Contemporain

Le plus fou des deux – Rentrée littéraire

Le plus fou des deux de Sophie Bassignac

  • Auteur : Sophie Bassignac
  • Titre : Le plus fou des deux
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 304
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Que répondre à un inconnu qui vous met au défi de l’empêcher de se suicider le soir du réveillon ? Qu’on va l’aider, bien sûr, à changer d’avis. Surtout si, hasard ou prédestination, vous avez déjà été confronté à la même sommation trente ans plus tôt par votre propre père…
Marionnettiste célèbre, Lucie Paugham va ainsi commettre l’imprudence de faire entrer un inconnu dans sa vie. Au risque de faire voler en éclats tout ce qu’elle a construit.
Illusion, trahison, humiliation et désir de vengeance sont au cœur de ce roman d’une noirceur jubilatoire, dressant l’autoportrait sans concession d’une artiste totale livrée à des passions qui la dépassent.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Lucie Paugham, marionnettiste de son métier, va voir son quotidien totalement chamboulé lorsqu’elle décide de se rendre au cinéma un soir de réveillon. En effet, un inconnu prénommé Alexandre va s’assoir à côté d’elle, et lui fera une requête qui la bouleversera : « Donnez moi une bonne raison, une seule, de ne pas me suicider cette nuit !». Ces mots vont faire écho aux mots prononcés trente ans plus tôt par son propre père qui est passé à l’acte. Elle décidera donc de tout faire pour aider ce jeune homme.

Voilà un postulat de départ original et je dois dire que ce roman m’a beaucoup plu, même si j’ai cette impression bizarre d’être ressortie avec une sensation d’inachevé. Cette histoire m’a quelque peu laissée sur ma faim, et j’ai le sentiment que le tout aurait pu être davantage étoffé. Il m’a semblé que par moments, l’auteure se perdait parfois en digressions qui n’apportaient pas un réel relief au propos du récit.

Et pourtant, je dois avouer que j’ai dévoré ce roman sans même m’en rendre compte. L’auteure part ici dans une grande originalité et sort des sentiers battus en nous proposant une héroïne marionnettiste. Cela m’a donné l’occasion de mesurer l’ampleur des clichés qui entourent cette profession, les idées reçues que l’on peut avoir à ce sujet. De plus, cette profession sert à la perfection l’intrigue, puisque dans ce récit il sera maintes fois fait référence à la manipulation, au comportement gestuel de tout un chacun.

L’héroïne est très complexe, peut-être même trop par moments. Malgré tout, elle reste totalement crédible, avec ses blessures, son quotidien soumis au regard des autres de par sa profession, sa vie de famille peu commune. Je l’ai trouvée très attachante, très bien dépeinte et tout en nuances. J’aurais aimé que l’auteure tente également d’approfondir ses personnages secondaires. Hormis la sœur de Lucie, les autres sont esquissés.

La plume est très belle. Chaque mot est choisi avec soin et trouve sa place naturellement dans un assemblage parfait. Malgré tout, il m’a manqué le facteur émotion. Le tout reste un peu froid, un peu technique et laisse peu de place à l’émoi.

C’est donc un avis qui peut sembler mitigé. Malgré tout, je ne peux que vous conseiller de découvrir ce roman et de vous faire votre propre idée. Entre originalité et complexité, le tout servi par une belle plume, Sophie Bassignac nous livre ici un roman qui saura faire mouche.

Ma note : 16/20

Contemporain

La grande escapade – Rentrée littéraire

La grande escapade de Jean-Philippe Blondel

  • Auteur : Jean-Philippe Blondel
  • Titre : La grande escapade
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 265
  • Parution : 15 août 2019
  • Pour vous procurer ce roman, c’est ici

Résumé

On rit. C’est étonnant parce que, pris séparément, aucun d’entre eux ne pensait que la situation les pousserait à l’hilarité – or, de façon tout à fait inattendue, ils font contre mauvaise fortune bon cœur et les voilà qui s’esclaffent et qui se mettent à papoter, retrouvant les réflexes de cour de récréation, mais avec cet air de liberté unique qu’apporte avec lui l’Arbalète filant vers Paris.

1975. Tandis que le pays subit les effets du premier choc pétrolier, que les femmes revendiquent leurs droits et que la mixité s’impose dans les cours de récréation, rien ne semble devoir troubler le quotidien des familles d’instituteurs du groupe scolaire Denis-Diderot. À moins que le train du changement ne s’engouffre tout à coup dans les classes et les corps et ne redessine les frontières d’un monde très différent.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Année 1975. Alors que c’est une époque charnière pour la France, avec bien des chamboulements à venir, cela n’empêche pas les familles d’instituteurs du groupe scolaire Denis-Diderot d’évoluer à leur rythme et presque en autarcie, tant ils s’y sentent bien. Professeurs et élèves vont se côtoyer dans un quotidien simple mais riche en émotions.

Ce roman a été un véritable coup de cœur pour ma part. Tout m’a plu, j’ai été conquise et je n’avais pas envie de quitter cet univers que l’auteur a su créer. Jean-Philippe Blondel a su plonger son lecteur dans un microcosme scolaire, où les personnages sont attachants et émouvants. Il a réussi à m’immerger totalement dans cette petite société, dans laquelle je me suis laissée emporter sans jamais me lasser.

J’ai beaucoup aimé suivre cette France en pleine métamorphose. L’auteur a su intégrer ces changements à la perfections dans son récit. Ainsi, c’est l’arrivée de la mixité dans les salles de classe, les femmes se battent pour leurs droits. Au travers de personnages simples, l’auteur a su nous parler de ces évolutions.

Les personnages sont touchants, tant les instituteurs que les élèves. Tous sont très bien dépeints et émouvants. J’ai été séduite et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre leurs péripéties. L’histoire est simple, banale, mais pourtant d’une grande profondeur.

La plume de l’auteur est tout simplement parfaite. Jean-Philippe Blondel a un réel talent de conteur. Chaque mot est placé de manière à créer une harmonie parfaite. J’ai dévoré ce roman sans même m’en rendre compte, tant le style est plaisant.

Un véritable coup de cœur pour ce roman simple et pourtant très profond. J’ai adoré me plonger dans ce microcosme scolaire, pendant une période où la France se métamorphose. Un roman à ne pas manquer.

Ma note : 18/20

Thriller

Lésions intimes

Lésions intimes de Christophe Royer

  • Auteur : Christophe Royer
  • Titre : Lésions intimes
  • Genre : Thriller
  • Éditions : Taurnada
  • Nombre de pages : 414
  • Parution : 12 septembre 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Nathalie lesage, capitaine au caractère bien trempé, travaille au sein d’une brigade spéciale de la BRP. Elle aura fort à faire pour démanteler la branche proxénétisme « Gorgona », spécialisée dans l’organisation de soirées parisiennes.. Elle devra côtoyer un milieu où règnent la perversion et les pratiques extrêmes. Victime d’un banal accident, l’enquête va alors prendre une tournure inédite et le décès de son frère l’obligera à renouer avec son passé et sa Bourgogne natale, à Montceau les Mines…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Taurnada pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Paris. Nathalie Lesage, capitaine de police, va se voir confier une affaire des plus délicates. Elle devra démanteler une branche de proxénétisme surnommée « Gorgona » et qui sévit depuis plusieurs mois dans la capitale. D’horreurs en horreurs, elle ne fléchira pas pour résoudre l’affaire.

Voilà un thriller qui m’a totalement chamboulée, de par le côté cru de l’intrigue. L’auteur n’épargne pas son lecteur et le fait plonger dans tout ce qu’il y a de plus noir et de plus dur à supporter.

J’ai été totalement happée dès la première ligne. L’auteur a su créer un personnage féminin qui portera l’intrigue, presque à elle seule. Avec son caractère bien trempé, elle ne va reculer devant rien pour découvrir la vérité et atteindre son but. J’ai totalement accroché à ce personnage haut en couleurs, mais qui est pourtant à fleur de peau. On sent ses fêlures, ses failles, mais sa force est bien présente.

L’intrigue est complètement prenante. Une fois que j’ai débuté ce roman, il m’a été très difficile à lâcher tant je voulais savoir la suite. Le roman est très bien construit, et chaque chapitre a pour titre une date, l’endroit où l’on se trouve et l’heure, ce qui favorise totalement la compréhension de la temporalité. Beaucoup de rebondissements sont présents dans cette histoire qui va à toute vitesse.

La plume de l’auteur est très plaisante et addictive. Elle est très acérée, incisive et percutante. C’est en totale adéquation avec l’intrigue. Ce thriller est très bien écrit. J’ai eu beaucoup de mal à le lâcher, même si j’ai fait quelques pauses pour souffler un peu et sortir de cette chape de plomb que l’auteur a su créer.

Un thriller sans fard, incisif, percutant, puissant et qui ne laisse aucun répit à son lecteur tant l’auteur aura réussi à l’immerger dans son intrigue. Une excellente lecture que je vous recommande sans hésiter.

Ma note : 17/20

Jeunesse

Le carnet de Maden

Le carnet de Maden de Cloé Duc et Tatiana Duc

  • Auteur : Cloé Duc et Tatiana Duc
  • Titre : Le carnet de Maden
  • Genre : Jeunesse
  • Éditions : HLAB
  • Nombre de pages : 137
  • Parution : 1 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Retrouvez les aventures de Maden avant sa rencontre avec Naola, la petite serveuse du Mordret’s Pub !
Maden mène une vie tranquille, entre son frère, les entraînements à la voile et la pêche, loin des conflits de la Fédération.
Mais la paix ne peut pas durer éternellement, et tout bascule quand les sorciers attaquent son petit village breton et enlèvent tous les jeunes enfants.
Parti à la recherche de son frère kidnappé, une périlleuse quête débute pour Maden. Elle le mènera au cœur des Halles Basses de Stuttgart, un monde dont il lui faudra rapidement comprendre les règles, s’il ne veut pas y perdre un morceau de lui-même…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HLAB pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Bretagne. Maden vit dans l’insouciance aux côtés de son frère, jusqu’au jour où ce dernier va se faire enlever par les sorciers ayant attaqué son village. Une quête effrénée va alors débuter pour Maden. Il fera tout son possible pour retrouver son frère.

Ce court roman est en quelque sorte un véritable intermède entre deux tomes des aventures du Mordret’s Pub. Ici, la voix est donnée à Maden, personnage emblématique de la saga. J’ai beaucoup aimé en apprendre davantage sur lui, et j’ai trouvé ce petit roman très réussi.

J’ai fortement apprécié le schéma narratif, puisque le tout est raconté par Maden sous forme de carnet de bord. Les chapitres sont donc très courts, puisqu’ils correspondent chacun aux notes relatives à une journée. Le rythme est donc soutenu et l’on n’a pas le temps de s’ennuyer.

J’ai suivi les aventures de Maden avec curiosité. Les auteures ont su instaurer un bon suspense et plusieurs rebondissements qui ont rendu cette lecture addictive. Ce court roman peut se découvrir d’une traite, tant il est facile à lire. Une fois commencé, il devient très dur à lâcher.

La plume est prenante. Il ne faut pas oublier qu’ici, c’est Maden qui s’exprime et donc le style est en parfaite adéquation avec ce personnage. Le choix du carnet de bord et donc de la première personne permet au lecteur une immersion totale.

Un bon roman qui constitue une parenthèse parfaite entre deux tomes des aventures du Mordret’s Pub. Le héros est attachant et le lecteur appréciera d’en savoir un peu plus sur lui.

Ma note : 16/20

Fantastique auto-édité

Enquête Paranormale 2.0

Enquête paranormale 2.0 de Sylvain Silvestro

  • Auteur : Sylvain Silvestro
  • Titre : Enquête paranormale 2.0
  • Genre : Fantastique
  • Éditions : Auto-édité
  • Nombre de pages : 125
  • Parution : 2 novembre 2018

Résumé

Une histoire fantastique et angoissante qui cache une tragédie familiale. Trois amis qui ont les mêmes centres d’intérêt, se sont lancés dans la nouvelle tendance du web : mettre en ligne des vidéos d’enquêtes sur les phénomènes paranormaux. Depuis deux ans, ils écument toutes les bâtisses abandonnées de Provence avec leur matériel dernier cri. Ainsi, ils espèrent capturer des preuves de l’existence d’entités paranormales. Chacun des trois amis participe à ces enquêtes pour atteindre un objectif qui lui est propre. Un jour, ils reçoivent une proposition d’enquête différente des autres. Une proposition qui va peut-être leur amener les réponses qu’ils cherchent tant…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur Sylvain Silvestro pour sa confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Provence. Sylvain, Stéphane et Victor, amis de longue date, partagent la même passion. En effet, ils partagent en ligne leurs vidéos d’enquêtes sur les phénomènes paranormaux. Un jour, ils reçoivent la requête d’une certaine Diane. Cette dernière souhaite vendre sa maison mais leur demande au préalable d’enquêter pour savoir si cette habitation est hantée ou non.

Voilà un roman qui se lit d’une traite tant c’est plaisant et l’histoire est prenante. À la frontière de la nouvelle, puisque ce récit comprend à peine plus de cent pages, ce court roman garantit des frissons assurés à son lecteur.

Ce que j’aime particulièrement avec les romans de l’auteur, c’est que le lecteur ne reste jamais sans explication. La fin est toujours bien expliquée, la raison du phénomène paranormal également. Ici, on ne déroge pas à la règle. La fin permet au lecteur de comprendre ce qui se passe. Pour ma part, elle m’a en plus surprise puisque je ne m’attendais pas à ce dénouement.

En très peu de pages, Sylvain a su créer une ambiance stressante et angoissante digne des films d’horreur. Je peux cependant regretter qu’il n’y ait pas eu davantage de pages, pour pouvoir faire monter encore plus la tension et avoir une meilleure approche psychologique des personnages. Ici, tout va parfois trop vite. Malgré tout, l’auteur sait happer son lecteur dès le début.

La plume de Sylvain est toujours aussi plaisante, tant elle est addictive. Le style est très visuel et c’est l’idéal pour écrire des romans d’horreur, puisqu’il faut que le lecteur soit immergé dans le texte. J’avais déjà lu « Ethan » du même auteur. Si je l’avais légèrement préféré à celui-ci de par le fait que je l’avais trouvé plus abouti, Enquête Paranormale 2.0 reste une excellente découverte.

En peu de pages, ce court roman saura vous faire frissonner et vous surprendre. Si vous ne connaissez pas les récits de cet auteur, je vous invite à le découvrir sans hésitation.

Mamnote : 16/20

Historique

Histoire d’Adrián Silencio – Rentrée litteraire

Histoire d’Adrián Silencio d’Éléonore Pourriat

  • Auteur : Éléonore Pourriat
  • Titre : Histoire d’Adrián Pourriat
  • Genre : Historique
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 350
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Qui était Adrián Silencio, le grand-père de Cléo ? Un musicien. Un réfugié du régime franquiste. Oui mais encore ? Cléo ne sait rien de ses ancêtres, tout le monde autour d’elle s’étant employé à se taire.
Alors qu’elle s’apprête à quitter Paris pour l’Amérique, elle se plonge dans le cartable où son grand-père a regroupé les papiers d’une vie et remonte le temps, jusqu’au cœur de la tourmente européenne des années trente. Quelle vie Adrián a-t-il quittée ? Qui a-t-il laissé derrière lui ? Puisque personne ne peut lui raconter cette histoire qui est la sienne, il faudra que Cléo l’écrive.
À la fois enquête, fresque familiale et hommage à tous les exilés, Éléonore Pourriat signe avec Histoire d’Adrián Silencio un premier roman vibrant sur le pouvoir consolant des mots et de la littérature.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Cléo est une jeune femme en quête de ses racines et de son passé. Elle décide d’en apprendre plus sur ce grand-père espagnol exilé, Adrián. Étant très petite lors de sa disparition et se souvenant très mal de lui, elle va décider de reconstituer le puzzle. Personne ne lui révèle quoi que ce soit dans sa famille et pour tout point de départ, elle n’aura qu’un cartable avec des documents importants. Une longue quête va alors débuter.

C’est tout d’abord le contexte historique qui m’a donné envie de lire ce roman, et c’est une réussite, même si j’en attendais davantage malgré tout. Le passé de ce grand-père se situe pendant le régime de Franco et son exil. J’ai trouvé cela très intéressant. J’aime beaucoup les romans qui mêlent habilement la petite histoire à la grande Histoire.

J’ai beaucoup aimé la quête de Cléo, ce besoin viscéral qu’elle a de savoir. L’auteure abordera la problématique des non-dits dans les familles, et ses conséquences désastreuses sur ses membres. Cleo est tout simplement touchante, mais j’ai également apprécié la force dont elle fait preuve pour se lancer dans cette recherche.

L’intrigue est bien menée, mais j’avoue avoir ressenti quelques longueurs parfois. D’autre part, je n’ai pas réussi à toujours ressentir l’émotion que j’attends, en particulier dans ce genre d’histoire. Je suis restée parfois en retrait et je n’ai pas toujours pu m’impliquer totalement dans ce que je lisais.

La plume de l’auteure est parfaite. J’ai vraiment accroché à son style délicat et empli de subtilité. C’est une très belle réussite pour un premier roman.

C’est donc une très belle histoire de quête de soi, de ses racines, où l’auteure explore les non-dits et ses conséquences, le tout sous fond historique. Même si j’aurais aimé ressentir encore plus d’émotions, c’est une très belle découverte.

Ma note : 16/20

Contemporain

La menteuse et la ville – Rentrée littéraire

La menteuse et la ville d’Ayelet Gundar-Goshen

  • Auteur : Ayelet Gundar-Goshen
  • Titre : La menteuse et la ville
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 300
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Nymphea porte un nom de fleur mais son quotidien est loin d’être rose. À dix-sept ans, elle traîne ses complexes et souffre d’une vie insignifiante, où rien ne lui arrive jamais. En vendant des glaces pendant l’été, elle espère enfin sentir souffler le vent de l’aventure. Mais rien ne se passe… Jusqu’au jour où Avishaï Milner, chanteur populaire sur le retour, franchit le seuil de son échoppe. Pressé et méprisant, le play-boy déchu agresse verbalement Nymphea, puis la poursuit dans l’arrière-cour où elle s’est enfuie. Lorsqu’il la saisit par le bras, elle hurle et, l’instant d’après, toute la ville est là. En quelques secondes, la jeune fille récrit l’histoire, et Avishaï se retrouve en garde à vue pour tentative de viol sur mineure. Quant à la pseudo-victime, elle est propulsée au rang d’icône, Cendrillon en croisade contre les violences masculines.
Pendant ce temps, une autre femme est elle aussi entraînée dans un mensonge dont elle ne mesure pas encore les retombées : Raymonde, vieille juive issue de l’immigration marocaine en Israël, prend l’identité de Rivka, sa meilleure amie, rescapée des camps…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Nymphea, jeune fille de dix-sept ans, mène une vie banale. Elle qui rêve de changement se voit bloquée dans un quotidien routinier. L’été, elle vend des glaces. Malgré tout, rien ne vient embellir ses journées. Un jour, alors qu’elle s’absente un laps de temps, Avishaï, ancien chanteur dans son déclin, va entrer dans la boutique. Lorsque revient Nymphea, elle va se faire insulter par Avishaï, qui trouve inadmissible de devoir attendre. La jeune fille fond en larmes et court se réfugier dans l’arrière-cour. Le chanteur lui court derrière, lui prend le bras. En criant, Nymphea va attirer les gens et l’on va enfin s’occuper d’elle, accusant Avishaï de tentative de viol. Elle ne fera rien pour démentir et mettra en route un engrenage duquel il lui sera très difficile de s’extirper.

Voilà un roman qui va aborder la thématique du mensonge et ses conséquences pendant toute l’intrigue. L’auteure a su explorer à la perfection les affres du mensonge, les causes qui peuvent pousser à mentir et les conséquences désastreuses que cela peut engendrer. Elle traitera ce sujet sans fard, en usant un ton caustique, mais également sans juger et en impliquant son lecteur pour essayer de comprendre les raisons.

Le personnage de Nymphea est très bien campé. Elle est tout en nuances et très travaillée, et l’on s’attache d’emblée à elle. Elle se sent totalement à l’étroit, vivant parfois même dans l’ombre de sa petite sœur. Il y a une réelle évolution de ce personnage tout au fil des pages. Elle n’est jamais statique.

L’intrigue est très prenante, et l’on a réellement envie d’aider Nymphea à sortir au plus vite de l’engrenage où elle s’empêtre de plus en plus. On voudrait tellement qu’elle aille révéler la vérité et l’aider à le faire.

La plume est très plaisante. Ce roman se lit vraiment très vite. L’auteure alterne un ton caustique et beaucoup de délicatesse dans l’écriture. C’est une totale réussite.

Un roman sur les mensonges, sur ses conséquences, avec un personnage principal très bien campé. Une très belle découverte pour ma part et que je vous recommande.

Ma note : 17/20

Contemporain

La douceur de nos champs de bataille – Rentrée littéraire

La douceur de nos champs de bataille de Yiyun Li

  • Auteur : Yiyun Li
  • Titre : La douceur de nos champs de bataille
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le suicide d’un adolescent, le deuil d’un parent. Le dialogue qu’imagine une mère avec son enfant pour continuer à lui parler, à l’entendre, à le faire exister. Le cache-cache intellectuel de deux esprits marqués par le sceau de la création.

Après le très brillant Cher ami, de ma vie je vous écris dans votre vie, qui fut en lice pour le prix Médicis et le prix du Meilleur livre étranger, Yiyun Li rend un hommage plein de tendresse, de poésie et de pudeur à son fils, et mêle magnifiquement l’intime à l’universel : la douleur après la perte d’un être cher, le refuge que constituent les mots et, plus largement, la puissance cathartique de la littérature.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Suite au suicide de son fils, une mère va imaginer un dialogue avec lui pour pouvoir faire face à cette terrible épreuve. On assiste à la rencontre intellectuelle de deux esprits créatifs.

Il est très difficile de faire une chronique de ce roman tant le sujet est délicat et de se permettre de juger des mots d’une mère qui souffre l’innommable. Au travers des mots, cette mère va tenter de faire face à ce deuil, et tenter ainsi d’aller de l’avant.

C’est un très beau roman, très intimiste, où le lecteur assiste aux échanges entre cette mère et ce fils, tout en étant presque gêné de s’immiscer ainsi. On est simples spectateurs et l’on se laisse bercer par les mots. Malgré le sujet très difficile, le tout est abordé avec énormément de pudeur et de sérénité.

La plume de l’auteure est vraiment très belle. Par contre, je dois avouer que j’ai été perturbée par la schématique narrative de ce dialogue interne avec son fils, puisqu’il n’y a pas de tirets pour nous indiquer qui parle et cela peut perturber au début. Cela reste un détail.

Un très beau roman abordant le deuil et la reconstruction, de manière très délicate.

Ma note : 16/20

Contemporain

Les guerres intérieures – Rentrée littéraire

Les guerres intérieures de Valérie Tong Cuong

  • Auteur : Valérie Tong Cuong
  • Titre : Les guerres intérieures
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : J. C. Lattès
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 21 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Comédien de seconde zone, Pax Monnier a renoncé à ses rêves de gloire, quand son agent l’appelle : un grand réalisateur américain souhaite le rencontrer sans délai. Passé chez lui pour enfiler une veste, des bruits de lutte venus de l’étage supérieur attirent son attention – mais il se persuade que ce n’est rien d’important. À son retour, il apprend qu’un étudiant, Alexis Winckler, a été sauvagement agressé.
Un an plus tard, le comédien fait la connaissance de l’énigmatique Emi Shimizu, et en tombe aussitôt amoureux – ignorant qu’elle est la mère d’Alexis. Bientôt le piège se referme sur Pax, pris dans les tourments de sa culpabilité. Qui n’a jamais fait preuve de lâcheté ? Quel est le prix à payer ? Quand tout paraît perdu, que peut-on encore sauver ? La domination du désir et de la peur, les vies fantasmées et le dépassement de soi sont au cœur de ce livre fiévreux qui met en scène des personnages d’une humanité bouleversante et vous accompagne longtemps après l’avoir refermé.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions J. C. Lattès pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Pax, acteur de seconde zone et qui a du mal à percer, voit un jour son rêve se réaliser. Son agent l’appelle pour lui dire qu’il a été repéré par un grand réalisateur, pour tenir un rôle secondaire auprès de grands acteurs. Il décide donc de rentrer chez lui pour se changer avant son rendez-vous. C’est là qu’il va entendre des bruits suspects à l’étage du dessus. Persuadé qu’il ne s’agit de rien et ne pensant qu’à son rendez-vous, il n’agira donc pas. Lorsqu’il rentre et qu’il apprend que la victime est un jeune étudiant qui a été passé à tabac, la culpabilité va le ronger sans fin.

Voilà un roman pour lequel j’ai réellement eu deux avis distincts pendant ma lecture. Et c’est finalement conquise que j’en ressors. J’avoue que j’étais sceptique au début. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, et surtout, je trouvais Pax assez arrogant et imbu de lui-même. Je me suis totalement trompée, puisqu’il va se dégager de ce personnage une grande humanité.

L’auteure va explorer les affres de la culpabilité et elle le fait remarquablement bien. Outre les mots qui sont choisis avec soin, elle a su brosser une galerie de personnages très attachants, humains et ayant énormément d’empathie. Elle nous fait nous questionner en tant que lecteur, mais sans jamais avoir l’envie de juger la situation inextricable dans laquelle se retrouve plongé Pax. Grâce à la sensibilité qui se dégage des personnages, le lecteur se sent proche d’eux, tâche de comprendre les guerres intérieures qui les assaillent.

Si, comme je le disais au début, j’ai eu du mal avec le personnage de Pax durant les premiers chapitres, je me suis rendue compte que je m’étais totalement trompée. Ce personnage a su me convaincre, me toucher, m’émouvoir. La culpabilité qui l’assaille est un véritable fardeau qui pèse sur ses épaules. Les autres personnages sont également réussis, notamment Alexis, le jeune homme agressé et sa mère. L’auteure a su rendre à la perfection le combat mené par Alexis pour se remettre de cette agression.

La plume de l’auteure est belle, sans fioriture. Les mots sont choisis avec soin et sonnent justes. Je ne connaissais pas Valérie Tong Cuong et cela m’a donné envie de découvrir un autre de ses écrits.

Voilà un roman sur les affres de la culpabilité, ses conséquences, traité avec beaucoup de délicatesse et au travers de personnages sensibles et profondément humains. Je recommande sans hésiter.

Ma note : 17/20

Contemporain

Ici seulement nous sommes uniques – Rentrée littéraire

Ici seulement nous sommes uniques de Christine Avel

  • Auteur : Christine Avel
  • Titre : Ici seulement nous sommes uniques
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 256
  • Parution : 22 août 2019
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Ici commence et finit le monde. Ses limites sont précises et immuables, elles vont du troisième caroubier de la grand-route à l’extrême pointe des rochers de la crique, une poignée de kilomètres plus loin. Ainsi en a décidé Niso, debout sur le bassin blanc des grandes décisions, celui-là même où, chaque été, nous allons massacrer de minuscules serpents, dans une orgie de hululements sauvages. Ce jour solennel où Niso l’affirme, bras croisés sur la poitrine, relevant le menton comme son père : « Ici commence le monde », nous l’acclamons en chœur.

Une île grecque. La lumière et la mer éblouissante. Des enfants se retrouvent là chaque été pendant quelques années. Leurs parents, archéologues, travaillent sur les fouilles d’un chantier. Des semaines au goût d’éternité qui les marqueront.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Tous les étés depuis plusieurs années, un groupe d’enfants se retrouve sur une île grecque. Effectivement, leurs parents, archéologues, travaillent sur les fouilles d’un chantier. Dès lors, et pendant toute la durée de ces vacances, l’insouciance et l’amitié seront de mise.

Voilà un roman de toute beauté et que j’ai dévoré, tant il m’a plu. Et pourtant, il ne se passe pas vraiment grand chose et le tout reste très contemplatif. Mais que c’est nostalgique. Ce court roman a toutes les allures du conte initiatique, avec pour toile de fond le temps qui passe et cette nostalgie d’une enfance insouciante.

Le narrateur, dont on ne saura rien, même pas à la fin, nous raconte donc le quotidien de ces enfants sur cette île idyllique. On va les voir évoluer d’années en années, passer d’un espoir à chaque fois renouvelé de revenir dans cet île l’été suivant, à un état de lassitude au fur et à mesure qu’ils vont grandir.

L’auteure nous conte cette enfance qui s’envole trop vite, ces moments d’éternité avant de devenir adolescent et adulte. Elle le fait remarquablement bien, au travers du portrait des quelques enfants qui vont tout partager pendant ces mois d’été. Elle a su faire évoluer ces personnages dans le temps, ne les a pas gardés statiques, bien au contraire, les a bien nuancés et très bien dépeints.

La plume de l’auteure est très particulière, et ce sera mon petit bémol en ce qui concerne ce roman. Effectivement, je n’ai pas toujours adhéré à son style, trouvant parfois les phrases tournées d’une manière trop spéciale et qui ne facilitent pas forcément la compréhension. Malgré tout, ceci reste en l’occurrence un détail qui n’aura pas émaillé mon plaisir de lecture.

Voilà donc un roman qui mettra en exergue l’enfance et son insouciance, et le temps qui passe et nous change. Un très beau roman aux allures de conte initiatique, que j’ai fortement apprécié et que je vous recommande.

Ma note : 17/20