Contemporain

La couleur du trois

La couleur du trois de Leni Zumas

  • Auteur : Leni Zumas
  • Titre : La couleur du trois
  • Genre : Contemporain
  • Editions : Presses de la Cité
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 352
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Il fut un temps, ils étaient cinq… Quinn, la trentaine passée, est célibataire, sans enfant, et sur le point de perdre son emploi. Comme si sa précarité financière n’était pas suffisamment angoissante, elle doit faire face au retour en ville de Cam, son premier petit ami, dont elle s’est brutalement séparée dans des circonstances qu’elle préférerait oublier. Cette réapparition fait remonter à la surface le traumatisme de ses années adolescentes ? la mort violente de sa soeur cadette ? , qu’elle croyait pourtant avoir enfoui au plus profond d’elle-même par des tactiques toutes personnelles…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Presses de la Cité pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Quinn est une jeune trentenaire totalement perdue. Elle est sur le point de perdre son emploi, travaillant dans une librairie dans laquelle les clients se font de plus en plus rares. Des rumeurs sur le fait que Cam, un ancien grand amour, est de retour en ville la perturbe également. Elle va alors de souvenir des concerts qu’elle donnait en sa compagnie ainsi que d’autres amis, il y a bien longtemps. Tout cela fait remonter à la surface un événement très douloureux. Quinn a perdu sa sœur cadette, alors que cette dernière n’était qu’une adolescente.

C’est un très beau roman que propose ici l’auteure, et qui a finalement réussi à me convaincre. Pourtant, je dois bien avouer qu’au début, cela n’a pas été une lecture aisée, bien au contraire. Il faut se préparer à faire une expérience littéraire des plus particulières pour être en mesure de se laisser porter par ce récit.

La faute revient indubitablement à un schéma narratif qui m’a paru brouillon pendant un bon quart du roman, il faut bien le dire. Ici, le lecteur se retrouve spectateur des errances de Quinn, mais j’ai dénoté juaqu’à trois époques bien distinctes. La place est donc donnée à Quinn adolescente, lorsque sa sœur était toujours en vie, à Quinn dans ses premiers pas d’adulte, lorsqu’elle donnait des concerts en compagnie de son grand amour de l’époque, et à Quinn adulte, totalement perdue et perturbée.

Ce qui m’a fait défaut, c’est le manque de dates pour situer une intrigue complexe. J’ai pris un petit moment avant de m’y habituer totalement, mais une fois chose faite et à partir du moment où j’ai vraiment saisi le mécanisme narratif, cela a été une très bonne lecture,

J’ai trouvé le personnage de Quinn très bien dessiné et d’une grande densité. Elle est totalement torturée, et plusieurs sentiments l’assaillent, tels que la tristesse et la culpabilité. L’auteure a su décrire les émotions qui la prennent d’assaut à tout moment, et elle le fait avec beaucoup d’acuité. Il faut dire que Quinn va porter cette histoire à bout de bras, les personnages secondaires ayant un rôle moins défini.

La plume de l’auteure est addictive et d’une énorme fluidité. Leni Zumas a décidé de découper en tout petits chapitres son histoire. Certes, le lecteur se retrouve en face d’un nombre considérable de chapitres, mais cela rythme indéniablement l’histoire.

Un très beau roman servi par une héroïne touchante et torturée au possible. L’auteure réussi à décrire les émotions de sa protagoniste avec beaucoup de justesse et de sensibilité. Une belle découverte à laquelle il faudra s’accrocher aux premiers chapitres, le temps de s’habituer au schéma narratif particulier.

Ma note : 16/20

Non classé

Mon cœur restera de glace

Mon cœur restera de glace d’Éric Cherrière

  • Auteur : Éric Cherrière
  • Titre : Mon cœur restera de glace
  • Genre : Drame
  • Éditions : Belfond
  • Nombre de pages : 192
  • Parution : 16 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Dans ces bois du fin fond de la Corrèze, un jeune garçon trouve refuge en 1918, en compagnie de son frère, une « gueule cassée ». Une guerre plus tard, des soldats allemands s’y enfoncent, sur les traces d’une de leurs unités disparues. Ces mêmes arbres que l’on retrouve en 2020 peints sur les murs de la chambre d’hôpital d’un vieillard allemand.

Aujourd’hui le vieil homme va parler. Révéler le secret de cette forêt qui ébranlera bien des existences, bien des certitudes. Bien des familles.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Belfond pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Corrèze, 1918. Un jeune garçon s’engouffre dans les bois de ce département, en compagnie de son frère, revenu de la guerre et qui est maintenant « une gueule cassée ». En 1944, ce sont des soldats allemands qui parcourent ces mêmes bois à la recherche de leur unité. Ce seront exactement ces bois, avec les mêmes arbres et les mêmes feuilles que l’on retrouvera dessinés dans une chambre d’hôpital en 2020, par un vieil homme qui cache bien des secrets. Que s’est-il donc passé au sein de la Corrèze, à cette époque ?

Il est parfois de ces romans qui nous laissent sans mots, sans amorce pour débuter la rédaction d’un avis. Celui-ci en fait partie et vous aurez donc compris que c’est un coup de cœur. Je ressors totalement chamboulée, bouleversée et avec les émotions à fleur de peau suite à la lecture de ce court récit, intense, noir et terriblement dramatique.

L’auteur propose une intrigue qui se déroulera sur trois époques differentes, même s’il faut bien le dire, celle de 1918 est à peine abordée. Ici, c’est plutôt 1944 et 2020 qui sont en corrélation, le tout au travers des yeux d’un vieillard qui semble cacher des vérités indicibles sur les faits qui se sont produits lors de la seconde guerre mondiale.

Je reste pantoise sur le comment Éric Cherrière a réussi, en si peu de pages, à nous proposer une telle densité dans son récit. C’est très noir, c’est profondément bouleversant et c’est totalement dramatique. Je suis passée par un carrousel d’émotions et j’ai ressenti une tristesse indicible lors des événements tragiques relatés dans ce roman.

Éric Cherrière a su créer une intrigue noire dans un cadre historique. C’est réussi. L’alternance entre les époques est vraiment judicieuse, et peu à peu, le mystère que l’on croyait avoir résolu au début s’épaissit à nouveau pour finalement laisser place à une autre vérité surprenante.

Cependant, ce n’est pas forcément un récit que l’on lit pour ce retournement final, bien au contraire. Ici, ce sont sans aucun doute les personnages qui vont porter cette histoire à bout de bras. Que de densité, de relief et de réalisme chez eux. C’est d’une crédibilité totale et sans aucun manichéisme.

La plume de l’auteur est vraiment parfaite. Tout à la fois poétique, mais également très visuelle, elle offre un énorme contraste lors de la lecture et c’est presque original. C’est un style très cinématographique parfois, et quand je sais que l’auteur est scénariste, je comprends mieux.

Un roman bouleversant qui laissera son lecteur sonné, chamboulé et profondément ému. L’auteur va tisser une intrigue sous trois époques différentes et qui sont étroitement liées, créant ainsi un récit d’une noirceur et d’une densité incroyables en si peu de pages. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Thriller

Victime 55

Victime 55 de James Delargy

  • Auteur : James Delargy
  • Titre : Victime 55
  • Genre : Thriller
  • Éditions : HarperCollins France
  • Nombre de pages : 352
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une petite ville perdue en Australie. Un officier de police habitué à régler des petits problèmes de vie domestique et querelles de voisinage.
Un jour de canicule débarque un homme, couvert de sang. Gabriel déclare avoir été séquestré dans une cabane par un serial killer. Le dénommé Heath a déjà tué 54 personnes. Gabriel est sa prochaine victime.
Quand la chasse à l’homme commence, ce même jour de canicule, débarque un deuxième homme. Heath est couvert de sang. Heath déclare avoir été séquestré dans une cabane par un serial killer, un certain Gabriel. Gabriel a déjà tué 54 personnes. Heath est sa prochaine victime.
Qui est le numéro 55 ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions HarperCollins France pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Australie. Gabriel arrive au poste de police, couvert de sang. Il affirme avoir été séquestré par Heath, qui a déjà tué 54 personnes avant lui, voulant faire de Gabriel sa victime 55. Quelques heures plus tard, c’est au tour de Heath d’arriver lui aussi couvert de sang au poste de police, et voilà qu’il affirme que Gabriel l’a séquestré, qu’il a tué 54 personnes et qu’il voulait faire de Heath sa victime 55. Le policier, Chandler, se retrouve totalement dépassé. Il fera donc appel à Mitch pour découvrir la vérité. Mais entre ces deux hommes, l’harmonie ne règne pas vraiment.

C’est un excellent thriller que j’ai découvert. S’il est vrai que le résumé est percutant, et que cette histoire de victime 55 est bien entendu le fil rouge du roman, tout ne tournera pas autour de ce seul mystère. L’auteur a su se renouveler page après page, et cela a contribué à maintenir mon intérêt jusqu’au dénouement.

Il faudra se montrer patient au cours de la lecture. L’auteur va prendre le temps de poser les bases de son intrigue, et je ne vous cache pas que le rythme est parfois lent et tout en langueur. Malgré tout, j’ai été en immersion totale et cela, grâce au décor choisi pour l’intrigue. L’auteur a décidé de la placer en Australie, et c’est très réussi. J’ai fortement apprécié ce cadre et les descriptions m’ont fait entrevoir un paysage très réaliste.

Outre un suspense efficace, j’ai beaucoup aimé la relation entre les deux policiers, qui sont aux antipodes l’un de l’autre niveau caractère. James Delargy a su les dépeindre avec beaucoup de nuances, et si j’ai eu beaucoup d’empathie pour Chandler, j’avoue que cela n’a pas vraiment été le cas en ce qui concerne Mitch, qui est hautain au possible. Les prises de bec sont nombreuses, et le seul petit reproche que je peux faire à l’auteur, c’est d’en avoir trop fait à ce niveau par moments. Mais cela n’émaille en rien le plaisir de lecture.

La plume de l’auteur est efficace. D’un style très fluide et addictif, il nous propose une intrigue pleine de rebondissements et de mystères, tout en prenant le parti de le faire avec parcimonie, et avec une certaine lenteur qui n’est pas forcément propre à ce genre littéraire. Cela a pour ma part fonctionné et je me suis totalement laissée happer.

Une intrigue habilement ficelée, en immersion totale en Australie et servie par deux policiers aux caractères si diamétralement opposés, que cela créera des tensions supplémentaires. Ce thriller est une véritable réussite aux multiples rebondissements. Une très belle découverte.

Ma note : 17/20

Contemporain

Conservez comme vous aimez

Conservez comme vous aimez de Martine Roffinella

  • Auteur : Martine Roffinella
  • Titre : Conservez comme vous aimez
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : François Bourin
  • Nombre de pages : 105
  • Parution : 6 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Sibylle guette le carillonnement des cloches pour rythmer les moments où elle doit prendre ses cachets blancs. Il n’y a pas si longtemps, elle était encore – ainsi sacrée par son boss Sa Sainteté P.Y. – la «Reine de la pub ». N’a-t-elle pas reçu un grand prix pour son slogan: «Conservez comme vous aimez», destiné à promouvoir des boîtes en plastique?…
Un temps portée aux nues par toute l’agence, elle est un jour supplantée par la jeune et Belle Capucine, alias «Princesse Commerciale», aux dents longues et affûtées. Placardisée puis licenciée, Sibylle vacille, devenant la proie des TOCS. But the show must go on. Éjectée du système, entre irrépressible besoin de vengeance et négation de soi, elle est aspirée par la violence exercée contre elle et commet l’irréparable.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions François Bourin pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Sibylle a été licenciée. Et pourtant, elle était considérée comme la reine du slogan, dans l’agence de publicité pour laquelle elle travaillait. Mais tout cela, c’était avant l’arrivée de Capucine, mieux connue comme la « Princesse Commerciale ». Dès lors, Sybille se retrouve totalement perdue et va tomber peu à peu dans la spirale sans fin des TOCS.

C’est avec déception que j’ai refermé ce court roman dont j’attendais peut-être trop. Le sujet m’intéressait fortement, et j’ai trouvé que l’auteure n’a pas su en parler avec justesse. Ici, c’est presque un roman qui pourrait être qualifié de nouvelle, de par le peu de pages dont il est composé. C’était peut-être bien trop peu pour pouvoir aborder tous les sujets qu’elle évoque, d’où un manque de profondeur certain.

L’auteure a choisi de parler des troubles obsessionnels compulsifs de Sybille et de la manière dont elle va partir à la dérive suite à son licenciement. Le postulat de départ était fort intéressant, mais de par la narration choisie par Martine Roffinella, j’ai eu la sensation de tomber à la limite de la caricature. J’ai vu peu de justesse dans la douleur de Sybille, mais plutôt vu ses TOCS étalés aux yeux du lecteur, sans aucune sensibilité et avec peu d’égard pour sa souffrance. En tant que lectrice, j’ai eu beaucoup de mal à appréhender les émotions de Sybille, ayant plutôt la sensation de lire une énumération sans fin des problèmes de Sybille.

Ce qui a fait défaut, c’est principalement le schéma narratif auquel je n’ai absolument pas adhéré, je dois bien l’avouer. L’auteure va intégrer dans son récit une multitude d’anglicismes et de phrases en anglais. Le problème, c’est que Martine Roffinella va user a outrance de ce procédé, et si au début, j’ai trouvé cela original, cela a fini par me lasser considérablement.

Malgré tout, j’ai fortement apprécié le côté satyrique évoqué à l’encontre de la société de consommation. Il y a donc tout de même un fond intéressant et un fil rouge intriguant et qui fera réfléchir le lecteur à coup sûr. À ce niveau, c’est réussi, et c’est pour cette raison que ma déception n’est pas entière.

La plume de l’auteure est fluide. C’est vrai que les pages défilent. Ce sont toutes les expressions autour de la narration qui ont perturbé considérablement mon avancée dans ces pages.

Un court roman pour lequel j’ai l’impression d’être passée totalement à côté. Il m’a manqué de l’émotion. J’ai été détachée tout au long de cette lecture, submergée par une narration à laquelle je n’ai pas franchement adhéré. C’est une déception pour ma part.

Ma note : 12/20

Fantastique

Toutes griffes dehors : Préambule

Toutes griffes dehors : Préambule de Maëlle Andals

  • Auteur : Maëlle Andals
  • Titre : Toutes griffes dehors : Préambule
  • Genre : Fantastique
  • Éditions : Livresque
  • Nombre de pages : 140
  • Parution : 15 septembre 2017
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Je m’appelle Luna, je suis une louve-garou et je fais partie de la garde rapprochée de la fille de notre alpha. Avant moi il n’y avait aucune femme qui occupait ce type de poste, pourtant nous sommes aussi fortes qu’eux et parfois même, plus efficaces.
Depuis des décennies, nous vivons en paix avec les vampires, seulement voilà, nous venons de subir une attaque par l’un d’entre eux. En temps normal, ils respectent les accords que nous avons instaurés.
Notre chef de meute vient donc de décider de renforcer la sécurité et je ne peux qu’être d’accord avec lui. Hors de question qu’une de ces sangsues s’en prenne à notre princesse.

J’ai oublié de vous dire, je suis teigneuse et j’ai une façon très personnelle d’obéir aux ordres… exactement ce qu’il faut pour les aventures qui nous attendent.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Livresque pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Luna est une louve pur sang. On va faire sa connaissance au sein de sa meute. Elle va combattre les vampires qui en veulent à Emma, la fille de Louis, ce dernier étant l’Alpha de la meute. C’est la seule femme de l’équipe, et grâce à son caractère bien trempé, elle est parfaite dans le rôle de protectrice.

Ce court roman qui a toutes les allures de la nouvelle est, comme son titre l’indique, un préambule à une saga qui a l’air fort prometteuse. En peu de pages, Maëlle va réussir à planter son décor et à bien camper ses personnages pour ainsi attiser la curiosité du lecteur.

Le personnage de Luna m’a tout simplement captivée. Avec un caractère fort et bien trempé, elle ne va jamais se laisser faire. C’est une véritable battante, et au sein d’une meute où les hommes dominent, elle va réussir à s’imposer. Pourtant, sous ses airs de femme affirmée, Luna cache également une grande part de sensibilité non négligeable.

Outre les personnages bien dessinés, le fond de l’histoire est très prometteur. Cette sorte de prequel va permettre au lecteur de se plonger dans l’histoire et d’avoir envie d’en savoir plus. J’ai beaucoup aimé cette intrigue qui garde le lecteur en haleine tout au fil des pages, et je suis même restée sur ma faim en refermant ce livre.

La plume de l’auteure est addictive. Les pages défilent sans même s’en rendre compte et une fois commencé, ce roman peut aisément se lire d’une traite. Le style est fluide, simple, sans fioriture. C’est très plaisant à lire.

Un préambule à une saga des plus prometteuses. L’auteure a su en peu de pages planter un décor et un univers intéressants, le tout servi par des personnages hauts en couleur. Une très belle découverte qui donne envie de poursuivre cette saga.

Ma note : 16/20

Historique

Le destin d’Aurélie Lafrenière

L’officier anglais de Stéphanie Martin

  • Auteur : Stéphanie Martin
  • Titre : L’officier anglais
  • Genre : Historique
  • Éditions : Guy Saint-Jean
  • Nombre de pages : 504
  • Parution : 22 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

À Québec, en 1775, Aurélie Lafrenière, fille d’un commerçant aisé d’origine anglaise, jouit d’une vie confortable au sein d’une famille bourgeoise. Confrontée à l’arrivée de soldats anglais hébergés contre son gré à la résidence familiale, la jeune femme volontaire et déterminée refuse de se laisser amadouer. Car c’est bien en se joignant à cette armée maudite que son jeune frère a perdu la vie… Parmi les invités, le capitaine James Walker, dont le flegme et l’arrogance cachent tant bien que mal un passé tourmenté qui intrigue la jeune femme tout autant qu’il l’irrite.
Forcée d’épouser un homme qui la répugne, Aurélie choisit la fuite, sans se douter qu’à Boston, où elle croit trouver refuge, gronde une guerre qui n’est pas la sienne et qui la mènera dans des situations encore plus périlleuses que celles qu’elle a fuies avec tant de ferveur. Les retrouvailles fortuites et salvatrices avec le capitaine Walker lui feront-elles entrevoir un aspect du jeune militaire qu’elle refusait obstinément d’envisager ? Se révélera-t-il, malgré les mauvaises intentions qu’elle lui porte, l’instrument de sa survie ?

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier les Éditions Guy Saint-Jean pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Québec, 1775. Aurélie, jeune femme issue d’une famille aisée et à l’abri du besoin vit dans l’insouciance. Son quotidien va pourtant se retrouver totalement chamboulé lorsque sa famille va devoir héberger des officiers anglais. Or, Aurélie voit cela d’un très mauvais œil, n’oubliant pas que justement, c’est à cause de cette armée que son frère a perdu la vie. Pourtant, l’officier Walker, qui fait partie de ses hôtes, lui fera remettre en question tous ses préjugés. Obligée à fuir, et se retrouvant à Boston, elle y rencontrera à nouveau le jeune Walker.

Je ressors tout simplement subjuguée de ce roman qui m’a semblé être particulièrement maîtrisé, du début à la fin. J’aime beaucoup me plonger de temps à autre dans des récits au fort contexte historique et si en plus l’héroïne est charismatique et qu’une belle romance se profile à l’horizon, je suis forcément preneuse. Et bien, force m’est de constater qu’ici, j’ai retrouvé tous ces ingrédients et même bien plus encore que je n’en attendais.

Sous une intrigue maîtrisée à la perfection, Stéphanie Martin va dérouler une saga somptueuse et immersive au possible. Dès les premières pages, j’ai été conquise et c’est chose rare. Je savais en ne lisant que le début que ce roman allait me plaire et je ne me suis pas trompée.

Forcément, le point fort de ce récit est indubitablement l’héroïne, Aurélie. J’ai été subjuguée par cette femme charismatique, forte mais sensible à la fois, et surtout incroyablement inspirante. L’auteure n’en a pas fait un personnage fade, ou trop parfait, et c’est vraiment appréciable de retrouver cela dans ce genre littéraire. Je me suis vraiment attachée à Aurélie, et j’ai ressenti une empathie grandissante pour elle. J’ai eu parfois peur des choix qu’elle prenait et j’avais envie de l’aider à suivre la bonne voie. C’est un personnage marquant.

Autour d’Aurélie, il y a également l’officier Walker qui gravite. Ce personnage est empli de secrets et l’on devine une grande sensibilité sous ses airs parfois un peu rudes. Je l’ai trouvé également très bien dépeint et l’auteure a su réussir à retranscrire son caractère pas toujours facile à cerner.

Si les personnages m’ont séduite, il est vrai, il faut pourtant bien dire que ce n’est pas la seule vertu du roman. L’auteure a ancré son intrigue dans un fort contexte historique, telle que l’occupation anglaise à Québec. J’en ai énormément appris. Et il faut mettre en avant le grand travail de recherches qu’a sans doute effectué Stéphanie Martin pour pouvoir coller au plus près de la réalité. Beaucoup de détails sont donnés. L’auteure a su allier la petite histoire à la grande Histoire avec brio. J’ai été captivée.

La plume de l’auteure est tout en douceur et vraiment addictive. C’est tout de même un petit pavé que nous propose ici Stéphanie et pourtant, je n’ai pas vu défiler les pages. J’ai été prise dans le récit et je ne voulais plus quitter ces personnages. Quand je pense que c’est un premier tome, j’en suis forcément heureuse, puisque cela laisse présager une suite tout aussi intéressante.

Un roman servi par une héroïne incroyablement charismatique et inspirante, le tout sous un fort contexte historique. L’auteure a déroulé une intrigue sans fausses notes, et elle a su me captiver du début à la fin. C’est de toute beauté et c’est à découvrir sans hésitation.

Ma note : 18/20

Contemporain

L’île d’elles – Rentrée littéraire

L’île d’elles de Romuald Giulivo

  • Auteur : Romuald Giulivo
  • Titre : L’île d’elles
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Anne Carrière
  • Nombre de pages : 240
  • Parution : 10 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Sous la lumière brûlante d’une île volcanique en Méditerranée, trois jeunes gens font le difficile apprentissage de la vie. Nanni, garçon indolent, qui vit dans le souvenir de son père et de ses fantasmes pour une célèbre pianiste dont il attend fébrilement la visite. Ugo, écorché vif, qui rêve de fuir loin des petits trafics, mais qu’une ardeur irraisonnée pour la mère de son meilleur ami retient. Et il y a Sofia, qui se tait, qui observe.
Sofia sait bien que les deux garçons resteront la plus grande émotion de sa vie.
Grandir, aimer ou devenir adulte, c’est comme se jeter à l’eau. Au départ, on se sent renaître. On remonte à la surface et l’on respire à pleins poumons, on s’écarte du rivage jusqu’à ne plus avoir pied et l’on se sent enfin libre. Puis viennent les premières vagues, les premiers courants. Alors on découvre que la mer est plus agitée qu’il n’y paraissait depuis la plage. Et aussi que l’on ne sait pas vraiment nager…

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Anne Carrière pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.


Une île de la Méditerranée. Le lecteur va suivre le quotidien de trois jeunes gens qui grandissent, chacun à leur manière. Il y a Nanni, qui vit comme il peut l’absence de son père et qui revit au travers de la fascination pour une grande pianiste adulée par ce père qui lui manque et admirée à son tour par le jeune homme. Il y a Ugo, qui lui tente de survivre tant bien que mal à force de magouilles et dont la mère de Nanni exerce un magnétisme certain sur lui. Et finalement, il y a Sofia qui est plutôt effacée.

Quel roman étrange, je dois bien l’avouer. J’ai été en immersion totale pendant toute cette lecture et ce récit allie luminosité et noirceur comme nul autre. L’auteur a parfaitement maîtrisé son récit et l’on en ressort sonné, en se sentant presque prisonnier de cette île volcanique de la Méditerranée.

C’est un très beau postulat de départ que va ici proposer Romuald Giulivo. Au travers de trois jeunes très différents les uns des autres, il va narrer les apprentissages que tout un chacun fait au sortir de l’adolescence et qui préparent à la vie adulte. C’est fait de manière très sensible. Et si le décor se prêtait à un récit lumineux et sans embûches, là où Romuald fait fort, c’est qu’il n’hésite pas à mettre en exergue la part de noirceur. Tout ne sera pas facile pour ces trois personnages.

Il est vrai que ce roman est plutôt centré sur Nanni, mais pour ma part, c’est Ugo qui m’a particulièrement touchée. Je me suis demandée comment il allait réussir à s’en sortir, puisqu’il survit à force d’entourloupes. J’ai trouvé le personnage de Sofia très mystérieux, et c’est mon seul bémol, finalement. J’aurais tant apprécié que Romuald lui consacre davantage de pages, que l’on puisse explorer ce personnage plus en profondeur.

La plume de l’auteur est de toute beauté. Avec un style très visuel et immersif au possible, j’avais l’impression d’être moi aussi dans ce décor somptueux et je me suis laissée porter par l’indolence qui émanait de cette île. Romuald réussit à immerger le lecteur, et ce, grâce à la justesse et à l’emploi judicieux de ses mots.

Une très belle lecture, où l’auteur nous propose un décor idyllique, mais où la part sombre aura toute son ampleur également. Les personnages sont forts, et je me suis beaucoup attachée à eux. Un roman que l’on peut aisément qualifier d’initiatique. À découvrir.

Ma note : 17/20

Policier

L’année du gel – Rentrée littéraire

L’année du gel d’Agathe Portail

  • Auteur : Agathe Portail
  • Titre : L’année du gel
  • Genre : Policier
  • Éditions : Calmann-Lévy
  • Nombre de pages : 416
  • Parution : 8 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Le crime s’invite dans un château du Bordelais.

Été 2017. Après un épisode de gel qui a dévasté ses vignes, Bernard Mazet se range à l’idée de sa femme d’ouvrir des chambres d’hôtes pour sauver la propriété familiale de Haut Méac. Le château affiche complet avec la venue d’un groupe de trentenaires pour une semaine. La fantasque Olivia, Vincent, le célibataire volage, Clara, si discrète, et leurs deux couples d’amis semblent heureux de se retrouver. Mais dans la chaleur écrasante, les esprits s’échauffent et les drames personnels refont surface.
À l’aube du quatrième jour, un cadavre est découvert dans la chambre froide du château. Le major Dambérailh, chef de la brigade locale, est chargé de l’affaire. Tandis que les conflits d’intérêt émergent au sein de son équipe, sa tante Daphné, vieille fille loufoque, s’invite dans l’enquête. Il faudra exhumer bien des secrets honteux ou douloureux pour que la lumière se fasse.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Calmann-Lévy pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Haut Méac, 2017. Bernard Mazet, vigneron, subit une année néfaste au niveau de sa récolte, pour cause de gel. C’est alors qu’il va se décider aux côtés de sa femme Alexane d’ouvrir des chambres d’hôtes sur leur propriété. Ils accueilleront une bande de jeunes amis aux caractères très particulier chacun. Quelques jours plus tard, un cadavre sera retrouvé dans la chambre froide de la propriété. Que s’est-il donc passé ?

Quelle belle découverte que ce roman du terroir à la mécanique très classique mais pourtant très bien huilée. Pas de fausses notes dans ce récit qui m’a captivée du début à la fin. J’ai trouvé que l’auteure maîtrisait parfaitement son affaire.

S’il est vrai que le tout reste très classique et que l’on est face à un roman policier empreint de simplicité, celui-ci apporte tout de même un petit plus, notamment grâce à ses personnages et à l’alliage totalement réussi entre enquête et vignobles.

L’auteure a su ménager son suspense. Il est vrai que le temps d’installer son décor peut paraître long, mais il est malgré tout nécessaire pour nous présenter au mieux les divers personnages et les divers caractères. Le lecteur se rendra vite compte que chacun a son petit secret et les révélations fusent peu à peu. Personnellement, je n’ai rien vu venir.

Je me suis fortement attachée à cette bande de jeunes et j’ai soupçonné tout le monde, à vrai dire, tant l’auteure m’a baladée dans les mystères que chacun cache. Malgré tout, j’ai parfois retrouvé une espèce de côté caricatural des caractères. Ils m’a semblé que par moments, les caractères étaient quelque peu exacerbés.

La plume de l’auteure est addictive, incontestablement. C’est très fluide. J’aurais peut-être apprécié des chapitres un peu plus courts ou égaux entre eux, caractéristique qui se prête davantage à ce genre littéraire. Néanmoins, c’est une franche réussite et je me suis laissée entraîner.

Un roman qui allie terroir et enquête, avec sa part de mystères, de secrets et de révélations inattendues. L’auteure maîtrise son récit, et même si le tout suit un schéma assez classique, cela n’en reste pas moins prenant. À découvrir.

Ma note : 17/20

Contemporain

La belle Hélène – Rentrée littéraire

La belle Hélène de Pascale Roze

  • Auteur : Pascale Roze
  • Titre : La belle Hélène
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Stock
  • Nombre de pages : 160
  • Parution : 2 janvier 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

La lecture enrichit la vie comme la vie enrichit la lecture, c’est à cet art de lire qu’Hélène Bourguignon exerce ses étudiants de Sciences-po. Lire pour découvrir les expériences fondamentales à travers Buzzati, Tchékov, Reza.

Chaque cours est un défi recommencé, d’une semaine à l’autre il se passe toujours quelque chose. Un souvenir, une émotion, une réaction et tout déraille dans la vie si organisée d’Hélène Bourguignon. Elle a perdu son mari, mais elle n’a perdu ni sa sensibilité ni sa fantaisie. Lorsqu’elle répond aux questions de ses étudiants, lorsqu’elle accepte une invitation à dîner, le présent est là, dans son intensité.

Et cette joie de vivre chaque instant pleinement devient communicative. Bientôt le lecteur aimerait croiser cette femme, marchant boulevard Pereire, ou bouquinant dans le transat du jardin de son immeuble, car elle est libre. Elle est libre d’entendre ce qu’un personnage de Tchekhov éprouve, comme elle est libre d’écouter les propositions d’un homme. Et de croire à un nouveau départ.

Un roman tour à tour émouvant, cocasse, et intime. Pascale Roze suit le regard de cette femme solitaire et lumineuse pour évoquer des lieux, Paris, la Bourgogne, la Corse ; jusqu’au final, qui esquisse la possibilité d’une seconde jeunesse.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Stock pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

Hélène, une femme d’âge mûr, est professeure de lettres pour des élèves de Sciences-po. Elle va tâcher d’enseigner le pouvoir des mots et à quel point ces derniers peuvent enrichir le quotidien de tout un chacun dans la vie de tous les jours. Au travers des récits de Buzzati, de Tchekhov et de Reza, elle inculquera à ses élèves son amour pour la lecture.

Je ressors totalement conquise de ce court roman mais empli d’une profondeur et d’une sensibilité rare. J’ai suivi avec intérêt les cours de cette femme et constaté l’évolution interne qu’elle subira, sa transformation personnelle et ses accomplissements.

Je suis séduite par le postulat de départ de l’auteure, par cet axiome qu’elle mettra en exergue. La lecture enrichit indubitablement les personnes, et le fait de transposer au quotidien les situations littéraires auxquelles seront confrontés ses élèves est à mon avis une totale réussite. Pascale Roze m’a tout simplement donné envie de redécouvrir ces grands auteurs classiques et de lire leurs nouvelles, mentionnées pendant toute l’année scolaire par Hélène.

Outre le fait que je me suis presque sentie privilégiée de pouvoir assister en tant que spectatrice aux cours qu’elle donne, j’ai également fortement apprécié de voir une évolution dans sa vie personnelle. Au travers des mots, Hélène se raconte, s’affirme, apprend à lâcher prise. Il y a une réelle évolution psychologique de ce personnage remarquablement dépeint. C’est fait avec une sensibilité inouïe et une justesse rare.

Pascale Roze réussit à mélanger littérature et situations du quotidien avec brio. Au travers de son personnage principal, Hélène, l’auteure réussit le tour de force de faire ressortir une morale à chaque texte étudié. C’est vraiment intéressant.

La plume de l’auteure est tout en douceur. On sent que Pascale Roze a cet amour des mots, et cela transparaît tout au fil des pages. Elle les choisit avec justesse, finesse. Le tout est d’une grande fluidité, et malgré le ton intimiste du roman, c’est un récit qui touche son lecteur et qui le fait devenir le confident d’Hélène et de ses doutes, ses peurs.

Un roman où le pouvoir de la littérature qui enrichit a toute sa place. C’est abordé avec une infinie sensibilité et beaucoup de justesse, au travers d’un personnage féminin qui se livre littéralement à son lecteur et qui réussira à se libérer grâce aux mots. À découvrir sans hésiter.

Ma note : 18/20

Contemporain

Tout ce qu’elle croit – Rentrée littéraire

Tout ce qu’elle croit d’Anne Lauricella

  • Auteur : Anne Lauricella
  • Titre : Tout ce qu’elle croit
  • Genre : Contemporain
  • Éditions : Buchet Chastel
  • Nombre de pages : 288
  • Parution : 6 février 2020
  • Pour vous procurer ce livre, c’est ici

Résumé

Une famille heureuse, et même parfaite. Une petite fille et son père idéal, fusionnel, dont elle recherche sans cesse l’amour.À la fin de l’adolescence, la jeune fille prend soudain conscience que l’emprise du père menace jusqu’à sa vie même. Une fois l’enfance dévastée, que reste-t-il ? La joie de devenir soi-même, mais les obstacles seront nombreux. Avant cela, il lui faudra réapprendre à vivre, puis vider des tiroirs, trier quelques jouets, pour enfin parvenir à exhumer des souvenirs : de ceux que l’on peut toujours garder avec soi.

Mon avis

Tout d’abord, je tiens à remercier Netgalley et les Éditions Buchet Chastel pour leur confiance et grâce à qui j’ai pu découvrir ce roman.

C’est l’histoire d’une petite fille qui croit que la tyrannie sans bornes de son père est normale. C’est l’histoire d’une adolescente qui ne croit pas que sa famille est atypique. C’est l’histoire d’une femme qui croît, grandit, et finit par se libérer du carcan de sa sphère familiale. Tout un long processus sera nécessaire pour arriver à ce résultat, et ce chemin se fera non sans peine.

Quel roman particulier. Je dois absolument vous prévenir d’avance. En ouvrant ce livre, vous allez vous apprêter à faire une expérience de lecture comme nulle autre. Le schéma narratif est tout simplement atypique. Je n’ai pas encore croisé la route d’un roman écrit de cette manière.

Anne Lauricella va réellement nous livrer littéralement un inventaire d’actions, de pensées et de questionnements qui vont peu à peu s’assembler et former le tout de l’intrigue. Je vais être honnête, je n’ai pas toujours adhéré à cette manière de procéder. C’était presque lassant par moments et c’est dommage. L’auteure a usé de cette originalité, mais elle a fini par émousser l’effet de surprise initial. J’ai fini par être blasée par le style particulier.

Et pourtant, l’histoire de cette femme, dont on ignore le prénom, est forte et abordée avec beaucoup de dimension psychologique par l’auteure. Ce personnage féminin est marquant, ne laisse pas indifférent. Je n’ai pu ressentir qu’empathie et tristesse envers sa situation et cette emprise qu’a sur elle sa famille.

Anne Lauricella explore les diverses phases qui vont peu à peu mener à la reconstruction de cette femme, que ce soit au travers d’amours sincères, ou grâce à un énorme travail sur elle-même. L’auteure ne tombe jamais dans le pathos, mais de par la narration, j’ai eu parfois du mal à ne pas rester en retrait, et c’est dommage.

La plume de l’auteure est fluide. Au risque de me répéter, attendez-vous à un texte très particulier au niveau de la narration. J’ai la sensation qu’Anne Lauricella s’est compliquée la tâche et a prit de gros risques. Je pense qu’ici il n’y a pas de demi-mesure, soit on accroche dès le départ, soit on s’en lasse, et cela a été malheureusement mon cas.

Un roman très profond, servi par une héroïne forte, mais un schéma narratif des plus particuliers et avec lequel j’ai eu beaucoup de mal, finissant par m’en lasser. C’est très particulier à lire, et ce qui est certain, c’est que cela est d’une grande originalité.

Ma note : 14/20