vraiment dans beaucoup de directions différentes, mais parfois de manière un peu trop survolée.

La plume est dynamique, et les petits chapitres favorisent une bonne dynamique. Je me suis laissée entraîner par ce que nous proposait l’auteur, et sans même m’en rendre, j’en ai appris énormément.

Entre traditions, trahisons, alliances, secrets, amours contrariées, avec pour toile de fond la Chine antique, l’auteur aborde une thématique passionnante, à savoir tout ce qui concerne la soie, cette étoffe prisée et soyeuse. Un roman historique à la frontière de l’essai parfois, mais qui n’en reste pas moins passionnant.

Ma note : 16/20

Thriller

Un verre couleur de temps

Un verre couleur de temps de Sophie Nicholls

  • Auteur : Sophie Nicholls
  • Titre : Un verre couleur de temps
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Préludes
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 6 novembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ella Moreno séjourne à Venise, dans l’appartement de sa tante artiste, Valentina, qui habite un antique palazzo de la cité des Doges. Tandis qu’elle se promène à travers le dédale des ruelles et explore les multiples cafés et églises de la ville, elle trouve dans une boutique un mystérieux portrait représentant Augusta Franzi, fille d’un marchand de café du XVIIe siècle, et Luca Verzilini, un souffleur de verre. Frappée par la ressemblance entre Augusta et Valentina, Ella va découvrir des liens troublants entre le tableau et le passé de sa tante. Et le destin de la jeune femme pourrait bien en être bouleversé.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Préludes pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Venise. Ella est en voyage afin de faire des recherches pour son prochain roman. Elle sera logée chez sa tante Valentina. Dans le train, elle fera la connaissance d’un italien des plus extravagants, Cato, qui possède un petit magasin de babioles. Il va lui proposer de se rendre dans son commerce, et là, la jeune fille va découvrir un tableau d’une femme ayant vécu au XVII ème siècle, et qui ressemble trait pour trait à sa tante. Elle va donc décider de mener l’enquête.

Ce roman a été une énorme déception pour ma part. Je n’ai jamais su rentrer pleinement dans cette histoire, et j’avoue m’être même parfois ennuyée. J’en attendais peut-être beaucoup trop. Rien qu’à la couverture magnifique, j’ai craqué. Mais je me rends compte que ce roman fait partie d’une saga reprenant les mêmes personnages. Avoir lu ce volet sans avoir découvert les précédents a peut-être été une erreur de ma part. Je pense avoir beaucoup perdu de l’essence même de cette histoire.

Il y a certains moments où je me suis retrouvée perdue et je ne comprenais pas vraiment certains passages, que j’ai trouvé appartenir au domaine fantastique à plusieurs reprises. Je suis restée détachée à ce que nous proposait l’auteure, même si l’atmosphère à Venise est assez bien rendue.

Mais surtout, ce qui a fait défaut dans ce livre, pour ma part, c’est la lenteur avec laquelle l’auteure nous déroule les fils de son intrigue. Cela traîne beaucoup trop en longueur, et arrivée à presque la moitié de l’intrigue, je me suis demandée si réellement cela allait démarrer à un moment. Il y a une espèce de langueur tout au fil des pages, et cela a forcément cassé mon rythme de lecture.

La plume est soignée, mais manque de dynamisme. Elle n’en reste pas moins belle. Le livre n’est pas très long et pourtant, cela traîne beaucoup trop.

Une grosse déconvenue pour ma part. Je pense que j’aurais dû découvrir les tomes précédents afin de mieux appréhender l’univers proposé par l’auteure. J’ai trouvé trop de longueurs et une histoire qui peine à démarrer. Déçue.

Ma note : 12/20

Historique

Terrible vertu

Terrible vertu d’Ellen Feldman

  • Auteur : Ellen Feldman
  • Titre : Terrible vertu
  • Genre : Historique
  • Éditions : cherche midi
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 3 octobre
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

« Le devoir d’une femme : regarder le monde bien en face, avec une lueur infernale dans les yeux ; avoir un idéal ; parler et agir en dépit de toutes les conventions. » Telle était la philosophie de Margaret Sanger et telle a été sa vie.

Portrait d’une des figures les plus influentes et les plus controversées du xxe siècle, ce roman met en scène cette femme indomptable. Élevée dans un milieu pauvre, par une mère épuisée par treize grossesses, Margaret se fait très jeune le serment de ne jamais subir la vie d’une femme au foyer. Devenue infirmière à une époque où la contraception est illégale, elle décide de se consacrer aux femmes et met sur pied en 1916 la première clinique clandestine de contrôle des naissances. C’est le début d’une vie de luttes enfiévrées qui la conduiront à créer en 1952 le planning familial, avant de militer, par tous les moyens, pour la légalisation de la pilule. Son acharnement la conduira plusieurs fois en prison, elle sera contrainte de fuir les États-Unis pour l’Angleterre et la France, où, là encore, toujours aussi indomptable et provocante, elle poursuivra son inlassable combat pour l’égalité des sexes. Ellen Feldman nous restitue ici la vie d’une femme hors du commun, mais aussi de ses proches, mari, amants, enfants, famille, dont l’existence a souvent été malmenée par cette héroïne en quête d’absolu, qui a changé la vie de toutes les femmes, peut-être aux dépens de la sienne.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions cherche midi pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Margaret Sanger est l’une des plus grandes militantes et figures du féminisme du vingtième siècle. Venant d’une famille pauvre, où elle a vu sa mère épuisée grossesse après grossesse, elle n’aura de cesse de se battre pour la cause féminine. Elle sera à l’origine de la création du planning familial et militera pour la légalisation de la pilule. C’est cet incroyable destin qu’Ellen Feldman a décidé de retracer pour ses lecteurs. Il s’agit ici d’une biographie romancée de l’une des figures les plus emblématiques de son temps.

Je dois avouer qu’avant de débuter ce roman, je ne connaissais pas du tout Margaret et j’ignorais tout de ses accomplissements. La quatrième de couverture m’a d’emblée attirée, et ayant eu envie d’en apprendre plus sur le parcours de cette femme, je me suis lancée dans cette lecture. Et je ressors finalement conquise.

J’ai été totalement subjuguée par Margaret, que j’ai trouvée forte de ses idées. Elle n’arrêtera pas de se battre pour ses idéaux même si cela a pu lui valoir une multitude d’ennuis. Ellen Feldman a réussi à romancer son récit de telle manière que la lecture devient très difficile à arrêter. Je n’ai pu m’empêcher d’avoir peur pour Margaret, mais également de ressentir beaucoup d’admiration.

Il est vrai que parfois, j’aurais apprécié que l’auteure aille plus en avant dans les actes de Margaret. Le tout reste très en surface, et ce récit se concentre souvent davantage à la vie personnelle de Margaret. Il sera ainsi fait mention de ses amours, de ses enfants. Pour ma part, ce n’est pas vraiment un bémol, ce récit n’ayant pas pour vocation d’être une biographie complète ni même un essai.

La plume est très fluide. L’utilisation de la première personne dans la narration peut perturber au début, lorsque l’on sait que l’on lit une biographie romancée, mais semble finalement assez judicieux, puisqu’il permet une immersion totale au lecteur.

Un portrait d’une femme qui à révolutionné son époque, militante et féministe qui s’est battue envers et contre tous pour accorder aux femmes des droits nécessaires. Je ressors totalement conquise de ce récit. À lire.

Ma note : 17/20

Contemporain

J’avais une île

J’avais une île de Lorenza Pieri

  • Auteur : Lorenza Pieri
  • Titre : J’avais une île
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Préludes
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 4 septembre 2019
  • Pour vous procurer le livre, c’est ici

Résumé

Une île minuscule, au large de la Toscane. C’est là que naissent Caterina et Teresa, deux sœurs, dans les années soixante-dix.
Dans cette famille insulaire, les caractères sont bien trempés, à commencer par Elena, leur mère, que l’on surnomme « La Rouge » pour sa chevelure flamboyante, mais surtout pour ses idées politiques. Vittorio, leur père, éternel Hédoniste, mène son existence comme bon lui semble, tandis que Nonnalina, leur grand-mère, traverse la vie avec une force résignée, héritage de la guerre qui a bouleversé son passé.
Différentes mais complémentaires, Caterina, l’aînée, subjugue et domine Teresa, qui, pour trouver sa place, devra apprendre à se détacher de sa terre comme de sa famille. Lorsque arrive l’âge adulte, et le temps des décisions, saura-t-elle apprivoiser la nostalgie de son enfance pour se construire un avenir ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Préludes pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Giglio, une île de l’archipel toscan, 1976. C’est ici que débute l’histoire de la petite Teresa et de sa sœur aînée Caterina. Leurs parents, Elena, aux idées politiques marquées et Vittorio, qui semble être habité par une langueur constante, forment un couple très particulier. Pour compléter le tableau, va s’ajouter Nonnalina, leur grand-mère, marquée par les tragédies.

C’est un récit aux allures de roman initiatique que nous propose ici l’auteure. Au travers des années, nous suivons l’évolution de Teresa, de petite fille, à la jeune femme qu’elle est devenue. L’histoire est narrée du point de vue de Teresa, et nous suivrons ses évolutions relatées de première main.

Plusieurs choses m’ont beaucoup plu dans ce roman. Tout d’abord, cette relation amour-haine que développent les deux sœurs. Teresa voue une véritable admiration à Caterina, et cette dernière ne va pas toujours le lui rendre. La relation est explorée avec profondeur et beaucoup de justesse.

J’ai beaucoup aimé également les contextes politiques ou sociaux qui vont parsemer l’histoire. Effectivement, l’île de Giglio a été au cœur de certains événements marquants, et l’auteure saura les intégrer à son récit pour faire évoluer ses personnages.

Je me suis beaucoup attachée à Teresa. Nous allons tout de même la suivre pendant longtemps, de 1976 à 2012, en l’occurrence. L’auteure a su créer un personnage très fort et très bien dessiné.

Cependant, je dois émettre un bémol quant au rythme de l’histoire que j’ai trouvé par certains moments trop lent, avec l’impression de stagner un peu dans l’histoire. La première partie est très longue et elle aurait gagné à être plus équilibrée par rapport aux trois autres.

La plume est douce et délicate, mais manque cruellement d’entrain par moments. Il faut vraiment s’accrocher parce que le récit en lui-même en vaut la peine et ne pas se laisser abattre par cette espèce de langueur constante que l’auteure a instaurée au fil des pages.

Un beau roman. J’ai beaucoup aimé le contexte géographique de ce récit, à savoir une île, ainsi que les contextes politiques et sociaux qui sont mis en avant, le tout porté par une famille particulière.

Ma note : 15/20

Policier

Un havre de paix

Un havre de paix de Stanislas Petrosky

  • Auteur : Stanislas Petrosky
  • Titre : Un havre de paix
  • Genre : Policier
  • Éditions : French Pulp
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 16 mai 2018

Résumé

Quand l’Embaumeur va pour récupérer un corps dans le centre pénitentiaire du Havre, et que le suicidé lui paraît suspect, il ne peut s’empêcher de remuer la fange à ses risques et périls. Surtout si le taulard décédé est un policier incarcéré pour faire tomber un monstre…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions French Pulp pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Le Havre. Luc, embaumeur de sa profession, se retrouve dépêché à la prison pour récupérer le corps d’un détenu qui se serait suicidé. Il va s’ensuivre un coup de fil du commissariat où l’on va l’informer que ce détenu était en réalité un policier en planque et ayant pour but de soutirer des informations à son compagnon de cellule. Ce dernier est sur le point de se faire relâcher, et Luc va donc mener l’enquête pour savoir ce qu’il s’est réellement passé.

Beaucoup de fraîcheur, de franc-parler et d’humour dans ce polar totalement déjanté et qui m’a plutôt bien plu. Stanislas Petrosky va rester dans le classique mais apportera sa petite touche personnelle. J’ai trouvé le ton très léger, et l’humour est très présent.

L’intrigue va à plein régime et vraiment, il est impossible de ne pas s’attacher à Luc et à ses amis. Tout au fil des pages, je n’arrêtais pas de me demander ce qu’ils pourraient inventer. Beaucoup d’ingéniosité dans ce polar qui a pour vocation de ne pas se prendre au sérieux.

L’humour marche bien, les répliques sont cinglantes, avec beaucoup de franc-parler et sans fards. L’intrigue est très bien menée, mais passe parfois en second plan, le tout étant principalement focalisé sur les frasques de nos protagonistes.

La plume est directe et sans fioritures. Les chapitres courts rythment l’histoire. Par contre, et là, ce n’est que mon avis personnel, je dois avouer avoir eu un énorme souci au niveau de la ponctuation et cela m’a gênée à plus d’une reprise. Elle n’a pas été utilisée à bon escient et cela a fini par devenir un vrai bémol.

Un polar rondement mené, qui, s’il ne révolutionne pas le genre, apporte tout de même un petit vent de fraîcheur grâce à un personnage principal truculent. L’auteur a su faire preuve de beaucoup d’humour et les dialogues sont très réussis. Une belle découverte.

Ma note : 16/20